Prose élitisme

( On découvre que tout plein de Français améliorent le remplissage de leur frigo – à partir du 15 du mois, ça sonne creux, paraît-il – avec des petites combines. Voyez : les fumeurs invétérés et dépendants cherchent à échapper aux 10-11 balles le paquet chez le buraliste ? (*) pas de problème, ils trouvent aisément une voisine, un confrère, un épicier, un facteur… qui leur revend en douce leur deux cartouches de Marle-Beau-Rôt avec une belle économie, genre 4 balles de moins le paquet de 20 clopes. Ils sont ravis, et puis c’est de la bonne camelote : pensez, « ça vient du Luxembourg », dit une vendeuse à la sauvette. Curieux, j’ai été voir les prix officiels des mêmes cigarettes « Au Cow-Boy » au Luxembourg : c’est aux alentours de 5,50 euros le paquet. Le gars, dans l’article que j’ai cité, qui débourse 50 euros pour sa cartouche, est sûr d’avoir fait une bonne affaire : la cartouche luxembourgeoise à 55 euros, avec la marge du transporteur, du vendeur… cédée 50 euros, au noir, dans l’Essonne ? c’est de la bienfaisance, de la pure bonté d’âme. Ou bien « y a un truc ! » )

Et puis cette tribune d’un « professeur émérite » (**) de philosophie politique, dans Le Monde, qui pourfend la laïcité à la française, telle qu’elle se vit à l’école… le titre :  » Assez de mensonges sur la laïcité » . Cet « émérite » philosophe détaille les erreurs et méfaits de nos lois, tels qu’appliquées dans la mouture de 2004 dite « des signes ostentatoires » … cette tribune hors-sol, jamais appuyée sur le réel et ses menaces, prétend redresser des idées fausses, pire, néfastes ! « Il faut rappeler trois vérités. La première est que le prosélytisme est une composante légitime de la croyance religieuse. Tenter de convertir autrui aux croyances que l’on suppose posséder un caractère salvateur fait partie de la liberté de conscience » .

Voilà : quand un ado se fait tabasser à mort par les « prosélytes » qui veillent sur l’ honneur de la famille (la réputation de la petite soeur, en fait) ; quand une intérimaire livre en pâture aux réseaux-poubelles, avec une cible dans le dos – ayant soigneusement préparé son coup et filmé la scène – le patron d’une boutique qui n’accepte pas les tenues confessionnelles ostentatoires ; quand on envoie à l’hôpital une gamine qui s’habille « trop » à l’occidentale ; quand on veut imposer l’observance du Ramadan… c’est de la liberté de conscience ! du simple prosélytisme, voilà tout… Que ne va-t’il faire un stage de « liberté de conscience » chez les Talibans, notre émérite professeur ? ils n’appliquent pas notre loi de 2004, eux.

Tibert

(*) Ils n’échapperont pas aussi facilement au cancer du fumeur, mais c’est du futur, ça, alors, bof…

(**) J’ignore ce que sous-tend ce qualificatif ronflant. Emérite… mazette !

Très compliqué, les cadenas !

Le Pont-des-Arts, à Paris – une passerelle pour piétons, en fait – relie deux arrondissements : c’est très compliqué ! Cette passerelle a été, pour cause d’envahissement dangereux, délivrée (*) des dizaines de tonnes de cadenas stupides accrochés aux grilles garde-fous : on a (**) enlevé les grilles et mis des rambardes vitrées lisses… bien… mais les cons persistent, veulent ab-so-lu-ment accrocher un cadenas « d’amûûr » sur la passerelle des Arts… les vendeurs de merdouilles à la sauvette ont trouvé le truc : ils ceinturent les poteaux latéraux d’antivols-vélos à 3 balles, ce qui en fait des supports… pour cadenas d’amour ! cadenas qu’ils vendent fort cher aux gogos et aux touristes naïfs. Un conseil : touristes en mal de cadenas de pacotille, apportez-les dans vos bagages.

