A la pêche au péché

Causons de monsieur Zemmour… il est quasiment à la Une de tous les canards, cet homme ! Tenez, Elle, cet hebdomadaire (?) féminin, truffé de pub à tous les coins de pages – nanas jeunes, lisses, fermées, posture hiératique, moue sévère voire méprisante, ostensiblement porteuses d’un sac Goutchi, d’une écharpe Air-Messe, du fond de teint L’encaume – Elle, donc, lui consacre plusieurs pages (*), démontrant et démontant son machisme et sa misogynie supposés… voilà déjà connu l’un des angles d’attaque destinés à le dézinguer, cet homme, si le besoin s’en fait bientôt sentir. A vrai dire, sachons qu’on fera feu de toute munition : il dérange madame Marine dans son objectif de finir deuxième, il trublionne la primaire des Républicains dont, d’ailleurs, monsieur Bertrand ne veut pas, persuadé d’être LE légitime. Restons calmes : si Zemmour doit y aller, comme on dit, on aura tout loisir de potasser, commenter, critiquer son programme : il faudra bien qu’il ait un programme… Et puis il vient de sortir (auto-édité, paraît-il, car son éditeur habituel a retiré ses billes) un bouquin, « La France n’a pas dit son dernier mot » (et lui non plus). A ce propos, Ouest-France, zélé chasseur de coquilles à marée basse, a trouvé un angle de critique pertinent : une faute d’orthographe ! « Dès les premiers mots, Eric Zemmour commet une faute d’orthographe… » . Ce n’en est pas une – le correcteur de l’ordinateur ne bronche pas – mais si, en fait, et d’une grande banalité. Comme d’aucuns écrivent à tort  « Il ne voulait pas finir en tôle »  quand il s’agit de taule, lui a trébuché sur la pêche (aux bigorneaux, ou de vigne, selon le contexte ) et le péché. Ce qui donne « J’ai pêché, je le confesse… Pêché d’orgueil, pêché d’arrogance …». C’est un péché bien véniel, on en conviendra, en ces temps où l’orthographe fait figure de science des imbéciles. Ouest-France en profite pour émettre l’hypothèse que l’auto-édition, cette solution de débrouille, de raccroc, exclurait la relecture : Zemmour n’aurait pas eu de correcteur ! C’est évidemment absurde, tout texte un peu fourni peut et DOIT être relu, pour y débusquer les maladresses, les contradictions, les coquilles, les allitérations disgracieuses… et les fautes d’orthographe ! Disons que son ou ses relecteurs ont péché par distraction…

Juste une remarque pour finir : Ouest-France cite une consoeur qui commente le pêché zemmouresque : « On sait que chez Proust comme chez Balzac, la première phrase est capitale et résume tout le roman » . Balzac ? sûrement pas. Balzac ne se lit pas d’un bloc, comme Simenon d’ailleurs ; Balzac c’est un feuilleton ! des romans, au pluriel. Concernant Proust en revanche, si « Longtemps je me suis couché gnagnagna… » a pu acquérir cette immense notoriété – supérieure au « ça a débuté comme ça » de Céline – c’est que nombreux sont ceux qui n’ont pas été beaucoup plus loin !

Tibert

PS – Je viens d’apprendre la mort de Julos Beaucarne. Adieu Julos (adios, donc, ça rime), on va te regretter chez les Wallons, chez tous les francophones épris de musique, de leur langue et de ses particularismes locaux – et savoureux !

(*) Au passage, un coup de chapeau, de bibi, à Elle pour un bon et long reportage sur les femmes afghanes et le retour des Talibans, reportage qui prend position fermement et sans ambiguïté, pour les femmes, justement.

Si vous avez loupé ça…

Eh oui, les informations… on croule dessous, on en laisse échapper des tas, parfois essentielles.

