Quand on dîne avec le Diable…

… on se sert d’une looongue cuillère, c’est bien connu, mais aussi, on passe par une porte dérobée, avec un grand chapeau, une écharpe sur le nez et des lunettes noires (*). Mais c’est dingue le ramdam façon « cancel culture » qui bruit depuis qu’un macronien notoire a déjeuné (discrètement, pourtant) avec une pestiférée, façon « les heures les plus sombres gnagnagna… » : madame Marion Maréchal-Le Pen.

C’est qu’on a le droit de déjeuner avec qui on veut, en principe, mais en fait non ! Les hurleurs et manifesteurs chroniques aux « lois liberticides », article 24 etc… sont ceux-là même qui interdisent de bouffer en la compagnie de qui on veut. J’ai écrit « cancel culture », je traduis : l’ annihilation des accusés. Polanski est supposé violeur ? il doit disparaître sous terre, il n’existe plus ! Idem ici pour le présumé fautif de ce repas dérangeant, je cite : « Certains réclament déjà le départ de Bruno Roger-Petit pour cet entretien vu comme contraire aux principes républicains ». Notez bien : entretien, pas repas ! Ce n’est peut-être pas cette petite bouffe qui les choque – quoique… -, c’est qu’en se tapant le filet de sandre beurre blanc et le soufflé au vieux Comté, ils ont causé ! C’est terrible, non ?

Moi je vais vous dire : ceux que ça dérange, ce ne sont que jaloux, envieux et pisse-vinaigre. Marion et Bruno partagent en fait la même passion pour l’introuvable « moulet », ce plat de fraise de veau rustique et savoureux, hérité des rudes émouleurs de la montagne thiernoise. Il n’y a que deux-trois restaus à Paname qui le font à peu près bien, dont un seul qui peut vous permettre la discrétion. Alors, forcément… au fait, ça va très bien avec un rouge, Côtes-Roannaises assez frais, Boudes, Saint-Pourçain. Et puis en se tapant la cloche, on cause, sinon à quoi ça rime ? C’est tout naturel, on cause de ce qu’on bouffe, de qui on a vu, on fait un large tour d’horizon, on refait le monde. Et vous savez ce qu’ils disent aux censeurs, aux coincés du gueuleton, aux Gardiens de la Pureté Républicaine, les deux en question ? vous savez ?

Tibert

(*) Mitterand utilisait la même discrète porte dérobée donnant sur un petit salon pour aller déjeuner avec Pierre, Paul ou Mazarine P. Et mesdames Adjani ou Deneuve ne se déplacent à l’air libre qu’avec un grand chapeau, des lunettes noires et une écharpe sur le nez. Allez savoir pourquoi !

Les coucous de la fibre

On vient de m’en rapporter une qu’elle est bien bonne et croustillante. Brillante illustration du système « Ôte-toi de là que je m’y mette ! ». Ça se passe dans la bonne ville de Montpellier… largement « fibrée », évidemment, cette grosse métropole ex-régionale (*) et moderne ; on n’est pas chez les bouseux au fin fond du Larzac, à tenter de décrypter les signaux de fumée. Le citoyen branché sur la Toile a le choix, évidemment, entre les 4 principaux z’opérateurs de la connexion Internet, en abrégé F, S, O et B – disons les BOFS.

Bref, un jour récent, monsieur M., qui a son abonnement chez F. depuis plusieurs années, constate que sa box internet est en rade… chez lui tout est correct, mais à fouiller et chercher d’où vient le problème, il finit par découvrir, dans sa rue, quelques longueurs de câble optique manifestement tranché de frais. Ah… il a entretemps téléphoné chez F. pour faire réparer, lequel F. vient trois jours plus tard – c’était évidemment, loi de Murphy oblige, à cheval sur un houiquinde.

