On a tous entendu des histoires de salariés que des chefs sadiques ont pris en grippe : pour les humilier, s’en débarrasser, on leur impose des tâches inutiles et répétitives (des listes de calculs), voire stupides (compter les pieds de chaises, m ; compter les chaises, n ; vérifier que m/n = 4, faire un rapport). Pour les travailleurs manuels : faire un trou, puis le reboucher (*), etc.
Dans cette veine, j’apprends, attristé 😉 qu’au Maroc, les nouvelles restrictions françaises sur le démarchage téléphonique vont mettre 40.000 travailleurs marocains sur le carreau. Il y aurait donc, au Maroc, des centres d’appel ? nombreux, copieux, à Tanger, Casablanca, etc ? moi qui, lorsque “Claire” (elle s’annonce très souvent comme étant Claire, de sa voix claire) me relance, d’abord sur mon bigophone fixe – que j’ai remisé au fond d’un tiroir – puis sur mon mobile, moi qui crois que Claire s’appelle Claire, c’est Farida ou Khaoutar ! J’ai une longue liste de numéros bloqués, mais je t’en fiche, ils en inventent d’autres, pour me débiter leurs discours à deux balles sur de futures et mirifiques économies d’énergie.
Donc, voyez, il y a encore 40.000 personnes, au Maroc, dont le “travail” consiste à harceler nos compatriotes au téléphone, en violation de nos lois, toujours plus nombreuses, contraignantes, détaillées. En somme, nos lois sont là pour ceux qui respectent la Loi ; le “législateur” , comme on dit, devrait être conscient qu’il émet des règles pour une partie de nos concitoyens. Pour les autres – et pour les étrangers, évidemment – c’est comme s’il pissait dans un violon, le législateur.
D’où la notion de force : c’est par la force qu’on persuade l’autre partie de nos concitoyens de respecter la Loi. Encore faut-il en avoir la force.
Tibert
(*) La physique l’exprime clairement : le travail, ça consiste à exercer sa force F sur une certaine distance D, pas à harceler illégalement les pauvres gens au téléphone.
(**) Les travaux d’entretien des rues (canalisations, réseaux, macadam… ) sont souvent de ce style : faute de planification globale, on ouvre, on rebouche, trois jours plus tard on ré-ouvre, on re-rebouche. En contrepartie, quand ce ballet ridicule donne lieu à facturation, paiement, gnagnagna… ça augmente le PIB ! chouette, non ?
