Virez les marquéteux !

Je ne vais pas causer de la querelle Plenel-Riss qui agite Le Monde  (188 commentaires de lecteurs à l’heure où je mets sous presse !), Charlie-Hebdo et Mediapart : allez-y et retournez-y, c’est instructif. Etant allergique aux contorsions chafouines et faux-cul des vieux trotskistes enkystés, je penche ici pour Charlie, bien que peu perméable à leur humour souvent caca-pipi-zizi, bref poussif. Mais vous avez le droit de penser autrement, oeuf corse !

Passons à aut’chose, donc : SFR va mal, son PDG de la holding (la maison-mère, Altice) se démène, cherche la parade… moi j’en ai une, radicale : virez le service marquétinge ! les marquéteux sont des gens payés (cher !) pour trouver les meilleurs moyens de baiser le client :

  • lui vendre des machins nuls, inutiles mais obligatoires car paquetés avec un truc qui vaut la peine, exemple des matches de foot avec un abonnement internet…
  • sortir la version 2.0.a du produit Bidule-Truc alors que la 2.1 est déjà fin prête à fonctionner : on fait lanterner, on créera le buzz avec la nouvelle mouture plus tard, et puis ce sera plus cher en y ajoutant un jonc chromé, etc…
  • faire des offres limitées dans le temps : « 17,99 € pendant 6 mois« … (en tout petit, ensuite : « puis 29,99 € avec engagement de 36 mois« ) ; « promotion à 12,99 € pour achat jusqu’à jeudi prochain« … comme ça le pauvre gars qui a acheté au prix « standard » une semaine plus tôt se sent bien seul et bien con.

Eh bien je décris là quelques-unes des techniques classiques – sans oublier le débile « virgule quatre-vingt-dix-neuf » – utilisées par la boi-boîte de monsieur Drahi, et plus généralement par tous les marquéteux de la planète. Si les clients se barrent, c’est bien fait !

Tibert

La virgule (…,99) enfin quoi !

Deux entrefilets bien juteux m’interpellent, et c’est la virgule, la virgule nom de diou ! qui les réunit thématiquement.

Tenez : le Figues’haro (au fait les figues, cette année ? ça vient, oui ? on n’en voit guère sur les étals…) sort le titre que voici : « Les bourdes de cet été donnent plusieurs raisons aux anti-Macron, et aussi à ceux qui doutent de sa politique de protester« . Sa politique de protester ? où ça ? où proteste-t-il, EmMac-les-rouflaquettes ? bref vous l’avez rectifié de vous même, ce serait mieux avec une virgule… quant au « et aussi » on lui taillerait les oreilles que ce serait moins lourd ! Par exemple, »Les bourdes de cet été donnent plusieurs raisons aux anti-Macron, ainsi qu’à ceux qui doutent de sa politique, de protester« . C’est sans  importance, je sais, mais bon…

Et puis ceci, encore la virgule, c’est Le Parigot qui cause là :  Les opérateurs télécoms (sauf Free) épinglés par Bercy… eh oui, Dugenou vous annonce par exemple 16,99 euros pendant 6 mois puis 29,99 euros, Schmolldu vous claironne 23,99 euros pendant 3 mois puis 36,99 euros etc… sans jamais vous donner le VRAI TOTAL : car, eh eh, astuce commerciale, il y a par derrière et en plus la location de la bouzine, la boiboîte, location qui n’est jamais en « virgule-quatre-vingt-dix-neuf », puisqu’on ne vous en cause pas spontanément – c’est à vous de demander combien ça  fait en tout à sortir du larfeuille. Entre trois et cinq euros de location tous les mois, ça plombe évidemment les prix ! Mais l’essentiel, l’essentiel, c’est ça qui compte, c’est qu’ils restent, les prix, en « virgule-quatre-vingt-dix-neuf », ça c’est fondamental.

Tibert

Combien êtes-vous prêts à payer ?

C’est ça la vraie question du commerce en France. Le kilo de fraises « bio » élevées sous la mère, sans OGM, sans traces de pesticides, en barquettes de copeaux de pin, avec une joulie étiquette plutôt verte : combien ? en principe – on apprend ça à l’école – on additionne les coûts de production, la marge du producteur, le transport, le conditionnement, les coûts de fonctionnement du vendeur, sa marge… et on trouve le prix : disons 2,80 euros ? meuuuh non. Pas du tout.