Les gars de F. constatent qu’effectivement, le câble dédié à monsieur M. a été coupé, et que la prise correspondante est occupée par… une toute neuve bretelle installée par l’opérateur B. ! Aussi sec, F. débranche l’intrus et rétablit la ligne régulièrement affectée à monsieur M., mais prévient celui-ci que, y a pas de raison, le gars récemment branché par B. et désormais en panne, va se manifester afin qu’on vienne « réparer » sa belle ligne toute neuve : le petit jeu va donc sans doute se reproduire !

Effectivement, une camionnette siglée B se pointe un peu plus tard, munie de son échelle télescopique. Monsieur M., sur le qui-vive, sort de chez lui, prend des photos de ladite camionnette, et engage le dialogue avec les techniciens de B. (menace de dépôt de plainte, etc…), lesquels repartent finalement et prudemment sans avoir réitéré leur tour de cochon.

On en est là… mais ceci suggère un constat : c’est la loi de la jungle, les branchements-fibre. On se pique les connexions entre confrères – du moins B. pratique ce genre de forbanterie – et si ça se trouve un jour il y aura des morts. Bref, au lieu de promettre aux nouveaux abonnés des branchements-éclair qu’on pique aux autres faute de place, on ferait mieux d’installer honnêtement de bonnes connexions ADSL des familles, en attendant des jours meilleurs : ça marche très bien aussi, pourvu que les raccordements soient faits sérieusement. Je dis ça, mais je ricane tristement en mon for intérieur : qui se promène à Montpellier (et ailleurs !) dans les rues ne peut que constater un peu partout l’état lamentable des borniers de connexion téléphoniques, fils débordant en broussaille, capots ouverts à tous les vents, connecteurs rouillés, boîtiers pendouillant comme ça peut… le Tiers-Monde, en quelque sorte.

Tibert

(*) C’est désormais Toulouse la capitale du tandem « Occitanie », merci monsieur Valls pour cette ridicule réforme « quick and dirty », vite bâclée.

Enfin, quoi, y a qu’à…

( je circulais hélas, hier samedi 1er août,  en bagnole, et en France – pas le choix. Outre que comme d’hab’ les locations c’est toujours sinistrement du samedi au samedi, bien qu’on soit au 21 ème siècle, j’ai pu constater, évitant comme il se doit les autoroutes surchargées et scandaleusement chères, la véritable haine anti-voitures qui sévit et se répand quasiment partout. Tout ce qui peut faire ch… l’automobiliste et l’empêcher de rouler est mis en oeuvre maintenant dans le moindre modeste hameau, du rond-point inutile et ridiculement tarabiscoté aux ralentisseurs – souvent illégaux car trop hauts – en passant par les chicanes, les voies rétrécies à dessein, les menaces de radars et les panneaux comminatoires. Un calvaire… on ne veut pas que nous puissions nous déplacer ? bon… ah, et puis il faudrait qu’on se dépêche d’acheter des voitures neuves et propres ? et que les commerçants aient plein de clients de passage ? ben voyons… ).

Mais, autre chose : on va faire la peau aux chaudières au fioul. C’est le Parigot qui nous le dit, mais chuuut, c’est réservé aux abonnés. C’est que c’est polluant, une chaudière au fioul, eh oui, alors forcément… donc, propriétaires de ces engins scandaleux, il va falloir vous en séparer. Hélas, souvent c’est de l’habitat individuel, et il n’y a pas de gaz de ville ! Le plus simple, vous passez à l’électricité, mais ce n’est pas du tout écologique, c’est du nucléaire, donc caca, et hors de prix… Alors, vertueux, vous pensez à une pompe à chaleur géothermique : 30.000 euros d’investissement, forage, installation, générateur, etc. C’est trop cher ? les granulés  de bois… la chaudière est très chère aussi, et puis vous n’avez pas la place : où stocker 4 tonnes de granulés ? donc le propane en citerne ! lumineux : des chaudières de prix abordable, vertueuses, et l’on conserve son installation de radiateurs. Sauf qu’ils sont six, pas un de plus, à fournir en France des citernes de propane et le gaz qui va avec, et qu’ils fonctionnent, comment dire ? comme s’ils se connaissaient bien, ce qui laisse la DGCCRF (*) de marbre depuis des lustres.  Il se trouve ainsi que, bizarrement, le prix du kwh de gaz naturel au robinet (dit « de ville ») tourne autour de 7,5 centimes, et celui du propane en citerne aux environs de 14 centimes (voir ce site). Pas tout à fait la même chose, donc.

