Devant, c’est derrière ; la nuit, c’est le jour

(Le titre ? une citation de Léo Ferré. A ré-écouter si vous aimez)

La nouvelle loi « Asile-Immigration » vient de sortir, toute pimpante. C’est que s’agissant des lois en vigueur jusqu’à présent,  d’aucuns, nombreux, s’essuyaient les pieds dessus, en toute impunité ou presque, au nom des principes impérieux et supérieurs de l’Humanité, de la Charité, de la Repentance et de l’intérêt politique étroit bien compris.  En façade, c’est l’Humanité, what else, supposée clouer le bec à toute objection, et à nos lois itou.

Ces lois, âprement combattues par toute la gauche – et quelques têtes hors-sol des « En-Marchiens » – qui rêve de se constituer une base sociale et électorale certes très allogène mais favorable ou docile, ces lois, donc, viennent d’être votées et font un tabac (je blague, là) chez les lecteurs du Firagots : sondage – 83 % des sondés pensent que ça n’empêchera pas mieux qu’avant l’immigration illégale… le bide !

C’est que selon les textes elle est illégale, cette immigration, qu’on l’occulte ou qu’on fasse mine de l’ignorer, et ceci malgré les trouvailles sémantiques des journaleux et des militants « pour », tel le « réfugié économique », qui complète opportunément le « demandeur d’asile », seul habilité en principe à solliciter l’accueil.

A ce titre il est curieux de constater l’inversion des valeurs opérée benoîtement par nos canards. Des militants souverainistes ont symboliquement barré un point de passage bien identifié de ces « migrants », le col de l’Echelle dans le 0-5… ils viennent d’Italie – l’Italie qui n’en peut plus de ces arrivées massives. Et le Parigot d’énoncer : « C’est là, à 1.762 mètres d’altitude, que des militants d’extrême-droite ont réussi le coup de force d’installer une immense banderole anti-migrants ce week-end. » Et hop ! le coup de force, ce n’est pas l’immigration illégale, c’est de s’y opposer.

Voilà… de quoi se faire aquoiboniste ; c’est une religion qui permet de regarder les choses avec quelque détachement, sans trop les prendre à coeur.

Tibert

Tartes droitières

Voilà qui change quelque peu dans le paysage des incivilités et violences partisanes actuelles : un des tout proches acolytes de monsieur Mélenchon chez LFI, monsieur Coquerel, s’est fait « entarter » par un jeune trublion de l’Action Française. L’histoire enjolive quelque peu : il s’agissait, paraît-il, d’un plateau tartiné de mousse à raser… évidemment c’est moins sapide qu’un Forêt-Noire avec une touche de vrai kirsch d’Alsace, et l’on conçoit que la victime ait trouvé ça saumâtre.

La raison de cette opération-commando punitive assez stupide, disons-le : non que monsieur Coquerel dusse être empéché d’animer un débat annoncé ce jour-là sur l’immigration (je pense résumer ici ses arguments : ayons pas peur, ouvrons grand les portes, mes amis, y a de la place pour tout le monde). Non non : en fait, ce monsieur avait jadis – selon les militants de l’Action Française – « profané » la basilique de St Denis dans le 9-3, un jour d’irruption assez païenne « par quelque 80 personnes protestant contre le projet de loi « Asile immigration » du gouvernement« . Et non, ce n’étaient pas des protestants, mais des protestataires dans un lieu consacré, voire sacré aux yeux de certains.

Bref… la victime a peu apprécié, on s’en doute. Il s’inquiète, monsieur Coquerel, je cite, « du climat de violence que font régner actuellement ces groupuscules en France. Je demande au gouvernement qu’il ne les prenne pas à la légère et qu’il s’intéresse de plus près à la radicalisation de ces groupes d’extrême-droite ». Et là, les amis, je trouve qu’il est gonflé ! car enfin, l’Action Française est de Droite-droite, et s’en revendique, et l’a agressé, certes. Mais que monsieur Coquerel considère que moult groupes de Gauche-gauche de son bord sont largement plus violents, si l’on doit établir un moche palmarès.  Car les cocktails-Molotov, les caillassages, les poubelles incendiées, les vitrines brisées, les pillages… à Nantes, à Montpellier, les commandos de blocage-occupation des facultés, les zadistes ruraux de l’ex-aéroport… d’où viennent-ils ? des groupuscules d’extrême-droite ?

