Trop discret cousinage

Je cherchais un sujet… les Régionales ? bof. Aux Régionales on se lâche, et on va se lâcher, vous verrez – enfin, ceux qui iront voter – ce n’est pas l’impact sur un pays entier. Les Départementales (limitées à 80  😉  merci monsieur Philippe) ? re-bof et plus encore. On devait soi-disant, n’est-ce pas monsieur Valls, faire la peau aux départements devenus superflus, mais, cause toujours ! les raideurs administratives, le millefeuilles pas réformable, et puis ça meuble, ça occupe du monde… mais bon.
Mais j’ai reçu hier un courriel québecois ! des amis de là-bas. Qui nous apprennent un truc sur lequel personne en France, à ma connaissance, n’a réagi – est-ce qu’on le sait, seulement ? Bref, en voici un extrait significatif :
« Hier soir, on a pris l’apéro, avec d’excellentes huîtres  des Îles de la Madeleine,  à la santé du Québec qui va devenir sous peu officiellement de langue française.
C’est  à la fois normal et anormal qu’il n’y ait pas eu d’écho en France.
D’une part  la loi par laquelle le Québec va se déclarer de langue unilingue française  a déjà fait l’unanimité au Québec mais ne sera votée qu’à l’automne. Toutefois, la chambre des Communes du gouvernement fédéral a reconnu cette semaine à très forte majorité que le Québec avait ce droit et ce sera reconnu dans la Constitution du Canada, volet Québec.
Mais d’ autre part, la France n’a jamais vraiment beaucoup porté intérêt à nos luttes pour un Québec français et ne suit pas vraiment de près les développements à cet égard. Bien sûr elle accueille très très chaleureusement tous les Québécois mais je me dis que c’est un peu comme si la France considère le fait français du Québec comme une danse folklorique sympathique exécutée, de l’autre côté de l’océan, par les « petits cousins d’Amérique » .
Et c’est vrai, ce qui nous est dit là : un projet de loi a été déposé, voir ce site par exemple. Projet qui sera entériné à l’automne, et qui va changer la donne, desserrer l’étau anglophone autour de nos cousins de la Belle Province.
En contraste, nos journaux ici sont « le nez dans le guidon »… a) pour servir la soupe, ou cirer les pompes, comme vous voudrez, à la langue d’Outre-Manche, auto-proclamée universelle ; diffuser le maximum de mots anglais, en farcir leurs textes, ça sonne mieux selon eux – la mocheté de cranberry alors qu’on a la délicieuse canneberge ! et la (*) cluster quand le foyer est tout aussi infectant – ; et b) pour se / nous examiner minutieusement le nombril, évidemment. Alors, le devenir de la langue française au Québec, hein…
Eh bien non. Ici le danger est réel, mais pas criant – quoique… – ; là-bas c’est une question d’identité nationale : ça vous parle, l’identité nationale ? eux, ça leur parle, ils ont raison, et on peut admirer leur fierté, face aux groupies du rosbif.
Tibert
(*) Cluster est neutre en anglais, forcément, ils n’ont que du neutre ! Chez nous c’est genré, tout est genré : UN foyer, mais UNE grappe (je sais, je l’ai déjà écrit).

… ça ose tout (air connu)

( Télérama… causons-en. On y tient une rubrique – signée d’un certain Samuel Gontier, disons SG, très prolixe – qui décode et commente les émissions, ici et là. On se demande, à lire ce truc, pour quelle ascèse masochiste cet SG s’astreint à visionner des heures de CNews, de BFM, de LCI, etc : c’est rien que pour apporter des commentaires acides et au second degré, systématiquement, genre  « Ils devraient aller sur LCI ou sur CNews, ça leur remettrait les idées en place » . Le second degré, c’est évidemment celui des gens intelligents, c’est l’entre-soi, la connivence, ce n’est pas pour les beaufs ; connaissant ou croyant connaître le lectorat de Télérama, on pense jouer sur le velours, là, on est entre gens du même bord, n’est-ce pas ? et l’on brocarde longuement, ouaf, ouaf, les mal-pensants. Le second degré à petite dose, oui, ça fonctionne. Mais là c’est une enclume de second degré : lourdingue et laborieux. )

Mais, mon titre ! c’est évidemment de l’Audiard, « …c’est même à ça qu’on les reconnaît ! » . Le gars qui, investi par Greenpeace d’une mission à la fois d’une grande bêtise et d’une grande imprudence, a voulu survoler – avec un engin électrique ? ce n’est pas précisé – un stade de foot allemand bien garni pour fustiger les énergies fossiles… a failli se faire flinguer par les tireurs d’élite des services de sécurité. Ce n’est qu’en identifiant clairement « Greenpeace » sur la voile de l’appareil qu’ils ont décidé de le laisser vivre… Comme quoi, plutôt que de se costumer en égoutiers ou en djihadistes pour leurs pieux massacres, les terroristes devraient cultiver la défroque et le look Greenpeace : ça passe sans problème !

