Petite cuillère contre raz-de-marée

Les sujets sérieux sont si nombreux… tenez, Benalla a couché en taule, quelles sont ses premières impressions ? La Santé, comment l’a-t-il vécue ? la bouffe, tout ça… c’est un scoop du Parigot, rubrique pipôle, captivant. Mais zut, ça fait un bail que je n’ai pas abordé de sujet léger, genre mâdâme Firagots, « Comment masquer ses cernes matinaux ? » Mais j’ai justement  cet article du Monde sur les atteintes supposément constatées aux droits des « migrants » – puisque c’est le terme oh combien choisi, lisse et propre, pour désigner pêle-mêle les demandeurs d’asile en détresse et les jeunes mâles en quête de cocagne européen sans visa valable – qui me procure un chouette sujet léger. C’est parti…

Les migrants fuient l’Italie de Salvini & Co, nous dit Le Monde : eh oui, là-bas c’est assez tendu, on a pris des mesures pour éloigner les immigrants illégaux – et peut-être aussi les demandeurs d’asile légitimes, mais je n’ai pas les billes pour en discuter. Et où vont ces migrants qui fuient l’inhospitalière Italie ? traverser l’Adriatique à la nage pour gagner l’Albanie, la Boznie, le Kosovo ? eh non, c’est la dèche, là-bas, pas l’Eldorado… à pied, alors : L’Autriche ? presque aussi ronchon que l’Italie. La Suisse ? on oublie. La Slovénie ? tout petit, pas bien riche. Qu’est-ce qui reste ? chez nous, pardi ! Par la route, les sentiers, le train, il y a le choix.

On fera son profit de l’article dont je vous ai donné les références plus haut ; comme d’hab’ « des associations » (rendons grâce au journaleux qui nous a épargné l’abusif « les associations ») dénoncent des pratiques pas belles, illégales, cruelles. Tenez, les policiers font des « contrôles au faciès » dans les trains qui passent la frontière à Vintimille : ils vérifient surtout les Noirs, c’est quand même dingue, où vont-ils chercher ça ? Bref… et l’Anafé, l’assoce en pointe sur le sujet, de dénoncer : « Les procédures expéditives sont notifiées en quelques minutes seulement », sans qu’il soit procédé à un entretien individuel ou à un examen approfondi de la situation et « sans information sur les droits », comme celui de bénéficier d’un interprète, d’un médecin, de faire avertir un avocat ou de bénéficier d’une assistance consulaire».

Voilà : c’est mal organisé, c’est mal fait, c’est injuste, nous dit-on. Pensez, ils n’ont même pas droit à la scène classique de tout polar états-unien, « je vais vous lire vos droits » en V.O.,  swahili, arabe, albanais… Certes… mais voyons les volumes… on a déjà eu des vagues d’arrivées… les Polonais (*), et puis les Italiens (**), les Ritals, qui dans les années 50 venaient chercher du boulot à l’Ouest des Alpes ; c’était calme… pas de menace terroriste ; et puis on avait besoin de main-d’oeuvre, vraiment. On a connu de 36 à 39 des situations dramatiques, l’afflux dingue, au Perthus et ailleurs, de centaines de milliers d’Espagnols fuyant la victoire de Franco… interprètes ? médecins ? avocats ? information sur les droits ? on était dans l’urgence, on a fait, et effectivement mal fait – des camps de concentration, littéralement – comme on a pu. Il s’agissait pourtant de vrais demandeurs d’asile, qui eussent risqué leur peau à rester chez le Caudillo.

Ici et maintenant, ce ne sont pas 25 petits gars par ci par là qui tentent de se faufiler chez nous : ils sont tous les jours des milliers, et quand ils se font refouler ils reviennent le lendemain, des fois que. Alors, « Les procédures expéditives sont notifiées en quelques minutes seulement ». Eh oui, les journées n’ont que 24 heures ; à respecter pile-poil les procédures, on n’y arrivera pas. Ou alors on y met les gros moyens, et ça va (nous) coûter un pognon dingue, comme disait quelqu’un.

Résumons : il y a un afflux de migrants tel qu’il est humainement impossible de respecter les procédures nominales. Le contexte est maintenant très dur : notre chômage massif et qui ne veut pas régresser, l’inadéquation culturelle criante, évidente, des arrivants, et des menaces terroristes par dessus le marché. C’est tout ça, le problème, et on ne voit pas comment ça va s’arranger – sauf à tarir ledit flux, mais là…

Tibert

(*) 700.000 Polonais, tout de même, à la fin des années 30. Mais les procédures étaient moins lourdes, le pays bien moins peuplé, le contraste culturel minime, sauf les S Z C Z W tout partout.

