Montrachet versus Père Julien

En cette dure aridité journalistique de juillet, réduite, c’est dire, au Tour de France, voilà du supposé juteux et neuf : le précédent titulaire du poste de Président de l’Assemblée Nationale, monsieur De Rugy, a paraît-il organisé des gueuletons somptueux en son pied-à-terre professionnel, l’hôtel De Lassay… des gueuletons à nos frais, ça va sans dire, sinon ça n’aurait pas intéressé les journaleux. On y a dégusté du homard de concours et bu du Château Cheval Blanc (*), des trucs ruineux… Là où le bât blesse –Médiapart le dit, avec toute la bienveillance qu’on lui connaît 😉  – c’est que De Rugy y aurait invité ses amis : pas des repas d’affaires, donc !
Médiapart contre Gala, en somme, en un match assez équilibré… madame De Rugy bosse en effet pour le second, brouet journalistique pipôle, dont d’antiques exemplaires fatigués meublent classiquement, accompagnés de Notre Temps, les pénibles attentes chez le dentiste. Médiapart serait-il jaloux ?

Mes amis, il n’y a là aucun scoupe, c’est populiste, c’est d’un banal ! on soulève là pour la n-ième fois un coin du voile sur l’inusable même scène, extraite du vaudeville « La soupe est bonne » , sur le thème de l’usage traditionnel, gaspillatoire et douteux des deniers publics. Si De Rugy a claqué un chouïa de nos impôts en bouffes abusivement somptueuses, il n’est que le successeur d’innombrables fines gueules à nos frais.
C’est un grand classique, tenez : au cinéma… L’exercice de l’Etat. On y voit Michel Blanc, Chef de Cabinet du ministre des Transports Olivier Gourmet – un nom prédestiné – se taper une copieuse collation faite maison avec un copain de promo de l’ENA, alias Didier Bezace, venu discuter carrière en privé : il arrose son mâchon, non d’un « Vieilles Treilles » de chez Magnat-Villages, acheté la veille chez l’arabe du coin, mais d’une bouteille de Montrachet bien évidemment prélevée sur la cave du ministère. Il est vrai qu’il bosse à pas d’heures, c’est dur, l’exercice de l’Etat… faut se sustenter…
Un autre ? Les saveurs du palais, bâti sur une histoire vraie : Catherine Frot en cuisinière personnelle de Jean D’ormesson-Mitterand, lui concoctant de petits soupers « tout simples » à l’Elysée : eh oui, c’est fatigant, la bouffe de la Cuisine Centrale tous les jours. Et d’aller chercher en catastrophe et en TGV 1ère classe de belles truffes fraîches, du côté de Brive, pour raviver les papilles fatiguées de Tonton…

Bref : rien de nouveau, Médiapart en mal de copie nous ressort là de vieux clichés sur le mode de vie de nos princes républicains, et De Rugy est fondé à réagir façon « ben quoi… c’est banal, normal… pas de quoi s’esbaudir »…  Là est le drame, mes amis : c’est effectivement normal ! s’humecter le gosier au Ministère entre grosses légumes ou proches amis avec un honnête Corbières à 10 balles ? se taper de la lotte au lieu du homard (**) ? non mais, vous rigolez, ou quoi ? Il ne peut y avoir que du haut de gamme dans les frigos des ministères ; on ne fait pas les courses chez Lideul, dans les ministères.

Tibert

(*) Du Saint-Emilion – rouge évidemment – sur du homard ? il doit y avoir maldonne.

(**) voir plus haut, même anomalie d’accord mets-vin. Quoique, de la lotte (de la baudroie) à la bordelaise ?

Al Capone et le surpoids

( Je me marre silencieusement à lire les taux de réussite à la reconnaissance faciale publiés par Scotland Yard, suite à une étude indépendante : 19 % de bon ! C’est-à-dire que sur 100 visages scrutés par les caméras dans la foule, 81 sont attribués à d’autres que leurs propriétaires, ou à personne. Encourageant : nous avons encore quelques chances d’échapper à l’oeil infaillible de Big Brother. Pourvu que, passant dans la foule, on ne me prenne pas pour la réincarnation de Lucky Luciano… )

Et puis j’ai apprécié ce fait divers (d’hiver ?) qui démontre, une fois de plus, la stupidité des normes de poids appliquées aux vols commerciaux, et illustre la goinfrerie des compagnies aériennes soi-disant à coûts bas : Easy-Jette réclamait 106 euros de surtaxe, rien que ça, à un passager, vu que sa valise était au dessus du poids limite. Hop, ni une ni deux, notre homme ouvre le bagage, enfile quinze couches de fringues sur lui, et la valise de redevenir vertueuse et sans surtaxe. Notre homme-bibendum a suscité, lui, les soupçons des agents du contrôle de sécurité, ils ont dû l’éplucher, mais c’est une autre histoire.

