Les Dularex de mon enfance

On fait du Perec, là… « Je me souviens »… des assiettes transparentes Radulex que nous utilisions, au réfectoire de mon pensionnat ; avec la couronne extérieure genre pétales de marguerite. Les soirs de potage façon brouet clair amélioré aux pâtes-alphabet, on alignait les lettres du bout rond du couteau, on touillait le bouillon pour faire des phrases, histoire de tordre le nez sur la bouffe. Et parfois – mais si c’est vrai ! – faute de vaisselle idoine, et comme la tradition orale le rapporte, pour accueillir la bouse de compote de pommes « sortie de boîte » ou le petit-suisse dans son cylindre de papier, on retournait l’assiette, après l’avoir épongée convenablement .

Vous imaginez les diners d’état à l’Elysée avec de la vaisselle transparente Rudalex ? un peu fatiguée, la vaisselle, usée par les tournées de lave-vaisselle, transparente mais pas trop, quasi atteinte de cataracte… la reine de Mésopotamie torchant d’un bout de pain les restes du boeuf miroton (ou blanquette de veau, petit salé aux lentilles, pot-au-feu…) dans son assiette avant de  la retourner pour y loger le calendos crémeux et puissant, le pain perdu du chef ? ben non. Il y faut un peu de décorum, tout de même. Faire valoir le contenu des assiettes, et les assiettes avec.

Combien ça coûte, ce prestige national ? ça coûte cher ! les dîners d’état à l’Elysée ça coûte cher, plus cher que le mythique risotto crevettes-artichaut du Fouquet’s ou la salade de mâche à la truffe blanche de chez Laurent. Tiens, rien que de stipendier le nombreux personnel des cuisines, sans qu’il bouge un cil, avant même qu’il saisisse le couteau économe pour plucher les courgettes, ça coûte un max ; faut ce qu’y faut. Alors on a un gros débat sur les bras : combien a coûté le paquet de vaisselle en porcelaine (mille-deux cents assiettes) qui vient d’être acheté par l’Elysée à la manufacture de Sèvres ? cinquante-mille euros ou dix fois ce prix ? les gars de chez Mélenchon, les Insoumis, ceux qui croûtent dans de la vaisselle KAIEA à trois balles et en sont fiers, évidemment, ils en font des caisses, de cette histoire de vaisselle. Monsieur Ruffin, inévitablement inspiré par les révélations du Palmipède-Entravé, ironise sur le sujet, c’est du tout cousu : « ils pètent dans la soie, là-haut (*), pendant que nous on racle les fonds de frigo pour trouver à croûter sur un coin de table« .

Moi je vous fiche mon billet que Macroléon n’a même pas vu passer sur son bureau la commande des assiettes de porcelaine : ce n’est pas son job. Quatre-cent-quinze euros UNE assiette pour la reine de Mésopotamie ? et alors, que voulez-vous que ça lui fasse ? il n’a même pas idée de ce que ça coûte. C’est très certainement un vague, un obscur intendant-fonctionnaire qui a signé le truc. Moi j’aurais fait un appel d’offres, c’est tout de même un minimum pour une somme pareille, j’aurais demandé des devis. Mais bon, à part cette entorse évidente aux règles administratives, ça fait bosser les entreprises françouaises, et puis ça augmente le PIB. C’est bon ça coco l’augmentation du PIB, les Insoumis eux-mêmes en sont d’accord.

Tibert

(*) Dans un de  mes vieux numéros de Hari-Kira, le regretté professeur Choron avait publié une fiche-bricolage à cet effet. Simple et efficace : on coud à l’endroit adéquat un carré de soie au fond de son slip, et voilà !

Deux coups de blues en juin

( Je sais, je sais, je manque à tous mes billets. On va rectifier le tir. C’est pas une vague vague de chaleur qui aura la peau de ce blog, tout de même. Ni les surdoses de foot à la télé ).

