À Vol haut

« à vau-l’eau… » : quand on laisse le courant nous porter, vers l’aval donc (vau) et sans rien pouvoir y faire. En politique, on appelle ça « le chien crevé au fil de l’eau » , ça se pratique largement encore de nos jours… ça part en quenouille, mais bon, on laisse filer. Filant donc – ici, la métaphore aquatique -, on peut y ajouter la précision suivante, qui nous vient de la pratique qui prévaut à l’Educ’Nat : Surtout pas de vagues ! Bref, je vais vous dire, ce titre calembourien, c’est pour pointer une histoire lamentable, la desserte des aéroports parisiens. On sait la minabilité des transports vers et depuis Roissy, RER B en grève chronique quand il n’est pas en panne ou bouchonnant ; ligne à juste titre réputée « craintive » ; pratiquement rien – quelques rames ont toutefois été aménagées comme il faut – pour poser ses bagages, qu’on coince comme on peut dans les couloirs déjà bien étroits. Mais c’est ça ou les taxis, officiels ou pirates, ça ou les chers cars Air-France, ça ou les bouchons sur l’autoroute et aux portes de Paris (*). Bref c’est décourageant, c’est une contre-pub ; il faut vraiment avoir envie de venir ! Comme le ridicule ne tue pas, les arrivants à l’aéroport on droit aux banderoles « Paris vous aime ! » … et vous le prouve !

Pour Orly c’est ubuesque, c’est une histoire de bisbille. La SNCF (les RER) et la RATP (les bus) ne s’aiment pas, se le disent tous les jours, et se sont arrangées pour ne jamais se mettre d’accord sur une solution simple, pratique, rationnelle ; ceci sur le dos des voyageurs. On a donc fait des demi-trucs, des trucs tordus. La navette automatique OrlyVal, futuriste à son lancement, qui aboutit au fameux RER B (voir plus haut), est là depuis 30 ans, illustrant l’incapacité des décideurs à imposer des solutions pratiques et de bon sens. A part Orlybus (souvent saturé) qui relie proprement la capitale à l’aéroport – mais dans l’inconfort d’un bus brinquebalant et à rallonge – tous les autres moyens sont, excusez le mot, merdiques. C’est RER + bus, navette + RER. Mais voilà l’histoire, à partir de 2024, il y aura le métro de la ligne 14 jusqu’à Orly ! On va donc pouvoir enterrer OrlyVal, qui n’aura plus aucun attrait… OrlyVal, fruit d’un juteux contrat avec le groupe Matra ; « le train le plus cher du monde » (plus d’un euro le kilomètre), comme titrait cet article. On aura juste perdu 33 ans.

Tibert

(*) 2 h 30 de Roissy aux Gobelins en taxi : qui dit mieux ?

Sinistre contrition

Dans la ville de Nantes, certains irresponsables soufflent sur les braises quand il y a le feu. Ce dernier vendredi une manifestation « contre l’extrême-droite » a permis à des jeunes gens de casser, briser, incendier, bref se défouler « contre l’extrême-droite » , qui ce soir là ne menaçait personne. Il s’agissait en fait, clairement, de mobiliser ex nihilo, de tester sa force et d’occuper le terrain. Voyez cet article du Monde sur le sujet, qui nomme ce « comité nantais pour l’autonomie des luttes » , comité qui dit lutter pêle-même, allez hop, « contre le fascisme, le capitalisme, l’autoritarisme » : un programme fourre-tout qui ne fait pas le détail. Pour quel projet alternatif, ça en revanche, on le saura plus tard, pas vrai ?

Mais un élu de la ville, « Vert-Pastèque » comme tant d’autres maintenant – l’écologie comme cache-sexe d’un projet plus « ferme » – a cru pertinent, utile de faire mousser, renchérir, et a relayé l’initiative sur les réseaux-poubelles (en l’occurrence, sur Thouitteur)… bref, ça a bien moussé, dégâts, émeutes… le scénario classique des débordements de l’extrême-gauche quand elle a les coudées franches, ce qui ne semble pas émouvoir d’un poil notre ministre de l’Intérieur, qui regarde ailleurs.

