Une cleusteure peut en cacher un autre

( CNews, chaîne télé sur le canal 16, juste au dessus de BFM et en dessous de CStar… c’est, nous dit Le Monde, une chaîne financée par monsieur Bolloré, gros financier engagé dans des opérations de type Françafrique, notamment au Togo…une chaîne engagée, donc (c’est la logique de cet article du Monde, mais c’est moi qui souligne, ou plutôt graisse la police)  « dans une campagne contre l’étude des séquelles du colonialisme ». Ah… il est donc, sachons-le, de toute première instance que nous étudiions les séquelles du colonialisme, repentance donc, et puis mea culpa et toutes ces sortes de choses.

Moi je dis que CNews, chaîne résolument à contre-courant de l’omniprésente bien-pensance qui sévit de A2 à Arte en passant par la presse écrite, a bien du mérite d’exister. C’est le pluralisme, ça, coco. Du poil-à-gratter salutaire dans un paysage de componction consensuelle. Personne n’est obligé de visionner CNews en groupie, de communier quotidiennement aux idées de monsieur Zemmour, par exemple, mais une lampée de gnôle dans un univers de tisane audiovisuelle prévisible et convenue, ça rafraîchit, c’est comme un courant d’air frais dans une pièce confinée. )

Mais… confinée, vous avez écrit confinée ! Eh oui, ça confine à la manie scripturale, on a de la cluster (*) partout maintenant, et pas seulement dans le 9-3 et le Pas-de-Calais. J’ai ainsi découvert que la région Bourgogne-Franche-Comté, je cite ici Les Echos, « vient d’officialiser à Auxerre, l’un de ses clusters hydrogène, son intention de se doter de ce matériel vert ». Et si on nous lâchait la grappe avec ces clusters ? Comprenons que cette région résolument novatrice, qui d’un pied ferme jette un regard confiant sur l’avenir prometteur, a créé des centres de production d’hydrogène. Des grappes ? des grappes (**) si vous y tenez, mais franchement avec un « centre » ça le fait aussi bien, non ? Imaginez le journaleux des Echos, tout fier d’avoir pu insérer dans sa prose (prose, au féminin) l’un de ces mots indispensables à tout article qui se respecte, cluster évidemment et puis tacler, tiens… décidément, il manque un tacle à cet article.

Tibert

(*) c’est féminin, une cluster, en franglais = la grappe, alias cluster en anglais. Mais on n’est plus à une approximation près, on fera bientôt, après l’écriture inclusive, du « kestufé ? et du « T-oula ? »

(**) Des grappes, en Bourgogne, ça m’évoque plutôt du Pinot noir ou du Chardonnay, de l’Aligoté si vous y tenez.

Double peine, vroom vroom

( Le Monde crie et s’alarme, car madame Marine se « projette déjà au second tour de la Présidentielle » de 2022. Lisant l’amorce d’article, on y apprend que moult de ceux qui ont « viscéralement » fait barrage au FN en 2002 et 2017 – pas mal se sont sentis cocus ensuite… – ne s’y feront pas reprendre une troisième fois ! Je suis tout sauf un groupie de la blonde en question, qui à mon humble avis est un boulet pour sa cause, mais ce que nous apprend cet article, c’est que les thèmes de la sécurité et de l’immigration – les jingles favoris du RN – sont actuellement et de façon constante dans les préoccupations prioritaires de la majorité des Français, conscients que rien de sérieux n’est fait là-haut à part des effets de manches. Pire : la dissolution, hier, du groupuscule Génération Identitaire (j’en ai traité il y a peu) démontre la volonté de nos Chefs d’empêcher toute mise en évidence de leur politique – muette, mais les faits sont clairs – de laisser-faire envers l’immigration illégale.