Ceci étant, quel malhonnête argu-menteur pourra nous démontrer la supériorité « verte » des voitures électriques ? Le hic, c’est la batterie : un poids largement supérieur, des métaux rares et chers arrachés goulûment et salement partout où l’on en trouve, et une filière de recyclage très rustique, en devenir. Bref : la voiture électrique est plus silencieuse, c’est clair ! mais pour le reste, bernique : ce n’est pas la panacée écolo qu’on prétend chez ces allumés du coup de pub stupide façon commando. Ils se sont excusés, à Greenpeace, c’est la moindre des choses ; mais pas pour leur initiative débile ! Non, parce qu’elle a salement merdé. Ne vous fatiguez pas à argumenter : l’écologie a toujours raison ; d’ailleurs ils vous imposeront leur façon de voir, dès qu’ils en auront la possibilité.

Tibert

Cir-con-locutions

( Il paraît que Cnews est la chaîne télé de la Marine, claironne monsieur Dupont-Moretti. Ma foi, c’est vrai qu’elle « y a eu été » , à CNews, la Marine ; mais pas qu’elle, non ? sinon je plains les pauvres audito-spectateurs attachés à cette chaîne (remarquez, il y en a qui laissent M6, C8 ou Nrj12 en boucle comme toile de fond au salon, alors…) En revanche, quand je regarde la 2, la 3, France-Info… – je passe sur TF1 pour cause de saturation de pub – j’y entends en boucle l’antienne « Dormez braves gens, tout est calme, on a la situation bien en mains, on s’occupe de tout » .  C’est vrai que ça rassure, aaaah… on est bien gouvernés ! Et hop, vite notre « Plus grand soleil » , notre match de foot. )

Mais j’ai lu (c’était dans La Montagne, rustique canard auvergnat ) qu’Edouard Philippe, l’ex bien connu, qui se remue pas mal ces temps-ci, émettait l’avis suivant : « Il serait extrêmement déraisonnable d’imaginer que la victoire de Marine Le Pen puisse être inenvisageable ». C’est le genre de truc tortueux qu’on propose en test de Q.I. : reformuler sans contresens et sans aucune négation la phrase « Je ne nie pas qu’il soit interdit de ne pas apporter foi à la dénégation suivante… » . Reformulons donc, c’est utile : selon monsieur Philippe, la victoire de la Marine [à la Présidentielle de 2022, sans doute, NDLR] est-elle… a) – raisonnablement envisageable ? b) – pas à envisager, raisonnablement ? Je ramasse les copies : « On peut très raisonnablement imaginer que la victoire de la Marine soit envisageable » . Bon… au passage, on pourra se demander où monsieur Philippe a bien pu apprendre à tire-bouchonner ainsi sa pensée. Mais pourquoi en est-il, en est-on arrivé à ce constat (sombre / désespérant / désabusé, au choix) ? Eh bien, hélas, il semblerait que « là-haut » on continue à traiter avec une grande légèreté – voire avec mauvaise foi, « dormez braves gens » , air connu – les gros soucis des Français, qui se demandent, question essentielle autant qu’existentielle, s’ils reconnaîtront leur pays d’ici quelques années, au train où ça va et où on laisse aller.

Tibert

30, 31, 32, 33…

On connaissait les éboueurs de Marseille : « fini-parti », c’était la règle ; donc Fangio était au volant des camions-poubelles ; les gars devaient concilier deux exigences nettement contradictoires, nettoyer les rues au mieux, et puis finir le plus tôt possible pour aller faire autre chose de plus motivant. On a la même situation ou similaire à Paris : certains employés municipaux (fonctionnaires territoriaux, donc…) ont des conditions « aux petits oignons », notamment les horaires. Il me souvient – c’est vieux ! – qu’ayant un travail à faire à la Mairie de Paris, au mois de juin, dans le grand immeuble du boulevard Morland,  je pouvais voir dans les bureaux d’en face ces dames s’adonnant de longues heures à des travaux d’aiguilles, cependant que dans les bureaux voisins on bossait activement, brêmes en mains, la Majeure Cinquième et l’entame assassine. Ce n’était pas le « fini-parti », non plus que les 35 heures grand maximum, mais on meublait efficacement le temps libre ! encore n’y avait-il pas le Houèbe, Youyout’Entube, etc, portes ouvertes vers d’autres horizons…

