Bénéfices secondaires et circulaires

Il paraît, en ce samedi V ème des Actes des Gilets Jaunes, qu’il y a plus de flics à Paris que de manifestants. Bonne nouvelle ! ils ne savaient pas, les manifestants,  comment arrêter sans perdre la face ; ils vont avoir une bonne excuse. C’est tout le problème de ce mouvement, qui se monte le bourrichon tout seul, auto-alimente sa mobilisation, hors de toute lucidité. A force, et de barrage filtrant en blocage usant, ceux qui les chérissaient se prennent et se prendront à les détester : basta cosi, c’est assez évident. Ceci dit, outre des picaillons en plus, des portes ont été bousculées, un courant d’air frais a commencé de circuler : à suivre, si nos hommes politiques savent tirer les leçons de l’histoire. Se résoudront-ils à descendre de leur cheval ? le mieux serait de n’y pas monter, mais ce sera un dur apprentissage.

Les journaux ont pris le virage, eux : au lieu de « les gilets jaunes veulent ceci cela… » c’est désormais « des gilets jaunes veulent… » : nuance ! mais lisant les canards, je suis frappé par l’identification géographique des GJ à leurs ronds-points, tels des berniques à leur rocher : il y a ceux de la sortie Sud de Mormoil-les-Gonesse, ceux de la rocade Ouest de Paimpont-sur-Yvette, etc. Ils sont quasi mariés… « mon rond-point, mon amour« .

La France détenant le record mondial – un record très très con – du nombre de ronds-points, il est intéressant de se poser la question : s’il y avait eu moins de ronds-points, y aurait-il eu moins de GJ ? Quoi  qu’il en soit, une conclusion s’impose :  on va certainement et urgemment arrêter de construire de nouveaux ronds-points. Dès qu’il s’en créera un, il sera aussi sec occupé par des GJ ! Qui sait, instruits par ce violent soubresaut, ce cahot-chaos (KO ?) politique, va-t-on enfin déconstruire des ronds-points, revenir aux bons vieux croisements d’antan ? la décroissance des ronds-points : ça serait une sacrée bonne idée, non ?

Tibert

Trio infernal

( Hier, un mien ami a été chercher des parents lointains à l’aéroport de Marignane ; 150 km en voiture, à l’aller ce fut peinard, rien à signaler… deux petites heures. Ils ont mis 4 h 15 au retour, « grâce » à trois superbes barrages de GJ en fin d’après-midi. Après un voyage crevant (*) de 18 heures environ, vous imaginez comme ces braves gens ont apprécié ce mouvement « citoyen » et « populaire » ).

Mais bon… le deuxième volet de la trilogie actuelle, c’est le terrorisme. Strasbourg… individu « très défavorablement connu des services de police« . Muni à vingt-neuf ans de vingt-sept condamnations , c’est une litote ! Mais rassurons-nous, sa fiche va passer à « très-très défavorablement gnagnagna…« , ce qui change tout.

Et le troisième mousquetaire de nos emmerdes actuelles, c’est un code : L214. Les « vegan« , en d’autres termes importés des USA. Des gens qui ne touchent pas à un poil d’un animal et n’en bouffent surtout pas – c’est leur droit le plus strict, qu’ils mangent de la brioche à la graisse de laitue, ils ont ma bénédiction – mais qui prétendent nous imposer leurs lubies et leurs chimères. Et ça, non. Non et non. D’ailleurs, voyez, ils sont très défavorablement connus des agriculteurs charentais.

Tibert

(*) Ils n’avaient pas pris la classe Affaires, bien que monsieur Mélenchon considère qu’il n’y a que ça de correct pour voyager. Tssss…. enfin quoi, prenez la classe Affaires, c’est nettement mieux !

Les excréments au ventilateur, avec obstination

( Je ne sais plus quelle auteure (sic) connue et estimée emploie « derechef » pour signifier « tout de suite » : elle se goure jusqu’au coude. Derechef, chef, ça veut dire rebelote, à nouveau, encore une fois, etc.)