Bref : outre le Covid, incontournable et qui nous pourrira encore la vie un certain temps, on connaît les thèmes qui gouverneront les choix en 2022, et pourquoi ces thèmes ! On peut le regretter, il en est de plus sexy, de plus porteurs d’avenir, mais quand ceux qui tiennent les manivelles se contentent de coups de menton adressés équitablement ici et là, on finit par se dire que…)

Mais autre chose : je lisais hier dans La Montagne, canard anecdotique et vivifiant, cet entrefilet sur une bisbille à la Communauté Clermontoise : en gros, le nouveau maire PS de Clermont, monsieur Bianchi, veut que la banlieue de Chamalières s’aligne sur ses choix : la future ligne 2 du tram local – sur pneus, évidemment – serait établie en site propre, avec grand recalibrage des avenues, comme un peu partout en France, d’ailleurs, avec des résultats, disons, « divers », du bien et du détestable – évinçant ainsi les bagnoles (on retrouve dans l’argumentaire l’inénarrable adjectif tarte-à-la-crème de ce genre de démarche : apaisé ! Ville apaisée… circulation douce, apaisée… ça évoque une crème de soins ! Mais Chamalières résiste : c’est non ! à Chamalières, on reste sur le partage de la plate-forme entre le tram et les autres modes de transport. « Ne soyez donc pas ringards », clame monsieur Bianchi. En somme, vouloir pouvoir encore utiliser sa voiture quand c’est nécessaire, et c’est souvent le cas, c’est ringard ! par ailleurs, on nous incite à grand renfort de primes, de pubs, de pressions, de culpabilisation, à acheter des voitures, oui, mais des propres, des électriques. Je résume : ayez des voitures électriques ! et puis laissez-les au garage.

#MeTooRaclées

( On suivra d’ici un an ou à peu près le procès en appel de Nicolas Sarkozy dans l’affaire dite « des écoutes ». Où le PNF, Parquet National Financier, créé par Normal-Moi-Président, DEVAIT punir sous peine de 1) démontrer son inutilité dans cette affaire, qui n’était pas financière pour deux ronds et ne nécessitait pas cette Grosse-Bertha ; 2) laisser voir la vacuité et l’acharnement, vacuité d’un dossier semble-t-il dénué de toute preuve factuelle, acharnement d’écoutes au long cours, obstinées et juridiquement fort discutables, laissant ainsi supposer des visées politiques pas forcément nobles. Indépendance de la Justice, qu’ils disaient…)

Mais au fait… tenez, j’ai lu avec intérêt cet entrefilet circonstancié à propos d’une bisbille entre une pédopsychiatre de Toulouse et le Conseil de l’Ordre des toubibs… en gros, à ce que je comprends, la pédopsy a voulu signaler une maltraitance sur un gosse, mais elle aurait enfreint la procédure « normale », alertant le Juge des Enfants quand elle aurait dû actionner le Procureur de la République… du coup c’est, nous dit-on, une enfreinte – pire : une infraction au secret médical ! Et il se trouve que le père de la gamine supposément maltraitée est un « cher confrère »… Bref : qui ou que faut-il protéger D’ABORD ? les enfants, ou le secret médical ? je pose la question.

En bonus, je vous laisse méditer sur un nouveau #MeToo qui fait surface (voir mon titre), et ma foi celui-là vaut les autres… une fille du célébrissime écrivain israélien Amos Oz, Galia Oz, donc, ose (*) sortir du silence et sortir un livre où elle dénonce la violence physique de son père à son encontre. « Mon crime c’était moi, la punition était donc sans fin. Il avait besoin de faire en sorte que je me brise ». Il n’y est pas question de viol, donc d’inceste ; il est question de violence ! de coups ! C’est moins grave ? c’est à voir…

Tibert

(*) Il fallait l’oser, celle-là.

Frêles ficelles au long des vicinaux

( On voit ça, les samedis de manifs récurrentes… ça hurle à la dictature, chez les Insoumis de LFI, NPA et assimilés, du fait que nos Chefs-en-Chef proposent de modifier la Loi pour protéger les flics, flouter leurs visages sur les photos et vidéos de presse… « Liberté d’informer ! », clament les clameurs hebdomadaires du samedi. Mais il y a deux jours, un journaleux du canard RémoisL’Union‘ a voulu aller voir dans un « quartier » ce qui s’y passait : c’est plus que du flouté, c’est son appareil fracassé !  et sa trombine aussi ; il est à l’hôpital. On attend les réactions indignées de LFI, NPA et consorts, réclamant le droit imprescriptible d’informer en toute liberté et sans flouté. )

Mais le sujet du jour, c’est, tenez, La Montagne qui vous le sert : dans une banlieue de Thiers, dans le 6-3, ça déploie la fibre optique ! Waouw… l’Auvergne se modernise, eh oui, adieu cabrette, pounti et sabots, vive l’internet à donf.  Sauf que, voyant des poteaux et des câbles fleurir le long des chemins, avenues et rues, des riverains ont protesté : qu’est-ce que c’est moche ! Oui, c’est moche. Que n’enterre-t-on ces superbes fibres ? c’est trop cher, paraît-il, et trop long : ce sera de l’aérien, ou rien du tout !

