Impossibles et déséquilibre

Tenez, lisez ça : « Les industriels, comme Lactalis, impossibles de respecter les critères pour obtenir l’appellation protégée « Camembert de Normandie », affichaient donc leurs produits sous le nom de « Camembert fabriqué en Normandie ». C’est extrait de cette sinistre info du Parigot : plus besoin de faire le Vrai de Vrai Camembert de Normandie avec du lait cru !

Outre qu’on va se mettre un crêpe noir à la veste pour le De Profundis du Camembert de Normandie, tué par les industrieux industriels de la boustifaille de masse – à base de lait pasteurisé, c’est comme demander à une grenouille de sauter après lui avoir coupé les pattes -, on appréciera ici l’incongruité d’expression de cet « impossibles de respecter…  » : mais bien sûr que si, ils sont « possibles de respecter », en français ils en sont capables, ils pourraient le faire, les industriels de la débine du camembert, mais ils ne le veulent pas, parce que c’est plus difficile ! plus contraignant ! moins productif ! donc ils rechignent à respecter, ils sont rétifs, réticents à respecter…, par exemple.

Fort heureusement, il sera possible aux vrais producteurs respectueux de la recette d’un camembert qui a du goût d’apposer sur leurs emballages la mention qu’il est fait au lait cru de vaches du cru, et en Normandie, et moulé à la louche, deux litres de lait par calendos, cinq bonnes louchées de caillé et attendre quarante minutes entre les louchées, prendre son temps, bien laisser s’écouler le sérum, tout ça, bien comme il faut. Et puis, sortez le au moins une demi-heure du frigo avant de le goûter – avec du bon pain, évidemment.

Autre chose : un projet que la droite est contre (trop à gauche, ce projet, pfffft ! ) et la gauche aussi (ma parole quel projet de droite, lamentable ! ) vous en diriez quoi, comme on dit élégamment ? eh beeeh… (*) il serait assez équilibré, non ? ben non, pour le Monde il est déséquilibré ! allez, je vous aide : ils le voient pencher à droite, forcément, ils sont quelque peu excentrés du côté de la Bonne-Pensée, au Monde, dès qu’il s’agit de traiter des « migrants », des « réfugiés économiques », etc. C’est dit bien clair : « Mais le centre de gravité du projet gouvernemental se situe, à l’évidence, du côté de la fermeté. » D’où le supposé déséquilibre…

je vous recommande chaudement la lecture des réactions à cet édito du Monde, c’est juteux et instructif. Mais je mets en exergue cette intervention qui me semble pertinente, s’agissant du soi-disant déséquilibre vers la fermeté : « On verra pour la fermeté : il y a un excellent marqueur, à l’heure actuelle 95 % des déboutés du droit d’asile ( des clandestins donc ) restent sur le territoire. » On pourrait, somme toute, en inférer sans trop exagérer que le déséquilibre actuel s’apparente à du laxisme dans les grandes largeurs : encore des lois « pour de rire » et qui ne sont pas appliquées – une des spécialités françaises.

Tibert

(*) C’est le salon de l’agriculture, forcément.

Brave petite !

Propos liminaire et préambulatoire : il paraît que l’on doit absolument inhumer Feu – en fait il a été incinéré – monsieur Michel Déon à Paris ? et que madame Hidalgo se fait tirer sa boucle d’oreille ? elle a créé une commission, c’est dire son enthousiasme : Déon n’était pas de son bord, on le savait. Bref, simple question : les cendres de monsieur Déon n’ont rigoureusement aucune légitimité à être déposées à Paris. Pourquoi faudrait-il qu’elles y atterrîssent ? il a vécu, réfugié fiscal, en Irlande, il y est mort… c’est beau, l’Irlande, outre qu’on y paye moins d’impôts – pas difficile – il y a même écrit « Un taxi mauve », largement inspiré de son vécu : que ne leur fiche-t-on la paix, à ses cendres irlandaises ? elles ont souhaité être rapatriées ? on ne peut pas émigrer peinard ? (*)

