… dans un tunnel à coups de charbons

Je lis ce matin dans Le Monde que « deux députés relancent le débat sur les statistiques ethniques« . Ah les statistiques ethniques ! ou comment, au pays de Descartes, argumenter sur le besoin de rééquilibrer les populations dans les quartiers, tout en refusant d’en obtenir les chiffres. C’est qu’il est malsain, que dis-je, criminel de savoir… (*) Evidemment, concernant l’article dont je vous cause,  c’est sur le 9-3 que se concentre le propos : ce département compte officiellement et indistinctement 1.650.000 habitants ; oui mais les organismes publics appelés à connaître la réalité des choses « avancent des chiffres allant de 150 000 à 400 000 personnes en situation irrégulière« . En situation irrégulière, donc en plus : 10 à 30 % de plus ! et venant d’où ? motus : c’est tendancieux, limite raciste de poser cette question.

L’article cité plus haut a suscité des commentaires juteux ; les compilant, je constate que d’autres pays n’ont pas nos scrupules de vierges effarouchées et notre volontaire aveuglement, et savent qui compose leur population. Tenez, un petit coup de wikipedia sur Birmingham (UK), je vous traduis gentiment : « Selon le recensement de 2011, 57.9% sont des Blancs. Les Asiatiques et les Asiatiques citoyens britanniques constituent le second groupe le plus nombreux, avec 26.6%. Ils sont suivis par les Noirs et les Noirs citoyens britanniques (9.0 %), les métis (4.4 %), enfin les autres, y compris les Arabes (2.0 %). » Mais… damned ! ce sont des statistiques ethniques ! Au secours, et toutes ces sortes de choses.

Tibert

(*) Il est évident que toute donnée scientifique peut être utilisée à mauvais escient : savoir fabriquer et bander un ressort permet de faire plein de choses utiles, comme rétracter la plume d’un stylo, mais aussi d’armer un pistolet, arme létale. Supprimons donc les ressorts.

Pinard rural et désertification

Le Firagots d’hier soir nous le contait : deux gosses de huit ans à vélo ont été fauchés-écrasés-tués sur la route par un tracteur-remorque qui a mal visé entre les quatre vélos : le conducteur était bourré…. aux dernières nouvelles on n’avait pas encore pu lui expliquer la gravité de son rodéo, il n’avait pas suffisamment dégrisé. Commentaire d’un lecteur adepte de la marche à pied : « C’est encore la preuve que la vitesse ET l’alcool sont deux ennemis à abattre« . Eh oui, comprenez, les gamins roulaient trop vite, c’est « de base » la faute à la vitesse, mettez-vous bien ça dans la tête ; d’ailleurs notre premier ministre, qui a flashé (c’est de l’humour) sur le charisme quasiment hypnotique de madame Perrichon, vous le dit : c’est que ça doit être vrai ! 80 km/h, pas plus, sinon panpan-cucul – sauf pour les imbibés, jamais empêchés de nuire, et les fêlés du volant, qui vous font des appels de phares en vous collant au cul pour vous signifier, pauvre larve, votre lamentable, votre exaspérante lenteur à 90 km/h, et qui vous doublent dans un vrombissement rageur, ligne continue ou pas, dès que la voie d’en face semble vaguement libre. Enfin.. bon… (soupir…) c’est comme ça…

Et puis un témoignage que je pense lourd de sens… il était une fois un couple qui devait se rendre par train de Vichy à Paris (Paris, what else ?) samedi dernier ; ils avaient pris des billets bien à l’avance, mais il y avait grève SNCF, alors forcément, leur Intercités étant comme de juste annoncé manquant, ils se rendirent à la gare de Thiers dans le 6-3, la plus proche de leur domicile – 20 minutes de bagnole (*) tout de même ! – pour aller voir si l’on pouvait leur trouver deux places dans le dernier convoi du soir (il y avait en principe un convoi du soir, alleluïa). Thiers, sous-préfecture paisible et pentue, gare accueillante et ouverte, avec un gars avenant derrière le guichet vitré, et une affiche qui stipulait que « à compter du premier mai 2018, il n’y aura plus de vente de billets à ce guichet : les voyageurs disposent d’une borne informatique pour ce faire« . Le cas à traiter n’était bien entendu pas prévu par la borne informatique, et le pauvre guichetier privé de son matériel de vente confirma : il ne pouvait rien faire, « allez échanger votre billet à Clermont ou à Vichy » (soit 50 minutes de voiture aller et autant au retour).