D’abord, une lamentable histoire : la Poste ! la Poste, vous savez, « J’ai une manie singulièèè-reu / je  suis amoureux des postièèè-reu » ; eh bien, la Poste lance une banque « en ligne », une de plus, pour les jeunes, paraît-il – les vieux sont trop cons pour savoir se servir d’un mobile. Quasi pas de personnel aux guichets – pas de guichets non plus, d’ailleurs  – et puis tout se fait via la Toile, sauf les remises de chèques et les mouvements d’espèces, évidemment.  Et vous savez comment ça va s’appeler ? « Ma French Bank » ! Si si, je vous assure, y a pas d’erreur. Plus débile, plus putassier anglomane inculte que ça tu meurs. C’est affligeant… boycottez cette horreur, les amis.

Et puis j’ai rencontré mes voisins du dessus au Super-Méga-Discounte du coin où je vacance présentement. La baraque ? une ancienne quincaillerie-droguerie à l’ancienne, mastic, équerres métalliques et balais-brosses, et  dont le rez-de-chaussée-boutique a été converti et vendu en appartement, le vieux couple de gérants – dans les 82-85 balais sans brosses – restant à l’étage. Autour des paniers à roulettes et des provisions, on fait gentiment connaissance. Le monsieur « a eu un cancer« , et je le complimente, « le cancer ne l’a pas eu« . Sourires, propos paisibles… on évoque la suite, et madame nous balance ça tout de go : « On voudrait partir ensemble« . Où ça ? où ça ? et puis je réalise, « partir » ! nom de dieu… ça prend un tout autre ton. Alors on évoque la loi, les interdits, la Suisse, la Belgique, ce film « Miele« , dont l’héroïne va au Mexique acheter des médocs vétérinaires létaux pour rendre service aux vieillards las de batailler pour tenir, et pour quoi, et jusqu’à quand ? Bref, cramponnés à nos chariots respectifs, on a parlé de choses graves, d’initiatives difficiles et décisives, de choix lucides à sens unique. Ce qui est chouette, tout de même, c’est qu’on avait tous toute notre tête pour en débattre ; et puis que finalement, sans décider de ne pas donner suite, on n’a pas décidé de donner suite : ça peut encore attendre.

Tibert

Le blues des bariste du Palais Bourbon

Ouais, je sais : dans le titre, deux mots pas de chez nous. Un amerloc, et ma foi ça restera, car « leu bloouuz ça veut dir’ queu jeu t’aïmeuuuhh » : irremplaçable, merci Djohnny ; et puis barista, pluriel bariste, c’est de l’italien : le bariste, bref le mec qui est derrière le zinc et qui sert les cafés (au passage, un bras d’honneur à l’anglais barman, qui pourrait être une wo-man). Tout ça pour constater que nous l’ignorions, mais ça fait surface : il y a environ 1.200 fonctionnaires travaillant – disons « salariés », c’est moins pesant – à l’Assemblée Nationale. Et ça fait surface parce qu’un entrefilet du Firagots – seul à ma connaissance à sortir ce scoupe – nous informe sur une rumeur de grève des fonctionnaires qui oeuvrent au palais Bourbon : on veut repenser leurs fonctions !

j’ai voulu en savoir plus… le site officiel ne dit que pouic des effectifs du petit personnel, les obscurs, les sans-grade qui parcourent laborieusement – du moins on le suppose – les couloirs et les vestibules ; en revanche on y apprend qu’il y a 577 députés. Soit, à la louche, un peu plus de deux salariés pour un député. Je ne parle pas ici des suppléants, assistants parlementaires… divers et variés, mais des salariés des lieux, les machinistes, les soutiers, en quelque sorte.

Inévitablement, on s’y attendait – comme en soulevant une pierre dans l’herbe humide on peut s’attendre à déranger de paisibles porcellions – on découvre à la lecture de cet article du Fig’machin le même système absurde et ruineux qui nous coûte, mes chers compatriotes, la peau des fesses : au Palais Bourbon, pour trôner derrière le bar, servir à la cantoche (excellente, entre parenthèses), peler des patates, tenir un vestiaire, passer l’aspirateur, toutes fonctions hautement régaliennes, il faut des fonctionnaires ! il se trouve même des députés qui trouvent ça tout à fait normal, tel monsieur Chassaigne, du 6-3, qui évoque «un statut qui fait qu’ils ne sont les obligés d’aucun lobby, les prisonniers d’aucun intérêt. Ils sont simplement au service de tous les députés et d’une neutralité politique totale» (ça m’évoque les eunuques des harems du calife, d’une opportune « neutralité totale » au milieu des pulpeuses propriétés du pacha). En somme, selon monsieur Chassaigne,

1) il n’y a jamais de fautes ou de fuites d’informations chez les fonctionnaires, c’est « par construction », et les infos croustillantes sorties par ci par là par le Coin-coin-Déchaîné ou Pédiamart sont sans doute issues des révélations de la Bonne Vierge à Fatima ;

2) tout salarié du secteur privé souffre hélas d’un manque congénital de conscience professionnelle, c’est aussi « par construction » : c’est moins cher, certes, mais on peut pas avoir confiance !