Bref, à Paris, le musée Carnavalet devait rouvrir, hier samedi 29 mai 2021, après une longue glaciation covidaire… délicieux petit musée du Marais, enfin visible ! Je cite Le Monde : « L’entrée du plus ancien musée de la capitale, situé au cœur du Marais, a été bloquée par des agents de la Ville de Paris travaillant dans l’établissement, en grève pour des questions portant sur le temps de travail. Le musée a été contraint de fermer toute la journée de samedi, pour laquelle tous les créneaux de réservation étaient remplis. » En clair, « des agents de la Ville de Paris » n’ont aucune envie de travailler 35 heures par semaine, comme on le leur demande maintenant pour d’évidentes et justes raisons d’égalité devant le travail, quand ils en font actuellement nettement moins, avec la bénédiction des édiles. Ce qui rejoint la boutade – de monsieur Strauss-Kahn, je crois – lors de l’instauration triomphale et hautement symbolique des glorieuses 35 heures par madame Aubry : « Il faudra y aller progressivement… 31, 32, 33… ».

Voilààà… cela pose évidemment un autre problème, celui du clientélisme de nos élus, ici les municipalités. On embauche, on embauche, des tas d’agents municipaux qui seront autant de relais favorables, le moment venu de se faire réélire. Peu importe qu’ils n’aient aucun boulot réel et sérieux à tomber, que ça coûte un max aux citoyens, que les DRH ne sachent pas trop comment maquiller tout ça en emplois crédibles et justifiés. Et c’est comme ça que nous avons des armées de fonctionnaires, quand – hormis les missions régaliennes, évidemment : police justice impôts etc – n’importe quel salarié sérieux, compétent et honnête pourrait parfaitement s’y coller. Survivance du soviétisme cher au PCF des années d’après-guerre, modèle sociétal concrétisé dans l’éphémère RDA – 44 ans d’existence, tout de même – et qui a permis la création de l’ineffable Trabant, qui fumait bleu.

Tibert

 

Politique du chant

( L’Eurovision : cette année 2021 en Israël, ce n’est pas un.e transgenre barbu.e façon Minou-Chipolata, mais une vraie femme de naissance, d’ origyne, qui représentait la France. Elle n’a fait que deuxième ! ah zut alors. Si vous saviez comme ça me chagrine, et en même temps c’est normal, le groupe italien de rock « Måneskin » (ce qui signifie « Clair de lune » en italien, euh non en danois, le clair de lune danois c’est très rock-and-roll) y a mis plus d’énergie, de mise en scène, de cuir, de… bref, ils ont gagné. Bof, l’an prochain on gagnera peut-être. Passionnant ! )

Et puis il va y avoir du foot ! enfin, on le dit, ce serait semble-t-il un concours européen, du 11 juin au 11 juillet – notez d’acheter des bières et de commander des pizzas molles et tièdasses chez Déliveroue. Même qu’on aurait un hymne, genre « Aaallez les footeux, on est les meilleuurs, on vaaa gaa-gner, on vaaa gaa-gner, buuuuut ! ». C’est le rappeur Youssoupha, dont aucun des fameux opus hélas ne meuble ma rap’thèque – très très maigre, ma rap’thèque, je dirais même carrément squelettique – qui aurait emporté le morceau. Et pourquoi ? la Ministre des Sports, madame Maracineanu, qui fut une nageuse de compète de grande classe, nous le dit : «Youssoupha est un chanteur militant qui dénonce le racisme et qui est pour la diversité ». C’est on ne peut plus explicite, et illustre très clairement la probable qualité musicale et textuelle de l’hymne des Bleus 2021, versifié et scandé par un rappeur militant, antiraciste et pro-diversité. Keskidi ? C kwa la zikmu ? Je l’ignore, mais le chanteur est militant, antiraciste et pro-diversité. Excellent, donc, cet hymne. On va gaaa-gner, on va gaaa-gner !

Tibert, environ 98 décibels

PS – Interro écrite : peut-on goûter très-très modérément la diversité façon « Coka-Lola et K’Eff’C worldwide » sans être pour autant raciste ? vous avez deux heures.

