Mais vous en êtes un autre !

Comme le fait indirectement remarquer un lecteur, les médias papier, télé, radio, internet redeviennent à peu près fréquentables : on en est aux queues de dithyrambes, si j’ose écrire, sur Feu monsieur Smet ; l’atmosphère redevient respirable. Monsieur Aznavour, tenez bon ! qu’on ait un peu de temps pour traiter d’autres choses.

Ouais, bon… ah oui, une grève des RER à Paris. La routine, quoi… Parisiens, mes amis, je vous plains. Sachez, c’est réconfortant, que c’est forcément pour un excellent motif que vous galérerez, et puis vous avez l’habitude : « tensions chroniques [qui] dégradent significativement l’offre de transport, aux antipodes du service que sont en droit d’attendre les usagers»… ce sont les syndicats grévistes qui annoncent ça. C’est sûrement de l’humour.

Et puis le plat de résistance en guise de dessert : sur le Parigot… Stéphanie de Muru (jamais entendu ce nom auparavant) rejoint la chaîne radio « Russia Today ». Apparemment cela dérange certains quelque part, je ne sais pourquoi, et c’est de peu d’intérêt ; mais tenez, cette perle, dans l’interview de la star : « Je n’ai de leçon d’intégrité à recevoir de personne !« . J’adore ce genre de propos, qui s’échange fréquemment entre politiciens. Je ne sais pas ce qu’il en est pour la Stéphanie en question, et je m’en tape ; mais s’agissant des politiciens, je vous traduis : « Oui, je sais, je suis un salopard, OK. Pourri ? oh eh, doucement… mais… vous en êtes un autre, et comment ! et pour enfoncer les autres faudrait d’abord avoir les cuisses propres. Sur ce point-là, on est du même bord, cher ami. »

Cela s’appelle se tenir par la barbichette. Et ce n’est pas drôle, pas de quoi se marrer.

Tibert

 

 

Si on passait à aut’chose ?

J’en ai, vous en avez peut-être, on est nombreux  à en avoir ras la casquette des développements médiatiques massifs sur le décès d’un chanteur de variétés nommé Smet, alias J. Halliday. Pitié, passons à autre chose, c’est confondant de bêtise et de complaisance douteuse.

Donald T. le massif blond brutal nous a pondu pendant ce temps-là, pendant que la France en affliction pleurait à jet continu son défunt troubadour septuagénaire, nous a pondu une décision qui va sûrement arranger les choses au Proche-Orient. Déplacer l’ambassade des USA en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, c’est signer l’arrêt de mort de décennies d’une diplomatie faux-cul et délétère, appelant en façade Israël à la modération et au dialogue tout en lui fournissant assistance, sollicitude, et toute l’aide possible pour ses efforts de guerre. La provocation « trumpienne » a au moins le mérite de casser ce jeu sournois et malsain : on voit désormais très clairement pour quelle cause roulent les USA. Maintenant, que ça entraîne des violences, que ça ferme un peu plus les très ténus espoirs de règlement pacifique du différend israélo-palestinien, alors là, il s’en fout, Donald : il fait plaisir à son électorat, c’est là tout ce qui compte. America First, qu’il nous dit, quelles qu’en soient les conséquences planétaires.

Tibert

C’est délicate de traiter de la neutre…

Oui, je sais… Johnny, ah que… gnagnagna… rocker… idole… manque… vide, etc. Oh, manque… pas tant que ça, je n’ai jamais déboursé UN centime pour abonder son compte en banque, concerts, disques, films : zéro. Mais saluons l’homme, le pro du spectacle, sinon ses réalisations. Au fait, Jean d’Ormesson aurait pu lui laisser la priorité, à trois jours près : après vous, cher monsieur, je vous en prie ! Mais non : résultat des courses, premier d’Ormesson, deuxième Smet. Ce qui va accélérer fissa le passage du premier aux oubliettes journalistiques ; Johnny c’est autrement meilleur à tartiner médiatiquement (**).