Bon, on verra ce que ça donnera ; mais il est archi-normal qu’une grosse boîte comme l’Assemblée (dans le privé, elle serait une ETI, une Entreprise de Taille Intermédiaire) s’interroge régulièrement et souvent sur ses effectifs, ses emplois, sa gestion des ressources humaines, sa mauvaise graisse et ses gisements d’économies ! Il y en a, j’en suis persuadé ! et les nombreux salariés du Palais Bourbon, au lieu de penser étroitement à faire grève pour la préservation de quelques menus avantages, devraient se sentir solidaires de cette démarche positive, que dis-je, d’excellence ! et qui permettra, acceptons-en l’augure, de porter plus haut le prestige de cette magnifique institution que le Monde nous envie.

Tibert

Pinard rural et désertification

Le Firagots d’hier soir nous le contait : deux gosses de huit ans à vélo ont été fauchés-écrasés-tués sur la route par un tracteur-remorque qui a mal visé entre les quatre vélos : le conducteur était bourré…. aux dernières nouvelles on n’avait pas encore pu lui expliquer la gravité de son rodéo, il n’avait pas suffisamment dégrisé. Commentaire d’un lecteur adepte de la marche à pied : « C’est encore la preuve que la vitesse ET l’alcool sont deux ennemis à abattre« . Eh oui, comprenez, les gamins roulaient trop vite, c’est « de base » la faute à la vitesse, mettez-vous bien ça dans la tête ; d’ailleurs notre premier ministre, qui a flashé (c’est de l’humour) sur le charisme quasiment hypnotique de madame Perrichon, vous le dit : c’est que ça doit être vrai ! 80 km/h, pas plus, sinon panpan-cucul – sauf pour les imbibés, jamais empêchés de nuire, et les fêlés du volant, qui vous font des appels de phares en vous collant au cul pour vous signifier, pauvre larve, votre lamentable, votre exaspérante lenteur à 90 km/h, et qui vous doublent dans un vrombissement rageur, ligne continue ou pas, dès que la voie d’en face semble vaguement libre. Enfin.. bon… (soupir…) c’est comme ça…

Et puis un témoignage que je pense lourd de sens… il était une fois un couple qui devait se rendre par train de Vichy à Paris (Paris, what else ?) samedi dernier ; ils avaient pris des billets bien à l’avance, mais il y avait grève SNCF, alors forcément, leur Intercités étant comme de juste annoncé manquant, ils se rendirent à la gare de Thiers dans le 6-3, la plus proche de leur domicile – 20 minutes de bagnole (*) tout de même ! – pour aller voir si l’on pouvait leur trouver deux places dans le dernier convoi du soir (il y avait en principe un convoi du soir, alleluïa). Thiers, sous-préfecture paisible et pentue, gare accueillante et ouverte, avec un gars avenant derrière le guichet vitré, et une affiche qui stipulait que « à compter du premier mai 2018, il n’y aura plus de vente de billets à ce guichet : les voyageurs disposent d’une borne informatique pour ce faire« . Le cas à traiter n’était bien entendu pas prévu par la borne informatique, et le pauvre guichetier privé de son matériel de vente confirma : il ne pouvait rien faire, « allez échanger votre billet à Clermont ou à Vichy » (soit 50 minutes de voiture aller et autant au retour).

Voilà… les cheminots grévistes abusent des voyageurs-clients, c’est clair, et leur délétère culture de la grève à tout propos et hors de propos nous les fait détester. Ceci étant, la SNCF, sans tambours ni trompettes, met en place un désert de service pour les bouseux. Le cadre dynamique en première dans unTGV, ça oui ! quant au client provincial, TER, Intercités, petites gares… il peut bien crever.