– Le mot-clé #anti2010 : plus con que ça, on meurt. Harceler (pas seulement dans les cours de récré, les réseaux-socio-poubelles ont le bras long) les gosses nés en 2010 parce qu’ils sont nés en 2010 ! triste image du niveau de débilité atteint à l’Educ’Nat. il existe des dispositions légales contre le bizutage stupide et agressif, c’est comme ça que ça s’appelle : il faut les appliquer.

– Un orchestre britannique, l’English Touring Opera, vire 14 de ses musiciens (désolé, le site est en rosbif, mais c’est plus près de la source des informations) parce qu’il entend introduire de la diversité dans son recrutement. Il s’agit, est-il affirmé, de « dessiner l’orchestre moderne » . Traduisons : en Europe, les musicos blancs font désormais tache dans un paysage que certains zélés veulent voir se barioler (selon monsieur Mélenchon, c’est déjà fait, il nomme ça la créolisation). Ce n’est plus la qualité du jeu d’un flûtiste qu’on va chercher avant tout, c’est sa couleur de peau, qui se doit d’être « diverse » . Poussons le raisonnement : il faut 50 % de femmes minimum, et avec ça un savant mélange de 8 % de Pakis, 7 % de Noirs, X % d’Asiatiques… une dose de discrimination positive… quelques LGBT++ pour cadrer tout ça… leWoke arrive, les amis, le futur s’annonce radieux.

– Si vous habitez en montagne, vous allez devoir rouler, par exemple à Clermont-Ferrand, à 30 km/h maxi – merci monsieur le maire, qui veut faire comme les copains, non mais ! – mais avec des pneus-neige o-bli-ga-toires de novembre à mars inclus. On tolèrera d’abord des « 4 saisons » labellisés M+S, mais attention, c’est une tolérance temporaire. Vous habitez Toulon ? gardez bien entendu vos pneus habituels, là-bas ça ne craint pas ; mais si vous passez par l’Allier ou le Cantal, hop les pneus-hiver ! Ou bien installez des chaînes sur les roues motrices en arrivant dans le département classé « de montagne », peu importe s’il a neigé ou pas : ça bousillera peut-être votre essieu mais vous évitera une prune. C’est une décision lumineuse, directement inspirée par le réchauffement climatique  😉 et exécutoire d’ici six semaines ! Grouillez-vous, prenez vite rendez-vous chez votre garagiste, qui va lever les bras au ciel, ça va vous coûter entre 350 et 600 euros voire plus, sans oublier d’avoir à stocker quelque part vos pneus actuels, si vous y tenez encore. Et pourquoi cette soudaine obligation ? comme d’hab, PVS : Pour Votre Sécurité.

J’en avais d’autres, du même calibre, mais on a assez pour aujourd’hui.

Tibert

 

Fou de treuc et couleur du vert

Tenez, bille en tête, une citation : « Bao au pulled pork chez Substrat-La Panifacture, dans le food court Food Traboule, dans le Vieux Lyon, le 11 septembre 2021 » . C’est la légende d’une photo de plat (*) présenté au Lyon Street Food Festival qui se tient présentement à Lyon, on l’aura deviné. Il paraît aussi, à lire l’amorce d’article – bien évidemment réservé aux abonnés – que « le voyage, ce melting-pot de chefs… » mais on ne saura pas la suite. Le « pulled pork » ici en cisManche (**), c’est de l’effiloché de porc (ça fait tout de suite moins appétissant), et puis le « food court Food Traboule » on pourrait le traduire – je suis sympa, je fournis l’idée gratuitement – par « la cour à mâchons Traboul’ Bouffe », qui sonne nettement mieux. Mais je me creuse le ciboulot en vain, là ; bien évidemment  il faut que ce soit en anglais, sinon c’est indigeste.