Mais bon… je pensais, cette nuit, dans ma tête, ignorant du drame apocalyptique dont je vous cause ci-dessus. Je pensais au neutre ! y a-t-il un genre neutre dans notre langue ? on me dit à ma gauche-gauche, non. Masculin féminin et basta, le masculin l’emportant etc etc…, règle honnie qui fait problème de nos jours – citons la « grande souffrance » (sic) des petites filles découvrant cette injustice grammaticale, selon les promotrices de l’écriture inclusive. Nous avons ainsi à faire face à l’émergence indigeste du sexuellement correct, qui veut qu’on cite les divers sexes de manière exhaustive, qu’on les voie tous bien !

Moi je vais vous dire : j’aime la concision. En maths on utilise élégamment la notion d’ensemble : tous les membres de l’ensemble Grand-E, qu’ils soient moches ou beaux, vieux ou laids, héritent des propriétés communes à Grand-E. Ce qui m’épargne l’énumération besogneuse de chacun de ces éléments. Eh bien, pour moi le genre humain est un ensemble Grand-H. Tout homme est mortel – les femmes aussi, donc.

Bon, soit, mais le neutre ? tenez, la phrase « C’est tout de même malheureux de devoir expliquer ça« . « C’est malheureux de… » c’est du neutre. C’est « on », l’indéfini, qui est neutre. « On a bien rigolé » : des hommes? des femmes ? des trans ? des… on s’en fout, on a bien rigolé. Il se trouve, c’est historiquement hélas indéniable, et quelle souffrance, que le neutre se confond avec le genre grammatical masculin. C’est comme ça, et si l’on veut faire concis – les journaleux en sont à écrire massivement de l’anglais parce que c’est plus soi-disant plus concis, « black friday » est en effet plus court d’un caractère que « vendredi noir » (*) – c’est pertinent, vu qu’au féminin on ajoute parfois, pas toujours, des lettres. « C’est difficile de…« , c’est kif-kif, mais « C’est malheureux que… » fait plus court que « C’est malheureuse que…« . Pas de beaucoup, mais sur tout un texte…

Bon, j’arrête là, je sens que je vais me faire des inimitiés. Mais pourtant, le neutre existe ! eppur’, si muove.

Tibert

(*) Vendredi Noir c’est sinistre, ça ne fait pas vendre. Tandis que Black Friday, là, je sens qu’on va faire des affaires.

(**) La débilité gagne du terrain à grand pas : une ovation debout  (en anglais, of course, « standing ovation« , ça fait plus debout) pour Johnny ! et où ça ? pas à son fan-club, non, à l’Assemblée Nationale. Bravo les gars…

Pingouins et limaces

J’ai craqué ! tel le lecteur assidu de Marie-Patch ou de Points-de-Cul-Images-Du-Monde (ça existe peut-être encore ? au moins sur les tables basses des salles d’attentes des coiffeurs et des dentistes ?)  j’ai visionné la petite vidéo qui illustre le prologue du dîner de gala, bref le banquet des prix Nobel à Stockholm… le prologue : arrivée majestueuse, lente et solennelle, avec musique appropriée, des invités qui valent quèqu’chose (les autres dans la salle en bas, qui regardent processionner les lents et majestueux invités, ce sont probablement les figurants embauchés pour la soirée – boulot vachement saisonnier – et puis le petit personnel ). Superbe ! des rangées de casquettes d’étudiant.e.s (*), et puis des fracs, noeuds-paps, looongues robes colorées… du beau linge ! Et je ne puis m’empêcher de penser qu’Alfred Noble, pardon, Nobel, avait du pot de s’appeler comme ça. Nobel : ça le fait, ça sonne bien pour un prix ! Mais si monsieur Nobel s’était nommé Donald Mach’prout, Roger Zunic ou  Marcel Dubeur, qui en voudrait, de son prix ? le Prix Zunic, le prix Dubeur…

