( Monsieur Ménard, maire de Béziers, comparaissait hier en justice à Montpellier, noyé de pluie (Montpellier, pas le maire) ; on lui reprochait d’avoir refusé de marier un couple, hétérosexuel, dont le mâle, Algérien, était sous OQTF : obligé depuis pas mal de temps de quitter notre pays. Or, la LOI stipule que le mariage est Premier : avec les dents s’il le faut, en rampant sous les bombe ; ça prime sur toute objection. Sauf que “O” dans OQTF, c’est Obligatoire : monsieur Ménard devait donc marier mordicus un type qui Obligatoirement ne devait pas être là. Magnifique pirouette qui piétine le bon sens. Au passage, saluons la fable lamentable des OQTF, presque jamais exécutées, nonobstant leur pertinence pour la protection de nos citoyens. Mais bof, ça ne gêne personne, dans nos Hautes Sphères, et l’on continue à balancer des OQTF comme le curé agite son goupillon trempé d’eau bénite : ça ne sert à rien, mais c’est rafraîchissant. )
Et puis, catalogue à la Prévert, bric-à-brac des mécontentements tous azimuts de la jeunesse lycéenne, qui justifie de tout casser – comme ça on ne pourra vraiment plus faire classe : cet article “sur le vif” qui donne la parole à Lola, 16 ans, élève de 1ère dans le 7-7. Tout y est, même la cantoche est dégueulasse ! Y a trop de cours, mais il manque plein de profs ! Il faut se lever à 6 heures, c’est terrible ! inhumain ! Lisant ça, je me dis qu’on est foutus. L’école était jadis érigée, légitimement, en sanctuaire , du savoir, de l’apprentissage, du mérite. Le bon élève suscitait l’estime – ou l’envie – des autres “apprenants” (*) ; aujourd’hui c’est un “bouffon” ; on a mis des portiques de sécurité aux entrées des lycées (quel symbole !), et par ci-par là certains sortent des couteaux, pour “planter” un prof contrariant. Bref, la dégringolade.
De réforme quasi annuelle en dépréciation du savoir, de renoncement à l’effort au dénigrement de la hiérarchie, nous plongeons, avec obstination. Bof… huit-cents mots, et des émoticônes, ça devrait suffire : on aura l’IA !
Tibert
(*) Superbe invention lexicale des cuistres qui naufragent l’Educ’ Nat (voir le bouquin d’Evelyne Tschirhart “L’école à la dérive” ). Ils ont même essayé, ces cons, de supprimer les maths. Pendant ce temps-là, en Afghanistan redevenu primitif, des femmes risquent leur vie pour aller à l’école, coûte que coûte.