Moralités :

–  106 euros pour quelques kilos en trop, c’est de l’arnaque : boycottez ces compagnies avides !

– C’est le poids TOTAL qui compte ! un jockey de 47 kilos avec deux grosses valises totalisant 40 kilos pèse toujours moins lourd qu’une mémère enveloppée de 85 kilos accompagnée de son seul nécessaire de beauté (3 kilos de crèmes et onguents divers). Il est totalement injuste de faire payer les petits rachitiques au même tarif que les gros lards.

–  Il existe donc des gens assez stupides pour voyager en plein été avec des monceaux de fringues inutiles…

Tibert

Boom-boom, faîte de la musique ?

( Je lis ça dans un canard du matin, à propos de la préoccupante disparition des commerces de centre-ville : « Les enseignes préfèrent s’installer dans les grands centres commerciaux de périphérie, où les loyers y sont bien plus modiques. »  Et voilà ! enflure et redondance. Ecrit proprement et sans mettre du beurre sur le saindoux, ça donne … de périphérie, où les loyers sont bien plus… ; sous une autre forme : … de périphérie : les loyers y sont bien plus… (*) Mais broutilles que tout cela. On cause français, oui ou zut ?  c’est clair, non ? kess y vient nous faire ch…, çui-là ! )

Et puis j’ai tenté d’approcher quelques coins sympas à l’occasion de la supposée Fête de la Musique. J’ai vite battu en retraite : le niveau de décibels avoisinait en bien des endroits celui d’un tarmac d’aéroport quand un jet décolle. Sur une placette, une guitare sèche tentait d’accompagner une jeune chanteuse sans sono ( unplugged, écriraient les journaleux francophones) : chante belle merlette, égosille-toi, personne n’avait aucune chance d’ouïr ton chant, sauf à se coller à un mètre cinquante. Au reste c’était en fait la fête des gobelets de bière en plastique probablement pas recyclés ce soir-là, sinon recyclables (le demi, 3 euros ; la pinte ou le demi-litre (**), 5 euros, tarifs quasi uniformes tout partout) ; et puis tous les acharnés à cogner sur leurs grosses caisses, ou à hurler dans leurs micros, pas si cons, avaient des tampons d’oreilles, eux. Faire de la musique avec des tampons d’oreilles… image savoureuse, sinon affreuse  ! il y a là un oxymore sonore, ou une couille dans le pâté, si vous y tenez.

Pour me consoler, je me suis joué à la maison les Danses de travers, de Satie. C’est beau, tout simplement, même sans tampons d’oreilles.

Tibert

(*) Dans la même veine, il y a quelques lustres, la délicieuse Françoise Hardy nous susurrait « C’est à l’amour auquel je pense » – sûrement pas à la rigueur grammaticale.

(**) A choisir ? c’est selon. La vraie pinte britannique-nique fait en principe 0,588 litre, quand celle d’Amérique du Nord n’en fait que 0,437. Je soupçonne les bistrotiers, allez savoir pourquoi, de pencher pour la seconde.

Potentiellement Easy

Juste un petit mot sur notre langue et le langage : je lis à propos d’un modèle de trottinette électrique qui doit être rappelé par son constructeur (chinois, what else ?) pour cause de vice de fabrication – modèle non distribué en France mais ailleurs en Europe : « Les clients [français, NDLR] frontaliers de ces pays pourraient donc être potentiellement concernés s’ils y ont acquis leur exemplaire…« . Ils pourraient, c’est une possibilité ; potentiellement, c’en est une deuxième. Bref ils sont bigrement susceptibles d’être concernés ! Le pléonasme fait ici dans l’enflure : potentiellement, mazette ! ça peut potentiellement rendre la mise en garde vachement plus sérieuse, et manifestement le journaleux  en a sous le pied !