Les chaudières au fioul, allez hop, à la poubelle : l’Ecologie triomphante et comminatoire l’a décrété. Yaka, donc ! Il resterait peut-être à moraliser et assainir certaines niches de fourniture d’énergie, mais c’est juste un détail.

Tibert

(*) Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes. Dormez, braves gens, tout est calme.

Quand on nous somme : Consomme !

«Il faut que nos concitoyens achètent davantage de véhicules et en particulier de véhicules propres, pas dans deux, cinq ou dix dans. Maintenant». C’est Macronious qui énonce cet hymne à la belle bagnole qui sent le neuf… juste 15.000, 25.000, 30.000 euros à sortir : pas la mer à boire, et un bon geste !

… sauf que lesdites bagnoles se font prendre en coupe réglée partout, sont honnies des élus – tous plus verts les uns que les autres dès qu’il s’agit de construire de nouveaux ronds-points laids, inutiles et ruineux, d’installer des ralentisseurs, chicanes, « contrôles radar fréquents », zones 30, et j’en oublie. Bref on nous punit d’avoir des voitures, mais il faut qu’elles soient neuves ! Quant à la voiture électrique ? mais les infrastructures de charge sont lamentablement insuffisantes, et les batteries – dont on ne saura pas quoi foutre, une fois usées – viennent de Chine, comme à peu près tout ce qui se fabrique, sauf les kebabs à emporter.

On nous somme donc de consommer, par patriotisme : madame Pénicaud nous y exhorte. Allez-y donc, nous dit-elle en substance, n’hésitez plus, payez-vous enfin la crêpière électrique tant rêvée (fabriquée en Chine), l’aspirateur cyclonique vachement efficace vu à la télé (fabriqué en Chine), un nouveau couvercle de WC (même refrain). Français : consommez ! c’est fabriqué ailleurs, mais c’est pas grave.

Par la porte ou par la fenêtre, il nous faut donc, gogos acheteurs (*), retourner nos poches indûment remplies « grâce » au Covid. C’est simple : soit, bons citoyens, nous claquons, achetons, consommons, soit nos Grands Manitous devront, la mort dans l’âme, et pour sauver nos belles entreprises, nos emplois, nous ponctionner plus sévèrement.

Ou les deux…

Tibert

PS – Les citadins – à la cambrousse seule la bagnole est viable – le savent : rouler à VAE (vélo électrique) c’est la bonne solution quand il ne pleut pas et qu’on peut être serein avec son engin (1 – rouler sur des pistes dignes de ce nom ; 2 – le garer commodément et au sec ; 3 – pouvoir le recharger ; 4 – être sûr de le retrouver). Quand les quatre conditions ci-dessus seront remplies, on y réfléchira. Et Macronious pourra nous exhorter à acheter des VAE flambant neufs… et fabriqués chez nous !

(*) Tenez, une belle occasion de consommer en cette fin de Mai : les « French days » (en rosbif, c’est Tttellement mieux !), ou comment se retrouver connement avec un superbe robot-cuiseur et sa documentation « ne pas mettre au micro-onde, toujours débrancher l’appareil gnagnagna  » en serbo-croate traduit du chinois, et qui finira à la poubelle, au fond d’un placard ou sur une page Houèbe du Conboin dans trois semaines-un mois.