(**) La France a reçu jusqu’au milieu des années 1970 1,8 million d’immigrés italiens ; elle est devenue, à partir des années 1930, le premier pays d’accueil. Les Italiens y sont maintenant invisibles : « ils sont accueillis comme des cousins un peu turbulents, mais fréquentables », cf wikipedia. Des Latins comme nous, quoi, avec des noms prononçables.

… et vice versa, ne l’oublions pas !

Je ne vois pas au nom de quoi on peut interpeller et mettre en garde à vue le vendeur de mobiles de Mulhouse qui invectivait monsieur Finkielkraut, disons A.F., samedi dernier à Paris : 1) la victime des horions n’a pas porté plainte, ni personne en son nom, à ma connaissance ; 2) c’est un discours de haine, certes (il traite A.F. de haineux, mais visiblement c’est çui qui l’dit qu’y est ), et puis débile, relevant de vieilles superstitions religieuses, punition divine, enfer… des sornettes.

On est sous le coup de l’émotion, là, on veut réagir à ce flot de vindicte : très bien, manifestons notre solidarité avec un intellectuel très probablement insulté et agressé, a) parce qu’il est Juif, nobody’s perfect, même pas moi – b) pour ses positions politiques envers Israël… mais le suspect dont je traite ici, lui, n’a pas insulté A.F. verbatim en tant que Juif – ce qui tomberait illico sous le coup de la Loi. On l’entend beugler – entre autres amabilités – « barre toi, sale sioniste de merde », et c’est là the point, comme on dit outre-Manche, c’est là le hic…

… le hic, donc, car le Monde met dans le mille du sujet avec cet article des Décodeurs  – que je vous recommande – « aux origines du glissement de vocabulaire de « juif » à « sioniste »  : le suspect aurait en quelque sorte articulé « sioniste » en pensant « juif  » – hypothèse que renforce l’adjectif « sale », classique duo de l’insulte, comme belle lurette ou Réaumur-Sébastopol. Le Monde, donc, nous explique que « sioniste » est utilisé en lieu et place de « Juif », je cite :
« L’antisémitisme, apparenté au racisme, est puni par la loi. Mais l’antisionisme, en tant que critique d’un projet politique, ne l’est pas. D’où un usage de plus en plus répandu du terme « antisionisme » pour parler en réalité d’antisémitisme, voire de « sioniste » pour « juif ».

Dont acte : d’aucuns se planquent derrière le terme sioniste pour dénigrer le Juif, et le type de Mulhouse en est peut-être – il pourra sûrement s’en expliquer. Mon propos va plus loin, et j’inverse le discours : il est tout aussi injuste d’assimiler toute critique du sionisme à de l’antisémitisme ! car dès lors il n’y a plus de critique du sionisme : c’est le baillon ! en ce sens je ne suis pas d’accord avec Macronious énonçant (voir l’article du Monde) : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Eh non, et moult partisans de la paix au Proche-Orient, de la solution dite « de deux états » – si tant est qu’elle soit encore envisageable – critiquent le sionisme tel qu’il se montre dans sa forme actuelle, et avec de solides arguments. J’aurais préféré une formulation telle que « Nous ne céderons rien à ceux qui sous couvert d’antisionisme manifestent leur antisémitisme ».

D’ailleurs, de l’eau à mon moulin, les Décodeurs citent, dans le droit fil de mon propos, le député LREM Sylvain Maillard, président du groupe d’études sur l’antisémitisme de l’Assemblée nationale : « On doit pouvoir continuer à critiquer la politique de l’Etat d’Israël ». Je ne dis pas autre chose, et en même temps fustigeant le caractère infect de l’anti-judaïsme.

Tibert

En avoir ou pas, ou un peu

( Les insultes à Finkielkraut samedi…  le véhément excité qui lui criait… « t’est un haineux et tu vas mourir, t’iras en enfer« … de quel enfer s’agissait-il ? quelle religion ? on se perd en conjectures. Et admirons au passage la maturité intellectuelle et politique, la mesure, la jugeote des intervenants ; Finkielkraut aura sûrement infléchi son point de vue après ce fructueux brainstorming).

