Pixels vicieux

( Une tribune du Monde donne la parole à M. Arié Alimi, ex-grosse-légume de la LDH – Ligue des Droits de l’Homme, ex-honorable association humaniste, aujourd’hui dévouée sans nuance aux rudes thèses de l’extrême-gauche). M. Alimi y développe longuement les mantras habituels des Insoumis : la police est violente, la police tue, c’est scandaleux, etc. En somme, les tirs de mortiers d’artifice à hauteur d’homme, les coquetels Molotov dans les pattes, les boules de pétanque et boulons de 12 comme à Gravelotte devraient laisser impavides nos braves pandores ; à la limite on se demande à quoi ça sert de les déployer ? ce serait quasiment de la provocation ! que ne laisse-t’on notre belle jeunesse se défouler ? braves petits Black Blocs ! chers ados pilleurs ! pittoresques bandes de djeunes à incendier les bagnoles, à dézinguer les Vélibs, à dépouiller les mémés… Le Monde, ici actif dévot de la Pensée-Mélenchon. )

Mais autre chose ; on reçoit, et moi avec, de curieux mails, élégamment contournés, nous demandant aimablement si nous désirons, oui ou non, nous opposer à l’exploitation des pixels de suivi. Grosso modo, ces machins (une image transparente et donc invisible, incluse dans le courrier) sont aux mails ce que les cookies sont au Houèbe. Au minimum, ça permet à l’expéditeur de savoir si le courrier a été ouvert… mais pas que ! Je cite ce qu’en dit Deezer à ses abonnés :

Nous pouvons collecter la date et l’heure d’ouverture (du mail), ton adresse IP, permettant d’estimer ta localisation approximative, et des informations techniques sur ton appareil (Windows ? Apple ? Linux ? quelle marque ? numéro de série ? adresse MAC ?) et ton compte de messagerie” . Et autre chose encore, si ça se trouve.

Voilà. Très clairement, il s’agit pour les boîtes d’optimiser leurs campagnes de marketing. Officiellement, elles nous assurent que “c’est pour mieux te servir, mon enfant” ; en fait, pour mieux nous rouler dans la farine. Bref on ne peut même plus garder ses préférences pour soi – nombreux sont ceux qui devancent l’appel, étalant complaisamment leurs ego et leurs penchants sur les réseaux-poubelles, y a qu’à se baisser ! Même pas besoin de sournois pixels de suivi.

Tibert

Délit de légèreté

( Il paraît que le Tour de France est en train de fonctionner ? ça existe encore, ce truc ? les bobs Cochaunoux, les casquettes Riquart, les gens agglutinés, hystériques, au bord des routes à encourager Poulidor et Van Impe ? c’est dingue. On dira ce qu’on voudra, il y a encore des traditions, dans ce pays. Et puis c’est coloré, c’est gai, à défaut d’être frais, du moins cette année. Une suggestion : les défilés du 14 Juillet pourraient s’en inspirer, ce serait moins barbant. C’est sinistre, tous ces uniformes piétinant en rythme interminablement, raides comme des piquets, ça dure des plombes, et cette musique zim-boum-boum, là… faudrait égayer tout ça, des véhicules “Direction Générale de l’Armement” publicitaires rigolos, des casquettes “Dassault”, des distributions de friandises “Safran” ou “Super-Puma” . Et du musette, ou de la techno, pas Sambre-et-Meuse ! )

Ceci étant, je lis qu’une fois de plus, la Justice a lamentablement merdoyé – en l’occurrence, à traiter une injonction du Conseil Constitutionnel. En gros, voyez là, on vient de libérer deux jeunes meurtriers d’un certain Shemseddine, tué en 2024 à Viry-Chatillon… je vous cite le fond de l’histoire : “En 2025, le Conseil constitutionnel avait fixé au 1er juillet 2026 l’échéance pour mettre notre droit en conformité sur la détention provisoire des mineurs accusés de crime. Mais le ministère de la Justice n’a pas réagi dans les temps” . Donc, hop, les zélés z’avocats des prévenus se glissent dans la faille et font libérer leurs clients !

Il ne paraîtrait pas anormal – voyez comme ma formule est tout en retenue – qu’on sévisse : qu’on considère, à juste titre, que certaines négligences, certain je-men-foutisme sont d’ordre quasi délictuel : quand on remet dans la nature des meurtriers, ça peut entrainer des conséquences dommageables, ça s’est vu ! Mais je t’en fiche, ça va comme d’habitude passer “crème”, ce loupé du ministère de la Justice sur la justice des mineurs ; c’est l’efficace système de l’irresponsabilité globale : le “Trou Noir”, hop, vous n’avez rien vu !