Mais non. Combien, vous le clampin moyen êtes-vous disposé à raquer ?c’est ça la question. Vous répondez, hésitant… euh… disons… 4 euros ? eh bien vous allez la payer 4 euros, ou plutôt 3,99 avec l’impression de faire une affaire, 3 balles et quelque ! Tant pis pour vous, fallait calculer comme au paragraphe précédent… mais vous ignorez ces chiffres.

Une étude de Que Choisir (*) établit que les grandes surfaces se font des testicules en métal précieux avec les légumes et fruits bio. Des marges indécentes, allant jusqu’à + 150 % sur les pêches. Vous pourrez lire ça avec profit.

Ceci rejoint ce que j’écrivais à propos des surcoûts de l’ordre de 25 % de l’électroménager en France par rapport à l’Europe. Premio, « ils » s’entendent manifestement entre eux, une poignée de groupes manufacturiers et de grands distributeurs ; secundo, vous êtes disposés à payer 25 % de plus, eh oui, hélas, « ils » le savent. Parce que c’est trop risqué, compliqué, les références ne correspondent pas pile-poil etc… et vous n’aurez pas le culot d’aller acheter en Espagne ou en Belgique. A fortiori des barquettes de fraises ou des kilos de pêches.

C’est dur à entendre ? certes. Il faudra bien, donc, que ça pète un jour ; acceptons-en l’augure !

Tibert

(*) Malgré son utilité manifeste, cet organisme a une politique de communication indigne, privant ses abonnés « papier » (déjà pas donné, l’abonnement) de l’accès aux études comparatives détaillées disponibles sur la Toile… il faut rallonger la sauce ! « Combien êtes-vous disposé à payer en plus de l’abonnement papier à « Que Choisir » pour avoir accès au site internet et aux études détaillées ? – euh… rien. Et je ne renouvellerai pas mon abonnement papier« 

Comme un air d’entente

Il y a plein de sujets passionnants – sauf les sujets de satisfaction, évidemment. Mais celui-ci a retenu mon attention, et la votre si vous le voulez bien : en France l’électroménager « blanc » (frigos, congèles, machines à laver, sèche-linges…) est vendu vachement plus cher qu’ailleurs en Europe. C’est, non la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) qui le dit, mais l’ADEME, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) : en effet l’ADEME se demande pourquoi nous les Bouffeurs de Grenouilles achetons  si peu d’appareils très économes en énergie. Tenez, les frigos classés A+++, les mieux isolés, nous en achetons 1 % du total des frigos contre 5 % en Europe en moyenne.

La réponse à notre mauvaise note et notre mauvais esprit est évidente : un frigo A+++ est 28 % plus cher chez nous qu’en Europe, si on en prend la moyenne.  Une paille ! De fait, si nous achetons un vague frigo « de base » classé A+ (*), ça coûtera de toutes façons moins cher que le super machin A+++ en comptant tout, achat et conso d’électricité sur 15 ans. A quoi bon se casser le baigneur, je vous le demande !

Mais d’où ça vient, ça ? eh bien… non, ce n’est pas la TVA, la différence de 1 point entre l’Allemagne et nous n’explique pas +28 %. Tout simplement,  ils s’entendent pour garder des prix élevés chez nous, parce que chez nous ça fonctionne, le consommateur soupire et baisse la tête, et la DGCCRF – dont c’est le boulot de combattre ce genre de bidouille – s’en tape, elle regarde ailleurs. « Ils » : les fabricants + les grandes enseignes de vente. Vous avez leurs noms sur la langue, vous et moi les connaissons. Pour brouiller le tableau, ils se dém… brouillent pour que les références ne correspondent jamais pile-poil ; le Siebens SNBFG-612W78-FG chez Barty n’existe pas chez Loubanger, c’est le SNBFG-612W79-FH ! eh oui, il y a un bouton bleu à la place d’un bouton vert. Et  en Allemagne c’est encore la même machine à un enjoliveur près, et une autre référence. Astucieux, non ?

Bref, si le ministre de l’Ecologie lit par hasard ce billet, qu’il aille donc en voisin faire un tour à la DG…MachinTruc pour leur en causer, ils ne lisent peut-être pas les études de l’ADEME.

Tibert

(*) Le super écolo c’est A+++, le basique de base c’est A+ : autant dire qu’il serait urgent de revoir l’échelle ! où sont les mauvaises notes ?