Relax max, mais encore ?

( Hier 6.000 « migrants » (migrant.e.s, écriraient les zélateurs de la grammaire genrée), des Marocains, mais pas que, ont atteint à pied, juste en se mouillant les pieds, voire le  bas des jupes ou des pantalons,  l’Eden espagnol de Ceuta, bizarre enclave européenne en Afrique – de même que Gibraltar est anglais, allez savoir pourquoi. A ce propos et pour simplifier la géographie, pourquoi ne pas procéder à un échange simple, lumineux, évident : que l’on refile Ceuta aux Britanniques, les Espagnols récupérant Gibraltar ? non ? ah bon ?

Six-mille, c’est un record – provisoire, comme tout les records. Obtenu entre autres grâce à une inefficacité, remarquable d’efficacité, de la Police marocaine, qui regardait ailleurs, allez savoir pourquoi. Il va évidemment se trouver chez nous des acharnés de l’accueil mordicus, des portes grandes ouvertes, welcome et toutes ces sortes de choses, des qui sont « fiers de ne pas détester etc etc... » (voyez mon précédent billet) mais si ça continue ainsi ça va forcément mal finir, d’un côté ou de l’autre. )

Mais, autre chose : monsieur Mélenchon – décidément je m’acharne, mais c’est lui qu’a commencé, m’sieurannonce que les députés de son parti, forcément insoumis à son instar, ne se joindront pas à la manif des policiers demain 19. Il est contre, voyez, et ses collègues aussi. Il a des arguments à l’appui : revendications étroitement catégorielles, mobiles pas valables, etc (notez, à la manif contre l’islamophobie, concept fumeux et hautement récupérable pour le profit de l’islam politique, ils étaient pour). Et parmi les raisons invoquées pour sécher la manif des flics, le jefe, le lider critique une demande des syndicats de police pour plus de sévérité envers les tueurs de flics ; je cite : « le code pénal actuel prévoit déjà que le meurtre d’un fonctionnaire de police peut être puni de la réclusion criminelle à perpétuité. Quoi de plus ? ».

Quoi de plus ? eh bien, voilà : a) il y a perpète et perpète ; la perpète est hautement élastique, au gré des remises de peine quasiment automatiques ; b)  Certes, le maxi est bien calibré au taquet, si « perpète » veut dire perpète  ; mais le mini ?  le mini il n’y en a pas, et c’est là que le bât blesse ! les peines-planchers, ça a eu existé, comme disait Fernand Reynaud, mais il n’y en a plus, madame Taubira les jugeait méchantes. Au vu des dernières actualités, il serait judicieux de corriger le tir, de border la mansuétude des juges – il a eu une enfance difficile, il était sous l’emprise d’un hallucinogène, gnagnagna... – que les malfrats tueurs de policiers sachent que c’est « de base » très cher, voire dissuasif.

Tibert

PS – Le lendemain, (« … elle était souriante / à sa fenêtre, chacun pouvait la voir... » , air connu), le 19 au soir donc, le lider maximo Mélenchon a qualifié la manif des policiers en ces termes :  “manifestation à caractère ostensiblement factieux » : en effet, je cite, « elle s’en prend non pas aux causes pour lesquelles ces malheureux [les flics trucidés, NDLR] ont été assassinés mais aux institutions comme l’institution judiciaire ». Eh oui, les flics mettaient clairement en cause hier la Justice et son fonctionnement, et donc ? c’est factieux, de dire que la Justice fonctionne mal ? il me souvient avoir vu à la télé un furieux qui postillonnait, faisant barrage de son corps, « la République, c’est moi ! » quand d’aucuns, sur décision judiciaire, entendaient perquisitionner les locaux de LFI.

La couleur du pas à l’aise

Je suis perplexe… faut-il en rire ? en pleurer ? j’ai appris par le Parigot qu’une manif LGBTQ++++++++ prévue samedi 15 prochain était annulée, car partie sur des bases malsaines (le Parigot relaie en l’occurrence un article de France-Bleu sur le même sujet). A cette occasion j’ai découvert le terme « iels », néologisme hardi destiné à tuer le neutre « ils » – c’est censé englober ils et elles (et celzéçeux entre les deux ? ) ; « story », donc une histoire en anglais, mais en français ??? tenez, je cite, « le centre LGBTI a appelé, dans une story sur les réseaux sociaux… » : si vous avez une idée…