Nous avons un magnifique Etat de Droit en métal iridié ; on s’en félicite, évidemment, belle et noble chose ! Sauf que c’est une vaste blague, l’Etat de Droit, quand on peut lui faire des pieds-de-nez du style de l’affaire Shemseddine : il a l’air fin, l’Etat de Droit ; et je reste poli.

Tibert

Le tram qui a transporté Ravaillac

On va, exceptionnellement, causer de foot… ah zut, mesdames, je vous vois déjà empoigner la zappette, ce sujet vous barbe, je sais. Mais il y a foot, et foot, là ce sont les coulisses, pas les dribbles et les tacles ; on ne va pas “délivrer” des centres millimétrés. Hier soir c’était foot, France-Maroc, et le ministère de l’Intérieur avait déployé 20.000 flics pour l’occasion. Eh oui, les RG, les Grandes Oreilles, prévoyaient des débordements, émeutes, cassages, pillages… de la part de qui ? je vous laisse deviner. Détail affreux, ça risquait d’être plus violent en cas de victoire du Maroc… ce qui ne fut pas le cas ! Divine surprise – à moins qu’on ait minimisé les dégâts, voire décrété l’omerta, ce qui s’est déjà vu – il paraît que la soirée s’est gentiment passée. Supposons…

Le cocasse de l’affaire, c’est que c’est à Londres que les émeutes redoutées se sont produites, dans le quartier… marocain, notamment. Allez comprendre, les footeux Français mettent la pâtée à leurs homologues Marocains à Boston (USA) et les supporters anglo-marocains, à Londres, s’en prennent aux Bobbies… vous y comprenez quelque chose, vous ?

Toujours le foot… j’ai gardé le meilleur pour la fin : atroce révélation, Ouest-France nous glace le sang … les avions qui trimballent les “Bleus” (les footeux français) aux USA dans leurs divers lieux de compétition… eh bien, ils ont servi à la Police de l’Immigration locale, l’abominable ICE, pour expulser des “migrants” ! Non mais vous vous rendez compte ! c’est épouvantable. D’ailleurs, se sentant visée, la Fédération Française de Foot, la FFF, a rapidement précisé qu’elle n’y était pour rien, c’est pas de sa faute – à l’insu de son plein gré, en somme.

Suggérons à la FFF, pour éviter ces amalgames gênants, ces références qui rappellent “les heures les plus sombres” etc, de louer elle-même – ce sera un peu plus cher, mais faut c’ qu’y faut – des avions ayant transporté des pélérins, à Lourdes, Fatima… et munis d’un certificat de virginité.

Tibert

Signaux de fumée

( Dans “le plus beau pays du Monde, le plus grand, le plus magnifique” (et vous navet encore rien vu, attendez que Onc’ Donald vous époustoufle encore plus) on peut même effacer les cartons-rouges des footeux états-uniens, auteurs de gestes punissables ! il suffit que Donald insiste amicalement auprès de son cher ami de la FIFA. N’est-ce pas merveilleux ? il peut tout, Donald, no limits ! )

Mais autre chose : la vigilance, on voit tous de quoi il s’agit. On a la vigilance canicule, incendies, pluies, orages, inondations… (j’en oublie ?). Bien. Les diverses entités “vigilantes” vigilent donc, et je suppose qu’en ces moments des observateurs soucieux, sans pourtant être Sioux, scrutent les signaux de fumée. On le sait tous, y compris les malfaisants, c’est actuellement hautement inflammable, dans le Sud chez nous ; et pas que dans le Sud. Alerter au danger d’incendies, comme la télé nous le serine tous les jours, c’est hélas aussi agiter le chiffon rouge aux yeux de tous les pyromanes compulsifs. Mais, je vais vous dire : aucun des reportages dont on nous abreuve à satiété sur les trop nombreux incendies actuels n’évoque la question : qui a mis le feu ? Pas même notre Nunez de ministre de l’Intérieur, qui reste muet sur le sujet.