Mais passons à autre chose : une jeune islamiste et bonne pondeuse de petits futurs guerriers islamistes (4 gosses à 27 ans) qui, avec son mari, avait rallié Daech à Mossoul, capturée par les forces irakiennes – le mari, soi-disant cuistot chez Daech, serait mort, mais allez savoir, il a peut-être pris la fille de l’air, sentant les carottes cuites et le califat roussi – vient d’être libérée des prisons locales, y ayant purgé une peine étonnamment légère, 7 mois de taule pour « violation de frontières ». Et ? et alors ? eh bien, l’Irak va l’extrader vers la France ! tenez, on vous la rend, on sait pas quoi en faire… les gosses, bon, ce n’est pas leur faute, ils n’y sont pour rien, on les récupère, soit. Mais l’adulte responsable qui est allée NOUS faire la guerre ? on va se montrer grands, généreux, magnanimes ? en l’occurrence, on se montre d’une terrible faiblesse. Outre que rien ne garantit le repentir – à supposer qu’elle l’exprime – de cette femme d’avoir combattu ses compatriotes, on envoie un piteux, un affligeant signal aux quelques milliers de ses collègues en déroute.

Monsieur Macron a dit ou fait dire qu’on étudierait au cas par cas les dossiers des djihadistes français capturés : sans doute, sans doute… mais rappelons-lui deux dictons populaires largement validés par le vécu :

  • Dire non est toujours plus difficile, il y faut du courage.
  • Trop bon, trop con.

Tibert

(*) Et si l’on veut absolument mordicus l’inhumer en France, pourquoi à Paris, grands dieux ? il n’y a pas d’autres cimetières, en France ?

Moins mais mieux, c’est pourtant simple, non ?

Et ça y est, l’Europe des malades de l’élargissement nous rerefait une rerechute : monsieur Juncker, le Chef-Président actuel, a théorisé ça, histoire de faire sérieux : « une nécessité continentale« , rien que ça. Donc, ils sont à se gratter le ciboulot, là-haut à Bruxelles, une fois, pour faire entrer dans le grand sac-foutoir de l’Europe, à plus ou moins brève échéance, la Serbie et le Monténégro d’abord, et puis ensuite l’Albanie, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine.

L’article du Monde qui relate ça insiste évidemment sur ce que tout le monde sait : ces pays sont à des degrés divers des pays malades, issus d’une guerre abominable et récente – sauf l’Albanie, qui traîne d’autres casseroles – instables politiquement, en proie à la corruption, voire livrés aux mafias, sans structures régaliennes potables. Bref : pas très fréquentables. Alors, pourquoi cet acharnement à élargir élargir au lieu de faire mieux vivre une Europe déjà bancale et qui a tant de mal à fonctionner ? sans compter la liquidation du contentieux avec les Britannique qui ont foutu leur b…,  euh mis le bazar avec leurs conceptions libre-échangistes, leur absence totale de scrupules et de fibre européenne, et leurs manoeuvres de sabotage.

Bref nous avons de dangereux obstinés irresponsables à notre tête, des élargisseurs fous ; je l’avais déjà pointée, cette obsession malsaine, mais ils semblent ne pas avoir lu mes critiques.  Alors je le réaffirme : une Europe politique, mille fois oui, homogène et qui ait une âme ; tout l’inverse du souk fourre-tout qu’on veut nous fourguer.

Tibert

Lectures à réactions

Je lis ça et vous n’imaginez pas comme ça me réjouit : Canal + boit la tasse, « Canal + ne se relève pas« , titre le Parigot. C’est bien fait ! cette chaîne qui pratiquait la danse du ventre pour attirer des abonnés, et puis après démer… brouillez-vous pour tenter de vous désabonner si l’envie vous en prend malencontreusement : bon courage dans cette douloureuse, difficile et longue épreuve. J’ai déjà donné, merci bien. Et puis le foot, le foot, hein, pfff, y a autre chose sur terre.

Un peu plus loin je lis ça, toujours sur le Parigot : « Made in France : un plan pour… « . C’est bien beau de protéger les entreprises locales stratégiques, mais si on commençait par l’écrire en français, qu’on l’a fait chez nous ? « Fabriqué en France » c’est moche, d’accord. Mais « Fait en France » ça sonne bien, c’est clair, ça le ferait, et ça ferait aussi la nique au « made in… » qui est, avouez-le, un peu beaucoup envahissant. Et puis ça ferait travailler un peu les anglophones en langues étrangères, ça les changerait.