Et puis je lis qu’ « ils » songent sérieusement à limiter la vitesse tout partout à 80 km/h, nationales ou départementales. C’est que la vitesse c’est accidentogégène ! Donc le brave con qui se traîne à 82 km/h derrière cinq semi-remorques (dans l’ordre : lituanien, bulgare, roumain, hollandais et portugais) en procession sur une nationale sans problème – sans espoir de les doubler, est-il besoin de le préciser ? – va se faire aligner, chauffard, assassin !… pendant ce temps-là, les furieux qui se moquent des panneaux, des lignes continues, des stops et des priorités à droite, les malades qui textent d’une main et d’un oeil tout en conduisant, les cinglés qui ne connaissent que la poignée dans le coin ou le pied au plancher et qui vous collent au cul pour doubler quoi qu’il advienne, les éponges zigzagantes et imbibées à 1,8 g. par litre de sang, les inconscients qui pilotent tout en farfouillant dans la boîte à gants à la recherche de leur briquet, les radins qui ont acheté leur bagnole sans l’option clignotants et tournent brusquement à gauche…  tous ces braves petits pour qui les textes réglementaires sont lettre morte, pourront continuer à pourvoir les statistiques de mortalité routière, en y invitant les malchanceux qui passeront là au même moment.

« Ils » continuent à bien saisir le problème, là-haut… faut-il le rabâcher ? durcir les lois, les règlements, c’est juste punir les gens qui les respectent. Alors qu’il faudrait enfin et d’abord s’en prendre à ceux qui s’en foutent, des règlements.

Tibert

(*) Echantillon gratuit d’inclusivité scripturale. Attention !  ne pas lire « étudiant point e point e s« , c’est moche, c’est laid et c’est illisible, mais « étudiants et étudiantes » : des fois qu’on n’aurait pas remarqué sur la vidéo qu’il y a des robes longues. Il y a les deux sexes ? voire plus ? donc il faut l’écrire explicitement, sinon on ne les voit pas vraiment bien, les femmes, on n’y pense peut-être pas, ce qui est dommage, tout de même. Elles aussi elles ont le droit d’être sur la photo et qu’on le spécifie. Donc : « tou.te.s » bien « habillé.e.s » ; lire « tous bien habillés, et toutes bien habillées« , ou « tous et toutes bien habillés et bien habillées« , en articulant bien la fin, « habillé-heus » – les deux versions sont correctes, correctes et concises et gracieuses comme des parpaings. Ou des briques (la brique est la femelle du parpaing).

Tricot, belote et butinage

On nous le cachait soigneusement, ou du moins c’est le genre de sujet sur lequel on ne communiquait pas, et pour cause ! les services administratifs de la Région Ile-de-France étaient officiellement – mais chuut ! – au régime 1.568 heures par an, au lieu des théoriques 1.607 heures, soit les Saintes-Trente-Cinq-Heures de madame Aubry – créatrices d’emploi, oh combien, surtout quand on ne les fait même pas.

Vous pourrez vous faire plaisir en lisant à ce propos cet article circonstancié, annonces, réactions des syndicats de fonctionnaires dans le sens que vous pourrez deviner, etc. Mais allons plus loin, au delà des décisions apparentes : pour quoi faire, ce supplément de présence sur les lieux de travail ? car si la charge de travail ne varie pas, si les attributions de postes n’évoluent pas, si les missions sont inchangées, le travail accompli (réel, éreintant, correct, léger, anecdotique, virtuel, bidon… selon le cas) sera fait dans des tranches horaires élargies. Ce qu’on pouvait ainsi voir de visu par les fenêtres de la Mairie de Paris, centre Morland, au printemps 1973 (*) : tricot, belote ou bridge suivant le niveau de qualification administrative, repas à rallonge, rêvasseries, lectures récréatives… va se vérifier à l’Ile-de-France, avec le puissant adjuvant de l’Internet d’aujourd’hui ! des youyout’entubes, des butinages, des crapettes… autant de possibilités juteuses et consommatrices de temps.

