OK ce que je veux

On me vante tous les jours les merveilleux services de Gougueul. Gougueul par ci, Gougueul par là… on en a fait un nom commun, c’est dire ! Fermeture-Eclair, Frigidaire, Delco, Gougueul. Gougler : lancer une recherche à partir d’un certain nombre de mots-clés à l’aide d’un butineur et du moteur de recherche Gougueul. Sur mon bel ordiphone (*), il paraît qu’on peut poser des questions orales à monsieur Gougueul, après l’avoir hélé pour le réveiller. Hier, démonstration, on m’a traduit oralement une température Farenheit en Celsius, après avoir claironné « OK Gougueul ». Moi, tout bêtement, j’allais soustraire 32, puis diviser par 9 et enfin multiplier par 5 ; mais ce n’est plus la peine maintenant de savoir que la conversion Celsius-Farenheit est une fonction affine, de la forme Y=aX+b ; ce pourrait être une fonction hyperbolique, un développement en série, que sais-je ? un truc mystérieux, requérant pour toute traduction la magie opaque OK-Gougueul ou la lecture laborieuse d’une table de conversion enfouie au fin fond d’une bibliothèque poussiéreuse, telles les regrettées tables de logarithmes Bouvard-et-Ratinet de ma jeunesse.

Moi je vous le dis : pas OK-Gougueul. La moindre des choses serait qu’on puisse choisir son interjection, lancer à son ordiphone « Oh Jules » », ou « Vas-y Machin », bref ce qu’on veut. On est tous là à faire les hommes-sandwiches pour la maison Gougueul, et c’est 1) pénible, 2) on peut s’en passer, et ça entretient les neurones.

Tibert

(*) Smartphone semble gagner sur  toute autre appellation -pourtant c’est très mauvais, tant la fonction téléphone de ces bidules envahissants est devenue secondaire.  Ordiphone a peu de chances de percer, je sais ; c’est juste pour montrer que l’anglais n’est pas une fatalité.

Bis repetita si tout va bien

Je ne l’avais pas écrit, mais voilà,  c’est fait : j’ouvre un blog sur LeMonde.fr. Quoi ? encore un blog ?

Eh non ce sera le même – en principe du moins – et vous allez pouvoir le vérifier de visu, chers lecteurs, en vous rendant sur le site…

http://tibertlechat.blog.lemonde.fr/

Si différence il y aura, ce sera,

– soit que j’ai oublié de reporter mes billets d’ici sur le blog « mondain », ce qui ne devrait pas m’arriver, ou si ppeu, ou par autocensure, pas que j’aime ça, mais bon…

– soit que les modérateurs « moderato cantabile » du Monde, munis de leurs grands ciseaux, auront jugé ma prose impropre à la saine publication. L’hypothèse n’est pas si farfelue, et, tiens nous verrons bien.

Au fait, bonne fin d’année !

Tibert

Plus rien

Comme le gueulait le cher vieux Léo, cette graine d’ananar, « Il n’y a plus rien ». Plus plus rien. Tentant de trouver une information pertinente et de quelque épaisseur ce matin, je constate que c’est le grand désert. Ah si, la municipalité d’Angoulême retire des grillages anti-SDF qu’elle avait installés autour des bancs publics. Ahh enfin diront les SDF du coin, on va pouvoir coucher au chaud sur ces douillets bancs, depuis le temps qu’on en rêvait.

Voilà, c’est à peu près tout, à part, ah si, une Femen dépoitraillée avec slogans aux nichons et en anglais, sur la place Saint-Pierre, à Rome donc, où pourtant la langue officielle est l’italien. Puis-je suggérer aux Femen moyen-orientales, dans la même logique anti-obscurantisme, de parcourir pareillement dépoitraillées et peinturlurées en anglais les rues des villes placées sous l’administration débonnaire de Daech, du côté de l’Irak-Syrie ? là aussi il y a des curetons et des dévôts, comme à Rome, à la Kalachnikov près. Elles gagneront ainsi toute mon estime.

Il ne se passe décidément rien… mais bon sang, les journaleux seraient en congé que ça ne m’étonnerait pas plus que ça. Quand les journaleux sont en congé, vous n’êtes pas sans l’avoir remarqué (*), l’actualité retient son souffle et se tient à carreau.

Tibert

(*) façon alambiquée et ampoulée – où l’alambic rejoint l’ampoule – d’exprimer que vous l’avez sûrement remarqué. Mais écrit comme ça c’est quelconque, tandis que « …pas sans… » ça le fait.