On en est là… c’est interdit de poser des cadenas sur le Pont-des-Arts, bien entendu ; bien entendu, les vendeurs à la sauvette s’en moquent, comme ils se moquent des interventions policières, contraventions etc : ils sont « insolvables » , sauf le fric des cadenas, évidemment ; ils reviennent encore et encore, comme la marée. L’article du Parigot qui traite de la chose met en vedette de modestes citoyens qui s’activent, nuitamment – les marchands de cadenas sont violents, ils n’aiment pas qu’on casse leur bizness – à enlever ces tas de ferraille illégaux , inutiles – l’amour ne sera pas plus grand, ni plus faible, vous pouvez me croire – et moches. Ces citoyens font tout bonnement le boulot de la Ville ! mais vous comprenez, c’est compliqué, pour deux arrondissements, de se concerter… on a farpaitement identifié le caïd-en-chef des marchands illégaux de cadenas parasites, mais « on peut rien faire, il revient …  » . C’est encourageant… si ce genre de minuscule problème de maintien de l’ordre et de respect des lois n’est pas gérable, vous imaginez l’efficacité de l’Administration Française !

Tibert

(*) délivrée : c’est français, quand ce n’est pas un anglicisme pour une livraison. Délivrée = libérée de ses cadenas, la passerelle.

(**) Donc, pour remplacer les rambardes grillagées par des panneaux vitrés, les deux arrondissements ont réussi un jour à se concerter : ce serait possible, alors ?

Et encore les « les »

je protestais contre l’emploi par les journaleux du « les » inclusif (allez hop, tout le monde !) au lieu du « des » partitif : en voilà, derechef, un superbe exemple. IL s’agit de Samara, cette écolière salement molestée (coma, hôpital…) à la sortie de son collège (*), à Montpellier, dans le riant quartier de la Mosson-Paillade. Titre : « Dans les quartiers de Montpellier, « la réputation » des filles ou la vie sous surveillance » . Il existe pourtant des quartiers peinards, à Montpellier, Boutonnet, la Pompignane, la Chamberte, etc… mais « les quartiers » posent problème ! Comprenne qui peut…

On comprend, hélas, assez bien ce qu’est ce « les » : ce sont les quartiers… qui posent problème, justement. Où, depuis deux semaines – en gros un peu avant la fin du Ramadan – on constate qu’une Police des Moeurs existe et s’active, police privée, totalement non-déclarée en préfecture, qui prescrit et punit. Qui veille sur le respect du jeûne, de l’abstinence d’alcool, de la longueur des tenues vestimentaires… de la réputation des jeunes filles, sujet très sensible. C’est, paraît-il, une question d’honneur… contrairement à ce que professe madame Sandrine Rousseau, le patriarcat – particulièrement gratiné dans ce cas – est loin d’être mort ! Mais chuut, pas d’amalgame, ne comptez pas sur elle pour stigmatiser.

Dernière émanation de la Police des Moeurs – réplique en mode mineur des Gardiens de la Révolution iraniens : à Bordeaux, un demandeur d’asile afghan (?) peu au courant du principe de liberté individuelle et de la libre circulation des boissons alcoolisées, s’est fâché (deux morts, dont lui, et un blessé grave) car de supposés musulmans – à ses yeux du moins ils devaient l’être – buvaient du rosé dans l’espace public, ce qui est pourtant parfaitement licite et légal, sauf atteinte à l’ordre public. Et donc, il a fait sa propre police-justice, assez expéditive. Par hasard, il avait sur lui un couteau de chasse…

Cerise sur le loukoum, les journaux se sont voulus rassurants : meuuuh non, ce n’était pas du terrorisme, car l’assaillant n’a pas crié « Allahou akbar » ! On sait donc assez bien distinguer, chez nous, un acte terroriste d’un fait divers : à la longue, et depuis le temps, on « connaît la musique » , comme on dit.

Tibert

(*) Le collège est peut-être un sanctuaire, comme le clame la ministre « en charge de » , madame Belloubet : alors on attend, pour leur casser la gueule, que les « coupables » désignés soient sortis du bahut : c’est aussi simple que ça.

Le côté des « les »

( Dans le Monde, ici hélas lisible in extenso par les seuls abonnés, un article assez complet sur cette superbe usine à gaz qu’est le Bitcoin. Les lecteurs, dans leurs commentaires, y voient assez majoritairement une arnaque du style « pyramide de Ponzi » : les mises des derniers gogos entrés dans le système permettent de payer les bénéfices des premiers. Mais ce qui interpelle, c’est que cette « monnaie » a un volume mondial volontairement limité à 21 millions de Bitcoins – soi-disant pour éviter la tentation de la « planche à billet » . Et chaque unité est divisible en parts de 1/100-millions : les « centimes » , en somme. Voyez : 100 millions de « centimes » x 21 millions de bitcoins = 2,1 . 10^15 = 2,1 millions de milliards de « centimes » . Si ça n’est pas une monnaie de singe… en plus ça bouffe une énergie électrique dingue, ce truc. )

Et puis la boîte (française, cocorico ! ) qui fabrique les médailles pour les J.O. 2024 est en grève : les employés veulent des primes, bref des sous, à l’occasion de cette tâche exceptionnelle… l’occasion de tenir la direction « par les couilles » , passez-moi le terme, ne se reproduira pas de sitôt ! C’est ce qu’on appelle chez nous le « dialogue social » .