Le food-truck est impropre : en fait ce n’est pas un truck au sens états-unien du terme (un pick-up chez nous : un gros 4×4 avec une benne au cul) ; c’est un fourgon, et ça vaut mieux ! Essayez donc de cuire des galettes saucisse-oeuf-gruyère, juché sur votre benne et sous la pluie ! Non, c’est le bon vieux Tub Citroën aux tôles nervurées, le Peugeot J7 des paniers à salade noir-et-blanc d’antan, convertis en friterie, saucisserie, pizzeria… qu’attend l’Académie Françouaise pour y proposer un substitut de notre cru ? il n’y a pas de food-truck devant le Quai Conti, à Paris ? de camion-p’tit-creux, de fourgon-mâchon, de bouffe-à-roues ?

Cerise sur ce gâteau anglomane, le melting-pot, c’est simplement un creuset. Ah bon, ce n’est que ça ? c’est plat… eh non c’est tout sauf plat, un creuset, c’est creux, ça vaut mieux d’ailleurs, pour y chauffer un mélange jusqu’à la fusion.

Mais un dernier mot : ici, un intéressant article sur la couleur du vert. L’écologie est-elle de droite, ou de gauche ? louable et apparente impartialité, deux experts y  sont conviés à débattre, chacun d’un bord. Ma foi, si vous avez du temps, ça vaut le coup.

Tibert

(*) Une assiette, plutôt : Il n’y a plus de plat, tout est assiette. C’est individuel, l’assiette, et ça s’organise comme un tableau, avec, forcément, le trait de vinaigre balsamique épais et brun disposé artistiquement en face des rondelles de radis. Il paraît que ça se mange…

(**) cisTruc : de ce côté du Truc. Par opposition à transTruc, de l’autre côté. Cisgenre, transgenre, par exemple. Les préfixes cis- et trans- font fureur, très cher, en ce moment.

Au pain sec et à l’eau ?

( Récits passionnants, dans vos divers Canards-Sur-Toile, de la journée d’hier au procès des attentats du 13 novembre : une magistrate belge, madame Isabelle Panou, y est intervenue longuement… mais vous n’en saurez quasiment rien, sauf à être abonnés au Soir, à la Libre Belgique, au Parigot, au Monde… c’est réservé aux lecteurs payants. Ah si… un canard vous les donne gratis, ces informations ! Un canard qui n’est pas à l’Est, plutôt de l’autre côté. Mais chuut ! je ne vous ai rien dit. )

Et puis cette histoire poignante d’un gamin qui n’a pas mangé à la cantine, parce que sa môman a négligé de payer sa note de 900 euros (*), rien que ça ! note due à la mairie d’un village du 3-3. La honte ! La maman en question est passée, forcément, à TPMP chez Hanouna sur C8, où elle a eu son quart d’heure de célébrité warholien – et putassier. Il est vrai que le sujet est propre à faire pleurer dans les chaumières, genre « Le petit Chose » , « Cosette et les Thénardier » , « Sans famille » et autres « Oliver Twist » . Chirley – la maman se prénomme ainsi, mais elle parle français comme vous et moi – assure qu’elle a reçu des relances de la mairie, mais pas de factures : voilà une fine procédurière, bien renseignée sur les manoeuvres dilatoires. Le gosse a été ramené chez lui par un policier municipal, brocardé – le gosse, pas le flic – par les autres bambins, témoins de l’évènement. Vous imaginez la violence, la honte, le choc ? manu militari, littéralement. Mais il paraît qu’il était gentil, le policier… c’est possible, ça ?

Au total, on nous enfume, ni plus ni moins, et ni vous ni moi ne saurons ce qui s’est dit, ce qui s’est réellement passé et pourquoi ça s’est passé comme ça. Tout sur le buzz, l’affect, la corde sensible ! monsieur Hanouna aurait pu inviter un représentant de la mairie incriminée pour dire sa version des faits ; ça n’aurait été que simple souci de vérité, mais il avait choisi son camp, et l’avait choisi pour vous. Si ce n’est pas de la manipulation, ça y ressemble bigrement.