Simplifions, fion, fion

Il faut faire plus simple, c’est ça qu’on nous dit, mantenant. Ce qui ne devrait pas ête trop difficile, s’agissant des méandres, arcanes, bizarreries de notre belle Administration que le monde entier nous envie ;-).

Y a qu’à, faut qu’on ! tenez, une qu’elle serait belle, de simplification. Ma copine doit et veut changer son passeport, périmé sous peu. Je vous raconte pas le parcours du combattant pour faire la photo susceptible de satisfaire les contrôles de police Etats-Uniens : un supplice. Pas sourire, pas plisser les yeux, pas bouger, pas pencher la tête, pas… bon, la purge, quoi.

Autre purge : le timbre fiscal de 86 euros, purge financière d’abord, excusez du peu. Où trouver un timbre fiscal de 86 euros ? facile, vous dit-on : les buralistes.

Premier buraliste de centre-ville d’une grosse métropole régionale : ah non j’en ai pas en ce moment. Et puis à la Préfecture ils ont changé le système pour s’approvisionner, il faut une heure pour y aller, c’est à perpette, pas pratique, pas le temps… voyez mon confrère, Machin.

Machin : ah non j’en ai justement pas, à la préfecture ils font ch…, faut aller les chercher au diable maintenant, en banlieue, pas que çà  à faire, voyez ailleurs…

Ailleurs : ah ben non j’en ai pas, faut comprendre, j’ai pas que ça à foutre d’aller en chercher à dâche, moi je bosse moi monsieur… faut en acheter chez les Impôts, c’est leur boulot, allez donc à telle adresse.

Bref : les buralistes font très clairement la grève des timbres fiscaux.

Je vous fais grâce de la séance d’achat du timbre aux Impôts : d’abord les heures d’ouverture au public, chuuut c’est top secret. Ensuite c’est Fort-Knox, et le Sous-Chef de Bureau en réfère au Comptable, lequel etc etc… et on finit, miracle, par se retrouver possesseur du Timbre ad hoc. Quatre-vingt-six euros, une paille, un prix d’ami.

Ca se traite à la mairie, les passeports, dans les grandes villes. A la Mairie, donc, la somptueuse Mairie pansue et flambant neuve, image forte du dynamisme qui… etc… etc… (et qui a coûté un bras aux habitants), inconsciente du drame qui s’est noué autour de ce timbre, la préposée aux passeports le colle tout bonnement dans le dossier, sans cérémonie.

Question : vu que c’est à au moins 75 % à la mairie que les demandes de passeport se font, pourquoi qu’à la Mairie il n’y a pas un guichet « timbres fiscaux » approvisionné ? il doit bien y avoir un fonctionnaire territorial qui s’ennuie dans son coin, sans affectation claire et entre deux congés de maladie (sans jour de carence) pour cause de déprime pour cause de désoeuvrement.

Question subsidiaire : pourquoi faut-il encore ces stupides timbres fiscaux ? un passeport c’est un produit fiscal « en soi », non ? ça a un prix, on le paye – à regret, évidemment – mais grands dieux, pourquoi avec un timbre ? pourquoi pas avec une brouette de patates, tant qu’on y est ?

Tibert

Indécrottables

Indécrottables qu’ils sont, nos dirigeants élus. Economies économies, austérité, c’est l’antienne, mais chante beau merle. Les effectifs de la fonction publique ont encore grimpé cette année… et qui c’est qui va payer les avancements automatiques, les retraites « des 6 derniers mois »,  ceux – il y en a, je vous assure – qui sont payés à ne rien foutre, livrés à eux-mêmes par des chefs incompétents, et les absences aux petits oignons ?

Les effectifs de fonctionnaires augmentent encore, pas forcément chez nos ministres, où là, prudence, on veille à ne pas inflationner de manière visible… mais les Territoriaux ! mais les Hospitaliers !

Que les hôpitaux aient des besoins en personnel, certes, qu’ils embauchent ! mais qu’on  m’explique pourquoi il faut être fonctionnaire pour faire des piqoûses à l’hôpital… ratisser les allées de la Préfecture… touiller les pâtes dans les marmites de la cuisine centrale…

Donc, de plus en plus de fonctionnaires sans aucune nécessité de travailler sous ce statut – statut dès lors abusif, inique et ruineux. Et une insulte aux salariés du secteur privé, ces untermenschen.