Mais, retour de bâton, l’élu trop enthousiaste et rameuteur pour cette manif de saccage, devant les réactions indignées, a dû se repentir ! Il s’est donc fendu d’un sincère 😉 mot d’excuse. C’est bien le moins pour une intervention aussi irresponsable de la part, justement, d’un responsable. Vous pourrez déguster le texte de cette repentance en 140 caractères maximum, munie de l’incontournable, indispensable formule – c’est devenu une locution, avec des tirets, comme le « pied-de-biche » ou la « longue-vue » : le (la ?) « celles-et-ceux » que tout politicien se doit de pratiquer, sous peine de faillir – ridicule tic de langage, clin d’oeil minable à la gent féminine.

Autre chose… j’ai perdu la référence… mais je jetais un coup d’oeil fugitif à une page Houèbe, et je lis « Machin-Truc en direct-live » . Le direct-live rejoint la locution celles-et-ceux : c’est pour signifier le direct vrai de vrai, le direct en direct ! C’est un nouveau concept, ça veut dire que ça se passe pile-poil, brut de décoffrage, au moment où vous le percevez… du direct, quoi. Mais laïve, en fait. Vous voyez la nuance ? moi non. Mais avouez, en anglais, c’est nettement plus direct.

Tibert

Palmuche et maths roses

C’est patent : à part quelques irréductibles vieilles badernes, TOUT le monde a son téléphone mobile et cellulaire dans son étui, prêt à dégainer – on pourrait rejouer les duels de Westerns façon High Noon (*) – ou rivé dans la paume d’une main (de deux, bientôt, tant la surface enfle !). De une, ça et les inévitables QR-codes de mes deux qu’on trouve absolument partout, il faudra que la Sécu nous les rembourse : c’est devenu obligatoire, quasiment, presqu’au berceau, comme une pièce d’identité ; d’ailleurs il est question que ça remplace la pièce d’identité… de deux, l’ignoble appellation qu’on lui a peu ou prou imposée (« on » : des journaleux mal inspirés et anglomanes) me donne des boutons. Ce n’est plus un « phone » , un téléphone, qu’à 5 % du temps ; ça sert essentiellement à faire des crapettes pour tuer le temps (**), à texter de vains propos aux copains, à voir sur l’écran les mêmes trombines qu’on verra en vrai 10 minutes plus tard. « Smart » ? bof… c’est le programme qui est intelligent, pas l’engin. Bref, « smartphone » est le résultat d’un concours de laideur : trop long, inapproprié, pas français, hideux.

Donc on devrait lui trouver un bon nom, à cet engin de malheur. On a bien inventé informatique ; on a les frigo, delco, chärker, issus de marques ; de grands hommes nous ont légué l’anicroche (Rabelais), le pianocktail (Vian), badonguer (Claudel), le trouducteur (Céline) (***) : pourquoi ne pas créer un vocable bref, clair de son, non ambigu, agréable ? j’ai dans mon titre proposé palmuche (ça tient dans la paume, du moins jusqu’à présent ; c’est cocasse, frais, un poil long mais pas trop). A vos remue-méninges ! delendum est improbus « smartphone » .

Mais, je change de sujet : La Montagne (Pourtant… que la montagne est bêêêêleuu… comment… peut-on s’imaginer, gnagnagna…) nous sort un bon article bien écrit et précis sur les filles et les maths. L’illustre matheux Jean-Pierre Bourguignon, dont chacun a pu apprécier les travaux sur la Courbure de Ricci, déplore la baisse catastrophique des effectifs féminins dans les options Maths-Physique en Terminale. Je vous résume : avant la réforme du lycée, 47 % des bacheliers « maths-physique » étaient des filles ; maintenant c’est moins de 15 % (10 %, affirme Bourguignon, forçant un peu le trait). C’est lamentable, d’autant plus que les programmes sont nettement plus fournis, mais dans le genre « je survole et j’en assimile au mieux 20 % » ). On nous fabrique maintenant des hordes de « BTS Forces de Vente » ou de « DUT Packaging Durable » . A quand un prix Nobel du « Marketing B-to-B » ? bref, ça craint.