Vous vous ferez peut-être votre opinion… moi j’ai un faible pour la solution du maire de Saint-Pourçain-Sur-Sioule, le coup du pain sec et de l’eau. D’abord, c’est juste le pain sec, en fait : l’eau, c’est ce qu’on boit d’ordinaire dans les cantines scolaires. On ne stigmatise pas les enfants, ils sont nourris – sur un repas, avec du bon pain bio de première pression à froid, ils n’en pâtiront pas – mais on met la honte aux parents indélicats. Il y a certes des parents qui sont vraiment dans la dèche, on peut essayer de les aider, mais les mauvais payeurs, si si, ça existe !

Tibert

(*) L’équivalent de 400 repas, soit 2,25 euros l’un : c’est abordable, non ? 400 repas, c’est quasiment deux ans d’impayé, ça fait quand même beaucoup.

Nouvelles chaînes

( Il appert clairement que la course à l’Elysée aiguise beaucoup d’appétits, à sept-huit mois de l’épreuve.  La maire de Paname, tiens, elle aussi, elle s’y verrait bien, pour « offrir un avenir à nos enfants, à tous nos enfants » . Pourquoi ce « tous nos enfants » , on devine bien un peu… (*) mais, et les parents ? « les papas et les mamans » , quel avenir pour eux ? Mais basta avec madame Hidalgo : c’est un candidat de plus, catégorie écolo/anti-bagnole/bonne-pensée/vivre-ensemble. Je vais vous dire, à la fin du match, ce n’est pas l’Allemagne qui gagne, c’est Macron ! la France est largement à droite, c’est visible, mais la Marine bouche la lumière. Elle fera donc deuxième, rebelote ! parce qu’elle n’est toujours pas au niveau. Il faudrait que les Français s’en aperçoivent…  La droite « normale » – la droite républicaine et européenne – saura à qui elle va devoir sa nouvelle déconvenue. )

Mais autre chose : j’ai une box internet, la télé branchée dessus… comme de plus en plus de monde (**). Et quand j’allume la télé, je n’ai pas à l’écran la dernière chaîne vue, ni la liste des chaînes, la mosaïque, non ! j’ai à choisir entre Disney, Netflix, Vidéo-Club, Canal+, Prime-Vidéo, YouYout’entube… et il faut que je « décroche » de ces choix pour aller quand même voir les chaînes de la télé. Tenez, voyez ici, je ne suis pas le seul à m’interroger : Le Monde l’a constaté aussi, la zappette devient une machine à nous proposer les ténors du streaming, du VOD (le pay-per-view, en français… la vidéo à la carte, quoi !) mais pas les chaînes classiques. Ce qui nous change de l’ORTF, pas vrai ? la future télécommande sera donc dessinée au gré des fournisseurs de contenu, le plus gros bouton, jaune vif, bien visible au milieu, pour celui qui aura payé le plus cher le fabricant de la téloche. Et si je veux quand même mes vieilles chaînes ? appuyez plus de 5 secondes sur Ctrl-Alt-Del avec trois doigts, puis, rapidement – vous avez deux secondes – cochez la case « Je confirme être conscient des dangers de ce choix » . N’oubliez pas vos lunettes.

Tibert

(*) tous nos enfants… certes ! belle posture, de gauche, bien entendu. On pourrait aussi le comprendre avec l’accent sur le nos : nos enfants (pas ceux des autres). Rejoignant ainsi la très juste remarque de Michel Rocard, qui doutait que la France puisse « … accueillir toute la misère du Monde » .

