De la facturation des blablas

La SNCF, qui maintenant verrouille tous azimuts ses offres – billets nominatifs, je vous en ai causé, comme si la fourniture d’un siège dans un train pour se déplacer d’un point A vers un point B présentait une différence entre Pierre, Paul ou Jacques, pourquoi nominatif, qu’est-ce que ça peut faire ? (*) – et force la main (**) pour ses TGV « Oui-oui », la SNCF, donc, revend ses bus Macron « Ouibus » à Blablacar. Les bus Macron, enfin une idée qu’elle était bonne, mais mal foutue, sabotée, avec des gares routières souvent minables ou inexistantes. Et puis des bus qu’on est quatre de front dedans, serrés comme des harengs en caque, alors que les cars de tourisme modernes vous casent à trois par rangée, pas plus. Mais bon… le Français sait se serrer, pas vrai ? sans rouscailler…

Blablacar, ce fut au départ une bonne idée, simple, conviviale, on offre ou on demande une place pour aller en bagnole de X à Y en passant par Z, pas trop cher ; et puis les gros sabots des « managers » se sont pointés, y avait du blé à faire, et maintenant voilà c’est une boîte avec tout ce que ça implique, qui prend son gros pourcentage au passage, impose ses règles, vous catalogue, vous cible, vous facture, etc. De profundis l’esprit de blablacar, place au bizness. Pourquoi Blablacar achète les Ouibus ? on le saura bientôt. Simple mise à mort via une filiale, ou espoir de faire des profits ? attendons et observons, les financiers sont à la manoeuvre.

Tibert

PS – Scène de la vie quotidienne… trois djeunes assis sur un muret de pierre dans un jardin public, éclusant chacun sa boîte de bière « Heineuquenne » 33 ou 50 cl, je n’ai pas l’oeil assez exercé… je suis repassé vingt minutes plus tard au même endroit. Les trois boîtes de bière par terre, les trois djeunes partis ailleurs. Je ne dirai rien de l’aspect similaire des individus en question, on me soupçonnerait de… va savoir, et puis les statistiques en cette matière sont interdites, comme chacun sait.

(*) J’ai lu il y a quelque temps un commentaire là-dessus, savoureux : « Ben moi je pense que pour les billets longue distance c’est normal que ce soit nominatif« . Puissant… d’une logique impeccable ! Comme disait en substance Albert Einstein, le génie a ses limites, la connerie, non.

(**) La nouvelle et débile gare TGV de Montpellier, je vous en ai aussi déjà causé, bâtie au mépris et en contradiction totale avec l’intérêt des clients ( on dit « usagers », ça fait comme si on ne payait pas). Ou comment perdre une heure pour gagner trente minutes. Les « bons » trains  vous contraignent à y aller ou y descendre, sinon c’est plus cher… horaires moins pratiques… L’ « ancienne » gare du centre-ville, bien plus facile d’accès, et qui a été rénovée tout récemment à grands frais avec un superbe grand parking tout neuf à côté, eh bien… les billets sont plus chers. Ou comment foutre en l’air l’argent public – pas foutu en l’air pour tout le monde, rassurez-vous – et piétiner l’intérêt général. Demandez-vous pourquoi.

Des armées mexicaines et des selfies

(Les Etats-Uniens ont voté hier… à cette occase, je vous-nous rappelle ces chiffres éloquents : USA, 325.000.000 d’individus, 435 + 100 = 535 élus aux deux chambres… France, 65.000.000 de citoyens, 577 + 348 = 925 élus, députés et sénateurs. Soit… USA : 1,65 élu par million d’habitants ; France : 14,25 … y a pas photo, comme on dit. Huit et demi fois plus de « représentants du peuple », qui émargent au budget de l’Etat, que vous et moi finançons (en principe, notre démocratie devrait fonctionner au moins huit fois mieux que celle des USA, mais j’ai des doutes). Les taxes sur le carburant pourraient baisser drastiquement si nous cessions d’entretenir cette armée mexicaine d’élus, qui – cerise sur les profiteroles – bouffent du carburant pour leurs voitures de fonction et sans regarder les prix, vu que c’est à nos frais – et les voitures avec. On me dit que c’est de l’essence, pas du gasoil ? aaah ! ça va tout de suite mieux).