Tibert

(*) J’ai rarement rencontré une traduction française d’un titre de film aussi ridicule : « Midi pile » , « Midi pétante » , ça veut dire. Pourquoi diable faire siffler le train trois fois ?

(**) Téléchargez « La vie des hommes illustres » de Plutarque, c’est gratuit, et lisez ça à vos moments perdus, c’est plus nourrissant.

(***) Que les bons traducteurs ne m’en tiennent pas rigueur, c’est superbe, ce trouducteur !… nettement plus fort que traduttore, traditore.

Escapade au Kremlin (Bicêtre)

Notre ministre de l’Educ’Nat me déçoit : il regrette d’avoir choisi Ibiza pour passer quelques jours dans un coin sympa, loin des paparazzi, des enseignants syndiqués et vindicatifs, des embarras, du froid et de la saleté de la capitale ; Ibiza où dans la rue personne à ma connaissance ne l’a accroché par la parka en s’exclamant « Putain eh mais c’est Blanquer !  » . Monsieur Blanquer, il n’y avait pas faute ; le pénalty est injustifié. Les règles, vous les avez respectées, et donc un éloquent et vigoureux geste de mépris de votre part à vos contempteurs aurait été tout à fait approprié, aurait eu de la gueule : qu’ils aillent se faire voir chez les Grecs (Santorin, Mikonos… qui valent bien Ibiza).

Les contempteurs ? bien évidemment on trouve en première ligne le hargneux et méchant brûlot de monsieur Plenel, Pediamart, toujours à l’affût d’un truc prétendument pas net, d’un mec qu’aurait vendu du beurre aux Allemands sans ticket de caisse ; de préférence on y cible les gens de droite, ça va de soi. Eh bien, disons le, la mauvaise querelle faite ici à monsieur Blanquer est une crapulerie de plus. Villeneuve-sur-Lot, Pont-de-Claix, Maubeuge, Vaux-en-Velin… liste non limitative, auraient pu faire l’affaire, mais tout y était déjà réservé, hôtels, AirB’nB saturés, pensions complètes complètes. Alors, Ibiza ? moins de 2 heures de Paname par avion, le dépaysement linguistique (« dos cervezas y una tortilla de patatas, por favor » ), l’incognito, l’internet sur le palier pour faire de la visio-conférence, une télé pour les matches de foot… idéal. Et la playa, avec une grosse doudoune, tout de même.

Mais hier soir, pas une chaîne de télé n’a échappé à tartiner longuement sur ce mini-sujet : c’était LE scoop incontournable – minable, le scoop ! une tempête dans un gobelet. Et de chipoter sur la symbolique, bémoliser, condamner, pas élégant gnagnagna… voilà : Super-Journaleux a encore frappé ; l’Ordre Moral veille, tenons-nous le pour dit.

Tibert

PS1 – Aussi sec, la Cancel Culture a frappé : « Blanquer démission ! » qu’ils ont vociféré. Ils ne doutent de rien, les coupeurs de têtes de l’Officine d’Effacement.

PS2 – Ce billet « pro » Blanquer ne doit pas exonérer ledit ministre des devoirs qui lui incombent : remonter la pente ! On est de plus en plus ignares, à l’Educ’Nat, on le justifie (inclusivité, n’est-ce-pas…), et en plus on s’en glorifie !

Confusions

( Les bistrotiers, restaurateurs (de bouffe, pas de buffets Louis XV), limonadiers… ne veulent pas contrôler l’identité de leurs clients, après avoir dûment vérifié qu’ils présentent un passe sanitaire valide, vaccinal ou autre. Ils prétendent en effet que ce n’est pas leur rôle ! dingue, non ? mauvais esprit… refus de coopérer… eh bien ma foi ils ont raison. C’est une évidence : quand je vais écluser une mousse au troquet du coin, je ne m’attends pas à exhiber ma carte d’identité ! Chacun son boulot ; c’est déjà pas mal que le cafetier s’astreigne obligeamment à scanner les p… de QR-codes qu’on leur présente – de mauvaise grâce, qui plus est ! c’est aux flics et eux seuls, que revient l’honneur et l’avantage de nous demander nos fafiots.