Juste une remarque : si c’est pour que les installations aériennes de fibres soient aussi bien bichonnées et entretenues  😉  au long des routes que les actuelles lignes téléphoniques, ce n’est même pas la peine de commencer ! Poteaux écroulés, cassés, arbres quasi couchés sur les câbles, lignes dans le fossé, rafistolages et épissures un peu partout… J’ignore QUI sera chargé d’entretenir ces réseaux de fibre optique – et avec quel budget ? – mais ce que nous voyons de la minable situation actuelle fait craindre bien des déboires : notre ex-glorieux « Opérateur historique » a largement abandonné l’entretien des lignes aériennes dans les espaces ruraux, et même ailleurs. Qu’est-ce qui nous dit qu’avec la fibre plutôt que le cuivre on va renoncer à cette politique du « bof, ça tiendra ce que ça tiendra », alias du « chien crevé au fil de l’eau ? » Rien.

Tibert

La peste, bis

Non ce n’est pas du Conorarivus qu’il s’agit, mais de la vérole sur la langue, notre langue, qui jadis fut belle, flexible, riche, et considérée. Disons que jusqu’à la fin des années 50 ça passait pas mal, les gosses apprenaient l’orthographe, savaient écrire sans trop de fautes. Au pluriel, le masculin l’emportait sur le féminin, sans que personne n’en déduise que l’orthographe pût régir les rapports intersexuels : « Des mouton-sses paissaieu-nnnt dans un pré » (la dictée de Topaze, dans le bouquin éponyme). A Sciences-Po Paris, d’aucuns affirment, éléments de preuves à l’appui, que ce serait plutôt des « mouton.ne.s », si tant est que l’on s’attache encore à y respecter l’orthographe et la syntaxe de notre langue.

Vous savez tout le bien 😉  que je pense de l’écriture inclusive ! ou comment vouloir tuer une langue haïe, et sa culture avec en dommage collatéral. Mais voilà l’embrouille : des étudiants de cette noble et jadis prestigieuse école auraient été encouragés à utiliser ce… cette saleté pour gagner des points aux examens ! c’est pas vrai, qu’ils disent ici. Si, c’est vrai, affirment d’autres, documents à l’appui. France-Info contre Le Figaro, ce qui ne surprendra guère, connaissant les positions politiques des deux bords.

Seuls les faits ont raison : avérés ou pas, qu’à Sciences-Po on se fâche, qu’on réfute ces allégations montre bien qu’on y a conscience de la mocheté, du sectarisme et du caractère délétère (*) de l’écriture inclusive. Vous vous ferez votre opinion, amis lecteurs – les lectrices aussi, ça va de soi, vous me connaissez. C’est l’humain qui vit et régit le genre, pas l’orthographe – et c’est tant mieux.

Tibert

(*) Je ne connais point de substantif lié à l’adjectif délétère. « Délétéritude», me souffle madame Ségolène. Bon ben… on va le formuler autrement.

Demi pressions

( Le Parigot, pas malin, annonce fièrement qu’avec de l’astuce et une seringue ad hoc, on peut tirer, eh eh, d’un flacon de vaccin Pfizer pour 6 injections, une septième dose ! Sachant que Pfizer avait commencé en facturant 5 doses puis a corrigé le tir avec 6, que croyez-vous qu’il va arriver, maintenant que la combine a été naïvement éventée ? on n’est pas chez les Bisounours, là. Tsss… pas cap’ de garder un secret. )

Mais bref… cette histoire de menus « végétariens » aménagés et uniques pour toutes les cantoches scolaires de Lyon fait des remous, c’est clair. D’abord, remarquons que ça implique une cuisine centrale ! Tous les repas sont préparés au même endroit, puis distribués aux différents établissements, réchauffés sur place, reconditionnés etc… : c’est le marteau-pilon administratif, anti-écolo au possible, gaspilleur d’énergie et déresponsabilisant. Les cuistots « locaux » ne font plus rien de créatif…

