Je reviens brièvement sur mon billet d’hier… ayant vu ce titre du Parigot : « Des comportements presque criminels » : malgré les incendies monstres, plusieurs individus interpellés, dont un pour avoir allumé un barbecue“.
C’est le “presque” qui m’a interpellé. Je rappelle que l’incendie de 1949 (un type qui veut s’en “griller une” dans une scierie) avait occasionné 82 morts, brûlés vifs, selon l’expression consacrée. Bref, les alertes sont là pour nous alerter, non ? mais les négliger n’a pas, selon la nature de l’alerte, des conséquences du même ordre.
Les alertes Pluie-inondations, on n’y peut à peu près rien, sauf à installer des batardeaux devant sa porte, garer sa bagnole sur un point haut…
Les alertes grêle, on peut rentrer sa voiture si on le peut, ou la protéger avec une couverture épaisse – j’ai un voisin qui fait ça chaque fois -, on ferme ses volets, on rentre les trucs fragiles, si l’on est croyant on peut mettre une bougie au Grand QuiLonVeut pour qu’il épargne la véranda, les fraisiers…
Les alertes orages, on ferme les volets, on débranche la télé, les machins électroniques sensibles… un jour ma box internet a grillé, non par la prise électrique (je l’avais débranchée), mais par le connecteur ADSL ! aucun mort.
Les alertes canicule, on ferme les volets, on se claquemure, on boit on boit on boit, on annule la sortie semi-marathon, on remplace la tartiflette par une salade composée…
Les alertes sécheresse, on arrête de prendre trois bains par jour, on n’arrose plus les dahlias…
Les alertes grand froid, on se couvre, on met un bonnet, on fait gaffe au verglas, on paille les dahlias…
Mais les alertes incendies, quand on fait une boulette ? ce n’est carrément pas du même ordre, pas les mêmes responsabilités, pas les mêmes conséquences. C’est une autre dimension. On en a la preuve maintenant, une fois de plus. Le “presque criminel” est largement justifié ; ce ne sont pas des capots de voitures qu’on va retrouver martelés par des grêlons ; pas quelques géraniums morts d’avoir oublié de les rentrer.
Tibert