Fafiots bien fragiles, d’ailleurs.. qui est qui ? une usurpation d’identité, c’est affreux, n’est-ce pas ? ça provoque des tas d’emmerdements à la victime, c’est difficile à démonter et démontrer, mais c’est extrêmement bon marché sur la Place de la Justice ! tenez, cet article de La Montagne… plus de 2 ans d’usurpation, des tas d’ennuis, permis confisqué, emploi perdu, etc. Le fautif (immigré clandestin) est en fuite, et encourt, si l’on parvient à le coincer, 18 mois de taule + 3.000 euros pour dédommager sa victime. A ce tarif, c’est cadeau. )

Mais – sujet sensible, chatouilleux, ouhlala ! causons de la toute récente condamnation de monsieur Z. en première instance, pour des propos tenus en septembre 2020 (sur CNews, what else ? ) sur les « mineurs isolés » . Vous lirez utilement cet article factuel et circonstancié du Parigot sur le sujet. Le parquet le poursuivait pour « provocation à la haine raciale » et « injures publiques à caractère raciste ». Bien… il se trouve qu’aucun des termes de la rude diatribe zemmourienne sur CNews ne fait référence à une ou des races. Clairement, monsieur Z. déteste les clandestins « mineurs isolés » , pour X raisons, notamment ceux qui ne sont pas plus mineurs que moi, ceux qui volent, violent… mais est cette provocation à la haine « raciale » ? je vais vous dire : il ne l’a pas dit – et d’ailleurs, quelle race ? ces « mineurs migrants » ne savent généralement pas de quel pays ils viennent – mais pour les magistrats du Parquet, c’est tout comme. Monsieur Z. étant raciste « par construction » , axiomatiquement, tout ce qu’il profère (« passe-moi le sel » , « il faudrait appeler le plombier » ) est nécessairement, substantiellement raciste. Les propos de Z. sont excessifs, injustes, c’est clair ; ces « mineurs isolés » ne sont pas tous délinquants, pendables et à expulser ; certains sont vraiment mineurs, vraiment en danger dans leur pays. Mais où sont les propos racistes ? on n’est plus dans le Droit, là, on est dans la chasse aux sorcières.

Tibert

Ras-le-bolistes et FFP2

Le ministre Blanquer de l’Educ’Nat a déclaré hier (hier, jour de grève) avoir « entendu l’attente en matière de masques FFP2 » ; il va donc faire livrer des masques FFP2 ! Merci monsieur le ministre. Vous êtes bien bon. « En matière de » masques FFP2 – « en matière » synthétique et filtrante, si je ne m’abuse – on en est à tenter d’éteindre un incendie de forêt avec une carafe d’eau ! D’aucuns s’interrogent sur l’opportunité de « laisser filer » la pandémie sous la bannière Omicron-le-misécordieux : les barrières d’alerte énoncées par nos gouvernants sont en-fon-cées ; tenez, sur cette amorce d’article du Parigot, on est à un taux d’incidence de 2.800 (*), soit 56 fois le seuil d’alerte. Normalement ce devrait être confinement pour tout le monde ! morgues pleines… corbillards en files interminables façon péage de Fleury-en-Bière au retour du Houiquinde de la Pentecôte… eh bien non. Comme quoi il y aurait des initiatives à prendre, des 9 % de réfractaires à contraindre fermement, et des interdits absurdes à lever enfin. Quand 300.000 personnes et plus (**) sont officiellement infectées tous les jours (donc il y en a nettement plus), que voulez-vous, ça devrait inciter à revoir sa politique, non ? … non ? ohé ? y a quelqu’un ?