Enfin et comme d’hab’, un carnage de plus aux USA, un jeune qui flingue dans son école – dix-sept morts et des tas de blessés – parce qu’on l’a vexé, ou autre raison extrêmement valable : comme d’hab, le Monde titre « Cette quatre-cent-vingt-septième tuerie de masse relance le débat sur les armes à feu gnagnagna… » : ben non, c’est du flan, ça ne relance aucun débat. Rien de rien débat : Dieu protège la NRA, et puis le deuxième amendement, et ceux qui sont pas contents aux USA ont qu’à s’acheter eux aussi un dépôt d’armes et de munitions pour se protéger. Et puis, c’est chouette tout de même, les familles atterrées et en deuil ont chaque fois droit à un touïtt plein de condoléances de Donald T. : ça fait du bien, non ?

Tibert

Le beurre, son fric et la crémière espagnole

On dit comme ça en anglais : On ne peut pas avoir son gâteau et le manger. Notre beurre à nous est dans leur gâteau, d’ailleurs, à moins que ce soit de la graisse de rognon de boeuf ? Notez aussi que ce proverbe britannique n’a pas l’extension sexiste souvent donnée chez nous : On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, avec en prime le sourire de la crémière. Le sourire coquin, prometteur, de la crémière, eh eh.

Oui, bon, c’est pour commenter les propos de monsieur BoJo, Boris Johnson, le pendant capillaire britannique de Donald T. aux States, aussi naturellement blond – et aussi décoiffant dans ses propos. Il ne veut pas d’un Brexit mou, Boris, il le veut dur et jouissif dans sa roideur, pour le bonheur de ses chers compatriotes. Un vrai bon Brexit va nous booster, nous les Grands-Bretons, déclare-t-il en substance à l’occasion de la saint-Valentin, s’opposant ainsi à celles-zet-ceux qui voient dans ce Brexit une ânerie, et je reste poli. Je le cite assez longuement – j’espère qu’il appréciera :

« Nous continuerons encore davantage à prendre des vols bon marché pour des enterrements de vie de garçon dans des villes anciennes, à rencontrer des gens intéressants, à tomber amoureux (*), à nous démener joyeusement pour  apprendre les langues européennes dont le déclin est un effet paradoxal de l’adhésion à l’Europe (…) Il n’y a aucune raison valable pour que nous ne puissions plus prendre notre retraite en Espagne, comme nous l’avons d’ailleurs fait bien avant que ce pays intègre l’Europe, ou n’importe où ailleurs ».

Tomber amoureux… sur le continent, bien entendu ! après avoir pris un vol pas cher sur Vilprix-Coucous, après s’être bourré la gueule à la bière ou au Vermentino du côté de Valencia, Napoli ou Amsterdam pour enterrer sa vie de garçon… après avoir rencontré des gens intéressants – c’est réconfortant : il y en a même sur le continent ! ah, et puis tomber amoureux d’une mignonne Européenne, pratiquer sa langue paradoxalement (!) déclinante – vous voyez d’ici les Anglais se démenant charitablement, doués et motivés comme ils sont, pour acquérir quelques rudiments utiles (« Vous venez souvent danser ici ?  » ; « Sei molto bella« , « Wie heisst du ? « , et autres gracieusetés).

Eh oui, foin d’états d’âme :  ils auront le gâteau tout en le bouffant, avec en prime les tapas sur les ramblas ; non seulement ce sera meilleur, mais tout le reste roulera comme avant ! franchement, pourquoi s’en priver ?

Tibert

(*) Saint-Valentin oblige. Sacré BoJo, toujours aussi fleur bleue !

Urgents tirages d’oreilles

C’est du foutage de gueule, cette histoire… le législateur, toujours aussi bien réveillé, pourrait infliger une amende de 15.000 euros à Orange et Bouygues s’ils persistent, les vilains, à annoncer les prix de leurs « boxes » internet hors frais de location. Genre, « 29,99 pendant 12 mois » avec un renvoi minuscule vers le bas de la page, où l’on peut lire avec une loupe qu’il faut y ajouter 5 euros de location mensuelle. Bref on vous prend pour des… bênets, restons polis.

Quinze-mille euros d’amende : l’épaisseur du trait, quoi. Dissuasif, n’est-il pas ? ce qui fait que, si SFR a obtempéré, reste deux opérateurs qui se moquent du monde. Ah ça, la loi est bien faite, une fois de plus, et comment qu’ils s’y conforment ! c’est édifiant.

