Pas joli joli

L’OCDE a élu 3 sites où le fric avec un grand F peut engraisser à l’aise et à l’ombre, à l’abri des emmerdeurs du fisc, de la justice, des lois et de la morale : Lichsteintein, Andorre, Monaco.

Nous Français sommes cités deux fois sur trois pour ces verrues nauséabondes, dont une fois à nous tous seuls : Monaco. Cette encoche, ce pâté sur notre carte, cet anachronisme immoral, cette incongruité, ce machin que De Gaulle, à la Libération, avait envisagé de récupérer manu militari, idée que finalement il ne put réaliser, pour d’obscures raisons.

Nonobstant la sympatique figure d’Albert (oublions les z’épisodes paparazziesques des 2 soeurs Grimaldi), ce rocher est une verrue, et le fait que le fric y soit aussi nauséabond ne nous fait pas honneur : que tous nos gouvernements, gauche et droite indistinctement, se soient compromis à protéger et laisser perdurer cet état de faits est assez infect.Gageons que « quelque part » ça les arrange…
Faisons oeuvre morale, réapproprions-nous Monaco : il y aura du beau linge à la mer.

Azertyuiop

Tout le monde sait que le célèbre « QWERTY » des claviers de machines à écrire – AZERTYUIOP chez nous, une fois traduit – est une disposition étudiée, alors que ces machines étaient purement mécaniques (clac clac clac, driiing retour à la ligne brrrm clac clac clac) pour éviter de dactylographier trop vite : les tiges porteuses des lettres en relief s’emmêlaient alors trop facilement. Bref cette disposition des lettres ralentissait à dessein la frappe, évitant ainsi des ennuis mécaniques.

Bien évidemment au temps des claviers d’ordinateur ce souci des tiges qui s’emmêlent n’a plus de sens ; reste que personne n’a jugé utile de redéfinir une disposition plus « rapide » des lettres.

Me tapant hier, au volant de ma tuture, un quatre cent vingt huitième rond-point dans ma belle ville, pour me rendre d’un point A à un point B, non desservis proprement par un tram, un bus, un métro – démerdez vous, ou prenez votre vélo, mais il pleuvait -bref virant encore et encore, inlassablement, à vous donner le tournis, autour de ces foutus rond-points, l’un d’eux me frappa par sa disposition vicieuse : on avait fortement déporté sur la droite (merci not’maire !) le centre du rond-point, et rétréci l’issue diamétralement opposée, d’ailleurs bordée de trottoirs fort hauts ; ce qui obligeait à ralentir très largement au dessous des vitesses imposées en agglomération, même au droit d’une école !!

En somme, le rond-point à l’anglaise, ralentisseur vicieux (et surtout celui-là) c’est l’AZERTYUIOP – ou plutôt le QWERTY – de la circulation en ville ; rendons grâce aux Rosbifs de cette belle innovation, au même titre que la Vache Folle et la toute récente fièvre aphteuse, soigneusement concoctée par un laboratoire de biologie animale.

Genève, la gynécologie et le Petit Nicolas.

Bizarre, vous avez dit bizarre ? à Genève on a hué Doc’Gynéco (si j’étais une nana je n’irais pas voir ce mec, ne me demandez pas pourquoi, ces trucs-là ça se sent, c’est tout) : « Sarko facho, Doc gynéco complice ».

Deux remarques :

– « fascisme » se prononce « fassisme » et non pas « fachisme » : car comment prononce-t-on lascif (lachif ?), ascète (achète ?), fascicule (fachicule ?), et je m’arrêterai là. Donc « Sarko facho » c’est du serbo-croate (langue défunte) ou ça ne veut rien dire. « Sarko fasso » ça vous a une autre gueule.
– je ne pense pas que Genève soit partie intégrante du territoire de notre république : il est donc surprenant que la visite d’un pote de not’ président à Genève fasse des vagues politiques « à la française ». Mais soyons beaux joueurs : bienvenue aux Gènevois dans la République Française, ça va faire un bien fou à notre PIB.

Arrêt d'urgence

Plein de morts encore une fois sur une de nos belles z’autoroutes à fort péage.

Une bagnole allemande y roule, mais, ach scheisse, début d’incendie à bord, alors on se gare sur la bande d’arrêt d’urgence – c’est fait pour ça – un automobiliste secourable s’arrête itou pour prêter main forte, et un fourgon qui prend cette voie pour son petit itinéraire perso (ou qui double une limace par la droite, ou qui s’est endormi et dévie sur sa droite) vous envoie tout ce joli monde ad patres.

La bande d’arrêt d’urgence, c’est pourtant pas une voie de circulation. N’est-ce pas messieurs les motards.

Et puis, et surtout, disons-le bien fort : si l’on doit s’y arrêter pour cause de problème technique – pas pour téléphoner, pisser, chercher un clope dans la boîte à gants, casser la croûte, se faire des mamours -, on enjambe fissa la glissière de sécurité, ou l’on passe dessous si l’on ne peut pas l’enjamber, et on pousse un grand ouf, là personne n’est en mesure de vous dégommer, à moins de se faire très mal lui aussi.