Allons allons… c’est des deux côtés que ça craint ! et  pour paraphraser Audiard : tous les extrêmistes sont violents, c’est même à ça qu’on les reconnaît !

Tibert

Sol bémol

Il est des principes éternels et intemporels, qui s’imposent à tous et à l’Univers. « Tout homme est mortel » – et les femmes aussi, sinon il y aurait des foules de travelos ; la loi de la pesanteur, de Mariotte, de Murphy etc, on a su ça dans notre jeunesse. Et puis cette maxime qui nous fut serinée  dans les salles de classe : « Chaque homme a deux patries, la sienne et puis la France« . C’est de Thomas Jefferson, homme politique états-unien, après la bataille de Yorktown (1781) qui vit les Français de Rochambeau filer un bon coup de main aux Amerloques locaux contre les colonialistes Anglais… ça date ! deux-cent quarante ans bientôt.

Mais on le serinait encore, ce jingle, sur les bancs de la Communale, et puis « Qui vole un oeuf vole un boeuf« , « Nettoyer c’est bien, ne pas salir c’est mieux« , sans oublier l’encrier de porcelaine blanche et le porte-plume Maréchal-des-Logis-Chef. C’était dans les années 50 : les charters n’existaient pas (le premier vol commercial transatlantique en avion, c’était en 1958), les boat-people non plus, les passeurs lybiens, turcs, albanais… n’étaient pas encore nés, et Lampedusa était une petite île assoupie au large de la Sicile, ignorante des hordes de nefs bondées qui y aborderaient soixante-cinq ans plus tard.

Et donc ? et donc le contexte a radicalement changé, du tout au tout. Mais il faudrait que l’on continue comme si de rien n’était, nous prêchent les Bonnes-Ames : bras grand ouverts, Chaque homme a deux patries, la sienne et puis la France, laissez venir à nous tous les « migrants » de la planète. On connaît bien les arrière-pensées politiques des promoteurs du « no border« , « pas de frontières« , de la Porte Ouverte : le Prolétariat (P majuscule) français s’étant quelque peu dilué (« les damnés de la Terre, les forçats de la faim » prenant leur Citron C3  pour aller remplir leur caddy chez Carrouf’…), il faut lui trouver un substitut pour le Grand Soir, et le voilà, le bienvenu substitut : les « migrants » ! Mais ces fins manoeuvriers et comploteurs mis à part, comment peut-on se cramponner à cette non-politique de l’immigration actuelle : laisser faire, et mollement faire semblant de contrôler ?

Bref voici que le nouveau chef des LR, monsieur Wauquiez, parle de supprimer ou de restreindre drastiquement le droit du sol : tollé général ! haro sur le Wauquiez ! au coin, et tout de suite !  il rejoint le FN, là, et tout ce qui peut être estampillé FN de près ou de loin est caca, ipso facto. Pourtant il dit là des choses sensées, monsieur Wauquiez, et ce qui se passe à Mayotte et aux Comores en est une bonne illustration. Si, au lieu de lever les bras au ciel et de pousser des cris d’effraie (*), on en discutait, calmement ? avec des faits, des statistiques de population enfin VISIBLES ?

Tibert

PS – On peut d’ailleurs s’interroger sur l’aveuglement et l’inaction totale des Chefs de la droite devant ce problème depuis le début des années 2000. Evidemment les patrons filous y ont trouvé de la main-d’oeuvre pas chère et docile, et ont pu peser sur le chômage ; mais les dégâts de ce laisser-faire sont considérables.

(*) Orfraie, si vous y tenez, mais c’est une déformation. C’est de l’effraie qu’il s’agit, la chouette effraie. Enfin, certaines peuvent être chouettes.

Débile et naïf à la fois

Tandis que les trains roulent plutôt pas ou mal (« Touche pas à ma SNCF » clame une pancarte  de gréviste : manifestement la SNCF c’est le reliquaire de la Sainte-Chapelle en plus précieux, qu’Elle Demeure Blanche et Pure dans les Siècles des Siècles, amen), les automobilistes s’apprêtent à rouler un peu plus mal encore. Un très sérieux organisme, l’ ONISR (*) ,  publie dans le Parigot une étude fort sérieuse, étayée par des statistiques ! et par des dessins explicatifs, des fois qu’on serait un peu durs de la comprenure. Eh bien, provinciaux râleurs et automobilistes frondeurs, y explique-t–on, c’est justement sur les routes les plus droites et bien foutues qu’on se tue le plus, et toc !

