Moral, morale

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, etc etc, vous connaissez. C’est terriblement d’actualité. Et, comme disait Mac-Mahon, que d’eau, que d’eau ! Le moral dans les chaussettes – trempées, les chaussettes.

A part ça, Moi-Ex-Président déclare, tout bien réfléchi, que six ans serait la bonne dose pour faire Président ! en voilà un qui a trouvé son quinquennat un chouïa trop court pour concrétiser ses ambitieuses initiatives pour la France, une fois son grand-oeuvre du Mariage Pour Tous mis en route – et après, euh… keskonfé ? Tenez, dites un nombre entier entre 5 (trop court) et 7 (trop long ) ? hein ? voyons voir, voyons voir… de là à supposer qu’il a envie de rempiler pour six ans, je n’ose l’imaginer ; fuyons cette pensée noire et funeste.

Il supprimerait aussi, monsieur Hollande, allez hop, le Premier Ministre (enfin, supprimer… supprimer le poste, pas le bonhomme !). Un fusible de moins, et Flamby seul en lice pour recevoir les vivats de la foule, car on va évidemment lui tresser des couronnes. Enfin… vaut mieux voir ça que d’être sourd !

Tibert – pour le moral, voir plus haut. Pour la morale… pourquoi ? y a une morale ?

PS – Ah si : la morale mélenchonienne. Extrait du Firagots : « Alors que la polémique sur les mères voilées accompagnatrices de sorties scolaires enflent ([sic, bravo le correcteur, NDLR] M. Mélenchon a affirmé: «Blanquer, il doit se taire. Ce n’est pas à lui de dire ce qui est souhaitable ou pas dans les comportements qui sont licites». « .  Comme quoi le ministre de l’Educ’Nat doit la fermer sur les tenues confessionnelles lors des sorties scolaires et s’abstenir de donner son avis. Non mais, c’est vrai, pffft… en quoi ça le concerne ? Tandis que Méluche, lui…

Retrait au petit poil

J’ai essayé de prendre le train ce jour : plaignez-moi ! et plaignez les millions de Français une fois de plus – soupir, rengaine – pris à la gorge par les syndicats de la SNCF. Tâchez-moyen de trouver une autre solution, ou bien reportez votre voyage, qu’ils disaient : yaka !

Et ce, juuuste au début des vacances de la Toussaint, heureux hasard ! Le droit au retrait (du temps de mon grand-père, on appelait ça sauter en marche (*)) opportunément brandi, faux-nez pour une grève infâme, je pèse mes mots. Je ne dis pas que les rames  de train à UN agent ne posent aucun problème : on peut concevoir que ce soit trop peu, et à la merci d’une grosse emmerde. Aux types de la SNCF de régler ce litige ; mais quand on prend les clients en otage – et en faisant bien gaffe à ce que ce soit au pire moment – c’est tout simplement infâme. On ne peut pas s’habituer à l’infâmie.

Tibert

(*) Ne descendez pas avant l’arrêt complet du train ! et attention à l’espace entre le marchepied et le quai, gnagnagna.

S : Souhaits et Stigmates

Tout d’abord, mes chers amis, un peu de grammaire genrée : on doit dire UN stigmate, c’est masculin, le stigmate, vu que c’est, outre un stigmate comme on sait – qui stigmatise, quoi… – c’est aussi l’extrémité du pistil d’une fleur, organe masculin s’il en est ! et toc. Bon, ce point étant acquis, je reviens, rengaine lassante, sur les accompagnatrices des sorties scolaires, tarte à la crème des débats sur le voile islamique. Un voile (masculin) est-il d’ailleurs forcément islamique ? que nenni ! bien des femmes non musulmanes se voilent, qui pour garder la tête au chaud, qui pour planquer une chevelure douteuse, ou parce que ça fait plus jouli, etc. A l’inverse, bien des femmes musulmanes ne se voilent pas, vivant leur religion sans cette contrainte absurde imposée par les mâles, sous prétexte qu’ils sont « comme ça », infoutus de discipliner leurs bas instincts de mâles , justement.

