( Un ingénieux inventeur vient de remporter le concours Lépine (en un seul mot), pour une douche qui économise l’eau froide, l’eau “d’avant qu’elle arrive assez chaude” . On connaît ça : on ouvre le robinet, et l’on attend, tâtant, que ce soit à bonne température ; en attendant, glou-glou, l’eau part par la bonde, en pure perte. Si le chauffe-eau est à l’autre bout de la maison, eh bien… c’est long ! et coûteux. Cet astucieux système “bon pour la Planète” est en vente autour de 900 euros, et serait, paraît-il, rapidement amorti.
Plus modestement, je signale que l’achat d’un seau en plastique de 8-10 litres revient environ à une quinzaine d’euros. Le rustique système que je pratique : tant que l’eau est trop froide, elle va dans le seau, au pied de la douche. C’est bête, hein ? le contenu du seau servira à remplacer une chasse d’eau, arroser des pieds de dahlias, sincer (*) le carrelage…… ad libitum. J’en ai d’autres, des inventions Lépine comme ça, mais je les garde pour de futurs billets.
Ceci étant, je reviens sur l’épisode caniculaire qui a accablé la France en Mai : un peu partout, dans les “quartiers”, en banlieue, des imprudents avides d’eau fraîche ont vandalisé des bornes d’incendie ; c’est évidemment illégal, stupide, car les pompiers n’ont plus de munitions, et ruineux, bien plus que l’eau froide d’une douche. A Poissy, dans le 7-8, la maire a eu à traiter ce genre d’ “incivilités” , je cite , L’élue s’est ainsi exprimée pour condamner « avec la plus grande fermeté ces comportements irresponsables qui pénalisent toute la population ».
Chaque fois qu’un de nos Chefs, de nos Ténors, “condamne avec la plus grande fermeté” , je ricane tristement : la phrase est incomplète, il manque l’énoncé de la condamnation ! Par exemple “condamne (… fermeté… gnagnagna… ) à six mois de Travaux d’Intérêt Général, trois mois de stage citoyen, effacer les tags, rembourser les poubelles brûlées, payer les réparations, un an de taule” , etc. En fait, on ne condamne… à rien du tout : du pipeau.
Parmi ces lassantes formules vaines et venteuses, il arrive parfois que pointe une vraie réaction, concrète, appropriée. Voyez Asnières, dans le 9-2, affligée des mêmes désordres de bornes à incendie ; on a pu identifier les vandales, et la mairie leur a envoyé la facture {eau + dégâts}, soit presque 2.000 euros. J’ignore si c’est “avec la plus grande fermeté” , mais la somme est éloquente, lisible, et carrément pédagogique. Les casseurs, ou leurs parents, rembourseront-ils ? c’est un autre histoire, mais on assiste enfin à quelques tentatives pour en finir avec les airs de flûte.
Tibert
PS – Dans cette veine, le Premier Lecornu appelle à élaborer des lois pour faire payer la casse par les casseurs, pas les contribuables : c’est le bon sens même, mais attendons de voir. “Parole, parole” , chantait Dalida.
(*) Sincer : passer la serpillière, ou la wassingue, ou la panosse, ou la since, dans l’ouest – un peu d’exotisme.
