R ou T ? C c’est T !

Une fois par ci-par là, le Parigot nous gratifie d’un article utile, pertinent, révélateur (*). Il s’agit ici, excusez l’atroce anglicisme, de food-checking, chez nous on dirait « Vérif-bouffe », mais avouez que c’est moins classe, ce n’est que du français. Il s’agit de vous poser la question : si je mange de la viande autre que porcine (celle-là est hors-concours), mangé-je de la viande, bovine, ovine, voire chevaline ? obtenue par abattage classique, repéré par la lettre T = Traditionnel (animal étourdi avant que de le saigner sans plus de souffrance),  ou abattage rituel = R, c’est-à-dire hallal ou casher (saigné à mort, encore conscient un bon moment) ? eh bien si c’est de la barquette de supermarché, vous ne pouvez pas le savoir ! R et T ont disparu, à vous de deviner.

Pourquoi prive-t’on le consommateur carnivore de savoir si la viande qu’il va manger vient du R, hallal-casher ou du T, traditionnel ? C’est inique : achetant  du hallal sans le savoir, par exemple, 1) on cautionne un abattage inutilement cruel et qu’on réprouve ; 2) on verse une obole involontaire, voire contre son gré, au culte musulman. Pourquoi ? la réponse est facile : parce que ça vous inciterait (moi oui, en tout cas) à chercher autre chose ! de la viande pas confessionnelle, de la viande sans Dieu ni violence superflue.

Bref, résumons : en principe, achetant du « bio » vous êtes sûr de ne pas manger du R : Rituel ne peut pas être bio (**). Vive le bio, donc. Et puis le porc, pas de problème : du porc fermier, du Label Rouge, du porc qui a vécu autre chose que l’enfermement, l’entassement et le béton hors-sol. Autrement ? il reste une centaine d’abattoirs qui ne font pas le R, des abattoirs profanes, laïcs, en quelque sorte. Le site oaba.fr vous les liste. Or, si ni R ni T ne sont indiqués sur vos barquettes de viande, le code de l’abattoir, lui, y est obligatoire. Amis soucieux de ne pas cautionner les pieuseries et les traitements cruels, emportez vos listes d’abattoirs recommandables chez Carrouf’, SuperHue et tutti quanti. Et adressez un grossier signe de réprobation aux lobbies qui nous privent de savoir si c’est du R ou du T.

Tibert

(*) On pourra se passer de la vidéo associée : c’est saignant et pas beau à voir. Et puis le texte à lui seul est assez explicite.

(**) Corollaire : la barquette de boeuf « hallal » ET « bio », c’est du merle blanc !

Presse, deux revues

Rien à vous écrire, ce tôt matin, et ronchon ! ronchon, grmblgmrbl… De une, il fait pas beau ! moche, venté, froid. Beurk ! derechef sous la couette, ça va pas tarder. Et de deux, l’actualité, elle est nulle. « C’est nul», comme dit mon petit-fils quand ça l’emmerde d’aller à son cours de natation. Mais avant d’aller vérifier si la tiédeur de mes draps a suffisamment persisté, je vous en livre deux brèves, car c’est du 0 % Covid garanti, et qu’est-ce que ça fait du bien ! Deux brèves qu’elles sortent de Ouest-France – et pourquoi pas ? y a pas que la presse parigote, que je sache. Allez, aujourd’hui on est à l’Ouest.

1) Le campagnol, ou rat taupier, abreuve nos sillons – infeste nos prairies, au point que les vaches n’ont quasi plus rien à bouffer dans certains coins du Cantal – et d’ailleurs, d’ailleurs. Vous vous en foutez ? vous avez tort. Quand une taupe vous sabote votre pelouse fignolée aux ciseaux de manucure, ça vous agace, pas vrai ? là c’est pareil, sauf que c’est carrément le champ de manoeuvres. Et vu que les moyens pharmaceutiques efficaces et anti-coagulants de lutter contre ces bestioles (les campagnols, pas les vaches) ont été interdits, c’est perdu d’avance, vu que ça ne pense qu’à copuler et se reproduire à grande vitesse, quand ça ne sabote pas le terrain pour bouffer les racines. Mais les éleveurs peuvent flûter, « là-haut » ils s’en fichent, vu que c’est Covid à tous les étages. Et les écolos de se congratuler au nom de la bio-diversité… Quand y aura plus de prairies, on bouffera du campagnol. Sauf les vegans et les végétariens, bien entendu.