Et puis les sympathisants de gauche « en ont le ras-le-bol » , eux-aussi… ils sont sombres. Je cite : « J’oscille entre la rage et le désespoir » , énonce un quidam. Les deux, si possible ! rage de voir ces egos boursouflés s’affronter, entêtés, en programmes plus mirobolants les uns que les autres, pour des 4 à 6 % de voix ; désespoir de constater que la gauche n’a encore et toujours qu’à proposer de démolir, nier ce pays, se repentir de ses acquis et sa culture, en vue d’édifier, qui des Vénézuelas maduresques, qui des Corées du Nord à Bibendum ou des PoutineLand, qui des démocraties populaires « bonheur obligatoire » : licenciements interdits, avenir forcément radieux, travailleurs-travailleuses qui d’un pied ferme jettent un regard, gnagnagna… avec au loin l’avenir qui poudroie.

Eh non. Ils sont suffisants, imbus chacun de sa VRAIE doctrine, sachants investis d’une Mission ; et ils vont bien se planter, et c’est bien fait.

Tibert

(*) Super dur à lire, le 2.800, tant l’écriture est pâlotte : c’est exprès, pour empêcher les non-abonnés de s’informer à l’oeil. C’est loupé, et d’ailleurs ces chiffres sont partout.

(**) avec un bon 30 % de non-déclarés en plus, ça donne presque 400.000 : 0,65 % de la population par jour ! Avec l’effet boule de neige – énorme taux de contamination de 6 : 1 malade en suscite 6 dans un délai d’une semaine – calculez en combien de jours 100 % de la population sera contaminée. Allez, je vous aide : en millions… 0,4 le jour J ; 2,4 une semaine plus tard ; 14,4 à 2 semaines ; en 3 semaines ça déborde chez les voisins.

Ralebolisme endémique

Un bol ? vous voyez ? un bol bien plein, à ras (bord)… et c’est l’étincelle de trop qui le fait déborder… c’est français, le bol bêtement plein jusqu’au bord ; tous les Français connaissent un bol bien plein près de chez eux ; des fois c’est chez eux ! Tenez, les enseignants, en ce moment : ils « en ont ras le bol » . C’est chronique, d’ailleurs. Alors, le remède à un bol trop plein ? non, on ne le vide pas, il est plein « par construction » ; on fait grève, forcément. Surtout si l’on est fonctionnaire, vu que la sécurité de l’emploi y est en béton armé inoxydable.

Reportage-immersion de Ouest-France… ressenti d’une mère d’élève, je cite le canard : « Ici, c’est tous les quinze jours, soupire une mère de famille, qui souhaite rester anonyme. Quand ce n’est pas la cantine, c’est la bibliothèque ou la piscine. ​Mais, cette fois-ci elle dit comprendre les professeurs» . Vous noterez, piscine : fonctionnaires territoriaux ; cantine, idem ; bibliothèque, idem (*). La femme interrogée a voulu rester anonyme… la peur des représailles à la cantoche ? allez savoir…

Et, vous l’aurez sûrement remarqué, succédant étroitement au traditionnel ras-le-bol –> grève, on a le complément d’objet direct journalistique : « je comprends les grévistes » . Les Français sont en effet des illustrations iconiques du syndrome de Stockholm ; ils comprennent, ils approuvent, ils soutiennent forcément les grévistes, les preneurs d’otages – même étant assurés de l’anonymat. C’est dire l’enthousiasme, quand on sait les emmerdements répétitifs et lancinants que ça cause à la population.

Mais ce coup-ci, je vais vous dire : je les comprends, moi aussi, les profs en grève pour cause de « râl’bol » : la politique sanitaire anti-Covid à l’école relève actuellement du grand n’importe quoi. Ces tests en rafales, c’est du harcèlement. On veut « emmerder les non-vaccinés » ? La meilleure façon de bien les emmerder, c’est de les contraindre légalement à l’horreur suprême : la piqûre honnie (**), l’épaule douloureuse pendant 1,2 jour (les écailles vertes sur le ventre, la thrombose veineuse profonde et galopante dans la demi-heure…). Avec une couverture vaccinale de 97,36 %, on pourrait peut-être cesser d’emmerder les vaccinés ? lâcher du lest ? vivre ?

Tibert

(*) Je sais, je l’ai déjà abondamment commentée, cette situation absurde : pourquoi faut-il un statut de fonctionnaire pour faire frire des oignons et rincer les salades dans une cantine scolaire ?

