Oui, pourquoi ?

Le recteur de la cathédrale la plus ceci, la plus cela, Notre-Dame de Paris, dans la flambante nuit du 15 au 16, avec à ses côtés – ou est-ce l’inverse ? – la maire Hidalgo venue compatir et encourager les pompiers : pourquoi, Seigneur, pourquoi ? quelle est la raison pour laquelle Vous, ou Toi, Dieu ou un de Vos / Tes anges de confiance ou subrogé a autorisé, ou voulu, ou laissé faire, cet incendie ? et de conclure, le recteur, qu’il aurait la réponse dans l’au-delà.

Eh oui, il n’attend pas de réponse ici-bas, le recteur, et pour cause, vu que jamais aucun humain n’a pu rapporter, muni d’une vidéo, d’une breloque officielle ou autre preuve sérieuse, que le Grand-Chef barbu du Ciel himself  lui a causé. D’ailleurs, quel Grand Chef ? il y en a plein de variantes, toutes plus farfelues et barbues les unes que les autres. Alors, pourquoi ? zut quoi, il doit bien y avoir une raison ? un projet divin ?

Moi, en toute modestie, et sans me vanter du disque lumineux qui auréole présentement ma nuque – faudra que je pense à faire un selfie, ça devrait étayer mes révélations – j’ai deux-trois pistes :

a) C’est une cellule dormante, islamiste, anarchiste, néo-nazie (rayez la mention inutile) qui s’est réveillée fraîche et dispose à l’occasion du début de la semaine sainte, pour faire un coup longuement mûri. Manque de pot, le donneur d’ordre peu cultivé – il s’excuse platement, il y a méprise – leur avait touïtté la mauvaise photo de l’édifice à détruire : il a confondu avec la grosse tarte blême à la crème et joufflue là-haut sur la colline à Montmêrte, ce qui, il faut le dire, aurait été plus spectaculaire, visible de partout, et puis sans grosse conséquence patrimoniale, la construction de ce moche machin – genre de bras d’honneur anti-communard au bon goût, à l’Art Nouveau et à l’Art Déco réunis – étant terminée depuis à peine un siècle.

b) C’est une opération-commando des Gilets Jaunes pour empêcher Macronious de révéler le soir-même la Vraie Voie des réformes, ce qui n’aurait pas manqué de saper leur conspiration transparente, ridiculiser leurs ultimatums dérisoires. Objectif pleinement atteint.

c) C’est une opération-commando de la cellule Action des Marcheurs Macroniens destinée à fournir un alibi à Macronibus pour différer son speech : il n’était pas fin prêt, il fallait une excuse sérieuse, crédible. Objectif pleinement atteint.

d) Le plus probable : c’est Dieu Lui-même qui en ras l’auréole sur la casquette de voir ce qu’Il voit et d’entendre ce qu’Il entend, avec tous ces impies en tongs, shorts et marcels qui assiègent Sa cathédrale, escaladent les tours, rotent ou pètent en contemplant les voûtes, mâchent du chouïngomme en faisant des selfies devant la grande rosace du portail Ouest, parlent tout fort pendant les offices, etc. Et on ose faire du fric avec ça, en plus ! Allez, du balai, ça commence à bien faire. C’est Ma maison, capisci ?

Tibert, triste et affligé.

 

No-show, lapin…

( Les canards bruissent tous d’échos et servent la soupe à Games of thrones, games of thrones par ci, par là, tout partout : ces jeux de trônes, a) je ne sais même pas de quoi ça cause et je m’en tape à un point que vous n’imaginez pas ; b) je leur souhaite le bide le plus total ; c) je les voue à la poubelle sans hésiter. De trône, je n’en fréquente qu’un , celui de mes houatères. On passe à autre chose, de plus consistant )

On cause sérieux, là, on cause bouffe, bouffe conflictuelle. Le Parigot et d’autres en traitent, et vous la soufflent, la version française du coup du type qui téléphone à 18 h 17 à la femme du patron « Au bon coin » ou « Chez Milou » pour réserver une table de quatre vers 20 h 30, et qui ne vient pas, laissant ladite table orpheline, et le manque à gagner ! et les clients qu’on a refusés ! il paraît que c’est fréquent… le client a fait faux-bond, mais en anglais de français anglolâtre on dit « faire un no-show« . Remarquez que c’est idiot, cette expression, ça se traduit (mal, c’est du charabia) : « ne pas montrer ». Ne pas montrer quoi ? ne pas se montrer, d’accord, ça aurait du sens, « not-show-oneself« , mais avouez, c’est nul, ces phonèmes barbares au mitan d’une phrase en bon français ! «  patron, keskonfé ? la résa de la 12 did not show itself ? « . Alors, forcément, on « fait un… (néologisme rosbif)« .