Voilà… les cheminots grévistes abusent des voyageurs-clients, c’est clair, et leur délétère culture de la grève à tout propos et hors de propos nous les fait détester. Ceci étant, la SNCF, sans tambours ni trompettes, met en place un désert de service pour les bouseux. Le cadre dynamique en première dans unTGV, ça oui ! quant au client provincial, TER, Intercités, petites gares… il peut bien crever.

Tibert

(*) à 80 km/h ou 90, c’est du kif : on ne saurait rouler raisonnablement à plus de 60-70 sur ces petites routes étroites et virevoltantes. Mais, équarissage pour tous : 80 pas plus ! j’veux pas l’savoir !

Touïtto-pilori

Des commentateurs d’un article du Monde échangent ces deux brèves phrases (je suppose que la deuxième est humoristique ?) :

Marc : « On serait en peine de trouver un usage positif de Touïtteur »

Totoro : – « Les touïtts de Donald Trump ? »

C’est à propos d’un article assez terrifiant sur une campagne de haine et d’appels au meurtre qui a suivi la révélation de l’erreur tragique du SAMU (la mort de Naomi Musenga à Strasbourg, dont l’appel au secours avait été pris à la légère) : trois opératrices sont jetées en pâture à la haine et à la vindicte populaire.

On sait que les journaux radio-télé ont abondamment, largement, complaisamment, diffusé les bandes sonores de l’échange entre madame Musenga et les opératrices du SAMU : peu importent les conséquences, c’est croustillant, ça fait du buzz, c’est bon ça coco ! Et puis de perspicaces petits détectives privés improvisés ont trouvé QUI étaient ces opératrices : aussi sec sur Touïtteur, noms photos adresses numéros de téléphone… avec appels explicites à la vengeance. On leur souhaite de crever, on les menace, on les voue aux pires tourments. Les trois personnes incriminées sont obligées de raser les murs, de déménager…

C’est la version moderne du pilori médiéval, Touïtteur : on fait court et sommaire, on argumente en cent-quarante caractères, et puis on s’y défoule, on crache à la gueule… C’est toute la mocheté et la nuisance de ces « réseaux sociaux ». Pas beau à voir !

Tibert

PS – Il se trouve que l’article du Monde dont je vous cause précise que ces trois femmes livrées à la vindicte touïtteuse ne sont pas en cause : elles ne sont pour rien dans cette affaire ! des appels au meurtre à tort, en quelque sorte. Si on suit le raisonnement, et si les dénonciations visaient les vraies « coupables », tout ça serait donc bien normal, pas vrai ?  la  « justice populaire » dans toute sa splendeur.

Dans l’espoir de la vabure

Je ne vais pas vous causer du concours de l’Eurovision à venir, cette cagade télévisuelle pour trépanés du cortex : je préfèrerais évoquer les radio-crochets de mon enfance. Ringards de chez Ringard, ces concours, et définitivement couverts de pipi, depuis qu’on y a couronné une improbable Petite-moule-Saucisse barbue et en faux-cils pour un somptueux navet musical. Tirons la chasse, et puis c’est tout.

Non, je voulais vous entretenir de ce publi-reportage du Rapigot à propos des Black-blocs, façon « engagez-vous, rengagez-vous » : y a de la meuf fraîche et jeunette dans les black-blocs, c’est l’info à retenir. On y interviouve quatre de ces minettes, dont l’une nous avoue clairement ce qui est en jeu dans ces manifs violentes : la  provocation. Un mort si possible, et plus si affinités, du cadavre saignant du fait d’une ou plusieurs bavures – policières, forcément, les casseurs n’en faisant jamais – afin qu’on puisse enfin chez les politiciens faire mugir les grandes orgues de la colère populaire et spontanée, etc etc, on connait le mécanisme. Tenez, je cite : « Au sein du Black Bloc, on n’est pas tous violents, mais une solidarité absolue nous lie pour affronter tous ensemble les CRS. L’objectif est qu’ils commettent une faute. Le 1er mai, il y avait plus de jeunes filles que d’habitude, la génération des 18-20 ans était très présente…« .

