Gérontologie et plafonds bas

Tout d’abord : on apprend que le chenu mannequin de la maison Smalto, Jack, 80 balais aux prunes cette année, est actuellement toujours Président de l’Institut du Monde Arabe (IMA) , à Paris, ceci en contradiction formelle avec les dispositions sur l’âge de la retraite des fonctionnaires. Au fait, les costards sur mesure, le célèbre couturier rital s’en est collé pour environ 200.000 euros, mazette ! Fillon fait vraiment petit joueur à côté. Ce ne sont pas des cadeaux avec ou sans renvoi d’ascenseur, meuuh non, qu’est-ce que vous allez chercher ; c’est pour les défilés de mode à l’IMA. Ben quoi… le cadre est chouette, et il y a même un restau au sommet sur la terrasse pour organiser des coquetels face à la Seine. Feu Lagerfeld, qui lui n’était pas fonctionnaire, n’aurait pas imaginé mieux.

Et puis cet article éclairant sur l’urbanisme nul de chez Nul de chez nous. Figurez-vous que les Français ne veulent décidément pas densifier correctement le tissu urbain ; ça fait de la peine aux écolos. Le rêve, le credo des écolos-logiques et ayahtollesques, c’est… 1) le maximum d’espace terrestre pour cultiver des légumes évidemment bio (*) ;  2) et puis des grandes tours dans des conurbations, pour y loger tout le monde, comme ça plus besoin de prendre sa bagnole, pas de place perdue, convivialité gnagnagna… eh bien c’est loupé ! ces cons de Français s’efforcent de miter le paysage en faisant construire leur petit « Sam’suffit » ou « Mon repos » un peu partout, de préférence en pleine cambrousse au milieu de nulle-part, pelouse, allée gravillonnée, portail et haie de tuyas (voire barbelés, miradors et doberman), toiture deux-pentes en tuiles-béton marron foncé avec casquette sur l’entrée, deux chambres rikiki mais suite parentale royale comme le couscous, terrasse pavée en grès non-gélif, et puis grand garage ; on y met la tondeuse, la table de ping-pong, les vélos et le barbecue en hiver, en attendant de pouvoir se construire la chapelle à merguez en parpaings, enduit taloché. Et, forcément, le matin pour aller au boulot – quand ils ont du boulot – ils prennent leur bagnole (pas le choix) : eh bien c’est la-men-ta-ble. Mais c’est comme ça.

C’est comme ça et ça démontre tout bonnement que ce qu’on nous propose pour habiter collectivement est tout sauf engageant. Des parallélépipèdes rectangles d’un conformisme consternant, des balcons étriqués et miteux donnant sur le parking en dessous, des plafonds de plus en plus bas – en dessous de 250 cm maintenant ! (**) -, les voisins qu’on entend péter, des WC et des salles de bains aveugles, des parties communes aussi plaisantes qu’une journée chez Roblot, les chambres où pour pouvoir poser le pied le matin il faut d’abord pousser le lit contre le mur ; peu ou pas de rangements… il manque plein de choses, outre des architectures un peu chouettes, spacieuses et lumineuses : le vestibule ! le quoi ? le vestibule : les godasses, le parapluie, les manteaux, tout ça… et puis une arrière-cuisine, si si, la souillarde ! pour les provisions, le congèle, les confitures, le stock de PQ, les bassines et l’aspirateur. Des prises électriques dans les parkings, pour les futures bagnoles rechargeables. Et des prix corrects, des syndics pas trop gourmands, des charges supportables, des… autant flûter, tiens. Alors ? alors on fait construire, comme on dit. Dans des lotissements et des paysages aussi enthousiasmants qu’une journée aux PFG.

Tibert

(*) et puis des élevages bio de volaille bio en plein air, et des fermes bio d’aquaculture bio, avec recyclage bio des déchets – si les vegans n’ont pas pris le pouvoir.

