Berçeuses en duo

La Cour des Comptes, chose étonnante, dit comme moi ( bande de plagiaires ! ) :  il faut réduire la voilure administrative, monsieur Moi-Président, au lieu de nous infliger de nouvelles taxes  « indolores » tous les deux jours, n’est-ce pas madame la Ministre de la Culture ? eh oui, la voilure, les armées de fonctionnaires, dont une faramineuse quantité, incontrôlable, dans la Fonction Territoriale.

Conformément à la logique politicienne, Normal-Moi ne veut pas suivre les avis de la Cour des Comptes. D’abord, nous touchons là au coeur du coeur, au noyau dur de l’idéal social et socialiste français : la Fonction Publique, l’incarnation du bonheur de travailler pour le bien de tous. La défunte Allemagne de l’Est voulut se faire le laboratoire et la vitrine européenne de cette radieuse chimère : tous fonctionnaires ! on sait ce que ça devint, entre la Trabant qui fumait bleu, le désastre écologique et la Stasi qui espionnait tout le monde.

Non, Normal-Premier ne suivra pas les avis de la Cour des Comptes, et la deuxième raison – la vraie raison, car les credos du socialisme et le naufrage de la RDA, il s’en fout, lui – c’est que ce serait se mettre à dos tous les fonctionnaires, leurs syndicats – les seuls qui aient quelque épaisseur et des moyens – et c’est beaucoup trop dangereux pour lui et ses amis. C’est sa base électorale, la fonction publique ! c’est le poumon et le moteur et la raison de vivre du PS, et vice-versa.

Mais… quand le Premier Violon joue sa partition « non non non », le Deuxième Violon, lui, joue le contrechant « mais si mais si », ça fait une mélodie plus riche, et la musique adoucit les moeurs des Français usés d’être tondus. On a donc entendu le Premier Ayrault affirmer, juste avant François Premier, que, si si, on suivrait les conseils de la Cour des Comptes, car elle a bien raison. Manière de faire passer la pilule du gel du point d’indice.

C’est beau la politique, on dirait de la musique.

Tibert

Toto, mange ta soupe !

J’ai vu un « clip » à la télé – et entendu, car ce clip n’était pas muet, mais allez savoir pourquoi, on « voit » à la télé, comme si les oreilles passaient à la trappe – j’ai vu, donc, un clip façon « Ici C’est Le Gouvernement Qui Vous Cause, r’gardez bien et ouvrez vos esgourdes ». Et ce clip énonce que tout châtiment corporel envers les enfants est à proscrire. Ah bon, me suis-je dit, on nous en remet une couche, le gouvernement nous enjoint déjà de nous astreindre tous les jours…

– A ne pas boire plus de 2 verres de pinard pour les unes, un de plus pour les hommes, les vrais – les homos ? je ne sais pas, les trans-hormonés ? aucune idée, quant aux 44 autres « genres » qu’on nous prépare, alors là on n’a pas encore les chiffres.

– A marcher vite au moins 45 minutes, ou l’équivalent en escaliers – là c’est pareil tous sexes confondus,

– A bouffer au moins 5 fruits ou légumes – dans l’ordre qu’on veut, tout de même,

– A ne pas manger trop sucré, salé, gras, ou toute combinaison des trois – donc éviter les chips à la chantilly,

– A nous péter les vertèbres, et les amortisseurs de la bagnole avec, sur les innombrables grosses bosses « 30 » qui poussent comme des champis après une averse en septembre dans les rues de nos bourgs, bourgades, villes, villages, à tort et à travers, et si possible juste avant et après quelques rond-points pompeux et inutiles, sauf pour les marges financières des entreprise de Travaux Publics qui les fabriquent.

Maintenant on y ajoutera de ne pas donner de baffe, gifle, tape, claque, fessée à un enfant, ou toute combinaison de ces châtiments, serait-il indéniablement punissable. Ben voilà, c’est l’encerclement qui continue, me suis-je dit. Un oukaze de plus ; il manque juste le refrain « pour votre sécurité... ».

Mais quelle ne fut pas ma surprise de constater que c’est une entité totalement privée, la Fondation pour l’Enfance, qui se paye cette campagne de pub’, car c’est de la pub. Bien évidemment, le clip télévisé déclare s’appuyer sur des études en apparence fort sérieuses, on invoque les incontournables références anglo-saxonnes, c’est les meilleurs, et de doctes conclusions médicales, psychologiques, et tout le saint-frusquin, bref la bénédiction des savants – les savants des autres.

