Les excréments au ventilateur, avec obstination

( Je ne sais plus quelle auteure (sic) connue et estimée emploie « derechef » pour signifier « tout de suite » : elle se goure jusqu’au coude. Derechef, chef, ça veut dire rebelote, à nouveau, encore une fois, etc.)

Mais bon… juste un bref mot, un mot court pour constater combien les médias sont obstinément à jeter la merde au ventilateur, souffler sur les braises de pneus et de palettes, agiter les éléments les plus entêtés et remontés, etc. Il n’est plus possible de regarder sereinement FR3, la 2, de lire le Parigot sur le web : du Jill & John ad nauseam ; il n’y a plus que ça. La Terre peut s’arrêter de tourner, ils s’en tapent : les GJ, les GJ ! comme au Jeu des Mille-Balles on crie « banco ! banco ! » On nous rebat les oreilles et les yeux des GJ, et l’on interviouve systématiquement les plus violents – hier soir après la causerie de Macronibus au coin de son bureau, c’était flagrant sur TF1.

Il n’y a plus qu’Arte pour nous causer aussi d’autres choses, les états d’âme de madame Merkel, le pacte de Marrakech, l’Arménie, le feuilleton du Brexit… ça fait du bien.

Qu’est-ce qu’ils veulent, les journaleux ? entretenir et amplifier la m… ? ils font ça très bien, ma foi. Avec ou sans ventilateur.

Tibert

Oui, effectivement, tout à fait…

(Les peines pleuvent 😉 sur les malheureux passants innocents qui se sont injustement fait appréhender et rudoyer par des policiers brutaux, alors qu’ils admiraient, en minéralogistes avertis, et gilet fluo sur le dos pour être vus des bagnoles absentes, la rectitude des arêtes et la finesse de grain de petits cubes de pierre d’environ 10 cm de côté trouvés sur le sol alors qu’ils flânaient Place de l’Etoile. C’est une erreur, monsieur le juge. Profil bas, humilité, les slogans dans les chaussettes. Tout ça est arrivé à l’insu de leur plein gré, selon la formule consacrée.)

Mais passons à autre chose : je me dilate chaque fois la rate à ces guignolades des journaux télé, qui nous donnent à voir et entendre les reportages in situ des envoyés spéciaux.  Le paradigme, c’est Gilles Dugenou en direct de l’Elysée (ou du palais Trucmuche, etc) : cadré plan américain avec le décor bien visible derrière, micro tourné pour qu’on ne confonde surtout pas RFM et BTL, le sieur Dugenou (on l’appelle « Gilles« , c’est plus direct – c’est du direct, d’ailleurs) est interrogé : « Alors Gilles, la réunion des Goûters Vespéraux de la Chancellerie est sur le point de se terminer, vous en augurez des décisions décisives à son issue… » – « Oui… tout à fait Patrick, je me trouve ici gnagnagna…« . Le truc, c’est que la « question » posée par le type qui parade sur le plateau du JT n’est jamais une question : c’est une question-réponse. Celle ou celui qui, micro en main devant la webcam et le projo, se les pèle et abrite son micro sous un riflard sur fond de Faubourg Saint-Honoré, ne peut qu’opiner avant d’enchaîner ; on lui a dicté son « oui ». D’ailleurs dans 95 % des cas le premier mot est « oui« . Variantes : tout à fait, absolument, effectivement, etc. En résumé, eh ouais c’est bien ça, pfffft, à quoi ça sert que je fasse le guignol ici alors que la conférence de rédaction a déjà décidé des réponses ?

Chez moi on fait des paris, devant le poste : sera-ce « oui« , « effectivement« , « absolument » ou « tout à fait » ? c’est comme lorsque – séquence nostalgie – dans mes années en culottes courtes, voyageant en bagnole dans la 11-Légère du paternel, on pariait, pour passer le temps et l’envie de gerber, sur la  marque de la prochaine voiture qu’on croiserait ( elles étaient nettement moins nombreuses que de nos jours). Quand c’était une Facel-Vega ou une Hotchkiss cabriolet (« … Ah non mais pas du tout Patrick, ce n’est pas comme ça que ça se passe…« ) on en avait pour des heures à s’esbaudir. Mais c’était vachement rare.

Tibert

Ben quoi… c’est banal, non ?