Tibert

Et le dimanche, monsieur Rocard se reposa

Le dimanche ? le septième jour, en fait, d’après le Gros Bouquin. Le septième jour pour tous les Français, c’est dans la Loi, c’est le dimanche. S’il y en a qui en plus s’abstiennent de cuisiner, de conduire, d’appuyer sur le bouton de l’ascenseur le samedi, c’est du rab’, c’est leur droit, qu’ils attendent juste qu’un mécréant l’appelle, l’ascenseur. Mais le dimanche, REPOS. Ah la vacuité bénie du dimanche… pas de centre commercial à subir caddie aux bras, la cohue, les beuglantes des vendeurs, la rogne des caissières fatiguées, les achats stupides et compulsifs, et j’en oublie.

Il se trouve que monsieur Rocard est d’accord avec moi – ce qui n’empêche pas que nous divergions sur bien des points. Lui, le dimanche, tout comme moi, il préconise qu’on le garde pour glander, se cultiver, trottiner, flâner, dormir, cuisiner, bouffer, bref recharger les batteries et prendre du recul. Et surtout, il nous alerte :

« J’ai un jour rêvé (*) d’une loi qui interdirait à tout homme ou femme politique de se rendre visible un dimanche. S’il se repose, s’il voit ses enfants, s’il fait du sport, c’est un mieux pour le bien public. Sinon c’est absurde, il se crève ! (…)  Nous sommes gouvernés en permanence par des gens épuisés« .

Nos gouvernants du PS sont épuisés : ça c’est un scoop. Et il y en a qui aggravent leur cas, vont s’épancher la nuit dans des bras illégitimes après une petite virée à scooter. Pas étonnant qu’ils broient du noir, qu’ils soient au bord du burn-out (le surmenage, l’épuisement, en français, mais avouez que ça fait nettement moins surmené, « surmenage ». Monsieur Dray, ex-trotskiste et néanmoins socialiste, crie au secours, clame que « la Gauche se meurt ». La Gauche se meurt de surmenage, monsieur Dray. Et surtout, la Gauche n’a plus rien à proposer que de fumeux projets de changements de société éculés comme de vieilles godasses. La Gauche se ferait du bien à abandonner ses chimères aubrystes, hamonesques, filochistes, et à redescendre sur terre. Elle y constaterait qu’il y a des gens fréquentables et sensés, utiles même, en dehors de la Gauche. Elle pourrait ce faisant profiter du dimanche pour glander, se rendre invisible – ce qui nous ferait aussi beaucoup de bien !

Tibert

(*) I had a dream, en français : comme quoi monsieur Rocard a des références littéraires.

PS – (Non, pas le PS, ras le bol du PS) : Post-scriptum. Je lis ça : « La 4G de Free descend dans le métro parisien« . Fort bien, mais si la 2G de Free arrivait jusque chez moi, j’aurais un abonnement qui  servirait à quelque chose. Je n’ai pas les moyens, moi, d’aller dans le métro parisien pour consulter mes SMS.

C'est trop, là

J’en ai marre, de ce système.

Il y a quelque lustres j’achetais le journal, en papier, si si, je le lisais, même. Le journal-papier, forcément, il n’y avait pas autre chose, à part les infos « la voix de son Maître » (*) à la télé et à la radio. Je me souviens avoir eu un rituel vespéral et quotidien, aller-retour sur ma mobylette de marque japonaise vers la gare de Perrache, à Lyon : à cette époque la gare centrale lyonnaise était à Perrache, avant que cet abruti de Pradel fasse du quartier Perrache, ses platanes, ses canis et ses boulistes, un grotesque noeud d’autoroutes bétonné et infernal. J’allais acheter « Le Monde » ; paru dans l’après-midi à Paris (forcément !) il prenait le train d’avant le TGV, ce canard, et s’étalait dans les kiosques lyonnais de Perrache vers les 18 heures. Un canard qui avait de la tenue, des articles bien documentés, pas trop évènementiels, bref de quoi lire pas con, et plutôt neutre politiquement ; les choses ont bien changé, c’est rose-bonbon, Le Monde, maintenant, repeint socialo bon teint. Mais bon, sic transit… la lecture du journal se faisait assis à table en touillant un café, ou sur le canapé, un fauteuil… bref je m’installais pour lire.

Maintenant si je n’y mets pas le hola on me réveille durant ma sieste, non seulement pour me formuler en un français approximatif la 925 ème proposition de m’installer, avec la haute bénédiction et le parainnage revendiqué d’EDF, des panneaux photovoltaïques sur mon toit – c’est toujours non, et allez vous faire foutre – mais aussi pour m’alerter sur le fait qu’UneTelle est passée à la télé les nichons à l’air ou presque (cliquez pour voir), qu’Untel a fait un pet de travers… C’est de l’événementiel, les gars, aucun recul, c’est nul comme info. D’où vient ce vent oblique ? quelles prémices ? ses effets immédiats, certes, mais aussi, les conséquences environnementales, politiques, sociétales ?