2) Le co-piétonnage féminin se développe, afin de prévenir la solitude de la femme seule et craintive au long des rues infestées de mecs harceleurs, siffleurs, emmerdeurs, lourds dragueurs. Femmes, vous pouvez donc engager une escort-girl, mais pas pour ce que qu’on croirait. Je vous la fais en engliche, l’escort-girl, vu que l’organisation féminine qui a lancé cette initiative a jugé plus sexy de la nommer platement, sottement (*) dans cette langue : « Tours Not Alone », TNA, traduisez à Tours t’est pas toute seule, mais non t’es pas seule ma grande, on est là, façon Tours-opératrices, pour t’accompagner et dissuader les graveleux et pénibles siffleurs « Vous êtes tout’ seule mad’mazelle ? » . Reste à trier les candidatures des accompagnatrices de TNA pour en écarter les éventuelles homosexuelles, ce qui ramènerait au problème précédent, au féminin.

Tibert

(*) Ben oui, sottement. Not alone ? justement si, avec un dragueur lourd et chiant, on a bien du mal à cheminer seule et peinarde. Tenez : Tours Angels ? c’est anglais aussi, mais ça aurait de la gueule. Ou bien, Chacune son Tours, Tours de Garde… à vos plumes, si vous avez une idée.

Une cleusteure peut en cacher un autre

( CNews, chaîne télé sur le canal 16, juste au dessus de BFM et en dessous de CStar… c’est, nous dit Le Monde, une chaîne financée par monsieur Bolloré, gros financier engagé dans des opérations de type Françafrique, notamment au Togo…une chaîne engagée, donc (c’est la logique de cet article du Monde, mais c’est moi qui souligne, ou plutôt graisse la police)  « dans une campagne contre l’étude des séquelles du colonialisme ». Ah… il est donc, sachons-le, de toute première instance que nous étudiions les séquelles du colonialisme, repentance donc, et puis mea culpa et toutes ces sortes de choses.

Moi je dis que CNews, chaîne résolument à contre-courant de l’omniprésente bien-pensance qui sévit de A2 à Arte en passant par la presse écrite, a bien du mérite d’exister. C’est le pluralisme, ça, coco. Du poil-à-gratter salutaire dans un paysage de componction consensuelle. Personne n’est obligé de visionner CNews en groupie, de communier quotidiennement aux idées de monsieur Zemmour, par exemple, mais une lampée de gnôle dans un univers de tisane audiovisuelle prévisible et convenue, ça rafraîchit, c’est comme un courant d’air frais dans une pièce confinée. )

Mais… confinée, vous avez écrit confinée ! Eh oui, ça confine à la manie scripturale, on a de la cluster (*) partout maintenant, et pas seulement dans le 9-3 et le Pas-de-Calais. J’ai ainsi découvert que la région Bourgogne-Franche-Comté, je cite ici Les Echos, « vient d’officialiser à Auxerre, l’un de ses clusters hydrogène, son intention de se doter de ce matériel vert ». Et si on nous lâchait la grappe avec ces clusters ? Comprenons que cette région résolument novatrice, qui d’un pied ferme jette un regard confiant sur l’avenir prometteur, a créé des centres de production d’hydrogène. Des grappes ? des grappes (**) si vous y tenez, mais franchement avec un « centre » ça le fait aussi bien, non ? Imaginez le journaleux des Echos, tout fier d’avoir pu insérer dans sa prose (prose, au féminin) l’un de ces mots indispensables à tout article qui se respecte, cluster évidemment et puis tacler, tiens… décidément, il manque un tacle à cet article.