On rejoint là la marche sur la tête de moult dispositions légales ineptes, sinon ahurissantes. Tenez, encore une histoire d’un type dont l’appartement a été usurpé en son absence, et qui a loupé le délai des 48 heures pour virer illico le grossier intrus. Là c’est à Neuilly-sur-Seine, dans une résidence assez classieuse… un occupant illégal donc… le virer ? Surtout pas utiliser la force, ouhlàlà, pour récupérer son bien, dit l’avocate ! c’est très mal vu et c’est punissable. Voyez : « Déloger un occupant en ayant recours à la violence peut être puni de trois ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende… En revanche, un squatteur qui s’introduit dans le domicile d’autrui à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte risque un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende« . C’est le bon sens même, non ? Les lois sont bien faites, soyez-en persuadés.

Tibert

Complots, défiances et déviance

La chanteuse amateuse (amateur, amatrice, amateure ? rayez les mentions inutiles) Mennel a boucoup plu paraît-il au télé-crochet « Ze voïsse » (en français). Mais je rapporte ce que j’ai lu, n’ayant pas du goût pour stationner devant ma téloche à zieuter ce genre d’amuseries. Il s’est dit qu’elle a divinement interprété « Alleluïa » du regretté Leonard Cohen. Belle chanson,  et puis clin d’oeil aux trois religions monothéistes, semble-t-il…

Mais voilà elle était voilée, ce qui n’était pas forcément pertinent et en a rebuté beaucoup – à mon avis c’était naïf et inopportun – et pour enfoncer le clou on lui a trouvé moult casseroles, en l’occurrence de vieux touïtts où elle tenait des propos de type complotiste sur les attentats islamistes, notamment celui de Nice (*). A mon humble avis elle a là (elle a là, lalala) sans trop de jugeote emboîté le pas à tout un tas de salades abracadabrantesques – merci Jacques : personne ne serait jamais allé sur la Lune, les tours de Manhattan étaient en fait des hologrammes, c’est le Maussade qui aurait opéré au Bataclan, etc etc… je vous fais grâce du reste. Mennel s’est excusée, désolée, grosse erreur, tout ça, mais elle a jeté l’éponge : elle chantait faux, là, et plutôt que d’assumer et faire avec cette dérangeante dissonance, on lui a suggéré amicalement de laisser tomber le télé-crochet…

On rejoint là le débat mal emmanché sur Polanski le metteur en scène : s’il traîne lui aussi ses casseroles, en l’espèce des accusations de viols, son cinéma en est-il critiquable pour autant ? ben non. Idem pour cette chanteuse (chantrice ? chanteresse ?) amateuse : elle exhibe sa religion, elle a relayé des thèses complotistes absurdes, c’est piteux et critiquable ; mais elle chante bien – on le dit, du moins – et puis elle ne chante pas le Horst Wessel Lied ou Cara al sol,  mais des trucs qui ont de la gueule. Alors ? c’est un télé-crochet, ou un procès en sorcellerie ?

Et nous voilà avec Robert Faurisson, négateur obstiné des chambres à gaz du 3 ème Reich : il vient de se faire envoyer dans les cordes lors d’un n-ième procès, une fois de plus. C’est bien fait, ce type défend des thèses infâmes. Mais… mais ce qu’on lit dans Le Monde à ce propos laisse perplexe : «  La loi Gayssot établit la vérité des crimes contre l’humanité. Ça n’empêche pas les historiens de faire des recherches, mais le génocide, c’est une vérité. La contester, c’est être un faussaire ». C’est donc une loi qui établit la vérité, telle la loi de la pesanteur ? on touche au divin, à la Révélation, là : Gayssot-Dieu dictant les Tables de la Loi Eponyme… eh non, la vérité est historique. Le génocide (des Juifs, en l’occurrence) est une réalité historique, pas une Vérité Révélée. Et, je l’ai déjà dit, rejoignant humblement moult historiens illustres, cette loi est absurde et liberticide.

Tibert

(*) Sur Nice, justement, l’incroyable concours de négligences et de jemenfoutisme qui a permis au terroriste de balader son camion en repérages autant qu’il a voulu sans qu’on lève le petit doigt… a fini par susciter des questions et une enquête. Négligences ou complicités, l’avenir le dira peut-être.