Mais je rebondis sur la citation que commentait l’un de mes lecteurs-intervenants les plus prolixes ; citation de monsieur Jacques Attali, 75 ans aux châtaignes, ex de la politique (notamment avec Tonton-Le-Miteux), ex-haut fonctionnaire, ex-banquier, romancier fécond, etc. Mon contributeur écrit ceci : Sa dernière déclaration, ruisselante de lucidité et d’empathie : « Les gilets jaunes n’ont pas un problème avec la pauvreté, mais avec la richesse ».

A propos de Lucidité et d’Empathie, ces deux mamelles de la dérision… bon, la seconde est manifestement là pour le fun et le second degré ; l’empathie de J. Attali pour les GJ, on oublie ! Mais la lucidité ? ce qui est dit là me paraît en revanche, à moi, assez bien vu. Je vais même encore plus loin : ce sont les Français dans leur entièreté qui ont un problème avec la richesse ! Feu Jacques Martin, l’amuseur de « Dimanche Martin » jadis à la télé, arguait du lien freudien entre le caca et l’argent pour justifier son mutisme devant la question « combien gagnez-vous ? « . Un Français ne dit jamais volontiers combien il gagne… sauf s’il considère que c’est trop peu. Et s’il est des secrets bien gardés, ce sont certains salaires : les salaires des hauts fonctionnaires (dont a fait partie J. Attali, qui est retraité, je suppose). On a bien du mal à lever un coin du voile par ci par là – voir la diffusion des émoluments de madame Jouanno, qui a provoqué l’émoi et un tollé – ça paraissait vraiment très-très confortable pour le job. Mais le top du top du secret-défense, sans doute, ce sont les salaires des grands chefs de Bercy (*), le ministère des finances. Si vous avez une idée, un ordre de grandeur…

Alors ? je reformule : mais bien sûr que si, les GJ – les GJ pauvres – ont un problème de pauvreté, de frigo vide etc… comme tous les pauvres, d’ailleurs, avec ou sans ce laid gilet qui ne tient pas chaud en hiver. Et puis les Français en général ont un problème avec la richesse, eh oui. D’abord parce qu’ils en sont réduits à la taire mordicus s’ils en sont ou s’ils supposent qu’on pourrait les soupçonner d’en être. Jadis ça excitait l’envie ; maintenant c’est la haine ouverte, salauds de riches, les représailles, les bagnoles qu’on brûle comme jadis les bouquins sulfureux, les beaux quartiers qu’on dévaste quand on est en foule et impunis. Le rapport des Français à la richesse a été débattu, commenté maintes fois ; Attali énonce là une fadaise, sinon un truisme. Ce qui a changé, c’est le surgissement de la haine et de la violence. Les réseaux sociaux – qui enrichissent leurs propriétaires, et comment ! –  y ont une large responsabilité. Les riches planquent leur richesse, les vociférateurs insultent et appellent impunément au meurtre, planqués derrière leurs pseudos.

Tibert

(*) Je ne me souviens pas avoir entendu parler de manifs, d’actions des GJ face au vaisseau de Bercy ! s’il est un lieu où fleurissent à foison les taxes nouvelles, fraîches écloses comme jonquilles au printemps, c’est bien là, pourtant, et ç’eût été une cible autrement plus parlante, symbolique, que le drugstore ou le rond-point des Champs-Elysées !

1 ou 2, c’est qui le chef ?

On est confus, la sécu et l’INSEE vont sûrement avoir à se repentir, car depuis que le n° sécu existe, le mâle c’est 1, et la fumelle c’est 2. Or, c’est instinctif, tout le monde sait ça, 1 c’est le Premier, le UN, quoi, d’abord lui, et deux ça vient après. Suprématie du mec… et bizarrement personne ne hurlait jusqu’ici au scandale. Les matheux vous soutiendront cependant que deux c’est deux fois un, ce qui sous-entendrait donc qu’une femme vaut deux hommes ; mais les matheux, admettez, sont tordus question raisonnement. Une femme = deux hommes ? farfelu.

Et voilà que cette histoire de 1 et 2 revient à la surface : on veut, à l’école, amender les fiches des élèves, celles que, minots, nous remplissions en début d’année… on avait, moi en tout cas, les cases « père » et « mère » (prénom, profession, gnagnagna…), mais ça remonte à loin. On va nous changer ça, car les couples homo n’y sont pas ! rédhibitoire. Alors on a pensé à « Parent 1 » et « Parent 2 », exemple :

– Parent 1 : Georges Dugenou, plombier / – Parent 2 : Paul Schmurtz, comptable.