Mais c’est terriblement populiste ce que je vous dis là… je sais, je sais. La fine démocratie que la nôtre, au plus près des Français, au total UN élu pour 100 habitants, record du monde. Ruineuse, certes, mais faut ce qu’y faut, non ?

Mais au fait : j’écoutais hier une émission de radio, et j’ai retenu cette note d’une intervenante, à propos des moeurs actuelles. Elle disait ceci : au Louvre, les foules de visiteurs vont évidemment vers la salle de la Joconde, Joconde obligatoire, mais au lieu de contempler son immuable sourire finaud – enfin, tenter de l’apercevoir – on lui tourne le dos : on se fait un selfie avec Mona Lisa ! C’est comme ça maintenant. J’y ajoute mon grain de sel : hier j’ai fait l’erreur – trop de monde dans les rayons – de faire des courses de fond (bières eaux minérales (*) pinards sucres farines et j’en passe) au SuperMahoussRabais pas trop loin de chez moi : ça m’a pris une bonne heure entre la prise du caddie vide et la sortie… une jeune nana a fait quasi pile-poil le même parcours que moi, même entrée, parcours voisins, sortie au même moment. Tout en remplissant son panier à roulettes, elle causait au téléphone, kit « mains libres », mobile dans la poche arrière du jean, tenant son mini-micro d’une main pour le rapprocher de la bouche… aperçue comme ça  au début, elle était comme ça pendant nos divagations parallèles, et comme ça à la caisse. Une plombe à bavasser dans son micro ! qu’est-ce qu’on peut raconter pendant une heure ? mais non, je ne l’ai pas vue faire de selfie, il n’y avait ni Macron, ni Mona Lisa.

Tibert

(*) Je snobe par principe les eaux minérales, l’eau du robinet – pas du tout gratuite – devrait être correcte et suffire ; mais là où je crêche présentement, l’eau n’est vraiment pas fameuse, terriblement calcaire, goût assez prononcé  : alors, on boit de l’eau minérale…

 

Madone et maldonnes

Je suis béat d’admiration devant l’entêtement et la mauvaise foi – la faux-culterie, pour être plus imagé – de nos Grands Chefs : il faut l’oser ! entendre Philippe Premier, depuis le Vietnam ou ailleurs, justifier les augmentations « scrogneugneu » des carburants « pour sauver la Planète« , c’est un grand moment « les yeux dans les yeux » de mauvaise foi. Il est bien clair pour tous que c’est depuis des lustres une des rentrées de fric favorites de nos bons et imaginatifs fonctionnaires de Bercy, et c’est si commode ! on en a absolument besoin, pas vrai ? il faut y passer, à la pompe. Il faut raquer, nolens volens, c’est réglé comme du papier à partoches.

Evidemment la pollution vient des voitures, mais pas que ! oh non pas que… tenez, les industriels… et les chauffages au fioul : j’en connais des tonnes de gens qui se chauffent au fioul, dans nos campagnes, vu que le gaz de ville… reste dans les villes – les canalisations vers les hameaux c’est trop cher pour des bouseux – et que les citernes à propane, sous l’oeil impavide et goguenard de la DGCCRF (censée surveiller la concurrence loyale et les fraudes) sont la chasse gardée et super juteuse de cinq ou six larrons en foire (*). Eh bien, le chauffage au fioul, ça ne pollue pas ? hein ? bien pire que les bagnoles ! il n’y a pas de filtres à particules… mais qui propose, là haut chez nos Chefs, aux mauvais Français qui s’en servent salement, de passer à des chaudières propres avec du gaz à tarif raisonnable, voire, rêvons un peu, subventionné ? ou avec des pompes à chaleur abordables ? silence de mort… apparemment ce n’est pas tendance. Alors ? alors polluez, polluez, on va en emm… asticoter d’autres, au hasard… les z’automobilistes, tiens.

Mais au fait : Ségo, notre Madone des Pôles et de Melle (dans le 7-9) réunis, madame Royal, dans un article que j’ai apprécié, s’en prend, elle aussi et comme moi, aux taxes obstinément croissantes infligées aux automobilistes. Lisez donc ça : c’est du nanan. Madame Ségolène, nonobstant un opportunisme sous-jacent et que je subodore, vous parlez d’or.