Mais bon… juste un bref mot, un mot court pour constater combien les médias sont obstinément à jeter la merde au ventilateur, souffler sur les braises de pneus et de palettes, agiter les éléments les plus entêtés et remontés, etc. Il n’est plus possible de regarder sereinement FR3, la 2, de lire le Parigot sur le web : du Jill & John ad nauseam ; il n’y a plus que ça. La Terre peut s’arrêter de tourner, ils s’en tapent : les GJ, les GJ ! comme au Jeu des Mille-Balles on crie « banco ! banco ! » On nous rebat les oreilles et les yeux des GJ, et l’on interviouve systématiquement les plus violents – hier soir après la causerie de Macronibus au coin de son bureau, c’était flagrant sur TF1.

Il n’y a plus qu’Arte pour nous causer aussi d’autres choses, les états d’âme de madame Merkel, le pacte de Marrakech, l’Arménie, le feuilleton du Brexit… ça fait du bien.

Qu’est-ce qu’ils veulent, les journaleux ? entretenir et amplifier la m… ? ils font ça très bien, ma foi. Avec ou sans ventilateur.

Tibert

Samedi ça passe et ça casse

J’ignore ce que Santa-Claus-Macron va apporter comme cadeaux aux petits n’émeutiers hebdomadaires, mais gageons que, comme désormais selon la neuve tradition, ce sera « c’est trop tard« , « c’est pas assez« , « président des riches« , « démission » etc, et remettez-nous ça garçon, acte V, VI etc. On a inventé les pillages-marchés de Noël gratos, moyennant la mise à sac maintenant bien rodée des beaux quartiers parisiens ou d’ailleurs.

La leçon de l’histoire, c’est d’abord que la racaille se sent forte et en profite, aux dépens des revendicateurs raisonnables. La racaille a le verbe haut et de l’arrogance, l’arrogance a changé de camp. Et puis c’est que, nonobstant des structures gouverneuses épaisses, fournies, chères, luxueuses, et des parlementaires à cocarde sur le pare-brise (ils sont supposés être des relais) deux fois trop nombreux, nos Chefs n’ont absolument pas saisi le climat, ont joué tout faux, drapés-entêtés dans leurs certitudes, muets façon « cause toujours tu te fatigueras vite« . Eh non… la tour d’ivoire ne fonctionne plus, il faut courageusement en sortir. Et constater que, somme toute, les Français ne sont financièrement pas compressibles ad libitum – superbe illustration de l’adage sur la goutte d’eau qui met le feu aux poudres.

Joyeux Noël tout de même, parce que ça reste à venir, et si l’on pouvait éviter de saccager ça aussi… il y a des gosses qui croient encore au Père Noël.

Tibert

Aux cow-boys et aux indiens

La classe politicienne professionnelle de gauche-gauche (et les rouges à faux-nez vert tendance Duflot) hurle : on humilie des gamins ! effectivement, suite à des échauffourées du côté des banlieues, la police – soixante-dix types – a coincé cent-cinquante lycéens à la suite de manoeuvres subtiles. On les neutralise en attendant la suite des opérations : position de sécurité, à genoux mains sur la tête. Ce qui me rappelle quelque chose, il y  a cinquante ans au mois de mai : on a vécu ça, la même position de sécurité, en attendant le panier à salade. Comme quoi les techniques policières sont pérennes.

Le contexte était tout sauf bisounours, ce n’était pas la kermesse du pensionnat des Oiseaux : jets de projectiles divers, tentatives d’incendies… bonbonnes de gaz… manoeuvres en vue d’attirer les flics dans une téci piégeuse, etc. Supposez que vous tentiez d’incendier des bagnoles, ou même que vous y parveniez : c’est un délit. De faire péter des bouteilles de gaz : idem. Le « jeu » comporte des risques, ça tombe sous le coup de la loi. Mais du fait que 1) les délinquants sont nombreux, 2) qu’ils sont jeunes – des ados pour la plupart – le schéma non écrit serait le suivant : si les flics perdent et prennent une dérouillée (on a vu des flics incendiés dans leur voiture, c’est de la dérouillée létale), « on a gagné », haut fait d’armes qui sera largement popularisé et relayé sur les réseaux sociaux. Dans l’hypothèse inverse, c’est inadmissible ! et puis ça vaut pas, c’était juste des gamins, des braves gosses, cruauté intolérable de la police, les heures les plus sombres et le point Godwin, où va-t-on ma pauvre dame ? En somme, c’était pour rigoler, les incendies et les pavés sur la tronche. Du second degré.