Encore pipi, mais pas que

Tenez, deux choses qui m’ont interpellé :

D’abord, sachez qu’à Paris, attendu que – je vous en ai déjà causé : « Latin ? pas pipi ! » – il est à peu près impossible de pisser impromptu et civilement si l’impérieuse envie vous en prend dans la rue, une startup, sans doute dirigée par un mâle qu’inspirent les Parcs Nationaux états-uniens et une prostate tyrannique, a pu convaincre la ville de tester des urinoirs écolo-branchés (pour les mâles, ça va de soi). Urinoirs furtifs, expérimentaux mais légaux, pour décourager les incivilités ô combien nombreuses qui irriguent et parfument à l’ammoniac tous les angles d’immeubles, recoins sombres, gros troncs d’arbres etc. Urinoirs secs (sciure de bois, la technique des Parcs Nationaux, donc) d’une autonomie d’environ 500 clients, vidés-nettoyés régulièrement via une appli connectée en wifi à un central. Super ! sauf que ça ne fonctionne que si le wifi fonctionne. Après ça déborde.

Juste deux remarques là-dessus :

  • Les femmes ? rien à cirer, elles n’ont qu’à s’accroupir entre deux grosses bagnoles garées serré dans une rue peu passante. D’ailleurs c’est ce qu’elles font…
  • Si l’on s’efforce de dissuader les incivilités urinaires, c’est que le problème est connu, flagrant. La Loi punit ces mictions sauvages : elle n’est quasiment jamais appliquée… et puis zut, pisser est un besoin aussi naturel que de respirer : quelle idée d’interdire de pisser ! alors au lieu de tester-bidouiller-balader deux pissotières branchouilles, si la Ville de Paris se mettait enfin à prendre ce problème au sérieux et y apporter des solutions correctes ? (*) La plus belle ville du monde (qu’ils disent !) quand on a urgemment envie de pisser, c’est un bagne.

Et puis je me suis dilaté la rate (pas la vessie) apprenant que monsieur Dray, qui était et reste une grosse légume au défunt PS, demande un audit des comptes de campagne du candidat officiel « frondeur tendance PS » Benoît Hamon. Clairement, il trouve, monsieur Dray, qu’au vu des résultats piteux, ça a coûté trop cher : 15 millions d’euros pour 6,4 % des votants. Tenez, ses propres paroles : « On trouve que c’est beaucoup de sous pour un résultat très modeste ». C’est clair : le PS savait, largement avant les scrutins, qu’il ferait un petit score, Benoît, surtout que son charisme de bordure de trottoir, son programme lucide, réaliste  😉 … alors, que n’a-t-on calculé les frais en conséquence, sachant qu’on allait vers un petit 7- 8 % ? Avec de telles espérances, on ne loue pas le Zénith avec des murs d’images ; on réserve l’arrière-salle du ZanziBar ou du Bosphore-Kebab (ex-Pizza Mario). Avec la sono du club de rap du quartier.

Tibert

(*) les gogues des cafés et assimilés ne SONT PAS UNE SOLUTION CORRECTE. D’abord c’est souvent moyen-moyen question propreté, très souvent désagréable question ambiance, ensuite payer 1,50 euros ou plus pour un besoin strictement physiologique, pas question.

Les amis de mes amis…

… ne sont pas nécessairement mes amis : c’est évident et ça se vérifie tous les jours. Je vous laisse le soin de vérifier sur vos connaissances. Mais là où ça se corse (dans le Deux-Zéro), là où cet adage idiot devient pénible, c’est sur Fesse-Bouc. Une amie à moi est venue quérir mes lumières : nonobstant ses efforts obstinés, elle ne parvient pas à empêcher que son smart-faune lui affiche à tout propos et hors de propos ces messages nombreux, envahissants, et pour tout dire chiants, très très chiants, du genre « Une nouvelle suggestion d’ami : Arlette Dugenou… » : elle a des amis Fesse-Bouc, peu, disons une vingtaine, elle a désactivé les suggestions d’amis d’amis (ça c’est possible), les pubs, les nigleries, les suggestions de pages toutes plus connes les unes que les autres, mais bernique, les suggestions en provenance des amis directs – du premier cercle, en quelque sorte : pas moyen de les inhiber.

Alors ? alors j’ai pioché le sujet d’un oeil neutre et bienveillant, n’étant pas moi-même inscrit sur ce Méga Trombinoscope Planétaire – ouh là là je m’en garde bien. Et, chers auditeurs, il n’existe pas de contre-poison !! c’est étudié pour, c’est écrit dans le marbre : vous DEVEZ recevoir mordicus, nolens volens, les suggestions d’amis venant de vos amis. C’est comme ça… c’est débile, c’est la gluantitude de Fesse-Bouc, son empreinte collante, molle, moche.