Mais au delà de ce constat, la décision du Maire de Lyon (*) n’est pas stupide, loin de là. Monsieur Doucet a finement fait remarquer, et toc ! que monsieur Collomb, son prédécesseur, avait pris la même initiative, sans que personne ne se soit indigné. Premio, ce ne sont pas des menus végétariens (lentilles / pois chiches / haricots noirs, rouges, blancs (prouuutt) / tofu / riz complet… gnagnagna…), mais juste sans viande, nuance !  Avec oeufs ou poisson, donc pas de carences en protéines animales, pas de clins d’oeil aux vegans et autres sectes alimentaires extrêmistes ; c’est possiblement équilibré. Deuxièmo : pas de lever de boucliers hallal, casher, hindou… les religieux n’y verront pas d’embrouille (**). Troisio : rien à choisir, donc ça va simplifier et accélérer la rotation des élèves à la cantine, problème difficile avec les contraintes dues au Covid. Donc c’est bon pour les mesures sanitaires…bien.

Sauf que les acteurs de la filière « viande animale » sont furieux ! Ils rouspètent, et on ferait, je ferais pareil à leur place. Monsieur Doucet, apaisant et rassurant, comme son nom le laisse suggérer, énonce que c’est une mesure temporaire. Et c’est là qu’on peut l’attendre au tournant du virage, si je puis dire. Car n’oublions pas sous quelle bannière il opère, monsieur Doucet : écolo écolo, dur de dur. Il est évident, que sous cette initiative innocente en surface, pas conne, il tente, planqué derrière son petit doigt, de promouvoir son credo légumier-légumineuses-anti-viande-local-bio et tutti quanti – antiennes connues. Il ne sera pas inutile de surveiller sur la durée les menus des cantines scolaires lyonnaises : les adeptes du boeuf-miroton, de la bavette à l’échalote et du poulet-curry – sans oublier le glorieux tablier de sapeur et la classique salade de clapotons – sont prévenus.

Tibert

(*) Désolé, je ricanais malgré moi et hors de propos : ça me rappelle irrésistiblement le Merdelyon, mais c’était dans un autre temps, et un autre sujet.

(**) Hélas, on fait la génuflexion devant les interdits carnés, stupides et d’un autre âge. Laïcité, qu’ils disaient !

Abscons concepts

Tiens, pour une fois, c’est le portail du NPA trotskiste que je vous propose : il commente vertement l’initiative de madame Vidal, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, qui voudrait mettre au jour un possible, identifiable dépôt sec d’islamo-gauchisme dans les universités, hors du champ de la recherche académique. Evidemment sur ce site NPA les analyses, les textes déroulent une litanie convenue, Messe en Latin de la phraséologie « prolétarienne », ossifiée, agglomérante et sans surprise. Je cite : « Ces déclarations réactionnaires (*) s’inscrivent dans la droite lignée de l’offensive sécuritaire et islamophobe du gouvernement, cherchant à imposer un consensus raciste pour mieux justifier ses mesures répressives (loi sécurité globale, loi sur les « séparatismes », dissolution d’organisations de défense des musulmans) ».  Soupir…

Mais passons, ou plutôt notons au passage qu’on défend, au NPA, et sans aucune nuance toutes les organisations « de défense des musulmans », pourtant dissoutes pour d’excellentes raisons ! vous cherchez des traces d’islamo-gauchisme ? il est là, limpide, sous les yeux. Mais madame Vidal, elle, a fait une grosse boulette – ou bien c’est de l’humour ? – demandant au CNRS d’enquêter : autant demander à une banque luxembourgeoise un rapport sur les comptes bancaires offshore ! le zélé France-Info nous a pondu une interviouve indignée d’un enseignant-chercheur en sciences sociales, monsieur Fassin, qui bosse sur l’intersectionnalité (**) : non mais de quoi ? islamo-gauchisme ? c’est du vent, du flan. Ce n’est même pas un concept scientifique ==> ça n’existe pas.

Voilà… on n’a pas été foutus, en France, de mettre au point un vaccin anti-Covid, mais on a l’intersectionnalité (ah zut, ça vient des USA).

Tibert

(*) Forcément « réactionnaires », what else ? provenant d’une ministre de Macronious : c’est pesé, préemballé.