Vieilles techniques qui ont fait leurs preuves… au besoin on donne un ch’tit coup de pouce, façon incendie du Reichstag. Mais là je suis en train de me lancer sur la piste du Point Godwin ; restons-en là. Au fait, les quatre minettes n’expliquent pas pourquoi elles et leurs copains en noir n’ont pas remis ça aussi sec pour la « fête à Macron ». Une des raisons possibles, ce serait que pour casser de nouveau, il faut que ce soit d’abord remis en bon état : ça demande un peu de temps tout de même !

Tibert

Marie-Chantââl et les barbants pièges à prunes

AS (PS) – C’est un anté-scriptum, pas un post : une lectrice m’a discrètement déclaré (j’ai gommé son commentaire, usant de mes prérogatives de modérateur : j’ai ma fierté, tout de même ! ) que le billet ci-dessous (version d’hier, donc) l’avait salement barbée, fi donc quel ennui ! je vous le signale ici, afin que vous preniez vos dispositions, café fort, bonnes résolutions etc… pour le cas où vous tiendriez absolument à le lire, ce billet sous-mentionné. Et puis relativisons : si UN billet l’a fait ch… suer, c’est a contrario, comme le coup des trains qu’arrivent pile-poil et qu’on en cause jamais, qu’en général elle apprécie, qu’elle lit ma prose avec plaisir et intérêt. Et toc !

Je trouve ce matin dans le Firagots une perle, une pépite, un petit bijou de reportage, fignolé par Madame Figue-à-rôts : « Dresscode, look, clubbing : ce qu’il ne faut surtout pas faire au festival de Cannes« . Une caricature de snobinardise, un  feu d’artifices de termes anglais vaguement raboutés par de la syntaxe de chez nous… Echantillon : « … autour d’un Sunny Splash au bar du Martinez. The spot to be en before. Ça y est, vous venez d’intégrer le crew des cannois branchés ». Soyons juste, les termes en rosbif sont en italiques, ça autorise toutes les dérives. Bravo à ce très réussi second degré – c’est trop, c’est forcément du second degré, non ?  – du journalisme à parcourir « d’un derrière distrait ».

Mais les choses sérieuses… un maire de Gironde interdit symboliquement – ça sera illico invalidé par le préfet, évidemment – les radars punisseurs embarqués (c’est dans le Parigot)  : c’est très dangereux pour la conduite, tout ce bazar électronique sur la planche de bord. Il faut savoir que l’état veut confier ces mitrailleuses à fric et à permis de conduire à des sociétés privées. On sait aussi que la ville de Paris a connu et connait toujours des tas de problèmes avec ses sous-traitants privés chargés de distribuer des prunes de stationnement : bidonnages… chiffres trafiqués… malhonnêteté. Alors posons la question :

… Nous le savons, ce pays croule sous la charge de centaines de milliers de fonctionnaires injustifiés, pas régaliens du tout, surtout dans la « territoriale ». Il est clairement inutile qu’un jardinier, un cantonnier, un cuisinier  de cantine scolaire, une aide-soignante, un mécanicien… soient fonctionnaires : des contrats standard alignés sur  le droit du travail standard des pauvres Français standard font ça parfaitement. A contrario, on touche avec les contraventions (*) à une fonction de police, c’est tout aussi clair. Privatiser ça, c’est ouvrir la porte à des abus – c’est déjà parti ! Alors, donnons à la police les moyens de mieux sanctionner les chauffards  : des alcootests beaucoup plus fréquents, et puis des radars qui ne visent pas la rentrée de fric du 4 km/h de trop mais les comportements dangereux. Mais que ça reste une fonction de police ! Sinon, on va où, là ? comme ils disent élégamment.

Tibert

(*) le stationnement abusif c’est selon : tantôt dangereux ( sur un passage piéton, en double file…), tantôt inoffensif (la voiture bien garée mais le parcmètre frustré). On ne va pas faire travailler deux équipes distinctes, ce serait ridicule. Eh bien alors, si l’on doit privatiser, qu’on contrôle les agents, nom de diou ! qu’on les contrôle vraiment, qu’on les marque à la culotte ! et que les sanctions pour fraudes soient dissuasives.