Mais le vrai truc ahurissant de cette affaire c’est ça : il était prévu une tête de manif non-mixte, traduisez réservée aux « racisés », traduisez encore : les Blancs, dehors. Je ne blague pas, tenez, je re-cite : « Toute personne blanche qui essaiera de s’incruster dans ce cortège se fera cordialement (ou non) dégager ». Pourquoi ? Eh bien, chers amis, je re-re-cite texto, y compris les fautes d’accord, « Certaines personnes racisées ne se sentent pas à l’aise dans des cortèges mixtes et ont demandé une zone non-mixte dans laquelle iels se sentiront plus à l’aise. Nous l’avons donc mis (*) en place ». Malheureu.x.ses racisé.es, comprenez-les… il-elle (**) faut qu’ils-elles soient à l’aise, les racisé-e-s, donc on vire les Blancs. Logique, évident, le malaise, ce qui gêne, c’est qu’il y ait des Blancs (et des Blanches, ça va sans dire).

Imaginez une seconde, je vous formule ça à rebours : « Toute personne non-blanche qui essaiera de s’incruster dans ce cortège se fera cordialement (ou non) dégager ». Mais c’est… c’est ignoble ! eh oui, c’est ignoble.

Tibert

(*) « mis en place», qui, quoi ? la zone non-mixte. Donc « mise en place». Elle est féminine, très féminine, la zone non-mixte. A l’oral, l’oubli de l’accord au féminin sur mettre ou prendre est devenu hélas quasiment la norme ; à l’écrit, c’est encore une faute.

(**) Y a pas de raison, pourquoi c’est toujours « il », il faut, il y a, il pleut, etc ?

C’est la nuit qu’on nuit

Le Parigot relaie enfin avec quelque constance l’exacerbation des habitants de Paname à propos de la saleté ambiante, et notamment des tags. On sait l’ampleur qu’a atteinte cette sale mode sur les murs de nos villes, à Paris entre autres : à croire que les bombes de barbouille sont gratuites, distribuées à la sortie des collèges. Bref, des tas de citoyens se sont mobilisés pour rouspéter, exiger des actions : il y en a même qui ont piraté le site internet de la Ville, V majuscule, pour protester contre ce fléau.

Et voilà-t-il pas que la Ville entend, s’émeut : quoi ? des tags ? serait-ce possible ? ciel ! morbleu, il faut urgemment y remédier ! Donc ça se bouge, ça va se bouger, et l’on va les traiter, ces tags, grâce au travail assidu des très-très nombreux fonctionnaires municipaux, des sous-traitants aussi, peut-être : gratter, nettoyer, kärcheriser, repeindre par dessus, etc – sauf les Banksy et les trompe-l’oeil, évidemment. Enfin l’on s’avise à l’Hôtel de Ville que c’est sale, hideux, inquiétant, menaçant, ces peinturlures sauvages.

« Nettoyer c’est bien, ne pas salir c’est mieux » : vous connaissez l’adage, et c’est bien vrai, ça ! Tenez, à Singapour et Osaka c’est propre ; à Singapour on salit très peu (*), et puis on nettoie ; à Osaka on ne salit pas, il n’y a pas de poubelles de rue… les gens  jettent leurs déchets à la maison. Mais bon… on est en France, on est des Latins, voire plus. Il serait ainsi plus judicieux, pensent les esprits logiques, d’empêcher l’apparition des tags plutôt que de les traiter ensuite. Par exemple, mettre en oeuvre les deux volets d’une politique fort simple : a) On pourchasse et appréhende, de nuit, les tagueurs –  ils agissent quasiment toujours la nuit ; b) On confisque les bombes de peinture ; on ne défère pas les fautifs au tribunal, au juge des enfants, au substitut du Procureur ou similaire, pour un dossier pénal, un TIG bidon (**), un édifiant Rappel à la Loi ou équivalent : contravention ! 135 euros (+ 135 pour non-respect du couvre-feu, tant que ce sera en vigueur) ; récidive ? une grosse somme. Ce serait peut-être efficace, ça… on n’engorgerait pas les tribunaux pour des queues de cerises, et rapidement les tagueurs se calmeraient. Cerise sur le quatre-quarts, on économiserait de la barbouille.

Ah oui mais non, il faudrait patrouiller de nuit. Heures supp’, roulement des effectifs (insuffisants, les effectifs, faut-il le préciser ?), complexité des rotations, primes de risques… non, on pourra pas le faire, ça… bah tant pis, on repeindra.

