( J’ai trouvé cette perle dans un entrefilet du Monde, traitant de l’interpellation d’un deuxième pirate (très jeune et connu sous le pseudonyme de Casquette) soupçonné d’une intrusion sur le site informatique des Impôts ; les juges lui reprochent, textuellement : « extraction frauduleuse de données contenues dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’Etat en bande organisée ». On appréciera l’Etat en bande organisée ! Si tous nos textes juridiques sont de la même eau, on comprend mieux pourquoi ça dysfonctionne, ici et là. Mais c’est peut-être de l’humour ? )
Au fait, voyons cette valse de décisions administratives à propos de la (n + 1) ème manif en préparation, pour le gasoil moins cher, les plafonds qui fuient et “les gens sont en colère” ( et la chute de Macron II) : 1) La préfecture, par prudence, échaudée par les pillages du 17 dernier, assigne aux manifestants parisiens du 31 octobre le parcours Porte de Bagnolet-Porte de Charenton, sur les boulevards de ceinture. 2) Pas contents (c’est trop excentré, pas assez près des commerces et du Pouvoir, etc…) les organisateurs font un recours devant le tribunal administratif (TA), qui leur donne raison, pour un parcours Bastille-Nation. 3) Le ministère de l’Intérieur fait appel de cette décision, et le Conseil d’Etat (CE) lui donne raison : trop dangereux, des tas d’appels à la casse, voire au Grand Soir… donc ce sera Porte de Bagnolet-Porte de Charenton.
On sait donc, grosso-modo, pourquoi le parcours Bastille-Nation par Daumesnil-Picpus a été rejeté : c’est du bon sens, c’est “tirer les leçons des erreurs passées” , comme disait le Président Mao. En revanche, j’ai vainement cherché les motifs du jugement du TA cité au 2) plus haut : “Le tribunal administratif de Paris a suspendu, en fin de journée de ce vendredi 30 octobre, l’interdiction de la préfecture de police du parcours voulu par les organisateurs” . N’espérez pas en savoir plus : le TA n’a d’explications à fournir à personne, et surtout pas au Peuple Français, sans doute trop con, et au nom duquel il est supposé juger. Je fais mienne cette remarque, très modérée d’un lecteur du Monde – il y en a de beaucoup plus raides ; il est question de juges rouges, etc – : “À quoi joue ce tribunal administratif ? (*) Il devrait savoir que les manifestations qui se passent en centre ville sont autant d’occasions pour de la casse et des pillages. Cette décision est consternante de stupidité ” .
Tibert
(*) Pas la peine : on ne saura pas à quoi il joue.