On sait que notre Macronaparte était en tournée aux Antilles, courageux de sa part sachant qu’une tempête tropicale y rôdait. On sait qu’il y a fait des selfies avec Pierre Paul et Jacques, il aime bien ça les selfies. Justement, il y a un souci, on voit sur un de ces clichés classiquement épanouis et consensuels un des deux gars qui l’encadrent faire un genre de V pas bien clair – ça ressemble plutôt à un symbole de cocuité, voyez, les cornes… tandis que son pendant fait carrément et posément un doigt d’honneur.

Ben moi ça me chiffonne. Je sais que je suis bégueule, vieux schnocque, tout ça, mais tout de même il y a des insultes qui sont des insultes, bien clairement, des insultes dégueulasses. Alors on tente vaguement de justifier ça, on nous sort des plâtrées de bons sentiments… mon cul, comme disait Zazie : Macron, Président de la république françouaise,  s’est fait insulter, bas de gamme, bien ignoble. Alors évidemment la Marine LP est montée sur ses grands chevaux, elle n’allait pas louper cette affaire où il n’y a pas de quoi être fier : eh bien c’est elle qui n’a  rien compris, dixit mâame Schiappa, la secrétaire d’Etat : si Marine a hurlé c’est parce qu’elle est raciste ! parce que les djeunes autour du Macronibus sont des Noirs ! pensez, un doigt d’honneur de Blanc, la Marine ça ne lui aurait posé aucun problème…

On en est là. Mais si j’étais le Macroléon, je me dispenserais désormais de poser pour des selfies, sauf à faire signer un code de bonne conduite. On se souvient de l’engueulade qu’il avait administrée au Mont Valérien à un jeune Caucasien qui l’avait interpellé d’un « ça va Manu ?« . Apparemment il y a deux poids deux mesures, et on comprend mal pourquoi. Ou plutôt on a peur de comprendre.

Tibert

Li-berté, li-bertéchéri-euh, con-ombats, zavec etc.

( Macronibus Rex annonce six milliards de baisse de fiscalité en 2019 : vous y croyez ? oui – non – ne sait pas : rayer les mentions inutiles, ça fera un sondage inutile de plus )

On a failli nous dispenser d’un flot de déclarations réputées « homophobes » (*), disons plus précisément hostiles aux homos faites par monsieur Marcel Campion, entrepreneur forain percutant et fier de l’être. On sait peut-être que ledit Campion n’aime guère la maire de Paris, et ne le cache pas. Ils ont des divergences… des frictions… mais là il se lance (il se lançait) dans une diatribe très virulente contre une supposée mainmise des homos sur la mairie de Paris. Tenez, c’est ici. Le Parigot vous en donne tout autant, c’est le même topo. Et le Monde, article moins mis en évidence, mais c’est là.

J’y ai donc appris que monsieur Campion attribue des moeurs sexuelles non traditionnelles à certaines des figures de la mairie de Paname – ce que je ne soupçonnais pas, et puis je m’en fous – copinage tendre, ascenseur politique pour complicités sur l’oreiller, etc. C’est effectivement assez moche et bas de gamme… est-ce que ça vaut la peine d’en faire un article ? le bizarre de la chose, c’est que monsieur Campion a tenu ces propos en janvier ! c’est donc clairement du réchauffé ! pas le scoop du jour ! alors qui a ressorti ce truc, et dans quel but ? on se perd en conjectures dans les milieux bien introduits. Ce qui m’interpelle, moi, c’est  qu’on ait planqué ça pendant sept mois sous le tapis de la grande Salle des Fêtes ; c’étaient donc des propos sans portée et oubliables ? huumm… Mais la chasse est désormais ouverte, semble-t-il, et ça va tirer à vue et à grosse chevrotine. La morale de cette histoire pas vraiment mignonne, c’est que viva la libertad d’expression, quitte à en subir les conséquences si c’est de la râclure nuiseuse de ragots malodorants. C’est le niveau du bonhomme, semble-t-il, soit ; mais nous sommes assez grands pour nous faire notre opinion.

Tibert

(*) la phobie c’est la peur irraisonnée, pas la haine. Approximations commodes, amalgames… de même, nommer « portable » un téléphone mobile qui fait 180 grammes grand max, c’est débile. Evidemment qu’il est portable, sinon on a affaire à une myopathie en phase finale ! pourquoi pas « plat », puisque c’est un objet plat ?