Tibert

PS – Tiens, Notre Macronibus Rex vient de confirmer ce que dit son bras droit : « J’assume parfaitement que la fiscalité due au diesel soit au niveau de celle de l’essence et je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail ». Certes… noble cause… eh bien, soit, et pour préserver le pouvoir d’achat des Français, et enfin casser cette sale habitude de tout mettre sur  le dos des automobilistes, « y a qu’à » baisser la fiscalité des deux types de carburants pour qu’ils soient alignés. Pas con, hein ?

(*) Vitogaz Antargaz Finagaz Primagaz Butagaz, les trois mousquetaires-gaz du propane en citerne à tarifs soignés, plus Repsol par-ci par-là au Sud-Ouest, et puis quelques frontaliers… pour les frontaliers.

C’est fou ce qu’ils comprennent bien

J’ai demandé à mon engin de fouilles sur la Toile de me trouver des articles sur « Je comprends la colère« . Tenez, vous ferez le test si ça vous chante, c’est instructif : ils comprennent, tous ! c’est fou ce qu’ils comprennent. Madame Buzyn comprend la colère, monsieur Sarkozy aussi, et puis Dupont-Aignan, et le préfet de police, etc. Dernièrement c’était le Premier Philippe qui comprenait la colère des automobilistes, et plus récemment c’est le suppléant de monsieur Hulot, De Rugy, qui lui aussi disait « comprendre le mécontentement » – vous admettrez que c’est assez voisin comme discours.

Mais, il y a un mais. Ils comprennent la colère (le mécontentement si vous y tenez) MAIS ! car le discours standard c’est « jecomprendslacolèremais« … mais monsieur De Rugy le dit : « Le but n’est pas de renoncer aux nouvelles taxes prévues pour 2019« . Aaahh ! chers auditeurs, vous aurez donc, c’est réglé comme du papier millimétré, de nouvelles taxes sur les carburants, la mule n’est pas assez chargée,  « pour lutter contre la pollution« , of course ! l’écologie-tarte-à-la-crème en plat unique. « On taxe moins le travail et on taxe plus la pollution« , rugit monsieur le ministre. Qu’on n’ait pour se déplacer (et se déplacer pour travailler, ça aussi ça existe) aucune autre solution que la bagnole – qui pollue, certes, qu’y puis-je, comme polluent ma brosse à dents en plastique et mes chaussettes en fil synthétique – sur quasiment tout le territoire sauf les métropoles, ça ils comprennent, si si, mais ils s’en tapent.

Ils s’en tapent… et puis que la voiture électrique soit un truc super polluant, pas écologique pour deux ronds, ils le savent, en fait, mais peu importe ; il s’agit de taxer. De même que du « choisissez le diésel, c’est bien mieux » ils sont passé sans vergogne à « le diésel, berk, surtout débarrassez-vous en« , ils sauront s’en aviser plus tard quand à force de taxes et de lubrifiant ils nous auront contraints à passer à l’électrique et aux batteries : il sera alors temps de taxer durement ce mauvais choix pour que nous enfourchions, nolens volens, le nouveau dada du moment, à l’huile de colza, à l’hydrogène, au solaire, au plutonium aromatisé ou autre savoureuse solution miracle pour sauver la planète et – heureuse coïncidence – remplir les caisses de l’Etat.

Tibert

L’invention de l’eau tiède, enfin

( La mairie de Paris vient de se voir encore une fois envoyer sur les roses avec ses voies sur berges pour les piétons flâneurs et autres happy-few tandis que la valetaille qui a besoin de sa bagnole se morfond sur les quais de surface… deux à zéro, reste évidemment à la mairie de Paris de contester derechef, etc etc : quand on ne veut pas reconnaître, madame Hidalgo,  qu’on a pris des initiatives iniques et dommageables, on s’entête… à suivre, donc. )

Et puis notre gouvernement, décidément un des plus féconds en taxes nouvelles – ils y vont à donf, c’est sidérant ce que ça taxe – veut fluidifier le trafic des autoroutes au passage des péages. Eh oui, amis lecteurs, je vous en avais  causé : les autoroutes ça va encore, ça roule couci-couça, mais les péages c’est terrible : ça bouchonne abominablement, c’est une plaie. Chez nos voisins ? ça va très bien, merci, et de plus ils sont moins chers… à Singapour, tenez, chaque voiture a un boîtier radio, et les portiques qui surplombent les routes « lisent » à la volée ces boiboîtes pour facturer ce que de droit. En France on n’est pas aussi avancés techniquement, vous pensez bien.

