Pingouins et limaces

J’ai craqué ! tel le lecteur assidu de Marie-Patch ou de Points-de-Cul-Images-Du-Monde (ça existe peut-être encore ? au moins sur les tables basses des salles d’attentes des coiffeurs et des dentistes ?)  j’ai visionné la petite vidéo qui illustre le prologue du dîner de gala, bref le banquet des prix Nobel à Stockholm… le prologue : arrivée majestueuse, lente et solennelle, avec musique appropriée, des invités qui valent quèqu’chose (les autres dans la salle en bas, qui regardent processionner les lents et majestueux invités, ce sont probablement les figurants embauchés pour la soirée – boulot vachement saisonnier – et puis le petit personnel ). Superbe ! des rangées de casquettes d’étudiant.e.s (*), et puis des fracs, noeuds-paps, looongues robes colorées… du beau linge ! Et je ne puis m’empêcher de penser qu’Alfred Noble, pardon, Nobel, avait du pot de s’appeler comme ça. Nobel : ça le fait, ça sonne bien pour un prix ! Mais si monsieur Nobel s’était nommé Donald Mach’prout, Roger Zunic ou  Marcel Dubeur, qui en voudrait, de son prix ? le Prix Zunic, le prix Dubeur…

Et puis je lis qu’ « ils » songent sérieusement à limiter la vitesse tout partout à 80 km/h, nationales ou départementales. C’est que la vitesse c’est accidentogégène ! Donc le brave con qui se traîne à 82 km/h derrière cinq semi-remorques (dans l’ordre : lituanien, bulgare, roumain, hollandais et portugais) en procession sur une nationale sans problème – sans espoir de les doubler, est-il besoin de le préciser ? – va se faire aligner, chauffard, assassin !… pendant ce temps-là, les furieux qui se moquent des panneaux, des lignes continues, des stops et des priorités à droite, les malades qui textent d’une main et d’un oeil tout en conduisant, les cinglés qui ne connaissent que la poignée dans le coin ou le pied au plancher et qui vous collent au cul pour doubler quoi qu’il advienne, les éponges zigzagantes et imbibées à 1,8 g. par litre de sang, les inconscients qui pilotent tout en farfouillant dans la boîte à gants à la recherche de leur briquet, les radins qui ont acheté leur bagnole sans l’option clignotants et tournent brusquement à gauche…  tous ces braves petits pour qui les textes réglementaires sont lettre morte, pourront continuer à pourvoir les statistiques de mortalité routière, en y invitant les malchanceux qui passeront là au même moment.

« Ils » continuent à bien saisir le problème, là-haut… faut-il le rabâcher ? durcir les lois, les règlements, c’est juste punir les gens qui les respectent. Alors qu’il faudrait enfin et d’abord s’en prendre à ceux qui s’en foutent, des règlements.

Tibert

(*) Echantillon gratuit d’inclusivité scripturale. Attention !  ne pas lire « étudiant point e point e s« , c’est moche, c’est laid et c’est illisible, mais « étudiants et étudiantes » : des fois qu’on n’aurait pas remarqué sur la vidéo qu’il y a des robes longues. Il y a les deux sexes ? voire plus ? donc il faut l’écrire explicitement, sinon on ne les voit pas vraiment bien, les femmes, on n’y pense peut-être pas, ce qui est dommage, tout de même. Elles aussi elles ont le droit d’être sur la photo et qu’on le spécifie. Donc : « tou.te.s » bien « habillé.e.s » ; lire « tous bien habillés, et toutes bien habillées« , ou « tous et toutes bien habillés et bien habillées« , en articulant bien la fin, « habillé-heus » – les deux versions sont correctes, correctes et concises et gracieuses comme des parpaings. Ou des briques (la brique est la femelle du parpaing).

Tricot, belote et butinage

On nous le cachait soigneusement, ou du moins c’est le genre de sujet sur lequel on ne communiquait pas, et pour cause ! les services administratifs de la Région Ile-de-France étaient officiellement – mais chuut ! – au régime 1.568 heures par an, au lieu des théoriques 1.607 heures, soit les Saintes-Trente-Cinq-Heures de madame Aubry – créatrices d’emploi, oh combien, surtout quand on ne les fait même pas.