(**) On se demande d’ailleurs à quoi sert, dans ces conditions, le tuner des télés qui capte l’antique râteau rouillé sur le toit : à rien ! avec un simple écran d’affichage piloté par la box, ça suffirait amplement. Evidemment, les télés seraient ainsi moins complexes et moins chères, le gouvernement ne pourrait plus nous ponctionner la redevance audiovisuelle… ça aurait plein d’inconvénients ! On oublie…

Brouteurs et casse-bonbons

( Madame Buzyn, ex-ministre de la Santé, se retrouve avec un procès aux fesses, pour « mise en danger de la vie d’autrui » : c’est une excellente nouvelle ! Et d’une, les ministres aussi doivent rendre des comptes s’ils délinquent – s’ils prennent sciemment des décisions dommageables pour les citoyens que nous sommes. Et de deux, ceci lui permettra, j’en suis persuadé, de démontrer que personne – elle non plus – n’avait, avant la vague virale, lu dans le marc de café le futur de l’invasion covidienne. Les sachants, les « y avait qu’à » , « il fallait que » furent et sont aussi aveugles que tous les doctes économistes qui nous expliquent gravement après le krach pourquoi l’économie a plongé. Voyons, c’était évident !… )

Mais deux trucs : les Ivoiriens sont, paraît-il, champions à arnaquer les Français crédules (les françaises surtout) sur le Houèbe. Leur surnom :  les « brouteurs » . J’ignore pourquoi, mais j’ai une vague idée, que je garde pour moi… Donc, mesdames, faites gaffe. Trop mignon, trop câlin, trop flatteur, avec de menus problèmes d’argent (mon minou, si tu pouvais me dépanner ponctuellement… ?), passez au large.

Et puis ceci : je vois de plus en plus de gens qui, bien qu’ayant une box internet, on supprimé leur téléphone fixe : rangé dans un placard, coulé par le fond ou revendu sur LeConBoin. Ils ont craqué, harcelés dix fois par jour – même pendant la sieste ! – par des emmerdeurs aux accents des Galapagos, de Tunisie, du Zimbabwe… (la chaudière, les panneaux solaires, la mutuelle trop chère, une enquête, un devis gratuit…). C’est vrai, quoi, à force d’insulter son harceleur, on s’attrape une tachycardie, une extinction de voix, n’est-ce-pas ? Il paraît que, malgré des dispositifs légaux soi-disant renforcés et dissuasifs, les arnaqueurs du téléphone fixe continuent à sévir. Je vous le dis avec tristesse, moi aussi j’ai craqué : j’ai éteint mon fixe, rangé dans un tiroir. Je le rallume ponctuellement par ci-par là pour passer des appels, et basta. C’est dur… c’est comme quand on a mis nos Minitel « 36-15 Hulla » au rebut : c’est la fin d’une époque, ça fiche un coup de blues.

Tibert

Pureté et indemnités

( Au Canada, en Ontario, dans des établissements francophones, on a brûlé des tas de bouquins. Remarquez, c’est une nouvelle ancienne, si j’ose dire, ça date de 2019… C’était une action de « purification », paraît-il. Par delà la bêtise illuminée de prétendre gommer l’Histoire – rectifier la courbure du monde, en quelque sorte – on se rappellera les autodafés de 1933 avec les Nazis, les photos d’archives soviétiques où Trotsky était passé au Corrector, et et des tas d’autres exemples, tout aussi infects dans leur obtusité (obtusitude, madame Ségolène ?). Brûler symboliquement (*) des livres, c’est tout simplement de la barbarie. )

Mais, autre chose… à Objat dans le 1-9, une boîte qui fait de la bouffe en compote – pas franchement exaltant, on le conçoit, mais c’est du vrai travail pour de vrai – a organisé avec la mairie, convaincue d’apporter son concours, une grosse opération de recrutement pour trente postes : voyez ça. Elle a trouvé deux candidats !  Le maire est fumasse… on le comprend : ça ne se bouscule pas pour échapper au rien-faire (aux indemnités, au RSA, au farniente subventionné, aux petites combines plus ou moins légales). Moi-même, déambulant dans ma ville, je suis frappé par le très grand nombre de jeunes adultes oisifs, occupés à glander aux jours et heures ouvrables. On me dira : c’est parce qu’ils font les 3-huit, ils sont en équipe du soir, en RTT, en congé, à mi-temps, gnagnagna… certes, c’est un jugement purement subjectif, pas scientifique pour deux ronds. Mais quand même… On est vraiment sûr, là-haut, que le maire d’Objat se trompe ? que les dispositifs d’aides, allocations, indemnités… ne sont pas dissuasifs de trouver du boulot ?