Et puis l’Ile de France, jamais à court d’anglicismes inutiles et de soumission au Rosbif, va mettre en place la carte RATP sans abonnement, en plastique, avec puce intégrée, pour usage et rechargement sans contact (deux euros le support nu, pas donné ! non nominatif mais obligatoirement un par personne) : « Navigo easy » est son doux nom. Navigo ? pourquoi pô, puisqu’en latin « Paname flotte sans couler », mais Easy ? pourquoi céder à la facilité anglo-saxonne ? Simplet, Fastoche, Simplo, Facilo, et en allemand Leicht, en espagnol Facil, en serbo-croate je ne sais pas… enfin, pourquoi encore de l’anglais ? c’est le métro de Birmingham ?

Et puis on remplace du bon vieux carton biodégradable par du plastique ! Mais bon… (soupir…) reste à espérer qu’enfin la RATP parisienne renonce au système inique et scandaleux qui interdit au client occasionnel de prendre le métro ET le bus ET le tramway – pendant un certain temps, disons une heure, laps de temps communément alloué un peu partout sur la Planète. Ce règlement antédiluvien est débile et incompréhensible : c’est la même boîte, oui ou zut ?

Tibert

La européenne Kitchen, snaking et petits flyers

( Hier je poussais par nécessité un caddie  dans un centre commercial… dans l’Ouest. Il y avait là un self affublé, au dessus de son entrée, de trois grosses pancartes : Snaking, La Kitchen, Burgers. C’était en France, je vous assure, je n’avais pas passé le Channel  ! dire que Guillaume le Bâtard normand l’avait traversé, lui, pour aller mettre la pile aux Anglais dans les années 1066, et que nous nous faisons coloniser notre bouffe, nos cambuses, nos petites faims, nos mâchons… à quand le funeste haggish – la panse de brebis farcie – au menu ? )

Mais passons… les z’européennes : vous savez quoi ? il semble que le seul véritable enjeu sera de voir si le RN va faire la nique à LAREM, ou l’inverse. C’est finalement assez simple, nonobstant les trente-quatre listes. Non mais, trente-quatre listes… vous voyez le grotesque de la chose ? en moyenne 3 % des voix chacune. Sachant que la moitié des gens ne se dérangeront pas pour voter, ça fait du 1,5 % des inscrits… rien, quoi ! Il faut souligner ici l’immaturité, la bêtise infantile de toutes ces chapelles – surtout à gauche, mais pas que – qui revendiquent leur doctrine exclusive et vaine, incapables de passer sur des points de divergence dont tout le monde se contrefout, vu que ça mouline dans le vide : chacune son ego sur ses ergots, toutes différentes, toutes insignifiantes.

Un mal pour un bien ? formons le voeu que, comme aux législatives de 2017, les petits papiers à glisser dans l’enveloppe qu’on glisse dans l’urne ne seront imprimés qu’au recto : j’en aurai pour six-sept mois, ça me fera trente-trois listes de courses à fixer sur la porte du frigo, aux fins de suppléer ma mémoire en trous de gruyère.

Tibert

 

Emport et humour corporate

Un article du Fig’ragots me procure, bien chers auditeurs, le sujet du prêche du jour : il y appert que les suppléments-bagages rapportent de plus en plus de fric aux compagnies aériennes. Eh oui, LA valise-de-cabine (deux pour la classe supérieure) et les valises-de-soute, c’est le problème bien connu. Pour des trucs en soute, il faut de plus en plus souvent payer…

Il me souvient avoir voyagé vers l’Espagne avec Tranvasia, filiale bas-coût d’un groupe franco-batave bien connu… UN bagage de cabine et rien d’autre, sinon panpan-cucul, ou supplément-bagage, quarante euros. J’ai vu dans les salles d’embarquement l’employé zélé contraignant tel ou telle à ouvrir sa déjà copieuse valise-de-cabine pour y faire entrer – péniblement, laborieusement, en appuyant – le contenu du petit sac EN PLUS qu’on espérait garder avec soi, glissé sous le siège au décollage gnagnagna… fumer peut porter atteinte blablabla… avec le peigne le rouge à lèvres un petit miroir le passeport un mouchoir des lingettes l’aspirine le polar à bouquiner un stylo le mobile le chargeur du mobile les documents de vol les lunettes de lecture la petite bouteille d’eau (*) et j’en oublie. Au retour, du côté espagnol, olé, le méchant préposé passe dans les rangs, sévère et goguenard, désigne les fautifs qui tentent de planquer leur petit sac à main sous l’imper, « one bag only« , et je l’entends alors énoncer clairement et à voix haute « welcome to Tranvasia« . Un qui blague à froid, j’adore la blague à froid !