Mais c’est un clip totalitaire que j’ai vu, là : aucune voix différente n’a la possibilité de s’exprimer ; aucune étude contradictoire n’est citée ; et la gifle qui illustre la séquence vidéo, reproduite au ralenti,  est évidemment destinée à dramatiser le propos. Pas un tabassage, mais pas loin.

Tout ça pour dire que, non seulement Beaunux-Cadeau et les pâtes Lastoucru essayent de nous fourguer leurs  soupes respectives via la télé, mais également des officines « sociales » avec plein de guillemets, aux noms ronflants et qui n’ont d’autre légitimité qu’elles-mêmes – mais elles se présentent comme causant ex-cathedra, La Voix De La France. C’est juste la voix de gens qui estiment – c’est leur droit, absolument – que toute forme de réaction agressive physique envers un enfant est à proscrire. Mais leur façon de se présenter comme des officiels, de culpabiliser, de caricaturer, de faire passer toute baffe spontanée pour un cassage de gueule, toute torgnole pour un direct du droit… tout ça est malhonnête.

Et la violence verbale ? hein ? vous y avez pensé ? quand vous pétez les plombs parce que votre marmot vous tanne le cuir sans relâche depuis 30 minutes et que vous haussez la voix… vous y avez pensé ? mauvais parent…  au lieu de hurler, faut lui expliquer, à votre gosse… argumenter… garder votre calme…

Tibert

Le référentiel, vous dis-je !

Le déroulement du procès de Matthieu devant les Assises de la Haute-Loire nous permet d’enrichir notre nuancier d’expressions défaussières. Nous avons eu droit à l’illustre « responsable mais pas coupable » à propos du sang qu’on t’a miné, et nous découvrons la faiblesse. La Protection Judiciaire de la Jeunesse, la PJJ, la pauvre, a eu une faiblesse – une baisse de tension, une carence en magnésium, peut-être ? Mais pas de faute, ah non, y a pas faute, le référentiel a été respecté : l’éducatrice chargée de suivre Matthieu « a accompli, selon le référentiel méthodologique, son travail sans faute professionnelle« .

On est donc bien protégés, rassurons-nous, et, jeunes filles, vous pouvez sans crainte sortir le soir avec un copain, le référentiel veille – de très très loin. Pourquoi a-t-on remis Matthieu en liberté après son premier viol ? ça c’est une autre faiblesse, probablement, mais au Puy-en-Velay on ne fait pas le procès de la mansuétude coupable, du laxisme de la Justice qui relâche dans le circuit un prédateur ; non, car tout était cadré, la PJJ était là, armée de son référentiel, pour faire de ce psychopathe un gentil garçon. A l’aide d’une pédo-psychiatre lituanienne, d’un infirmier psychiatrique, puis d’une « psychothérapeute » (*) qui n’en a pas le titre – pourtant pas bien contraignant, voyez le wiki qui en traite – mais « respecte le référentiel » .

Il est intéressant de questionner, à ce propos, le sens des termes Protection Judiciaire de la Jeunesse : qui protège-t-on à la PJJ ? ici, très clairement, il s’agit de protéger Matthieu ! Pas rééduquer, non, protéger. Le protéger de ses pulsions sexuelles sadiques, de sa psychopathie, la vilaine.

Quant à protéger Agnès, qui, elle, n’était pas psychopathe, c’est loupé ; c’est trop tard.

Tibert

Allumez tout !

Un fait qui m’était inconnu, et que je découvre, et que, donc, lecteurs et lectrices estimables et estimables, je vais vous faire partager, car vous le valez bien : dimanche dernier, les grossistes en électricité ont payé pour vendre leur production ! en clair, le Mégawatt-heure se négociait à – 41 euros. Ah bon ? Ouais, MOINS 41 euros.

Et, comment se fait-ce ? est-il possible ? eh oui c’est possible, car les énergies « propres » (propres mon oeil !) l’éolien, la dynamo branchée sur la cage rotative du hamster, le photovoltaïque… sont obligatoirement achetées en priorité. Et comme dimanche, il faisait chaud, soleil et venté, que les entreprises ne tournaient pas, etc… il y a eu surproduction d’électricité, et comme on ne sait pas la stocker… ne sachant pas qu’en faire, on a eu des prix dissuasifs – pour le vendeur – c’est-à-dire négatifs !

