Journées sans

J’ai lu ça ce matin : « C’est une tradition modeste qui fête pourtant ses 22 ans. Depuis 2001, le 6 février est la Journée mondiale sans téléphone portable » . Damned ! trop tard, on est le 7 ! Remarquez, moi je m’en passe plutôt bien de ce bidule envahissant, il traîne au fond d’une de mes poches au cas où l’on me hélerait sur la 4G, c’est rare, et c’est à peu près tout… mais le nombre d’individus dans la rue qui vous foncent droit dessus, les yeux rivés sur leur portable, leur cellulaire, leur mobile, leur palmette ? Palmette, qui se substitue à palmuche, trop argotique sans doute, c’est un terme à moi, et si ça vous plaît, faites passer, qu’on en finisse avec l’ignoble, l’immonde smartphone, ce Frankenstein du matériel électronique, cette horreur anglomorphe qui écorche nos glottes latines.

( A ce propos, quand sera-t-elle remboursée par la Sécu, la palmette, et son chargeur avec ? plus moyen de faire sans… c’est désormais l’accessoire incontournable dans toute transaction commerciale ou administrative, d’où ma requête. Tenez, vous montrez un billet-papier à un contrôleur SNCF, il tire la gueule et marmonne qu’on est bons pour l’Ehpad… )

Non, le 7, c’est la journée sans transports, sans écoles, sans… sans travail, vu que ça va manifester un peu partout, et que lorsqu’on manifeste, on n’est pas au boulot. On a l’habitude : la France est internationalement renommée pour ses grèves, ses transports à l’arrêt, ses queues aux pompes de carburant, ses attentes interminables aux Urgences des hôpitaux, ses pénuries de… de médecins, d’infirmiers, de bouchers, de plombiers, de couvreurs, de personnel d’hôtellerie-restauration, de cartes d’identité, de passeports, de masques, de paracétamol, d’antibiotiques, j’en oublie… pour ses syndicalistes qui beuglent et revendiquent en agitant des drapeaux de couleur rouge, et, corrélativement, pour ses 35 heures de boulot « ma non troppo » .

Et puis ce sera une journée sans surprise, au parlement. Sans surprise, les LFI vont faire de l’obstruction, sans surprise, le RN va voter contre mais pense à autre chose, sans surprise (*) les LR vont réclamer des faveurs, on imagine le scénario. Reste que cette réforme est mal emmanchée, précipitée, casée au mauvais moment, et que ces bouts de ficelles de bouts de « carrières longues » négociées à 43 ans, non 44, non 42,5… font bricolé, rapetassé, pas sérieux. Quand je pense qu’il était question, sous Macronious Premier (2017-2022), d’une refonte radicale, de retraite universelle, à points… mais non, de la bidouille ! Nous méritons pourtant mieux ; ou plutôt, nous méritions mieux.

Tibert

(*) C’est une anaphore, vous avez remarqué ? comme Hollandouse en 2012 face à Sarko, « Moi président… moi président… moi… etc » : et ça a marché ! on est bien cons, hein ? rétrospectivement, quand on voit le résultat…

Justice-fiction

( La jeune Sihem, de la Grand-Combe, dans le 3-0, a été tuée par un type de vingt ans son aîné, repris de justice condamné à moult reprises, notamment pour un « saucissonnage » avec arme sur un couple de commerçants, excusez du peu. Le suspect est d’ailleurs passé aux aveux. Mais il appert que, si ledit malfrat avait vraiment purgé sa peine de douze ans ou presque, il aurait évidemment été, derrière les barreaux, dans l’incapacité de commettre ce crime… Sihem serait vivante, à cette heure. Mais un juge des libertés et de la détention (JLD), ou un juge d’application des peines (JAP) ? – allez savoir, les rouages de la Justice… – plus probablement un JAP, a jugé que ce brave petit gars, qui en taule (pas en tôle !) se comportait bien sagement, pouvait sortir avant l’heure et sans danger pour la société… lourde erreur d’appréciation, on en conviendra. Fait rarissime, son nom nous est connu : il s’agit de monsieur Dugenou. Cet homme, ce présumé JAP, se trouve présentement, effondré, dans le bureau du Chef… )

Le Chef – Bon, Dugenou, vous avez réfléchi à la suite ? on ne peut pas en rester là…

Dugenou – Bien entendu, Chef… c’est sûr, j’ai salement merdé… euh, commis une erreur tragique. J’ai préparé ma lettre de démission….