Tibert

(*) En revanche, des tas d’exemplaires de bouquins inutiles, mis au pilon, sans intérêt, sans lectorat… calent avantageusement les pieds de tables, ou peuvent contribuer au chauffage urbain, hors de toute signification symbolique.

Le flic, le voleur et la 5g

On ne va pas ajouter (rajouter, écrit-on maintenant, et si on doit en rajouter il faudra en re-rajouter : ça enfle !) des fleurs au tombereau de bouquets déjà jetés sur la dépouille de Bébel : juste un petit salut, donc. On gardera évidemment les beaux souvenirs du Singe en hiver, du Pierrot le fou, du Voleur. Et justement, hier soir je m’apprêtais à me vautrer devant ma télé pour re-voir sur la 7 « Un flic » de Melville, avec Delon. Coup de théâtre, Delon n’étant pas mort de frais, mais Bébel oui, on a eu droit au Voleur, de Malle ! C’est un film excellent, recommandable – de Malle, je préfère quand même le magnifique Atlantic City, et puis les premiers 2/3 de Milou en Mai etc… – mais ce n’était pas ça le programme ! Si ça se trouve, on va nous re-programmer « Un flic » parce que Delon aura avalé son bulletin de naissance. On va où, là ?

Et puis Ouest-France joue les décodeurs (« fact-checkers » , en français, bref les vérificateurs, pour faire la nique aux journaleux) sur l’angoissante question : et si avec le vaccin on m’avait injecté une puce 5g ? un truc bien vicieux de Bill Gates, pour me suivre à la trace ? hein ? Lisant l’article – pas mal foutu – vous relèverez peut-être, comme moi, des erreurs… entre autres, comment injecter un carré plat de 0,848 mm de côté (la fameuse puce 5g, allez, on dit 0,85 mm) à travers une aiguille – un cylindre – de 0,6 mm de diamètre ? c’est impossible (*)  si ladite puce est rigide. Le matheux de service a confondu rayon et diamètre ! on ne peut passer, en fait, qu’une puce carrée plate rigide de 0,42 mm de côté… en frottant les coins ! car en glissant la puce avec ses côtés bien parallèles à l’axe du cylindre de la seringue – pas facile à réaliser ! – on peut passer, en frottant, un chouïa moins que 0,6 mm ! Mais bref… la suite ? lisez, je n’ai pas eu le temps de vérifier les équations de Maxwell, mais l’antenne de la supposée puce est bien trop longue ! Au total, ça ne peut pas marcher, en l’état actuel de la technique. Plus tard, peut-être ? bof, on aura tous notre QR Code tatoué sur le gras de l’épaule : les gens raffolent des tatouages – et des anneaux dans le nez, comme les boeufs, avec ou sans puce.

Donc, supposons que  vous captiez la 5g après votre vaccin anti-Covid ? ce n’est certainement pas Bill Gates. C’est Raël, ou Vichnou, ou le Messie Cosmoplanétaire qui vous cause de l’intérieur. Surtout, écoutez bien ce qu’il vous dit ! C’est sûrement un scoop… et puis écrivez nous, nous attendons votre témoignage.

Tibert

(*) « il est évident que » …, écrivent les cancres qui ont la flemme de chercher la démonstration.

 

Si, si !

Enoncé  de maths : « Un triangle est isocèle » . Ah bon ? tiens…vous êtes sûr ?

Variante : « Un triangle est isocèle si deux de ses côtés sont égaux » : ça vous change la donne, pas vrai ? avec des si, on peut mettre Paris en bouteille, et surtout on nuance, on précise ses propos.

