Lâches Ou (et) Lamentables

Je n’aime pas Cécile Duflot – le personnage politique – j’ai déjà abondamment expliqué pourquoi. Je ne suis pas convaincu que dans l’affaire Denis Beaupin, accusé de harcèlement par plusieurs nanas, l’ « agression » de celui-ci sur la Duflot, telle qu’elle l’a rapportée, méritât d’être considérée comme telle ; j’y ai vu un macho pénible et obtus – guidé par sa queue – et non un prédateur sexuel. Mais bon… je n’y étais pas, et n’ai pas le vécu d’une nana sur les emmerdeurs sexuels. En tout cas, sur les tombereaux de touïtts orduriers qu’elle reçoit ces temps-ci, je suis vigoureusement de son bord. C’est immonde, en effet, et pénalement punissable, si l’on parvient à gauler les fautifs. Mais… une idée, comme ça… pourquoi mâame Duflot et ses semblables ont-ils besoin d’être sur Touïtteur, cet égoût de l’égo à ciel ouvert ? il existe des tas d’autres moyens d’être branché sur le réel. Et qu’est-ce qu’on est peinard à se tenir à distance !

Et puis autre chose : la Ligue du LOL, ce cénacle basé essentiellement sur un microcosme de journaleux très parisiens, qui se divertissaient, ah ha ha que nous somme spirituels, à emmerder, rabaisser et dénigrer – essentiellement des femmes, mais pas que. Bon, on glosera à souhait sur le dégueulasse de la chose et les châtiments, si ce n’est déjà fait, mises à pied, licenciements et autres sanctions, ce n’est pas mon propos. Ce que je veux souligner ici, c’est que ce sont des journaleux de gauche, forcément, de la Bonne-Pensée pur beurre, des donneurs de leçons de morale, qui sont dans cette entreprise puante. Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Ce que le vieux Léo Ferré paraphrasait ainsi – je sais, je l’ai déjà cité, j’ai mes marottes :

N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres.

Tibert

Revenez la semaine prochaine

( Grand Déballage : quand il y avait UN président en exercice sur sept ans, ça ne coûtait pas cher d’entretenir les présidents retraités. De nos jours, on en a quatre ! Gigi, Chichi, Sarko et Pépère, qui nous coûtent un bras – alors qu’ils sont largement à l’abri du besoin, à ma connaissance. Faut arrêter… c’est féodal et ridicule. Dans la foulée, nous avons une tétrachiée d’anciens Premiers – j’ai renoncé à les compter, ça remonte à Fabius, Cresson… c’est vieux ! eux aussi sont à l’abri du besoin, pas de raison de leur tailler des avantages acquis excessifs. Des économies sensées, en somme, justes, et sans mettre personne sur la paille. )

Et puis je me suis diverti à cette histoire d’arnaque sur la Toile, un hacker prétendant avoir piraté l’ordi – et la webcam par la même occasion – de tas de braves gens qui auraient, les coquins, subrepticement visionné des sites pornos. Il menace, ce mal-faisan (sic), de dénoncer ces épouvantables dépravations – sauf à raquer 500 euros, et plus vite que ça. J’ai bien aimé le commentaire d’un lecteur du Firagots : « J’ai reçu ce mail aussi (…) Il ne coche aucune case me concernant (webcam physiquement offusquée, mots de passes incassables etc…)». Vous apprécierez la webcam prude et offusquée ! mais c’est en effet une précaution utile et simple d’obturer (*) sa webcam si l’on ne s’en sert pas, soit 99,5 % du temps.

Reste que – c’est le vrai sujet du jour – les gus de Médiapart ont refusé qu’on les perquisitionne dans le cadre de l’affaire des révélation sur le sieur Benalla : ils en ont en effet le droit, vu que c’est une enquête préalable (ah bon…). Ils sont bien entendu montés sur leurs grands chevaux, fait mousser : sanctuaire, protection des sources, attaque intolérable etc… Mais bon, les juges pourront revenir et perquisitionner sans opposition possible quand ils auront suivi la procédure ad hoc. Moi si j’étais Médiapart je profiterais du répit pour planquer tout ce qui doit l’être, non ? mais j’ai sûrement l’esprit mal tourné.

Tibert

(*) Obturer, occulter, masquer… au fait, ce serait un progrès, ça. Qu’on ait un volet d’occultation du petit oeil au milieu de la bordure haute de l’écran. Un truc simple, mécanique, tout con, pas cher. Pour décourager les voyeurs.