Vous pourrez vous faire plaisir en lisant à ce propos cet article circonstancié, annonces, réactions des syndicats de fonctionnaires dans le sens que vous pourrez deviner, etc. Mais allons plus loin, au delà des décisions apparentes : pour quoi faire, ce supplément de présence sur les lieux de travail ? car si la charge de travail ne varie pas, si les attributions de postes n’évoluent pas, si les missions sont inchangées, le travail accompli (réel, éreintant, correct, léger, anecdotique, virtuel, bidon… selon le cas) sera fait dans des tranches horaires élargies. Ce qu’on pouvait ainsi voir de visu par les fenêtres de la Mairie de Paris, centre Morland, au printemps 1973 (*) : tricot, belote ou bridge suivant le niveau de qualification administrative, repas à rallonge, rêvasseries, lectures récréatives… va se vérifier à l’Ile-de-France, avec le puissant adjuvant de l’Internet d’aujourd’hui ! des youyout’entubes, des butinages, des crapettes… autant de possibilités juteuses et consommatrices de temps.

Bref on change le contenant, belle démarche, ce n’est plus la situation choquante d’avant, mais quid du contenu ? ce sera donc vraisemblablement, sans doute, la même soupe – mais avec un emballage moins moche !

Tibert

(*) Je sais, c’est très lointain, 44 ans ! mais la nature humaine n’a, je pense, pas sensiblement changé depuis.

Chiffres affolants

C’est le Parigot qui le proclame : « Absentéisme : des chiffres affolants dans la fonction publique territoriale« . Et de renchérir : « 44 % des agents des collectivités territoriales ont été absents au moins une fois en 2015. C’est donc presque 50 % de personnels supplémentaires arrêtés dans la fonction publique territoriale par rapport au privé. »

Cerise sur le kugelhopf : « à Amiens, les fonctionnaires titulaires s’arrêtent presque quatre fois plus (49,3 jours !) que leurs homologues non titulaires (13,7 jours)« . Cherchez pourquoi… ça ne devrait pas être trop dur.

Bon, je ne vous fais pas de dessin : je prétends que les communes, les régions… bref la Fonction Territoriale est gérée, au plan des Ressources Humaines, par des incapables, ou des calculateurs cyniques, et sur notre dos. C’en est ici un bout de preuve…

Et j’entendais avant-hier un maire – c’était au JT de 13 h sur France 2 – pleurer ses budgets peau-de-chagrin, la faute à Macron qui va leur sucrer la manne des taxes d’habitation ! et de nous apitoyer : il allait désormais devoir faire des choix ! mettre la piscine municipale aux normes « accès des handicapés » ou se payer un superbe rond-point stupide de plus… débaucher des contractuels (pour les fonctionnaires territoriaux, c’est foutu, c’est trop tard, ils sont là comme des berniques sur leur rocher), resserrer les services… sniff… détresse… Mais, bienvenue dans la vraie vie, monsieur le maire ! le citoyen lambda, lui, qui n’a jamais eu la faculté d’augmenter les impôts locaux pour se payer tout ce qui lui plaît, fait des choix tous les jours !

Je soupçonne notre Macron national de manoeuvrer en loucedé pour qu’enfin les maires, les collectivités territoriales cessent de vivre au dessus des moyens de leurs administrés : malgré ses ridicules et quasiment incantatoires « celles et ceux« , « toutes et tous » (*), on ne peut que l’approuver sur ce point. Au moins sur ce point.

Tibert

(*) J’y reviens dans mon prochain billet. Révisez en attendant : le sketch de Desproges « Françaises, Français, Belges, Belges… »

 

Ma, notre, votre tuture

Les Français (les mâles, car les Françaises, bof, elles s’en tapent) seraient en désamour de la grosse belle bagnole, celle qui fait vroum-vroum avec son 6 cylindres double échappement et se retourner les jaloux sur son passage. C’est ce que Le Monde nous apprend…

D’abord c’est bon pour l’industrie nationale : aucun de ces engins rutilants n’est fabriqué par chez nous, Renault et PSA n’en proposent pas. Les allemandes cossues, les pur-sangs italiens, les carrosses anglais, et basta – ah si, des Japonaises aussi, mais ça ne le fait pas aussi bien, c’est sans caractère. Bref pour rouler luxueux faut rouler étranger. Comment se fait-ce ? eh bien c’est simple :

D’abord c’est taxé à mort, l’Etat se goinfre. Et puis à quoi ça sert d’avoir un truc ruineux à 150.000 euros qui roule à 80 sur des rocades limitées à 70 ? qui se prend des prunes et des points de permis en moins dès que le chauffeur effleure le champignon ? pas moyen d’aller au dessus d’un petit 140-145 compteur – ce compteur qui est gradué jusqu’à 300… et encore quand les semi-remorques lituaniens, portugais, roumains, bulgares, polonais… ne sont pas installés sur la voie de gauche à jouer à se doubler.

