Piqûre de rappel à 5,4 %

J’avais, en des temps lointains, écrit quelques billets sur l’anomalie française qui voit les agences immobilières se faire des commissions à 5 % et plus sur les ventes qu’elles réalisent. Outre que le marché des ventes entre particuliers est ici et là curieusement peu développé, sauf à Paris, ces intermédiaires très gourmands plombent les prix pour une prestation souvent très très mince…

C’est ainsi qu’existe un espace entre la simple parution d’annonce de vente – solution très économique, l’acheteur et le vendeur se dém…brouillant ensemble pour la paperasse -, et le coût très excessif des transactions via une agence. Le canard bien connu PAP s’y est engouffré, proposant un monitorat (un coaching, comme ils disent en rosbif) pour apprendre à bien vendre. Voyez ce site, « Mieux qu’une agence » – moins cher, en tout cas.

Les agences et leur maison-mère, la FNAIM, apprécient peu : voilà PAP assigné devant un tribunal de commerce, pour  dénigrement de la profession et exercice illicite du métier d’agent immobilier, « sans détention d’une carte professionnelle attestant d’un diplôme (*), d’une assurance et d’une garantie financière« . Affaire à suivre… mais, juste une remarque : avec des commissions moins goinfres, genre 3 % maximum, et un réel service envers les acheteurs, ça serait plus moral… reste à se demander pourquoi diable on tolère que ça fonctionne comme ça en France, je cite, « pays européen champion des commissions les plus élevées« .

Tibert

(*) Diplôme ? ouais… je cite : « Pour ceux qui n’ont pas le diplôme – classiquement, BTS, DEUST, soit Bac+2 – il est possible d’exercer le métier d’agent immobilier avec une expérience de salarié en agence immobilière d’au moins trois ans pour un bachelier« .

Potentiellement Easy

Juste un petit mot sur notre langue et le langage : je lis à propos d’un modèle de trottinette électrique qui doit être rappelé par son constructeur (chinois, what else ?) pour cause de vice de fabrication – modèle non distribué en France mais ailleurs en Europe : « Les clients [français, NDLR] frontaliers de ces pays pourraient donc être potentiellement concernés s’ils y ont acquis leur exemplaire…« . Ils pourraient, c’est une possibilité ; potentiellement, c’en est une deuxième. Bref ils sont bigrement susceptibles d’être concernés ! Le pléonasme fait ici dans l’enflure : potentiellement, mazette ! ça peut potentiellement rendre la mise en garde vachement plus sérieuse, et manifestement le journaleux  en a sous le pied !

Et puis l’Ile de France, jamais à court d’anglicismes inutiles et de soumission au Rosbif, va mettre en place la carte RATP sans abonnement, en plastique, avec puce intégrée, pour usage et rechargement sans contact (deux euros le support nu, pas donné ! non nominatif mais obligatoirement un par personne) : « Navigo easy » est son doux nom. Navigo ? pourquoi pô, puisqu’en latin « Paname flotte sans couler », mais Easy ? pourquoi céder à la facilité anglo-saxonne ? Simplet, Fastoche, Simplo, Facilo, et en allemand Leicht, en espagnol Facil, en serbo-croate je ne sais pas… enfin, pourquoi encore de l’anglais ? c’est le métro de Birmingham ?

Et puis on remplace du bon vieux carton biodégradable par du plastique ! Mais bon… (soupir…) reste à espérer qu’enfin la RATP parisienne renonce au système inique et scandaleux qui interdit au client occasionnel de prendre le métro ET le bus ET le tramway – pendant un certain temps, disons une heure, laps de temps communément alloué un peu partout sur la Planète. Ce règlement antédiluvien est débile et incompréhensible : c’est la même boîte, oui ou zut ?

Tibert

A Paname, et qu’ça saute !