Renvoi d’ascenseur ( burp…)

Vous avez peut-être su que madame Jouanno, Chantal, énarque et ex-ministre des sports, ex-sénatrice, etc… et actuelle présidente du CNDP (Commission Nationale du Débat Public, si si ça existe, on l’ignorait avant les GJ, tiens justement on y est en plein dedans, elle va pouvoir s’occuper…) avait été naturellement pressentie pour présider le Grand Déballage ; son salaire moëlleux ayant été commenté en termes sévères, elle a renoncé à cette mission de pilote sur ce difficile dossier. Démissionnerait-elle dans la foulée de son poste au CNDP ?  ben non, elle y reste, y a pas de raison, ce n’est pas le même débat 😉  ; et de là, telle la Coquette ou la Noiraude, elle regarde donc passer le train du Grand Débat.

Oui mais… il y a des plats qui se mangent froids. Et voilà, madame Jouanno nous sort benoîtement que « le grand débat est faussé » ! comprenez : avec elle aux manivelles, rien de tel ne serait arrivé. Elle avait vu plus grand, plus libre, et, je cite : « Aujourd’hui le grand débat se limite (…) à la possibilité de ne débattre que des quatre thèmes et de ne répondre qu’aux questions qui sont posées par le gouvernement, ce n’est pas ça un grand débat« .

C’est donc, comprenons-le, nous susurre-t-elle, un petit débat, pipé, aux réponses pré-mâchées et qui bride l’expression. Et je me, je vous pose la question : qu’est-ce qui m’empêchera, dans le cadre d’un déballage public, et hors des fameux quatre thèmes imposés, de poser une question dans le micro et sur la conn…, euh la stupidité de nous obliger à rouler à 80 km/h maxi sur des ex-nationales bien droites, en bon état, sèches et peu fréquentées ? ou sur le nombre pharaonique d’agences et de commissions, ruineuses pour le contribuable, aux missions obscures, peu lisibles, voire absconses ?

Bref, les propos de madame Jouanno, c’est le coup de pied de l’âne, là… ou de la mule du pape. En sport, on parlerait de manque de fair-play. Il y a quelqu’un là-haut qui a dû lui savonner la planche, ou déféqué dans ses boots. D’où la réaction… pas d’une élégance folle. Ceci dit, on réalise qu’on a été indûment privés du pilotage éclairé de madame Jouanno ; ah, quel dommage. Si seulement on ne s’était pas arrêtés à de viles et subalternes considérations sur ses émoluments, quel superbe débat ç’eût été ! on en est meurtris.

Tibert

Louanges et locations

( Le Grand Déballage… une suggestion ? qu’on prenne systématiquement en compte les effectifs des foyers fiscaux (le fameux quotient familial). Quand on est deux, trois, quatre… sur le même revenu total et les mêmes « richesses » on les partage, et chacun jouit d’une fraction : c’est différent d’être tout seul.  C’est déjà comme ça ? eh non. Pour certains impôts, Bercy matraque uniformément les foyers fiscaux sans égard au nombre d’individus y résidant : c’est pas juste du tout. )

Mais au fait : foin des GJ et des Actes X, XI, XII… du samedi, je vais vous causer de choses plus légères, ça change, tenez, l’amorce d’un article du Monde claironnant « Ces notables qui louent des logements insalubres« . Et cette lancinante incertitude me taraude : ils sont locataires, ou ils mettent en location ? car seul le con-texte renseigne : quel notaire aisé mais maso, roulant Merco ou Jaguar, irait se coller au 7 ème étage (ascenseur en panne 93 % du temps) d’une tour pourrie du 9-3  ? non, le notable loue en tant que loueur, bien entendu, le fric c’est pour lui, mais ce n’est pas le verbe qui vous renseigne ! D’autres langues sont aussi ambiguës, l’espagnol (alquilar), mais les Anglais ont « rent » et « rent out » et s’en sortent mieux…

Et que dire de  » louons le Seigneur !  » on le prend en location ? on le donne (« donne » : façon de parler !) à louer ? on en cause en termes élogieux ? en cette époque où les usagers des aéroports – ces « non-lieux » tous identiques – se voient offrir des salles de prière « tous cultes », la question n’est pas anodine. Avant de s’y prosterner devant Untel le Très-Grand, Untel le Créateur ou Untel le Tout-Puissant, avant de lui adresser une supplique ou  un couplet adorateur, il convient de s’assurer qu’Il y est, Lui et pas un Autre. Et le plus sûr, c’est de le louer ! je vous laisse supputer dans quel  sens.