Mais au courrier des lecteurs qui accompagne l’article, je lis : « Il est surtout inadmissible que le passager qui pèse 120 kg et celui de 60 soient taxés de la même manière pour les bagages. Le poids total du passager avec ses bagages doivent être pris en compte« . Eh oui, j’en avais déjà fait la remarque. Le poids c’est l’ennemi, et le type de 90 kilos avec sa seule mallette de 5 kilos pèse plus lourd que la mémé de 56 kilos avec son sac à main et ses deux valises de 8 et 22 kilos. Poussons la logique : l’emport total {passager habillé-équipé + bagages divers et variés} seul doit compter. Je suis léger ? donc j’ai droit à plus de bagages que le gros lard d’à côté.

Evidemment ça risque de compliquer un peu les calculs de prix et la facturation, mais au moins ce sera équitable, et bon pour la santé ! On verra bientôt beaucoup moins de passagers en surpoids. Et plus d’anorexiques, hélas – des radins, en fait.

Tibert

(*) … bouteille remplie, forcément, dans les WC de l’aéroport après les contrôles de sécurité, merci la sécurité. On peut aussi acheter une bouteille d’eau à bord, au prix d’un honnête Gigondas chez un caviste.

No-show, lapin…

( Les canards bruissent tous d’échos et servent la soupe à Games of thrones, games of thrones par ci, par là, tout partout : ces jeux de trônes, a) je ne sais même pas de quoi ça cause et je m’en tape à un point que vous n’imaginez pas ; b) je leur souhaite le bide le plus total ; c) je les voue à la poubelle sans hésiter. De trône, je n’en fréquente qu’un , celui de mes houatères. On passe à autre chose, de plus consistant )

On cause sérieux, là, on cause bouffe, bouffe conflictuelle. Le Parigot et d’autres en traitent, et vous la soufflent, la version française du coup du type qui téléphone à 18 h 17 à la femme du patron « Au bon coin » ou « Chez Milou » pour réserver une table de quatre vers 20 h 30, et qui ne vient pas, laissant ladite table orpheline, et le manque à gagner ! et les clients qu’on a refusés ! il paraît que c’est fréquent… le client a fait faux-bond, mais en anglais de français anglolâtre on dit « faire un no-show« . Remarquez que c’est idiot, cette expression, ça se traduit (mal, c’est du charabia) : « ne pas montrer ». Ne pas montrer quoi ? ne pas se montrer, d’accord, ça aurait du sens, « not-show-oneself« , mais avouez, c’est nul, ces phonèmes barbares au mitan d’une phrase en bon français ! «  patron, keskonfé ? la résa de la 12 did not show itself ? « . Alors, forcément, on « fait un… (néologisme rosbif)« .

Nous, nous avons un lapin pour ça : ni tartiné de moutarde, ni chasseur, ni en gibelotte avec du vin blanc et des champis, encore moins en civet accompagné de pavés de polenta grillée… un lapin posé ! le client a posé un lapin, ce salaud (pas le lapin ; le client). Les Anglais eux-mêmes n’évoquent pas de lapin ni ne disent qu’on leur a fait un no-show ; d’ailleurs ils n’en mangent surtout pas, du lapin ! (*) non plus que des escargots ou des grenouilles ; ils ont un truc moins imagé que notre lagomorphe (**) ; on les « stood them up« . Pas fameux, hein ? pas assez claquant comme expression. Mais le problème de notre lapin, justement, c’est qu’il est ambigu : si l’on déclare qu’on a fait dix-huit lapins hier soir, étaient-ce des faux-bonds, ou des assiettes ?

Va pour le faux-bond, donc, et mort au no-show. On pourra constater que les remèdes actuels aux impolis et désinvoltes faux-bonds sont tous deux désastreux : 1) prendre le numéro de carte bancaire du type qui réserve une table, avec menace de rétorsions ; 2) refuser les réservations, et à la queue comme tout le monde ! dans les deux cas, c’est la mort de la bouffe festive et spontanée. Aller sur le Houèbe pour organiser un repas, pffft, vous voyez l’allégresse ! et puis j’ai horreur de faire la queue. J’aime autant une assiette de nouilles au beurre chez moi.  Ou du lapin ? réchauffé c’est encore meilleur.