 

Déficits et produits dérivés

(A l’heure blême où je mets sous presse ma prose, ma prose sous presse, virgule, la vente de charité de l’Elysée aurait rapporté 350.000 euros, somme aussitôt investie entre autres à la rénovation des bâtiments éponymes, à payer les agios bancaires sur le ruineux achat à découvert d’un monceau d’assiettes de Limoges, sans oublier d’abonder le stock de croquettes « Fauchon-Nonos » du clébard du château. On suppose que l’illustre Stébane Phern a mis la main à la pâte (avec l’accent qui va bien) au vu du kitsch à dorures très « royals » des objets (« produits dérivés » en patois marquétinge) proposés aux badauds. Je sais pas où on va, là, mais on y va.)

Mais au fait : le premier r’adjoint à la Maire de Paris –  Bruno Julliard, PS pur sucre élevé préalablement dans les couveuses des apparatchiks étudiants de l’UNEF – quitte le navire, qui manifestement ne fluctuat plus trop et mergitur bientôt : il est temps de se barrer ! Il est assez dilatant pour la rate de lire les attendus de la décision julliardesque, je vous cite ici le Parigot : Julliard dénonce par ailleurs sur ces dossiers «un déficit d’échange et d’écoute» de la maire envers ses équipes, et un «déficit d’humilité et de compréhension» face aux «mécontentements». Un déficit d’humilité ! bref en français, et hors tout vocabulaire de comptable « crédit-débit » : une orgueilleuse, madame Hidalgo ! qui n’entend pas la foule gronder et rouscailler, qui n’en fait qu’à sa tête, et qui de plus navigue au pif, qui « gouverne à l’instinct« , dixit son désormais ex-bras droit.

Il n’est un secret pour personne que les Municipales approchent, c’est pour le printemps 2020, soit dix-huit mois environ. Et Paris, comme disait le bon roi « Poulopot » Henri IV, vaut bien une messe. Moult politiciens (et politiciennes *, ça va de soie, comme on dit à Lyon) se verraient bien endosser le costard ou le tailleur « executive woman » du futur maire. Monsieur Julliard, dont on ne sait présentement si telle est son ambition, a sans doute d’abord en tête d’éviter les remous naufrageurs – quand le bateau coule, c’est bien connu, on coule avec. C’est d’ailleurs pour ça que les rats – pas cons, les rats – quittaient le navire, du temps où il y avait des rats sur les navires.

Tibert

(*) Pour l’écriture inclusive, cette vérole scripturale, cherchez quelqu’un.e d’autre ; ce machin ne passera pas par moi.

‘ J’en mourirai n’est pas français ‘, entre autres !

(En titre, rendons à Gainsbarre ce qui lui est dû, c’est « En relisant ta lettre », vous l’aviez déjà trouvé). Mais c’est le Firagots-Premium – comme le gaz-oil de chez Totoil, amélioré mais plus cher, forcément (lecture exclusive pour les veinards friqués qui ont raqué), le Figaro de luxe, donc, qui vous pose la question en gros titre : « Et si, demain, on ne mourrait plus du cancer ? » (*), article signé d’une Guyvonne de Montjou qui n’a pas consulté les conjugaisons des verbes du troisième groupe. Au conditionnel, « si on ne mourait plus ? » avec un seul r le fait très bien. Bonne idée, d’ailleurs, mais il faudra bien mourir de quelque chose, non ? Vu de ma fenêtre, et désormais clairement informé du penchant affiché du Macroléon pour serrer le kiki aux retraités – ils ne travaillent pas, ces feignasses – l’éradication des décès dûs aux cancers annonce des lendemains pas du tout joyeux pour les têtes chenues : il va y en avoir de plus en plus – toujours aussi flemmards, forcément – et de plus en plus pauvres. Retour de bâton, notre Jupiter quinquennal va se croire obligé de sortir un plan « pauvreté » spécial-seniors. Je te refile d’une main une pincée de ce que je te prends de l’autre, en somme : repas « troisième âge » (pour les sans-dents ou les dentiers !) steak hâché-purée-yaourt à un euro, etc. Et tiens, les dentiers, mieux remboursés, allez c’est cadeau. Remarquez, des dentiers mal foutus et malencontreusement avalés, ça permettrait de dégager pas mal de ceux que le cancer ne déblaierrait plus 😉 – avec un seul r, vous l’avez sûrement corrigé de vous-mêmes !

Tibert

(*) Hâtez-vous d’y aller voir, ils sont foutus de corriger ; il reste peut-être des journaleux qui maîtrisent les verbes du troisième groupe. Il fut un temps où l’orthographe avait son importance, mais je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans etc – ça c’est de l’Aznavour.