Nous, nous avons un lapin pour ça : ni tartiné de moutarde, ni chasseur, ni en gibelotte avec du vin blanc et des champis, encore moins en civet accompagné de pavés de polenta grillée… un lapin posé ! le client a posé un lapin, ce salaud (pas le lapin ; le client). Les Anglais eux-mêmes n’évoquent pas de lapin ni ne disent qu’on leur a fait un no-show ; d’ailleurs ils n’en mangent surtout pas, du lapin ! (*) non plus que des escargots ou des grenouilles ; ils ont un truc moins imagé que notre lagomorphe (**) ; on les « stood them up« . Pas fameux, hein ? pas assez claquant comme expression. Mais le problème de notre lapin, justement, c’est qu’il est ambigu : si l’on déclare qu’on a fait dix-huit lapins hier soir, étaient-ce des faux-bonds, ou des assiettes ?

Va pour le faux-bond, donc, et mort au no-show. On pourra constater que les remèdes actuels aux impolis et désinvoltes faux-bonds sont tous deux désastreux : 1) prendre le numéro de carte bancaire du type qui réserve une table, avec menace de rétorsions ; 2) refuser les réservations, et à la queue comme tout le monde ! dans les deux cas, c’est la mort de la bouffe festive et spontanée. Aller sur le Houèbe pour organiser un repas, pffft, vous voyez l’allégresse ! et puis j’ai horreur de faire la queue. J’aime autant une assiette de nouilles au beurre chez moi.  Ou du lapin ? réchauffé c’est encore meilleur.

Tibert

(*) Nous en mangeons, certes – sauf les phobiques et les végétariens – mais les Espagnols avec leur conejo, et surtout les Italiens et leur coniglio, en sont bien plus amateurs que nous.

(**) doctus cum wikipedia : le lapin fait partie de la famille des lagomorphes. Avouez, vous l’ignoriez. La lecture de ce billet n’aura pas été totalement vaine…

Merdailles et perfidie

Il se dit que le sultan de ce confetti d’état qu’est Brunei – encore une brillante créature ex-coloniale des Anglais (*), installée en 1984, genre d’enclave façon Monaco en Malaisie, bourré de pétrole, et membre du Commonwealth de la reine d’Angleterre, si si !  – que le sultan de Brunei, donc, cet islamiste enragé, est Grand-Croix de la Légion d’Honneur depuis 1997, en vertu des pouvoirs éclairés de Chi-chi, notre président Chirac d’alors. Bravo pour la grande clairvoyance de nos services de courbettes, cirage de pompes et distribution de merdailles. Reste à trouver le courage de retirer – avec le maximum de publicité – cette décoration malvenue : d’abord ce serait juste, et puis ça aurait de la gueule. Sinon on va finir par se dire que les décorations, hein, c’est juste des hochets à la Mickey ! Albert-de-Monac’, qui a eu droit en 2006 – c’était encore Chi-chi, sur le tard, c’était des fins de lots – à la même super-breloque Kinder-Surprise que le sultan, pourrait se vexer.

Et puis, à propos d’Anglais, élargissons au Royaume-Uni : l’UE leur octroie finalement jusqu’au 31 octobre pour s’en aller poliment et en laissant propre, ce qui me navre ! c’est clairement avouer qu’ils ont le dessus dans le bras de fer actuel, qu’on ne peut pas les virer comme ça, et qu’on passera à la fin des fins, malgré les postures de fermeté, sous leurs fourches caudines fourchues. Macronious peut faire des moulinets : que ce soit pour de vrai ou simple bravade gratuite, il est tout seul à plaider la fermeté. Dans cette partie de poker-menteur, nos frileux édiles ont les foies, en fait, que ça se passe rudement, en no deal, sans accord. Alors tant pis pour l’Europe qui va, sourires crispés, passer par les caprices de mère Theresa : si les Grands-Bretons partent – ce qui n’est pas certain – ils auront gagné « quelque part », gratté du beurre avec l’argent du beurre, ou, comme ils disent,  gardé du gâteau tout en le bouffant.