Tibert

(*) à 80 km/h ou 90, c’est du kif : on ne saurait rouler raisonnablement à plus de 60-70 sur ces petites routes étroites et virevoltantes. Mais, équarissage pour tous : 80 pas plus ! j’veux pas l’savoir !

Ah oui mais non, en fait si, mais…

Les joulies déclarations d’impôts en ligne sont parmi les joies du mois de Mai pour celzéceux qui ont encore des sous – et accès à un réseau internet potable ! c’est une corvée « citoyenne », oh combien, quand on sait avec quelle impartialité, avec quelle pertinence, avec quel sens de l’économie nos bouffeurs du budget de l’état puisent dans les caisses, ces modernes tonneaux des Danaïdes. Il n’y a plus de sous pour renflouer la SNCF et ses cinquante milliards de dette ? eh bien on va pousser encore un poil la pression, pas de souci ! Qui au fait a creusé ce trou de cinquante milliards ? question oiseuse, personne évidemment, c’est la faute à pas de chance ! des TGV ruineux tout partout pour les Parisiens désireux de sortir fissa de leur cloche à particules fines, et voilà le travail !

Mais je m’égare, là… je lisais des réactions de lecteurs du Firagots et d’autres canards à propos des impôts, justement… et je vous ressors à peu près texto l’un des ces commentaires – c’est un contribuable aisé, de quoi se plaint-il, non mais ! – car il corrobore ce que tout retraité peut constater : « Tout le monde a oublié de nous parler de la hausse d’ impôt retraité, triple peine et personne n’en parle montant des retraites bloqués depuis 6 ans perte de pouvoir d’achat 12% augmentation de 25% de la CSG et je découvre pour couronner le tout que mes impôts augmentent de 600 euros. Merci Macron (…). Mes impôts passent de 7200 euros a 7800 euros en déclarant moins« . Soyons donc rassurés, les cinquante milliards, on va les trouver !

Ceci dit, le Parigot nous en sort une bien bonne : vous êtes Parisien, vous roulez (mal) au diésel ? sincères condoléances ! Votre véhicule ne va plus valoir tripette, surtout s’il est un peu vieux mais pas trop… interdiction de rouler en perspective, le diésel ! ce pelé, ce galeux. Il ne fallait pas écouter les arguments convaincants et les incitations, prix du carburant, longévité du moteur, moindre consommation… : vous avez eu tort ! fallait pas ! tant pis pour vous, qui n’avez pas courageusement choisi de rouler plus cher, plus glouton, moins durable.

… ce qui nous ramène au chapitre précédent : en fait, c’est simple, il suffit de payer.

Tibert

PS – Ah j’oubliais ! le foot ! la coupe du Monde ! ça change tout ! c’est bientôt, les journaleux ont commencé à fournir de la copie.  « Joie, pleurs de joie », comme écrivait Blaise Pascal (traduction : Panem et circences)…

Marie-Chantââl et les barbants pièges à prunes

AS (PS) – C’est un anté-scriptum, pas un post : une lectrice m’a discrètement déclaré (j’ai gommé son commentaire, usant de mes prérogatives de modérateur : j’ai ma fierté, tout de même ! ) que le billet ci-dessous (version d’hier, donc) l’avait salement barbée, fi donc quel ennui ! je vous le signale ici, afin que vous preniez vos dispositions, café fort, bonnes résolutions etc… pour le cas où vous tiendriez absolument à le lire, ce billet sous-mentionné. Et puis relativisons : si UN billet l’a fait ch… suer, c’est a contrario, comme le coup des trains qu’arrivent pile-poil et qu’on en cause jamais, qu’en général elle apprécie, qu’elle lit ma prose avec plaisir et intérêt. Et toc !

Je trouve ce matin dans le Firagots une perle, une pépite, un petit bijou de reportage, fignolé par Madame Figue-à-rôts : « Dresscode, look, clubbing : ce qu’il ne faut surtout pas faire au festival de Cannes« . Une caricature de snobinardise, un  feu d’artifices de termes anglais vaguement raboutés par de la syntaxe de chez nous… Echantillon : « … autour d’un Sunny Splash au bar du Martinez. The spot to be en before. Ça y est, vous venez d’intégrer le crew des cannois branchés ». Soyons juste, les termes en rosbif sont en italiques, ça autorise toutes les dérives. Bravo à ce très réussi second degré – c’est trop, c’est forcément du second degré, non ?  – du journalisme à parcourir « d’un derrière distrait ».