Mais bon… et le ministre de l’Educ’Nat, monsieur Blanquer, sur cette n-ième affaire de voile en sortie scolaire, émet ceci : « Le voile n’est pas souhaitable dans notre société« . Que n’a t-il pas dit là ! haro sur le Blanquer ! Notez bien, il n’a pas dit « il est interdit », ou « illégal », ou « scandaleux », etc ; il considère, modéré dans sa position, que la sortie scolaire étant dans un espace « entre », ni dans l’école (sortie), ni hors l’école (scolaire), eh bien, le voile des accompagnatrices voilées-islam, on fait avec… mais il déplore, c’est clair, considèrant que ce n’est pas souhaitable dans notre société. En Arabie Saoudite, en Iran (*) peut-être, mais pas en France, démocratie laïque : un des principes de notre république, c’est l’égalité homme-femme, que le voile imposé nie.

Qu’aurait dû dire M. Blanquer ? posons-lui la question, franco : Monsieur le ministre, le voile islamique est-il souhaitable (**) lors des sorties scolaires ? quatre réponses possibles, façon QCM.

Oui, c’est souhaitable (scandaleux, islamiste !)

Non, ce n’est pas souhaitable (scandaleux, islamophobe !)

Je ne sais pas (***) : scandaleux ! froussard, couille-molle !

Et vous, qu’en pensez-vous ? (réponse-type du psy) : pervers,vicieux.

Eh non, il n’y a pas de bonne réponse. C’est le questionneur qui pose les mauvaises questions.

Tibert

(*) Là-bas c’est plus simple : voile obligatoire, sinon au trou !  Même non-musulmane, une femme excite les mâles, que voulez-vous… ils sont comme ça, on ne se refait pas.

(**) Notez, il a déjà répondu à la question « est-ce légal ? » Il a dit oui, pas ravi.

(***) Variantes : je m’en tape (tamponne, branle), ça m’indiffère, rien à cirer (à foutre), c’est un problème subalterne, il y a d’autres sujets à traiter, je m’en bats les… etc.

Pour notre bien, comme d’hab

On a eu les GJ ; on en a encore un peu, d’ailleurs, et leurs revendications initiales restent d’actualité : démocratie réelle, « descendez de votre cheval !« , retour aux 90 km/h sur les routes qui vont bien (*), des prix raisonnables sur les carburants, référendums là où c’est utile, et le frigo pas encore totalement vide le 15 du mois…

… mais on a trouvé un autre truc : ce sont maintenant les XR, alias Extinction-Rébellion, gracieusement exportés chez nous par les Grands-Bretons et qui font en gros la même chose, pourrir la vie de leurs voisins, mais pour des buts semble-t-il différents. Reconnaissons-leur jusqu’à présent l’absence de casse et de pillages, les black-blocs et autres furieux ne s’étant pas encore mêlés au mouvement. Ces jeunes gens des XR, donc, eux qui savent, pétris de leurs certitudes fin-du-mondistes, bloquent – avec la grande bienveillance de la Mairie de Paris, impavide – des artères et des carrefours stratégiques et provoquent de magnifiques embouteillages indémerdables et fort polluants ; ce que faisant, ils nous affirment sans rire que c’est pour notre bien !

Outre qu’entre des revendications de pouvoir d’achat, d’essence pas chère et de frigo à maintenir garni, d’une part, et l’exigence de dé-consommation et de décroissance portée par XR, d’autre part, il y a comme un hiatus, ce genre de discours « c’est pour votre bien » (ou votre sécurité, etc… ) est une rengaine fatigante et pétrie de mépris. En clair : on nous brime, nous agresse, nous bouscule, nous emmerde, mais c’est pour notre bien : nous sommes, hélas, nous autres pauvres citoyens bornés, des abrutis et des infirmes du ciboulot. Il faut nous malmener, eh oui, que voulez-vous… c’est pour notre bien !