Et puis c’est plein de jaloux, la France. Pays égalitariste, qu’ils disent ; 70 % des Françaises-et-des-Français sont pour le maintien et même le renforcement de l’ISF – salauds de riches ! – d’autant plus qu’ils ne le payent pas (*). Plein de Français égalitaristes, à la vue d’une Borsche, une Lambordini, une Verrary… garée là, se sentent des envies de rayer consciencieusement le flanc de la bébête, d’y crever les pneus, à cette saleté rutilante, de balancer un grand coup de latte dans le rétro à 2.000 euros pièce. Alors, à quoi bon, hein ? que des emmerdes…

Au reste, je m’interroge toujours, à la vue d’une aile froissée, d’une portière rayée, d’une boursouflure sur le hayon arrière des voitures : pourquoi s’obstine-t-on à proposer des tôles rigides laquées à grands frais ? la vieille Mehari, tenez, et la Cactus de Citron récemment, c’était, c’est plein de panneaux de plastique, flexibles, pas chatouilleux, sans souci, un coup de pied dedans et ça reprend sa forme, ou à peu près… les carrossiers sont contre, évidemment, c’est leur pain quotidien, l’aile froissée, la portière enfoncée…

La solution, si vous tenez absolument à vous payer une voiture de luxe : faites dégonfler le moteur ou mettez une cale SOUS l’accélérateur, au dessus de 150 c’est que des ennuis ; demandez qu’on vous mette des panneaux de carrosserie en plastique teinté dans la masse ; et puis posez des housses en simili sur vos fauteuils cuir pleine fleur, maquillez le logo de la bagnole, qu’on la prenne pour une Macia au lieu d’une Bercedes : vous allez pouvoir rouler peinards.

Tibert

(*) égalitariste mais pas trop, les fonctionnaires formant une caste qui se tape un boulot inamovible et une retraite plus précoce, calculée sur les 6 derniers mois de salaire – contre 25 ans chez les salariés du secteur privé. Egalitarisme sélectif.

Quand Le Chat fabule

Il était une fois un roi… Roi 1er, c’était son nom. C’était une époque où les paysans étaient légion, pas comme maintenant, évidemment. Ce roi ponctionnait à fond à fond, gabelle, impôts et taxes divers et variés, et ponctionnait surtout les plus riches, c’était un roi social, si l’on peut dire – il prenait l’argent oùsqu’elle était, pardi. Fallait bien alimenter son train de vie et celui de sa cour !

Le roi mourut, comme tout le monde, et fut remplacé par son fils, Roi II, what else ? fils qui entreprit d’octroyer des terres agricoles aux grands propriétaires fonciers de l’époque, qui en avaient déjà pas mal, des terres ! stupeur et sidération chez les moyens et petits paysans. Comment ! qu’est-ce donc ! il fait des cadeaux aux riches ! et sans contrepartie aucune, ma parole ! c’est le « Roi des Riches » indéniablement, Roi II, ah ça Roi 1er aurait jamais fait comme ça. Ce qu’apprenant, Roi II fit déclarer par son service de comm’ – les gardes champêtres locaux, en l’occurrence –  que, chers sujets, vous avez la mémoire bien courte ! et vu que son père avait ponctionné les plus riches de manière déraisonnable, obstinée et quasiment stupide, il ne faisait que de rendre partiellement ce qui avait été prélevé « à la hache », en quelque sorte.
Moralité : quand on donne c’est parfois parce qu’on a beaucoup pris – trop pris !  en fait, on rend… faut regarder ce que ça fait globalement, au total et au bout du compte ; c’est clairement plus honnête.

Tibert

Le mythe décisif

Le Monde vous l’annonce, « Le gouvernement veut que les services publics changent d’ère« . Pas « changent d’air« , quoique le changement d’air fasse aussi du bien, s’il est moins rassis, confiné. Eh oui, dans la foulée des travaux d’Hercule-Jupiter (ou Sisyphe ?) qui a semble-t-il entrepris de dépoussiérer tout ça, il va falloir que l’Administration se secoue les puces – c’est plus facile à dire qu’à faire, cinq millions de poilus ça ne manoeuvre pas comme un quatuor.