Tibert

(*) En matière de découpages post-coloniaux pervers et piégeux, les Anglais ont été brillantissimes, avec la Palestine, Israël, l’Irak et le Koweit, et je vous en passe une palanquée. Bien dans leur rôle planétaire, en somme.

Ah, une agence !

Un lecteur regrette la rareté de ma plume ces temps-ci : c’est que la inspiracion, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. Mais on va faire ce qu’on peut ! Nous traitons ici d’un délicieux article du Parigot, qui ne va probablement pas faire plaisir à tout le monde : on y découvre les détails de la vie de certain organisme para-administratif bien moëlleux, un peu « hors sol », pour ainsi dire, doux cocon pour ses laborieux salariés. En l’occurrence c’est Paris-Habitat dont on soulève impudiquement quelques voiles, et c’est édifiant… Vous lirez cela avec profit –  dépêchez-vous, ça ne restera pas en ligne indéfiniment. Bref chez Paris-Habitat, c’est « plus belle la vie en entreprise« . Une journée chômée pour la Fête des Mères (*), ça vous dirait ?

A cette occasion vous découvrirez l’existence de l’une des 1.000 et quelques agences gouvernementales, agences dont j’espère pouvoir lire la liste exhaustive et documentée avant d’aller manger les pissenlits par la racine – on peut rêver ! elle répond au doux acronyme de ANCOLS (Agence Nationale de COntrôle du Logement Social), et c’est le gendarme, justement, du logement social. Vous saviez que ça existait, l’ANCOLS ? moi  non plus. Et c’est l’ANCOLS qui nous a révélé les peu orthodoxes pratiques salariales de Paris-Habitat : on l’applaudit chaleureusement, elle est pile-poil dans sa mission.

Reste à appliquer à tout ce système un soupçon de récursivité : quel est l’organisme chargé de contrôler l’orthodoxie des pratiques salariales de l’ANCOLS vis à vis de ses quelque cent-cinquante collaborateurs ?

Tibert

(*) La Fête des Mères tombant toujours un dimanche, c’est une blague ?… à moins que Paris-Habitat octroie un jour de congé (de jour ouvré ! ) pour préparer ou faire écho à cette journée ô combien chère au coeur des Français.

En panne

Vous savez sûrement que la panne a au moins quatre acceptions dans notre belle langue : la première panne, c’est la poutre, la pièce de bois qui relie horizontalement deux murs-pignons et qui supporte les chevrons de la toiture ; la deuxième ? « La panne est la graisse entourant les reins des porcs, aussi appelés rognons« . Cette panne est tout indiquée comme corps gras, et au diable le cholestérol, pour faire frire le boudin dans une poêle, accompagné (miam-miam) de patates en rondelles (de la Belle de Fontenay si possible) ou de quartiers de pommes genre Canada grise ou reinette ; si votre charcutier chéri ne vous en propose pas grassieusement et gratuitement avec vos 40,64 cm de boudin – soit 16 pouces, ou 1 pied 4 pouces pour les Etats-uniens amateurs de black pudding et qui préfèrent leur système merdique au système métrique – changez de charcutier !

La troisième acception voisine avec la quatrième, à une grosse différence près. Le bateau est en panne ? en fait il est à l’arrêt, ancres ancrées, immobile ou presque, mais ne vous y trompez pas, lui n’a pas besoin qu’on le répare ! contrairement à la bagnole en panne, au sèche-linge en panne… et au blogueur en panne ! Eh oui, le malheureux scrivaillon perplexe devant son écran blême à pas d’heure, tandis que la ville dort, qu’esse je vais bien pouvoir leur raconter ? et de se battre les flancs, en vain.