C’est idiot, n’est-ce pas ? d’abord, parce qu’en fait, on sait très bien stocker l’énergie – électrolyser l’eau pour produire de l’hydrogène, par exemple. Ensuite parce que c’est tout bête, si on fait appel à notre légendaire civisme : si vous et moi nous allumons nos fours et nos lustres, faisons chauffer nos fers à repasser, monter et descendre inutilement nos ascenseurs, circuler nos trains électriques pour rire etc…  ça va en consommer, du jus ! et du coup, plus de prix négatifs du Kilowatt-heure.

Reste que ça nécessite qu’EDF fasse un petit effort : dans ces situations spéciales, inverser le compteur électrique, et nous rétribuer au lieu de nous facturer notre consommation. Logique, non ? on lui  fait faire des économies. Le fin du fin, le beurre bien beurré et l’argent du beurre, c’est si vous avez des panneaux photovoltaïques sur votre toit : 1° il fait beau, et vous vendez vos kilowatt-heure solaires à EDF plein pot, tarif fixe et subventionné, 2° vous consommez du courant en pure perte pour aider EDF à écouler ce courant, 3° EDF vous paye pour ça !

C’est beau, l’écologie, non ?

Tibert

Déménagement sans tambour mais avec trompette

Allez hop, c’est tout neuf ça vient d’arriver mais il y a encore des vabures – vous les découvrirez vous aussi, mais le principal est là : pouvoir lire le billet tout frais pondu du jour.

Eh oui, après des années de bonne et loyale collaboration technique, je quitte le cocon douillet du site qui hébergeait gracieusement mes élucubrations blogales : ayant découvert que le site http://www.tibertlechat.com n’était pas occupé, opportuniste comme je suis, ni une ni deux, j’y ai emménagé. Avec quelques bogues, ça je sais.

Remarquez, tibertlechat.com, certes, ça sonne bien, mais lechattibert.com était libre aussi, tout comme tibertlematou.fr, ou legreffiertibert.org, ou .fr, ou .net, ou… vous n’imaginez pas le nombre de noms de domaines internet qui sont disponibles, et pas chers. Le problème, en fait, c’est pas d’avoir un site, c’est d’y mettre quèque chose.

Bon ben c’est tout quoi…  chers lecteurs et commentateurs-trices, blogophages blogophiles ou pas, n’oubliez pas de modifier le signet idoine dans votre barre de marque-pages, http://www.tibertlechat.com, là-haut sur votre en-tête de butineur internet, oui là, entre www.grossesblagues.org et www.videosmarrantes.fr.

Tibert

(dans tous les bons sites Web dont l’adresse est du genre http://www.tibertlechat.com)

Y a des phobies qui se perdent

Un portable c’était d’abord (prem’s !) un ordinateur de petite taille, léger et tout plat une fois fermé ; mais comme ça fatigue nos concitoyens d’utiliser des tas de mots – pourtant nos amis francophones, moins flemmards, le font, eux : le natel en Suisse, le cellulaire chez les Québecois, le GSM chez les Belges, une fois – eh ben chez nous quand le mobile a pris son essor et envahi nos poches, on a trouvé ça trop compliqué, alors le portable ?? vous avez le choix, l’ordinateur ou le téléphone cellulaire et mobile. On va gaiement vers les 800 mots maxi.

Mais ça vous savez déjà, je me redis… non, je voulais traiter ici de ce fait divers qui secoue Argenteuil, dans le 95 : une femme voilée (intégralement ? je ne sais)  a porté plainte pour agression à caractère manifestement islamophobe. En contrepoint de cette affaire, une émeute spontanée s’est formée il ya deux-trois jours parce que des policiers avaient contrôlé une femme voilée – celle-là, intégralement, ce qui est interdit dans l’espace public etc etc. Et la mairie d’Argenteuil a été assiégée par 500 personnes protestant contre, selon elles, l’ islamophobie ambiante.

Il se trouve que la femme voilée agressée téléphonait sous son voile au moment de son agression, et a pensé dans un premier temps qu’on en voulait à son cellulaire, ce qui est d’un banal, alors là, plus personne n’y fait attention. Mais non, c’était en tant que musulmane qu’on lui cherchait des noises, paraît-il.