(**) On annonce sous peu un vaccin efficace à 90 %, non basé sur l’ARN messager : ça devrait aider les craintifs de l’ADN saccagé, à moins qu’ils ne soient aussi allergiques au sparadrap ?

Accord en si bémol

Il est rare de trouver une telle convergences des analyses entre nous ! je vais vous dire : sur la grande majorité des points abordés dans cette entrevue (interview en anglais = entrevue, pile-poil, je préfère ne pas me tordre la langue) , Manuel Valls est d’accord avec moi (à Ouest-France ils appellent ça un entretien : ça marche aussi ! ).

En fait il est d’une lucidité confondante, Manuel Valls, sauf quelques trucs bien compréhensibles, du genre son amitié avec madame Hidalgo – sans doute la connivence bi-nationale du côté hispanique… l’un Catalan, l’autre Andalouse (*), si je ne m’abuse. Lisez, mes amis, ces analyses pertinentes, fouillées, sans pathos. « La gauche va vers un désastre historique » , énonce-t-il, et il en connaît un bout, de la gauche, lui qui l’a parcourue, de gauche à droite, des Rocardiens au PS mollement républicain de monsieur Hollande.

Extrait : traitant de la candidature de monsieur Z.. « Il est d’autant plus écouté que l’extrême gauche remet en cause notre histoire, en entretenant une espèce de repentance permanente, autour de la colonisation, la cancel culture, le wokisme, le déboulonnage des statues… Mais il est aussi le symptôme de toute une série de sujets que nous n’avons pas traités » . Eh oui, les sujets traités : le « mariage pour tous » , ce flambeau de perlin-pimpin, et puis la réforme des Régions, mascarade lamentable… et de l’autre côté, pas traités (je cite toujours) : « Les migrations, la reconduite à la frontière de ceux qui n’ont rien à faire chez nous, la question lancinante de la place de l’islam dans la société… » (et puis la laïcité mise à mal… liste non exhaustive ! )

Bref, tant que c’est en ligne et pas réservé aux abonnés, on pourra utilement s’informer dans la presse de l’Ouest sur les constats que fait monsieur Valls. Qu’il se défie de monsieur Z., c’est bien normal ; reste alors à trouver les Républicains « non-Z » capables de faire le boulot devant lequel on a reculé depuis des lustres, courageusement, sans populisme, sans démagogie, pour le bien du pays – des Français en premier lieu ... Cette petite précision va déplaire à certains ; c’est pourtant une évidence.

Tibert

(*) Etonnant comme sont nombreux nos personnels politiques hispanophones ! Tenez, monsieur Mélenchon, qui cause le Chavez-Maduro sans interprète.

Le froid et le classement

( Macronibus ayant usé de l’invective scatologique envers les non-vaccinés, ceux-ci le lui rendent bien : « Macron on t’emmerde ! » ont-ils clamé et affiché hier samedi après-midi en défilant de plus belle, revigorés par l’offense. Nous voilà bien embarqués ! pas de quoi être fier, monsieur le Président. Voyez donc les Italiens, ils ont pris les bonnes décisions, eux, ils vaccinent OBLIGATOIREMENT. Sans gros mots, sans se lancer dans des « incazzare« , « vaffancullo » et autres amabilités contre-productives. )

Mais autre chose : l’affaire Estelle Mouzin, cette gamine enlevée en 2003, violée et assassinée par Fourniret… ses restes n’ont pour le moment pas été retrouvés, malgré de nombreuses fouilles. Il faut dire que la « veuve » de Fourniret, qui sait très probablement où ça se trouve, joue un jeu assez ignoble – à la hauteur de son personnage – avec ses soi-disant trous de mémoire. France-Info – qui use obstinément du terme « pass » au lieu de « passe » , ça fait plus anglais – y consacre un article… le père d’Estelle a réagi au remplacement de la juge chargée du dossier, atteinte par une limite de temps, et donc remplacée. Je cite : « D’après les informations de franceinfo, la nouvelle magistrate qui a repris le dossier attend la création du pôle « coldcase » (les affaires non-résolues, ndlr), prévue par la loi pour la confiance dans l’institution judiciaire promulguée le 23 décembre dernier » . Voilà…