Tibert

(*) c’est féminin, une cluster, en franglais = la grappe, alias cluster en anglais. Mais on n’est plus à une approximation près, on fera bientôt, après l’écriture inclusive, du « kestufé ? et du « T-oula ? »

(**) Des grappes, en Bourgogne, ça m’évoque plutôt du Pinot noir ou du Chardonnay, de l’Aligoté si vous y tenez.

Double peine, vroom vroom

( Le Monde crie et s’alarme, car madame Marine se « projette déjà au second tour de la Présidentielle » de 2022. Lisant l’amorce d’article, on y apprend que moult de ceux qui ont « viscéralement » fait barrage au FN en 2002 et 2017 – pas mal se sont sentis cocus ensuite… – ne s’y feront pas reprendre une troisième fois ! Je suis tout sauf un groupie de la blonde en question, qui à mon humble avis est un boulet pour sa cause, mais ce que nous apprend cet article, c’est que les thèmes de la sécurité et de l’immigration – les jingles favoris du RN – sont actuellement et de façon constante dans les préoccupations prioritaires de la majorité des Français, conscients que rien de sérieux n’est fait là-haut à part des effets de manches. Pire : la dissolution, hier, du groupuscule Génération Identitaire (j’en ai traité il y a peu) démontre la volonté de nos Chefs d’empêcher toute mise en évidence de leur politique – muette, mais les faits sont clairs – de laisser-faire envers l’immigration illégale.

Bref : outre le Covid, incontournable et qui nous pourrira encore la vie un certain temps, on connaît les thèmes qui gouverneront les choix en 2022, et pourquoi ces thèmes ! On peut le regretter, il en est de plus sexy, de plus porteurs d’avenir, mais quand ceux qui tiennent les manivelles se contentent de coups de menton adressés équitablement ici et là, on finit par se dire que…)

Mais autre chose : je lisais hier dans La Montagne, canard anecdotique et vivifiant, cet entrefilet sur une bisbille à la Communauté Clermontoise : en gros, le nouveau maire PS de Clermont, monsieur Bianchi, veut que la banlieue de Chamalières s’aligne sur ses choix : la future ligne 2 du tram local – sur pneus, évidemment – serait établie en site propre, avec grand recalibrage des avenues, comme un peu partout en France, d’ailleurs, avec des résultats, disons, « divers », du bien et du détestable – évinçant ainsi les bagnoles (on retrouve dans l’argumentaire l’inénarrable adjectif tarte-à-la-crème de ce genre de démarche : apaisé ! Ville apaisée… circulation douce, apaisée… ça évoque une crème de soins ! Mais Chamalières résiste : c’est non ! à Chamalières, on reste sur le partage de la plate-forme entre le tram et les autres modes de transport. « Ne soyez donc pas ringards », clame monsieur Bianchi. En somme, vouloir pouvoir encore utiliser sa voiture quand c’est nécessaire, et c’est souvent le cas, c’est ringard ! par ailleurs, on nous incite à grand renfort de primes, de pubs, de pressions, de culpabilisation, à acheter des voitures, oui, mais des propres, des électriques. Je résume : ayez des voitures électriques ! et puis laissez-les au garage.

Frêles ficelles au long des vicinaux

( On voit ça, les samedis de manifs récurrentes… ça hurle à la dictature, chez les Insoumis de LFI, NPA et assimilés, du fait que nos Chefs-en-Chef proposent de modifier la Loi pour protéger les flics, flouter leurs visages sur les photos et vidéos de presse… « Liberté d’informer ! », clament les clameurs hebdomadaires du samedi. Mais il y a deux jours, un journaleux du canard RémoisL’Union‘ a voulu aller voir dans un « quartier » ce qui s’y passait : c’est plus que du flouté, c’est son appareil fracassé !  et sa trombine aussi ; il est à l’hôpital. On attend les réactions indignées de LFI, NPA et consorts, réclamant le droit imprescriptible d’informer en toute liberté et sans flouté. )