Les bras aussi

« Les masques tombent« , titrent les fulminations des professionnels de santé : le titre allait de soi, s’agissant de cette ahurissante épopée des masques anti-Covid. Eh oui, tout d’abord ils ne servaient à rien, et d’ailleurs il n’y en avait pas (et réciproquement) ; les petits malfrats en piquaient des cartons par ci-par là, dévalisant les camions et les armoires des hôpitaux, pour les revendre à la sauvette 2 euros pièce, eux ou leurs pâles copies en papier mâché, fabriquées dans les caves des faubourgs ; les Etats-Uniens les détournaient par palettes entières en signant des traites ou en sortant des liasses de billets verts sur le tarmac des aéroports. Et puis zou, on change tout, si si, il faut les mettre. Sibeth-La-Voix-de-la-France changeait soudain d’antienne, oui mais non, d’inutiles ils devenaient hautement recommandables. Ah bon… mais quand même, y en avait pas ! On devait donc faire avec les moyens du bord, aux armes citoyens, le Système D, ressortir, confinés, nos machines à coudre – voire la Sinjair à pédalier de la mémé -, retrouver au grenier des coupons de tissu ou découper des rideaux, télécharger et imprimer des patrons… la veillée des chaumières. Au lieu de l’épluchage des cerneaux de noix, confection de masques !

Mais, les bras nous en tombent, ce n’est plus la peine. Des masques? pfff, il va y en avoir à ne plus savoir où les coller. Des centaines de millions, des montagnes de masques. On peut remballer nos machines à coudre, on perd notre temps, on s’emmerde pour rien… Carrouf, Leuclair, Hochant, Mamoutte, Superhu, bref ils vont tous avoir des masques en pagaille, conditionnés par petits lots tout de même, pour décourager les stockeurs fous. Où ils étaient, ces masques ? ah ça… si vous avez une idée…

Tout ceci me rappelle furieusement le Beaujolais Nouveau du 3 ème jeudi de novembre ; bien entendu il est sur place bien avant, le divin pinard, chez Métrot, chez les grossistes, dans les sous-sols des caboulots, prêt à bondir, attendant l’heure du déballage sur les zincs. Mais avant l’heure c’est pas l’heure ! il faut savoir l’attendre… Ou bien, plus crapuleusement, le film de Jacques Rouffio, « Le sucre ». Du jour au lendemain, Piccoli prononce « y a pus d’ sucre !« . Et… y en a plus ! en attendant qu’il refasse surface… c’est juste l’histoire d’une manip, qu’il faudra bien nous raconter un jour. Nous aimons qu’on nous raconte des histoires.

Tibert

PS – J’apprends, après la mise sous presse, que le Grand-Chef de la région PACA, monsieur Muselier, veut des preuves comme quoi la grande distribution n’a pas fait de la « rétention de masques » ; je comprends ses interrogations…

PS du PS – A la réflexion, je ne vois pas pourquoi la grande distribution aurait planqué des masques par millions pour créer la pénurie : les caissières, ces femmes-tronc héroïnes de l’ombre – saluons-les au passage, elles le méritent – qui bravent les postillons des acheteurs, en avaient, en ont toujours foutrement besoin, de ces masques. Disons que ça s’est très mal goupillé, nos gouvernants ayant tardé à changer leur masque d’épaule, eux qui juraient que ça ne servait à rien… c’est eux qu’il faut engueuler ! à vrai dire, comme on n’avait quasiment pas de masques, il fallait bien se justifier, nous raconter quelques salades…

Et vous, c’est bon, votre truc ?

Le plan de déconfiturenement est là, on va y aller, on y va. Espérant que les introuvables masques seront au rendez-vous, et contingentés ! le phénomène PQ (riz, pâtes, huile, sucre, farine…) risque fort, en effet, de se reproduire pour les masques. Dès qu’un rayon en proposera, il sera vidé, lessivé, caddies pleins ras la gueule de masques, de quoi tenir jusqu’à l’an 40 (de ce siècle, tout de même) pour ceux qui les auront raflés ; les autres mettront leur cache-nez, sur le nez, justement. Avec des trous de 0,3 mm entre les mailles, les Covid à 0,5 µm de diamètre ne risqueront pas de passer à plus de 50 de front !