Ceci pour paraphraser le titre, puis le contenu d’un article de France-Info sur la visite de Macronibus à Marseille. Titre : « Les quartiers nord de Marseille sont une chance, affirme Emmanuel Macron » ... Ah vraiment ? ça ne me semble pas tout à fait évident, pour employer une litote.

Développement, sous le titre : « Les quartiers nord de Marseille sont une chance si nous nous donnons les moyens d’investir dans les personnes et de réinventer les lieux » . Vous voyez la nuance ? oui ? eh bien, si vous ne lisez que le titre, vous n’allez pas saisir ce qu’il a vraiment voulu dire, Macronious. C’est, disons, de l’information biaisée. Notez, ça va juste pile-poil dans le « bon » sens, la Bonne-Pensée, et vient conforter la maxime rabâchée à gauche sur cette chance pour la France – ajoutons-y maintenant, cerise sur le baba au rhum, l’inéluctable, irréfragable créolisation guettée impatiemment à l’horizon mélenchonien…

Bref les tendances rédactionnelles sont bien telles qu’on les connaît, France-Info campe à gauche, mordicus, et ses titres vont z’avec. Ce qui n’étonnera pas ceux qui prennent la peine de se renseigner un peu à gauche et à droite, ou inversement, si vous préférez.

Tibert

Humour et toilettage

On a pu voir un peu partout hier les échos et commentaires de la tournée macronienne à Marseille. Regardant tout ça ce matin avec un peu de recul, j’ai trouvé ce superbe reportage s’interrogeant sur l’initiative d’une mahousse et efficace opération de nettoyage… c’était à la Cité Bassens (Marseille 14ème, les quartiers Nord…), cité que, justement, hasard fortuit, Macronious devait peu après honorer de sa visite. Tiens donc !

Humour et clins d’oeil, les habitants ne sont évidemment pas dupes, et vouzémoi non plus : ce toilettage énergique et spectaculaire – et fichtrement utile ! – n’est pas dû aux orbites des planètes. Mais le gestionnaire des immeubles et de leurs abords, impavide, assure à son interviouhouer que c’est juste un télescopage de dates ! une pure coïncidence, cher monsieur. Si si, on devait nettoyer ce jour. Macron ? ben non, aucun rapport !… Plus loin, un djeune emmène le journaleux filmer un recoin oublié par les équipes TornadeBlanche, recoin dégueulasse et répugnant : l’ordinaire de la cité, comprend-on. Et de s’indigner, « Ouais, c’est jamais nettoyé, ils font rien pour nous, regardez ces tas d’ordures… » .

Question : QUI jette des saletés ? QUI néglige d’aller mettre ses déchets dans des poubelles, de les éliminer au bon endroit ? QUI jette par terre les mégots, les canettes vides, les seringues usagées, les vieilles grolles éculées, les emballages vides ? devinez. Allez, je vous aide : les mêmes qui déplorent, justement, que les services municipaux ne viennent pas nettoyer. Vous me direz, oui mais c’est une question d’éducation. Certes… vaste programme, on va devoir ramer dur – encore faudrait-il commencer à le vouloir – pour arriver au niveau de civisme et de propreté des Japonais (des Suisses, des Singapouriens, des Norvégiens…). En attendant, si l’on commençait à faire un petit quelque chose ? je vois depuis quelque temps des équipes toutes neuves d’agents à pied, uniformes labellisés « Propreté-incivilités » , arpenter le marché en bas de chez moi… je vous jure, j’ai observé : ils ne lâcheraient pas leur stylo et leur carnet de contraventions de la matinée, s’ils s’avisaient de faire leur boulot. L’embarras du choix ! Qu’est-ce qu’ils sont sales ! (pas les forains, ça on peut comprendre, on nettoie à la fin du marché ; non, les clients !). Mais bon, hein, on est en France… bof…  et puis, hein, Liberté, Liberté !

Tibert