Oui mais, pourquoi Georges en 1 et Albert en 2 ? c’est Albert qui cuisine ? fait le repassage ? c’est Georges qui change les joints de robinets ? (*) Georges, le chef de famille, cette notion d’un autre âge ? c’est discriminant ! Donc exit « parent 1 » et « parent 2 », on propose de nous coller quatre cases à cocher, soit deux groupes « père » / « mère ». On pourra cocher sans hiérarchie, donc ! père à gauche, père à droite ; mère à gauche, père à droite… on se sent tout de suite nettement mieux, c’est politiquement vachement plus correct. On pourra même avoir jusqu’à deux pères et deux mères ; génétiquement c’est idiot, mais allez savoir, avec les évolutions sociétales…

Reste qu’il y en a qui vont râler. Tenez, je vous avais causé de LGBTQQIAAP, l’extension moderne du LGBT réducteur. Eh bien, les Q (Questionning, qui suis-je ?), les A (Asexués), les I (Intersexués), les P (Pansexués, les deux à la fois) : où va-t-on les caser ? ni père ni mère, les deux mon colonel, je sais pas… allez, refaites-moi ces cases, il faut prévoir large, zut quoi. Et briefez sérieusement les gamins, qu’ils comprennent de quoi il retourne, qu’ils ne cochent pas n’importe quoi.

Tibert

(*) C’est bien normal, il est plombier !

Jamais content.e.s

Une lectrice me soumet par la bande cette histoire, que je trouverais rigolote si elle n’était pas décourageante et révélatrice d’une mentalité de râleurs quoi qu’on fasse. Pas d’embauche en perspective ? ça rouspète. Deux-cents emplois nouveaux à pourvoir ? ça ne va pas. Alors ? onfékwoua ?

la société Vuitton – des machins de luxe – annonce recruter, donc, deux-cents maroquinières et maroquiniers, tout ça en Vendée, où elle a trois usines. Ouest-France s’en est fait l’écho… si ça vous tente, répondre à l’annonce n° 079NJVV. Mais il y a un os : le PCF vendéen. Ce parti souhaite faire de l’annonce du maroquinier de luxe « un sujet du grand débat national ». En effet,  « cette firme multinationale confine les ouvrières et ouvriers à des tâches basiques « d’opératrices » et « d’opérateurs » dont précisément les « petites mains » ne sont jamais reconnues à leur juste valeur. D’où la difficulté intrinsèque de Vuitton à trouver une main d’œuvre durable. » Et donc ce parti veut profiter du Grand débat national pour poser la question de la formation et de la reconnaissance des salariés « et tout particulièrement en direction des femmes ». «  Beaucoup ont des « mains d’or » et elles doivent être reconnues en conséquence ». La secrétaire PCF du coin demande donc au préfet de la Vendée, représentant de l’État, de veiller « à ce que ce plan d’annonces d’emploi ne participe pas à nouveau d’une opération visant à tirer vers le bas les salaires et la compétence ainsi qu’à précariser les salarié-e-s. »

On aura apprécié l’écriture inclusive, signature désormais de tout texte « de gauche » bien propre sur lui – hein, mesdames, vous voyez, vous y êtes aussi, dans le texte – au mépris de la lisibilité et de la syntaxe de notre langue. Et puis ce « … à nouveau d’une opération visant à tirer vers le bas… » : je pensais connement que Vuitton voulait du monde pour fabriquer, mais pas du tout !  Vuitton embaucherait pour « à nouveau« , derechef, one more time, rebelote etc, peser sur les salaires et augmenter la précarité ! ah ces capitalistes… retors, les mecs… bon, alors il s’agirait de déjouer ces embauches mielleuses mais piégeuses ? refuser cette augmentation de la précarité (où ça ? comment ?) et ces offres lourdes d’intentions funestes pour la classe ouvrière ? faire faire ça au Vietnam ? ou alors quoi ?