Mais les choses sérieuses… un maire de Gironde interdit symboliquement – ça sera illico invalidé par le préfet, évidemment – les radars punisseurs embarqués (c’est dans le Parigot)  : c’est très dangereux pour la conduite, tout ce bazar électronique sur la planche de bord. Il faut savoir que l’état veut confier ces mitrailleuses à fric et à permis de conduire à des sociétés privées. On sait aussi que la ville de Paris a connu et connait toujours des tas de problèmes avec ses sous-traitants privés chargés de distribuer des prunes de stationnement : bidonnages… chiffres trafiqués… malhonnêteté. Alors posons la question :

… Nous le savons, ce pays croule sous la charge de centaines de milliers de fonctionnaires injustifiés, pas régaliens du tout, surtout dans la « territoriale ». Il est clairement inutile qu’un jardinier, un cantonnier, un cuisinier  de cantine scolaire, une aide-soignante, un mécanicien… soient fonctionnaires : des contrats standard alignés sur  le droit du travail standard des pauvres Français standard font ça parfaitement. A contrario, on touche avec les contraventions (*) à une fonction de police, c’est tout aussi clair. Privatiser ça, c’est ouvrir la porte à des abus – c’est déjà parti ! Alors, donnons à la police les moyens de mieux sanctionner les chauffards  : des alcootests beaucoup plus fréquents, et puis des radars qui ne visent pas la rentrée de fric du 4 km/h de trop mais les comportements dangereux. Mais que ça reste une fonction de police ! Sinon, on va où, là ? comme ils disent élégamment.

Tibert

(*) le stationnement abusif c’est selon : tantôt dangereux ( sur un passage piéton, en double file…), tantôt inoffensif (la voiture bien garée mais le parcmètre frustré). On ne va pas faire travailler deux équipes distinctes, ce serait ridicule. Eh bien alors, si l’on doit privatiser, qu’on contrôle les agents, nom de diou ! qu’on les contrôle vraiment, qu’on les marque à la culotte ! et que les sanctions pour fraudes soient dissuasives.

Polices et effectifs

D’abord une satisfaction : la société SFR a vu sa condamnation alourdie en appel contre « Que Choisir », qui avait gagné en première instance. Méthodes commerciales inadmissibles, mépris  du client-vache à lait, augmentations de tarifs présentées comme des « privilèges » (quel foutage de gueule !) et, cerise sur le clafoutis, des clauses générales illisibles car écrites trop petit. Il fallait une loupe pour les lire… déjà que c’est très chiant à consulter – c’est exprès, comme ça personne ne les lit – si en plus il faut se flinguer la rétine… bon, on espère qu’ils ont viré tous leurs stratèges marquéteux vicieux, et compris le message. Un bon point : ils ont abandonné les « virgule quatre-vingt-dix-neuf » dans leurs tarifs, c’est un début encourageant. D’autres pourraient s’en inspirer d’ailleurs (*), je ne nomme personne…

Et puis, et puis les effectifs de parlementaires ! Macronaparte l’a promis, et moi j’y tiens ; si ça se trouve il a pompé sur mes propositions. Ce pays emploie des hordes de parlementaires à des tarifs croquignolets, et il est temps qu’il devienne plus raisonnable. Il est possible que certains départements (**) se retrouvent plus tard avec un seul député : et alors ? vous le voyez souvent, votre député ? moi j’en ai vu un une fois sur un marché, il serrait des louches, c’était avant les Législatives. Si c’est ça la proximité du terrain, hein…

Il est patent que  les parlementaires agissent et réagissent la plupart du temps en bloc et selon leur appartenance partisane – ce que je déplore vivement ! alors, qu’on réduise la voilure, qu’on opère une homothétie Grand-H < 1 (c’est de ça qu’il s’agit) ne changera rien au rapport des forces, et nous coûtera moins cher. Et puis ça fera des bras disponibles pour la vraie vie !