Tibert

Métonymie-bémol

( La suggestion du jour, pour le Grand Déballage : pourquoi que les connexions internet les plus lentes et pourries – à la cambrousse, cherchez pas – sont comme par hasard toujours les plus chères ? si Internet est une Grande Cause Nationale, il y a du grain à moudre pour réduire les inégalités ! )

Mais juste pour faire semblant de « les » charrier un peu, sinon ils vont croire qu’on ne lit pas leur prose… Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, et qui (ne) gagne (que) 9.559 euros bruts par mois, habite en banlieue parisienne… eh oui, dit-il, il ne roule pas carrosse, et « le prix du mètre-carré à Paris est trop cher« .

Eh non… un objet peut être cher, ce n’est pas son prix qui est cher. De même, « les températures sont élevées (ou basses, ou normales…)« ,  et non « les températures sont chaudes« . C’est le temps qui est chaud, et le bifteck qui est cher ! la température et le prix, ce sont les mesures des qualités chaleur, cherté, gnagnagna…

Donc : à choisir, monsieur le porte-parole ; moi j’opterais pour la première proposition, plus concise et aussi claire.

  • soit « le mètre-carré à Paris est trop cher« ,
  • soit « le prix du mètre-carré à Paris est trop élevé« 

Bon, il serait employé au ramassage du courrier, cuistot, informaticien, on fermerait les yeux, on s’en foutrait, de cette imprécision, de cette erreur de cible. Mais c’est NOTRE porte-parole à nous. Faut qu’y porte bien la parole, faut qu’y cause bien ! à moins que le journaleux n’ait déformé ses propos ? j’aurais l’air malin, moi…

Tibert, pinailleur.

Blablas aux petits oignons

( Le Grand Déballage : une idée par billet, « ils » en feront leur miel – ou pas ! Celle du jour : l’impôt direct et progressif doit s’imposer à tous. Français ? donc contributeur à l’effort de tous.  Pauvre ? 1,30 euro, 5 euros, 40 euros, mais pas « rien ». Rien, c’est hors citoyenneté. )

Mais au fait : sur Claclabar, un passager s’est plaint, dans ses commentaires post-voyage, d’avoir mal été traité, sinon maltraité… je cite : « Je voulais pas payer 60 euros à la SNCF du coup je me retrouve en blablacar enfermé dans une voiture avec 3 personnes qui veulent que les migrants rentrent chez eux. Finalement c’est quoi 60 balles dans une vie ?« . On ignore, à l’heure où je mets en ligne, combien a payé ce passager douloureusement marqué par son trajet. Disons X euros, sachant que X < 60. Eh bien, je dirai que X euros pour découvrir que la Pensée-Unique et l’unanimisme obligatoire envers les « migrants » ne fonctionnent pas partout, qu’il existe des individus capables de s’exprimer librement, c’est du fric bien placé.

Le problème avec les covoiturages, c’est qu’on peut voyager avec des cons (*), des réacs, des gauchistes, des souverainistes, des dingues, des emmerdeurs, des bavards impénitents, des taiseux, des qui se rencognent avec leur casque sur les oreilles et ne pipent pas un mot, des qui roupillent… hélas, le contrat ne garantit pas l’agrément de conversations consensuelles. Et dans la mesure où les passagers « anti-migrants » n’ont ni diffamé, ni injurié ces derniers, ils ont farpaitement le droit d’estimer – dans un espace privé, qui plus est – qu’on doit les renvoyer chez eux, vu que la Loi ne dit pas autre chose en cas d’entrée illégale sur le territoire national.

Ils ont tort ? ils ont tout faux ? à vous d’argumenter, chers covoitureurs « pro-migrants », c’est la démocratie même. Dans le respect des opinions si elles sont sincères ; à défaut, je propose que Claclabar édite un petit dépliant-vade-mecum du covoitureur, genre « De quoi deviser pendant le voyage ? » : le temps qu’il fait, qu’il a fait ou qu’il fera, bien sûr, incontournable ! et puis la faible pollinisation cette année ou l’an dernier ; la reproduction des bigorneaux dans les mers du Sud, et j’en oublie. De quoi en avoir pour ses X euros, satisfait d’un agréable vide consensuel.

Tibert

(*) On est toujours le con de quelqu’un, et qu’un con me considère comme un con me semble tout à fait sain et dans l’ordre des choses.

 

l’effort du sens

… ou « l’effort de l’essence » (à 1,70 euro le litre), ou « le sens de l’effort« , en V.O. Mais j’aime l’effort du sens, qui devrait être inscrit en lettres d’or au dessus du fronton de toutes les écoles de journalisme : il y a du boulot !