Tibert

(*) Nous en mangeons, certes – sauf les phobiques et les végétariens – mais les Espagnols avec leur conejo, et surtout les Italiens et leur coniglio, en sont bien plus amateurs que nous.

(**) doctus cum wikipedia : le lapin fait partie de la famille des lagomorphes. Avouez, vous l’ignoriez. La lecture de ce billet n’aura pas été totalement vaine…

‘Cré vindiou, c’est l’arbre à Jules

L’UFC-Quoi-Acheter publie un fort utile document sur les manques de l’Internet en France. Vous le lirez si vous voulez vous instruire ; grosso modo, dans les villes ça baigne, à la campagne ça rame, quand ça veut bien bouger, genre 650 Mbits/s, soit 80 MOctets/s en descente les jours où ça dépote bien. Essayez donc de commander une doudoune en laine des Pyrénées à la Reboute avec ça, tiens ! on y passe la matinée…

Bref, l’UFC affirme que la priorité c’est de réduire ces écarts inadmissibles – les administrations font comme si tout le monde était bien installé sur Internet, et démerdez-vous – et non pas d’aller encore plus vite en ville, snobant ainsi les ruraux. La fibre partout ? du pipeau, projet trop optimiste et irréaliste : déployez donc massivement et correctement des fils de cuivre, du bon vieux ADSL, disent-ils, et je suis pleinement d’accord : c’est rustique, facile à rabouter, et suffisamment rapide si c’est bien fait.

Et c’est là que c’est rigolo… vécu vrai de vrai. Les fils téléphoniques – de l’Opérateur Historique couleur mandarine et Cacochyme, et bien entendu « non dégroupé », rente oblige – qui suivent sur leurs poteaux de bois, vaille que vaille, au long des talus le tracé des départementales, coupant ici et là au travers d’un champ… c’est ça, l’ADSL des campagnes ! des fois c’est plutôt propre, ça a de la tenue… mais que de poteaux écroulés ou pourris, de fils traînant à terre, de tracteurs trop hauts qui arrachent le tout, de branches d’arbres cassées pesant sur les câbles… c’est ça l’Internet des bouseux !

Et le pire du pire, c’est qu’on ne peut rien faire ! sauf à le faire soi-même, en douce, dégager une branche cassée, sortir le câble du fossé pour pas qu’il se noye… du bénévolat. Car si la lourde branche du noyer en bordure du pré menace de rompre un câble téléphonique sur le talus de la D728, c’est le noyer du Gustave, on n’a pas le droit d’y toucher ! donc si par hasard un citoyen responsable signale le problème, il faut que l’Opérateur, s’il veut bien se bouger le cul, trouve d’abord le coupable, puis lui demande poliment de bien vouloir scier la branche fautive – sans scier le câble. Oui mais c’est-y bien au Gustave, ce champ ? ah ça dame, c’était aux … mais ça a été vendu, c’est un type de … qui a ces terres maintenant, il doit les louer à … enfin on sait pas trop. Alors ? alors on fait rien, on peut rien faire ! on attend que le câble casse, car il finira évidemment par casser, et là, après des délais significatifs – week-ends, jours chômés et temps réglementaire de réaction – on réparera. Pensez, la fibre optique… je me marre, amèrement.

Tibert

C’est lundi, et sans ravioli(s)

Nous avions le vendredi sans bidoche – ça se perd un peu, le filet de barbue sauce hollandaise ou les saint-jacques au whisky et aux échalotes biaisant quelque peu l’esprit de la chose -, le Carême qui donne grosso modo des semaines de vendredis, on y a ajouté le Ramadan – plus facile à suivre en Janvier qu’en Juin – mais ça ne suffit pas ! voilà les Angliches qui tentent de nous refiler, vocabulaire y compris, leur « Dry January »  (Janvier Sobre, mais c’est plus sec en anglais, forcément *) : sans doute qu’eux n’en veulent plus, c’est trop dur. Il s’agirait soi-disant de passer tout le mois de Janvier, trente jours vu que le 1er du mois il faut finir les fonds de bouteilles, sans une goutte d’alcool… n’importe quoi… à l’impossible nul n’est tenu.