Et donc, nous gazouille-t-on, à 80 km/h au lieu de 90, on va perdre deux malheureuses petites minutes pour vingt-cinq longs kilomètres, trois fois rien, et puis on freinera en treize mètres de moins, c’est énorme et salvateur !

Et voilà… soupir…  Il semble que les braves gens qui nous sortent ces sornettes ne roulent jamais sur le réseau secondaire. Faut-il leur faire quelque croquis didactique ? n’ont-ils jamais été doublés par un Fangio autoproclamé ? c’est bien précisément sur les routes faciles et droites que certains s’autorisent des vitesses inavouables, qui sont très largement au dessus des « excessifs » et « accidentogènes » 90 km/h. Bref, comment leur dire ? il semble que personne à l’ONISR ne soit à même de comprendre cette évidence de tous les jours que constatent ceux qui y roulent, sur ces routes : baisser la vitesse-limite ne sert à rien, puisqu’elle n’est pas respectée. Car, le croirez-vous, d’aucuns s’en foutent complètement, de la vitesse-limite. C’est sur eux qu’il faut sévir, pas sur ceux qui s’astreignent à la respecter, aussi aberrante soit-elle. Capisce ?

Tibert

(*) Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière : il est bien évidemment libre de toute tutelle des ministères. Et merci au Parigot de relayer ces somptueux sophismes.

Punching Edwy et battling Jean-Jacques

Bon, vous l’aurez sûrement arrêtée avant la fin, cette interviouve-fleuve d’hier soir, pour aller voir la triste, la sinistre fin de « Vol au dessus d’un nid de coucou » sur Arte (*) : ça devenait barbant, et je suis poli. Moi je vais vous dire : très mauvais casting, en français, mauvaise distribution. Car les deux journaleux, déjà réputés teigneux, ont, chacun, tenté de sortir vainqueur d’un duel idiot de çui qui serait le plus vache, le plus pugnace, le plus mordant. Débile compétition ! Edwy le gôcho et son rictus ricanant derrière sa moustache, Jean-Jacques dont on craint constamment qu’il se mette à mordre… fatigant !

On aura compté les points, les coups, les feintes… et alors ? qui pouvait supposer que Macroléon se prendrait les pieds dans les torves rets pléneliens, dans les coups de menton bourdinesques ? il est bon dans ce registre, EmMac, il y excelle, on le sait, et s’il a accepté ou suscité ce match c’est qu’il savait être cap’ de s’en sortir favorablement – avec les oreilles et la queue, peut-être pas tout de même. On a appris deux-trois détails, des bricoles, mais ça ne change rien au paysage.

Le paysage : les NPA, LFI, anars, antifas… toutes ces forces « militantes » arc-boutées à susciter la tant espérée, tant rêvée converguçe des lentes. C’est chaque fois le même scénario : il s’agit de tenter de faire prendre la mayonnaise des mécontentements, monter les blancs en neige des grèves, occupations, émeutes. Des fois que… va savoir… le Matin du Grand Soir… le Grand Basculement dans le Foutoir… le cinquantième anniversaire de mai 68, pour celles-zet-ceux qu’ont pas eu le bol d’y être.

Tibert

(*) On l’aura peut-être loupée, cette rubrique nécrologique : Milos Forman nous a quittés. Je garde bien au chaud et je chéris ses premiers longs-métrages tchèques, « L’as de pique », « les amours d’une blonde »…  : des bijoux. Merci Milos !

Sombre [(vendredi 13)+1]

Que des nouvelles de m…aujourd’hui. D’abord un mug dont l’anse s’est pétée. Un mug de « Farfouille » certes, un moche mug à deux balles, mais zut quoi… et puis les canards continuent à nous bombarder de l’héritage de Johnny, comme si c’était intéressant – ça doit concerner au plus une vingtaine de personnes. On s’en fout, on s’en tape dans les grandes largeurs, de l’héritage de Johnny, c’est pourtant simple à comprendre ! Qu’ils s’entretuent si ça leur chante, mais en privé !

Et la ZAD de NDDL, encore et encore. C’est surréaliste : On voit des gars masqués lancer des cailloux et autres objets contondants avec des frondes sur les flics : des images de guerre civile. Mais tout va bien, la situation est sous contrôle, les zadistes sont normalement installés sur les toits, les gendarmes-Sisyphe déblayent encore et encore, inlassablement, la route des chicanes aussitôt rebouchée par les autres, les journalistes devisent paisiblement avec les émeutiers – ouais, on les aura, y a pas de souci – moi je vous dis : à quoi on joue, là ? on est dans un état de Droit ? on fait respecter la Loi ? ou c’est juste pour de rire (*) ?