Le Chef – Ah oui mais non… démissionner, OK ! mais il va y avoir d’abord la procédure citoyenne légale, examiner les tenants et aboutissants de cette affaire, si ça peut éviter d’autres drames… pourquoi vous avez autorisé l’élargissement, au vu de quels éléments, quelles pressions, quelle idéologie bonnasse, laxiste ou humaniste vous a guidé… le Jury Citoyen sera constitué d’ici la semaine prochaine, vous avez le temps de vous préparer. D’ici là, vous ne touchez bien entendu à aucun dossier de remise de peine, ça va sans dire !

Dugenou – Bon… d’ici là, j’irai, avec votre permission, rencontrer la famille de la jeune Sihem, lui présenter mes excuses. Ce sera un moment difficile, pour moi, pour eux, mais je le leur dois (soupir…). J’ai ce fardeau sur les épaules, et…

Le Chef – Bon bon, vous irez. Dur moment… mais il faut que vous le fassiez. On ne peut pas laisser passer ça comme ça… Ceci étant, au vu de la gravité des faits, et à la suite du Jury Citoyen, attendez-vous à une sanction exemplaire. Vous pourrez, bien entendu, démissionner… on verra. Si toutefois vous restez en poste, vous pourrez graver sur le mur en face de votre bureau, et en grosses lettres, la maxime suivante : « La détention, empêchant physiquement le condamné de nuire, a pour but premier de protéger la société ; toute autre considération, même estimable, est secondaire » .

Tibert

Poids, Droit et Liberté

( Je lis ici qu’une agricultrice a été retrouvée morte, manifestement écrasée par et sous un « ballot de paille » … l’illustration qui accompagne ce court entrefilet montre un rouleau, pas un ballot. Du coup, je suis allé me renseigner sur le poids d’un de ces rouleaux : c’est du genre 250 à 400 kilos, selon le diamètre, la nature – paille, foin, ensilage… – et la teneur en matière sèche. Voilà… c’est le progrès. De mon temps (allez pépé, à la niche !) les machines agricoles ahannantes et poussiéreuses crachaient derrière elles ou sur leur flanc des bottes : des pavés-droits (des parallélépipèdes rectangles) de foin, de paille… qu’un humain robuste soulevait au bout de la fourche, à la force des bras. Des poids de 5 kilos, quoi… qui n’ont – individuellement, du moins – jamais écrasé personne. Mais de nos jours on manque de bras, pas vrai ? )

Et puis au Sénat, on transpire sur la dissertation de philo « droit ou liberté » . C’est à propos de cette idée baroque d’inscrire dans la constitution le droit ou la liberté (rayer la mention inutile) d’avorter. Idée portée par la gauche, qui craint très fort… a) que les fachos prennent, légalement ou pas, le pouvoir ; b) qu’ils abrogent la loi Veil. Du coup, vous voyez le tableau, le nouveau Jefe français (le Lider, le Caudillo, le Duce bedonnant en treillis kaki et bottes de cheval… ), constatant que ce droit (cette liberté) est inscrit en lettres d’or à la constitution, s’exclame, déconfit : « p… de b… de m…, on est marrons, on peut pas y toucher ! c’est sacré !  » . On est en plein délire, là, on fantasme. Tiens, pourquoi ne pas y inscrire aussi l’interdiction de l’écriture inclusive, cette vérole ? (excellente idée ! je suis pour !) : je vous parie que si les fachos déboulent au pouvoir (*), ils vont tenter de lui faire la peau, ces détestables machos, cramponnés au neutre-masculin, qui l’emporte sur le féminin ».

Je vais vous dire : mon sentiment scolaire, vieux souvenir du Bac, c’est que le droit l’emporte sur la liberté… du point de vue du droit ! Mais c’est pinailler… la liberté est libre, c’est l’essentiel, y compris dans une simple loi Veil, si l’on y veille ; et l’essentiel, c’est que la démocratie française peut et doit résister aux abolisseurs du droit – ou de la liberté – d’avorter.

Triste citation, madame Rossignol, du PS, énonce dans cet article de France-Info : « Ce qui compte aujourd’hui, c’est que l’avortement entre dans la Constitution ». Triste, en effet, d’inscrire « dans le marbre constitutionnel » l’échec de la contraception ! Je sais, c’est réducteur, c’est déformer les choses, gnagnagna… mais c’est aussi ça !