Delicious fête à qui de droit

Les canards australiens, vous l’aurez peut-être noté, ont pesamment et grassement plaisanté, usant de leur humour francophile, sur une imprécision en anglais de notre Macronaparte, qui vantait la « delicious wife » du ministre qui l’accueillait : delicious – moi aussi je l’ignorais, et que ceux qui le savaient lèvent la main – c’est évidemment délicieux mais uniquement sous la langue. Ah ah ! épouse délicieuse… wouahh le coquin ! on se marra donc aux dépens du Macroléon dans les chaumières australiennes, pays qui compte tant de fins pratiquants de notre langue, justement  😉  Souhaitons que ça leur ai donné des idées et le goût d’y goûter, des fois que, va savoir ?

Et puis messieurs Ruffin (pas l’écrivain, le député) et d’autres pointures « debout » de la Nuit Insoumise et Parisienne appellent à manifester sous le slogan « La fête à Macron« . Faire la fête à…, évidemment c’est un poil agressif et pas du tout bienveillant, bien que ce soit « la fête », pas « la peau ». Qu’en penser ? qu’à saturer le pavé parisien de défilés revendicatifs tous les trois-quatre jours de  ce mai 2018 on aura bientôt mis à terre tous les abribus. Les GO, les gentils organisateurs, tout pleins de bonnes intentions de façade, espèrent sans doute une fois de plus que ce coup-ci, ce coup-là, la bienheureuse mayonnaise sociale va enfin prendre, coaguler, qui sait ? toute cette casse cumulée, ces pétards, ces tags, ces fumigènes, ces égosillements, ces bastons, jusqu’ici en vain ? alors, on re-remet ça, pour derechef tester le sang-froid, la mesure et le professionnalisme des flics, leur tendre la carotte de la bavure tant espérée. Encore un coup, des fois que, va savoir ?

Tibert

PS – Mr. Trump, paraît-il, affirme que si les Français avaient pu être armés face au commando du Bataclan et des terrasses de cafés de novembre 2015, il n’y aurait pas eu tant de morts : on aurait pu « neutraliser » les islamistes dans le feu de l’action. Eh oui, si ma tante en avait deux ce serait mon oncle ; et puis si les Français se baladaient légalement avec des flingues, ça ferait par ailleurs – la routine, quoi – des milliers de morts violentes en plus chaque année, comme aux USA. Non merci, sans façons, Mr Trump !

Un double, si possible !

Lisant ce matin dans le Monde que la fac du Mirail à Toulouse doit par décision de justice (*) être illico débloquée, virant ainsi les occupants-étudiants (avec et sans guillemets), je parcours les commentaires des lecteurs, et tombe sur celui-ci, qui m’interpelle et m’inspire (citation quasi in extenso) : « une note minimale améliorable, ou encore l’idée d’avoir les sujets en amont des examens » : quand on lit ça il ne faut pas s’étonner que les grandes Ecoles françaises aient un avenir souriant. Imagine-t-on ce genre de discours à Polytechnique ou Normale Sup (ou à Oxford ou Yale !). Quant à cette étudiante en anthropologie, je veux juste lui souhaiter bon courage pour trouver un emploi si elle arrive à finir ses études. La France manquerait d’anthropologues ça se saurait ! « .

Eh oui ! les sciences dites « molles » (sociologie, psychologie…), les lettres et la philosophie, ça ne recrute pas énormément, au contraire de tas d’activités manuelles, le bâtiment, les métiers de bouche, la métallurgie, la logistique, les services à la personne…  alors s’inscrire en fac pour y décrocher un mastère pour très probable futur chômeur, c’est un peu maso, voire con… et donc, pour celles-z-et-ceux qui en ont les moyens intellectuels, le courage et les moyens tout court, la double compétence s’impose : boucher ET anthropologue ; pâtissier ET philosophe, psychologue ET staffeur. Tout en touillant la crème anglaise, on peut ainsi écouter avec intérêt un podcast du grand penseur Dugenou traitant de l’hypothèse du continu dans la conception aristotélicienne de l’univers. C’est tout de suite plus dense et valorisant.

D’ailleurs la plupart des cursus courants exigent maintenant des casquettes doubles. L’informaticien le sait, qui doit conjuguer ses compétences purement techniques, les bits et la bande passante, le verrou pessimiste et la troisième forme normale… avec un savoir extérieur, finances, droit, linguistique, que sais-je !