Mais j’y songe : en France en payant un « pass », un abonnement, on passe, justement, les péages sans s’arrêter (on roule douuucement devant le poste de péage). Donc ça existe ? eh oui ça existe, on n’est pas si ringards que ça, mais IL FAUT PAYER l’abonnement. Vous pensez bien que les sociétés d’autoroutes n’ont pas loupé cette fabuleuse occase de vous faire casquer EN PLUS pour ne pas bouchonner, ou bien vous résigner à bouchonner à chaque péage, sur ces autoroutes déjà les plus chères d’Europe.

Moi je vois bien une possibilité : que nos chefs, pour une fois courageux, prennent enfin NOTRE intérêt en considération, et sachent expliquer aux gestionnaires d’autoroutes que, dorénavant, tout le monde passera les péages sans surcoût avec ce système de « pass ». Ils se sucrent déjà plus que suffisamment, et puis rouler à 130 pour perdre des quarts d’heures entiers à chaque barrière – sur la Côte d’Azur il y en a tous les 300 mètres, j’exagère à peine –  c’est idiot, c’est minable, lamentablement mercantile, et indigne d’un pays qui se prétend moderne.

Tibert

PS – d’ailleurs techniquement nos postes de péage sont pas mal en retard : pour payer en sou-sous il faut presque partout insérer ses piécettes une  à une dans la fente – et ça peut tomber, etc… avec les emmerdes qui vont avec. Dans les pays un peu évolués, on vous propose un « panier » large et facile d’accès, vous y balancez vos picaillons en vrac, et ils s’en débrouillent ! pas croyable. Chez nous on sait pas faire ça… mais ça permet d’admirer le paysage plus longtemps en faisant la queue derrière celui qui a fait tomber une pièce de deux balles et la cherche sous ses roues après avoir réussi à entrouvrir sa portière suffisamment pour se contorsionner hors de sa bagnole.

C’est légal oui ou zut ?

A l’heure bénie – enfin ! merci merci Léticia ! je cours, que dis-je, je vole chez mon disquaire 😉  – où l’album posthume de Djohnny se vend comme des croissants frais un dimanche matin, grand bien leur fasse et chacun voit midi à  sa porte, Le Monde et d’autres – mais pas le Parigot, qui préfère titrer sur Feu Smet – révèlent des magouilles boursières complexes et très juteuses qui ont, paraît-il, spolié les gouvernements de plusieurs pays, dont le nôtre, des énormes rentrées fiscales qu’ils auraient été en droit d’attendre. En cause, les banquiers, évidemment, et les organismes boursiers-financiers…

En gros, la bidouille consiste, le jour même de versement des dividendes d’actions, à revendre pile-poil au bon moment ces actions à des comparses dans des pays moins taxés, de sorte que ces dividendes, plouf, n’y sont plus, pfuuuit, partis ailleurs, avant de revenir dans de meilleures conditions, moyennant un pourcentage pour les compères de l’autre côté. Hier midi les radios glosaient sur la chose : « opérations à la limite de la légalité« , récitaient en choeur les speakers vu que c’était le papier de l’AFP qu’on lisait mot à mot. Moi ça m’interroge : ou bien c’est légal, et alors les finances publiques se font plumer parce qu’incapables de mettre les verrous là où il en faut – ou complices, va savoir ? : incompétence crasse ; ou bien c’est illégal, et alors comment se fait-ce qu’on ait mis quinze ans à s’en aviser ? cinquante-cinq milliards d’euros, c’est tout sauf une petite fuite de pas grand-chose. De quelque côté qu’on tourne la question, la conclusion est la même : les financiers sont plus astucieux que nos fonctionnaires des Finances ! qu’est-ce qu’on attend pour leur proposer des postes à Bercy à la place de nos ronds-de-cuir ?

Tibert

Qualité, brand safety et transparence

( L’actualité me gonfle, par ces temps de mi-automne : le Macroléon rumine en silence – à vrai dire, il n’est pas idiot qu’il se fasse quelque peu oublier après ses lamentables selfies aux Caraïbes – et la classe politique récite ses classiques, sans surprise ni conviction. Attendons pour voir, donc ).