(**) Les différents ministres du logement ont tous été incapables – ils s’en foutent, eux n’habitent pas là – de fixer une norme nationale, pourtant indispensable pour contrer les manips des promoteurs tendant à nous empiler de plus en plus serré. Deux-cent-soixante-cinq centimètres MINIMUM sous plafond, ça serait trop demander ?

Bailleurs et râleurs

( Les Césars du cinoche… le « Grand Bain » a fait quasiment plouf et c’est bien normal ; cette histoire de cabossés, de loques et d’épaves engagés dans une victorieuse thérapie de groupe grâce à la natation synchronisée est un remake de remake de remake de la toujours vieille même histoire – un exemple, nettement meilleur,  parmi des tonnes : « The full monthy » – et à la fin ils sont champions du monde, vous ne l’auriez pas cru ! d’ailleurs on n’y croit pas. Enfin, les acteurs sont bons, quoique caricaturaux pour certains, mais alors le scénario… pfff… )

Mais le Parigot (*) se fend de TROIS articles sur les locataires parisiens des HLM de luxe, là-bas à Paname. Les trois disent la même chose : il y a eu les bienheureux loyers très-très modérés dans des immeubles « à loyer modéré », justement ; rupins, bien propres et super bien situés à Paris (Place de la Catalogne, dans le 14ème, par exemple) pour une clientèle pas vraiment nécessiteuse, voire carrément aisée, et sacrément veinarde. Il n’y a plus ! c’est fini, paraît-il. Les locataires aisés vont devoir payer nettement plus : ils bénéficiaient de loyers « dérogatoires », et la loi Elan dit que c’est illégal, le loyer dérogatoire… alors…

On notera que dans l’article que je vous cite, il y a un hic : la dame interviouvée, qui habite son chouette petit nid HLM depuis perpette au prix de 1.115 euros/mois, et concède avoir une bonne retraite avec son mari, déclare ceci :  » le nouveau surloyer de 820 € de ce mois-ci (…) représente pile-poil 30 % de nos revenus » : alors 820 / 0,3 = 2.734 euros… c’est pas boucoup ! ça doit être autre chose… en revanche, si avec 820 euros de plus ça fait un loyer à 30 % des revenus, 1115 + 820 = 1935 = 0,3*X, ça donne X = 6.450 euros : c’est confortable et moëlleux pour deux, et l’on conçoit bien que 1.935 euros de loyer pour un 86 m2 avec terrasse dans le quartier Champerret, ce n’est pas délirant. La cote donne entre 22 et 44 euros du m2, moyenne 32 ; ici ça donne 22,5… le prix plancher, quoi, et avec la terrasse ! pas cadeau-cadeau, mais pas loin.

Reste une question, lancinante : les beaux immeubles HLM de Paname sont menacés, nous dit-on, de devenir glauques, pisse dans les ascenseurs – cassés, les ascenseurs – tags, détritus, mecs chelous etc… car le départ des « riches » bien polis et propres va amener les « pauvres » : les pauvres c’est mal-éduqué, c’est sale, ça braille, ça respecte pas le matériel etc. C’est en tout cas ce que je crois comprendre, à lire les articles. On en apprend de belles… si en plus la concierge –  portugaise, forcément – se plaint que ses étrennes c’est plus ça…

Tibert

(*) Le même Parisien se demandait, en UNE de vendredi matin, « A quoi va ressembler l’acte 15 des GJ ? « . Outre qu’il abandonne la noble et royale numérotation romaine qui sied à des Actes – XV en l’occurrence, ça devient trop compliqué – le Parigot cire les pompes et sert la soupe ! la soupe aux GJ : quelles brillantes initiatives vont-ils encore nous trouver ? on est tout émoustillés.