Il reste des solutions palliatives, je les ai donc trouvées car elles circulent sur le Houèbe – ma copine n’est donc pas la seule à se plaindre de ce harcèlement. Et je ne résiste pas au plaisir de vous les exposer, c’est croustillant et bête comme chou : ayez le moins d’amis possible ! faites-vous un mur très dépouillé, dites-en le moins possible sur vous : bref soyez le moins visible possible, montrez-vous de profil pour limiter la surface exposée, ça limitera les désagréables effluents « suggestions d’amis » et autres agaçeries. A la limite, n’ayez aucun ami ! ce sera plus sûr. Dès lors, je suppose que vous allez vous demander à quoi bon rester sur Fesse-Bouc… bonne question !

Tibert

L’itinérance rance

Je suis en Espagne, arrivé avec la canicule et quelques jours après la fin des frais de roaming en Europe – en français : des frais d’itinérance… ma louloute a justement un forfait assez sobre (2 heures de communications, et 1 giga-octets de données) chez un opérateur dont le sigle de 3 lettres commence comme Sierra. Et, pas de pot, il n’y a pas d’internet là où nous résidons, un petit trou peinard et verdoyant dans les Asturies, Asturias. Du cidre omniprésent et redoutable, ça oui, des clôtures et des murs et des chiens de garde partout, mais pas d’internet à la maison… mais un réseau téléphonique mobile 3G qui « passe » bien, c’est toujours ça. On fera de l’internet mobile, pensons-nous, pas de problème… vive donc l’Europe et la fin des frais d’itinérance.

Il y a déjà sur les paramètres du mobile « Autoriser l’accès aux données« , et là, grande nouveauté, on coche aussi, tout ému, « Autoriser l’itinérance des données » : comme au bon vieux temps le mobile nous met en garde « Attention ! ça peut coûter cher ! vous êtes sûr ?  » Oui oui, on confirme. Et, donc, accès internet par la 3G, allons-y Alonso…
Eh bien non ! que nibe ! « Vous êtes déconnecté« , dit obstinément le NIC, le Navigateur Internet Chromé. Comment se fait-ce ? déconnecté ? avec l’itinérance ? C’est que ce n’est tout simplement pas possible : notre opérateur chéri nous avise opportunément par SMS que «  l’accès internet en itinérance n’est pas possible avec la 3G / 3G+« . On est donc marrons.

Avec la 4G on n’a pas essayé, il n’y en a  pas dans notre coin ; mais si ça se trouve S.. avait déjà son petit message SMS tout prêt pour le cas-où : « Pas d’itinérance avec la 4G« , des fois que l’envie saugrenue nous aurait pris d’itinérer en internet sur le réseau mobile 4G espagnol. Bref, résumons : il n’y a plus de frais d’itinérance, et pour cause : il n’y en a plus, d’itinérance ! on dit merci qui ? merci l’Europe, et merci à notre opérateur télécom, qui a su affronter astucieusement cette délicate évolution sans y raboter le moins du monde ses profits. Nous vivons une époque moderne, comme on dit.

Tibert

PS1 – Moi en revanche j’ai pu sans problème itinérer au même endroit sur la 3G espagnole avec mon mobile à moi et mon minuscule forfait minimal chez F… car j’y avais droit, merci F… c’est sympa. Hélas avec 25 méga-octets de plafond, le chargement du bulletin météo du lendemain a quasiment épuisé le quota.

PS2 – Je lis ce truc dans Le Parigot : « Une blogueuse alsacienne décède après l’explosion d’un siphon à chantilly« . Avec la photo d’une jeune nana blonde et souriante en soutif bleu… si ç’avait été une « basketteuse auvergnate« , une « cruciverbiste picarde« , avouez, ça n’aurait pas eu la même gueule. Vous imaginez, mourir de l’explosion d’un siphon à chantilly, quand on est blogueuse, et Alsacienne ? le top.

Peine-à-jouir quinquennale

Je vais vous entretenir de la fête : pour faire correctement la fête et sans pensée culpabilisatrice, il faut l’aval des médias qui vont bien. Il y a dix ans, monsieur Sarkozy, cet impudent qui avait osé les défier au Fouquet’s – lieu non agréé, quand par exemple « Le Bar Nabé », rue des usines à Vitry-sur-Seine, semblait tout indiqué – muni d’un risotto crevettes-artichauts, a pu sentir la réprobation générale, mesurer sa faute de goût.  De même, ce malotru de Macron qui ignore les Bonnes Manières s’est fait salement remarquer, dimanche soir : outre que le second tour n’est pas dans la poche, il s’est réjoui avec ses amis à la Rotonde, à Paris-Montparnasse. Vous vous rendez compte, des hors-d’oeuvres à 13 euros, des plats à 28 euros ! mais peut-être s’est-il sagement contenté d’un supplément-beurre (4,50 euros) ?

