Folles jeunesses

Madame Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux prochaines élections européennes, a été démasquée par Mediapart : elle fut, il y a trente-cinq ans, sur une liste d’étudiants d’extrême-droite – la fac de Droit d’Assas, pré-carré des groupes ultra de droite, forcément. Elle était jeune, etc… et c’était, je la cite, une conn… euh, une erreur de jeunesse. Le Pariragots tranche et juge : c’était une liaison dangereuse et embarrassante, fût-elle éphémère.

Eh oui, la jeunesse est dynamique et impulsive, mais sans nuances, excessive, et l’on en sort généralement quand on a des lumbagos et qu’on découvre que le monde est complexe, pas noir-blanc mais plein de détails et de contradictions. Tenez, l’ex-premier ministre Jospin fut jeune trotskiste avant que d’être au PS, ou en même temps, puisqu’il dit avoir gardé des contacts chez les groupies de Léon-le-Barbichu jusqu’en 1988. Erreur de jeunesse ! et puis le patron de Médiapart, qui voit et dénonce la paille dans l’oeil de madame Loiseau, ne perçoit-il pas la poutre dans le sien ? il contribua à Rouge, le canard de la JCR trotskiste, jusqu’en 1980, et fut membre de ce group.uscul.e. Fut-ce pour lui aussi une conn… euh, une erreur de jeunesse ? ah la la… la jeunesse ! Sachant cela, il vous sera aisé, chers auditeurs, de percevoir que les emportements juvéniles d’extrême-gauche sont bien naturels et sympathiques, nonobstant les souffrances infligées et les monceaux de cadavres enregistrés par les régimes qui ont joué cette partition ; tandis que ceux de l’autre bord sont des liaisons dangereuses et embarrassantes, fussent-elles éphémères. Plus sagement, si on les renvoyait dos à dos ?

Tibert, revenu de sa folle jeunesse

 

Nos phares dans la nuit

Les canards nous racontent ce journaliste d’un organe sulfureux, très orienté et « indépendant » (sans carte professionnelle), mis en garde à vue puis inculpé etc… et désormais interdit de manifs du samedi, le pauvre. A cette occasion on apprend qu’un majeur brandi vers le ciel en forme de doigt d’honneur c’est une injure, et passible de poursuites, mais on s’en doutait.

On ne va pas s’appesantir sur ce cas devenu somme toute banal, la banalisation des gestes obscènes, des insultes et des slogans les plus ignobles, tant ce pays devient le pré carré des haineux. Mais je dois dire que je me suis fendu la pipe à lire l’article du Monde que je vous ai cité plus haut, qui relate un rassemblement de soutien à ce malheureux journaliste persécuté ; cet extrait en est la cause, je cite – c’est un peu long :

« Un couple de trentenaires en tenue d’été [c’est moi qui souligne, NDLR] faisait aussi partie des personnes venues en soutien. Kaspar Vogler, réalisateur de cinéma, ne participe pas aux manifestations des « gilets jaunes » et « se sent de gauche, plutôt PS », mais « a l’impression de se radicaliser et que plus personne ne nous représente ». « Les médias ne jouent pas assez leur rôle de contre-pouvoir aujourd’hui, estime-t-il. Gaspard Glanz incarne, avec quelques autres, une certaine forme d’indépendance. Même si son information peut être un peu partisane, c’est nécessaire aujourd’hui. » »

Voilà… le couple de trentenaires en tenue d’été… ! on s’y croirait, merci le Monde, c’est du vécu, ça. Et les médias qui ne jouent pas assez leur rôle de contre-pouvoir ! mais c’est eux le pouvoir ! eux qui nous dictent ce qu’il faut croire et penser. Nos lumières dans la nuit, cerveaux exceptionnels, QI prodigieux, formés, dans nos prestigieuses écoles du journalisme, à décrypter leur pénétrante vision du monde – parfois un peu partisane, certes – pour nous les simples d’esprit. On devrait leur baiser les pieds.

Tibert

Bêêêê et puis quoi ?

Le Fig’ragots, toujours à la hauteur des événements, nous pose une grave question : « Tout savoir sur l’agneau pascal – Agneau prés-salés ou agneau de lait ? Gigot ou épaule ?  » Eh oui, c’est vachement important. Aussi con que l’urgence de bâfrer de la dinde à Noël ou pour Thanksgiving, il faut bouffer du mouton pré-pubère à Pâques, et se poser sérieusement les bonnes questions en ce moment où d’aucuns fêtent rituellement la résurrection supposée d’un type supplicié à mort il y a un peu moins de 2.000 ans. Et pourquoi pas un gigot surgelé importé de Nouvelle-Zélande, hein ? Voilà qui changerait tout. Madame Figaro…? le surgelé… ? non… ?