Levetau contre Couchetar, saison VI

Bonne nouvelle : la 5G téléphonique mobile arrive, si si ! des débits ébouriffants, dans le périmètre Défense-Etoile-Champ-de-mars, à Paris. Dans les cambrousses françaises, la 2G rampe comme elle peut, quand elle passe, veinards ! Mais ils s’en foutent, là-haut.

Et puis j’en ai un peu marre de constater que la France est le pays des innombrables lois biscornues dont beaucoup « pour de rire », « en l’air », lettres mortes et mortes-nées (orthographe non garantie), genre « pas suivre un autre véhicule à moins de deux secondes d’écart« , « affichage interdit, loi du 12 Nivôse An IV« , etc. Autre chose, donc…

Positivons, comme on dit chez Carrouf’ quand ils ne bradent pas… leurs magasins : j’ai lu une info excellente, enfin, prometteuse. On va peut-être enfin supprimer le changement d’heure bi-annuel, pour rester à un raisonnable GMT+1, comme c’était avant. Pourquoi GMT+1, alors que le méridien de Greenwich des perfides Anglais passe en plein par chez nous, ce qui pourrait justifier un strict GMT tout court ? oui mais pour les Allemands les Italiens les Belges les Hollandais les Suisses… c’est GMT+1, alors va pour un continental GMT+1 de l’Europe de l’Ouest.

Je sais, les couche-tard vont râler, ouais mais le soir y fera nuit plus tôt en été, c’est nul… pétanque vespérale aux néons… apéros tardifs à la bougie… certes, mais les lève-tôt vont retrouver les matins d’été d’avant cette funeste initiative, justement, quand on pointe le nez dehors sur le coup de cinq heures, quand potron-minet montre sa papatte, quand la rosée perle encore sur les prés, quand les chauves-souris ivres zigzaguent erratiquement vers leur nid, et puis surtout quand les petits oiseaux gazouillent à qui mieux-mieux pour saluer le jour : à GMT+2 on a loupé le concert, les petits oiseaux ne connaissent pas GMT+2, on leur a pas expliqué.

Voilà… bien évidemment ce débat GMT +1 ou +2 dépasse largement un anecdotique décalage horaire : c’est en fait la lutte à mort, implacable des couche-tard contre les lève-tôt. J’ai choisi mon camp, et les Saintes Ecritures sont avec moi ! L’avenir appartient etc etc ; et puis tenez, en anglais, The early bird catches the worm ; en allemand, Morgen Stund’ hat Gold im Mound ; en italien, Le ore del mattino hanno l’oro in bocca ; en espagnol ? ils dînent tellement tard…

Tibert

Petits bricolages sans conséquences

On ne va pas gloser sur la neige, non ? elle était annoncée deux jours avant, avec du froid, elle est arrivée bien ponctuelle : sur les grands axes non payants – les autoroutes à péage, je ne sais pas –  c’était le grand bazar (bien ponctuel lui aussi) et les services d’entretien des routes de lever les bras au ciel : « Ah c’est bien malheureux, qu’est-ce qu’on peut y faire ? « … faites rien, les gars, faites rien, de toutes façons c’est trop tard. Il y a des pays où ils sablent préventivement, ils salent, ils déneigent, ils mettent des pneus d’hiver… chez nous on n’a pas besoin de ça, pensez !

Mais je voulais ici mettre l’accent sur une info qu’elle est passée un peu à la trappe, et je trouve que c’est pas juste : en inversant les rôles, ça aurait déclenché de graves émeutes dans les cités. Voilà : sur la départementale 3, à Salles, en Gironde, un gendarme chargé de contrôle de vitesse veut arrêter un motard de 15 ans chevauchant un « cyclomoteur » « de cross ». Bizarre, un cyclomoteur (cylindrée maximale 49,9999 cm3) ça roule en principe à 45 km/h maxi, c’est la loi : pas de quoi verbaliser, en principe. Alors il n’avait pas de casque, le motard ? on ignore. Ce qui figure dans le canard local, Sud-Ouest, et qu’on ne trouve pas ailleurs dans la presse, c’est que la bécane était bruyante, et kitée, customisée, bref modifiée avec une cylindrée de 88 cm3, largement plus que le maximum légal. Il existe des tas de boutiques qui vendent ce genre d’adaptations, soi-disant pour rouler « sur circuit », mais ça ne trompe personne. Vous entrez « kit Peugeot 103 » par exemple sur votre butineur préféré, vous trouverez. En tous cas cette meule « n’était pas homologuée pour circuler sur la voie publique« . Qu’en pensent les parents du djeune ? bof, il faut bien qu’il s’amuse, quoi.