Mais au fait : « qualité, brand safety et transparence » sont les trois mamelles de Ligatus, ce leader du native advertising, c’est lui qui l’écrit dans un français impeccable, où il manque toutefois l’implémentation, le B-to-B et le win-win. Ligatus ? voyez les canards-sur-Toile, qui invariablement nous proposent en queue d’articles, et nonobstant les efforts d’un bloqueur de pub, des « contenus sponsorisés par Ligatus » : des bagnoles, des « kärchers » pour vos intestins, le prix des monte-escaliers, la douchette géniale qui…, encore une bagnole, une autre… bref de la pub invasive, répétitive et qui en plus nous prend pour des billes. Ligatus pour les gâteux, en somme.

Mais le choix des « accroches » n’est pas innocent et pose question : les monte-escaliers, c’est pour les séniors, façon « Notre temps » et  « Veillée des Chaumières » (il manque la baignoire qu’on n’a pas besoin d’enjamber) ; les aliments pour nettoyer les intestins ça cible le troisième âge chroniquement constipé, etc. Les bagnoles ? que des modèles pépères. Bref Ligatus s’adresse aux anciens – des anciens qui surfent sur la Toile, tout de même. C’est bien vu, comment ont-ils fait ? j’en suis un ! C’est vrai que la démence sénile et l’envie absurde d’acheter n’importe quoi me guettent, tête chenue et doigt tremblotant sur le bouton de la souris, des fois que je cliquerais par maladresse ?

Tibert, plus côté à l’Argus.

Discret assassinat du composteur

On se gargarise, là-haut chez nos Chefs, de nous « redonner du pouvoir d’achat« , le pouvoir d’achat y a qu’ ça !. Eh bien, tenez, un exemple probant : un couple de mes amis voyageant de Paris-Gare de Lyon à Montpellier (*) avec des billets SNCF normaux a eu un mal fou, d’abord à trouver un composteur – il semble qu’une mystérieuse épidémie les décime – puis à passer les tout neufs portillons à lecture optique qui commandent l’accès au train à quai, comme à Roissy. Avec l’aide d’une préposée soupçonneuse (« Vous les avez achetés en France, ces billets ?« ), ce fut cependant possible.

Mais désirant racheter par Internet des billets fissa-fissa – c’est l’ouverture SNCF de la chasse aux offres Prem’s de Noël – ils ont constaté qu’il était obligatoire de les prendre sous forme « e-billet« , électronique et nominatif. Ahhh ? eh non, il n’y a plus la case permettant de choisir un bon vieux billet-carton. C’est bien fâcheux, car de ce fait on ne peut plus revendre son billet en cas d’empêchement, sur TrocDesTrains.fr, Kelbillet.com ou autres. Cerise sur la gênoise, c’est 35 euros prix plancher, alors que c’était 25 il y a peu : + 40 % d’augmentation, merci la SNCF et le pouvoir d’achat !

C’était donc fini, le billet-carton « anonyme » ? mes amis ont résolu d’aller les acheter à la gare (*), aux guichets. Vingt minutes de poireau, et ils purent s’entendre dire par un Chef – le guichetier ne le savait pas ! – que oui, ou plutôt non, c’est terminé le billet Prem’s en carton : ç’en est fini de la possible revente, et de l’anonymat du voyageur. La SNCF s’est bien gardée de communiquer sur la chose, évidemment. Et les plates-formes de revente de billets vont pouvoir se mettre au chomdu.

Détail rigolo : dans leur train, mes amis ont entendu le contrôleur – il n’a pas contrôlé, en fait – demander aux passagers de « respecter leurs places » ! eh oui… l’informatique… facile, le chef de train a le plan de l’appareil, les sièges occupés, les noms, les cartes de réduction, les tarifs – il pourrait en savoir beaucoup plus s’il en avait le droit, sauf la marque de mon slip, que je garde secrète – et peut viser pile-poil le suspicieux du 7-92 qui a payé avec une carte Militaire ou Famille Nombreuse. Mais ce rebelle, ce mauvais Français du 7-92 est allé se vautrer dans un carré vide en bout de voiture : vous pensez, le train était rempli à peine à moitié ! Avec des fers aux pieds, peut-être ?