Il est clair – sauf à ceux qui ont des « peaux de seauces devant les yeux » – que des gains substantiels de productivité peuvent être espérés, surtout si l’on s’avise enfin d’arrêter de tout faire compliqué. Et puis qu’on sache sous-traiter proprement au lieu d’entretenir à grands frais et bichonner des effectifs déraisonnables de fonctionnaires qui, ayant réussi un concours dix-huit ou vingt-sept ans plus tôt, sont ici et là désoeuvrés, pas à leur place, mal employés – incompétents même, des fois, ça s’est vu.

Reste que tout ça va laisser des cadavres sur le carreau : la phalange chenue des « pas adaptables à l’internet ». Ils ne sont finalement pas si nombreux, et je vois tous les jours des « vieux » – pardon, des séniors – armés de leur smart-faune ou de leur bécane et sachant s’en servir. Mais il y a, il va encore y avoir de la casse, et comment l’éviter ? il faudrait, pour ne laisser personne en rade de l’internet, 1) faire arriver partout la Toile à vil tarif, et c’est très loin d’être fait ; 2) diffuser à bas prix itou et faire connaître des outils simplissimes – pas Winblows 10, houlala ! – dans le genre Minitel du XXI ème siècle, « 3615 JeMeBranche » avec graphisme, couleur, souris, robustesse… on n’en a pas pris le chemin.

Bon, allons, ça ne bouge pas que dans le bon sens, ça tangue un brin, mais ça bouge : ça change !

Tibert

 

Clivant !

Le clivage c’est en principe à base géologique façon ardoises schistes etc… mais depuis que messieurs Mélenchon et Valls se lancent des « ignoble », « fachosphère » (*) et autres épithètes de volatiles à la margoulette, c’est très tendance. Ils sont clivants, messieurs Valls et Mélenchon.

Mais je cause ici d’un autre truc très très « clivant », un article dans le Monde : monsieur Piketty, économiste très encensé – il est de gauche mes chers amis – vilipende monsieur Macron : « La suppression de l’ISF, une faute historique« … notez bien, c’est un article payant, on n’en profite gratos que pour 30 %, mais c’est toujours ça. Bref, Piketty s’exprime comme si Macron voulait supprimer l’ISF, ce qui n’est pas le cas : il est clairement dit en haut lieu qu’on va le modifier, en modifier l’assiette pour taxer essentiellement le patrimoine immobilier… arrghh ! pas touche ! s’exclame monsieur Piketty,  l’ISF sous sa forme actuelle est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité et doit rituellement stigmatiser et ponctionner le riche (le foyer riche, vu qu’il frappe le couple « riche » à 1,3 M€ à deux, et le célibataire « riche » à 1,3 M€ à lui tout seul, tout pareil et au même tarif) jusqu’à la dix-huitième génération, sinon ça vaut pas. Comme quoi quand on ne veut pas entendre ce qui est dit, monsieur Piketty, il suffit de faire semblant d’être sourd et de clamer autre chose.

Et comment perçoit-on la clivance, la clivitude, le… caractère clivant d’un papier ?  au nombre de réactions des lecteurs ayant droit à la parole – ceux qui payent, les abonnés. Combien de réactions ? 485 à l’heure où je vous cause. Monstrueux ! un article plan-plan du Monde, ça vous fait dans les dix-quinze réactions, un truc qui interpelle, cinquante… alors quatre-cent-quatre-ving-cinq, imaginez… un volcan de réactions, et naturellement on s’étripe : « ISF débile et contre-productif« , « impôt idéologique, purement symbolique, mal foutu » versus « Saint-ISF priez pour nous« , « les riches paieront jamais assez » etc.

Personnellement j’ai renoncé à bouquiner plus de cinquante commentaires des lecteurs (on lit en commençant par les derniers arrivés) : les thèmes sont itératifs, je les ai cités plus haut, pas la peine de tartiner plus avant. Ma religion est simple : je n’en ai pas ! l’ISF n’est pas un sujet mystique, contrairement à ce qu’on lit un peu partout. LA SEULE question qui vaille, c’est de savoir si l’ISF rapporte efficacement des sous ou au contraire fait fuir les « riches », appauvrissant le pays, auquel cas il faut le revoir. Le reste n’est que fumeuses badernes sociétales et vaines querelles idéologiques.

Tibert

Pourquoi une sphère plutôt qu’un cube, une pyramide, un cylindre, un tronc de cône ? c’est rond, le fascisme ? (pardon, le fâchisme) ?