Bref on change le contenant, belle démarche, ce n’est plus la situation choquante d’avant, mais quid du contenu ? ce sera donc vraisemblablement, sans doute, la même soupe – mais avec un emballage moins moche !

Tibert

(*) Je sais, c’est très lointain, 44 ans ! mais la nature humaine n’a, je pense, pas sensiblement changé depuis.

Lénine et Jean-Paul II sont dans un billet

D’abord, je lis ce truc dans le Figaro matinal, à propos des résultats moches et désespérants des rugbymen français :  » Et maintenant, on fait quoi ?  » (*). Ce qui me fait irrésistiblement penser à cet opuscule fameux de Vladimir Ilitch Oulianov, « Que faire ? », qu’étudiaient studieusement (!) tous les maos et jeunesses marxistes radicales des années soixante… Lénine aurait probablement dû intituler son opuscule  » On fait quoi ? « , c’est quand même plus journalistique, et puis surtout corvidien, et terriblement laid. Qwwah ? qwwah ? Que faire, mon Dieu, que faire ?

Mon Dieu, justement, tiens… aviez-vous remarqué que Dieu ( enfin, l’être suprême, le top du top) est masculin ? bon, je n’insiste pas, ça va encore déclencher des tempêtes. Mais nous voilà ainsi, admirez la transition, aux pieds de la nouvelle statue de Jean-Paul II à Ploërmel, statue coiffée d’une copieuse et massive croix manifestement chrétienne. Croix qui fait débat, pour (racines chrétiennes, fille aînée de l’Eglise, etc…) ou contre (laïcité, nom d’une pipe !). Moi je vais vous dire : représenter Gainsbarre ou Prévert sans la Gauloise au bec, c’est nous donner à voir un couteau sans lame : la Goldo fait partie du personnage, comme l’écharpe rouge à Tonton, la verrue sur la joue à Mao et le cigare à Churchill. Donc, le papam Jean-Paul II ? AVEC sa croix, évidemment, le pôvre, il y tenait – il s’y cramponnait, sur la fin ! Mais une croix à sa taille, en proportion, pas un bras d’honneur de quatre mètres de haut à la laïcité. La laïcité, c’est le rempart contre tous les empiètements des dévôts et des obscurantismes ; la laïcité, c’est sacré, si je puis dire.

Tibert

(*)  » On fait qwwah ? « eh bien si l’on commençait par s’apercevoir que le rugby n’est pas, dans son esprit, un sombre et massif pugilat de tranchées, mais un jeu d’adresse, de feintes et de déplacements vifs ? et qui devrait être plaisant à regarder, pas une punef’ ? ce serait déjà moins sinistre.

Attention où vous marchez !

J’ai la flemme, aujourd’hui. La cosse, la grosse fatigue de bloguer. Hier, tiens, venant sur le trottoir face à une nana qui ne zieutait bien entendu que son mobile (*), je me suis amusé à rester pile-poil en face, pour voir… ça n’a pas loupé, on a failli s’emboutir. Pour vous dire : ils et elles deviennent autistes, sourds et aveugles – cons, aussi, légèrement sur les bords – vissés à leur mobile.

J’ai là sous le pied un texte sur le sujet – pas de moi, mais un lecteur assidu et réactif me l’a obligeamment communiqué. Je vous le ressers donc texto, verbatim comme disait Jules César à Cicéron.  Avec ses qualités et ses défauts : ce n’est pas de moi, mais d’un monsieur Dupuis. On l’applaudit ! c’est à vous, monsieur Dupuis.