Tibert

 

Lâches Ou (et) Lamentables

Je n’aime pas Cécile Duflot – le personnage politique – j’ai déjà abondamment expliqué pourquoi. Je ne suis pas convaincu que dans l’affaire Denis Beaupin, accusé de harcèlement par plusieurs nanas, l’ « agression » de celui-ci sur la Duflot, telle qu’elle l’a rapportée, méritât d’être considérée comme telle ; j’y ai vu un macho pénible et obtus – guidé par sa queue – et non un prédateur sexuel. Mais bon… je n’y étais pas, et n’ai pas le vécu d’une nana sur les emmerdeurs sexuels. En tout cas, sur les tombereaux de touïtts orduriers qu’elle reçoit ces temps-ci, je suis vigoureusement de son bord. C’est immonde, en effet, et pénalement punissable, si l’on parvient à gauler les fautifs. Mais… une idée, comme ça… pourquoi mâame Duflot et ses semblables ont-ils besoin d’être sur Touïtteur, cet égoût de l’égo à ciel ouvert ? il existe des tas d’autres moyens d’être branché sur le réel. Et qu’est-ce qu’on est peinard à se tenir à distance !

Et puis autre chose : la Ligue du LOL, ce cénacle basé essentiellement sur un microcosme de journaleux très parisiens, qui se divertissaient, ah ha ha que nous somme spirituels, à emmerder, rabaisser et dénigrer – essentiellement des femmes, mais pas que. Bon, on glosera à souhait sur le dégueulasse de la chose et les châtiments, si ce n’est déjà fait, mises à pied, licenciements et autres sanctions, ce n’est pas mon propos. Ce que je veux souligner ici, c’est que ce sont des journaleux de gauche, forcément, de la Bonne-Pensée pur beurre, des donneurs de leçons de morale, qui sont dans cette entreprise puante. Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Ce que le vieux Léo Ferré paraphrasait ainsi – je sais, je l’ai déjà cité, j’ai mes marottes :

N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres.

Tibert

Clayettes désertes et indigestions

( Grand Déballage ? le vote blanc ou nul doit être pris en compte. Perso, il m’arrive de voter nul, jamais blanc : j’ai une opinion, et je l’exprime : « candidats minables », « non au cumulards » etc… et donc je compte 1 nul = 3 blancs. Mais comptez-les, nom de nom. Et donnez les chiffres. Zut quoi, on se déplace, on vote : on fait notre boulot, et ce serait en pure perte ? )

Mais je note qu’une jeune femme – c’est très moche ce qui lui est arrivé, percutée en scooter par un vieux de 92 ans en bagnole, et une jambe bousillée, donc amputation – réclame que les anciens passent des examens médicaux pour valider leur droit à conduire. Je ne suis pas contre, plein de pays le font (*) ; mais je note que lorsqu’un chauffard de 42 ans, de 29 ans, de 37 ans se sert de sa bagnole comme arme par destination et bousille une jambe, un bras, une colonne vertébrale, une vie, personne ne réclame un examen d’aptitude généralisé aux, respectivement, conducteurs de 42, 29 ou 37 ans. Notez, par ailleurs, que les statistiques d’accidents donnent les vieux comme plus prudents et moins dangereux. Alors ? il y a hélas des inconscients, des tueurs et des fêlés sur les routes (sans compter les bourrés et les shootés), et de tous âges. Croisons les doigts et restons à distance ; vivre est somme toute assez dangereux.

Ceci étant, il y a trois jours l’acteur François Berléand (superbe dans Les choristes, Ma petite entreprise, et d’autres…) exprimait sur un plateau télé son sentiment envers les GJ, qui, je cite, « le font chier ». Berléand n’est, de par sa profession, ni plus ni moins autorisé que quiconque pour donner un avis à la télé sur les GJ, mais lui est connu et télégénique, pas moi… donc on le lui demande, c’est un sujet vendeur, et il donne – courageusement – un avis globalement défavorable. Il a pour cela des arguments nuancés, pertinents, et en a farpaitement le droit ; et puis on ne peut pas aimer tout le monde, on n’est pas chez le papam François ou les Bisounours. Mais que n’a-t-il pas dit là ! il OSE ne pas apprécier les GJ ? haro sur Berléand. Un extrait des invectives sur Touïtteur, ce pis-aller de l’expression, où le tutoiement donne le ton : « Tu donnes envie de vomir… Au moins les «gilets jaunes» bossent pour la plupart avec leurs mains et suent, contrairement aux profiteurs et aux microbes de la société ». Mignon, non ? ou comment suer et avoir envie de vomir quand « le frigo est vide le 15 du mois ».