Mais bon, on aura peut-être trouvé quelque chose d’ici l’été… en attendant cette échéance, les cafetiers-bistrotiers vont pouvoir aménager leurs espaces de clientèle : traçages au sol, entrée et sortie distinctes, le zinc compartimenté, 1 mètre de large par gus, avec des parois pare-postillons, en plexiglas tout de même pour qu’on se voie et se sourie, et rinçage (de la glotte) à l’eau de javel pour tout le monde – c’est la méthode Trump, avec ça on est clean ! Ah j’oubliais, pour les oeufs durs qu’on fait glisser avec un ballon de Côtes : tout oeuf touché sera considéré comme vendu ; le sel : non plus dans la saupoudreuse qui trône habituellement au centre du présentoir, mais dans des sachets jetables, oeuf corse !

Et puis cette bonne vieille promiscuité parigote dans les boui-bouis… le rendement au mètre-carré… classiquement, on arrive à coller deux personnes face à face, autour d’un guéridon de 45 cm de diamètre, la corbeille de pain, le sel, le poivre à leurs pieds, y a qu’à se baisser… et en plus ils ne protestent pas… le guéridon voisin à 30 cm… quand vous coupez votre escalope, attention à votre coude droit, qu’il n’aille pas éborgner le type de la table voisine !  et les éclaboussures… c’est chouette, on peut piquer dans son assiette quand il regarde ailleurs, sans se contorsionner, ou mélanger les conversations… c’est bon votre osso bucco ? bof, les pâtes sont trop cuites, mais votre onglet a pas l’air terrible non plus… je peux goûter ?

… c’est chouette, mais c’est terminé ! La distance, il va falloir respecter la distance. En gros, de 20 tables on va descendre à 7-8 grand maximum ; les serveurs pourront louvoyer et manoeuvrer à l’aise ; fini le stress ! De même que les eaux de la lagune vénitienne redeviennent transparentes – on y a même vu des canards, un poulpe égaré… – les « garçons » parisiens vont dorénavant se montrer serviables et souriants. c’est dingue, non ? Et  puis, faisons un rêve : si les cafetiers s’avisaient enfin que leurs guéridons sont légèrement sous-dimensionnés ?

Tibert, serviette autour du cou

Pas du jeu

Le ministre de l’Eco… – pas l’Ecovid-19, non – de l’économie et des finances, monsieur LeMaire en un seul mot, s’inquiète : ces nullos de Français, indécrottables, ne placent pas leur fric excédentaire comme il faudrait. Dame, ils ne peuvent guère claquer (*) en ce moment, ni bouffes au restau, ni mousses au bistrot, ni fringues ni grolles ni coupes-brushing ni cinoche-popcorns ni bricolos inutiles et superflus : juste tenter de trouver – nettement plus cher qu’avant, difficilement et dangereusement – de quoi se nourrir, se désaltérer et survivre, aux confins de leur horizon domiciliaire. Forcément, donc, il leur reste des sous, ou bien il leur en manque moins que d’habitude, et alors ? et alors, ces imbéciles, ils épargnent !

Voyons ! se désole monsieur Lemaire, il faut investir ! pas épargner, investir ! la Bourse, les placements financiers sur les entreprises, enfin… Mais monsieur Lemaire ignore sans doute que…

a) Le clampin standard qui joue (le terme est bien choisi) en Bourse quelques dizaines de milliers d’euros est un minuscule animalcule comparé aux automates qui au dix-millième de seconde vous basculent 70 milliards de dollars canadiens des Iles Vierges au Lichtenstein ou à Singapour pour gagner 0,002 % sur la masse. Un nabot face aux salles de marché ronflantes où des matheux pointus et payés aux résultats brassent des sommes colossales. Bref un fétu de paille dans l’Océan Papacifique.