Reste un vaste espace quasi inexploré dans les projets de coupes et de coupe-coupe : les innombrables Agences et Conseils De Ceci Et De Cela qui gravitent autour de notre gouvernement et de notre administration centrale, opportuns placards à balais pour les ex-grosses légumes soucieux de pérenniser dans un bon confort leur fromage, et qui ponctionnent souvent en pure perte (pas pour tout le monde, eh eh) le lait et le miel de la manne budgétaire. Allez allez, il y a encore pas mal de graisses inutiles.

Tibert

(*) Aux USA c’est quasiment une religion, le « nnn,99 » tout partout sur les étiquettes de prix. Crétin et fatigant, d’autant plus crétin que ces prix annoncés sont hors-taxes, et que les taxes varient selon les Etats ! on se balade dans les magasins avec sa calculette.

(**) Au fait, ils sont toujours là, les départements, avec leurs nombreux et coûteux élus ! il avait été question de simplification du millefeuille administratif sous Valls : probablement une annonce faite un 1er Avril.

Le premier qui dit la vérité..

il doit être exécuté , ou du moins sévèrement sanctionné, et ça se vérifie encore. Il s’agit là d’un noeud d’articles que j’ai pu consulter en partie (merci Le Firagot et ses amorçes d’articles « réservés aux abonnés »). Voilà : Georges Bensoussan va comparaître en appel pour une affaire où il avait été relaxé en 2017 et en première instance. On l’accusait (moult associations auto-proclamées anti-racistes et droidelhommistes)  de provocation à la haine raciale ; il va passer en appel, monsieur Bensoussan, parce que ces associations (moins deux, qui ont  laissé tomber) et le parquet, eh oui, le ministère public ! vexés de s’être fait bouler, ont fait appel de cette relaxe. Y a pas à tortiller : il faut flinguer le soldat Bensoussan.

Bon, on ne va pas se lancer, ce n’est pas le sujet, dans des considérations savantes sur l’origine, les racines de l’antisémitisme (disons plus précisément l’anti-judaïsme) dans les populations d’origine arabe, et notamment en France : on peut en débattre à satiété, avec des arguments pour et contre. Non, le sujet, c’est que constatant des faits graves et l’écrivant, monsieur Bensoussan encourt les foudres de la Justice. Le roi est nu, mais chuuut, ça ne se dit pas. Tout ne peut que baigner, puisqu’on vous le dit, car il n’y a pas, mais non, de racisme anti-Juifs dans nos belles cités (*), ce n’est qu’une construction d’esprits malades et-ou pervers, et la méchante injure « espèce de Juif » qui se dit dans les familles musulmanes n’est qu’un qualificatif bien innocent, et qu’on profère sans y penser.

Voilà donc monsieur Bensoussan coupable de constats, aussi coupable que Kamel Daoud, qui avait en son temps, horreur et putréfaction, osé traiter des agressions sexistes lors d’une nuit de Nouvel An à Cologne. Il s’agit ni plus ni moins que de faire taire ceux qui décrivent l’Etat des Choses avec quelque exactitude, au lieu de se contenter des fables rose-bonbon d’un fantômatique « vivre ensemble ».

Tibert

(*) Cités de m… , disons-le. La Politique de la Ville dans tous ses désastres : 40 ans de plantations bétonnières au petit bonheur et à la va-comme-je-te-pousse dans des champs de betteraves.

PS – La marche « blanche » pour manifester la solidarité des Français avec les Juifs qu’on assassine parce qu’ils sont Juifs – qui plus est, âgés, faibles, bref faciles à assassiner – a été perturbée parce que des « pointures » de LFI et du FN s’y associaient et qu’on a prétendu les en chasser : là c’est le CRIF  (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) qui s’est montré rejetant et coincé, coincé dans sa politique de soutien à Israël – sujet clairement hors-sujet en cette occasion.

Prunes et bidouilles

(Au fait : le PSG, cet assemblage improbable de mercenaires venus des 4 coins de la Planète pour jouer au foot sous la bannière de Paris ( Paris ? cet hétéroclite patchwork branlant ? ) a perdu contre une équipe madrilène : vous en avez sûrement entendu parler, c’était ze évènement du houikinde. On s’en fout, absolument, mais le rigolo et le ridicule, c’est la presse unanime et larmoyante, affublée de rubans noirs : drame et catastrophe nationale ! Ils ont perdu, c’est normal, ils ont moins bien joué. Et puis alors, je m’en tape, mais je m’en tape, à un point que vous auriez du mal à imaginer.)