Tibert

(*) Evidemment si ça se fait ce sera payant, on parie ?

Chassez le naturel de l’élu…

… il revient ventre à terre. On avait enfin rogné quelque peu – quasi à reculons –  les cumuls de mandats, cette pratique honteuse et juteuse destinée 1) officiellement à « coller au terrain » grâce à un mandat parmi d’autres supposé proche des citoyens, 2) en fait à collectionner les agendas, les titres ronflants, leurs honneurs et leurs émoluments. Le sénateur-maire en fut le paradigme, surhomme ou surfemme capable de vivre 35 heures par jour pour gérer « au plus près du terrain » une ville de plusieurs centaines de milliers de pékins tout en siégeant utilement dans les travées dorées à la feuille d’or du sénat. Eh bien ça veut revenir !

Le Parigot (et d’autres) vous raconte ça, et parmi les commentaires de ses lecteurs – c’est hélas souvent un florilège de charabia, de fautes de français et de confusion mentale – je retiens toutefois celui-ci, verbatim : « Je crois que les types n ont rien Compris ? Ils veulent quoi? Des têtes sur des pics?« . C’est tout à fait ça, mais sur des piques. La crise qu’on a traversée, qu’on traverse encore, a clairement montré la défiance des citoyens envers leurs élus ; pas la peine d’en rajouter ! Bien sûr une ville de 9.999,99 habitants ne nécessite pas le boulot d’une ville de 300.000, mais c’est un choix d’être maire ! si on ne se plaît pas à ça, qu’on fasse autre chose, personne n’est obligé ! On peut déménager dans une ville plus volumineuse, par exemple. Tenez, monsieur Valls : il se morfondait à faire député de l’Essonne… il ne cherche pas finaudement à y ajouter la mairie de Donboufle ou Arjapon pour arrondir les fins de mois ; il va briguer la mairie de Barcelone, ça a plus de gueule. Et puis si l’on s’ennuie, il reste le violoncelle, le jardinage, la lecture, la pétanque, la peinture sur soie, le militantisme politique, le bénévolat etc. Et l’on n’est pas obligé, dans un petit bled, de délaisser son emploi. Enfin, si vraiment on s’emmerde à mort, tel le sénateur assoupi en séance postprandiale après un séjour trop copieux à la cantoche du palais du Luxembourg, on fait comme Macronious : on va animer des Petits ou des Moyens Débats, on y rencontre le quidam et on lui cause. On échange, on s’informe, on discute, et comme ça on « colle au terrain« , ce qui est le but final, l’alpha et l’omega de la politique, non ? non ?

Et en cette époque où l’on en est à compter à un mort près sur les routes, gratter quelques milliers d’emplois, c’est tout sauf anecdotique. Zut quoi, le cumulard pique le boulot des autres, et ce seul constat est simplement insupportable quand on a six millions de chômeurs.

Tibert

En passant par le 9-3 avec mes valises…

… ou comment ne pas déshabiller Mouloud, Moussa et Manuela pour habiller John, Gertrud et Siew-Lian ? c’est tout le cruel problème qui est posé à nos Chefs. Les J.O. de 2024 seront là dans cinq ans (quelle connerie ces J.O., devenus une machine à la Mickey-Mouse), et puis l’aéroport de Roissy reste hélas et en fait le seul qu’on puisse pratiquer chez nous en déplacements longues distances. Soupir… pourquoi grands dieux faut-il nous punir à passer par ce sinistre CDG pour aller de Montauban à Las Vegas, de Vesoul à Colombo ? Toulouse, Bordeaux, Lyon… ne feraient-ils pas l’affaire ? et puis Amsterdam, Zürich, Genève, Barcelone, zut quoi, on devrait pouvoir échapper à CDG ! Mais bon…

Les visiteurs étrangers sont mal accueillis – ça se dit et ça s’entend partout : le glauque RER-B est une vitrine à rebrousse-poil pour qui débarque à CDG pour visiter Paris. Rien que les tags, déjà… bonne ambiance ! Bref, on le sait tous, pour aller de CDG à Paris et lycée de Versailles, c’est au choix galère-punition-RER à 10 euros chacun avec ses valises sur les genoux, ou autoroute saturée jusqu’aux yeux, deux heures d’embouteillages. Alors on fait quoi ? on arrête de voyager ?