On va donc avoir un ou des pôles « cold cases » , en anglais ? dans des institutions administratives gauloises ? j’ai tenté de trouver dans la touffeur des textes de lois la teneur littérale de cette fameuse « loi de confiance etc… » : indémerdable ! on est dans le classique labyrinthe du genre « l’alinéa 3-27c est annulé et remplacé par... ». Pour une formulation synthétique, exhaustive et sans rature, on peut se brosser ! On laissera donc ça aux juristes, ils aiment ça, c’est leur gagne-pain. Mais une question me hante : s’agit-il d’affaires classées, ou non-résolues ? la morne et fade série télé qui nous a légué le terme anglais pour « cas froid » est intitulée « Cold case : affaires classées » . C’est une formule incomplète, donc fausse ! Toutes les affaires commencent à l’état « non résolu » , avant qu’on les élucide, ou pas. « Classer » une affaire, c’est l’archiver et ne plus s’en occuper : c’est alors une affaire « froide » : aussi bien celles qu’on a résolues (Ravaillac, Petiot…) que celles qu’on a laissé tomber sans résultat (Jack l’éventreur). En fait, la série télé titre sur des affaires « froides » ET non résolues, qu’on ré-ouvre pour divertir les téléspectateurs !

En l’occurrence monsieur Mouzin se bat, non pour qu’on reprenne le dossier qui lui tient à coeur – il n’a jamais été « classé » , c’est une affaire en cours, non (entièrement) résolue – mais pour qu’on ne la gâche pas à l’occasion du changement de juge. Il ne s’agit donc pas d’un cold case ! et surtout pas en anglais. Hélas, selon ses dires, l’espoir tenait au fait que l’ancienne magistrate « avait su établir un lien avec la personne mise en examen, Monique Olivier » : un lien avec madame Olivier ! qui appâtait et rabattait les proies de Fourniret, et qui le secondait dans ses crimes.

Tibert

Quand ça déborde

( Le meilleur joueur de tennis au monde, coincé en Australie comme un vulgaire touriste pris en défaut de certificats de vaccination anti-Covid : voilà une nouvelle réjouissante et morale ! Ce seigneur des courts de tennis apprend ainsi que les passe-droits ne fonctionnent pas toujours – notamment parce que les Australiens sont à cran et ne comprendraient pas qu’on déroule le tapis rouge pour un fraudeur, quand eux doivent « ramer ». )

Mais au fait : il semble qu’actuellement 1 Français sur 50 soit contaminé : autour de 1,3 million donc. Autant dire que le traçage des cas-contacts est devenu impraticable ; que désormais il faut slalomer à travers un épais brouillard covidien. Ce qui laisse d’ailleurs penser que ce variant Omicron fonctionne très bien en aérosol, en suspension dans l’air : on peut se laver les mains, rester à distance… en intérieur, ça ne sert pas des masses : seuls les masques sérieux protègent ; et puis la vaccination pour ne pas se retrouver sur le flanc. En plein air ? s’il y a du vent, et en lui tournant le dos !

Tout ça pour dire que les mesures actuelles contre la pandémie font penser au « barrage contre le Pacifique » de madame Duras : dérisoires… pas à la mesure du problème. La mesure du problème, c’est qu’à ce train là nous l’aurons tous, le Covid ! peu ou prou, du rien du tout à la « réa » en passant par la petite fatigue et deux-trois jours au lit. Au lieu de se faire plaisir à « emmerder » les non-vaccinés, il s’agit de vacciner impérativement tout le monde, disons au delà de 50 ans : nuance ! Les Italiens s’y sont résolus, et ma foi ils ont bigrement raison.

Mais il est bien tard…

Tibert

PS – Monsieur Z. , que j’approuve sur ce point (sur d’autres, c’est l’inverse), a eu cette remarque, j’en cite la substantifique moëlle : « Macron ferait mieux d’emmerder les dealers » . C’est bien envoyé. Mais synthétisons : emmerder les dealers, donc, et « en même temps » , rendre le vaccin obligatoire au delà de, disons, 50 ans d’âge.