Il y a très longtemps, je faisais remarquer dans ce même blog que le mètre est LA mesure officielle de longueur internationale. N’en déplaise à ces obstinés crasses d’Etats-Uniens. Et on continue dans les dépliants de pub de chez nous à nous assommer de télés 46 pouces , de « displays » (des écrans, en français) 7 pouces 1/2 et j’en oublie (très exceptionnellement, on va nous donner la traduction en centimètres, par bonté). A quoi ça sert que je me pète le baigneur à écrire des billets ? hein ? il y a des blogs de partout, sur tout, maintenant. Des blogs écrits par des primates avec leur queue, des blogs techniques, des blogs religieux, culinaires, aventureux… comment faire entendre la faible, l’indispensable voix du Chat Tibert dans cette cacophonie ? je suis dans la situation du piccolo qui répète sa partition, coincé entre les percussions, le quatuor de trombones et le tuba. Franchement, il y a des jours où je me dis qu’il faudrait faire plus vendeur, mettre plus de cul dans mes billets. Un piccolo, soit, mais avec du cul, visible… et puis des rappels pertinents, discrets mais incitatifs, sur le  Système International de Mesures.

Tibert

(*)  media commerciaux : infos plus libres, mais la pub, la pub, la pub, ad nauseam.

Media gouvernementaux : propres sur eux, corrects politiquement,  auto-censurés, et sournoisement biaisés. Et tiens, un peu de pub, aussi…

Revoilà le Boche

Titre du « Parisien » ce jour : « Allemagne : Merkel s’en prend encore à la France« . On est envahis, c’est Kuderian qui perce dans les Ardennes ! Aux armes, etc etc (merci Gainsbarre).

Lisant le corps de l’article, ce cri de guerre contre le Boche qui agresse notre beau pays devient plus nuancé : ah bon, c’est la politique économique (*) du gouvernement socialiste de la France, pas la France, que madame Merkel agresse. Ah, j’aime mieux ça. Vous voyez le problème, quand on veut faire court, on approxime, forcément.

Mais avouez, le titre, guerrier ! germanophobe, carrément. Faudra-t-il qu’on promulgue une Loi, une de plus qui ne sera pas appliquée, pour terrasser le hideux, l’immonde (dixit Manuel Valls) racisme qui ne veut pas dire son nom, qui rappelle tristement les Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire, l’anti-germanisme primaire ?

Tenez, encore une victime de l’anti-germanisme primaire : monsieur Mélenchon, qui ne cède en rien en rustrerie à un pote à lui, le Georges Marchais du « Taisez-vous, Elkabbach », s’est fendu d’un touitt-touitt en 140 caractères fort civils, en réaction aux critiques de mâame Merkel : « Maul zu, Frau Merkel ! Frankreich ist frei. Occupez-vous de vos pauvres et de vos équipements en ruines ! » . En clair et très correctement traduit : « Fermez-la, madame Merkel, la France est libre ! ». Elegant, non ?

Hélas, madame Merkel ne fait que mettre le doigt là où ça fait mal. Pays coupé en deux, pays de manque de courage politique, de chasses gardées, de corporatismes à fort pouvoir de nuisance – les cheminots, les notaires, les taxis, les… – pays (**) du fonctionnariat plétorique, illégitime, ruineux, pays des lois du travail à trois vitesses, de la complexité comme une drogue, de la loi pour rire, de la bidouille comme ligne de conduite. La rigueur et le courage ? à d’autres, suivez mon regard.

Tibert

(*) En fait de politique économique, ça se résume à une Danse de la Pluie pour faire venir Sainte-Croissance.

(**) c’est une anaphore, là : « pays de … pays de … pays de … ». Moi aussi je sais faire de l’anaphore. Et toc. L’anaphore, ça fait jouli, et avec on peut gagner des élections.

Immonditude et normalité

Assez navrant, ça : un couple agressé chez lui à Créteil, dépouillé, la femme violée, la bagnole « confisquée » etc… par trois hommes cagoulés, armés, en plein jour. C’est dégueulasse ? c’est dégueulasse, je confirme. Ce serait pareillement dégueulasse en pleine nuit, d’ailleurs ; c’est dégueulasse tout le temps.

Là où c’est pire, du moins c’est ce qui se dit, c’est que les agresseurs – on en a retrouvé deux, mais chuuut, il ne faut pas stigmatiser – au cours de leur agression, disaient des trucs du genre : « c »est des Juifs, ils doivent avoir du fric » … des agresseurs victimes (sic) de préjugés débiles, et pas beaucoup de jugeotte.