Tibert

(*) Symétriquement on peut craindre que, dans le cas peu joyeux où les écolos-woko-fémino-gauchos prendraient le pouvoir, on ne se tape l’écriture inclusive obligatoire !

Bérésina annoncée

( Un chiffre rassurant : ça roule pour les SCA, les Sociétés Concessionnaires d’Autoroutes ! Je cite : « En 2021, les SCA ont versé 3,3 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires, une somme en augmentation de près de 40% par rapport à 2020 – année du Grand Confinement – et de 5% par rapport à 2019 » . Ce qui les oblige, les SCA, vous comprenez, à relever les tarifs de leurs péages de presque 5 %, sinon elles risquent la paupérisation, et leurs actionnaires avec, eh oui… ça vous chagrinerait, pas vrai ? )

Et puis les Parigots paieront très certainement avec leurs impôts la journée forcée-chômée de madame Hidalgo : la mairie sera fermée ce mardi pour cause de prosélytisme pro-grève, sauf bien entendu l’Etat Civil (*), pas fermable. Les innombrables salariés-fonctionnaires-électeurs de madame Hidalgo sont clairement à même, ainsi encouragés, de rejoindre la manifestation contre la réforme des retraites… pas très réglo comme manoeuvre ? pas neutre, non : militant ! Tout comme le journal vespéral de France 3 hier soir, tartinant très largement sur les projets, ici et là, des futurs manifestants : « Bien sûr qu’on va y aller » et autres déclarations va-t-en-guerre. Même les paisibles Chartrains (Chartres, pourtant ville de droite ! nous dit le reportage) sont mis à contribution pour abonder le discours pro-manif. En face ? que dalle. C’est le journalisme du Service Public, en sa chouette neutralité.

Tibert

(*) Toujours à la bourre, à la ramasse, d’ailleurs, la production (« délivrance » , là on sent mieux l’effort administratif terrible) de cartes d’identité et passeports. J’ai ouï dire qu’en certaine grande ville, les lundis matin à 9 heures pétantes, les sites houèbe dédiés à la chose valident les 700 premières demandes de rendez-vous en mairie : du sport ! vieux ? pas habiles de la souris ? arthrose des doigts ? mauvaise vue ? connexion internet faiblarde ? revenez la semaine prochaine ! Eh oui, c’est comme ça… on n’y peut rien… c’est le progrès.

Miettes de janvier

D’abord, monsieur Manuel Bompard, Coordinateur National à LFI – c’est un nouveau poste – s’en prend aux circonvolutions du gouvernement concernant la réforme des retraites. Veut-il évoquer la manie qu’ont les chiens de faire trois fois le tour sur eux-mêmes avant de faire coucouche-panier ? Il devait plutôt vouloir dire circonlocutions ; l’auditeur indulgent aura mis ça sur le dos de l’émotion : les caméras, les projos, les micros, les journaleux vociférant, tout ça…

Lu cet horrible fait divers londonien : un technicien intervenait en sous-sol sur un urinoir escamotable alors déployé – brillante invention, tapi sous terre hors les virées « pintes de bière » vespérales – quand cet engin s’est replié sur lui, le coinçant à mort. Tué par un urinoir… triste fin ! Fort heureusement, cela ne risque pas d’arriver chez nous ! à Paris on pisse contre un mur, une encoignure, un tronc d’arbre, entre deux bagnoles, un coin sombre, une entrée d’immeuble… là où l’on peut, vu qu’à peu près rien n’est prévu pour la chose – sauf bien entendu à se fendre d’une boisson inutile, voire contre-productive, au zinc d’un rade où le patron tire la gueule couleur locale, minimum 2 balles.

Et puis un article, dont j’ai perdu la référence, sur la consommation de viande lapinesque : ça diminue à vue d’oeil ! je résume pour vous : en France, guère plus de 400 gr par personne et par an – soit trois portions – quand les Italiens et les Espagnols continuent d’en consommer pas mal. Le coniglio des Piémontais, en fricassée, avec de la polenta… la paëlla, avec des langoustines, et puis du lapin, forcément, plutôt que du poulet ! Le problème, je vais vous dire : j’ai vu des lapins en élevage… c’est révoltant. On se bat pour que les poules puissent vivre décemment le temps qu’elles passent à pondre pour nous, sur du vrai sol agricole, avec du vrai soleil ou de la pluie authentique par dessus leurs crêtes, gratter le sol avec leurs ergots, pouvoir bouger, picorer des bricoles, tout ça… et on a bien raison, les poules en cage c’est dégueulasse. Les lapins ? ils sont comme, voire pire que les poules en cage, hors sol, clapiers en intérieur, reclus, pas bouger, mortel ennui, rien à gratter… bouffer, bouffer (des granulés), faire ses besoins, dormir, niquer et attendre la mort. C’est pas une vie, pas vrai ? je sais, les lapins ça creuse, ça ronge, ça passe sous les grillages, ça vadrouille. Mais au 21 ème siècle on n’est pas fichus de trouver des moyens d’élever des lapins décemment ? humainement ? je pose la question. En attendant je persisterai à faire la grimace à la viande de lapin.