Nos flics n’ont donc aucun humour ?! et encore, il se dit couramment que dans d’autres pays, les USA notamment, ils en ont encore moins, voire pas du tout. Tout se perd, si nos braves pandores se mettent à fonctionner comme des cops.

… et le sourire de la crémière, en prime

On beugle, on pousse ici et là, on converge des luttes, des fois que la mayo prenne. A Montpellier, dans le 3-4, je cite le Parigot, 200 élèves du lycée Mermoz (…) ont bloqué l’entrée de l’établissement. «Un jour ou l’autre, nous aussi nous paierons des taxes, c’est inacceptable», déclare l’un d’entre eux.

Bien vu ! les adultes paient des taxes, en effet. C’est inacceptable, dixit ce lycéen éclairé, lucide et combatif, car enfin, quoi… keskon a besoin de payer des taxes ? la sécu, les allocs, les services publics, la police, les routes, les indemnités chômage, les retraites… tout ça c’est gratos ! c’est l’Etat  qui paye. Et puis yfaukon augmente les retraites, les salaires, le pouvoir d’achat, merde quoi. Et puis, ah si, il faut plus d’impôt, yfaut rétablir l’ISF pour ces salauds de riches – cet impôt stupide mais hautement symbolique, exclusivement français, quoi. Le nouvel IFI ça vaut pas, c’est que sur l’immobilier, donc c’est nul. Pourquoi ? ben… Maqueron c’est le président des riches ; LFI le dit, d’ailleurs, alors, hein… les riches ont qu’à payer.

Voilà où nous en sommes. Le degré zéro du raisonnement : on veut des services, et plus que ça, mais on veut pas payer pour – le beurre et l’argent du beurre – ou alors que ce soit les autres qui payent, yzonka payer.

On est mal barrés. On est mûrs pour une dérive que je sais pas où ça va nous mener. Ceci dit, les Chefs là-haut ont super mal joué le coup, trop sûrs d’eux, pas attentifs, condescendants, et puis trop pressés… pas clairs dans leurs têtes sur les priorités… j’ai eu l’occasion de le claironner, mais ils ne m’ont pas écouté. Alors, on sait pas où on va, mais on y va.

Tibert

Oui, effectivement, tout à fait…

(Les peines pleuvent 😉 sur les malheureux passants innocents qui se sont injustement fait appréhender et rudoyer par des policiers brutaux, alors qu’ils admiraient, en minéralogistes avertis, et gilet fluo sur le dos pour être vus des bagnoles absentes, la rectitude des arêtes et la finesse de grain de petits cubes de pierre d’environ 10 cm de côté trouvés sur le sol alors qu’ils flânaient Place de l’Etoile. C’est une erreur, monsieur le juge. Profil bas, humilité, les slogans dans les chaussettes. Tout ça est arrivé à l’insu de leur plein gré, selon la formule consacrée.)

Mais passons à autre chose : je me dilate chaque fois la rate à ces guignolades des journaux télé, qui nous donnent à voir et entendre les reportages in situ des envoyés spéciaux.  Le paradigme, c’est Gilles Dugenou en direct de l’Elysée (ou du palais Trucmuche, etc) : cadré plan américain avec le décor bien visible derrière, micro tourné pour qu’on ne confonde surtout pas RFM et BTL, le sieur Dugenou (on l’appelle « Gilles« , c’est plus direct – c’est du direct, d’ailleurs) est interrogé : « Alors Gilles, la réunion des Goûters Vespéraux de la Chancellerie est sur le point de se terminer, vous en augurez des décisions décisives à son issue… » – « Oui… tout à fait Patrick, je me trouve ici gnagnagna…« . Le truc, c’est que la « question » posée par le type qui parade sur le plateau du JT n’est jamais une question : c’est une question-réponse. Celle ou celui qui, micro en main devant la webcam et le projo, se les pèle et abrite son micro sous un riflard sur fond de Faubourg Saint-Honoré, ne peut qu’opiner avant d’enchaîner ; on lui a dicté son « oui ». D’ailleurs dans 95 % des cas le premier mot est « oui« . Variantes : tout à fait, absolument, effectivement, etc. En résumé, eh ouais c’est bien ça, pfffft, à quoi ça sert que je fasse le guignol ici alors que la conférence de rédaction a déjà décidé des réponses ?