Ainsi, au lieu d’exiger connement qu’on leur donne au rabais des diplômes en plastique avec un aller simple pour Popaul-Emploi, pourquoi nos bloqueurs-révolutionnaires et futurs chômeurs sociologues ne s’initieraient-ils pas aux arcanes de la découpe des travers de porc ? on pourrait d’ailleurs aménager les facs dans ce sens, y organiser les cours manuels : faire les TP sur barbecues, joignant ainsi l’utile et le plaisant. Ce serait tout de suite, moins contestataire, certes, mais largement consensuel.

Tibert

(*) L’administrateur provisoire de cette fac a l’air ravi-enchanté de cette décision : elle le  « contraint à solliciter le concours des forces de l’ordre » ! C’est pas moi, moi j’ai rien demandé, faut pas m’en vouloir…

C’est la faute à…

La faute à qui ? eh bien Le Monde a la réponse : « La conjonction d’événements tels que les opérations d’expulsion à Notre-Dame-des-Landes (la faute à Macron), l’évacuation de l’université de Paris-Tolbiac (la faute à Collomb) ou encore le cinquantenaire de Mai 68 (la faute au calendrier) expliquent l’ampleur de ce cortège« . Le cortège de quelque 14.000 personnes, dont 1.200 encagoulés et venus là pour casser indistinctement flics, abribus, bagnoles, néfaste-food… un peu de tout, bref pour casser. Si vous vous demandez en quoi un abribus peut représenter le capitalisme sauvage honni, eh bien c’est que vous n’avez pas atteint la maturité politique de ces jeunes gens.

Donc la maigre manif des syndicats a été quasi étouffée par la pré-manif des tenants du bris pour le bris, du bris AOC. Les canards unanimes énumèrent les agglomérats de ces blocs noirs, anarchistes, « anfifas », ultragauche… vous pouvez vérifier là (Le Monde) ou là (Le Parigot). Il faut dire qu’ils en avaient gros sur la patate, les blackbloquistes, fallait que ça pète, vider les burettes congestionnées : « On est là parce que la situation est apocalyptique. Ça fait deux mois qu’on essaie de faire sauter les facs, les gares mais ça ne marche pas « . Et nous qui croyions que c’étaient des étudiants anti-sélection qui bloquaient les facs !

On aura donc eu droit à ce à quoi on devait s’attendre, c’était réglé comme une partoche de Mozart. Et à un morceau de journalisme juteux et impartial 😉 : Le Monde, « au coeur du blackbloc« . On s’y croirait ! Julien, 18 balais, blackbloqueur, raconte :   » Le cortège a été coupé, puis les premiers cocktails Molotov ont été lancés. La police a répondu avec des gaz lacrymogènes. Je me dirigeais vers une ruelle quand j’ai senti un coup sur la tempe gauche, à côté de l’œil. Je suis tombé « . Voilà ! tombé, comme ça, pour rien, on venait juste (« on » : pas lui, évidemment) de balancer les premiers brins de muguet, pardon, cocktails-Molotov, gentiment, et il est tombé ! cruelle injustice.

Le mot de la fin, la palme de l’humour à monsieur Mélenchon, toujours à l’affût de la blague à froid : « Insupportables violences contre la manifestation du premier mai. Sans doute des bandes d’extrême droite« . Excusez-le : il était à Marseille, on l’aura mal renseigné ; il va très vite diffuser un démenti.

Tibert

Ombrageux radars

Je n’ai pas le courage de m’empoigner avec le manifeste des trois-cents personnalités sur l’antisémitisme et la nécessité de réviser le Coran à la baisse. D’abord « antisémitisme » vise trop large et / ou à côté : c’est d’anti-judaïsme qu’il s’agit. On en reparlera si vous le voulez bien…

Mais ce jour, un article du Parigot me dilate la rate, et je le vous propose. Sachez que moi-même, quand je croise un radar, je ne manque pas de lui adresser mezzo voce des mots doux – c’est idiot, je sais, mais bon… – si j’estime qu’il est placé là pour faire du fric et rien d’autre.