Et là, de Normal-1 au Premier-Valls, c’est l’indignation à fond les manettes. Monsieur Valls lui-même se fend d’une déclaration qui interpelle : « l’horreur de Créteil est la démonstration immonde que la lutte contre l’antisémitisme est un combat de tous les jours (…)« . Si je comprends bien, c’est la démonstration qui est immonde – de in- privatif, et mundus, propre, pur. Immonde : sale, impur, repoussant.

Qu’est-ce qui est démontré de manière repoussante, comme dit l’autre ? que l’antisémitisme est toujours d’actualité, c’est affreux, on est bien d’accord, c’est immonde. Mais, le viol ? silence… le vol ? c’est d’un banal, ma pauvre dame… les violences ? bof ce ne sont pas des enfants de choeur, et puis ils ont eu une enfance certainement difficile, leurs avocats sauront faire mousser ça.

Hors la judéité des victimes, rien donc qui mérite la sortie médiatique d’un Président, d’un Premier Ministre, qui au long des faits divers normaux, crapuleux et violents, se taisent. S’en prendre à des riches parce qu’ils sont riches – grave erreur, d’être riche, Normal-1 ne les aime pas -, à une fille parce que c’est une fille, c’est bien normal. S’en prendre à des goyim, des non-Juifs, c’est le pain quotidien des faits divers, des chiens écrasés, des vies foutues,  qui ne suscite aucune sollicitude de nos Grands Chefs : pas la peine d’en faire six caisses, et puis d’ailleurs comme on vous le dit, les statistiques de criminalité sont à la baisse.

Hors d’éventuelles immondes démonstrations, ne vous laissez donc pas aller, braves gens, à l’ineffable « sentiment d’insécurité » : des peurs irraisonnées, on vous l’assure.

Tibert

Nuls en géométrie, bis

On touche le fond, là – enfin, on croit le toucher, mais attendez, ça va encore enfoncer plus loin !

Le SAMU social marseillais – il y a de quoi faire – distribue aux SDF des étiquettes – rectangulaires, comme toutes les étiquettes du monde – véritables « cartes de santé », repérées par un pictogramme triangulaire.  Des étiquettes robustes et faciles à voir dans le pauvre barda des laissés à  la rue. On y note un nom, un prénom, des précautions médicales, genre allergie aux corticoïdes… bref de quoi aider les gens qui se décarcassent pour les naufragés de la rue, appeler Albert « Albert », par exemple, et pas Joseph….

Le triangle de couleur, c’est pour que ça se voie, évidemment. Et la couleur qui se voit, c’est le jaune vif, fluo, si possible. Les cyclistes, les travailleurs des chantiers, les gendarmes sur la route… en jaune ! le jaune, c’est physique, ça se voit mieux, l’oeil vous le dira.

Un triangle… pourquoi un triangle ? et pourquoi pas un triangle ? il faut bien la border, la zone en jaune. Et un triangle ça ne fait pas de politique, pas plus d’ailleurs qu’un rond, un hexagone, un carré… eh ben, c’est l’horreur ! un triangle jaune, vous imaginez ? si encore ils avaient fait des trapèzes bleus, des ronds noirs, des ellipses marron… mais des triangles ? jaunes ? c’est épouvantable, s’écrient les Bonnes Ames.

Pourtant, hein, regardez, les Nazis (*) n’ont jamais utilisé le triangle jaune. Plein de couleurs, des étoiles jaunes de sinistre mémoire, et des triangles, oui, mais jamais des jaunes. Et toc ! Les agents de la DDE sur la route, si. Encore des nuls en géométrie, et en histoire, les Bonnes Ames.

Mais ça ils s’en foutent, les professionnels de la « stigmatisation » et de la « discrimination » à tire-larigot : il s’agit de TOUT faire taire, ne plus rien laisser exprimer librement. Le baillon, quoi, la camisole. Tenez, ils nous ont ressorti à ce propos, indignés, forcément indignés, l’inénarrable tarte, le jingle des empêcheurs de dire et de faire : « les heures les plus sombres de notre histoire » ! C’est signé, ça,  BienPençance SARL.

Ne cherchez pas qui est derrière le « collectif » des SDF, qui tire les ficelles. Bref, il y a ceux qui bossent, et ceux qui instrumentalisent. Pas le même job…

Tibert

(*) « Les heures les plus sombres gnagnagna…« , c’est la périphrase qui va bien, la tournure obligée façon discours à la Malraux, quasiment une AOC. Des heures ? des mois, oui, des années ! Mais à force de les ressortir à tout propos, les « heures les plus sombres etc », elles vont finir par déteindre.