Bon, au fait : la ville de Paris sous-traite les « prunes » sanctionnant les bagnoles garées indûment. Fort bien, c’est sans doute judicieux. Sauf que, sauf que la boîte qui fait ça a triché abominablement ! Paris avait fixé des objectifs chiffrés (en nombre de contrôles, pas en nombre de de sanctions ! qu’est-ce que vous allez imaginer, mauvais esprits ? 😉 ) ; et la société Streeteo a bidonné les chiffres pour atteindre les 50.000 véhicules promis par jour. C’est plus confortable, moins fatigant, et tout le monde est content.

Sauf que le poteau rose a été découvert. Moi j’aurais rompu aussi sec le contrat, et porté plainte : faute lourde, la main dans le sac de la malhonnêteté. Mais laissons ça à la mairie de Paname… la morale de cette histoire, c’est que sous-traiter c’est une excellente idée, ça coûte souvent moins cher pour un même boulot, voire mieux, mais ça nécessite que l’on contrôle ! avec rigueur et constance, marquage à la culotte, pour parler comme les footeux, justement. Ils ont mis plus de deux mois pour s’apercevoir de l’embrouille…

Cerise sur la pâtisserie, c’est que pour justifier les contrôles imaginaires qui ne sont pas verbalisés, « les salariés justifiaient eux-mêmes la non-verbalisation par des motifs tels « PMR » (personne à mobilité réduite), « personne agressive », personne « dans le véhicule » ou « autre » ». Amis automobilistes parisiens indélicats, négligents, distraits, vous savez ce qu’il vous reste à faire : grrrr ! « personne agressive » éloigne la prune comme le vent chasse les nuages.

Tibert

On brexitte oui ou zut ?

Bon je sais, ça caille en France, la faute au Moscou-Paris, son anticyclone glacial, et voilà, le grand bazar des transports qui revient, on a skié sur les pentes de l’avenue de Lodève à Montpellier,  etc. Je sais. Ben quoi, c’est l’hiver, non ? On passe à plus notable.

Le Brexit achoppe ! et il achoppe parce qu’en quelque sorte la question de la frontière Ulster-République d’Irlande empoisonne le débat. Frontière qu’il faut s’efforcer de gommer pour garantir la fluidité des échanges, mais frontière que madame May la Chef britannique veut qu’on marque bien bien comme étant de son côté… vous pourrez lire ça dans le Monde, c’est un peu confus mais bon…

L’article note que la bonne solution simple et efficace serait de réunifier enfin l’Irlande ! certes, mais pensez-vous que ça va se faire ? évidemment que non, ce serait une baffe monumentale aux Britanniques. Donc ça ne se fera pas, du moins ça m’étonnerait bigrement.

Mais ce serait justice, et comment ! l’histoire avec un grand H montre que l’Angleterre s’est comportée de manière peu élégante – c’est une litote – avec les Irlandais. Citons monsieur Cromwell et ses campagnes quasi génocidaires contre les catholiques irlandais… dans les années 1649. Citons la grande famine des années 1845-52, et le récent conflit qui s’est éternisé en Irlande du Nord. Le Sud de l’Ile a gagné son indépendance depuis bientôt 100 ans ; le Nord reste une verrue britannique, c’est clair. Bref : je plaisante, là, mais unifier enfin l’Ile entière d’Irlande dans la République du même nom serait assez dans le (bon) sens de l’Histoire dans une Europe apaisée, pour employer un adjectif à la mode.

Bon, on peut rêver, non ? en attendant nos voisins continuent de réclamer le beurre et l’argent du beurre, leur succulent Brexit, quasiment aux petits oignons – avec tous ses avantages mais sans ses inconvénients. Ils sont comme ça, que voulez-vous…

Tibert

PS – J’apprends que Canal + cesse de retransmettre les chaînes de la nébuleuse TF1 sur ses propres grilles. Ceci m’attriste profondément, je vous assure, quelle détresse ! et comment pourrons-nous y survivre ? sniff… 😉