Petite cuillère contre raz-de-marée

Les sujets sérieux sont si nombreux… tenez, Benalla a couché en taule, quelles sont ses premières impressions ? La Santé, comment l’a-t-il vécue ? la bouffe, tout ça… c’est un scoop du Parigot, rubrique pipôle, captivant. Mais zut, ça fait un bail que je n’ai pas abordé de sujet léger, genre mâdâme Firagots, « Comment masquer ses cernes matinaux ? » Mais j’ai justement  cet article du Monde sur les atteintes supposément constatées aux droits des « migrants » – puisque c’est le terme oh combien choisi, lisse et propre, pour désigner pêle-mêle les demandeurs d’asile en détresse et les jeunes mâles en quête de cocagne européen sans visa valable – qui me procure un chouette sujet léger. C’est parti…

Les migrants fuient l’Italie de Salvini & Co, nous dit Le Monde : eh oui, là-bas c’est assez tendu, on a pris des mesures pour éloigner les immigrants illégaux – et peut-être aussi les demandeurs d’asile légitimes, mais je n’ai pas les billes pour en discuter. Et où vont ces migrants qui fuient l’inhospitalière Italie ? traverser l’Adriatique à la nage pour gagner l’Albanie, la Boznie, le Kosovo ? eh non, c’est la dèche, là-bas, pas l’Eldorado… à pied, alors : L’Autriche ? presque aussi ronchon que l’Italie. La Suisse ? on oublie. La Slovénie ? tout petit, pas bien riche. Qu’est-ce qui reste ? chez nous, pardi ! Par la route, les sentiers, le train, il y a le choix.

On fera son profit de l’article dont je vous ai donné les références plus haut ; comme d’hab’ « des associations » (rendons grâce au journaleux qui nous a épargné l’abusif « les associations ») dénoncent des pratiques pas belles, illégales, cruelles. Tenez, les policiers font des « contrôles au faciès » dans les trains qui passent la frontière à Vintimille : ils vérifient surtout les Noirs, c’est quand même dingue, où vont-ils chercher ça ? Bref… et l’Anafé, l’assoce en pointe sur le sujet, de dénoncer : « Les procédures expéditives sont notifiées en quelques minutes seulement », sans qu’il soit procédé à un entretien individuel ou à un examen approfondi de la situation et « sans information sur les droits », comme celui de bénéficier d’un interprète, d’un médecin, de faire avertir un avocat ou de bénéficier d’une assistance consulaire».

Voilà : c’est mal organisé, c’est mal fait, c’est injuste, nous dit-on. Pensez, ils n’ont même pas droit à la scène classique de tout polar états-unien, « je vais vous lire vos droits » en V.O.,  swahili, arabe, albanais… Certes… mais voyons les volumes… on a déjà eu des vagues d’arrivées… les Polonais (*), et puis les Italiens (**), les Ritals, qui dans les années 50 venaient chercher du boulot à l’Ouest des Alpes ; c’était calme… pas de menace terroriste ; et puis on avait besoin de main-d’oeuvre, vraiment. On a connu de 36 à 39 des situations dramatiques, l’afflux dingue, au Perthus et ailleurs, de centaines de milliers d’Espagnols fuyant la victoire de Franco… interprètes ? médecins ? avocats ? information sur les droits ? on était dans l’urgence, on a fait, et effectivement mal fait – des camps de concentration, littéralement – comme on a pu. Il s’agissait pourtant de vrais demandeurs d’asile, qui eussent risqué leur peau à rester chez le Caudillo.

Ici et maintenant, ce ne sont pas 25 petits gars par ci par là qui tentent de se faufiler chez nous : ils sont tous les jours des milliers, et quand ils se font refouler ils reviennent le lendemain, des fois que. Alors, « Les procédures expéditives sont notifiées en quelques minutes seulement ». Eh oui, les journées n’ont que 24 heures ; à respecter pile-poil les procédures, on n’y arrivera pas. Ou alors on y met les gros moyens, et ça va (nous) coûter un pognon dingue, comme disait quelqu’un.