Chez moi on fait des paris, devant le poste : sera-ce « oui« , « effectivement« , « absolument » ou « tout à fait » ? c’est comme lorsque – séquence nostalgie – dans mes années en culottes courtes, voyageant en bagnole dans la 11-Légère du paternel, on pariait, pour passer le temps et l’envie de gerber, sur la  marque de la prochaine voiture qu’on croiserait ( elles étaient nettement moins nombreuses que de nos jours). Quand c’était une Facel-Vega ou une Hotchkiss cabriolet (« … Ah non mais pas du tout Patrick, ce n’est pas comme ça que ça se passe…« ) on en avait pour des heures à s’esbaudir. Mais c’était vachement rare.

Tibert

Quand Arrogance rencontre Condescendance

Bon, vous avez lu les journaux ? Le Monde fait dans l’euphémisme (« des affrontements »…), Le Parigot parle de « chaos », etc, on ne va pas énoncer toutes les variantes de ce que De Gaulle appelait la chienlit. La fonction régalienne de l’Etat qui consiste à maintenir l’ordre, la paix civile et la sécurité des biens en a pris un coup sur la cafetière hier, à l’occasion du troisième opus de Gilles et John – enfin, de tous ceux qui, affublés de la chasuble bouton d’or en guise d’étendard ou de faux nez, ont consciencieusement saboté, détruit, brûlé, tagué, etc. Cela s’appelle de la subversion.

Mais, certes, on a coincé un nombre record de fauteurs de troubles supposés. Ouais… on connaît par coeur le scénario à suivre, quand il va s’agir de les châtier : 1) ils passaient par là par hasard, candides et sifflotant un air joyeux, 2) Y a pas de preuves,  3) Ils ont eu une enfance malheureuse. On en punira, allez, une douzaine. Et des petits rappels à la loi, qui ne mangent pas de pain. Bref on prétend éteindre un feu de forêt avec un goupillon trempé dans l’eau bénite.

Le préfet du 4-3 retranché au troisième étage de la Préfecture du Puy, observant les CRS tenter de protéger les lieux (qui ont cramé en partie), c’est l’image de nos institutions (*). Je pense, nous sommes nombreux à penser que c’est fini, ça doit changer, le style paire de motards ouvrant la route à la grosse bagnole noire et rutilante avec son fanion tricolore. On pourra pointer la surdité et la cécité de ceux qui nous gouvernent, et ça ne remonte pas à hier matin. Surdité, cécité, et j’y ajouterai arrogance et condescendance, les deux mamelles de celui qui vous propose 3-4.000 euros pour acheter, et plus vite que ça, des bagnoles aujourd’hui (demain, on ne sait pas) politiquement correctes qui en coûtent huit à dix fois plus, changer de chaudière – une pompe à chaleur, voyons, y a qu’à mettre une pompe à chaleur ! – et puis quoi ? Et, tenez, le coup du 80 km/h, c’est exactement de la même veine, aussi condescendant et déconnecté de notre quotidien. En fait ça devait forcément, cyniquement, provoquer plus de « prunes », rapporter du fric : du fric « pour la transition écologique« , qu’ils disaient ! Tout comme le surcroît de taxes sur les carburants dont on sait qu’il doit surtout servir à compenser le manque à gagner sur la taxe d’habitation, bien qu’invoquant le motif hypocrite et faux-cul des Saintes Energies Renouvelables.

Tibert

(*) Tenez, cet article de La Montagne, le canard des Z’auvergnats ; un député du Cantal s’y épanche sur l’arrogance et la condescendance, etc etc… je lui ai même piqué ses mots : on est d’accord, lui et moi.