Et puis hier je suis allé au marché en bas de ma rue, flâner, acheter deux-trois trucs, une salade, des pommes correctes… (*). Deux jeunes nénettes distribuaient des tracts… je m’approche, intéressé ; elles m’accrochent : « c’est contre la réforme des retraites » , sourire complice déjà aux lèvres. Ah mais, dis-je, protesté-je, moi je suis POUR réformer les retraites ! Vous auriez vu ça, le coup de froid, le rideau de fer ! « On veut pas en discuter » , m’ont-elles abruptement signifié, et de me tourner le dos. Je n’ai pas pu en placer une. Si c’est ça le débat…

Tibert

(*) Pas de fromage de chèvre, ce n’est pas la saison. J’attendrai…

Travail (de tripalium)…

… instrument de torture romain à trois pals (un pal, des paux ? non…)

Citation de monsieur Véran, porte-parole du gouvernement, qui admet qu’ « ils ont du mal à convaincre » [sur le projet de réforme de la retraite, NDLR] : « les salariés qui ont commencé leur carrière avant 20 ans peuvent partir à la retraite plus tôt que l’âge légal, actuellement de 62 ans » … et 64 bientôt, selon le projet très controversé. Alors pourquoi décréter un âge légal, si c’est pour s’asseoir dessus ? Juste pour nous faire marronner ? C’est pourtant simple, cet âge légal-chiffon rouge est de trop ! Pour ceux qui ont commencé plus tard, eh bien il auront en point de mire le seul compteur qui vaille, les 43 années de cotisation ouvrant droit à pension de retraite « plein pot » ; ladite pension étant moins juteuse pour un départ avant cette échéance. Heureusement que je suis là pour clarifier les choses ! on dit merci qui ?

Et puis les « régimes spéciaux » ? … c’est spécial. Nous sommes faits de la même pâte, pas vrai ? on se fatigue pareil, on a un chef peinard ou détestable, on aime ou pas son boulot, on s’y éclate ou on y va à reculons ! Pourtant, on ne nous traite pas sur le même pied, selon que. Tenez :

  • Pour le secteur privé, et depuis la réforme Balladur de 1993, le nombre d’années retenues pour le calcul du montant de la retraite est passé des 10 « meilleures années de cotisation » à 25 années (merci monsieur Balladur ! on vous baise les pieds). Et quel montant retient-on, pour ces 25 meilleures années ? 50 % du salaire annuel moyen brut.
  • Pour les fonctionnaires, d’état, territoriaux ou hospitaliers, je cite le site (sic) houèbe qui va bien : « Lorsque toutes les conditions sont réunies, votre retraite à taux plein de fonctionnaire civil ou militaire s’élève à 75 % de votre traitement indiciaire brut perçu les 6 derniers mois, hors primes. Certaines primes sont cependant prises en compte » . Admirons le « hors primes, sauf… », concentré du farfelu de moult textes légaux.

Bref : pas du tout le même calcul ! Notons qu’on voit d’innombrables « promotions » de fonctionnaires au cours de leurs dernières années de boulot, voire la dernière : la prime à la compétence, sans doute ? une reconnaissance soudaine de leurs mérites ? Ceci pour constater, incrédule et déçu, que RIEN, dans le projet de réforme des retraites, ne vient corriger ce hiatus béant entre deux catégories de citoyens : les 6 derniers mois – à emploi garanti, avancement à l’ancienneté, grille indiciaire, gnagnagna… – contre les 25 moins mauvaises années.