Donc le ministère public poursuivait (trois ans après les faits, douuucement le matin, et pas trop vite le soir) un automobiliste « défavorablement connu des services etc etc… » pour avoir adressé un doigt d’honneur à une paire de radars… et comme justement ça flashait, la photo fut prise, majeur brandi. Brandi comment ? par la vitre ouverte, et du bras gauche, pas dans l’habitacle au ras du tapis de sol, c’est comme ça qu’on aime à l’imaginer, non ? ça a de la gueule, ça le fait mieux… mais alors ça s’adresse aux radars situés à gauche ? l’article est muet sur ce point. Bon… et donc le chef d’accusation arguait que le contrevenant « avait offensé par extension les fonctionnaires du Centre National de traitement des infractions routières (CNT), basé à Rennes ». Le prévenu a piteusement prétendu avoir eu ce geste désobligeant, non envers les radars, qu’il vénère et chérit, vous pensez bien, mais envers sa passagère – il y avait une passagère. C’est extrêmement désobligeant, il faut bien le dire, et puis c’est fort de café tout de même : un geste à l’intérieur de l’habitacle, de la main droite, et la photo permet de distinguer ça ? et la vie privée, alors ?

Heureusement l’avocat du monsieur a judicieusement plaidé un truc imparable et évident, le Droit, rien que le Droit ! L’outrage à une machine n’existe pas dans les textes, et donc quelle extension à un concept vide ? bien joué, j’aurais dit pareil.

Reste donc au législateur, s’il veut qu’à Rennes on ne se vexe pas pour des prunes (*), à modifier les textes pour donner de l’âme aux machines. Pas n’importe lesquelles : insultez et donnez de grands coups de lattes dans le distributeur de boissons qui vous a avalé vos deux euros sans vous octroyer le soda convoité, c’est bien normal s’agissant de cette p…de @!%!@ de saleté de bécane ; mais les machines assermentées ! ah là les machines assermentées, c’est la voix de la France, comme disait Pompidou.

Tibert ( Mesta 210C, avez-vous donc une âme ? )

(*) elle est bonne celle-là, non ?

Sombre [(vendredi 13)+1]

Que des nouvelles de m…aujourd’hui. D’abord un mug dont l’anse s’est pétée. Un mug de « Farfouille » certes, un moche mug à deux balles, mais zut quoi… et puis les canards continuent à nous bombarder de l’héritage de Johnny, comme si c’était intéressant – ça doit concerner au plus une vingtaine de personnes. On s’en fout, on s’en tape dans les grandes largeurs, de l’héritage de Johnny, c’est pourtant simple à comprendre ! Qu’ils s’entretuent si ça leur chante, mais en privé !

Et la ZAD de NDDL, encore et encore. C’est surréaliste : On voit des gars masqués lancer des cailloux et autres objets contondants avec des frondes sur les flics : des images de guerre civile. Mais tout va bien, la situation est sous contrôle, les zadistes sont normalement installés sur les toits, les gendarmes-Sisyphe déblayent encore et encore, inlassablement, la route des chicanes aussitôt rebouchée par les autres, les journalistes devisent paisiblement avec les émeutiers – ouais, on les aura, y a pas de souci – moi je vous dis : à quoi on joue, là ? on est dans un état de Droit ? on fait respecter la Loi ? ou c’est juste pour de rire (*) ?

Et puis cette intéressante avancée technique – technologique, ça emplit mieux la bouche : les « assistants personnels« . Ces bidules qui sont censés nous simplifier la vie, synthèse vocale, connexion tout partout dans la maison, « ferme le volet Ouest« , « allume le four thermostat 220« , « joue-moi du Led Zeppelin » : On nous annonce qu’il faut les débrancher si l’on veut avoir quelque intimité ! La NSA amerloque, les Grandes Zoreilles de Gougueule, d’Amazône, d’Appeul… nous écoutent !  la sieste crapuleuse dans ses moindres détails sonores, si l’on n’a pas débranché le bidule – et attendez, avec une webcam c’est bien pire.

Voilà : que des mauvaises nouvelles. Ah si, j’en oubliais une : le « batch cooking » débarque. Le quoi ? le batch cooking, enfin ! Vous préparez des plats à l’avance pour plusieurs jours ? eh bien vous faites du batch cooking sans le savoir, ignares que vous êtes. Heureusement que le Firagots est là pour vous apprendre l’anglais : « focus sur le batch cooking« . Indispensable !

Tibert

(*) La hantise de la bavure a chamboulé les règles. En fait et malgré les textes, on ne peut pas courser un d’jeune à scooter qui zone et fait le mariole sans casque : s’il se blesse ou pire en fuyant, il y aura des émeutes, garanti. Et si un zadiste se tue en tombant d’un toit où personne ne l’a obligé à monter, ce sera la faute des flics.