 

Comme un air d’entente

Il y a plein de sujets passionnants – sauf les sujets de satisfaction, évidemment. Mais celui-ci a retenu mon attention, et la votre si vous le voulez bien : en France l’électroménager « blanc » (frigos, congèles, machines à laver, sèche-linges…) est vendu vachement plus cher qu’ailleurs en Europe. C’est, non la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) qui le dit, mais l’ADEME, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) : en effet l’ADEME se demande pourquoi nous les Bouffeurs de Grenouilles achetons  si peu d’appareils très économes en énergie. Tenez, les frigos classés A+++, les mieux isolés, nous en achetons 1 % du total des frigos contre 5 % en Europe en moyenne.

La réponse à notre mauvaise note et notre mauvais esprit est évidente : un frigo A+++ est 28 % plus cher chez nous qu’en Europe, si on en prend la moyenne.  Une paille ! De fait, si nous achetons un vague frigo « de base » classé A+ (*), ça coûtera de toutes façons moins cher que le super machin A+++ en comptant tout, achat et conso d’électricité sur 15 ans. A quoi bon se casser le baigneur, je vous le demande !

Mais d’où ça vient, ça ? eh bien… non, ce n’est pas la TVA, la différence de 1 point entre l’Allemagne et nous n’explique pas +28 %. Tout simplement,  ils s’entendent pour garder des prix élevés chez nous, parce que chez nous ça fonctionne, le consommateur soupire et baisse la tête, et la DGCCRF – dont c’est le boulot de combattre ce genre de bidouille – s’en tape, elle regarde ailleurs. « Ils » : les fabricants + les grandes enseignes de vente. Vous avez leurs noms sur la langue, vous et moi les connaissons. Pour brouiller le tableau, ils se dém… brouillent pour que les références ne correspondent jamais pile-poil ; le Siebens SNBFG-612W78-FG chez Barty n’existe pas chez Loubanger, c’est le SNBFG-612W79-FH ! eh oui, il y a un bouton bleu à la place d’un bouton vert. Et  en Allemagne c’est encore la même machine à un enjoliveur près, et une autre référence. Astucieux, non ?

Bref, si le ministre de l’Ecologie lit par hasard ce billet, qu’il aille donc en voisin faire un tour à la DG…MachinTruc pour leur en causer, ils ne lisent peut-être pas les études de l’ADEME.

Tibert

(*) Le super écolo c’est A+++, le basique de base c’est A+ : autant dire qu’il serait urgent de revoir l’échelle ! où sont les mauvaises notes ?

Mieux que la double peine !

Vous connaissez la double peine : amende ET retrait de points, ou pour un délinquant étranger, de la taule ET expulsion du territoire ensuite, etc etc.

Mais la triple ? je connais… je vais vous dire… vous êtes à la cambrousse… vous voulez rester connecté au monde, c’est humain… donc vous louez une ligne internet. Chez Orange, what else ? car les lignes seront dégroupées aux Calendes Grecques… donc l’ opérateur historique, sinon vous allez manger votre chapeau. Mais comme vous êtes au bout d’une ligne bien loooongue depuis le central et en mauvais état (des épissures à l’air libre sur des câbles rafistolés qui traînent par terre par endroits, voir plus bas), quand ça veut bien fonctionner, vous plafonnez les jours secs et par beau temps à 800 Kbits/sec, grand maximum.

Mais vous payez exactement le même prix que le gars du bled d’à côté qui, lui, surfe à 10-12 Mbits/sec, dispose de la télé sur internet, tandis que vous, bernique. La télé, c’est parabole ou rateau, rien d’autre.

Mieux, ou plutôt pire, car loi de Murphy oblige, le réseau mobile est minable ! ça reçoit péniblement au mieux une barre, quel que soit l’opérateur…  souvent rien du tout : pas de réseau ! Il m’est arrivé de recevoir un SMS plusieurs heures après son envoi ! donc, vous souscrivez l’option – payante, évidemment – d’appeler les mobiles depuis votre box… sinon il faudrait monter sur un escabeau au grenier et passer la tête par le vasistas (bientôt, monté sur l’escabeau, je suspendrai un noeud coulant à la poutre maîtresse, comme ça plus de soucis d’internet). Quant à recevoir les appels, conseillez plutôt à vos amis de vous appeler sur le fixe, celui-là fonctionne – avec l’ADSL, évidemment.