Des « migrants » (*) en route vers des horizons supposés meilleurs – ils sont soixante-quinze, ou septante-cinq, au choix – ont été récupérés en grand péril sur la Grande Bleue par un rafiot égyptien, qui les a sauvés de la noyade collective… et ledit rafiot poireaute au large de Zarzis, port tunisien. Il poireaute,  car les autorités tunisiennes n’en veulent pas, de ces migrants. Pourtant ce sont des migrants, non ? donc, accueil, sollicitude, tout ça ? ben non, et pour une raison imparable. Je cite l’article du Firagots : «  «Les migrants veulent être accueillis par un pays européen», s’est contenté de dire, sous couvert de l’anonymat, un responsable au ministère de l’Intérieur« . On ne fait pas descendre à Réaumur-Sébastopol un voyageur qui veut aller à Denfert-Rochereau, pas vrai ? C’est en Europe qu’ils vont (on se demande bien pourquoi), sauvés d’une mort collective et affreuse. La Tunisie ?! non mais… on les prend pour qui ?

Tibert

(*) Il y a, je cite, 64 Bangladais, 9 Egyptiens, un Marocain et un Soudanais, dont au moins 32 enfants et mineurs non accompagnés. Donc 32 enfants seuls, et puis 43 adultes ou enfants accompagnés. Devinette : d’où viennent majoritairement les enfants et mineurs seuls ? que se passe-t-il au BenglaDesh pour que des mioches se barrent tout seuls sur des navires improbables et – c’est le cas de le dire – mal barrés ?

Savoir lire, donc avoir son bac

( Débutons par un petit pamphlet anti-stioupid, inutilous and abusive rosbif : qu’on nous délivre de délivrer, ce débile anglicisme pour… livrer. On délivre tout partout des tas de trucs jamais séquestrés, notamment des messages, délivrés (livrés) tels des pizzas sur les vélos Fissa-Pizza, gaspillant ainsi de précieuses lettres (deux chaque fois), quand on pourrait nous les livrer, diffuser, transmettre, et d’autres. La prochaine fois je moquerai les stories : ce terme pur grand-breton a pris sans vergogne la place de l’hist… mais baste, on verra ça une prochaine fois. )

Et puis j’ai lu et vous recommande cette étude livrée 😉 par le Monde sur l’analphabétisme actuel. Etude fort crédible, puisqu’appuyée (*) sur un très volumineux échantillon de plus de 700.000 jeunes adultes. Il en ressort, chose surprenante, qu’on est plus illettré dans le Nord que dans le Sud, et puis que notre belle Educ’Nat’ ne fait plus son boulot correctement (mais chuuut, surtout pas de vagues) : grosso modo, 12 % de nos jeunes ne savent pas lire. Ou alors avec poussivité, et un vocabulaire d’une grande pauvreté. On va accuser la société, bien évidemment : la société a bon dos ! c’est le système scolaire qui a baissé les bras.

Péroraison : j’ai trouvé cette perle parmi les réactions des lecteurs à cet article ; c’est un lumineux éclairage, je vous le livre 😉 tel quel – rien à ajouter : « Finalement savoir lire à peu près correctement équivaut à avoir son bac ; 80 % d’une classe d’âge a le diplôme suprême ce qui correspond finalement à peu près à ceux qui se débrouillent à la lecture. Inquiétant…« .

pcc : Tibert

(*) Mon imbécile correcteur orthographique rouspète si j’écris « puisqu’appuyée sur…« . Il ne connaît pas l’élision, mon correcteur orthographique ; si je cédais à son diktat ça donnerait « puisque appuyée sur…« , ce serait plus lourd. Le correcteur orthographique ira donc se faire cuire un oeuf.

Un pas en avant : trois pas en arrière

( On aurait pu traiter des contorsions du Grand-Chef-Ecolo, Yannick Jadot, à propos des positions de son mouvement sur la vaccination et sur l’homéopathie : on est pour, oui mais non, ça compte pas, ça coûte pas cher… pourquoi pas… Oh, on est scientifique, oui ou zut ? on raconte des salades, ou pas ? la mémoire de l’eau ? et puis quoi ? )

Mais je voulais mettre en lumière la profondeur de la Pensée-Justin-Trudeau, le lumineux produit cérébral du Premier ministre canadien toutes provinces confondues. Dans un discours tenu il y a peu sur les avancées de l’égalité hommes-femmes (sans oublier les divers intermédiaires, pour rester correct politiquement) – il disait : «  les progrès peuvent reculer, c’est en train de se produire. L’égalité des sexes est attaquée…« . Donc, comme titre le Fig’ragots, il s’agit d’un recul des progrès« . Le Larousse nous le dit pourtant : progrès = « Fait d’avancer, mouvement en avant, progression ». Donc il s’agit d’un mouvement en avant qui recule ! mieux qu’un rétro au billard. Les canadiens ont ça chez eux… le moon-walking de la cause féminine, en quelque sorte. A ce train là, on est pas près d’y arriver ! autant pédaler dans la choucroute, c’est pas plus pire.