Résumons : il y a un afflux de migrants tel qu’il est humainement impossible de respecter les procédures nominales. Le contexte est maintenant très dur : notre chômage massif et qui ne veut pas régresser, l’inadéquation culturelle criante, évidente, des arrivants, et des menaces terroristes par dessus le marché. C’est tout ça, le problème, et on ne voit pas comment ça va s’arranger – sauf à tarir ledit flux, mais là…

Tibert

(*) 700.000 Polonais, tout de même, à la fin des années 30. Mais les procédures étaient moins lourdes, le pays bien moins peuplé, le contraste culturel minime, sauf les S Z C Z W tout partout.

(**) La France a reçu jusqu’au milieu des années 1970 1,8 million d’immigrés italiens ; elle est devenue, à partir des années 1930, le premier pays d’accueil. Les Italiens y sont maintenant invisibles : « ils sont accueillis comme des cousins un peu turbulents, mais fréquentables », cf wikipedia. Des Latins comme nous, quoi, avec des noms prononçables.

En avoir ou pas, ou un peu

( Les insultes à Finkielkraut samedi…  le véhément excité qui lui criait… « t’est un haineux et tu vas mourir, t’iras en enfer« … de quel enfer s’agissait-il ? quelle religion ? on se perd en conjectures. Et admirons au passage la maturité intellectuelle et politique, la mesure, la jugeote des intervenants ; Finkielkraut aura sûrement infléchi son point de vue après ce fructueux brainstorming).

Mais je rebondis sur la citation que commentait l’un de mes lecteurs-intervenants les plus prolixes ; citation de monsieur Jacques Attali, 75 ans aux châtaignes, ex de la politique (notamment avec Tonton-Le-Miteux), ex-haut fonctionnaire, ex-banquier, romancier fécond, etc. Mon contributeur écrit ceci : Sa dernière déclaration, ruisselante de lucidité et d’empathie : « Les gilets jaunes n’ont pas un problème avec la pauvreté, mais avec la richesse ».

A propos de Lucidité et d’Empathie, ces deux mamelles de la dérision… bon, la seconde est manifestement là pour le fun et le second degré ; l’empathie de J. Attali pour les GJ, on oublie ! Mais la lucidité ? ce qui est dit là me paraît en revanche, à moi, assez bien vu. Je vais même encore plus loin : ce sont les Français dans leur entièreté qui ont un problème avec la richesse ! Feu Jacques Martin, l’amuseur de « Dimanche Martin » jadis à la télé, arguait du lien freudien entre le caca et l’argent pour justifier son mutisme devant la question « combien gagnez-vous ? « . Un Français ne dit jamais volontiers combien il gagne… sauf s’il considère que c’est trop peu. Et s’il est des secrets bien gardés, ce sont certains salaires : les salaires des hauts fonctionnaires (dont a fait partie J. Attali, qui est retraité, je suppose). On a bien du mal à lever un coin du voile par ci par là – voir la diffusion des émoluments de madame Jouanno, qui a provoqué l’émoi et un tollé – ça paraissait vraiment très-très confortable pour le job. Mais le top du top du secret-défense, sans doute, ce sont les salaires des grands chefs de Bercy (*), le ministère des finances. Si vous avez une idée, un ordre de grandeur…

Alors ? je reformule : mais bien sûr que si, les GJ – les GJ pauvres – ont un problème de pauvreté, de frigo vide etc… comme tous les pauvres, d’ailleurs, avec ou sans ce laid gilet qui ne tient pas chaud en hiver. Et puis les Français en général ont un problème avec la richesse, eh oui. D’abord parce qu’ils en sont réduits à la taire mordicus s’ils en sont ou s’ils supposent qu’on pourrait les soupçonner d’en être. Jadis ça excitait l’envie ; maintenant c’est la haine ouverte, salauds de riches, les représailles, les bagnoles qu’on brûle comme jadis les bouquins sulfureux, les beaux quartiers qu’on dévaste quand on est en foule et impunis. Le rapport des Français à la richesse a été débattu, commenté maintes fois ; Attali énonce là une fadaise, sinon un truisme. Ce qui a changé, c’est le surgissement de la haine et de la violence. Les réseaux sociaux – qui enrichissent leurs propriétaires, et comment ! –  y ont une large responsabilité. Les riches planquent leur richesse, les vociférateurs insultent et appellent impunément au meurtre, planqués derrière leurs pseudos.