Mais à propos du meurtre de Viry-Chatillon, qui démontre l’existence claire d’une « police des moeurs » façon machisme d’un autre âge, un intervenant proteste, dans Le Parigot, contre l’inculpation pour assassinat formulée par la Justice : ce serait « … une faute judiciaire et politique, qui va aggraver la tension dans les quartiers, en faisant croire qu’il s’agit d’un assassinat » . Ce « les » (quartiers) donne à penser… « les » quartiers » ; « les » associations ; « les » cités. « Les » c’est en principe la globalité, tout le monde ; bien évidemment en l’absence de décompte exhaustif on devrait dire « des » , des (certains) quartiers, des (certaines) cités, des (certaines) associations (*). Mais je t’en fiche, dans leur certitude d’être du bon côté, allez hop, tout le monde y est : c’est évidemment plus simple – et ça fait tellement du bien de se savoir tous du même bord !

Tibert

(*) L’ Amicale Bouliste Cucugnanaise n’a jamais, à la connaissance, signé de pétition contre les surgénérateurs d’EDF ou la mégabassine de Brougeon-sur-Gartempe.

Des honneurs

( A la mairie D’Avallon dans le 8-9, on trouve des trucs intéressants, en cherchant bien, façon XXL. Voyez : 20 lingots d’or, plus de 60 kg de cannabis, un kilo de cocaïne et 7.000 € … « Des perquisitions ont été opérées dans un domicile qui paraît être celui de la maire d’Avallon et dans lequel des quantités importantes de résine de cannabis ont été découvertes (*)  » … sept personnes ont été placées en garde à vue. Parmi elles, figure la maire avallonnaise, Jamilah H., ainsi que deux de ses frères » , nous conte La Montagne. Ah la famille, important, ça, la famille, la fratrie, et les frères, les grands frères, et les petites soeurs ! )

Transition habile, on a maintenant des éclairages sur les deux derniers évènements tragiques de tabassage, le premier avec une jeune fille meurtrie dans tous les sens du terme, le deuxième avec un mort. C’est la morale (**), l’honneur, et c’est la justice – enfin, une certaine justice – qui passe. D’abord parce que la jeune fille tabassée ne respecte pas certains codes arbitraires de comportement dictés par un groupe communautaire – donc allez hop c’est une pute -, puis, dans la seconde affaire, parce qu’il s’agit d’éloigner les mâles qui fréquentent « trop librement » une petite soeur : question d’ « honneur » – comprenons, faire en sorte qu’on ne puisse pas la qualifier de pute. Voilà l’alpha et l’oméga de l’honneur selon certaines sensibilités : qu’une jeune fille puisse passer pour une pute, ou pas ! Les féministes de par chez nous pourront s’emparer du problème – mais le feront-elles ? -, il y a du grain à moudre, et de la pente à remonter !

Mais où l’ honneur d’une famille va-t-il donc se nicher ? lisant cet article sur le crime de Viry-Chatillon, il appert que deux des agresseurs ont un casier judiciaire : ça n’altère pas l’honneur de la famille, ça ? l’honneur de la famille, avec « détention de stupéfiant, extorsion et violences commises en réunion » ? Si l’honneur de la famille fonctionne comme ça, c’est qu’il y a comme un défaut, comme aurait dit Fernand Reynaud – mais ici ce n’est pas drôle du tout. En résumé, « on n’a pas les mêmes valeurs » , et c’est extrêmement ennuyeux.

Tibert

(*) Dans l’article il est écrit « découverts » ; ce sont « des quantités importantes qui etc etc » , donc « découvertes » , eh oui. Ah la la, c’est dur l’orthographe, surtout pour les gens dont le métier est d’écrire en français.

(**) N’oublions pas, disait Léo Ferré, que la morale, c’est toujours celle des autres ! Morale d’un autre temps et d’ailleurs, et d’une arriération abominable.