Macronious a balancé un petit speech aux boulangers venus fêter la Galette des Rois avec lui et madame. Outre qu’on a ainsi appris que pour faire une bonne baguette (de pain) il faut dix ans de métier – j’ajouterais « et 20 centimes de plus« , car la standard au prix plancher n’est pas souvent recommandable – on a pu entendre un topo sur le nécessaire effort. Je cite ci-dessous le passage juteux du Macroléon in extenso pour ne pas déformer :

« (…) le travail c’est une source de lien social, je le dis au milieu de femmes et d’hommes qui ne comptent pas leurs heures. C’est une grande opportunité pour le pays. Notre jeunesse a besoin qu’on lui enseigne un métier. On n’a rien dans la vie s’il n’y a pas ces efforts. Beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté. Parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République – et notre République n’a rien à envier à beaucoup d’autres – il y a des devoirs. Et s’il n’y a pas ce sens de l’effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son engagement au travail, notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion, ce qui fait son histoire, son présent et son avenir. »

Voilà… verbatim. Ce qu’on en a retenu ? que du mal ! a-ff-reux ! tenez, La Montagne, le canard des z’Auvergnats, je cite les commentaires dudit canard,  tout en nuance : « Emmanuel Macron a peut-être, pourtant, poussé le curseur un petit peu trop loin, en évoquant que « beaucoup trop » [de Français] oublient le sens « de l’effort », et en rappelant les notions de droits et de devoirs, « dans la République ». »

Beaucoup trop de Français meurent sur les routes.

Beaucoup trop de Français fument.

Beaucoup trop de Français boivent en excès.

Beaucoup trop de Français ne font pas de sport.

Beaucoup trop de Français ne mangent pas assez de légumes et de fruits.

Beaucoup trop de Français – mâles – ne relèvent pas la lunette des WC avant d’uriner.

Beaucoup trop de Français – mâles – ne rabaissent pas la lunette des WC après l’avoir levée (merci) pour uriner.

Beaucoup trop de Français négligent d’éteindre la loupiote en quittant une pièce.

Beaucoup trop de Français ne savent pas conjuguer feindre ou dissoudre.

Je pourrais continuer longtemps comme ça, à enfoncer des portes ouvertes : si c’était mieux, ce serait mieux. Macronibousse « a peut-être, pourtant, poussé le curseur un petit peu trop loin« . Il ne sied (*) pas, en somme, de rappeler aux Français le sens de l’effort : ils sont nés avec, congénital pour ainsi dire… à pousser le bouchon un petit peu trop loin, je dirais qu’ils ont mis des années – grosso modo, depuis la fin des années soixante – à s’en défaire.

Tibert

(*) Essayez-donc de le conjuguer, celui-là !

Nonobstant le sparadrap

( On va bien y arriver à commencer, non ? allez, on y va. Pffft… encore une année à passer. Tenez, j’apprends que le langage assez fermé des décisions de justice devrait tendre à se simplifier, se clarifier, car, le croirez-vous ? on a du mal à suivre, parfois. Le Parigot nous cite des « infra petita« , des « susmentionnés » qui devraient passer à la trappe… moi je trouve ça triste ; infra petita  désigne très explicitement l’alinéa a)  en dessous… susmentionnés, voir plus haut, etc. Mais c’est, outre des termes parfois abscons – ou carrément sans abs –  la construction des phrases qui pèche : les redoutables doubles ou triples négations, les subordonnées relatives pendantes qu’on récupère trois lignes plus tard, etc. Messieurs-dames de la justice, de la clarté dans l’expression ! ça demande un effort, je sais. Il faut, tel Flaubert – ou comme moi, tiens ! – raturer, reprendre, restructurer, biffer, reconstruire son texte… eh oui, c’est exigeant. Au passage, merci de nous sauver le fragile et mignon nonobstant, que je chéris particulièrement. )

Mais au fait : Benalla, acte III. Monsieur Benalla, c’est pour Macronibus le sparadrap du capitaine Haddock dans L’affaire Tournesol. Pas moyen de s’en décoller ! après l’histoire des initiatives musclées du personnage lors des manifs, ce furent les passeports diplomatiques – deux ! comme les testicules, c’est plus sûr – et un voyage « officieux » au Tchad façon barbouze et françafrique. Et désormais, l’ex-acolyte musclé déchu s’attache clairement à lâcher un maximum de boules supposées puantes, à mouiller du beau linge avec lui  : il nous raconte ses billets échangés avec Macron par messagerie instantanée (voyez comme nous étions proches !). Et l’Elysée de nier, puis d’admettre, contraint, que, oui, certes, ponctuellement, deux brefs échanges… ces cachotteries… on joue à quoi, là ? c’est miteux. Un peu de courage, que diable ! Ils ont échangé par messagerie instantanée ? et puis ? c’est interdit ?