Et là je m’insurge ! je m’insurge. On lorgne sur des bricoles et on fait fi des énormités. On monte en épingle deux-trois faits divers épars et sociétaux, on fait mousser l’ islamophobie, mais pendant ce temps-là on agresse, on pique à tour de bras les natels des Suisses, les GSM des Belges, les cellphones des Amerloques, etc etc, sans oublier les « portables » des Français. C’est un fait massif, çà, et pourtant personne ne s’émeut, pas de manif’s, pas de LDPTC (*), pas de pétitions, rien dans les journaux ; un mobile arraché ça ne vaut même pas un chihuahua écrasé. Que font le MRAP, la LICRA, la LDH, le… bref, que foutent toutes ces associations destinées, justement, à faire mousser quand ça ne mousse pas ? qu’attend-on pour protester contre l’aversion dont sont victimes les porteurs de téléphones cellulaires ? halte à la mobilophobie !

Tibert

(*) La Ligue de Défense des Propriétaires de Téléphones Cellulaires.

Je vous en demande, des statistiques, moi ?

Je n’ai pas trop le temps, là. Vite fait, alors ? allez, vite fait, c’est une information marrante, et qui vaut la peine de gratter fissa fissa un petit billet – sinon ça va faire une carence de billet.

Vous savez que la ministresse de la fonction publique, madame Lebranchu, a supprimé le seul « jour de carence » qu’on avait méchamment infligé aux fonctionnaires en cas de maladie – histoire de faire semblant de les rapprocher, les fonctionnaires, des travailleurs ordinaires : « injuste, inutile et inefficace« , disait la ministresse à propos de ce jour de carence. Disposition passée à la trappe, donc, allez on oublie le jour de carence.

Mais voyez : le jour de carence a fait chuter de 43 % et des pouïèmes le nombre de journées uniques d’arrêt-maladie dans la fonction publique territoriale. Soit, sur 10 arrêts-maladie d’une journée, 4 en moins. Pas mal, non ? alors, ce jour de carence, inutile, inefficace ?

Mais ce qui est rigolo, ou tragique, c’est selon le point de vue, c’est que le nombre d’arrêts-maladie de longue durée a, lui, fortement augmenté ! franchement, tant qu’à être malade et perdre un jour de salaire, autant que ça vaille le coup, non ?

Tibert

Ravel, le petit trot et les CRS

C’est en résumé un mauvais jeu de mots, un jeu de mots laid : « six bourres »…

Ciboure, bien sûr, bon sang ! je me souviens, nous fûmes ma petite famille et moi, il y a 2 ou 3 ans, en novembre à Saint-Jean-de-Luz. Et, le croirez-vous, nous eûmes un été indien et basque, basque mais indien, un temps délicieux, ensoleillé, doux, et sec !

Bref nous en jouîmes – le passé simple de « jouir », je vous raconte pas, il vaut mieux jouir au présent de l’indicatif ! – nous en profitâmes un maximum, et, à cette époque adepte du la course à pied (le jogging, le footing, bref en français et à mon allure, le trot, ben quoi, il n’y a pas que les chevaux qui font du trot), donc, trotteur,  je me régalais à faire l’aller et retour jusqu’au bout de la jetée à Ciboure, sur la bande de terre en face de Saint-Jean. Parcours aéré, sauf à la traversée de la Nivelle (*) sur le pont quasi toujours embouteillé, parcours plat, iodé, coloré, pittoresque, bref le pied.

On passe ainsi, trottant, devant la maison natale de Ravel – salut Maurice ! – qui a rejoint son infante défunte, on suit le muret qui longe la plage et les rochers sur l’océan, en veillant à contrôler son souffle et ses foulées, et immanquablement on passe devant un minibus de CRS.  Bon… pourquoi pas ? il doit y avoir une raison… le lendemain, même scénario, et le surlendemain, etc. Il y avait toujours un véhicule de CRS garé sur le quai, face aux baraques bourgeoises alignées à Ciboure devant la baie. Ils n’étaient pas six, mais 3-4 généralement, si mes souvenirs sont bons.

J’avais zappé ces constatations, supposant que la maison natale de Ravel avait un intérêt insoupçonné, que l’on surveillait une planque, que… bref j’avais oublié Ciboure. Et ce matin, ouvrant mon journal internet, que vois-je ? l’illumination ! la révélation. Je vous le donne en mille : c’est la résidence temporaire de madame Michèle-Alliot-Marie à Ciboure qui est ainsi chouchoutée.