Tibert

Stabulation-les Flots

L’accostage rugueux d’un éé-nooor-me navire de croisière sur un quai de Venise – avec des blessés légers – illustre une fois de plus la mortifère dérive de nos loisirs. Que fout ce monstre dans les fragiles canaux vénitiens ? et comment survivre à ces invasions barbares ? trois-mille gogos en goguette obligatoire, vomis par les passerelles du navire, dévalant les quais en hordes serrées, en quête de gelati, de masques, de cartes postales, de panini, de dôme de Saint-Marc sous boule plastique avec de la neige quand on le retourne – n’importe quel bidule made in PRC pouvant témoigner d’une escale à Venise… les milliers de selfies (poussez-vous, on vous voit ! ), tournant le dos à la célébrissime paire de lions…

Ces mahousses paquebots bourrés d’envahisseurs éphémères sont les Merlin-Plage concentrationnaires des années 2000, avec buffet de hors-d’oeuvres et pinard à volonté. Les Portugais de l’Algarve, envahis, en viennent à détester les retraités français et britanniques. Les Barcelonais en ont ras le bol des Ramblas colonisées. On songe à un numerus clausus pour visiter le Mont-Saint-Michel. On fait la queue deux heures et plus pour voir les toiles du Musée d’Orsay. J’ai pu voir un enregistrement vidéo montrant un embouteillage d’alpinistes sur la voie « normale » d’escalade du mont Everest…

Et encore, on est loin des chiffres potentiels ! songez, les Japonais rechignent à se mélanger et prennent très très peu de vacances ; les Indiens et les Américains du Sud sont pauvres et n’ont pas les moyens de se payer des charters vers Honolulu ou Salzbourg. Mais ça viendra ! regardez, les Chinois… il y en tout plein tout partout maintenant. Vous habitez un trou quelconque et sans attrait ? faites gaffe ! On y viendra bientôt faire des repérages pour une série-TV coréenne ou bollywoodienne, on va y réquisitionner l’Hôtel du Lion d’Or et celui des Voyageurs, le centre-bourg sera interdit aux autochtones ! Bientôt le traditionnel kebab du coin va se faire racheter par une chaîne de fast-food avec du kimchi ou des dim-sum.

La Planète comme un immense Luna-Park (*). Resteront quelques zones délaissées, donc peinardes, du fait de leur manque total d’intérêt, voire de leur laideur… quelques cambrousses reculées et rebutantes, Plouquenville-les-Côteaux, miraculeusement à l’abri des hordes suiveuses de parapluies dressés. Les richards s’y réfugieront, tout comme de nos jours à Bel-Air sur les collines de Los Angeles : ça va faire grimper les prix ! Dépêchez-vous d’acheter, y en aura pas pour tout le monde.

Tibert

(*) contrepet approximatif pour lupanar.

An perd à tous les coups ! c’est du volt !

L’électricité, notre chère électricité, va augmenter, si rien ne s’y oppose – et si l’on n’a pas signé la fourniture avec un quelconque « Discount-Elec », ce genre de boîte pullule – d’environ 5,9 %, allez, 6 % quoi. Pas léger léger… et le ministre De Rugy, l’écolo du gouvernement, tonne sur les « avantages acquis » des agents de l’EDF, pour qui ça fera 6 % de 10 %, soit pas boucoup, ce qui permet de continuer à chauffer le garage et de se passer de fioul. Notez, il s’en trouve pour trouver ça normal, les 220 volts pas chers du tout pour 220.000 personnes : le boulanger paye-t-il sa baguette de pain ? et le marin-pêcheur ne rapporte-t-il pas dans sa besace, au retour du chalutier, quelques tronçons de merlu ou de congre, de quoi faire cuire la cotriade gratos ? allons, ce sont des broutilles, des queues de cerise, ces quelques centaines de millions de rien du tout qui avantagent les agents et retraités (*) de l’EDF.