Mais bon… on a le niveau d’intérêts qu’on peut. Ceci dit, parlons d’autre chose : le Chef Macron, sensible à mes arguments implacables sur la nocivité du statut, miraculeux et quasi inhumain, de Haut Fonctionnaire, serait – au conditionnel, attendons de voir – disposé à faire la peau à l’usine de production de ce type de surhomme / surfemme : l’ ENA. Ce qu’apprenant – les arguments sont déjà bien connus – le choeurs des pleureuses entonne les chants attendus. L’ENA se défend donc comme prévu, arguant qu’on y accueille des femmes et des hommes méritants, des boursiers, des humbles sortis de l’obscur terreau provincial, pas que des rupins, des fils-de et des qui sont bien nés. Et puis il en faut, des fonctionnaires « hauts », si si, sinon ça va manquer ; l’état c’est tellement compliqué ! Les sortis de l’ENA, les déjà installés, se sentent, eux, injustement visés… les fusibles du populisme… jetés en victimes expiatoires à la rogne, la jalousie des Gilets Jaunes…
Ce concert de protestations était attendu, prévisible ; il tape hélas à côté du problème. La logique actuelle créée par cette école et ses fournées de Super-Ronds-de-Cuir inoxydables est perverse – ou devenue perverse avec le temps – et veut qu’on épaississe, qu’on fabrique, au besoin ex nihilo, de la fonction et des structures d’état pour y loger les énarques qui déboulent fatalement, rituellement, annuellement issus du divin moule. Car on le leur doit ! c’est dans le statut. Tandis que la saine logique, la logique de l’économie et de  la bonne gestion est tout autre, quasiment inverse, et veut qu’on « fabrique », qu’on installe un fonctionnaire suffisamment haut… quand il y en a besoin, et basta ! et pas cent tous les ans ! On peut aller chercher dans le vivier des talents existants – il y a de quoi faire – ou organiser au besoin des formations au cas par cas, des stages, etc. On fait ça partout ailleurs sur la planète, et même chez nous dans d’autres domaines, et ça marche ! Et puis ça coûte bien moins cher à la collectivité (*).

Ce sera triste, c’est sûr : la fin des promotions-mafias, des séances de permutations entre potes, des  » t’aurais pas un point de chute pour moi ? « … et puis ça devrait changer sensiblement la donne des vocations politiciennes, le pré-carré des énarques – les seuls à disposer de ceinture, bretelles, et parachute.

Tibert

(*) C’est une question subalterne, je sais, je sais, mais quand on a 2.000 milliards de dette, on serre les boulons partout où c’est possible ; on ne planque pas une énarque en déshérence au délicieux poste de « haut fonctionnaire à l’égalité, la diversité et la prévention des discriminations ». Pourquoi haut ? un fonctionnaire moins haut ne saurait pas faire ? ou un contractuel ? et pourquoi court-circuiter le DRH, dont c’est clairement le boulot ? bref, 200.000 euros par an, au bas mot, fichus en l’air – enfin, pas pour tout le monde. Et il lui faut un staff, à cette haute-fonctionnaire, non ? une équipe ? sinon ça fait mesquin, etc.

Oui, pourquoi ?

Le recteur de la cathédrale la plus ceci, la plus cela, Notre-Dame de Paris, dans la flambante nuit du 15 au 16, avec à ses côtés – ou est-ce l’inverse ? – la maire Hidalgo venue compatir et encourager les pompiers : pourquoi, Seigneur, pourquoi ? quelle est la raison pour laquelle Vous, ou Toi, Dieu ou un de Vos / Tes anges de confiance ou subrogé a autorisé, ou voulu, ou laissé faire, cet incendie ? et de conclure, le recteur, qu’il aurait la réponse dans l’au-delà.

Eh oui, il n’attend pas de réponse ici-bas, le recteur, et pour cause, vu que jamais aucun humain n’a pu rapporter, muni d’une vidéo, d’une breloque officielle ou autre preuve sérieuse, que le Grand-Chef barbu du Ciel himself  lui a causé. D’ailleurs, quel Grand Chef ? il y en a plein de variantes, toutes plus farfelues et barbues les unes que les autres. Alors, pourquoi ? zut quoi, il doit bien y avoir une raison ? un projet divin ?