Ce correctif à une inégalité choquante et incompréhensible se fera, n’en doutons pas, à l’occasion de la prochaine courageuse réforme des retraites. On y croit très fort ! 😉

Tibert

Maraboutages

( Du Syrah ?… « Du Syrah dans la vallée de la Loire » , titre Ouest-France. Encore un(e) qui change de sexe ! C’était jusqu’à hier, dans mes tablettes, LA syrah, cépage noir ô combien féminin, avec ses notes poivrées. Mais on a changé tout ça, d’ailleurs le genre sera bientôt ad libitum, c’est déjà le cas dans bien des écrits approximatifs. Etant donnés le cabernet, le sauvignon, le merlot, le petit-verdot, le tressalier, le malbec, le chardonnay etc… on dote, par imprégnation alcooleuse si je puis dire, la syrah de moustaches : les moustaches du vin, évidemment. La muscadelle suivra bientôt…)

Mais, « Soyez maudit de vouloir transformer toute notre existence en marchandise… » lançait il y a peu notre grand tribun, ex-futur premier ministre ( « élisez-moi premier ministre » ), ex-futur président (quatrième puis troisième, c’est encourageant), ex-sénateur, ex un peu tout : j’ai nommé monsieur Mélenchon. Il maudissait qui ? Macron, évidemment, l’unique objet de son ressentiment. J’arpentais hier une rue où les bagnoles en stationnement arboraient, sous leurs essuie-glaces, des prospectus (des flyers, en rosbif, c’est la même chose) : « Grand marabout professeur Oussouf » (*). Retour d’affection, argent, chance, désenvoûtement, vous voyez le truc. Et c’est là que monsieur Mélenchon rejoint ledit Grand Marabout, capable d’envoûter-désenvoûter, et vice-versa. Soyez maudit, énonce-t-il : ben voilà, il lui jette un sort ! je trouve ça terriblement incongru, réjouissant, et quasiment obscène, proféré par un ex-laïcard convaincu, ex-anti-Calotte acharné – trotskyste, franc-maçon, j’en oublie… L’enfer est donc promis à notre actuel président, il manque juste la poignée de gros sel dans le feu.

Dernière remarque, de pure forme, je pinaille, là…. sur les affiches mélenchoniennes, on pouvait lire, la semaine dernière : « Samedi 21 janvier, MARCHE à l’appel des organisations de jeunesse » . Vous avez cette illustration sur un article de CNews, où l’on peut lire également « Jean-Luc Mélenchon, présent aux côtés de la dizaine d’organisations de jeunesse qui avaient appelé à cette marche » . Entre « la dizaine d’organisations de jeunesse » et « les organisations de jeunesse » , faites votre choix, mesdames-messieurs : ça n’a pas tout à fait la même ampleur ! la même enflure.

Tibert

(*) [ Le nom a été changé, pour préserver l’anonymat du grand marabout Dugenou.

Boîte à taxer

Il me souvient d’une scène, savoureuse, du délicieux film de Claude Miller, « La meilleure façon de marcher » : Claude Piéplu-le dirlo de la colo a mis en place une boîte à idées pour les jeunes colons, et en fait le relevé, consterné, devant les moniteurs… un ramassis de suggestions débiles, dont « concours de bites » , gros succès d’hilarité ! C’est à peu près ce que me suggère cet article du Fig’ragots sur les préconisations de l’inventif adjoint de madame Hidalgo, David Belliard, pour éviter au Pass-Navigo mensuel des Parisiens d’atteindre des tarifs inacceptables pour les pauvres « usagers » de la capitale et des alentours.

Je résume : TAXER ! taxer. Taxer, vous dis-je ! Taxer à Paris, taxer tous azimuts. Et pour que ça glisse mieux, on nomme tout ça « éco-machin » : éco-contribution, etc. Les épouvantables SUV notamment, « l’unique objet de mon ressentiment » : «taxer les SUV, (…) particulièrement en ville où ils n’ont pas d’utilité et sont très polluants». On va donc taxer les SUV – qui sont déjà sérieusement taxés ! – différemment s’ils roulent en ville ou à la cambrousse… taxer les colis… les camions de livraison… bref, taxer.

Je vous invite, amis lecteurs, à prolonger comme moi cette utile lecture du Figaro – rassurez-vous, ça ne mord pas, c’est ça la diversité – par les réactions des lecteurs : j’ai trouvé ces commentaires éclairants, roboratifs, parfois cocasses, et dans l’ensemble durs ! (*) durs pour le pauvre monsieur Belliard, prototype de l’éco-taxeur.