Ce genre d’informations ressort maintenant, un peu partout… tiens, pour vous faire une idée de ce que ça nous coûte, allez voir ça, on vous donnera des détails. Devant le tollé que ça provoque – avec nos impôts, en temps de vaches maigres, tout ce fric, et l’insécurité etc etc… – on apprend, ce matin, que Michel Charrasse, du Conseil Constitutionnel, l’homme au gros cigare, aux doubles lunettes carrrées et aux bretelles, vient de se voir priver de ses gardes du corps à Puy-Guillaume, commune tranquille de l’Est auvergnat. Justifiant ce traitement de faveur, il déclarait ne pas s’être fait « que des amis » lors de sa vie gouvernementale…

Et moi alors, avec mon blog impertinent, voire irrespectueux, où sont-ils mes gardes du corps ?

Tibert

(*) et non, ce n’est pas la Bidassoa, j’ai vérifié.

Quand on vote à Sion

Ajourd’hui on a voté en Suisse, on a encore consulté le peuple sur des sujets de peuple suisse. Des sujets comme le durcissement des lois sur le droit d’asile (on a dit « oui »), sur l’élection du Conseil Fédéral directement par les citoyens (c’est « non« , c’est le parlement qui continuera de s’y coller). On a aussi voté à Carouge, banlieue gènevoise, pour savoir si le budget serait laxiste ou si on se serrerait la ceinture – la question était, sans rire, « Voulez-vous payer plus d’impôts ?« , et, le croirez-vous, on a répondu « non ». La Gauche municipale a pourtant ramé, à Carouge, pour vanter un budget plus ambitieux, plus copieux, et donc, évidemment, plus coûteux… mais non, à Carouge on en a marre de payer toujours plus.

Bon mais vous vous en foutez, de la Suisse et des Carougiens, qu’est-ce qu’il vient nous importuner ce Tibert suissophile, avec ses votations à Sion ? chez nous en France on ne nous demande JAMAIS notre avis, c’est le parlement, le cénacle des godillots, une fois élu pour 5 années peinardes sans opposition possible, qui fait le boulot. Et si par extraordinaire le parlement renâcle, et bien on gouverne par ordonnances : c’est la démocratie française, tous les 5 ans – l’avenir est radieux, demain on rase gratis, si si, votez pour moi, etc.

Reste au peuple, privé de consultations directes, à se faire consulter dans la rue, façon « manif’ pour tous » ou défense de l’école privée ; le problème c’est qu’au dessous de 2 millions de manifestants – selon la police, et donc 5 à 6 millions selon les organisateurs – ça vaut pas, c’est pas assez puissant. Et, de toutes façons, ça ne serait pas possible, nous disent, doctes, les savants constitutionnalistes.

Il se trouve en effet que les députés ont voté, en avril dernier, – ce n’est pas vieux – une disposition instituant le « référendum d’initiative populaire » (ou « initiative partagée », si vous y tenez (*)). Evidemment, le temps que le Sénat y mette son grain de sel, vous pensez, on verra ça à l’automne, au mieux. Mais que dit cette disposition ? il faut, pour déclencher ce truc, « un cinquième des membres du Parlement soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales – soit actuellement 4,5 millions de personnes« . Autant dire que la « Manif’ pour tous » peut se brosser, avec ses 300.000 manifestants – selon la police, ça va de soi. Bref, référendum, pas question, car…

– premio ils sont pas assez nombreux, comme on a vu, et puis c’est aux parlementaires d’actionner le dispositif,

– deuxio la loi promulguant le référendum gnagnagna… n’est pas encore publiée au Canard Officiel, et toc !

– troisio le « mariage pour tous » n’est pas un sujet valable pour un référendum : voyez ce lien passionnant, il vous explique tout, assez clairement. On peut ratifier un traité, revoir l’organisation des pouvoirs publics, ça oui, mais bref non là ce n’est pas possible, pas la peine d’insister.

Et le « Petit juriste » – que je vous ai indiqué son site web, là, juste au dessus ! – conclut son article par ce commentaire désabusé : « D’initiative populaire, le référendum n’a plus donc que le nom… » : on ne saurait mieux dire. Reste à jalouser les Suisses, ces veinards, qui non seulement ont du blé, du Fendant bien frais en pichets de 2 décis, mais aussi les votations, et que l’on consulte, et souvent.