Mais ça ne suffit pas encore dans le masochisme post-crises de foie et bitures de Saint-Sylvestre : il faudrait en plus bannir viande et poisson des menus du lundi ! ce serait le « lundi vert »… agréablement étonné, je constate qu’on n’a pas encore tenté de nous le relooker en Green Monday. Mais ça viendra, n’en doutons pas, si cette mayonnaise-là (sans oeufs ?) prend.

Notez que selon l’article du Parigot susmentionné (**), ils seraient 500 à faire cette proposition saugrenue : effectif squelettique, sans jeu de mots. Et en plus ils se trompent ; je cite monsieur Canfin, écolo-que-plus-que lui–tu-meurs : « Une partie de la viande que l’on consomme en France est par ailleurs nourrie avec du tourteau de soja fabriqué en Amazonie, ce qui accentue sur place la déforestation ». Non. J’y étais, moi, môssieur : en fait les aliments du bétail sont composés au jour le jour en fonction 1) des exigences d’équilibre alimentaire, protéines lipides sucres cendres gnagnagna… 2) ET des prix des produits sur les places boursières dédiées : si le tourteau de soja états-unien est coté moins cher sur les places de Chicago (USA) ou Sao Paulo (Brésil), hop les gros industriels, d’un clic de souris, achètent 3.200 tonnes de tourteau de soja états-unien. Et qu’est-ce qu’on déforeste, hein ? les prairies du Minnesota ou du Manitoba ! rien, quoi : c’est déjà fait.

Tibert

(*) Donc le dry Nartimi, c’est possible en Janvier ?

(**) Susmentionné est menacé de disparition, regrettable ostracisme.

Qu’est-ce que je vous disais !

Hier encore ( j’avais vingt ans gnagnagna… où sont-ils à présent mes vingt ans…) je répondais à un distingué commentateur de ma prose : « ( Au fait, les péages autoroutiers n’ont pas été suffisamment mentionnés. L’appropriation de ce réseau par des boîtes privées est un scandale en soi ; les tarifs exorbitants en sont un autre.)« . Et, tiens, rattrapé par l’actualité, je lis ce matin que dans la nuit le péage de Bandol, sur l’A50, a grillé ! des GJ pyromanes, mais au lieu des palettes et des pneus, c’est un poste de péage…

Et vous savez quoi ? la ministre des transports est transportée de détresse à évoquer les pertes déclarées par les sociétés d’autoroutes au cours des semaines écoulées. Deux-cent-cinquante sites de péages touchés… horreur… et le ministre de l’écologie, dont on se demande d’où il parle – l’écologie des péages, ça fonctionne, ça ? – De Rugy de se lamenter : « Sans doute que c’est l’Etat qui va devoir payer une grande partie de la facture (…). Ou sinon, cela sera répercuté d’une façon ou d’une autre sur les tarifs d’autoroutes, ce qui est bien dommage ». Bien dommage, ah la la ma pauvre dame.

Je ne fais pas ici l’apologie du vandalisme, cramer des installations c’est très très con, mais tout de même ! pas un poil de recul chez nos ministres ! à emboîter le pas aux sanglots de Vinci et consorts ! Payer quasiment 40 euros de droit d’usage pour faire Clermont-Ferrand-Paris par autoroute, c’est normal, ça ? Ils réalisent ? non. Ils ne réalisent pas.

Puisque nos Chefs sachant-sacher sont si à cheval sur les chiffres de la mortalité routière, à surveiller ça comme le lait sur le feu, au mort près : c’est sur les autoroutes – NOS autoroutes, on les a payées, elles sont aux Français – qu’on se tue le moins. Il est évident que des tarifs de péage raisonnables, jouables, permettraient au plus grand nombre de rouler sereinement, vite et en sécurité. Moi-même, je ne prends l’autoroute que contraint et forcé, la mort dans l’âme : question de principe. Je préfère me payer une bouffe, un pot, ou faire des économies, que d’engraisser le concessionnaire-propriétaire de l’autoroute et ses actionnaires, qui me feraient pourtant gagner du temps en toute sécurité. Ceci dit, si fortuitement, un opportun hasard, la barrière de péage est hors service, ça peut changer la donne…

Tibert