Tibert

(*) Plusieurs insistent sur d’autres options, par exemple, faire des économies ! tenez, on dénombre grosso modo 50.000 agents à la ville de Paris, qui, peut-être, ne travaillent pas tous à plein régime ? C’est une piste…

Déconstruction des milliardaires

( Au PS, ça élit… qui ? ben… on ne sait pas trop. Ils se déchirent, au PS, c’est moi, non c’est moi. Adieu le PS, bye bye, coulez bien. Sinon, restez bien sages derrière LFI, ça rassure. )

Mais une délicate polémique s’étant levée entre monsieur Michel Sardou, chanteur et un peu acteur, et madame Sandrine Rousseau, pétroleuse femelle des Verts, nous avons pu goûter quelques échanges. A la manif hier, elle, Sandrine, tirait une salve avec un panneau « Sardou ta gueule » … c’était nous faire témoins de leur différend. Il se trouve en effet que cette femme proclame vivre avec un « homme déconstruit » et s’en trouver fort heureuse ; Michel S. en écho, se disant ni misogyne ni féministe, plaint sincèrement le pauvre type, qui doit en baver, on vous laisse imaginer la galère.

Et puis, autre son de cloche, mais tout aussi décoiffant, et enfonçant hardiment les bornes de la démagogie et le mur du çon cher au Canard Empêtré, la toute nouvelle Cheffe des Verts, madame Tondelier, énonçait il y a peu « Nous voulons une France sans milliardaires. À quoi ça sert un milliardaire ? Sérieusement, à quoi ça sert un milliardaire ? » . Pol Pot ne disait pas autre chose, et l’on sait comment ça a fini.

Mais heureusement pour nous, les Verts ne sont pas encore aux manivelles. Ceci dit, l’avenir semble assuré, le lait – forcément bio – et le miel du même métal vont couler, avec ces prometteuses Vertes : la coupeuse de têtes, allez hop les milliardaires, au trou, et la coupeuse de roubignolles, si vous me passez ce mot laid. Car, qu’est-ce ( çékoi ?), un homme déconstruit ? un ex-mâle en pièces détachées ? quelles pièces détachées ? ou bien des gravats ? avec le livret imagé Ikea qu’on se gratte la tête pour essayer de le re-monter ? ou le robot téléguidé, genre Guinea-Pig de la « Marque Jaune » , où Sandrine a remplacé le diabolique professeur Septimus ? manipulé par la Femme avec un F majuscule ?

Point d’orgue des citations féministes-extrémistes, Sandrine R. lançait : « Laissez-nous changer le monde » . Non mais… et puis quoi encore ?

Tibert

Peut mieux faire

Hier à l’Assemblée Nationale, le Chef du PS, monsieur Faure, et le ministre du Travail, monsieur Dussopt, s’invectivaient… tandis que le second – qui fut socialiste, proche de madame Aubry, mais seuls les imbéciles se cramponnent à leurs certitudes – lançait à son contradicteur « vous êtes dans la roue de La France insoumise, vous vous faites marcher dessus par Jean-Luc Mélenchon » , monsieur Faure y allait d’un couplet culpabilisant : « Vous êtes aujourd’hui de celles et ceux qui allez défendre un projet de loi où celles et ceux qui ont commencé à travailler entre 14 et 20 ans auront à cotiser 44 années quand tous les autres n’auront à cotiser que 43 ans » . C’est moi qui ai graissé les mots en gras, pour vous, chers lecteurs, car monsieur Faure n’y est pas, eh non ! sa phrase pleine de cell’zéçeux est bancale, largement perfectible, car pour avoir bon à la bonne expression de la Bonne-Pensée il eût fallu qu’il y aille d’un « … quand toutes et tous les autres n’auront… gnagnagna… » . Avec la liaison, obligatoire évidemment, sinon ça sonne mal, ça donne toutezétouss.

Ah oui, je sais, c’est dur. Entraînez-vous, monsieur Faure. Suivez le cours d’élocution inclusive, entraînez-vous en vous brossant les dents le soir. Toutezétouss, allez ! Car il faut, il faut, absolument, qu’on voie – qu’on perçoive, qu’on entende, du moins – dans l’hémicycle du Palais-Bourbon, celles et ceux qui sont femmes. Comment, sinon, défendre leurs retraites ? je vous le demande.

J’ai bien une idée : ce serait, par exemple, au lieu de se lancer des noms d’oiseaux avec des effets de manches, de discuter du projet, l’amender, le perfectionner, corriger les insuffisances, les dispositions injustes, mal calibrées… bref, faire le travail des parlementaires. Et au diable les génuflexions à la Bonne-Expression.

Tibert