Lorsque l’enfant paraît…

… ses camarades de classe lui cassent la gueule, lui font la tête au carré, histoire, a) de rigoler un bon coup ; b) de régler des comptes obscurs connus d’eux seuls ; c) de montrer leurs biscottos. De toute façon on filme l’opération, pour en faire profiter les copains sur les réseaux-poubelles. Le cas b) peut éventuellement entraîner la mort ou des séquelles irréversibles, mais bof, c’est pas grave. Tenez, cette histoire, sans cadavre heureusement mais avec nez cassé, traumatisme crânien – et vol des trucs valables, tant qu’on y est – contée par Le Monde, histoire qui précède de peu les deux récents drames, dont un mortel. Ce sont des jeunes filles, mineures. L’article ne dit pas leurs noms, ni même leurs prénoms, qui pourraient induire des présupposés quant à leurs origines ethniques – et puis elles sont mineures, donc anonymat ! Chez nous, on est pénalement mineur en dessous de 18 ans, avec peines adoucies et traitement aux petits oignons : voyez combien c’est cohérent avec l’évolution des moeurs et courbes de développement physique (*), quand un jeune de 14-15 ans est aujourd’hui bâti comme un adulte, voire plus, et considéré comme majeur sexuellement ! Mais, pas de problème pour nos Grands Chefs, il n’est aucunement question de remettre en cause nos excellentes bases juridiques en la matière, que le monde nous envie. Dix-huit ans, vous dis-je ! avant, ce ne sont que des petits n’enfants. Sauf qu’au lieu de jouer à la marelle ou aux billes, ils jouent à tuer ; des fois, ça marche. Et puis ils filment ça, c’est plus rigolo.

Tibert

(*) Quant aux courbes de développement mental, elles partent en sens inverse. En 1935 tous les enfants sortaient de l’école primaire sachant couramment lire, écrire et compter ; voyez ce que ça donne de nos jours.

Remplir des baignoires trouées

( Prolongation de l’histoire des trois lycéennes voilées au bahut Maurice Ravel : dans un collège à Auxerre, on rejoue la scène, avec trois femmes adultes, dont deux extérieures à l’établissement, membres d’une association « L’olivier 89 » , qui y entrent voilées … ce ne sont pas des élèves, et donc, la règle de laïcité « pas de signes religieux ostentatoires » s’applique-t-elle aussi ? le directeur le pense, et leur demande d’ôter leurs voiles ; le directeur académique (niveau N+1 ?) le contredit ; le recteur (niveau N+2 ?) le soutient ! Voyez comme c’est simple… ira-t-on jusqu’à soupçonner les militant(e)s de l’islam conquérant de titiller la Loi, d’éprouver toutes ses faiblesses ? L’assoce de l’Olivier-89 déclare à propos de cet incident : « Nous croyons en l’égalité des chances et en un environnement inclusif où chacun peut s’épanouir, indépendamment de sa religion ou de sa culture » . Magnifique langue de bois, mais justement : indépendamment de = sans tenir compte de, en dehors de. Ici, ces voiles, bien visibles, y sont en plein dedans, et l’affichent : pas vraiment « indépendamment de…  » )

Et puis à Paris, à l’occasion et en prévision des J.O. 2024, on s’est avisé que les humains pissent ! eh oui, ça pisse, un humain, et la moitié de l’effectif – les humaines – doit même se déculotter et s’asseoir, ou s’accroupir, pour le faire proprement. J’ai plusieurs fois, dans ce blog, souligné comme dans nos pays latins, et chez nous tout particulièrement, le besoin de miction est nié : c’est simple, on ne pisse pas ! Hélas la dure réalité vésicale étant têtue, on doit donc se débrouiller… entre deux voitures, contre un arbre, dans un recoin… l’illégalité obligatoire, en quelque sorte. Voyez cette éloquente photo de l’article du Parigot : la queue devant une des rares sanisettes « Deux-côts » disponibles, au compte-goutte 😉 pour les Parisiens et les visiteurs…

Mais pour les J.O. on va nous arranger ça ! Il est prévu 240.000 spectateurs à la cérémonie d’ouverture : ça va bien durer quelques heures, supposons donc 1,5 miction par spectateur – compte non tenu des canettes de bière à effet diurétique – durant la séance. A 25 cl. par personne, ça fait à la louche 😉 90-100 mètres-cubes de pipi. Imaginez, si chacun doit se soulager subrepticement dans ou aux abords des tribunes…

La suite ? l’article sus-mentionné ne dit pas si les massifs moyens urinatoires mis en place pour les J.O. seront conservés plus tard : connaissant ce pays, gageons que non ! on reviendra sûrement à la maxime commode : en France, on ne pisse pas. C’est sale, ça coûte trop cher (*), et puis c’est subalterne, pas valorisant… etc.