Mais le sujet du jour, c’est, tenez, La Montagne qui vous le sert : dans une banlieue de Thiers, dans le 6-3, ça déploie la fibre optique ! Waouw… l’Auvergne se modernise, eh oui, adieu cabrette, pounti et sabots, vive l’internet à donf.  Sauf que, voyant des poteaux et des câbles fleurir le long des chemins, avenues et rues, des riverains ont protesté : qu’est-ce que c’est moche ! Oui, c’est moche. Que n’enterre-t-on ces superbes fibres ? c’est trop cher, paraît-il, et trop long : ce sera de l’aérien, ou rien du tout !

Juste une remarque : si c’est pour que les installations aériennes de fibres soient aussi bien bichonnées et entretenues  😉  au long des routes que les actuelles lignes téléphoniques, ce n’est même pas la peine de commencer ! Poteaux écroulés, cassés, arbres quasi couchés sur les câbles, lignes dans le fossé, rafistolages et épissures un peu partout… J’ignore QUI sera chargé d’entretenir ces réseaux de fibre optique – et avec quel budget ? – mais ce que nous voyons de la minable situation actuelle fait craindre bien des déboires : notre ex-glorieux « Opérateur historique » a largement abandonné l’entretien des lignes aériennes dans les espaces ruraux, et même ailleurs. Qu’est-ce qui nous dit qu’avec la fibre plutôt que le cuivre on va renoncer à cette politique du « bof, ça tiendra ce que ça tiendra », alias du « chien crevé au fil de l’eau ? » Rien.

Tibert

De quoi pourrait-on causer ?

Eh oui, encore des nouvelles du front. C’est malheureux à dire, mais question évènements c’est la monoculture, c’est Covid à tous les étages. Mais, promis, le prochain billet je cause d’autre chose.

Donc, disais-je, une copine de ma femme a été vaccinée hier (*) – première dose, mais la suite suivra, lui a-t-on promis – et elle a juste pris ensuite un Para-7-à-molle par précaution, inutilement d’ailleurs disait-elle ; à part ça elle n’a pas encore de pieds fourchus ni d’écailles sur le ventre qui lui auraient poussé. Comme quoi cette histoire d’ADN modifié c’est du n’importe quoi… On en est bien aises pour elle, tout s’est bien passé, rendez-vous pris et non reporté, excellente piqûre.. que du bonheur. Il est vrai qu’elle réside dans une région qui n’est pas la plus trou-du-cul de la France : les TGV y passent, les TGV y arrivent, c’est dire. D’où ? de Paris, enfin, voyons.

Et puis, paradoxe vaccinal, il appert que le vaccin AstraZeneca étant facile à administrer, disponible (à ce qu’on nous dit…) et valable pour les moins de 65 ans, on va désormais et rapidement les piquer un peu partout, ces jeunots, dans les pharmacies, chez le véto, au bureau de tabac, dans les discothèques…  tandis que les « prioritaires », têtes chenues, déambulateurs et voix chevrotantes, devront, eux, continuer de poireauter pour leur Pfizer ou leur Moderna introuvable, sans savoir ni quoi ni qu’est-ce, mis devant l’arbitraire de rendez-vous reportés manu militari par un froid automate non joignable, ou carrément incapables de prendre un rendez-vous. On n’a pas encore fini les pensionnaires des Ehpad, c’est dire…

Tibert

(*) Ce n’est ni la variole, ni le BCG, ni le tétanos.

Ni cœurs niqués

Une belle histoire, et ça fait du bien ces temps-ci. Accessoirement ça donne une leçon de Morale des Affaires, qui ne sont pas tendres, on sait ça. Rappel : la Bourse, c’est une structure où les entreprises « capitalistes » – entre guillemets et sans que ce soit péjoratif – se financent via les participations des actionnaires… c’est aussi une mare aux crocodiles, avec la pratique immorale et contre-nature du shortage, la vente à découvert (*).