Tibert

(*) J’en ai marre des « smartphones » : ils sont tous « smart » maintenant, ou quaïment. Donc « mobile » suffira désormais : c’est aussi clair, c’est plus court, et au diable l’intelligence du téléphone – l’intelligence des types qui nous ont balancé cette bombe planétaire dans les pattes.


L’effet des smartphones sur nos jeunes est plus qu’effrayant
Chère lectrice, cher lecteur,
Personne, je pense, n’avait anticipé la catastrophe historique provoquée par les smartphones.
La psychologue américaine Jean M. Twenge étudie depuis vingt-cinq ans le comportement social et affectif des jeunes. Elle a observé ces dernières années un séisme. Dans un article intitulé « Les smartphones ont-ils détruit une génération ? », elle explique que tout a changé à partir de 2012.
Cette année-là, plus d’un ado sur deux était équipé d’un smartphone. Aujourd’hui, c’est quatre sur cinq.
Durant cette période, les évolutions suivantes se sont produites. Elles concernent toutes les classes de la population, riches ou pauvres : les symptômes dépressifs se sont accrus de 50 % chez les filles et de 21 % chez les garçons, de 2012 à 2015 ; le nombre de filles qui se sont suicidées a triplé entre 2007 à 2015, et celui des garçons doublé ; le nombre de jeunes qui voient des amis tous les jours a baissé de 40 % entre 2000 et 2015 ;
actuellement, les jeunes de 16 ans sortent moins que ne le faisaient ceux de 12 ans en 2009. Ils sont en train de cesser progressivement de sortir et de se socialiser dans les parcs, squares, etc., et restent seuls chez eux avec leur smartphone ; en 2015, seuls 56 % des élèves de terminale sont « sortis » avec quelqu’un, contre 85 % des jeunes dix ans plus tôt, un chiffre qui était stable depuis les années 1960 ; le nombre d’enfants qui manquent de sommeil a augmenté de 57 % entre 1991 et 2015 ; aux États-Unis, où l’obtention du permis de conduire était le rêve de tous les jeunes autrefois, le passeport pour la liberté, on observe un désintérêt massif des adolescents, qui préfèrent rester dans leur chambre sur leur smartphone et se faire conduire par leurs parents ; concernant la consommation d’alcool, les rencontres amoureuses, les adolescents se comportent comme nous le faisions à 15 ans, et ceux de 15 ans comme nous le faisions à 13 ; s’ils sortent moins souvent, les rares fois où ils le font sont abondamment communiquées sur Snapchat, Instagram ou Facebook. Ceux qui ne sont pas invités se sentent donc cruellement exclus : le nombre de jeunes filles se sentant rejetées et isolées a augmenté de 48 % de 2010 à 2015 et le nombre de garçons de 27 %.

« J’essaye de leur parler et ils ne me regardent pas. Ils regardent leur smartphone »
Lorsqu’ils se confrontent malgré tout aux enfants de leur âge, leur manière d’interagir est profondément dégradée. En effet, bien que physiquement ensemble, cela n’interrompt nullement le fonctionnement des smartphones.
« J’essaye de leur parler de quelque chose, et ils ne me regardent pas droit dans les yeux. Ils regardent leur téléphone ou leur AppleWatch », témoigne une jeune fille dans l’article cité ci-dessus. « Et qu’est-ce que ça te fait, quand tu essayes de parler à quelqu’un en face-à-face et qu’il ne te regarde pas ? », lui demande la psychologue. « Cela me fait mal. Mal. Je sais que la génération de mes parents ne faisait pas ça. Je peux être en train de parler de quelque chose de super-important pour moi, et ils ne m’écoutent même pas. »
Oui, on imagine que ça fait mal, en effet…