Tibert

(*) Je ne me souviens pas avoir entendu parler de manifs, d’actions des GJ face au vaisseau de Bercy ! s’il est un lieu où fleurissent à foison les taxes nouvelles, fraîches écloses comme jonquilles au printemps, c’est bien là, pourtant, et ç’eût été une cible autrement plus parlante, symbolique, que le drugstore ou le rond-point des Champs-Elysées !

Jamais content.e.s

Une lectrice me soumet par la bande cette histoire, que je trouverais rigolote si elle n’était pas décourageante et révélatrice d’une mentalité de râleurs quoi qu’on fasse. Pas d’embauche en perspective ? ça rouspète. Deux-cents emplois nouveaux à pourvoir ? ça ne va pas. Alors ? onfékwoua ?

la société Vuitton – des machins de luxe – annonce recruter, donc, deux-cents maroquinières et maroquiniers, tout ça en Vendée, où elle a trois usines. Ouest-France s’en est fait l’écho… si ça vous tente, répondre à l’annonce n° 079NJVV. Mais il y a un os : le PCF vendéen. Ce parti souhaite faire de l’annonce du maroquinier de luxe « un sujet du grand débat national ». En effet,  « cette firme multinationale confine les ouvrières et ouvriers à des tâches basiques « d’opératrices » et « d’opérateurs » dont précisément les « petites mains » ne sont jamais reconnues à leur juste valeur. D’où la difficulté intrinsèque de Vuitton à trouver une main d’œuvre durable. » Et donc ce parti veut profiter du Grand débat national pour poser la question de la formation et de la reconnaissance des salariés « et tout particulièrement en direction des femmes ». «  Beaucoup ont des « mains d’or » et elles doivent être reconnues en conséquence ». La secrétaire PCF du coin demande donc au préfet de la Vendée, représentant de l’État, de veiller « à ce que ce plan d’annonces d’emploi ne participe pas à nouveau d’une opération visant à tirer vers le bas les salaires et la compétence ainsi qu’à précariser les salarié-e-s. »

On aura apprécié l’écriture inclusive, signature désormais de tout texte « de gauche » bien propre sur lui – hein, mesdames, vous voyez, vous y êtes aussi, dans le texte – au mépris de la lisibilité et de la syntaxe de notre langue. Et puis ce « … à nouveau d’une opération visant à tirer vers le bas… » : je pensais connement que Vuitton voulait du monde pour fabriquer, mais pas du tout !  Vuitton embaucherait pour « à nouveau« , derechef, one more time, rebelote etc, peser sur les salaires et augmenter la précarité ! ah ces capitalistes… retors, les mecs… bon, alors il s’agirait de déjouer ces embauches mielleuses mais piégeuses ? refuser cette augmentation de la précarité (où ça ? comment ?) et ces offres lourdes d’intentions funestes pour la classe ouvrière ? faire faire ça au Vietnam ? ou alors quoi ?

Tibert

 

En passant par le 9-3 avec mes valises…

… ou comment ne pas déshabiller Mouloud, Moussa et Manuela pour habiller John, Gertrud et Siew-Lian ? c’est tout le cruel problème qui est posé à nos Chefs. Les J.O. de 2024 seront là dans cinq ans (quelle connerie ces J.O., devenus une machine à la Mickey-Mouse), et puis l’aéroport de Roissy reste hélas et en fait le seul qu’on puisse pratiquer chez nous en déplacements longues distances. Soupir… pourquoi grands dieux faut-il nous punir à passer par ce sinistre CDG pour aller de Montauban à Las Vegas, de Vesoul à Colombo ? Toulouse, Bordeaux, Lyon… ne feraient-ils pas l’affaire ? et puis Amsterdam, Zürich, Genève, Barcelone, zut quoi, on devrait pouvoir échapper à CDG ! Mais bon…