Tibert

(*) On l’a bien compris dans les pays où l’on peut pisser : les toilettes, ça se nettoie ! fréquemment, autant que nécessaire (**) et sérieusement. Forcément, ça coûte de l’argent, eh oui… mais c’est utile ! Voyez le beau film de Wim Wenders sur le sujet, « Perfect days » : on peut faire ce métier sans déchoir.

(**) On peut aussi, ce n’est pas interdit, avoir de la pédagogie, sensibilisation, travaux d’intérêt général, stages… l’armée a nommé ses opérations éducatives « corvées de chiottes » ; on peut imaginer des termes plus motivants.

Menus détails

Tiens, cette phrase de la spiquerine du journal d’Arte, hier soir… On va avancer l’horloge d’une heure cette nuit, dit-elle, et comme ça « on aura une heure de soleil en plus » . Voilà bien une ânerie ! je me suis levé ce matin avant le soleil, je me coucherai après lui, et j’aurai eu exactement le même temps d’ensoleillement, à la variation journalière près, soit environ 3 minutes de plus. Ce sont raisonnements de Parisiens lève-tard, ça… (*) Regardez un peu ailleurs, les Parigots, des fois que ça vous déboucherait les écoutilles.

Et puis je suis tombé, avec Ouest-France, sur les salaires annuels bruts des Chefs des futurs J.O. 2024 en France : mazette ! ça ne se mouche pas avec les doigts. Ne tombons pas dans la démagogie, ce sont des postes exigeants, des temps de travail pas mesurés, des responsabilités. Certes. Et puis « c’est moins que les autres J.O., ils étaient mieux payés » , selon la bonne vieille justification. Sans doute… de là à s’asseoir sur la décence et la soi-disant exigence d’exemplarité… bon, enfin, d’aucuns en auront profité.

Pour la bonne bouche, la Région Ile De France, chapeautée par madame Pécresse, fixe le ticket RATP à l’unité à 4 euros pour la période des J.O. On peut dire que ça n’y va pas avec le dos de la cuiller ! Prohibitif, évidemment. Mais madame Pécresse a un argument imparable pour justifier ça : « c’est pour que personne n’en achète » ! Sauf évidemment les distraits, les dyslexiques, les pas à l’aise avec l’informatique, les étrangers peu au fait de notre langue, de nos us et coutumes, et qui se feront plumer comme des bleus. Pour que personne n’en achète, il suffirait de ne pas en proposer ! Ou, tout bonnement, de proposer des tickets à l’unité à un prix raisonnable… mais bof, tant pis pour les perdants. Les J.O. : un max de blé !

Tibert

(*) D’ailleurs ce changement d’heure annuel – qui devait, soi-disant, être supprimé – n’a plus d’autre justification que de faire plaisir aux citadins couche-tard. Merci pour eux ; les autres peuvent aller se faire cuire un oeuf.

Encore la Pomme

Allez, c’est aujourd’hui jour de morue pour les chrétiens pratiquants ; pour les musulmans, jour de jeûne. Pour les autres je ne sais pas ; chacun verra bien quoi faire ou ne pas faire. Les athées, voyez donc ce que recèle votre frigo. Mais au fait : je vais vous en citer deux bien bonnes, pêchées au fil des articles ici et là…

L’affaire du proviseur du lycée Maurice Ravel… c’est lui qui part, après avoir juste fait son boulot, courageusement. Comme quoi la provocation, ça paye ! Citation : « de concession en concession, on se retrouve au cimetière » . Mais derrière ce moche épilogue pour la république, cette perle : « l’ancien proviseur n’avait jamais rencontré d’accros lors de son parcours » . Quand les accrocs à la laïcité se télescopent avec les accros à la fumette… il aurait d’ailleurs été plus banal, anodin, rassurant, que ledit proviseur ait eu affaire à des adeptes du joint : ceux-là ne menacent nos valeurs qu’assez modérément.