La restitution du Grand Débat ? bof. Je changerai d’avis quand on nous donnera – c’est le cas de le dire, au sens de dénoncer, balancer – la liste exhaustive des agences et missions rattachées à nos gouvernants, avec les effectifs, les budgets… et puis les intitulés (ronflants, forcément)… et les missions, justement ! attendez-vous à être épatés. Les budgets de bouffe dans les maisons de retraite, genre 2,50 euros par jour et par ancien ? ouais… valable, mais sujet rebattu. Voyons voir, voyons voir…

Mais Slate, l’ardoise en français, me donne le bon tuyau. Décoiffant ! je cite : « On a une idée de la durée des vacances à ne pas dépasser.  Pour profiter sans se lasser, il ne faut pas atteindre le point de béatitude. Une fois ce pic dépassé, l’excitation se mue en ennui. » Rien que de très banal, en somme : quand vous pouvez dire « tout baigne« , « tout va très bien« , c’est mathématique, ça s’appelle un extrêmum : ça ne peut donc qu’empirer, dégringoler, aller plus mal. Le truc, donc, c’est de rester juuuuste sous la barre du tout baigne, je m’éclate un max etc : gâtez un poil vos vacances, qu’elles ne soient pas farpaites ; et puis interrompez-les avant qu’elles ne vous emmerdent ! combien de jours ? à vous de voir, nous ne sommes pas égaux devant la pénibilité de vacances trop copieuses.

Et puis, appliqué au domaine du sexe, le propos de Slate a de la gueule, avouez : « Pour profiter sans se lasser, il ne faut pas atteindre le point de béatitude« . Eh oui, ça se sait ça, post coïtum etc etc… donc évitons d’atteindre le point de béatitude – je sais c’est dur – tout en essayant d’en être très proches. C’est toute la grâce que je vous souhaite.

Tibert

Tu seras haut fonctionnaire, mon fils !

Le Grand Déballage ayant droit à son clap de fin, il est temps de commencer le décorticage des résultats des courses. Et je lis dans Le Monde que, tiens, justement, il existe des pistes explosives (sic) auxquelles penserait monsieur Macronious pour « réformer la haute fonction publique » (sans majuscules, notez-le bien).

Moi ce qui m’interroge c’est qu’il pré-existe des strates, comme ça : la haute, et puis l’autre, ou les autres. Qu’il y ait des filières qui procurent à des clampins bien nés, intelligents, bosseurs, aidés, bien orientés, vernis… – bref toutes les bonnes dispositions que vous voulez, au choix ou ensemble, virgule – de se trouver des jobs à vie garantis en acier inox, super-bien payés, pleins d’avantages en nature, avec l’assurance de ne jamais, jamais déchoir, jamais rétrograder (voire toujours progresser, au moins en salaire), jamais se retrouver chez Popaul-Emploi, etc… quoi qu’il arrive ! quelque co… ânerie qu’on ait pu faire, ou quelle que soit son incapacité à remplir sa mission.

Et qu’il existe pour cela des filières bien identifiées – enfin, au moins une, royale : Sciences-Po +ENA – pose un problème simple et rude dans son énoncé : sachant que grosso modo 100 (cent) énarques sortent du super moule des super-fonctionnaires tous les ans, sachant que l’administration française est déjà truffée de ces hauts fonctionnaires, qui ne peuvent être qu’en haut et nulle part ailleurs, qu’il y en a un peu dans tous les coins, qu’ils répugnent à partir à la retraite tant leur tâche est passionnante 😉  – il y en a même planqués derrière les doubles rideaux – qu’est-ce qu’on en fait, vu qu’il est im-pos-si–ble de leur dire d’aller se chercher du boulot ailleurs ? on leur doit un boulot « en haut », et donc au besoin on crée pour eux et de toutes pièces un trou où se mettre au chaud en attendant qu’ils en aient marre et s’en aillent jouir d’une retraite moëlleuse.

Eh oui, il est urgent que la question soit posée concrètement : delenda est ENA. Ou à tout  le moins qu’on en finisse avec ce statut ahurissant d’inoxydable privilégié à vie, acquis du simple fait d’avoir réussi à franchir la porte d’un bahut : ça défie le bon sens. Et la morale. Et la capacité de Macronious à réformer potablement ce pays.