Les visiteurs étrangers sont mal accueillis – ça se dit et ça s’entend partout : le glauque RER-B est une vitrine à rebrousse-poil pour qui débarque à CDG pour visiter Paris. Rien que les tags, déjà… bonne ambiance ! Bref, on le sait tous, pour aller de CDG à Paris et lycée de Versailles, c’est au choix galère-punition-RER à 10 euros chacun avec ses valises sur les genoux, ou autoroute saturée jusqu’aux yeux, deux heures d’embouteillages. Alors on fait quoi ? on arrête de voyager ?

Mais ça y est, on va construire pour 2024 une ligne directe « RoissyRail » (*) vers Paname. Madame Borne, notre sémillante ministre afférente, en causait hier dans le canard. Insistant bien fort, et des deux pieds, sur la priorité conservée au RER, au quotidien, aux laborieux travailleurs. Elle parle d’or : ce RER-B a foutrement besoin qu’on l’améliore, le sécurise, l’embellisse, le rende propret, accueillant, ponctuel et digne de sa mission. Et je me pose, je vous pose la question : pourquoi faire une ligne spéciale, un GDG-Express, redondant et bien plus onéreux- trop cher, en fait – au voyageur ? il est plus logique, rapide, économique, et puis humain, de faire de ce RER-B un train chouette pour tout le monde, nom d’un chien. Justement, à propos de chiens, d’aucuns s’emportent contre le futur « train des riches » : ils ont raison. Le RER-B est largement améliorable, c’est évident, on part d’assez bas ! c’est juste un problème d’état d’esprit et de motivation : les banlieusards du 9-3 « méritent-ils » un train fiable, propre, sûr et pratique… et qui le reste ? la réponse, eh oui messieurs-dames, c’est à vous qu’on cause, vous appartient.

Tibert

(*) Evidemment, imagination débordante, ladite ligne sur deux bons vieux rails va rejoindre la Gare de l’Est, empruntant largement la même plate-forme que le RER. Pour 24 euros, paraît-il, soit 14 euros de plus pour 10-12 minutes de moins que le RER ( 48 euros pour un couple ? c’est compétitif, ça ? ). Zut quoi, si ligne nouvelle il doit y avoir, faites-nous un truc du 21 ème siècle, un monorail suspendu, un aérotrain, un bidule à lévitation magnétique, je sais pas, moi… et puis qu’il coupe dans le tissu moisi de la banlieue Nord, ça fera du bien. Embauchez le baron Haussmann, il sait faire.

Louanges et locations

( Le Grand Déballage… une suggestion ? qu’on prenne systématiquement en compte les effectifs des foyers fiscaux (le fameux quotient familial). Quand on est deux, trois, quatre… sur le même revenu total et les mêmes « richesses » on les partage, et chacun jouit d’une fraction : c’est différent d’être tout seul.  C’est déjà comme ça ? eh non. Pour certains impôts, Bercy matraque uniformément les foyers fiscaux sans égard au nombre d’individus y résidant : c’est pas juste du tout. )

Mais au fait : foin des GJ et des Actes X, XI, XII… du samedi, je vais vous causer de choses plus légères, ça change, tenez, l’amorce d’un article du Monde claironnant « Ces notables qui louent des logements insalubres« . Et cette lancinante incertitude me taraude : ils sont locataires, ou ils mettent en location ? car seul le con-texte renseigne : quel notaire aisé mais maso, roulant Merco ou Jaguar, irait se coller au 7 ème étage (ascenseur en panne 93 % du temps) d’une tour pourrie du 9-3  ? non, le notable loue en tant que loueur, bien entendu, le fric c’est pour lui, mais ce n’est pas le verbe qui vous renseigne ! D’autres langues sont aussi ambiguës, l’espagnol (alquilar), mais les Anglais ont « rent » et « rent out » et s’en sortent mieux…