On les a laissé partir (entrer, s’enfuir…)

Morose, je lis l’histoire des flics d’Orly qui, ayant fait mine de vouloir contrôler un « djeune » à scooter du fait d’un éclairage déficient dans l’obscurité, se retrouvent avec un cadavre. Le scooter était volé, le jeune « voulait l’essayer » – ben quoi, rien de plus naturel, suffit de le subtiliser – et n’avait pas bouclé son casque ; il a vu les keufs et a paniqué, il a voulu jouer à Starsky et Hutch sans en avoir la dextérité, il a pris une gamelle sur un trottoir, et… il est mort : casque envolé, choc mortel à la tête. « On y est pour rien, on voulait juste lui poser quelques questions ; il n’y a pas eu de course-poursuite !  » clament les policiers. Ben oui, ils sont juste arrivés au mauvais endroit au mauvais moment… la faute à pas de chance, quoi. Ils l’auraient volontiers laissé filer, le jeune ; s’ils avaient su, ils seraient aller patrouiller ailleurs, vous pensez bien. On en est là…

S’il s’était agi de plusieurs jeunes, ils « les auraient laissé filer », pas « laissés filer ». Eh oui ! ce que je souligne là, c’est que je suis tombé sur un blog un peu ancien, du mois de juin, intitulé « En Iran : on nous a laissées entrer au stade« . Minuscule victoire des femmes, mais un grand pas tout de même pour l’humanité, les femmes ont pu entrer – en famille ! rassurez-vous – au stade où se jouait un match de foot Iran-Espagne (*). Je partage la joie exprimée à cette occasion, et je formule des voeux pour que ce pays au régime arriéré et machiste se réforme rapidement ; mais je suis désolé, c’est « on nous a laissé entrer« , qu’il fallait écrire ; voir par exemple ce lien. Vous vous en foutez ? vous avez sans doute raison, c’est un tout petit débat sans enjeu, la langue française est foutue, à plus ou moins long terme. L’important, c’est qu’on les ait enfin laissé entrer. Le foot, y a pas mieux pour libérer les femmes.

Tibert

(*) C’était pendant le Mundial, et il s’agissait donc d’une diffusion sur écrans géants d’un match de « poule » qui se jouait en Russie. Ces dames étaient donc à l’abri des odeurs entêtantes et suggestives des vingt-deux footeux ahanant sur la pelouse – et vice versa.

Véroles et désinformation

Le Monde, décidément imperméable à ma prose et mes critiques, persiste à traiter de « fake news » – à propos de la difficulté qu’il y a pour Fesse-Bouc à éradiquer la désinformation qui prospère sur ses pages. « Fake news« , c’est de l’anglais, et nous ici parlons une autre langue, aussi chouette – outre que c’est la nôtre – avec des termes à la fois plus précis et intelligibles aux francophones. La désinformation, ce n’est pas équivalent à des « informations fausses », c’est plus fort, ou alors nous ne parlons pas la même langue ? bref… incorrigibles journaleux !

… mais je lis aussi dans la même livraison du canard sus-cité que chez les 15-24 ans, et chez nous en France, les infections sexuellement transmissibles sont en très forte hausse. Permettez moi de rapprocher ces deux (vraies) informations. La désinformation glisse mieux sur la peau des vieux crocodiles, tout comme les gonocoques passent plus au large : 1) parce que les vieux (ooops ! excusez : les séniors) ne passent pas leur temps vissés à leur mobile (*) à y zieuter et pianoter dessus frénétiquement ; et puis ils sont moins crédules, moins prompts à gober les bobards. Et 2) pour faire du sexuellement transmissible, il faut s’y adonner avec vigueur et insouciance, ce qui pour les tranches d’âges plus anciennes ne relève pas de la même urgence. Chaude-pisse et infos bidon sont les deux mamelles de la jeunesse.

Tibert

(*) Ok ok, je sais, ce sont des « smart-faunes », pas de simples mobiles. Mais vu que 99,5 % des possesseurs de mobiles disposent maintenant de ces petites merveilles supposées intelligentes, autant faire court : je bannis donc l’immonde « smartphone », d’une profonde laideur – essayez donc de prononcer ça sans faire la grimace . « Smart« , ces phones ? très cons en fait, à voir les âneries qu’on fait avec.

EXECRAS

Les députés, unanimes sauf ceux qui n’y étaient pas, ont adopté une nouvelle mouture de l’article 1 de notre constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion« .

Et avant ? avant, c’était « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion« .