(**) Quésaco ? Tenez, un éclairage lumineux  😉  ce n’est pas de moi, vous pensez bien, je cite sans rien y comprendre : « La pensée critique raciale est évacuée de l’appareillage actuel de l’intersectionnalité et les personnes racialisées comme productrices des savoirs intersectionnels se trouvent marginalisées dans les débats et les espaces académiques contemporains ».

Autre, et savoureux : cet extrait d’une lettre ouverte (juin 2020) du même monsieur Fassin à Macronious : « Je fais partie de ce petit nombre d’universitaires qui étudient « l’intersectionnalité », concept que vous dénoncez sans rien y comprendre ».

Affinons, affinons !

Monsieur le Premier Castex affirmait hier solennellement qu’il n’y aura pas, il n’y a pas – non mais… ! – de zones de non-droit, de zones sans contrôles. Pourquoi le dit-il avec cette force ? parce qu’il y a des doutes… parce qu’il faut détricoter fissa ce qu’énonce l’actuelle et récente Défenseure des droits (*), madame Hedon, et qui décoiffe ! Madame Hedon avait été Claire, effectivement, à proposer qu’on supprime les contrôles d’identité, à titre d’expérimentation. Brillante idée ! Basée sur le soupçon insupportable de « contrôle au faciès ». Quesaco ? un peu de vocabulaire « bonne-pensée »…. demande-t-on à un « Caucasien » (un Asiatique aussi, peut-être ?) ses papiers ? c’est un contrôle d’identité. Si en revanche on les demande à un Noir, un Maghrébin, un Arabe, c’est un contrôle au faciès.

J’ai entendu des journaleux (posture « je ne suis pas contre les contrôles, mais… »)  réclamer avec force des statistiques ! des statistiques, pour mesurer. Ethniques, donc, les statistiques, si je ne m’abuse. Horreur, des statistiques ethniques. Mais bon, on n’est pas à une contradiction près. Bref, si l’on avait des statistiques (ethniques) établissant qu’on contrôle à 33,6 % des Maghrébins, à 39,2 % des Noirs, à 14,8 % des Asiatiques (il reste donc 10,4 % de « autres »), ça prouverait indubitablement que la Police est raciste, quod erat demonstrandum, ce qu’on voulait démontrer, évidemment. Devinette : pourquoi les flics jugent-ils plus pertinent de contrôler un djeune casquette-sweat-capuche-baskets, désoeuvré et  qui fait manifestement le guet, plutôt que le pépé qui, assis sur un banc, un crayon en main, étudie « Paname teurf » pour choisir ses bourrins gagnants, ou la jeune mère « Syrillus » bleu-marine qui promène son loupiot dans une poussette ? hein ? c’est parce qu’ils sont racistes, voilà.

Il est question – le Ministère de l’Intérieur veut le faire, ça tarde à venir – d’équiper les flics de caméras-piéton, afin d’avoir des traces de visu de leur activité (de leurs agissements, écrit-on quand on est bien orienté) et lever les soupçons. Fort bien, mais à gauche-gauche, on a d’avance invalidé la chose, arguant que les flics éteindront leur caméra quand elle les gênera aux entournures : forcément coupables ! ce que clame d’ailleurs le peu nuancé acronyme ACAB, tous des salauds.

Mais revenons au propos initial : madame Hedon rétropédale, on l’aura mal comprise, vous pensez bien qu’elle est d’accord, il en faut, des contrôles, quand il y a un hold-up, etc. Et donc elle affine son propos.  Bien sûr qu’il faut pouvoir contrôler, n’est-ce-pas, mais, on l’aura mal comprise, gnagnagna…  Une position excessive, partisane, ça ne se rectifie pas, ça s’affine. Un peu comme un fromage.

Tibert

(*) … et les devoirs ? normalement ça va z’avec, sinon ça boîte. Droits et Devoirs, comme pastis et cacahouètes.

Pincettes et artifices

( Oyez, il y a une centenaire dans la famille, ce 16 février. A l’EHPAD du coin ils l’auront sûrement vaccinée avant l’hiver si on leur livre des vaccins avant l’automne, et aujourd’hui ils vont lui allumer une bougie sur son yaourt : youpee, et toutes ces sortes de choses. Enfin, la carcasse fonctionne, mécaniquement, plus ou moins : les fonctions végétatives sont fonctionnelles. Pour le reste… que disait De Gaulle, déjà, à propos de la vieillesse ? )

Mais je lisais qu’hier des flics de Poissy avaient affronté des djeunes (des « chances pour la France » ? ) après avoir été quasiment attirés dans un guet-apens. On entendait des « tuez-les » (les policiers), rien que ça. Des tirs de mortiers d’artifice ont visé nos forces de l’ordre ; c’est super-dangereux ces machins, et, figurez-vous, c’est pour ça qu’on les utilise ! plutôt que des fléchettes avec embouts-ventouses en caoutchouc.