Mais je vous cause de l’augmentation de 6 % pour les gens normaux, ceux qui payent plein pot, y compris pour financer les « avantages acquis » de l’EDF. Il appert que cette augmentation mahousse a pour but de donner du mou aux concurrents « Discount-Elec » de l’EDF. Eh oui, voyez : les marges de ces fournisseurs alternatifs sont un peu minces – concurrence oblige – et donc, pour leur permettre de se sucrer mieux tout en restant moins chers que l’EDF (sinon à quoi bon s’emmerder à aller chez eux ?), il suffit de gonfler sérieusement les tarifs de  l’EDF. Et voili, et voilà. Au passage, vous noterez avec moi la kyrielle de taxes diverses et variées, toutes vertueuses, Ecologie, Durabilité, Décarbonation, Planète plus Verte et j’en passe, mais qui plombent gravement, sinon vertueusement la facture. Mais puisqu’on vous dit que c’est pour la Planète !

Bref : vous êtes encore un des 28 millions de naïfs qui vous fournissez chez EDF ? vous avez tout faux. En fait on ne vous le dit pas clairement, mais il faut que ça cesse, il faut externaliser ! il s’agit de vous dégoûter, de vous forcer à souscrire chez un Discount-Elec : un Discount-Elec ça peut s’installer à Dakar ou Conakry, c’est pas cher, et quand il n’y aura plus de tarif de référence… eh bien chacun pourra fixer le prix qu’il voudra !

Tibert

(*) Oui, au fait : le marin-pêcheur retraité continue-t-il à percevoir son poisson frais quotidien gratuitement ? non ? ah bon ?

Vide sélectif

( Les élections européennes : la Droite version LR avec ses 8 % et des pouïèmes, vaste veste, déculottée jamais vue depuis des lustres… à vrai dire, c’est logique : les gauches de toutes nuances, les populistes, les GJ, tous clament à tort ou à raison, et c’est un discours répété ad nauseam, que la Macronie bosse pour les Riches – donc la Droite ; à part ça, le discours du RN sur l’identité et la préférence nationales, l’immigration illégale… est très voisin des thèmes de LR. Quel espace reste-t-il à la droite classique pour exister ? pas beaucoup. Il faudrait se remettre en cause ; c’est dur de se remettre en cause. )

Mais au fait : les écolos militants ont inventé le décrochage de portrait du Président. Vu que selon eux, Macronious ne fait rien pour l’écologie, rien = le vide = absence du portrait. Donc on subtilise, on soustrait les photos officielles qui trônent dans les mairies, et il y a 36.000 mairies en France : du pain sur la planche. On ne « pique » pas le portrait macronien, on le réquisitionne. Pourquoi ce terme ? je l’ignore, supposons que c’est façon de ne pas admettre qu’on l’a piqué – volé, donc, ce que la Loi punit.

Remarquons qu’avant Macron, Pépère-Normal en a encore moins fait pour la Planète – avec son furtif scooter qui fumait bleu -, et Sarkozy, et Chirac donc… l’écologie n’a pas eu toute la place, la place éminente que les écolos-screugneugneu souhaitent ces temps-ci. Pourquoi n’avoir pas commencé plus tôt les réquisitions de portraits ? et puis si l’on y va comme ça, les petits commerçants insatisfaits, les fonctionnaires inquiets, les taxis déconfits… toutes les corporations mécontentes peuvent se sentir fondées à marquer symboliquement leur colère…. il y a de quoi réquisitionner !

Une suggestion : qu’on cesse d’apposer le portrait du Président en mairie. Et puis Marianne, tant qu’on y est. On fera des économies, ça rendra l’espace municipal plus neutre et consensuel, et le vide ainsi créé pourra être attribué à toutes les nobles causes qu’on voudra.

Tibert

Cinquante nuances de jaune

Juste un petit billet, histoire de ne pas ajouter des commentaires ineptes et / ou redondants à la flopée de commentaires tout partout sur les élections européennes. Je m’intéresse ici aux petits, aux sans-grade, etc : les vingt-quatre listes du bas du classement qui se sont fait 9,1 % au total (le PCF – Le Grand Parti de la Gauche, qu’y disaient – dixième avec 2,5 %, échappe à ce triste et global « autres listes« , peut-être par politesse).