Moi, en toute modestie, et sans me vanter du disque lumineux qui auréole présentement ma nuque – faudra que je pense à faire un selfie, ça devrait étayer mes révélations – j’ai deux-trois pistes :

a) C’est une cellule dormante, islamiste, anarchiste, néo-nazie (rayez la mention inutile) qui s’est réveillée fraîche et dispose à l’occasion du début de la semaine sainte, pour faire un coup longuement mûri. Manque de pot, le donneur d’ordre peu cultivé – il s’excuse platement, il y a méprise – leur avait touïtté la mauvaise photo de l’édifice à détruire : il a confondu avec la grosse tarte blême à la crème et joufflue là-haut sur la colline à Montmêrte, ce qui, il faut le dire, aurait été plus spectaculaire, visible de partout, et puis sans grosse conséquence patrimoniale, la construction de ce moche machin – genre de bras d’honneur anti-communard au bon goût, à l’Art Nouveau et à l’Art Déco réunis – étant terminée depuis à peine un siècle.

b) C’est une opération-commando des Gilets Jaunes pour empêcher Macronious de révéler le soir-même la Vraie Voie des réformes, ce qui n’aurait pas manqué de saper leur conspiration transparente, ridiculiser leurs ultimatums dérisoires. Objectif pleinement atteint.

c) C’est une opération-commando de la cellule Action des Marcheurs Macroniens destinée à fournir un alibi à Macronibus pour différer son speech : il n’était pas fin prêt, il fallait une excuse sérieuse, crédible. Objectif pleinement atteint.

d) Le plus probable : c’est Dieu Lui-même qui en ras l’auréole sur la casquette de voir ce qu’Il voit et d’entendre ce qu’Il entend, avec tous ces impies en tongs, shorts et marcels qui assiègent Sa cathédrale, escaladent les tours, rotent ou pètent en contemplant les voûtes, mâchent du chouïngomme en faisant des selfies devant la grande rosace du portail Ouest, parlent tout fort pendant les offices, etc. Et on ose faire du fric avec ça, en plus ! Allez, du balai, ça commence à bien faire. C’est Ma maison, capisci ?

Tibert, triste et affligé.

 

No-show, lapin…

( Les canards bruissent tous d’échos et servent la soupe à Games of thrones, games of thrones par ci, par là, tout partout : ces jeux de trônes, a) je ne sais même pas de quoi ça cause et je m’en tape à un point que vous n’imaginez pas ; b) je leur souhaite le bide le plus total ; c) je les voue à la poubelle sans hésiter. De trône, je n’en fréquente qu’un , celui de mes houatères. On passe à autre chose, de plus consistant )

On cause sérieux, là, on cause bouffe, bouffe conflictuelle. Le Parigot et d’autres en traitent, et vous la soufflent, la version française du coup du type qui téléphone à 18 h 17 à la femme du patron « Au bon coin » ou « Chez Milou » pour réserver une table de quatre vers 20 h 30, et qui ne vient pas, laissant ladite table orpheline, et le manque à gagner ! et les clients qu’on a refusés ! il paraît que c’est fréquent… le client a fait faux-bond, mais en anglais de français anglolâtre on dit « faire un no-show« . Remarquez que c’est idiot, cette expression, ça se traduit (mal, c’est du charabia) : « ne pas montrer ». Ne pas montrer quoi ? ne pas se montrer, d’accord, ça aurait du sens, « not-show-oneself« , mais avouez, c’est nul, ces phonèmes barbares au mitan d’une phrase en bon français ! «  patron, keskonfé ? la résa de la 12 did not show itself ? « . Alors, forcément, on « fait un… (néologisme rosbif)« .

Nous, nous avons un lapin pour ça : ni tartiné de moutarde, ni chasseur, ni en gibelotte avec du vin blanc et des champis, encore moins en civet accompagné de pavés de polenta grillée… un lapin posé ! le client a posé un lapin, ce salaud (pas le lapin ; le client). Les Anglais eux-mêmes n’évoquent pas de lapin ni ne disent qu’on leur a fait un no-show ; d’ailleurs ils n’en mangent surtout pas, du lapin ! (*) non plus que des escargots ou des grenouilles ; ils ont un truc moins imagé que notre lagomorphe (**) ; on les « stood them up« . Pas fameux, hein ? pas assez claquant comme expression. Mais le problème de notre lapin, justement, c’est qu’il est ambigu : si l’on déclare qu’on a fait dix-huit lapins hier soir, étaient-ce des faux-bonds, ou des assiettes ?