Mais ça y est, on va construire pour 2024 une ligne directe « RoissyRail » (*) vers Paname. Madame Borne, notre sémillante ministre afférente, en causait hier dans le canard. Insistant bien fort, et des deux pieds, sur la priorité conservée au RER, au quotidien, aux laborieux travailleurs. Elle parle d’or : ce RER-B a foutrement besoin qu’on l’améliore, le sécurise, l’embellisse, le rende propret, accueillant, ponctuel et digne de sa mission. Et je me pose, je vous pose la question : pourquoi faire une ligne spéciale, un GDG-Express, redondant et bien plus onéreux- trop cher, en fait – au voyageur ? il est plus logique, rapide, économique, et puis humain, de faire de ce RER-B un train chouette pour tout le monde, nom d’un chien. Justement, à propos de chiens, d’aucuns s’emportent contre le futur « train des riches » : ils ont raison. Le RER-B est largement améliorable, c’est évident, on part d’assez bas ! c’est juste un problème d’état d’esprit et de motivation : les banlieusards du 9-3 « méritent-ils » un train fiable, propre, sûr et pratique… et qui le reste ? la réponse, eh oui messieurs-dames, c’est à vous qu’on cause, vous appartient.

Tibert

(*) Evidemment, imagination débordante, ladite ligne sur deux bons vieux rails va rejoindre la Gare de l’Est, empruntant largement la même plate-forme que le RER. Pour 24 euros, paraît-il, soit 14 euros de plus pour 10-12 minutes de moins que le RER ( 48 euros pour un couple ? c’est compétitif, ça ? ). Zut quoi, si ligne nouvelle il doit y avoir, faites-nous un truc du 21 ème siècle, un monorail suspendu, un aérotrain, un bidule à lévitation magnétique, je sais pas, moi… et puis qu’il coupe dans le tissu moisi de la banlieue Nord, ça fera du bien. Embauchez le baron Haussmann, il sait faire.

Revenez la semaine prochaine

( Grand Déballage : quand il y avait UN président en exercice sur sept ans, ça ne coûtait pas cher d’entretenir les présidents retraités. De nos jours, on en a quatre ! Gigi, Chichi, Sarko et Pépère, qui nous coûtent un bras – alors qu’ils sont largement à l’abri du besoin, à ma connaissance. Faut arrêter… c’est féodal et ridicule. Dans la foulée, nous avons une tétrachiée d’anciens Premiers – j’ai renoncé à les compter, ça remonte à Fabius, Cresson… c’est vieux ! eux aussi sont à l’abri du besoin, pas de raison de leur tailler des avantages acquis excessifs. Des économies sensées, en somme, justes, et sans mettre personne sur la paille. )

Et puis je me suis diverti à cette histoire d’arnaque sur la Toile, un hacker prétendant avoir piraté l’ordi – et la webcam par la même occasion – de tas de braves gens qui auraient, les coquins, subrepticement visionné des sites pornos. Il menace, ce mal-faisan (sic), de dénoncer ces épouvantables dépravations – sauf à raquer 500 euros, et plus vite que ça. J’ai bien aimé le commentaire d’un lecteur du Firagots : « J’ai reçu ce mail aussi (…) Il ne coche aucune case me concernant (webcam physiquement offusquée, mots de passes incassables etc…)». Vous apprécierez la webcam prude et offusquée ! mais c’est en effet une précaution utile et simple d’obturer (*) sa webcam si l’on ne s’en sert pas, soit 99,5 % du temps.

Reste que – c’est le vrai sujet du jour – les gus de Médiapart ont refusé qu’on les perquisitionne dans le cadre de l’affaire des révélation sur le sieur Benalla : ils en ont en effet le droit, vu que c’est une enquête préalable (ah bon…). Ils sont bien entendu montés sur leurs grands chevaux, fait mousser : sanctuaire, protection des sources, attaque intolérable etc… Mais bon, les juges pourront revenir et perquisitionner sans opposition possible quand ils auront suivi la procédure ad hoc. Moi si j’étais Médiapart je profiterais du répit pour planquer tout ce qui doit l’être, non ? mais j’ai sûrement l’esprit mal tourné.

Tibert

(*) Obturer, occulter, masquer… au fait, ce serait un progrès, ça. Qu’on ait un volet d’occultation du petit oeil au milieu de la bordure haute de l’écran. Un truc simple, mécanique, tout con, pas cher. Pour décourager les voyeurs.