Tibert

(*) On a rarement vu élus locaux aussi trouillards, paralysés et débinards à propos de cette affaire : quelques rares départements ont revu les limites de vitesse sur leurs routes ; les autres n’ont rien fait, tétanisés par le chantage gouvernemental à la mortalité sur les routes. On saura s’en souvenir…

Des mots en ance et en tion

Le Macronious suprême nous l’a déclaré, solennellement, il faut désormais serrer les boulons face à la menace des islamistes extrêmes. En français châtié, ça donne « bâtir une société de la vigilance pour lutter contre l’hydre islamiste« . On notera un réel progrès dans la clarté des termes : du temps de Flamby-Moi-Président, on parlait du terrorisme, sans plus de précision, des fois qu’on aurait froissé – on dit stigmatisé – quelqu’un. Notez aussi qu’on nomme l’hydre, mais pas toutes ses têtes, et pour cause, vu qu’elles repoussent comme du chiendent quand on les coupe !

Et aussi sec, c’était couru, d’aucuns se récrient ou s’inquiètent. Ainsi le directeur exécutif du Collectif contre l’islamophobie en France affirme que l’on s’achemine vers « une république de la délation où chaque musulman devient un suspect potentiel ». Je cite celui-là, mais de nombreux bords, et de tous bords, on alerte à la délation. République de la vigilance, donc république de la délation ?

D’abord un peu de bon sens : un terroriste islamiste, c’est un supposé musulman, sinon ce n’est pas un islamiste. Donc on va surveiller et vigiler plutôt les mosquées que les soirées-loto du troisième âge ou les sorties-rando non confessionnelles. Et puis si on vigile, et si l’on perçoit une menace, à quoi ça sert d’avoir été vigilant si on ne dénonce pas ? d’abord on peut tomber sous le coup de la loi pour non-dénonciation de crime, et deuxio, et surtout, on va peut-être laisser se commettre des horreurs.

Le Français, c’est connu, et à la différence des Anglo-Saxons, est réputé réfractaire à la délation ; cafteur, balance, mouchard, corbeau, noms d’oiseaux. J’ai écrit délation, pas dénonciation. Ce qui laisse toute sa place à la vigilance citoyenne ! la vigilance sans la dénonciation m’évoque la phrase de Péguy : ils ont les mains propres, mais ils n’ont pas de mains. Permettez-moi de citer également la sagesse populaire : quand faut y aller, faut y aller ; et puis faut ce qu’y faut. En d’autres termes, dénoncer demande du courage ; c’est peut-être ça le problème.

Tibert

Animosités électives

Le récent massacre de quatre personnes à la Préfecture de Police de Paris par un salarié de la boîte, connu pour ses convictions clairement islamistes, donne à penser ; et me revient à ce sujet le fameux adage bien connu, et si vrai ! trop bon, trop con. On a gentiment fermé les yeux sur de nombreux signes alarmants, on a été bonasse, coulant, meuhh non pas de problème (*), et puis voilà, boum, réveil en sursaut.

Ceci étant il est curieux de constater comme des groupes aussi antagoniques que les anars – black-blocs et autres sensibilités (sic !) moins saccageuses, ou carrément idéalistes – et les islamistes se rejoignent ; ils ont un ennemi commun : la démocratie (faux-nez du capitalisme ou guignolerie pour les uns, pas hallal pour les autres), et donc les moyens de la préserver, notamment les flics et assimilés. Les uns appellent de leurs voeux les suicides dans la police, voire s’emploient à faciliter la chose à l’aide de pavés, coquetels, barres de fer…, les autres y vont plus ouvertement. « Ni dieu ni maître« , « Il n’y a de dieu que Dieu que Dieu » : il serait plus logique, et meilleur pour la démocratie, et pour nous, que ces deux propositions manifestement inconciliables, et dans leurs émanations les plus radicales, commencent par confronter dans leur coin leurs points de vue respectifs, pour savoir qui c’est qu’a raison.

Tibert

(*) A moins qu’il y ait eu des complaisances, voire plus, ce qui n’est pas à exclure. Vu le service secret-secret où ça s’est passé, je suppose que l’enquête en cours aura le souci de creuser la question, ce qui, à mon humble avis, n’a pas été fait concernant l’attentat du 14 Juillet 2016 à Nice.