Et puis cette intéressante avancée technique – technologique, ça emplit mieux la bouche : les « assistants personnels« . Ces bidules qui sont censés nous simplifier la vie, synthèse vocale, connexion tout partout dans la maison, « ferme le volet Ouest« , « allume le four thermostat 220« , « joue-moi du Led Zeppelin » : On nous annonce qu’il faut les débrancher si l’on veut avoir quelque intimité ! La NSA amerloque, les Grandes Zoreilles de Gougueule, d’Amazône, d’Appeul… nous écoutent !  la sieste crapuleuse dans ses moindres détails sonores, si l’on n’a pas débranché le bidule – et attendez, avec une webcam c’est bien pire.

Voilà : que des mauvaises nouvelles. Ah si, j’en oubliais une : le « batch cooking » débarque. Le quoi ? le batch cooking, enfin ! Vous préparez des plats à l’avance pour plusieurs jours ? eh bien vous faites du batch cooking sans le savoir, ignares que vous êtes. Heureusement que le Firagots est là pour vous apprendre l’anglais : « focus sur le batch cooking« . Indispensable !

Tibert

(*) La hantise de la bavure a chamboulé les règles. En fait et malgré les textes, on ne peut pas courser un d’jeune à scooter qui zone et fait le mariole sans casque : s’il se blesse ou pire en fuyant, il y aura des émeutes, garanti. Et si un zadiste se tue en tombant d’un toit où personne ne l’a obligé à monter, ce sera la faute des flics.

L’ haïe cité

J’ai pu regarder-écouter hier soir un débat fort intéressant sur BéhèFèMe Télé, où madame Elkrief débattait en compagnie de personnes autorisées sur la visite de Mac’Ron aux évêques de France. Ah cette visite ! pas du tout appréciée à gauche, houlala ! On a unanimement condamné cette lamentable initiative au LFI de Méluche, chez Benoît.e Hamon.e.s, à l’Humanité, qui semble avoir encore quelques lecteurs abonnés, puisque la globalité de l’article afférent leur est réservée… eh bien, je suis partagé !

D’abord, d’abord… ceux qui glapissent au viol du principe de laïcité, que ne glapissaient-ils lorsque les huiles républicaines allaient souper au CRIF ? ou rupturer le jeûne du Ramadan ? (ah les ruptures du jeûne du Ramadan ! l’équipe de monsieur Delanoé y fut fort assidue, en son temps à la mairie de Paris). Mais ce n’était là que visites de pure courtoisie, pas vrai ? sans aucune arrière-manip’, sans doute, et la laïcité, brave fille, ne s’en offusquait pas, est-il besoin de le préciser ?

Et puis Normal-Moi (*), qui – donnons-lui ce gage – n’a jamais jeûné ni dé-jeûné avec les Musulmans, rudoya quelque peu les cathos : ces cons-là rechignaient à admettre que le mariage puisse être autre qu’entre un homme et une femme ! Il y eut même des manifs rudement réprimées, les  militants de la Manif-Pour-Tous l’apprirent à  leurs dépens. Il faut sans doute y voir là l’origine et le sens de la récente phrase macronienne qui défrise tant les laïcs à gauche : « le lien entre l’église et l’état  s’est abîmé« . La faute à Normal-Premier… ! et puis on a vu tellement de complaisance des Bien-Pensants-Repentants envers l’Islam, que d’autres ont pu en ressentir quelque jalousie, non ?

Mais bref, résumons-nous : si Macron fait la tournée de toutes les religions reconnues, pourquoi pas ? les cathos en sont, au même titre que les autres, ni plus, ni moins. Et les croyants sont des citoyens… mais alors qu’il fasse aussi la risette aux agnostiques et aux athées ! J’en connais plein, et ils le valent bien.

Et puis j’ai, au cours de l’émission susnommée, apprécié particulièrement les propos de madame Céline Pina, qui parle lucidement et bien. Oui la république a une vraie dimension humaine, que dis-je, spirituelle ! et vaut le coup qu’on la vive et la défende, face à l’obscurantisme sous toutes ses formes, et aux bigots.

Tibert (amen !)