Piégé par mon smartphone
En ce qui me concerne, j’ai tenu sans téléphone mobile jusqu’à il y a quelques mois. Pendant longtemps, je me suis débrouillé avec des «télécartes ». Mais les cabines publiques ont peu à peu été supprimées. En cas d’urgence, j’étais obligé d’emprunter le téléphone des gens. Mais avec le smartphone, ils sont devenus de plus en plus réticents à cause de toutes les informations personnelles ; trop dangereux de laisser ça entre les mains d’un inconnu, aussi sympathique soit-il.
Mais c’est ma banque qui a eu raison de mes résistances…
Comment ma banque m’a vaincu
Au mois de février, ma banque m’a envoyé un courrier m’expliquant que tous les clients devaient désormais utiliser leur smartphone pour « scanner » un code apparaissant sur l’écran pour accéder à leur compte… Penaud, j’ai acheté un smartphone. J’étais décidé à ne m’en servir que pour la banque mais, bien sûr, très rapidement j’ai passé mes premiers appels et il s’est mis à sonner en retour…
La chute
En juillet, je m’en servais, pour la première fois, connecté à ma voiture. En août, ma fille m’installa Whatsapp, et m’inscrivit au groupe de la famille, ce qui me valut de sentir des vibrations toutes les cinq minutes, et voir apparaître toutes sortes de « notifications » sur l’écran que ma curiosité avait le plus grand mal à ignorer…
Peu à peu, ma vie a basculé. Il y a dix jours, je me suis retrouvé pour la première fois à me promener dans la rue en « textant ». J’ai alors levé le nez autour de moi. Je ne regardais plus le ciel bleu. Je n’entendais plus les oiseaux chanter. Je ne souriais plus aux passants (ni aux passantes…). J’étais dans la prison psychique de mes messageries et je me suis rendu compte que la plupart des gens autour de moi étaient… pareils.

Le patron d’Apple avait interdit l’iPhone à ses enfants
Ce matin, un article explique que le grand Steve Jobs, patron d’Apple, avait interdit le smartphone à ses enfants. De même pour Bill Gates, fondateur de Microsoft, qui ne voulait pas d’ordinateur chez lui.
Y avait-il quelque part un problème que ces « génies de l’informatique » avaient remarqué et dont leurs clients ne s’étaient pas aperçus ?
« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… »
Les gens sont en train d’oublier combien la vie était douce avant ces engins. Moi je m’en souviens, je vivais ainsi il y a quelques mois encore.
Je montais dans ma voiture, ou dans le train, et je partais réellement.
Je ne poursuivais pas la conversation avec les gens que je venais de quitter. Les séparations étaient plus dures, mais les retrouvailles étaient aussi beaucoup plus intenses.
En voyage, je lisais. Dans ma voiture, je rêvais. J’écoutais de la musique sans jamais être interrompu par un brutal appel téléphonique.
Quand j’arrivais chez des amis, j’étais présent, je ne poursuivais pas des échanges parallèles avec des collègues ou d’autres personnes à des centaines de kilomètres de moi. C’était plus agréable pour tout le monde.
En réunion, au travail, je me concentrais uniquement sur les problèmes discutés autour de la table. Je n’avais pas le choix. Impossible de m’évader en appuyant sur un écran pour recevoir des nouvelles de ma famille ou de mes amis, ou encore pour traiter les questions liées à d’autres collègues, autre part.
Je comprends bien l’aspect excitant de ces machines. Vous êtes tout le temps stimulé. Vous vous sentez important. Vous avez l’impression d’être dans le coup, de mener une vie trépidante. Vous êtes enivré. Le grand frisson de la vie moderne, connectée, toujours en mouvement.
Vous recevez de délicieuses décharges d’adrénaline chaque fois que ça bipe, que ça buzze, que ça sonne.
Mais si vous regardez les choses en face, vous risquez aussi beaucoup plus de devenir un zombie dépressif.
Alors, cette fois, c’est décidé : je laisse mon smartphone à la maison ! Une fois par mois, je consulterai mes comptes, et ce sera tout.
Je brise mes chaînes. Je retourne dans le monde normal. Je dis stop à la dépression, aux insomnies, aux idées suicidaires. Adieu, mon smartphone !
À votre santé !
JM Dupuis

Les femmes et les enfants ?