GMPAPA et archipels

( Le débat sur la PMA pour tous (mère 1, mère 2 : je plains la mère 2 ! ) : en fait, c’est pour toutes qu’il faut comprendre, vu que la procréation c’est assez massivement féminin, avec un apport masculin certes, très ponctuel et microscopique. En outre, nous raconter qu’on débat de la PMA mais pas du tout, grands dieux, jamais, voyons, de la GPA, la Gestation Pour Autrui, fi donc… c’est se cacher derrière son petit doigt. Qu’arrivera-t-il immanquablement (on parie ?) si la PMA pour tous est adoptée ? les mâles en manque de marmots entre eux (père 1, père 2, ça paraît symétriquement évident), vu qu’ils sont physiquement inaptes à fabriquer des mômes, même avec assistance extérieure, brameront que c’est pas juste, y a pas de raison, et eux alors etc… et il faudra donc adopter de même, c’est logique et imparable, la GPA pour tous.  CQFD )

Et puis j’ai lu une amorce d’article du Monde « payez- pour-lire-en-entier » : sur Jérôme Fourquet  et son bouquin, « L’archipel identitaire« . Voilà un type qui utilise des statistiques quasi « ethniques » ! tenez, sur le maigre échantillon qu’il m’a été donné de consulter : dans le département du 9-3, 70 % des prénoms masculins déclarés à la naissance sont des prénoms autres qu’arabo-musulmans (exercice : calculez le ratio complémentaire à 100 % et qualifiez-le). Il existe donc des statistiques de ce genre ?  c’est dingue. Moi qui pensais que c’était stigmatisatoire, vilain-pas beau… questionner les replis identitaires, c’est forcément négatif, non ? quasiment du sabotage d’ambiance. Tout baigne, enfin, quoi… c’est simple : il suffit de sortir des bonnes statistiques, ou pas du tout.

Tibert

Surtout ne signez pas !

Les déconndeurs du Monde se sont surpassés hier, expliquant doctement et justifiant pourquoi Greta Thunberg et ses copains en culottes courtes (*) ont porté plainte, sans doute assistés de quelque cabinet d’avocats bien intentionnés, contre, entre autres, la France et l’Allemagne, tandis que les très gros pollueurs, Chine, USA, Inde etc ne sont pas mis en cause. C’est limpide : une simple question de droit ! Il s’agit de poursuivre des pays pour leur non-respect supposé d’une convention sur le climat (**) où ils se sont engagés vertueusement à « préserver… réduire… etc etc« . Il est donc impossible juridiquement de poursuivre des pays qui n’ont pas signé cette convention ! et toc : Chine, USA, Inde, etc. Tenez, la liste des neu-neus qui, eux, ont imprudemment signé la CIDE.

Donc : vous ne voulez pas être em…bêtés par de jeunes trublions vindicatifs ? ne signez pas, ne signez rien, ne vous engagez à rien ! c’est simple, imparable, et vous continuez à polluer tranquilles.

Au passage, les chiffes indiqués dans l’article – et les commentaires des lecteurs patentés – donnent à réfléchir. Dans l’absolu, la Chine est le pollueur Number One, mais rapporté au nombre d’habitants, pas tant que ça ! les USA sont largement en tête, sur ce critère, enfin… pour les « grands pays », car il y a des petits surdoués. Tenez, des chiffres de 2014, en tonnes par habitant… USA : 16,5 /  France : 4,6 / Chine : 7,5 / Inde : 1,7 / Koweit : 25,8 / Qatar, 43,9 !!

Tibert

(*) Seize enfants originaires de douze pays du monde âgés de 8 à 17 ans. Huit ans, et déjà cap’ d’intenter un procès !

(**) Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), censée protéger la santé et les droits des enfants et adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1989.

Pas question

Non, je ne cèderai pas à la Chi-chi-mania de circonstance. Il est mort, DONC je devrais produire un billet sur l’homme, sa vie, son oeuvre ? mais c’est exac-te-ment le même bilan qu’il y a, disons, un an, deux ans, vu que ça fait un bail qu’il a fermé le ban, qu’il n’interfère plus dans la sphère publique. On aurait pu écrire sa rubrique nécrologique depuis longtemps, depuis sa descente terrible et irrémédiable. On ne souhaite ça à personne.