Tibert

(*) … à Montpellier-St-Roch, la gare, quoi. Pas cet ersatz de hangar-TGV planté au milieu de nulle part et des herbes folles à 6 km du centre-ville, avec bien entendu parking et navette payants ! 30 minutes gagnées sur le trajet vers Paris ? une heure de perdue à  regagner la ville : c’est le progrès, mais si, mais si, puisqu’on vous le dit.

A tordus, tordu et demi

( La ville de Chalon sur Saône avait supprimé les menus de substitution « sans porc »  les jours de porc dans les cantoches scolaires : en effet ça nécessitait, dixit le maire, le fichage nominatif des élèves juifs et musulmans, fichage contraire à la Loi… eh bien il se trouve que la Justice n’en veut pas, de la suppression en question, et donc il faudrait supprimer la suppression d’absence de porc… (vous suivez ? ). Bref au pays d’Ubu et de la laïcité qui part en quenouille il faut fournir des repas « sans porc » mais en fermant les yeux : il est interdit de savoir. Et dém… brouillez vous avec ça ! )

Mais au fait : un truc assez désopilant… la boîte de monsieur Elon Musk, le milliardaire qui fabrique des bagnoles électriques bon marché  😉  « Tesla »…  eh bien en bourse cette boîte subit des secousses violentes, du fait d’un PDG assez surmené, qui manoeuvre un peu « à vue » et sans trop de cohérence ces temps-ci. C’est une info plus très fraîche, mais je la trouve assez mignonne. Je cite Huffington : « Des investisseurs et des financiers ayant parié sur l’effondrement du titre Tesla ont déposé plainte, accusant Elon Musk de manipulation de cours« . Quand on parie sur la baisse d’un titre, c’est classiquement qu’on fait du « short » : on vend les titres – qu’on ne détient pas, c’est curieux mais c’est comme ça – au prix X, comptant que lorsqu’on devra les acheter en fin de mois pour régulariser la bidouille, ça aura baissé : X-Delta, et on empoche la différence ! Le « short » (qui est une manip artificielle et pour tout dire contre-nature) s’accompagne en général de vigoureuses campagnes de dénigrement et d’intox négative, pour aider à la baisse. Et ces vautours pleurent qu’on les a baladés ? mais c’est bien fait, je suis bien content. L’arroseur arrosé, le boomerang qui revient dans la margoulette, etc. Enfin une information boursière qu’elle est bonne.

Tibert

Courte vue

Juste un mot sur les ophtalmologistes, opticiens, orthoptistes… on sait que le médecin ophtalmo est un être rare, difficile d’accès, que pour le rencontrer il faut s’armer d’une patience à toute épreuve. La Cour des Comptes propose des pistes pour bricoler des solutions… car manifestement ça merde, la santé des yeux, même la Cour des Comptes le voit. Alors, voilà l’idée, des petites tâches simples des ophtalmos, « Qu’est-ce que vous lisez, là ? AZERTYUIOP ?  » qu’on confierait aux petites mains opticiennes… petites mains qui se portent pas mal déjà, à voir les rutilantes devantures d’opticiens fleurir partout dans nos villes ; c’est manifestement un métier juteux que de vendre des lunettes.

Mais disons les choses crûment : c’est de volonté délibérée que nos Chefs, depuis des lustres, font l’impasse sur la santé des yeux et serrent le kiki à la filière ophtalmo. Car, imaginez-vous, ça coûte cher à la Sécu, ce genre de soins. Donc tant pis pour les yeux, on numérusse claususse tant et plus, et obstinément, et voilà ! des praticiens rares et inaccessibles, et que les patients se dém…brouillent avec ça.

Alors la ministre de la Sécu claironne l’équilibre bientôt atteint, bravo l’artiste, bel effort : victoire à la Pyrrhus, sur un paysage sanitaire minable et inquiétant, conjuguant déremboursement, renoncement aux soins et déserts médicaux. Combien de glaucomes, de DMLA ont bousillé la vue de nos concitoyens faute d’avoir pu consulter à temps et plus aisément ? Il paraît qu’on se décide enfin à débloquer les quotas de toubibs… acceptons-en l’augure ! sachant que pour les ophtalmos il faut une bonne douzaines d’années avant qu’on en perçoive l’effet, ce n’est pas demain qu’on verra – si on voit encore quelque chose ! – la situation s’améliorer.

Tibert