EmMac, le Chef en Chef de nos armées, se sent des « rangers » victorieuses aux pieds : ça y est, nous annonce-t-il, NOUS avons quaïment vaincu Daech – ou c’est imminent. Saluons donc cet exploit de nos soldats, modestement appuyés par les Russes, les Kurdes, les Syriens loyalistes, etc.

Et puis j’ai bouquiné l’article du Parigot consacré aux résidus français des forces daëchiennes, et, ma foi, une chose m’a interpellé : on y traite durement des hommes (les combattants, forcément !) dont notre ministre des Armées dit sobrement « Si des djihadistes périssent dans ces combats, je dirais que c’est tant mieux » (c’est raide mais c’est la guerre !) – tandis que le sort des femmes et enfants est clairement disjoint ! Je cite Le Parigot :

« Après la chute de Raqqa (…) une vingtaine de familles ont envoyé un courrier au président de la République pour plaider en faveur du rapatriement des femmes et des enfants en France. « Il n’est pas question de minimiser la responsabilité de nos filles qui se sont laissées manipuler, mais simplement de rappeler à notre mère patrie qu’elle ne doit pas rejeter ses enfants, même égarés ». C’est émouvant, c’est beau comme du Musset.

Mais là je m’interroge : où sont planquées les féministes ? personne chez elles pour exiger un traitement égal aux hommes ? il n’y avait donc aucune guerrière chez les Daëchien.ne.s ? aucune femme n’y a pris part aux combats ? toutes à garder les mioches à la maison, coudre les ceintures d’explosifs et préparer le couscous ? à l’heure où les militant.e.s de l’écriture inclusive (*) nous pourrissent la langue – avec la fervente complicité des journaleux pour faire mousser – cet article sexiste et macho fait tache : « Nos filles (…) se sont laissées manipuler » ! quelle image passéiste, dégradante de la femme ! non, monsieur le Président, ici comme partout, l’égalité homme-femme s’impose, doit s’mposer.

Tibert

(*) D’aucuns proposent, au lieu de l’indigeste, militante et lourdingue écriture inclusive, de revoir les accords dans le sens dit « de proximité », le dernier cité l’emportant. Le masculin ne s’imposerait pas d’office, « Ils sont partis joyeux » (même avec cinquante femmes tristes pour un seul homme gai), mais selon le cas : « les gars et les filles sont parties joyeuses« , ou « les filles et les gars sont partis joyeux« . Ouais… c’est jouable… un peu délicat mais jouable, contrairement à l’aberration inclusive.

Noël au clairon, pas qu’au …

… pas qu’au… Pâques aux… allez, trouvez-moi une rime en -on, et pas grossière siouplait, c’est pour Noël.

Oui, Noël ça se prépare de plus en plus tôt, grosse affaire, et cette année les éboueurs sont passés me taxer d’un biffeton vers la Toussaint – mais c’était pour leurs petits souliers de Noël, qu’ils m’ont dit, dame faut anticiper – et le facteur leur a emboîté le pas deux jours plus tard ! manque plus que les pompiers, à la bourre finalement, quoique 6-7 semaines avant la supposée naissance du Petit Jésus dans sa cré-crêche.

Hier madame Kidman, Nicole, blonde et maquillée façon drague-couine, a inauguré devant les badauds et les télés du monde entier la vitrine de Noël du grand magasin Le Printemps, à Paris, boulevard Hausmann (pouvez pas le louper, c’est juste en face le derrière de l’Opéra Garnier). Ce fut beau, on se serait cru à Cannes au festival, les marches en moins, dixit le Parigot. Mais il y eut des râleurs, celui-ci, tenez : « Dommage que cela présente des produits et pas assez de jolis sapins. Ce n’est pas assez l¹esprit de Noël ». Voilà, « y a trop de produits« , soi-disant ! non mais, y a toujours des grincheux pour gâcher la fête au tiroir-caisse. D’abord y en a pas, des sapins, à Bethléem, c’est des oliviers.