Deuxio, pendant que j’y suis, marre des ventouses sur la voie du milieu. Ceux qui sont scotchés à gauche, on peut encore leur expliquer qu’ils ont à se rabattre ; mais la mémé ou le père tranquille qui pousse son 115, calé imperturbablement au milieu, alors que personne n’est à sa droite, soit je l’agonis d’appels de phares, d’avertisseur sonore(*), soit… je double par la droite, et je suis en tort !! Doubler par la gauche ? ouais, quand les Rosbifs, les Allemands, les Z’Italiens déboulent à 160 sur la voie de gauche (pas d’accords de répercussion des sanctions entre nos pays, donc roule ma poule, à fond à fond à fond), eh oh je suis pas suicidaire, moi.

(*) ce qui déclenche en général le doigt d’honneur, ou le bras du même métal. Oui oui, même les mémés.

Hypocrite, mon frère !

Les nouvelles du jour sont réjouissantes : il y a un projet pour punir financièrement les députés qui ne siègent pas assez à leur poste ; excellent !! mais moult UMP sont contre, « c’est démagogique » (traduisez : ça nous emmerde) ; et voilà qu’au PS on trouve ça très très bien.

Bande de faux culs !! quand on sait que l’absentéisme parlementaire est – avec le cumul des mandats – une des hontes de notre système parlementaire, tous bords confondus, quand on apprend que la loi 46578-2, version 4 modifiée 5b a été votée à 21  heures devant 18 députés, on en pleurerait.

Allo Paul ? où t'es ?

Quand je suis en voyage outre frontières, je crains un certain nombre de calamités, le joint de culasse sur l’autobahn, la bouffe locale – dans certains pays, seulement, soyons honnêtes… et les appels téléphoniques – sur mon MOBILE, pas mon portable, car je ne téléphone pas avec mon ordinateur.

Mon mobile sonne, donc, disons dans une rue de Bologne, Italie : 1 euro !! je prends l’appel : 1 euro la minute. Ah c’était une erreur : ça fera 2 euros. Pour rien, sauf que ça fait 2 euros pour les opérateurs de téléphonie mobile.

Savez-vous que, chaque fois que je passe la frontière, Orange, mon opérateur national, me gave de messages du style : votre messagerie est accessible sur le XXX, appelez le YYYY pour avoir la vitesse du vent à La Baule… des nigleries, quoi – eh bien, malgré tout, c’est gratuit !! si, si, Orange me balance de la pub’ non souhaitée par pelletées, mais a l’élégance de ne pas me le facturer quand je suis à l’étranger. Ils sont bons, tout de même.

Mais mais mais : l’info, c’est que ça va enfin se moraliser un peu. Lisez ceci dans le Monde ; on va désormais, incessamment sous peu, pouvoir recevoir des appels erronés ou inutiles en Grèce ou en Croatie pour 0,25 euros seulement !!

Allons, l’Europe a du bon, merci Bruxelles, une fois.

On attend les chiffres

Bonne nouvelle, si j’ose dire, le Monde nous annonce que « … les cours pétroliers sont repartis à la hausse après la publication de chiffres hebdomadaires des stocks américains, montrant une nette contraction des réserves de brut. »

Eh oui, depuis que Jean-Marc Sylvestre and Co (en direct de la Bourse, of course) sont familiers de nos radios périphériques, nos boursicoteurs z’avertis attendent toujours, anxieux, « les chiffres du déficit américain » – ou les statistiques du chômage aux USA, la production de clarinettes au second semestre aux Etats-Unis, les résultats du Super-Bowl – pour déterminer leur stratégie du jour.

Il est donc fort réconfortant pour le quidam français qui arrive devant une pompe à essence – à fioul, d’ailleurs, le plus souvent – et découvre, écoeuré, que ça a encore augmenté, il est réconfortant, donc, de savoir que c’est pour une bonne raison ! Un type, là-bas, à Minneapolis ou à Dallas, a fait des additions, comme ça parce qu’il s’ennuyait ferme en attendant son bus, et voilà qu’il découvre, en cumulant les réserves de brut ici et là (c’est dans tous les journaux, vous savez ça) , que la somme obtenue est plus petite que ce à quoi il s’attendait ! Damned, by Jove, dit-il, et il fonce sur la première cabine téléphonique, introduit un quarter et beugle « operator, pass me the New York Herald Tribune, vite mon petit, please » : et hop, la nouvelle fait le tour de la terre, les stocks de brut aux USA se sont nettement contractés !!! panique à bord.

La mécanique est simple : soit les stocks se contractent (la demande est forte, les prix du pétrole vont grimper) soit ils augmentent (la demande est faible, l’OPEP hausse donc ses tarifs, et le pétrole va être plus cher) : la seule petite chance que notre gas-oil reste abordable à la pompe, c’est que les stocks ne bougent surtout pas !!! Pas bouger, les stocks aux USA. Au pied.