(*) Normal-Moi-Président a sorti un bouquin, pour occuper ses vieux jours : il s’ennuie. Il paraît qu’il y donne la leçon au Macron, c’est comme ça qu’y faut gouverner, mon petit ! à savoir : rester les deux pieds dans la même charentaise, une fois accomplie la Grande Oeuvre du quinquennat, le mariage « pour toutes et tous ».

Zut Au Droit ?

( Zut, j’ai perdu le titre d’un article du Rapigot d’hier, du genre « Ils ont tâclé la violence« . J’ignorais que l’anglais utilisât des accents circonflexes… ça devient du n’importe  quoi, le journalisme, de nos jours. Tâcler la violence… au passé simple, dans l’Equipe – le seul canard vraiment habilité à traiter du tacle parce que c’est du foot et à peu près rien d’autre – ça donnerait « nous tâclâmes« .  On va où, là ? )

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Mais au fait ! La ZAD NDDL va provisoirement retrouver une allure normale, non-ZADesque en fait, car plus rien n’est à  défendre. Que dire ? que l’abandon du projet mal foutu d’aéroport Nord-Nantais fut une victoire difficile, chèrement acquise, et bravo ! et la prolongation du bordel une dérive hélas prévisible, et une défaite. D’aucuns parmi les zadistes ont de bonnes idées, changer la vie et j’en passe des meilleures… pourquoi pas ? on a besoin de bonnes idées sociétales à explorer. Le hic c’est que ça dérive immanquablement, grâce à une poignée de furieux, vers le viol du b-a-ba de la démocratie, de l’ordre (eh oui, l’ordre ! sans lequel l’homme, ce mammifère rustique, donne libre cours à ses pulsions destructrices), de la propriété, des choix majoritaires, de la loi, bref du cadre qui nous permet de vivre libres mais sans écraser les doigts de pieds du voisin.

je voudrais noter à ce propos que Macroleon et ses acolytes ne font là rien que de prévisible, normal et logique, une fois l’Ayrault-port abandonné. C’était écrit, c’était à faire, cette évacuation de la ZAD, les canards en causaient depuis une semaine, « quand-est-ce que ça va se déclencher ? » Ceux qu’on déloge et font les étonnés devant les caméras « c’est pas juste on ne nous a même pas envoyé de papier » sont attendrissants de faux-culterie.

Reste le front social, comme on dit. Pour le coup c’est non pas la Lut-teu-Fina-leu mais ça y ressemble. Fin 1995 les grévistes SNCF ont gagné façon traité de Versailles en 1919 : en humiliant l’adversaire, en l’occurrence l’équipe Chirac-Juppé. Grosse erreur, il faut toujours tendre la main au vaincu. Nul doute que Macroléon connaît l’Histoire, et cette histoire, et l’on peut douter qu’il envisage une issue du même tonneau, vingt-trois ans plus tard. Qui sait ? nous verrons peut-être un jour, ou nos enfants verront, des trains fonctionnant correctement, ponctuels, sans grèves à tout bout de champ… I had a dream…

Tibert

 

Petits cailloux dans les richelieus du chef

Le Monde (et Le Parigot, et Le Firagot…)  de ce jour nous régalent tous également – c’est de la dépêche AFP pur beurre juste maquillée vite fait – des détails de ce qui se passe à la fac’ de Paris-Tolbiac. Tolbiac ? rappelons que c’est ce bled situé en Allemagne dans la Rhur, et qui se nomme en fait Zülpich, où Clovis et ses troupes mirent la pâtée aux Alamans en 496. Bref un nom de bagarre, de bruit et de fureur. Et comment ! Tolbiac c’est aussi une fac « libre », entendez bloquée-entrée interdite, où des étudiants-militants ont voté à la majorité des grévistes la grève des cours. Et comme la fac est un édifice public, ils l’occupent… elle est à eux, en quelque sorte. L’administration universitaire, fataliste et bonne fille et pas vraiment motivée à réagir, laisse faire en soupirant, « ah là là, keskonpeufaire ? c’est occupé, y a le loquet« , comme aux houatères.