Ceci dit, il savait lever le coude pour un demi-pression, il avait un excellent coup de fourchette, notamment pour la tête de veau – quoi de plus populaire qu’une tête de veau ravigote ? les amateurs de mahousses homards bretons et de risottos crevettes-artichauts (*) auraient de quoi réfléchir à leur image et leur régime -, il était expert à flatter le cul des vaches au moment opportun, et serrer les paluches. Et alors ? il a, demi-gâteux, déclaré vouloir voter pour Moi-Normal-Président, comme si se réclamer de la Corrèze était un critère potable. Il a fait une ééénorme boulette en 1997 avec sa dissolution de l’Assemblée, ce qui nous a permis de goûter à une longue séance de Jospinerie « sentiment d’insécurité ». Ses réformes furent marginales – ne lui enlevons pas la baisse spectaculaire des morts sur la route, mais là il n’y avait aucun syndicat pour couler l’initiative… il ne s’est jamais attaqué au gras du bide du pays, les fonctionnaires inutilement nombreux, les régimes spéciaux, les inégalités devant le travail. Ou plutôt si : il a essayé avec Juppé, dans les six mois de ses débuts débutants, et puis il a échoué, une fois, comme on dit à Bruxelles. Ensuite il s’est calmé… douze ans c’est long ! Heureusement, sur la scène internationale, aucun syndicat rétrograde n’étant là pour lui casser ses effets, il a pu réussir quelques beaux coups, via son Villepin de ministre entre autres.

Ah zut je m’aperçois que j’ai bâti à l’insu de mon plein gré un éloge funèbre de Jacques Chirac, Président de la République de 1995 (face à Balladur-Jospin, bien joué) à 2002 (face à Le Pen, un raz de marée) et à 2007, clap de fin, en roue libre. Bon, l’ordre des choses étant ce qu’il est, il avait de bons côtés, cet homme. On en trouve toujours, dans ces circonstances ; on le regrettera.

Tibert

(*) C’est beaucoup moins luxueux que le homard, le risotto, même avec des crevettes, même saupoudré de vrai parmesan râpé… presque plébéien… ! la faute, c’est le lieu où on le mange ! le Fouquet’s, quelle erreur de casting ! De fait, le Manuel du Bon Président précise ceci, pour faire peuple  : 1) manger des plats rustiques et montrer qu’on apprécie ; 2) dans des gargotes, pas trop crades quand même ; 3) le faire abondamment savoir.

Sale boulot

J’avais, il fut un temps, critiqué vertement messieurs Valls et Hollande sur leur semblant de réforme des régions, travail bâclé, du mauvais bricolage – genre panneau de placoplâtre sur un mur lézardé. Ils n’ont tenu aucun compte de mes mises en garde, bien que certainement lecteurs de mon blog : c’est dire le sérieux des personnages ! la réforme se disait salutaire, novatrice, simplificatrice, dépoussiérante, elle fut étroite, coûteuse et a tout compliqué. On devait faire la peau aux vieux départements, largement obsolètes ? ils sont toujours là, et leurs élus avec, et leurs fonctionnaires, leurs palais, leurs lourdeurs et leurs coûts. On devait remodeler les régions ? on s’est contenté de les appairer telles quelles en mode combinatoire, créant ici et là des monstres, pérennisant des découpages idiots ou historiquement contre-nature. Et le millefeuilles administratif ? il va très bien – il a épaissi, en fait.

La cour des Comptes le dit en substance et en termes plus châtiés, ce fut une réforme de m… qui n’a surtout pas dérangé les mauvaises habitudes, si confortables pour nos élus. Le Parigot donne quelques exemples – extrait sur l’Occitanie : « Faute de disposer d’un hémicycle assez grand à Montpellier, la présidente de la région, Carole Delga, est contrainte de louer le parc des expositions de Montpellier pour accueillir ses 158 conseillers régionaux en séance. Prix à payer : 137 000 euros par réunion, d’après l’opposition…« . Bon, l’opposition a dû chiffrer aussi les agrafes et les bâtonnets à touiller le café soluble, mais voilà, c’est à ça, et à ce niveau de dépenses, que servent nos impôts, mes chers auditeurs.

Epilogue… l’un des auteurs de cette opération à la Dubout dédicace son bouquin « Les leçons du pouvoir » à travers la France en faisant des bons mots ; il y excelle, et c’est à peu près tout. L’autre écume les ramblas de Barcelone, où il a entrepris de rebondir : il est bilingue, ça aide, en politique.

Tibert