Alors, les mecs, là-bas, aux States, faites votre boulot, merde quoi, et surveillez-moi ces stocks un peu plus sérieusement. On a vraiment affaire à une bande de bras cassés, ma parole.

Spontanéité ferroviaire

Une émission sur Europe 1 ce soir, à propos des lois en préparation sur le service minimum.

On interviouve un cheminot, hostile comme de bien n’entendu à ces textes. Et ledit cheminot de critiquer la disposition spécifiant qu’il faut se déclarer gréviste 48 heures à l’avance. « Ouais, y a des gars, la veille ils savent pas, le jour-même en voyant les copains, tu fais quoi toi ? tu fais grève ? ouais après tout, mais je me tâte… bon allez on y va, faut ce qu’y faut… donc les grèves ça a un caractère de spontanéité, voyez ? alors avec cette loi, on va perdre de la spontanéité… »
(Notez au passage la puissante motivation prolétarienne, la volonté de lutte qui transparaît à travers ces propos : ce serait presque de l’Eisenstein)
L’admirable ressenti que voilà, que nous pourrons mettre en regard du ressenti du voyageur SNCF, penaud sur son quai de gare sans train, spontanément pas pris en charge bien que muni de son billet. De savoir quelques heures plus tôt à quelle sauce on allait le rouler dans la farine – pour des questions auxquelles il est totalement étranger – lui aurait peut-être permis de s’organiser ? ah mais là ça va pas être possible, mais notez bien que c’est spontané, donc comme ça c’est quand même mieux, vous vous ferez bien une raison.

On l'avait bien dit

556 km de bouchons ce samedi 28 juillet 2007 sur nos belles nationales, autoroutes, routes secondaires, et sur nos ponts, nos viaducs, nos tunnels.

On vous avait pourtant cité Blaise Pascal : « Tout le malheur de l’homme vient de ce qu’il est infoutu de rester tranquille chez lui » : tu parles, les gens s’en foutent, de Blaise Pascal. Pourtant, si tous ces Anglais, ces Néerlandais (avec leur bouffe, leur PQ, leurs rustines à vélo dans la remorque, ils n’achètent rien chez nous, tout le monde sait  ça), Belges, Suisses, Danois… sans compter les 75, les 91, 92, 93, 94, 95 ne se ruaient pas tous ensemble sur nos chaussées, on serait bien plus tranquilles.

Monsieur Schmoldu, du Val de Marne, si au lieu de foutre le camp à 6h30 ce samedi matin, avec les gamins qui pleurnichent et maman qui fait la tronche, car pas réveillée, vous retrouvant ainsi en enfer à 15 km/h sur l’A7 pendant 10 bonnes heures, vous aviez tranquillement fait la grasse matinée, une bonne bouffe, la sieste (éventuellement crapuleuse, eh eh), et pris ensuite votre voiture sur les 17 heures, tranquille, vous auriez perdu 4 ou 5 heures de vos bronzettes, mais économisé plein de crème solaire, vos nerfs, de l’essence, des engueulades, de l’eau minérale… vous seriez arrivé a 1 h du mat’, et alors ? les gosses dormiraient, maman itou, il fait bon, la clé est sous le pot de fleurs…

– Eh vous là le grand éviteur de bouchons, conseilleur à la gomme,  dites-moi voir un peu, si tous les vacanciers du 94 lèvent l’ancre, comme vous le recommandez, sur le coup de 17 heures, que va-t-il se passer au péage de Fleury-en-Bière à 18h ?  hein ? Zonbi futé de mes deux.

A contre-courant

Mon defunt pere avait deux maximes a la bouche, qu’il ressortait assez souvent :

– la premiere consistait a citer Pascal (Blaise, l’inventeur du limacon avec une cedille) a propos du malheur de l’homme ayant son origine dans son incapacite a rester seul et tranquille chez lui.

– la deuxieme recommandait, lorsqu’on voyait tout le monde se ruer dans une direction, de se diriger resolument a l’oppose.

Ces deux recommandations sont sages, et certes bien des voyages pour rien, des week-ends mornes se terminant invariablement par la queue au peage de St Arnoux en Yvelines, des files d’attente pour se faire dedicacer le dernier Nothomb, des desillusions sur le tome 27 d’Haripoteur, helas etrangement semblable aux precedents, des cohues penibles sur les planches de Deauville, des emeutes pour tenter d’apercevoir un bout de l’oreille du dernier pipeule qui se re-re-marie  seraient evites, pour le plus grand benefice de la planete et des gaz a effet de serre.

Mais ces deux preceptes sont helas contradictoires, et de suivre l’un contraint a violer l’autre. Soit, voyant les hordes hurlantes se ruer sur les vitrines le premier jour des soldes, je decide de rester tranquille chez moi, soit je pars acheter resolument des articles dans un magasin qui ne solde rien, ainsi assure de ne pas me faire pietiner. Angoissante incertitude, d’autant plus que se profile, derriere le raz-de-maree Haripoteur, la deferlante du dernier « iMachin » de chez Apple, dont tout le monde va croire indispensable l’achat hic et nunc, dusse-t-on se faire laminer et tailler en pieces.