Evidemment, ces étudiants-grévistes ont des revendications, notamment le refus de la sélection à l’entrée en fac. Très bien !  On peut rêver, imaginer, effectivement, que l’université soit une sorte de « salle des pas perdus » ouverte à tous, que le plombard et la shampouineuse tout autant que le binoclard potasseur acharné puissent s’y instruire, y étudier sans engagement – ou simplement venir passer un moment, en hiver il y fait chaud -, assister aux cours qui leur chantent, l’analyse factorielle, la mécanique des sols, le Droit Constitutionnel, Kant versus Hegel et les composés organo-chlorés. C’est beau, c’est noble : c’est juste une question de moyens ! Et les moyens c’est très simple, yaka avoir les moyens.

On remarquera au passage l’ironie, le cocasse du propos : refuser la sélection à l’entrée et pour ce faire bloquer l’entrée à qui n’a pas le profil qui va bien… Mais ce détail mis à part, les bloqueurs de fac ont d’autres objectifs, je cite l’article du Monde : « Les étudiants, militants, se voient comme un caillou dans la politique (*) du gouvernement. L’objectif n’est pas uniquement de faire reculer l’exécutif sur le texte déjà adopté de la réforme de l’accès à l’université, mais également sur celui de la réforme ferroviaire et sur le projet de loi « asile et immigration« . On pourrait y ajouter les menus sans gluten, voire « vegan » dans les restaus-U, et puis le SMIC à 2.000 euros, et l’interdiction des licenciements, etc. D’aucuns évoquent carrément la démission du Chef de l’Etat : bref c’est le Grand Soir.

Esprit de Mai 68, es-tu là ? pensez-y très fort et poussez, les gars, on sent que ça vient.

Tibert

(*) Ou la politique comme métaphore de la godasse (du godillot ?) : c’est là que le caillou gêne le mieux, surtout « en marche ».

Polices et effectifs

D’abord une satisfaction : la société SFR a vu sa condamnation alourdie en appel contre « Que Choisir », qui avait gagné en première instance. Méthodes commerciales inadmissibles, mépris  du client-vache à lait, augmentations de tarifs présentées comme des « privilèges » (quel foutage de gueule !) et, cerise sur le clafoutis, des clauses générales illisibles car écrites trop petit. Il fallait une loupe pour les lire… déjà que c’est très chiant à consulter – c’est exprès, comme ça personne ne les lit – si en plus il faut se flinguer la rétine… bon, on espère qu’ils ont viré tous leurs stratèges marquéteux vicieux, et compris le message. Un bon point : ils ont abandonné les « virgule quatre-vingt-dix-neuf » dans leurs tarifs, c’est un début encourageant. D’autres pourraient s’en inspirer d’ailleurs (*), je ne nomme personne…

Et puis, et puis les effectifs de parlementaires ! Macronaparte l’a promis, et moi j’y tiens ; si ça se trouve il a pompé sur mes propositions. Ce pays emploie des hordes de parlementaires à des tarifs croquignolets, et il est temps qu’il devienne plus raisonnable. Il est possible que certains départements (**) se retrouvent plus tard avec un seul député : et alors ? vous le voyez souvent, votre député ? moi j’en ai vu un une fois sur un marché, il serrait des louches, c’était avant les Législatives. Si c’est ça la proximité du terrain, hein…

Il est patent que  les parlementaires agissent et réagissent la plupart du temps en bloc et selon leur appartenance partisane – ce que je déplore vivement ! alors, qu’on réduise la voilure, qu’on opère une homothétie Grand-H < 1 (c’est de ça qu’il s’agit) ne changera rien au rapport des forces, et nous coûtera moins cher. Et puis ça fera des bras disponibles pour la vraie vie !

Reste un vaste espace quasi inexploré dans les projets de coupes et de coupe-coupe : les innombrables Agences et Conseils De Ceci Et De Cela qui gravitent autour de notre gouvernement et de notre administration centrale, opportuns placards à balais pour les ex-grosses légumes soucieux de pérenniser dans un bon confort leur fromage, et qui ponctionnent souvent en pure perte (pas pour tout le monde, eh eh) le lait et le miel de la manne budgétaire. Allez allez, il y a encore pas mal de graisses inutiles.

Tibert

(*) Aux USA c’est quasiment une religion, le « nnn,99 » tout partout sur les étiquettes de prix. Crétin et fatigant, d’autant plus crétin que ces prix annoncés sont hors-taxes, et que les taxes varient selon les Etats ! on se balade dans les magasins avec sa calculette.

(**) Au fait, ils sont toujours là, les départements, avec leurs nombreux et coûteux élus ! il avait été question de simplification du millefeuille administratif sous Valls : probablement une annonce faite un 1er Avril.