Et monsieur Darmanin, décidément prolixe de réactions indignées, de s’indigner – c’est le moins qu’il puisse faire !  Il paraît que la future loi numéro 47.528 « Vu l’article… vu… vu… attendu que… gnagnagna… »  va interdire les mortiers d’artifice ailleurs que pour les feux d’artifice ! c’est heureux, n’est-ce pas ? pertinent… ! bienvenu… ! c’est bizarre qu’on n’y ait pas pensé plus tôt, d’ailleurs. Sachant qu’il se tient des Conseils de Défense quasiment tous les trois-quatre jours, où se décident des trucs très sérieux, fermer des commerces, confiner, interdire, quid d’y ajouter un petit addendum façon : « à partir d’aujourd’hui la vente, l’achat, la détention, le trafic et l’utilisation des mortiers d’artifice sont interdits sur le territoire national… confiscation… encourent des peines de (*) … etc etc ». Les entrepreneurs de feux d’artifice vont pleurer ? c’est super grave, ils vont devoir trouver autre chose. J’en pleure pour eux.

Tibert

(*) Encourir n’est pas subir : il faut que, l’infraction, le délit, le crime constaté, les fauteurs serrés, la Justice passe ; et elle est indépendante, la Justice, elle fait ce qu’elle veut.

La haine, c’est kwa ?

Monsieur Darmanin, qui ne veut pas paraître islamophobe et pas plus, après avoir dissous des officines islamistes, entreprend de distribuer des baffes d’un autre côté : il veut dissoudre Génération Identitaire, mouvement… identitaire, donc, et carrément à l’opposé, suppute-t-on (on se souvient des cris de vierges effarouchées (« les heures les plus sombres… ») quand monsieur Sarkozy voulait aborder le sujet de l’ Identité Nationale… donc identitaire, je vous dis pas ! )… On lui a donc, au ministère, cherché des arguments valables, propres à bâtir un dossier, étayer la sanction. Vu que ces identitaires évitent de cogner, casser… façon blaquebloc, et s’attachent surtout à démontrer – ce que personne n’ignore, mais c’est grôôssier de le constater à voix haute – que nos frontières sont des passoires à l’immigration illégale, comment les coincer ? on planche semble-t-il sur l’argument « incitation à la haine raciale ». De quoi on cause, là ?

D’abord, deux mots pour la même chose, haine et phobie ? comme roustons et valseuses ? justement non. Phobie, je crains ; haine, je déteste. Je crains ( ouille ! ) les haricots blancs, je déteste ( beurk ! ) les ravioli en boîte (on peut les craindre ET les détester, ça fonctionne aussi). Haine raciale = on déteste une race. Or personne ne peut être condamné pour une idée : si je hais ma belle-mère, tant que ça reste de l’ordre du sentiment, c’est regrettable mais pas pendable. Et si je me contente de persuader mon coiffeur, ma concierge… que ma belle-doche est haïssable, où est le délit ? c’est pourtant de l’ordre de l’incitation à la haine. Qu’elle soit raciale (*) ou pas ne change rien : ça reste du ressenti, des sentiments, des idées qui circulent. Bon, si je proposais à mon auditoire de lui faire la peau etc…, OK, ce serait condamnable. Mais « incitation à la haine (raciale) » ? on est là dans la répression de l’échange des idées : haïr n’est pas agir. On aura vite fait de tomber dans l’arbitraire, là.

Tibert

PS – Mon vieux voisin a reçu un courrier-papier de l’Assurance Maladie, pas au courant des pénuries de vaccin – on leur dit rien : « Si vous n’êtes pas vacciné, vous êtes invité à le faire ». Mais qu’est-ce que vous attendez, enfin ? … tsss….

(*) D’aucuns s’accordent à nier, pour les humains, la notion de race : « haine raciale » serait ainsi une chimère, un concept bâti sur du rien.