( C’est discrètement passé sous les radars de la presse, le Conseil d’Etat vient de confirmer la dissolution du groupe politique “La Jeune Garde” , autoproclamé antifa, et cofondé par un député LFI ; groupe impliqué dans moult bagarres, dont la dernière a vu le tabassage à mort d’un militant de droite-droite. Le Monde s’en est fait l’écho, avec ce titre curieux : “la dissolution du groupuscule antifasciste la Jeune Garde, mis en cause… ” . C’était donc un groupuscule (un tout petit groupe, une chapelle) mais il était antifasciste, sans guillemets. On a donc dissout une formation antifasciste ? c’est moche, l’antifascisme ? ou bien était-ce une formation “qui se disait antifasciste” , avec des guillemets ? parce qu’en l’occurrence, ce groupuscule, comme on dit dans les cours de récré, “c’est celui qui le dit qui y est” . )
Mais parlons bouffe… “food” selon le terme désormais consacré, vu que nourriture est trop long, manger obsolète (on peut apporter son manger), et bouffe ? péjoratif, de l’argot, fi donc ! Moi j’en tiens pour la bouffe, c’est de chez nous : anoblissons le terme. Une chaîne de néfaste-foude, de vite-bouffe, sans salles de restauration – on mange dans la rue, on s’assoit où l’on peut – se répand rapidement, avec, disons… avec ardeur, dans une ambiance souvent conflictuelle, avec les mairies, les copropriétaires des lieux, l’administration… j’ai nommé “Master Poulet” (disons MP), qui a droit à un long article dans Le Parigot. Saluons le terme français, Poulet, qui, bizarrement, cohabite avec Master, en anglais. On aurait pu avoir “Maître Chicken” , évidemment. Bof… il y a aussi des “Poulet Addict” , des “Chicken King” , etc. Bref, du poulet ! viande plébiscitée : c’est moins cher. A vrai dire, quand l’entrecôte tourne à 35 balles au kilo… (*) Mais d’où, ces poulets ? des qui courent dans les prés ? qu’on trucide après au moins trois mois de vie au grand air ? ne rêvons pas, ça vient d’élevages industriels, aux Pays-Bas, paraît-il.
Le poulet “vite fait” de MP est grillé, pas frit : c’est moins pire, donc, pas du genre beurre sur les rillettes, et moins de nuisances des fritures. Mais, comme une grande proportion des fissa-bouffe, c’est du halal ! Pourquoi ? bonne question. Je propose une explication : au vu des implantations de MP, surtout dans la couronne parisienne, c’est un signe positif pour la clientèle “populaire” , comme on dit par euphémisme. Halal ? le mécréant, l’athée, le chrétien… tolère, vu que ça se mange ; le musulman y tient, lui, dit-on ; c’est donc vite vu. C’est d’ailleurs le même raisonnement qui dicte le choix du halal à tout plein d’enseignes de véloce-bouffe, Burger Queen… et qui interdit le porc dans les avions.
Sauf que non ! De une, c’est une viande “religieuse”, avec une dîme au clergé : ce n’est pas anodin, de financer malgré soi des cultes qu’on n’apprécie pas. De deux, les divers Comités de Défense des Animaux, très virulents quand ils dénoncent des abattages inhumains, sont curieusement muets sur l’abattage rituel, manifestement cruel. Que voulez-vous… c’est très mal vu, voire dangereux de critiquer la chose, on pourrait se voir soupçonné de je ne sais quelle machin-truc-phobie.
Tibert
(*) Vu lors d’un reportage télé sur les difficultés de la pêche, le prix du fioul etc : un micro-trottoir dans une poissonnerie de la rue Monge, à Paris. Le prix affiché sur les belles soles : 60 €/kg. Et pas épluchées, les soles ! On table classiquement sur 40% de déchets, ça met la chair à 100 €/kg. On ne verra pas demain les rapid’bouffe à la sole.