Va pour le faux-bond, donc, et mort au no-show. On pourra constater que les remèdes actuels aux impolis et désinvoltes faux-bonds sont tous deux désastreux : 1) prendre le numéro de carte bancaire du type qui réserve une table, avec menace de rétorsions ; 2) refuser les réservations, et à la queue comme tout le monde ! dans les deux cas, c’est la mort de la bouffe festive et spontanée. Aller sur le Houèbe pour organiser un repas, pffft, vous voyez l’allégresse ! et puis j’ai horreur de faire la queue. J’aime autant une assiette de nouilles au beurre chez moi.  Ou du lapin ? réchauffé c’est encore meilleur.

Tibert

(*) Nous en mangeons, certes – sauf les phobiques et les végétariens – mais les Espagnols avec leur conejo, et surtout les Italiens et leur coniglio, en sont bien plus amateurs que nous.

(**) doctus cum wikipedia : le lapin fait partie de la famille des lagomorphes. Avouez, vous l’ignoriez. La lecture de ce billet n’aura pas été totalement vaine…

Merdailles et perfidie

Il se dit que le sultan de ce confetti d’état qu’est Brunei – encore une brillante créature ex-coloniale des Anglais (*), installée en 1984, genre d’enclave façon Monaco en Malaisie, bourré de pétrole, et membre du Commonwealth de la reine d’Angleterre, si si !  – que le sultan de Brunei, donc, cet islamiste enragé, est Grand-Croix de la Légion d’Honneur depuis 1997, en vertu des pouvoirs éclairés de Chi-chi, notre président Chirac d’alors. Bravo pour la grande clairvoyance de nos services de courbettes, cirage de pompes et distribution de merdailles. Reste à trouver le courage de retirer – avec le maximum de publicité – cette décoration malvenue : d’abord ce serait juste, et puis ça aurait de la gueule. Sinon on va finir par se dire que les décorations, hein, c’est juste des hochets à la Mickey ! Albert-de-Monac’, qui a eu droit en 2006 – c’était encore Chi-chi, sur le tard, c’était des fins de lots – à la même super-breloque Kinder-Surprise que le sultan, pourrait se vexer.

Et puis, à propos d’Anglais, élargissons au Royaume-Uni : l’UE leur octroie finalement jusqu’au 31 octobre pour s’en aller poliment et en laissant propre, ce qui me navre ! c’est clairement avouer qu’ils ont le dessus dans le bras de fer actuel, qu’on ne peut pas les virer comme ça, et qu’on passera à la fin des fins, malgré les postures de fermeté, sous leurs fourches caudines fourchues. Macronious peut faire des moulinets : que ce soit pour de vrai ou simple bravade gratuite, il est tout seul à plaider la fermeté. Dans cette partie de poker-menteur, nos frileux édiles ont les foies, en fait, que ça se passe rudement, en no deal, sans accord. Alors tant pis pour l’Europe qui va, sourires crispés, passer par les caprices de mère Theresa : si les Grands-Bretons partent – ce qui n’est pas certain – ils auront gagné « quelque part », gratté du beurre avec l’argent du beurre, ou, comme ils disent,  gardé du gâteau tout en le bouffant.

Tibert

(*) En matière de découpages post-coloniaux pervers et piégeux, les Anglais ont été brillantissimes, avec la Palestine, Israël, l’Irak et le Koweit, et je vous en passe une palanquée. Bien dans leur rôle planétaire, en somme.

Ah, une agence !

Un lecteur regrette la rareté de ma plume ces temps-ci : c’est que la inspiracion, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. Mais on va faire ce qu’on peut ! Nous traitons ici d’un délicieux article du Parigot, qui ne va probablement pas faire plaisir à tout le monde : on y découvre les détails de la vie de certain organisme para-administratif bien moëlleux, un peu « hors sol », pour ainsi dire, doux cocon pour ses laborieux salariés. En l’occurrence c’est Paris-Habitat dont on soulève impudiquement quelques voiles, et c’est édifiant… Vous lirez cela avec profit –  dépêchez-vous, ça ne restera pas en ligne indéfiniment. Bref chez Paris-Habitat, c’est « plus belle la vie en entreprise« . Une journée chômée pour la Fête des Mères (*), ça vous dirait ?