Pour l’esprit de Noël bien avant l’Armistice (le 11 novembre, celui de 14-18, the Boucherie avec un Grand B majuscule), voyez les forains ! les forains qui bloquent Paris, vu que la maire Hidalgo veut plus du marché de Noël. Trop de produits ? évidemment que oui, des bougies farpumées et des  sapins-pain d’épices, des foies gras made in PRC et des bonnets en laine blanc-rouge fabriqués aussi là-bas, très très loin, mais venus pile-poil au bon moment par porte-containers… eh bien la maire de Paris elle en veut plus, de ces guignoleries à claquer du fric connement (remarquez, le prétexte c’est comme d’hab « pour votre sécurité« , bien entendu). Alors forcément, les forains ça leur fait du manque à gagner ! on peut plus faire la fête nom de diou ! et donc ils bloquent tout le monde, c’est bien normal.

Voilà, comme on dit (soupir…), c’est bientôt Noël, pfffft…, et vivement qu’on ait passé l’Epiphanie et la galette à la frangipane, c’est d’un pénible, toutes ces fêtes !

Tibert

Elémentaire mon cher Dugenou

J’ai assez bonne mémoire, surtout les chiffres, et justement ce matin, lisant la presse-pas-papier, la presse-sur-Toile donc, j’y apprends (c’est Le Monde qui s’y colle) qu’un groupe important de touristes « asiatiques » – ils sont repartis vers la Chine : des touristes chinois, pourquoi ne pas le dire –  se sont fait dévaliser devant l’hôtel 3-étoiles de Fresnes (9-4) où ils séjournaient : attaque par quatre malfrats arrivés et repartis en bagnole avec des mines patibulaires, des intentions malveillantes et des gaz lacrymogènes : main basse sur montres, portefeuilles, smart-faunes et sacs à main, bref l’attaque de la diligence.

L’article ne le dit pas, mais ce n’étaient pas quatre pelés devisant devant l’hôtel tout en fumant leurs clopes qui se sont fait agresser, mais tout un groupe, réuni là, donc, vers 20 h 30, pour un mouvement collectif et vespéral genre déplacement en car pour une visite, disons le comptoir, l’arrière-salle et les jeux de billard du sympathique et typique « Café des Sports » d’un bled voisin, avec dégustation de rosé mousseux demi-sec élaboré en cuve close.

Or, tenez-vous bien, c’est là que c’est fort, jetez un oeil à ce vieux billet du 3 août 2016, « Con trastes » que j’avais écrit, ému d’avoir appris l’attaque visant un car de touristes chinois devant leur hôtel, perpétrée dans le 9-3 près de Roissy : le même mode opératoire, pile-poil. Sauf que là les touristes se préparaient à rejoindre l’aéroport pour s’y envoler vers chez eux.

Bon, moi « je dis ça, je dis rien », comme on dit en sifflotant d’un air entendu tout en s’inspectant les ongles de la main gauche : y a un truc à creuser, là, des rapprochements à faire, ça tombe sous le sens. D’abord ces irruptions de malfrats sont manifestement orchestrées à l’avance, ils doivent avoir des complices sur place pour être ainsi informés des mouvements collectifs de leurs victimes… mais surtout, on s’en prend, par DEUX FOIS, à des Chinois ! ce n’est pas un hasard, non ? Déplorons ici l’absence d’un ONS, un Observatoire National contre la Sinophobie, qui compterait les actes sinophobes, comme on compte d’autres actes hostiles à certaine religion, et gageons que, lecteurs assidus de mon blog et armés de mes commentaires éclairants, les fins limiers du 9-3 et du 9-4 réunis mettront enfin la main au collet des malfaisants. Trop c’est trop.

Tibert