Vingt-quatre listes pour 9,1 %, et toutes sous les 1% : voilà qui donne du moins de 4/1.000 chacune en moyenne. Les 0,8 % des trotskistes de Lutte Ouvrière, ce cénacle hermétique et fossilisé, font presque aussi bien que les deux listes « jaunes » additionnées, soit < 0,5 % chacune. Où est passée la vague jaune ? on s’accorde, dans les milieux bien introduits, à chuchoter qu’elle est allée grossir le flot de la Marine, ce qui ne surprendra guère, au vu des deux thèmes récurrents présentés tous les samedis depuis six mois, MacronDémission et ToujoursPlus. Preuve que ce mouvement protéiforme, derrière un élan sympathique, frais, novateur, salutaire, s’est perdu, incapable de se structurer – d’ailleurs, comment structurer un joyeux bordel ? – et dilué dans la Politique. On observera des reflets jaunes au RN, voilà tout, et ça ne surprendra personne, ledit parti ayant depuis le début fait la danse du ventre et les yeux doux aux chasubles bouton d’or.

Allez, une satisfaction tout de même : la Droite LR prend une baffe, incapable de faire son aggiornamento avec des têtes et des thèmes crédibles (mais fait mieux que le « fils-de » Raphaël Glucksman, et que le Lider Maximo des Insoumis) ; et puis je ricane – excusez, c’est nerveux – à constater la piteuseté de la liste Hamon (3,3 %), ce virtuose de l’écriture inclusive et du déni de réalité, encore plus piteuse que celle du souverainiste Dupont-Aignan, ce qui n’est pas rien !

Une distribution de baffes, donc, ce scrutin ; rassurez-vous, ça continuera comme si de rien n’était. Ne pas tirer les leçons de ses échecs, c’est le B-A-BA de la politique, avec un tout petit p. La politicaillerie.

Tibert

Quérulents processifs routiers

Les 90 km/h, le retour ? pas trop tôt ! j’ai roulé plus de 600 km avant-hier, snobant les autoroutes hors de prix : qu’est-ce que je me suis fait suer sur les belles routes provinciales, à me traîner aux alentours des 81-82 km/h, pas plus ! et doubler, donc !  il en est de bien moins stoïques, moins citoyens que moi… C’est clair, c’est une limite trop basse pour des bagnoles modernes et des voies propres et bien foutues.

Mais le gouvernement va enfin remédier à cette ânerie, refiler le bébé et les arbitrages aux départements, ce qui paraît sensé : on connaît mieux les routes vu de chez soi que de la rive droite de la Seine à Paname. Ah mais ça ne va pas se passer comme ça ! et l’on voit fleurir les menaces des tenants de la plus faible vitesse possible « pour votre sécurité ». Qui font des moulinets : s’il y a des morts du fait du retour aux 90 km/h, il y aura des poursuites pénales ! et d’agiter la culpabilité des élus qui auront des morts sur la conscience, la vitesse tue, etc…

Cas d’école très simple – on en trouvera de bien plus compliqués – : un gus se tue dans un virage. Il emplafonne un platane, roulant en principe à 90 km/h : perte de contrôle du véhicule, gnagnagna. Aussi sec la famille éplorée et les assoces intéressées attaquent les élus qui ont remis la limite à 90. Eh oui : s’il avait roulé à 80, il serait vivant ! Reste à le prouver… vous voyez le problème, c’est à peu près infaisable, sans compter que, si ça se trouve, le malheureux fourrageait dans la boîte à gants, ou il cherchait une station de radio, allumait sa clope, roulait à 125 km/h, consultait ses SMS, son GPS, la chaussée était humide, bref : vouloir aller avec cette histoire devant les tribunaux c’est tenter de peindre la Lune en vert.

Et puis poussons le bouchon dans cette logique menaçante de culpabilisation et de poursuites pénales : un gars se tue à 80 km/h… il embrasse un poteau dans un virage. Attaquons le gouvernement ! il aurait dû mettre la limite basse plus bas.

Reste la marche à pied, et encore ! un choc frontal…

Tibert