A cette occasion vous découvrirez l’existence de l’une des 1.000 et quelques agences gouvernementales, agences dont j’espère pouvoir lire la liste exhaustive et documentée avant d’aller manger les pissenlits par la racine – on peut rêver ! elle répond au doux acronyme de ANCOLS (Agence Nationale de COntrôle du Logement Social), et c’est le gendarme, justement, du logement social. Vous saviez que ça existait, l’ANCOLS ? moi  non plus. Et c’est l’ANCOLS qui nous a révélé les peu orthodoxes pratiques salariales de Paris-Habitat : on l’applaudit chaleureusement, elle est pile-poil dans sa mission.

Reste à appliquer à tout ce système un soupçon de récursivité : quel est l’organisme chargé de contrôler l’orthodoxie des pratiques salariales de l’ANCOLS vis à vis de ses quelque cent-cinquante collaborateurs ?

Tibert

(*) La Fête des Mères tombant toujours un dimanche, c’est une blague ?… à moins que Paris-Habitat octroie un jour de congé (de jour ouvré ! ) pour préparer ou faire écho à cette journée ô combien chère au coeur des Français.

En panne

Vous savez sûrement que la panne a au moins quatre acceptions dans notre belle langue : la première panne, c’est la poutre, la pièce de bois qui relie horizontalement deux murs-pignons et qui supporte les chevrons de la toiture ; la deuxième ? « La panne est la graisse entourant les reins des porcs, aussi appelés rognons« . Cette panne est tout indiquée comme corps gras, et au diable le cholestérol, pour faire frire le boudin dans une poêle, accompagné (miam-miam) de patates en rondelles (de la Belle de Fontenay si possible) ou de quartiers de pommes genre Canada grise ou reinette ; si votre charcutier chéri ne vous en propose pas grassieusement et gratuitement avec vos 40,64 cm de boudin – soit 16 pouces, ou 1 pied 4 pouces pour les Etats-uniens amateurs de black pudding et qui préfèrent leur système merdique au système métrique – changez de charcutier !

La troisième acception voisine avec la quatrième, à une grosse différence près. Le bateau est en panne ? en fait il est à l’arrêt, ancres ancrées, immobile ou presque, mais ne vous y trompez pas, lui n’a pas besoin qu’on le répare ! contrairement à la bagnole en panne, au sèche-linge en panne… et au blogueur en panne ! Eh oui, le malheureux scrivaillon perplexe devant son écran blême à pas d’heure, tandis que la ville dort, qu’esse je vais bien pouvoir leur raconter ? et de se battre les flancs, en vain.

La restitution du Grand Débat ? bof. Je changerai d’avis quand on nous donnera – c’est le cas de le dire, au sens de dénoncer, balancer – la liste exhaustive des agences et missions rattachées à nos gouvernants, avec les effectifs, les budgets… et puis les intitulés (ronflants, forcément)… et les missions, justement ! attendez-vous à être épatés. Les budgets de bouffe dans les maisons de retraite, genre 2,50 euros par jour et par ancien ? ouais… valable, mais sujet rebattu. Voyons voir, voyons voir…

Mais Slate, l’ardoise en français, me donne le bon tuyau. Décoiffant ! je cite : « On a une idée de la durée des vacances à ne pas dépasser.  Pour profiter sans se lasser, il ne faut pas atteindre le point de béatitude. Une fois ce pic dépassé, l’excitation se mue en ennui. » Rien que de très banal, en somme : quand vous pouvez dire « tout baigne« , « tout va très bien« , c’est mathématique, ça s’appelle un extrêmum : ça ne peut donc qu’empirer, dégringoler, aller plus mal. Le truc, donc, c’est de rester juuuuste sous la barre du tout baigne, je m’éclate un max etc : gâtez un poil vos vacances, qu’elles ne soient pas farpaites ; et puis interrompez-les avant qu’elles ne vous emmerdent ! combien de jours ? à vous de voir, nous ne sommes pas égaux devant la pénibilité de vacances trop copieuses.

Et puis, appliqué au domaine du sexe, le propos de Slate a de la gueule, avouez : « Pour profiter sans se lasser, il ne faut pas atteindre le point de béatitude« . Eh oui, ça se sait ça, post coïtum etc etc… donc évitons d’atteindre le point de béatitude – je sais c’est dur – tout en essayant d’en être très proches. C’est toute la grâce que je vous souhaite.