Et que dire de  » louons le Seigneur !  » on le prend en location ? on le donne (« donne » : façon de parler !) à louer ? on en cause en termes élogieux ? en cette époque où les usagers des aéroports – ces « non-lieux » tous identiques – se voient offrir des salles de prière « tous cultes », la question n’est pas anodine. Avant de s’y prosterner devant Untel le Très-Grand, Untel le Créateur ou Untel le Tout-Puissant, avant de lui adresser une supplique ou  un couplet adorateur, il convient de s’assurer qu’Il y est, Lui et pas un Autre. Et le plus sûr, c’est de le louer ! je vous laisse supputer dans quel  sens.

Tibert

Chiffres, postes et carrières

On le dit, madame Jouanneau, qui doit présider la commission du Grand Débat….llage Spécial Gilets-Jaunes, ex-sénatrice, énarque, haute fonctionnaire et karatéka – moi je fais du footing alpin, chacun son truc – va toucher 176.000 euros bruts annuels pour ce taf. Et ça passe mal, ça rouscaille dans les chaumières où, le 20 du mois, le beurre fait place à la margarine. Aura-t-elle besoin de ses talents de pugiliste pour ce boulot, je ne sais.

Il faut comprendre ! il y a en France 180 énarques de plus tous les ans ; ils ont, garanti sur contrat, emploi  sans soucis, salaire élevé, postes juteux, avec en prime des « avantages annexes », logement, voiture, voire chauffeur, personnel de maison, que sais-je ? il faut donner à croûter à ces gens-là ! à tous ces gens-là, qui restent en poste des fois très tard – difficile de décrocher, n’est-ce-pas – sans trous de carrières, avec si possible des progressions, leur trouver des tâches vraisemblables, des fauteuils pas trop fictifs… tenez, un poste qu’il est bien : « haut fonctionnaire à l’égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations, auprès du secrétaire général du ministère de la Culture« . Ca en jette, hein ? « haut fonctionnaire« , eh oui, forcément, quelles que soient les compétences et les attributions. Quel boulot concret ça recouvre, alors là…

Sachant qu’il y a tous ces gens coûteux à caser, entretenir, choyer sur des 40-50 années, on dispose, en haut-lieu, d’un stock d’agences et de commissions très fourni, extensible ad libitum, vu le flou des missions. Le copinage avisé permet en outre de se répartir au mieux du moment et des équilibres politiques les meilleures gâches… vous lirez avec profit ce papier si vous voulez en savoir plus ; ça date de 2014 mais fondamentalement rien n’a changé depuis, sinon en pire.

Si vous ne saviez pas où diable peuvent passer tous les tombereaux d’impôts qui nous pompent la substance, voilà de quoi apporter des éléments partiels de réponse. De réponse, pas de solution, j’en suis conscient et navré.

Tibert

C’est lundi, et sans ravioli(s)

Nous avions le vendredi sans bidoche – ça se perd un peu, le filet de barbue sauce hollandaise ou les saint-jacques au whisky et aux échalotes biaisant quelque peu l’esprit de la chose -, le Carême qui donne grosso modo des semaines de vendredis, on y a ajouté le Ramadan – plus facile à suivre en Janvier qu’en Juin – mais ça ne suffit pas ! voilà les Angliches qui tentent de nous refiler, vocabulaire y compris, leur « Dry January »  (Janvier Sobre, mais c’est plus sec en anglais, forcément *) : sans doute qu’eux n’en veulent plus, c’est trop dur. Il s’agirait soi-disant de passer tout le mois de Janvier, trente jours vu que le 1er du mois il faut finir les fonds de bouteilles, sans une goutte d’alcool… n’importe quoi… à l’impossible nul n’est tenu.