Bref les cons sont là derechef, tous les cinq ans, pour scruter le contenu et le prix de l’assiette, le cadre de la fête et la liste des convives, aux fins de délivrer ou non leur satisfecit : idéalement ça se doit de donner dans la modestie, le frugal, le populaire de bon goût, sans ostentation – mais qu’on voie bien que c’est sans ostentation.

Je ne suis pas le groupie de l’homme aux élégantes rouflaquettes ; je vais vous dire : je n’ai pas voté pour lui. Son arrivée en tête au premier tour, c’est finalement « moins pire » que certaines hypothèses qui me faisaient frissonner d’horreur rien qu’à les évoquer. Et s’il a envie de se taper la cloche avec des amis à lui là où ça lui plaît, ma foi c’est son droit le plus strict, et il a bien raison : « on n’a droit qu’à un tour« , « la vie est courte« , et toutes ces sortes de choses.  Et au diable les peine-à-jouir.

Pour clore, ce commentaire d’un lecteur du Monde, que je fais mien sans réserve : +1, comme on dit sobrement.
 » Encore une polémique ridicule. Il est arrivé en tête au premier tour et a décidé d’ouvrir des bouteilles de champagne dans une brasserie parisienne normale. Tout ça avec des gens qui l’ont soutenu depuis le début. C’est quoi le problème? Il aurait du rentrer prendre une tisane et se coucher à 23 h après avoir regardé TF1? Je n’arrive pas à croire qu’on perde notre temps avec des trucs aussi débiles.  »

Pcc : Tibert, et un jambon-beurre-cornichon, un !

De la morue fraîche en politique

Ah ah ça vous la coupe, hein, qu’on cause d’autre chose que de la Présidentielle ? mais si, c’est possible. Bon, juste deux mots pour vous rassurer : saviez-vous que notre lider maximo du Parti de Gauche, Jean-Luc « Caramba » Mélenchon, l’homme à la vareuse façon Raoul Castro,  66 ans aux prunes (*),  a pour projet de chambouler la diplomatie française ? hispanophone accompli – ses deux grand-pères étaient Espagnols – le voilà qui veut nous larguer de l’OTAN, ce machin atlantiste et surtout nord-américain, et nous amarrer à Cuba, au Venezuela,  la Colombie, l’Iran… tous ces pays joyeux et qui pètent de prospérité 😉 .  Tenez, lisez ça, un éclairage sur l’Alba,  l’aube, rien que ça, qui dit se lever sur l’Amérique Latine, et vous saurez pourquoi avec Jean-Luc M. l’avenir est plus radieux, l’aube est proche camarade – surtout avec un SMIC rehaussé de 15 %, olé !

Mais quel rapport avec la « morue fraîche » du titre ? ah ça c’est un vieil oxymore que j’affectionne… vous savez que le cabillaud se pêchait abondamment loin-loin, très loin vers les bancs froids de Terre-Neuve ; pour le conserver jusques aux ports de notre façade atlantique, les Basques, les Espagnols, les Portugais, les Bretons… le salaient à bord, et si possible le faisaient sécher. Et, miracle, cela devenait de la morue. Le cabillaud, c’est le poisson au naturel, sans apprêt, tandis qu’une morue – ce n’est pas là une insulte – est un cabillaud éviscéré, décapité, nettoyé, ouvert et mis à plat, puis salé très copieusement (séché) pour longue conservation. Mais je me répète, j’ai déjà traité de la morue-cabillaud dans un vieux billet. Rien n’a changé depuis, et la morue fraîche des menus snobs est toujours aussi oxymoresque que l’obscure clarté chère à Corneille.