b) L’histoire récente a montré que si la Bourse pétait de santé en janvier, en mars elle dégringolait tout schuss et incontrôlé, pire que sur une Piste Noire. Et ce n’est pas la première fois ! Le yoyo, donc… la Roche Tarpéienne sans prévenir, au coin du virage du Capitole. Et le clampin standard, qui a d’autres matous à fouetter que de passer ses journées à éplucher les magazines financiers et scruter les graphiques d’évolution de l’action HoldingDugenou, peut à juste titre se demander pourquoi foutre il irait se risquer dans cette galère.

… un peu comme si un brave gars, conducteur d’engins dans le Tarn-et-Meuse allait s’installer – tiens y a d’la lumière, allons-y voir – à une table de poker, forcément enfumée, à 1.000 euros le jeton avec des pros. Intuitivement, on le sent bien, on a le fort sentiment que ça n’est pas équilibré ; ça ne joue pas, ça ne doit pas jouer dans la même cour !

Tibert

(*) Si, ils claquent, mais pas de la même manière ; du moins nettement plus que d’habitude, nous dit-on : 20.000 morts estampillés Covid-19 à ce jour, au lieu de ??? on n’a pas les chiffres d’une mortalité « normale », plan-plan et sans pandémie galopante, banals infarctus, cancers, ruptures d’anévrisme et autres accidents domestiques létaux. Rappelons qu’en temps de non-pandémie, on compte environ 50.000 morts par mois : combien parmi eux seraient passés, Covid ou pas Covid ? c’est une bonne question.

Logique confinementale

Le Grand Confinement est là : donc en principe, on reste à la maison, qui dans son vaste manoir normand donnant sur des vergers de vieux pommiers majestueux ( les écuries ? au fond à droite) ; qui dans son studio 14 m2 sous les toits.  On reste à la maison, on utilisera la bagnole pour les courses (remplacer les pâtes par ce qu’on voudra, y a plus de pâtes) et pour aller au docteur, le cas échéant. Donc la bagnole, à dose homéopathique, très certainement. C’est pourquoi ce matin, une amie devant faire ses courses en bagnole (4 km de la baraque au bourg) et faire le plein vu que ça frôlait l’étiage, a constaté que a) il n’y avait plus de gas-oil aux pompes, rupture de stock ! et que 2) dans les queues pour ravitailler à fond à fond, les jerricans fleurissaient. « Avec ça j’ai de quoi tenir deux mois » (deux mois de confinement), disaient-ils. C’est très con… enfin, il vaut mieux entendre ça que d’être sourd.

Quant aux pâtes, au riz, au PQ, à l’alcool à 90°, les baignoires en sont pleines ras la gueule. Deux mois de PQ, qu’ils on stocké ! De fait, il faut bien le dire, les baignoires sont occupées par les pâtes, et puis on ne trouve plus de bidets pour se nettoyer les fesses, dans les domiciles actuels ; c’est tombé en désuétude, personne ne fait plus ça. Mais cette dure épreuve coronavirusienne va réhabiliter le Bidet, soyons-en sûrs ! Macronious le disait hier : rien ne sera plus comme avant.

Tibert

Covid 49-3

( Je lis que l’un des principaux acteurs dans les bornes de recharge électrique sur les autoroutes, Izivia, va supprimer 189 de ses bornes sur les 217 existantes. Outre que… a) il n’existe pas de standard unique pour le format de ces bornes , b) la plupart des immeubles récents disposant de garages ou parkings couverts ne sont pas équipés en bornes de recharge, et rien ne se pointe à l’horizon pour que ça change, c) le prix du KWh aux bornes « publiques » est bigrement plus élevé que ce qu’on paye chez soi … je pense que les utilisateurs de bagnoles électriques ne vont pas être à la fête pour éviter de rester plantés en rase campagne. Eh oui, être pionnier ça se mérite ! pas toujours marrant… )