Tibert

Rosbif radars en France

Les radars nouveaux arrivent ! vachement plus difficiles à caviarder, quatre mètres de haut, et rotatifs : 2.000 cabines de radars seront installées pour y faire tourner aléatoirement (aller à Thouars ou ailleurs…)  700 vraies caméras – histoire que ce pigeon d’automobiliste, qu’un gros bahut aura empêché de lire les panneaux de vitesse, ne sache pas si radar il y a ou pas en haut du perchoir ; en plus ça ne flashera même pas : furtif, subtil, résilient, efficace. On pourra même surveiller si vous clopez ou si vous êtes en train de mettre la main droite sur le genou gauche de votre passagère ! madame Perrichon sera ravie, et vous, monsieur Dugenou, votre permis en lambeaux et votre porte-monnaie en seront pour leurs frais : z’avez qu’à respecter les limites de vitesse – dont il est possible que vous ne puissiez connaître la consigne, et tant pis pour vous. Ou bien roulez à 29,5 km/h uniformément, ça vaut partout !

Le côté amusant, si j’ose dire, de l’histoire, c’est que la présentation dudit système Mesta-Fusion par son concepteur est en anglais ! C’est ici. Logique : Big-Brother est anglais, pas vrai ? à vous donc de pratiquer la langue de madame May pour admirer cette bête de technologie, dont la France peut être fière, avant qu’elle ne vous fasse très mal. Et tout ça parce que les véhicules, eux, sont immatriculés ! le jour où le citoyen-piéton, fautif par lui-même – traversée hors des clous, le verre de trop avec une puce-espion au fond, un gros mot « xxx…phobe » lu sur les lèvres, etc – sera équipé d’une immatriculation lisible par radar, portique radio, code-barre… les portes seront ouvertes à un avenir radieux – et juteux !

Tibert (… et  toujours 3.700 morts / an grosso-modo sur la route, contre 20.000 en accidents domestiques, qui, eux, ne sont pas juteux et sont donc nettement moins dignes d’intérêt)

 

Noctambules du matin, chagrin

Et encore un passage à l’heure d’été, un ! Mettre toute les pendules à l’heure… il faisait jour à 6 h 30 ? aujourd’hui à 6 h 30 il fait nuit. Pffft…

La consultation des Français a donné ce que j’aurais parié, gagnant ainsi un éééénoorme paquet de cahuètes : les Parigots-Lyonnais-Marsellais etc… veulent des soirées longues, avec du jour ! Les citadins, quoi… majoritaires… lève-tard, couche-tard. GMT + 2, donc, deux heures d’avance sur le soleil, de retard à l’extinction le soir, et tant pis pour ceux qui suivent de plus près le rythme diurne. Et tant pis aussi pour les mammifères, les volailles… qui n’ont pas de montre à la papatte, tant pis pour ceux de l’Ouest, notamment les Bretons, qui avec un GMT + 2 en hiver verront peut-être, qui sait, le soleil à 10 heures du matin, quand les Alsaciens le verront une heure plus tôt. C’est en somme un vote pour les Alsaciens et les citadins, les citadins alsaciens étant particulièrement gâtés. Et, voilà… comme on dit quand on ne sait plus quoi dire.

Mas le papam François nous annonce « une bonne nouvelle » : il va faire installer des dortoirs sous les combles de St Pierre de Rome – faudra aussi penser aux équipements annexes, WC, douches, réfectoires, terrains de foot, salles de prières allogènes… : il appelle à une immigration « sûre, ordonnée, régulière » – vers le Vatican, bien entendu ; chez les autres ça n’est pas ses oignons. Connaissant la superficie dudit état, ça va être sportif ! à Monaco et Hong-Kong ils ont été obligés de faire des forêts de gratte-ciel, et pourtant l’immigration à Monaco, hein, c’est assez mince ! Quand je pense que l’Italie refoule en nombre ces braves et innombrables migrants, et qu’ils ont la solution sous le nez, juste au beau milieu de la Botte : chez le papam !  C’est sûr, il y a de belles hauteurs sous plafonds dans la Chapelle Sixtine. Certes les barbouilles d’époque sont un peu vieillottes, mais avec quelques lés de pimpants papiers peints, ça ira tout à fait !