Tibert

Tu seras haut fonctionnaire, mon fils !

Le Grand Déballage ayant droit à son clap de fin, il est temps de commencer le décorticage des résultats des courses. Et je lis dans Le Monde que, tiens, justement, il existe des pistes explosives (sic) auxquelles penserait monsieur Macronious pour « réformer la haute fonction publique » (sans majuscules, notez-le bien).

Moi ce qui m’interroge c’est qu’il pré-existe des strates, comme ça : la haute, et puis l’autre, ou les autres. Qu’il y ait des filières qui procurent à des clampins bien nés, intelligents, bosseurs, aidés, bien orientés, vernis… – bref toutes les bonnes dispositions que vous voulez, au choix ou ensemble, virgule – de se trouver des jobs à vie garantis en acier inox, super-bien payés, pleins d’avantages en nature, avec l’assurance de ne jamais, jamais déchoir, jamais rétrograder (voire toujours progresser, au moins en salaire), jamais se retrouver chez Popaul-Emploi, etc… quoi qu’il arrive ! quelque co… ânerie qu’on ait pu faire, ou quelle que soit son incapacité à remplir sa mission.

Et qu’il existe pour cela des filières bien identifiées – enfin, au moins une, royale : Sciences-Po +ENA – pose un problème simple et rude dans son énoncé : sachant que grosso modo 100 (cent) énarques sortent du super moule des super-fonctionnaires tous les ans, sachant que l’administration française est déjà truffée de ces hauts fonctionnaires, qui ne peuvent être qu’en haut et nulle part ailleurs, qu’il y en a un peu dans tous les coins, qu’ils répugnent à partir à la retraite tant leur tâche est passionnante 😉  – il y en a même planqués derrière les doubles rideaux – qu’est-ce qu’on en fait, vu qu’il est im-pos-si–ble de leur dire d’aller se chercher du boulot ailleurs ? on leur doit un boulot « en haut », et donc au besoin on crée pour eux et de toutes pièces un trou où se mettre au chaud en attendant qu’ils en aient marre et s’en aillent jouir d’une retraite moëlleuse.

Eh oui, il est urgent que la question soit posée concrètement : delenda est ENA. Ou à tout  le moins qu’on en finisse avec ce statut ahurissant d’inoxydable privilégié à vie, acquis du simple fait d’avoir réussi à franchir la porte d’un bahut : ça défie le bon sens. Et la morale. Et la capacité de Macronious à réformer potablement ce pays.

Tibert

Rosbif radars en France

Les radars nouveaux arrivent ! vachement plus difficiles à caviarder, quatre mètres de haut, et rotatifs : 2.000 cabines de radars seront installées pour y faire tourner aléatoirement (aller à Thouars ou ailleurs…)  700 vraies caméras – histoire que ce pigeon d’automobiliste, qu’un gros bahut aura empêché de lire les panneaux de vitesse, ne sache pas si radar il y a ou pas en haut du perchoir ; en plus ça ne flashera même pas : furtif, subtil, résilient, efficace. On pourra même surveiller si vous clopez ou si vous êtes en train de mettre la main droite sur le genou gauche de votre passagère ! madame Perrichon sera ravie, et vous, monsieur Dugenou, votre permis en lambeaux et votre porte-monnaie en seront pour leurs frais : z’avez qu’à respecter les limites de vitesse – dont il est possible que vous ne puissiez connaître la consigne, et tant pis pour vous. Ou bien roulez à 29,5 km/h uniformément, ça vaut partout !

Le côté amusant, si j’ose dire, de l’histoire, c’est que la présentation dudit système Mesta-Fusion par son concepteur est en anglais ! C’est ici. Logique : Big-Brother est anglais, pas vrai ? à vous donc de pratiquer la langue de madame May pour admirer cette bête de technologie, dont la France peut être fière, avant qu’elle ne vous fasse très mal. Et tout ça parce que les véhicules, eux, sont immatriculés ! le jour où le citoyen-piéton, fautif par lui-même – traversée hors des clous, le verre de trop avec une puce-espion au fond, un gros mot « xxx…phobe » lu sur les lèvres, etc – sera équipé d’une immatriculation lisible par radar, portique radio, code-barre… les portes seront ouvertes à un avenir radieux – et juteux !

Tibert (… et  toujours 3.700 morts / an grosso-modo sur la route, contre 20.000 en accidents domestiques, qui, eux, ne sont pas juteux et sont donc nettement moins dignes d’intérêt)