Evidemment, si je vous entretiens de la morue et du cabillaud, c’est que le jour s’y prête, d’aucuns aujourd’hui font ça et là pénitence religieusement, un succulent bacalao  a braz, une brandade bien garnie et gratinée à point, agrémentée d’un mesclun à l’huile de noix…  ah bon me direz-vous, c’est culinaire, votre billet, pas politique, alors ?  quel rapport entre une morue et un politicien « de longue conservation » ? eh bien vous prenez un cabillaud banal, ordinaire, et hop ça devient une morue fraîche ! une tout autre gueule, avouez. Et vous prenez un politicien en fin de carrière – le plus âgé du quatuor chéri des sondages – ex(?)-trotskyste, ex(?)-Franc-maçon ex-PS, ex-à peu près tout à gauche, et hop c’est « la France insoumise » : c’est le même plat que d’habitude, mais au menu ça le fait tout de suite mieux.

Tibert

(*) L’âge de la retraite, eh oui, après une carrière d’élu divers et varié d’environ trente-cinq années. Trente-cinq ans de vie politique, ça use, ça use. Un dernier tour, mais le dernier, alors !

Eloge du vieux clou

Nous sommes suspendus à une voix, celle du maire de Pau : sera-t-il candidat ? LE Bayrou va-t-il repartir pour un quatrième tour ? et pour qui va-t-il rouler ? la tension est palpable, mesdames-messieurs.

Mais pendant ce temps-là les tractations vont bon train entre la rose carpe-Hamon et le vert lapin-Jadot : tu me laisses vingt-cinq circonscriptions, je t’en refile douze, et trois strapontins… ah non j’en veux quinze, et deux ministères. Et tu m’infléchis ton programme, coco. Du solaire, du venté, du bio, c’est vendeur, le bio…

Bon, le spectacle continue, soit, mais basta avec ces sombres manoeuvres derrière notre dos ou dans les coulisses ! Un truc autrement plus important : le gouvernement, qui verdit à vue d’oeil, veut aider à l’achat de bicyclettes électriques. Deux-cents (200) euros de subvention pour une bécane à assistance électrique. Du coup ça vous fait l’engin à 1.800 au lieu de 2.000 : 10 % de réduc’. Mais à l’heure où je mets sous presse, les modalités ne sont pas complètement arrêtées ; gageons que ce sera pour la prochaine législature, ça n’engage donc à rien.

Reste qu’à aider au vélo, électrique ou pas, il faudrait que ces messieurs-dames du gouvernement, là-haut, descendent de temps en temps de leur cheval, de leur voiture de fonction précédée de deux motards, sirènes hurlantes : le beau vélo tout neuf, vous le prenez fièrement pour aller au boulot, vous l’attachez à un solide pylone avec votre super  antivol en U inviolable… et le soir vous rentrez à pied, soit qu’on vous l’ait chouravé nonobstant le super antivol, soit qu’il manque la roue avant, ou la selle, ou la batterie, le moteur… soit que, ne pouvant s’emparer de l’engin, le voleur mécontent ait sauté à pieds joints sur les roues pour leur donner une jolie courbure. Bref, outre des subventions bienvenues à l’achat, il faudrait aussi aider les braves citoyens à conserver un petit moment leurs biclos : aider à l’achat d’un anti-vol vraiment efficace, mettre en place des garages à vélos sécurisés (gardiens, caméras de surveillance…), punir plus dissuasivement les ladri di biciclette, les voleurs de bécanes, considérés « là-haut » comme de menus soucis du quotidien, des bricoles, des pépins sans gravité – et puis ils ont certainement souffert d’une enfance malheureuse.

Personnellement, je peste, chaque fois que je prends mon vélo et que je dois laborieusement  déployer et verrouiller, déverrouiller et ranger mon antivol, je peste contre ces salopards de voleurs de vélos qui me pourrissent la vie. J’aimerais tant, outre voir Syracuse, pouvoir laisser ma bécane là comme ça, aller tranquillement faire une emplette, par exemple, et revenir enfourcher mon  vélocipède sans crainte de ne point le retrouver… mais je t’en fiche, allez, au boulot, attachons, rattachons, détachons ! sachant que ça ne sert pas à grand-chose, la seule parade efficace étant dans la brièveté de la halte.

J’ai trouvé la technique qui sauve, enfin, un truc qui fonctionne, qui a fonctionné jusqu’ici, pourvou qué ça douré !  je n’ai qu’un vieux clou, une bécane fatiguée, sale, pouilleuse – mais qui roule ! –  achetée une bouchée de pain sur www.vieucloupacher.fr – probablement déjà volée quatre ou cinq fois, mais allez savoir…  il faudrait être fou ou miro pour songer à la piquer, ça ne vaut pas un clou. Non, ce que je crains le plus, c’est qu’on me vole mon antivol, il m’a coûté un bras.

Tibert