Mais ça ne suffit pas encore dans le masochisme post-crises de foie et bitures de Saint-Sylvestre : il faudrait en plus bannir viande et poisson des menus du lundi ! ce serait le « lundi vert »… agréablement étonné, je constate qu’on n’a pas encore tenté de nous le relooker en Green Monday. Mais ça viendra, n’en doutons pas, si cette mayonnaise-là (sans oeufs ?) prend.

Notez que selon l’article du Parigot susmentionné (**), ils seraient 500 à faire cette proposition saugrenue : effectif squelettique, sans jeu de mots. Et en plus ils se trompent ; je cite monsieur Canfin, écolo-que-plus-que lui–tu-meurs : « Une partie de la viande que l’on consomme en France est par ailleurs nourrie avec du tourteau de soja fabriqué en Amazonie, ce qui accentue sur place la déforestation ». Non. J’y étais, moi, môssieur : en fait les aliments du bétail sont composés au jour le jour en fonction 1) des exigences d’équilibre alimentaire, protéines lipides sucres cendres gnagnagna… 2) ET des prix des produits sur les places boursières dédiées : si le tourteau de soja états-unien est coté moins cher sur les places de Chicago (USA) ou Sao Paulo (Brésil), hop les gros industriels, d’un clic de souris, achètent 3.200 tonnes de tourteau de soja états-unien. Et qu’est-ce qu’on déforeste, hein ? les prairies du Minnesota ou du Manitoba ! rien, quoi : c’est déjà fait.

Tibert

(*) Donc le dry Nartimi, c’est possible en Janvier ?

(**) Susmentionné est menacé de disparition, regrettable ostracisme.

Vicieux, circulaire et lamentable

Les sociétés qui exploitent les autoroutes – et les gens qui y roulent – doivent, c’est contractuel, augmenter leurs tarifs déjà abusifs en ce début d’année… pourquoi ? 1) parce qu’elles doivent faire des profits, c’est leur religion ; 2) bicôze madame Ségolène en 2015 avait gelé ces tarifs, geste populaire mais… ponctuel, hélas, le mal étant fait avec la vente des bijoux de l’Etat (voir Jospin, Villepin et consorts) : il faut, paraît-il, rattraper ce retard de tarif ! 3) parce que les Gilets Bouton d’Or ont causé des millions de dégâts sur ces autoroutes, postes de péages saccagés, incendiés etc. Cocasserie de la situation, la ministre ad hoc, madame Borne, demande à ces sociétés gestionnaires de notre réseau de « faire un geste » pour le Peuple et le Pouvoir d’Achat : allez, soyez sympas, quoi, allez-y mollo sur les augmentations...

Eh oui : si les tarifs sont déjà largement excessifs, propres à foutre les pacifiques (sic) GJ en rogne et à commettre des déprédations, songez à ce qui va se produire si les augmentations sont violentes : ils vont tout casser ! en conséquence, Eiffage, Vinci et tutti quanti vont devoir relever encore plus leurs prix pour réparer les dommages, etc etc. Superbe cercle vicieux.

Faut-il le rappeler ? ces autoroutes ont été construites en grande partie avec NOS impôts et NOS péages. Il fut un temps, ça s’est dit en haut lieu, et nous, naïfs, nous le croyions, qu’on allait les « récupérer » gratis une fois finies de payer, la première étant l’ Autoroute de l’Ouest (l’ouest parisien, ça va de soi) : foutaises et contes de fées ! On a vu ce que valent ces discours, parole, parole, (*) chantait Dalida.

Attendons donc, confiants, la réponse pleine d’humanité, de compréhension et de modération de Vinci, Eiffage et consorts à la supplique de madame Borne  😉  : ces gens-là sont doués d’empathie à un point que nous nous soupçonnons pas.

Tibert

(*) Non, pas de « s » à parole. c’est de l’italien. Una parola, delle parole : un mot, des mots. Merci et chapeau, maître Cappello.