( Les avocats sont vent debout contre un projet de refonte judiciaire : tout comme ça se fait déjà en matière délictuelle, il s’agirait de mettre en place le plaider-coupable en matière criminelle : ça décoincerait tout plein de procédures d’une lenteur désespérante. Mais voilà : du moment que le prévenu admet avoir fauté, à quoi sert l’avocat, hein ? plus à grand-chose. Et le bifteck de l’avocat, donc ? il défend son bifteck, l’avocat. Que la Justice puisse aller un chouïa plus rondement, ce n’est pas son souci ; peut-être même que ça l’arrange, cette lenteur lamentable. )
Et puis un hymne bipède à la liberté. De une, une proposition de loi, portée par la députée madame Yadan, « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », voudrait élargir la définition actuelle de ce qu’on qualifie d’ antisémitisme. Outre que je persiste à prétendre, et je suis bien seul, que ce terme est impropre (il s’agit d’anti-judaïsme, les Sémites n’ont rien à faire là-dedans), on instruit moult procès en “anti-sémitisme” dès que pointe une critique visant la politique de monsieur Netanyahu et de ses copains jusqu’auboutistes du Grand-Israël. Moi-même, comme des tas de gens, j’en tiens pour DEUX états voisins et pacifiques, solution raisonnable, que les dirigeants israéliens actuels refusent absolument et sabotent avec ardeur : il est farpaitement normal de les critiquer. Amalgamer ça avec de l’anti-judaïsme, c’est abusif.
Bref… une pétition circule, demandant l’abandon de ce projet de loi, qu’on peut qualifier, effectivement, de liberticide. Elle a déjà recueilli plus de 200.000 signatures… mais LFI est dans le coup ? certes, LFI, dès qu’il s’agit de flatter les électeurs musulmans… eh bien tant pis. Je rejoins d’ailleurs de nombreux LFIstes sur certains autres points, l’affection pour les fromages au lait cru, la musique de Bach, la randonnée en moyenne montagne, les films de Kaurismäki, sans qu’on puisse qualifier ça de collusion.
De deux : le CNC, le Centre National du Cinéma et de l’Image animée, qui finance… des films, donc la création culturelle, vient de virer une certaine “Ultia” (c’est son nom de scène), dont le sectarisme choque, s’agissant de projets respectant un certain niveau de qualité, ET la diversité culturelle de notre beau pays. Le Monde cite les propos de cette Ultia : « S’il y a des projets qui sont poussés par des gens que j’aime bien, c’est d’une évidence sans nom que si je trouve le projet pertinent, je vais saucer le projet » (jusqu’ici , c’est bien normal). S’adressant à un ami qui sollicite une aide : « Prends ta thune du CNC et fais ton projet ! » (ça manque d’élégance, c’est notre fric, mais passons). Puis : « si un projet est proposé délibérément par quelqu’un d’extrême droite, ben non, en fait ! ». Eh bien non, ce n’est pas à madame Ultia de fixer les étiquettes. D’abord, “extrême-droite” , ce n’est pas une AOC ; et par les temps qui courent, à l’extrême-gauche on étiquette “facho” et “nazi” tous ceux qui ne sont pas pile-poil du même avis, à la sulfateuse. Je le répète : les généreux fonds du CNC, c’est NOTRE fric, à tout le monde. Pas aux copains du pote de l’ami qui, justement, est de la même étroite chapelle.
Tibert
PS – Je l’avoue, je rejoins de nombreux adeptes de “l’extrême-droite” sur certains points, l’affection pour les fromages au lait cru, la musique de Bach, la randonnée en moyenne montagne, les films de Kaurismäki… sans qu’on puisse puisse y voir une quelconque collusion.