On trouve dans le commerce des boxes spécialisées sur le réseau mobile, telle la 4G-Box de Bouygues : c’est, nous explique-t-on, pour les zones rurales, non couvertes par la fibre… on rigole, là ! la fibre ?? c’est pour dans deux siècles. Même l’ADSL, tellement plus rustique, rampe minablement (*). Quant à utiliser la 4G pour surfer, autant vouloir peindre la Lune en vert : même la 3G est  n’est quasiment pas détectée.

Voilà… 1) on a un ADSL peu fiable et qui rampe, 2) on paye plein pot quand même, 3) on ne peut même pas se rabattre sur le réseau mobile, quasi inexistant. La triple peine, je vous dis.

Tibert

(*) Au fait, qui ?? est responsable de l’entretien – largement déficient – des lignes téléphoniques qui longent nos routes départementales et vicinales ? on ne le saura jamais. Le ping-pong : c’est pas moi, c’est l’autre, vieille recette éprouvée. Moyennant quoi ces lignes sont souvent piteuses. On répare quand ça tombe en rade… quand le client signale qu’il est en panne… La maintenance préventive ? c’est quoi, ce truc ?

Tenez, un jouli bouquet d’épissures Internet, près de chez moi.

Epissures internet
En plein air, ça respire mieux !

Encore pipi, mais pas que

Tenez, deux choses qui m’ont interpellé :

D’abord, sachez qu’à Paris, attendu que – je vous en ai déjà causé : « Latin ? pas pipi ! » – il est à peu près impossible de pisser impromptu et civilement si l’impérieuse envie vous en prend dans la rue, une startup, sans doute dirigée par un mâle qu’inspirent les Parcs Nationaux états-uniens et une prostate tyrannique, a pu convaincre la ville de tester des urinoirs écolo-branchés (pour les mâles, ça va de soi). Urinoirs furtifs, expérimentaux mais légaux, pour décourager les incivilités ô combien nombreuses qui irriguent et parfument à l’ammoniac tous les angles d’immeubles, recoins sombres, gros troncs d’arbres etc. Urinoirs secs (sciure de bois, la technique des Parcs Nationaux, donc) d’une autonomie d’environ 500 clients, vidés-nettoyés régulièrement via une appli connectée en wifi à un central. Super ! sauf que ça ne fonctionne que si le wifi fonctionne. Après ça déborde.

Juste deux remarques là-dessus :

  • Les femmes ? rien à cirer, elles n’ont qu’à s’accroupir entre deux grosses bagnoles garées serré dans une rue peu passante. D’ailleurs c’est ce qu’elles font…
  • Si l’on s’efforce de dissuader les incivilités urinaires, c’est que le problème est connu, flagrant. La Loi punit ces mictions sauvages : elle n’est quasiment jamais appliquée… et puis zut, pisser est un besoin aussi naturel que de respirer : quelle idée d’interdire de pisser ! alors au lieu de tester-bidouiller-balader deux pissotières branchouilles, si la Ville de Paris se mettait enfin à prendre ce problème au sérieux et y apporter des solutions correctes ? (*) La plus belle ville du monde (qu’ils disent !) quand on a urgemment envie de pisser, c’est un bagne.

Et puis je me suis dilaté la rate (pas la vessie) apprenant que monsieur Dray, qui était et reste une grosse légume au défunt PS, demande un audit des comptes de campagne du candidat officiel « frondeur tendance PS » Benoît Hamon. Clairement, il trouve, monsieur Dray, qu’au vu des résultats piteux, ça a coûté trop cher : 15 millions d’euros pour 6,4 % des votants. Tenez, ses propres paroles : « On trouve que c’est beaucoup de sous pour un résultat très modeste ». C’est clair : le PS savait, largement avant les scrutins, qu’il ferait un petit score, Benoît, surtout que son charisme de bordure de trottoir, son programme lucide, réaliste  😉 … alors, que n’a-t-on calculé les frais en conséquence, sachant qu’on allait vers un petit 7- 8 % ? Avec de telles espérances, on ne loue pas le Zénith avec des murs d’images ; on réserve l’arrière-salle du ZanziBar ou du Bosphore-Kebab (ex-Pizza Mario). Avec la sono du club de rap du quartier.

Tibert

(*) les gogues des cafés et assimilés ne SONT PAS UNE SOLUTION CORRECTE. D’abord c’est souvent moyen-moyen question propreté, très souvent désagréable question ambiance, ensuite payer 1,50 euros ou plus pour un besoin strictement physiologique, pas question.