Et puis cet autre extrait juteux, du Figaro, à propos de madame Rolland, maire de Nantes, qui fanfaronne… elle cite les innombrables réussites de ses mandats de maire, cocorico, mais avec un bémol, toutefois :  » la réhabilitation ratée de la place du Commerce – un havre d’insécurité au cœur de Nantes » . On appréciera ce havre d’insécurité, niché en plein centre, bien à l’abri des éventuelles tentatives de sécuriser cette ville.

Et pour la bonne bouche, une initiative heureuse, morale, énergique, de l’état de l’Oregon, aux USA, qui met fin – localement, du moins – à une scandaleuse anomalie, voulue par la maison Apple, la pomme mordue : figurez-vous que les pièces détachées pour les réparations doivent être, en principe, appairées avec l’appareil d’origine ! sinon ça ne va pas correctement fonctionner… l’article cité plus haut donne un exemple : « Remplacer un écran d’iPhone 13 ou d’iPhone 14 en dehors du SAV officiel d’Apple a dans bien des cas pour effet de bloquer le capteur Face ID (indispensable à la reconnaissance faciale) « . C’est une excellente nouvelle, ce coup de pied au cul à une des très nombreuses boîtes – celle-là est emblématique de ces pratiques détestables – qui tentent d’empêcher qu’on répare ailleurs que chez eux (le fric, le fric !). Gageons que l’Oregon en inspirera d’autres. J’ai horreur des parcours absurdement obligés, et des vis goupillées pour qu’on ne puisse pas les dévisser.

Tibert

Du claquos

( Un parallèle intéressant sur le journalisme, comme on le conçoit… monsieur Achilli, qui bosse pour FranceInfo, est suspendu à titre conservatoire par sa direction ; il a eu le tort de rencontrer monsieur Bardella, du RN, et de s’entretenir avec lui d’un livre projeté par ce dernier. Tenez, Le Monde en traite… faute terrible, qui justifie le pilori. Tandis que d’autres, bossant ailleurs, ne comprennent pas la rudesse de la Justice : deux journaleuses militantes (de quel bord, on peut le deviner) ont été jugées et condamnées pour être allées en Irak « exfiltrer » des familles de djihadistes pour les rapatrier en France, en graissant des pattes ici et là… voyez cet article de Libération. Les deux femmes en question, Edith B. et Céline M. (*), ont admis être «sorties du cadre» de leur métier, mais ont maintenu avoir agi par «humanité», pour «sauver des vies». Voilà : des deux côtés, on est plus ou moins « sorti du cadre » , cadre réglementaire ou cadre du métier… ramener des djihadistes en France « par humanité » , ou rencontrer le Diable.

Mais le titre ? ah… en d’autres termes, le calendos. Claquos, calendos… le camembert, quoi ! Proverbe : « Les vieux, c’est comme les camemberts : il y a ceux qui sèchent, et ceux qui coulent. Pépé sèche, et mémé coule » . Le camembert est encore sur la sellette, des manoeuvres judiciaires sont en cours, et les industriels, auteurs de fromages plus ou moins approchants, viennent de gagner un délai : ils peuvent continuer à utiliser les termes « fabriqué en Normandie » , quand leurs techniques de fabrication tournent le dos aux canons de l’appellation – le lait cru, nom de nom ! et le terroir, les vaches, le moulage manuel, l’affinage.

Lecteurs estimés, le camembert authentique reste un des vrais fromages les plus abordables : même poussé à 5 euros la bête (les supermarchés sérieux en proposent autour de 3 euros ou un peu plus, et du labellisé), ça donne du 20 euros le kilo : comparez avec des concurrents de même qualité, du comté suffisamment âgé, du beaufort, du reblochon, de l’époisses, du maroilles… sans parler d’autres trucs encore plus ruineux. Il est d’autant plus lamentable de devoir se taper invariablement, désolation des plateaux-repas, sur nos lignes aériennes long-courrier, des portions de simili-plâtre étiqueté « camembert » d’une marque du groupe Lactalis (autre offre fréquente : un parallélépipède rectangle de soi-disant cheddar sous plastique, totalement insipide). Pour la bonne bouche, si je puis dire, voyez ce rude pamphlet de Marianne contre l’archétype du « camembert » industriel abusif, celui qui fait le plus de pub : le journaleux ne cogne pas avec le dos de la cuiller – de la louche, si vous voulez.

Tibert

(*) Vous n’aurez pas leurs noms, contrairement à monsieur Achilli : eh oui, elles sont du bon bord.