Détail juteux : le Parti de Gauche a voté contre cette nouvelle disposition référendaire, dénonçant un « simulacre de référendum ». Monsieur Mélenchon et ses potes, le Petit Juriste et moi, on est bien d’accord.

Tibert

(*) partagée, mon cul ! comme dirait Zazie. C’est le législateur qui prend l’initiative, pas les électeurs.

Extrêmes guerriers

Monsieur et madame Poutine ont divorcé…

Un tennisman professionnel français va jouer aujourd’hui un match important…

Non mais on s’en fout ! on s’en fout… la France entière ne bruit que de ça : un skinhead a tué un étudiant unanimement connu comme étant d’extrême-gauche, lors d’une bagarre « de rue ». Il l’a tué, ou il l’a frappé très violemment, et, bref, le résultat est le même. Voilà… (*)

Bon, grand branle-bas de combat anti-fasciste (prononcer « fâchiste », de même que fascination se prononce « fâchination », et ascenseur, « achenseur ») dans Paris et toute la France. Slogans guerriers, le Premier Ayrault se fend d’une déclaration belliqueuse : il veut « tailler en pièces » – mais légalement, rassurez-vous – les groupes d’extrême-droite. Monsieur Bergé veut un million de manifestants, et un peu partout fleurissent des accusations comme quoi ce serait la faute à la « Manif’ pour tous », qui aurait inspiré, suscité, encouragé ce débondage des extrêmistes de droite.

Sur ce on aperçoit dans une vidéo madame NKM, qui a eu l’initiative courageuse et quelque peu imprudente, voire saugrenue, de manifester son émoi à ce propos, se faire très violemment insulter par de jeunes manifestants – elle n’a pris aucun coup, grâce aux flics et services d’ordre vigilants, mais c’était très chaud. Elle est « de droite », modérée mais de droite, DONC elle est coupable, haïssable, à abattre. De multiples photos montrent également des jeunes et des moins jeunes brandir le poing fermé et levé, dans une gestuelle pas vraiment pacifique. On pourrait presque les entendre chanter, sur un air connu, des textes traitant vraisemblablement de combat terminal : pas un chant de Bisounours .

Voilà… bien évidemment c’est horrible qu’une jeune vie en plein devenir soit fauchée comme ça, dans la rue, pour des remarques, des insultes ou des regards, ou juste des fringues trop identitaires. C’est horrible, et surtout c’est terriblement con, dans un pays où l’expression des opinions est en principe libre, à part quelques limitations (racisme, anti-sémitisme, blasphèmes autres qu’anti-chrétiens, négationnisme, j’en oublie peut-être…).

L’enquête dira qui a commencé à provoquer, qui a prononcé des mots insupportables pour l’autre bord, ou commencé à cogner. Elle dira si on a frappé pour tuer ou juste pour faire mal, si c’est un assassinat ou un meurtre, etc. Mourir pour des mots, c’est injuste et révoltant. Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente, chantait quelqu’un de moustachu.

Mais on découvre assez unilatéralement, à cette occasion, un fait permanent : les extrêmes, gauche et droite, se sont toujours affrontés, et violemment !  le Quartier Latin des années 60-70 voyait les militants de l’Unef, les Jeunesses Communistes, les abonnés à « Clarté » (le canard des étudiants du PCF), etc, arpenter le pavé pour, littéralement, « casser du faf' » ; les membres des chapelles opposées, Fane, Occident, la fac’ de Droit d’Assas… en voulaient autant à l’encontre des précédents ; d’innombrables colleurs d’affiches nocturnes et sauvages, des deux bords, se sont fait casser la gueule ; les manif’s se peuplaient de pancartes dont les supports n’étaient pas de frêles baguettes de sapin, mais de robustes manches de pioches, etc. Les extrêmes se rejoignent, oui, mais la plupart du temps ce n’est pas pour se faire du bien.

Résumons-nous : foin des oeillères idéologiques à sens unique, ce qui fait mal, ce que la démocratie doit craindre et combattre, c’est l’ extrême-, pas les suffixes qu’on lui accole.

Tibert

(*) Un tic qui s’installe dans les débats, conversations, bavardages… « et voilà, et… » : écoutez bien, ça fait un tabac.