Tibert

(*) Les gommes à mâcher, notamment, y sont proscrites ; omniprésentes sur nos trottoirs, super dures à enlever.

(**) Quoique… un TIG à effacer des tags, ça aurait de la gueule.

Méta-caméras

Je regardais la télé, l’autre jour, et appris ainsi avec étonnement qu’on sait tout ou presque des « points de deal », épiceries subreptices où se vendent et s’achètent barrettes de shit, doses de drepou etc. Exemple, à Montmachin-sur-Yvette, 4 points répertoriés, etc. Bien…

On sait que moult caméras de surveillance de l’espace public ont été déployées, et c’est fort utile (notons que dans certaines municipalités aux mains des écolos, on a supprimé ces caméras, ce qui améliore grandement le vivre-ensemble (*), vous pensez bien !  😉  ). Mais il se trouve qu’en Avignon, au point de deal bien identifié de la rue Râteau – là où le policier Eric Masson s’est fait flinguer à mort par un malfrat qu’il dérangeait – il n’y a pas de caméra ! Dommage pour l’enquête, qui progresse néanmoins, mais plus difficilement.

Mettra-t-on désormais une caméra rue Râteau en Avignon ? peut-être, l’autre option, non exclusive, étant d’ « assécher » le point de deal, ce qui serait encore mieux. Oui mais voilà, les dealers et trafiquants détestent ces caméras, et l’on voit souvent les voyous s’en prendre à elles pour tenter de les dézinguer ; ce qui démontre leur utilité, du moins tant qu’elles résistent, puisqu’elles dérangent. En somme, la caméra de rue qu’on attaque est un bon indice de la pertinence de son implantation : si on lui fout la paix, c’est qu’elle est mal placée et ne servira pas beaucoup, et inversement.

Reste à compléter le dispositif : placer les caméras de rue là où ça gêne les malfrats, ce qui immanquablement provoquera des actions en destruction ; on en profitera pour filmer lesdites tentatives de destruction aux fins d’exploitation. Evidemment, il faudra des caméras pour filmer les caméras de rue et les mouvements autour, et ainsi de suite : chouettes perspectives pour les installateurs de caméras – sauf dans certaines municipalités écolos, bien entendu.

Tibert

(*) … le vivre-ensemble, avec ceux qui n’apprécient pas qu’on les filme.

J’veux pas l’savoir

( Hier d’importantes forces de police quadrillaient le quartier Stalingrad, à Paname (*) ; c’est qu’il fallait jouer des biscottos au lendemain d’une soirée qui a vu les riverains du quartier se rebeller contre l’omniprésence des toxicomanes (et donc des dealers) à coups de mortiers d’artifice. Sachons bien que c’est à la police de faire ce boulot, pas aux citoyens ! Non mais… Moralité, une fois les flics partis patrouiller ailleurs, on sera ramenés au problème précédent ; les toxicos, c’est comme la marée, ça se retire, et puis ça revient ! )

Mais je change de sujet – enfin, pas vraiment. Des parlementaires ont, en séance d’Assemblée, osé proposer la légalisation du cannabis récréatif – le cannabis thérapeutique, ça avance douuucement. Faits à l’appui, ils ont argumenté… a) que la politique répressive est largement inefficace, genre panier percé ; b) qu’on est dans un discours d’une hypocrisie totale : on sait que tout plein de Français fument – des trucs de plus en plus dangereux, paraît-il – mais la fable veut que par chez nous ça ne se fait pas. Les drogues ? on peut se descendre très légalement derrière la glotte un litre d’anisette pure (**) achetée chez l’épicier du coin, cloper deux paquets de Barlmoro par jour, les poumons bien bitumés, mais le pétard, non ! La réponse du Darmanin de l’Intérieur à cette évidente provocation de députés irresponsables a été cinglante : non môssieur on ne libéralisera pas. On continue comme ça, donc. Des peaux d’sauss devant les yeux, comme on dit à Lyon. C’est ridicule ? Ben oui.

Tibert

(*) Paname, ça évoque une ville qui avait de la gueule, de l’ambiance, du bon-vivre. Aujourd’hui c’est une métropole laide, taguée à mort, dangereuse … hors les quartiers des ministères et les enclaves rupin, évidemment. Il ferait beau voir que Place des Vosges on laissât fleurir d’horribles graffiti sur les rutilantes portes cochères ! Mais sur les rideaux métalliques des épiceries de quartier dans le 19 ème, bof…

(**) A consommer con moderación, ça va sans dire   😉