Bref un petit gars roulant là où il n’a pas le droit avec un « cyclomoteur » qui n’a plus rien d’un cyclomoteur… ce genre de machine améliorée atteint sans problème les 90 km/h en faisant un bruit d’avion (le plus souvent, on trafique aussi le pot d’échappement pour augmenter les perfs et réveiller le quartier), soit le double de ce qui est stipulé dans les textes réglementaires. On veut l’arrêter ? non mais sans blague ! il fonce sur le gendarme, le percute, se blesse lui-même un peu d’ailleurs, pas de pot. Le gendarme, lui, en est mort. Le djeune a dû se croire devant sa console de jeu…

Moralité, comme dans les fables : Il est patent, connu, de notoriété publique que les « cyclomoteurs » des djeunes sont très largement modifiés et trafiqués, et dangereux, en plus de faire un boucan insupportable. C’est clairement illégal, mais tout le monde s’en fout, là-haut : la loi elle est là, c’est l’essentiel, le législateur a fait son boulot, dém… faites ce que vous en voulez. Eh non, les lois on les promulgue, et on les fait respecter – et on s’en donne les moyens. Sinon c’est du vent, et on est des charlots, des bouffons, comme ils disent.

Tibert

Cherche boulot mais pas vraiment

Huit-cent-vingt-six  (826) réactions de lecteurs au moment où je vais mettre le point final à ce billet : non ça ne traite pas de la promo pharamineuse que la chaîne  Enterre-Marché annonce sur les boîtes de sardines en escabèche par lots de quatre-vingt-seize. Il s’agit du Marronnier des marronniers, the sujet, le seul, le vrai, celui qui chavire le coeur des foules : « Garder ou ôter son voile, le dilemme des jeunes musulmanes en recherche d’emploi« . On peut dire que c’est un très gros succès ! bravo Le Monde, décidément bien dans sa ligne politico-éditoriale.

Extrait : « Dans le huis clos de l’entretien d’embauche, les femmes voilées ressentent durement l’obstacle invisible qui leur est réservé sur la voie de l’emploi salarié« . Sans doute, mais qui d’abord a disposé sur sa chevelure un obstacle bien visible et significatif ? J’image mon propos : si vos règles de vie vous obligent à vous mouvoir chaussé de semelles plombées de scaphandrier, pas la peine de courir le cent mètres plat… j’en ai lu plein, des réactions des lecteurs patentés du Monde… si je puis donner une tendance « à la grosse » (il faudrait un boulot de fou pour être exhaustif sur plus de 800 interventions), la voici : elles cherchent vraiment du travail ? la recherche de travail requiert des accommodements avec la réalité des entreprises.

Effectivement, l’entretien d’embauche n’est pas précisément un moment marrant ; mais il faut en passer par là, et les recruteurs étant ce qu’ils sont, il faut éviter de faire désordre : il me souvient avoir souvent ciré mes pompes noires, enfilé un costard et m’être étranglé d’une cravate, tout ça pour aider à suggérer au type assis en face de moi que j’étais bien l’homme de la situation : j’avais VRAIMENT besoin de trouver du travail.

Bon, certes, les recruteurs sont des ballots, ils sont craintifs, ah la la ! et pleins de préjugés contradictoires : ils vous veulent jeunes mais pleins d’expérience, dynamiques mais prudents, loyaux mais débrouillards… et surtout ils ne veulent pas se gourer ! Alors devinez qui ils choisissent entre deux nanas de qualités voisines, dont l’une est lisse dans sa mise tandis que l’autre agite son étendard ? et que vient proclamer l’appartenance religieuse dans une entreprise ? c’est tout simplement incongru.

Mais on assiste à de drôles de trucs, et les lecteurs du Monde l’ont bien vu : dans le même temps, en Iran, des femmes courageuses osent maintenant, au risque de finir en taule, ôter le voile que les mâles leur imposent manu militari depuis des décennies. Curieux télescopage !

Tibert