Tibert

Quand c’est Les pour Des, et autres contes

( George « What else » Clooney se rebiffe, et à juste titre, contre le sultan de Brunei, ce monarque d’un petit état pétrolier rétrograde et que peu savent situer : oui, bonne réponse, merci wiki, c’est sur la face Nord de Bornéo, une enclave de 5.700 km2 dans une province malaise. Malaise, justement, car le sultan « éclairé » (je dirais « allumé ») de ce royaume veut désormais lapider, couper des mains, exécuter etc… comme au défunt califat de Daech. Clooney, courageux, appelle à boycotter les hôtels détenus par des fonds de Brunei, notamment le Plaza-Athénée et le Meurice, à Paris. Je le suis à fond à fond sur ce point, car – 1) il a raison, c’est dégueulasse ce qui se prépare ; 2) mieux que Clooney : je ne suis même pas tenté de fréquenter ces hôtels, j’y mettrais mes finances en très grosse difficulté ! il se trouve que « Le Lion d’Or, à Troumieux-sur-Gartempe, n’est pas visé par cette liste d’infâmie, et ça me rassure pleinement. )

Et puis Le Monde, jamais biaisé, d’une objectivité remarquable, titre « Les enseignants dans la rue pour protester contre le projet de loi Blanquer« . Et de poursuivre : « Plusieurs milliers d’enseignants d’écoles maternelles et élémentaires, de collèges et lycées ont défilé gnagnagna…« . Les enseignants sont environ 1,5 million (le mammouth, disait Allègre), et l’on a compté plusieurs milliers de protestataires, soit DES enseignants, pas LES enseignants. Sans doute emporté par son enthousiasme, le journaleux aura quelque peu gonflé son propos…

… et je termine cette très brève revue de presse pour citer un commentaire d’un lecteur du Monde sur cet article : « Quand les enseignants étaient pour la dernière fois d’accord avec une réforme ? Ah si en 1969 quand la semaine est passée de 10 à 9 demi-journées de cours« … je n’ai pas vérifié mais ça semble assez bien vu.

Tibert

William S. à la poubelle

Je lis ça… une pièce d’Eschyle, qui n’est pas toute jeune – environ 2.500 ans avant chez nous -, Les suppliantes, ne sera pas jouée ; ça n’aura donc pas lieu, à Paris, évidemment (*). Le metteur en scène avait eu la sale idée, lors d’une précédente représentation, de grimer certains de ses acteurs en noir ! c’est paraît-il raciste, ce serait du ou de la (genre indéterminé) « blackface » (c’est surtout de l’anglais ! disons que chez nous ce serait de la « tête noire » **), clament les militants du CRAN, le Conseil Représentatif des Associations Noires. Donc, il semblerait que les têtes noires, c’est une locution raciste… Les comédiens, conciliants, disent que ce coup-ci ils joueront sans grimage, avec des masques : ce n’est pas assez anticolonialiste, il y aura des masques noirs ! donc on ne jouera pas la pièce… Eschyle, ce sale colonialiste. Il vous reste la possibilité de lire cette oeuvre antique et classique, avant que l’éditeur la retire prudemment de son catalogue, vu qu’elle a été entachée de blackface. Les autodafés et farenheit 451 ne sont pas loin.

Jadis, Shakeaspeare – c’est nettement plus récent, mais pas trop – avait eu, lui aussi, le culot, l’impudence de mettre en scène un blackface : Othello… boycottons Shakeaspeare, ce sale raciste, qui n’avait même pas l’excuse que c’était pas lui, mais le metteur en scène. A la poubelle, donc, William !

Tibert

(*) Essayez donc de jouer Les suppliantes à Bouzenvoir-Sur-Orge, tiens. La Culture, c’est toujours aux mêmes qu’elle vient. C’est pas juste !

(**) Et non gueule noire, qui est une AOC déposée par les mineurs de charbon – en attendant que d’aucuns s’avisent que ça a des connotations racistes.

PS – Une histoire triste : des malfrats déverrouillaient des pompes à essence la nuit dans les coins peinards et sombres, et se servaient abondamment pour eux, leurs copains et clients sans factures. Pour déverrouiller lesdites pompes, il faut un boîtier de télécommande (on en vend des faux sur la Toile) et entrer un code à 4 chiffres… pas boucoup, quatre chiffres, pour protéger des dizaines de mètres-cubes de ce précieux liquide qu’est le carburant. Surtout quand par défaut c’est livré avec le code 0000, et… que personne ne se donne la peine de le changer !