Tibert

Les excréments au ventilateur, avec obstination

( Je ne sais plus quelle auteure (sic) connue et estimée emploie « derechef » pour signifier « tout de suite » : elle se goure jusqu’au coude. Derechef, chef, ça veut dire rebelote, à nouveau, encore une fois, etc.)

Mais bon… juste un bref mot, un mot court pour constater combien les médias sont obstinément à jeter la merde au ventilateur, souffler sur les braises de pneus et de palettes, agiter les éléments les plus entêtés et remontés, etc. Il n’est plus possible de regarder sereinement FR3, la 2, de lire le Parigot sur le web : du Jill & John ad nauseam ; il n’y a plus que ça. La Terre peut s’arrêter de tourner, ils s’en tapent : les GJ, les GJ ! comme au Jeu des Mille-Balles on crie « banco ! banco ! » On nous rebat les oreilles et les yeux des GJ, et l’on interviouve systématiquement les plus violents – hier soir après la causerie de Macronibus au coin de son bureau, c’était flagrant sur TF1.

Il n’y a plus qu’Arte pour nous causer aussi d’autres choses, les états d’âme de madame Merkel, le pacte de Marrakech, l’Arménie, le feuilleton du Brexit… ça fait du bien.

Qu’est-ce qu’ils veulent, les journaleux ? entretenir et amplifier la m… ? ils font ça très bien, ma foi. Avec ou sans ventilateur.

Tibert

Oui, effectivement, tout à fait…

(Les peines pleuvent 😉 sur les malheureux passants innocents qui se sont injustement fait appréhender et rudoyer par des policiers brutaux, alors qu’ils admiraient, en minéralogistes avertis, et gilet fluo sur le dos pour être vus des bagnoles absentes, la rectitude des arêtes et la finesse de grain de petits cubes de pierre d’environ 10 cm de côté trouvés sur le sol alors qu’ils flânaient Place de l’Etoile. C’est une erreur, monsieur le juge. Profil bas, humilité, les slogans dans les chaussettes. Tout ça est arrivé à l’insu de leur plein gré, selon la formule consacrée.)

Mais passons à autre chose : je me dilate chaque fois la rate à ces guignolades des journaux télé, qui nous donnent à voir et entendre les reportages in situ des envoyés spéciaux.  Le paradigme, c’est Gilles Dugenou en direct de l’Elysée (ou du palais Trucmuche, etc) : cadré plan américain avec le décor bien visible derrière, micro tourné pour qu’on ne confonde surtout pas RFM et BTL, le sieur Dugenou (on l’appelle « Gilles« , c’est plus direct – c’est du direct, d’ailleurs) est interrogé : « Alors Gilles, la réunion des Goûters Vespéraux de la Chancellerie est sur le point de se terminer, vous en augurez des décisions décisives à son issue… » – « Oui… tout à fait Patrick, je me trouve ici gnagnagna…« . Le truc, c’est que la « question » posée par le type qui parade sur le plateau du JT n’est jamais une question : c’est une question-réponse. Celle ou celui qui, micro en main devant la webcam et le projo, se les pèle et abrite son micro sous un riflard sur fond de Faubourg Saint-Honoré, ne peut qu’opiner avant d’enchaîner ; on lui a dicté son « oui ». D’ailleurs dans 95 % des cas le premier mot est « oui« . Variantes : tout à fait, absolument, effectivement, etc. En résumé, eh ouais c’est bien ça, pfffft, à quoi ça sert que je fasse le guignol ici alors que la conférence de rédaction a déjà décidé des réponses ?

Chez moi on fait des paris, devant le poste : sera-ce « oui« , « effectivement« , « absolument » ou « tout à fait » ? c’est comme lorsque – séquence nostalgie – dans mes années en culottes courtes, voyageant en bagnole dans la 11-Légère du paternel, on pariait, pour passer le temps et l’envie de gerber, sur la  marque de la prochaine voiture qu’on croiserait ( elles étaient nettement moins nombreuses que de nos jours). Quand c’était une Facel-Vega ou une Hotchkiss cabriolet (« … Ah non mais pas du tout Patrick, ce n’est pas comme ça que ça se passe…« ) on en avait pour des heures à s’esbaudir. Mais c’était vachement rare.

Tibert