Vous voyez la nuance ? il n’y a plus de race. Mais il y a du sexe ! important, le sexe. S’agissant des races, d’aucuns affirment que ça n’existe pas : on en déduit immédiatement que le terme « racisme » est sans objet et ne peut être imputé à quiconque, puisque s’appliquant à une entité vide. A la réflexion, si ! on peut parler de racisme vis à vis des mammifères « inférieurs », que l’on subdivise classiquement en races – du moins ceux qui valent le coup : le racisme anti-Blonde d’Aquitaine, par exemple, ou anti-Rottweiler, anti-Baudet du Poitou… moi personnellement je déteste le Charolais. C’est idiot, sans doute, condamnable certainement, mais le Charolais me rebute.

Gageons que d’ici quelque temps le progrès humain, scientifique, du Ne-Fâchons-Surtout-Personne incitera l’immense majorité, sinon l’unanimité de nos élus à voter une nouvelle-nouvelle mouture de notre belle constitution que le Monde nous envie : plus de sexe ! c’est très subjectif, le sexe. D’abord il y en a de toutes les sortes, des tas de variantes, et puis pourquoi stigmatiser tel ou telle ? Chez les mammifères « inférieurs », en revanche, oui, le sexe, ça peut se concevoir, quasiment binaire, rustique ! On mène les chèvres au bouc, c’est comme ça que ça fonctionne. C’est rustique – c’est bête, quoi ! – mais ça fonctionne.

Tibert

PS – Je change de sujet, ça m’interpelle ce truc : des passages piétons en 3D à Paris ! des trompe-l’oeil donnent en effet un effet de relief aux bandes blanches habituelles  peintes sur l’asphalte… ils retardent d’un métro, à Paris ! il y  a jolie lurette que le moindre hameau genre Trifouillon-sous-Gartempe a ses trois-quatre passages piétons en relief, agrémentés de dos-d’ânes à péter les suspensions des bagnoles et les lombaires des conducteurs. C’est de la 3D, ça, de la vraie !

Le bon tag et le mauvais tag

Je hais le tags, cette lèpre des murs. En un poil plus nuancé : il y a des tags qui ne sont pas plus moches que ce qu’ils recouvrent et maquillent, voire moins moches, murs d’usines ou palissades lépreuses : eh bien va pour le tag, s’il a permis à un obscur malade de la bombe de peinture de se soigner sans trop de dégâts, ou, qui sait, en améliorant le paysage. Il y a même un ou deux types – une poignée – qui font de petites merveilles, Banksy évidemment, mais d’autres sans doute. Ceci étant, le tag est dans son immense majorité un gros ramassis de merdouilles narcissiques pondues partout là où c’est physiquement possible pour montrer qu’on en a une plus grosse (bombe de peinture) que les autres. Le thème du tag de base, c’est une signature ampoulée, hypertrophiée, moïque.

Mais, le croirez-vous, c’est interdit, le tag !! sauf invitation expresse à s’exprimer. Si si, je vous assure, c’est puni par la loi !! c’est pourquoi on en voit partout, et qu’on ne chope quasi jamais les fauteurs – une loi de plus qui compte pour du beurre. J’ai vécu mon enfance dans un pays sans tags, inconscient de ce bonheur visuel ; je vais me résigner à vivre ma fin de partie avec des tags immondes ou simplement laids tout partout.

Mais on se souvient parfois que c’est interdit, le tag, et là on daigne se déranger et lever le cul de sa chaise pour faire quèqu’ chose – « c’est inadmissible« , « c’est scandaleux » – quand on a affaire à des tags racistes ou homophobes. Alors là, non non pas question, « le fascisme passera pas« , « halte à l’homophobie » etc. Tenez, cette expo à Metz, caviardée de tags homophobes : tout le monde s’émeut, on se mobilise, et toutes ces sortes de choses. On est d’accord, saloper une expo – artistiquement estimable ? politiquement équilibrée ? je n’en sais rien – par haine de l’homosexualité, c’est con et lamentable. Ce qui me chiffonne, moi, c’est qu’en principe TOUS les tags sont condamnables. Alors qu’est-ce que c’est que cette mayonnaise de monter en épingle UN cas de tag, justement un tag homophobe ? quand on lit un peu partout des messages du type « je nique ceci, je nique cela » (la police, la France, les bourges, les Feujs etc…) c’est mieux ? c’est exactement aussi dégueulasse… mais personne ne bronche un cil. Dans cette affaire de Metz, ses dits et ses non-dits, sa publication, on est pile-poil dans une forme cristallisée du Politiquement Correct : un cas d’école.

Tibert