Et donc, voyez ce réjouissant entrefilet, de gros requins financiers viennent de se prendre une belle gamelle dans une manoeuvre de shortage sur la société  GameStop. Les « petits actionnaires » – qui d’ordinaire pâtissent, impuissants et navrés, de ces magouilles – se sont rebellés et, grâce à une mobilisation sur le Houèbe, ont acheté, acheté… du GameStop, laquelle action a pris du coup un cours stratosphérique, tout le contraire de ce qu’escomptaient les vautours… lesquels ont dû eux aussi acheter en masse – bien plus cher qu’ils ne les avaient vendues ! – les actions de leur proie désignée. Comme quoi le Houèbe, qui charrie de la daube et des cochonneries par gigatonnes, peut aussi proposer des histoires morales, édifiantes – et propres à dilater la rate !

Tibert

(*) Rappel pour les ignares : la bonne logique, pour un actionnaire normal, c’est d’acheter des actions, par exemple « R-Lickid » – ils vendent des bouteilles d’oxygène, c’est très demandé – confiant dans la bonne étoile de la boutique et son expansion. En effet, mieux on se porte, plus on bichonne ses actionnaires : dividendes, valeur des actions. A l’inverse, le shortage consiste à parier qu’une boîte va se casser la margoulette ; on utilise ainsi la faculté – perverse mais licite, c’est comme ça – de vendre des actions qu’on ne possède pas mais qu’on achètera, forcément, à bref délai (**) : la règle veut qu’on régularise la transaction {vente + achat} en fin de mois. Exemple : le Fonds d’investissement « LeRapass » a repéré une boîte un peu fragile, « Titannick », et le cours de l’action est à 100 $ : il vend « à découvert » (sans les détenir réellement) cent-mille de ces actions, et engrange donc, brut, dix millions de dollars… heureux hasard ou bon calcul du rapace, le cours de l’action se casse la gueule, et en fin de mois tombe à 70 $ : LeRapass achète, comme le règlement l’y oblige, les cent-mille actions qu’il avait déjà vendues : trois millions de bénéfice brut, en misant sur les misères de Titannick, qui coule, on s’en doutait.)

(**) C’est une mise en pratique de l’adage des affaires : « A quoi bon tuer un ours si l’on n’a pas vendu sa peau ? »

Sombre appropriation d’une soupe

Vous avez peut-être en tête l’un de mes récents billets sur la propriété des mots ? c’était à propos de l’adjectif « lynché »… c’est un adjectif qui APPARTIENT à certaine communauté, tenez-vous le pour dit. Eh bien, rebelote : aux USA, un magazine culinaire a dû se confondre en excuses car il avait employé-détourné (dénaturé ?) LA recette de cuisine haïtienne, le truc national sacré et intouchable, qui rappelle les heures qui, que… bref, la soupe joumou. N’employez jamais ce terme, sauf en y mettant le ton révérend, les guillemets et en faisant la génuflexion, comme un footballeur quand il y a des caméras pour immortaliser le truc. Halte au soupe-joumou-bashing ! à la soupe-joumouphobie !

Le joumou, c’est le terme haïtien pour « giraumon » : c’est clair, comme ça ? non, toujours pas ? allez, c’est une variété de courge. Le magazine états-unien a donc, vu que le giraumon ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval, prescrit d’utiliser de la courge… eh bien c’est épouvantable, c’est une offense à la nation haïtienne. Rien que ça…

Moi je vois arriver le jour où le couscous et la pizza, l’irish stew, le fish & chips, la paëlla, le… seront proclamés plats sacrés – héritages, emblèmes, symboles de ceci, de cela – et qu’on devra rayer des cartes des restaus, des bouquins de cuisine et des émissions télé ces références hautement sensibles. Avec les « gardiens du temple » qui vont avec. On se prépare de chouettes lendemains !