Mais ça y est, le gouvernement va utiliser la Grosse Bertha, le 49-3, pour faire passer sa réforme des retraites. C’était couru, je vous en ai déjà causé. Eh oui, si ils y tiennent – et ils ont l’air d’y tenir – et vu que le débat est impossible « grâce à » l’obstruction des députés LFI et PC, il reste à renoncer ou à passer en force : se coucher ou  violenter l’Assemblée Nationale. Se coucher devant la paire Méluche-Roussel, on voit mal le Philippe-Premier faire ça… le piège est grossier, était visible, mais il fonctionne, donc, comme c’était à prévoir.

J’ai déjà exprimé que cette réforme – ô combien utile pour faire enfin la peau aux rentes de situation choquantes des corporations « Avantages-Acquis » et autres Régimes Spéciaux – était maladroitement conduite, peu expliquée, trop massive : en abattant d’abord les quelques grosses bastilles obsolètes héritées des années 45-55 – genre RATP, EDF…-  ça devait passer plus facilement ensuite. Advienne donc que pourra ! et bonne retraite « à points » à tous.

Tibert

Exercices de calcul

Je suis allé pêcher, non la sardine à Messine ou le hareng à Lorient, mais des chiffres.  Je cherchais en effet une idée, un ordre de grandeur…j’ai trouvé ! Je cite : « Les fumeurs parisiens jettent (…) environ 10 millions de mégots dans les rues chaque jour, soit 350 tonnes par an« .

Et pourquoi cherchais-je ces chiffres ? j’étais en face d’un article des Echos sur Paris-la-crasse. Effectivement, cette ville est sale, ça se sait, y compris à l’étranger, et très largement du fait, non d’un budget rikiki, ni du manque de bonnes intentions, mais du fait de ses habitants, dont un bon nombre se comportent comme des cochons. On a un terme aseptique pour ça, bien poli : les incivilités.

Oui, les chiffres, donc… je re-cite : « La Ville essaie aussi la coercition. Elle a créé en 2016 sa propre brigade « anti-incivilités », la DPSP. Celle-ci compte aujourd’hui 3.400 agents, autrefois répartis dans différents services de la Ville. Ils ont dressé l’an dernier 37.866 procès-verbaux pour dépôts de déchets sur la voie publique. »

Donc 10 millions de mégots par jour… Supposant que les mégots sont jetés également entre 8 h et 21h, soit sur 14 heures, ça donne 714.000 mégots à l’heure, soit environ 200 mégots à la seconde balancés sur la voie publique.

Or (*), chaque agent de la DPSP a verbalisé 37.866 / 3.400 = moins de 12 fois par an, soit à la louche 1,2 prune par mois (eh oui, les congés payés) : sur 20 jours ouvrés, 0,06 prune par jour.

Bref : 6/100 ème de prune par jour / par agent de la DPSP, quand on jette (c’est interdit) 200 mégots à la seconde. Je ne cite pas – en fait, si, je les cite, mais je n’ai pas les chiffres – les crachats, mictions abusives, papiers, emballages, bouteilles vides, détritus divers, crottes de chiens « oubliées », tags… quoique les tags relèvent plutôt des interventions nocturnes, c’est un exercice typique d’insomniaque.

En termes de « rentabilité » (**) – il y a toujours une utile notion de rentabilité, ou d’efficacité, y compris  dans un service public -, calculez par agent le ratio salaire+charges, rapporté au montant des prunes collecté ; en déduire le nombre d’années pour un retour sur investissement. Vous avez deux heures.

Tibert

(*) Tout raisonnement matheux comporte au moins un « or », pour introduire une   nouvelle assertion à croiser avec les éléments déjà établis. Sinon c’est pas du jeu.  Voilà qui est fait.

(**) Dit de façon moins lisse : en termes de fric foutu en l’air.