Tibert

Très froide piquouze

( Les deux firmes pharmaceutiques qui viennent d’annoncer (youpee, yahoo, et toutes ces sortes de choses)  avoir goupillé un vaccin anti-Covid prometteur… ont, à mon humble avis,  attendu que les carottes soient bien-bien cuites pour Donald-Casque d’Or. Imaginez, s’ils avaient fait cette annonce il y a 9-10 jours, la veille du fatal mardi ? le scoop ? la divine surprise ? la vague trumpienne ? Mais non, ces sadiques l’ont privé d’une victoire attendue, annoncée, imparable. Ma foi, si certains s’en fâcheront, ce n’est pas mon cas : joli coup de balai !  Chapeau, donc, au Service Communication de chez Pfizer, il remonte dans mon estime, où d’ailleurs il n’avait jamais été référencé : voilà qui est réparé.)

Au fait, ce vaccin : à supposer qu’il passe les tests et déboule sur le marché, avant qu’on en ait fabriqué 9 à 10 milliards de doses (deux piqûres par tête de pipe) il aura fallu poireauter quelque peu. Qui plus est, à devoir le conserver avant usage à -80 °C, ça ne simplifie pas vraiment les choses ! l’infirmière du village ne pourra pas, même en poussant son congèle à donf‘, se charger de vous l’administrer : centres spécialisés obligatoires !  vous imaginez les queues ? deux fois ? avec le masque, évidemment, et le mètre-étalon de distanciation sociale (*) obligatoire. Et sachant que, pour un petit vaccin anti-grippe de rien du tout, à garder au frigo, administrable à la maison, on n’est pas foutus… a)  d’approvisionner potablement les pharmacies ; b) de faire respecter des règles de priorité pourtant fort simples, virgule, je vous laisse imaginer le bordel.

Je conclus : superbe vaccin, vachement novateur, et, qui plus est, annoncé dans un tempo (**) également admirable. Mais au vu de la mise en oeuvre dantesque prévisible, je suggère néanmoins aux autres labos qui bossent sur le sujet de ne pas baisser les bras : il y en aura pour tout le monde !

Tibert

(*) Cette expression me réjouit toujours, je ne m’en lasse pas. Plus ampoulé et cuistre que ça (con, en bref), tu meurs. Il faudra un jour nous révéler quel génial haut-fonctionnaire a pondu ça, qu’on lui érige une statue.

(**) timing, en anglais, mais je préfère l’italien, ça chante plus. Et puis la solidarité linguistique latine. Et puis les anglicismes en « …ing », hein, ral le bol.

Vraiment pas cher !

( Deux voitures foncent, pas loin de l’Elysée, sur un militaire en faction… 7 personnes à bord, soi-disant des Britanniques, jeunes, est-il besoin de le préciser. Il s’agissait semble-t-il d’une nouvelle rigolade importée des USA, qu’ils appellent le « hit and run », en français « frappe et barre-toi » (courageusement). Les fausses plaques des bagnoles portaient d’ailleurs cette fière inscription. Et ça se passait, hasard fortuit, juste à côté de l’ambassade d’Israël.

On a réussi à retrouver rapidement les énergumènes. Inculpation, évidemment, gnagnagna… vous savez ce que ça coûte ? « refus d’obtempérer », pour le conducteur d’un des véhicules. Avouez, à ce prix-là, c’est pas cher de l’attentat ! )

Mais bon… le Conseil de l’Europe a pointé du doigt les carences de notre Justice – hors des carences comme celle que j’ai relatée plus haut, qui sont navrantes et heurtent le bon sens – : un budget vraiment rikiki, au regard des tâches qui lui incombent. C’est constant, chez nous la Justice tire le diable par la queue, c’est génétique semble-t-il… remarquez, ça fait une excuse pour la minabilité de fonctionnement que tout un chacun peut constater. Que monsieur Dupont-Moretti, pugnace comme on le connaît, se félicite de ce budget « obtenu avec les dents », montre que ça n’est pas près de changer… tant pis pour ce pays.

Tibert