Ceci étant, je lis dans Le Parigot, version Houèbe : “Selon le rapport des instituts Globsec et ICCT, plus de 34 incendies criminels et explosions attribués à la Russie ont secoué l’Europe depuis trois ans, et particulièrement en 2024” (l’article traite des efforts de la Russie pour mettre le bazar chez nous). Vous voyez où je veux en venir ? non ? Les narco-trafiquants sont capables d’embaucher des sicaires de 12-13 ans pour une poignée d’euros, aux fins d’éliminer leurs concurrents à la sulfateuse ; pour la même somme et un briquet, je gage qu’il est assez facile de trouver de jeunes mains innocentes et prêtes à rendre service – chères petites têtes blondes !

C’est assez complotiste, ce que je vous raconte là. Je sais. Mais quand on est capable de payer quelques abrutis pour saupoudrer, à l’heure du laitier charcutier, des têtes de porc devant des mosquées, on a d’autres mauvaisetés dans ses poches. Madame Braun-Pivet nous exhorte à la vigilance ? elle a bien raison.

Tibert (barbecue au fond d’un placard)

PS – Tout de même… le Midi Libre raconte qu’on vient de gauler, dans l’Hérault, un présumé pyromane, auteur de neuf (9) départs de feux ! Commentaire du maire de la commune concernée : “Il ne faudrait pas qu’un pyromane se fasse attraper par nos administrés. Je ne suis pas sûr qu’il passerait un bon moment” .

Pharaonique, et mergitur

( Il faudra qu’un jour je vous entretienne de la Droite Républicaine “classique” , celle qui va de, disons… MM. Attal et Philippe à M. Retailleau. Cette Droite qui n’en finit pas de merdouiller avec ses querelles de petits chefs, ses francs-tireurs (M. Bertrand d’un côté, M. Ciotti de l’autre), ses traîtres indécrottables (*) et ses divers ventres mous, MODEM, UDI… toutes moutures incapables de réaliser qu’on n’en est plus à la IVème République, à se refiler des maroquins, quand il y a le feu. Hier j’ai pu voir et entendre monsieur Lemaire chez Mme Ferrari : il a toutes les réponses, monsieur Lemaire ! faut renverser la table ! on a plus les moyens du Modèle Social ! faut siffler la fin de la récré ! maintenant faut travailler ! halte aux petits cénacles des hauts fonctionnaires pantouflards ! Cet homme a été aux manivelles, et des grosses, pendant 7 ans… et les écailles lui tombent des yeux, maintenant ? Allons, allons… )

Mais je voudrais ici en remettre une couche sur les travers chéris de nos normeurs, normateurs, stratèges (toujours anonymes, comme il se doit : c’est l’ Administration, ça devrait nous suffire), pondeurs frénétiques de paperasse vaine – pas toujours vaine : carrément contre-productive, souvent. Le logiciel SCRIBE : le truc moderne, le superbe paquebot logiciel qui devait présider aux besoins de saisie et de suivi des procédures de Police. Un bide retentissant, un de plus. Du fric fichu en l’air, avec une fourchette extra-large : entre 34 et 257 millions d’euros partis en fumée (pas perdus pour tout le monde, je vous rassure tout de suite).

Il se trouve qu’existe un logiciel qui fait le même boulot chez les gendarmes, le fait bien, et a coûté – tout de même – 400.000 euros. Mais à la Police, les gendarmes sont des (…mots d’oiseaux), forcément ; et peut-être réciproquement, n’est-ce-pas, donc, “on va faire notre truc à nous, ça sera bien plus beau” . On convoque, on planifie, on analyse, on modélise, on appelle d’offres, on sous-traite, on comité-de-pilotage… un truc majestueux, une enflure comme on sait magnifiquement faire chez nous – on est les meilleurs, interdit d’en douter – et au bout du bout, on a un monstre, un mammouth obèse, qui ne fonctionne pas.

J’ai déjà écrit là-dessus, pour d’autres trucs, la Paye (la solde) des Militaires, si je me souviens bien. Exactement les mêmes travers. On n’apprend rien ! On pharaonise, trop lentement, des trucs énormes, ingouvernables. Monsieur Allègre avait posé le bon diagnostic – ça lui a valu d’être viré : dégraisser le mammouth (de l’Educ’Nat’), et ça vaut aussi pour les logiciels trop enflés, qui se prennent pour des porte-conteneurs.

Résumons : 1) on part des besoins les plus évidents ; les 5-10 % de cas particuliers qui compliquent tout : plus tard ! on fera ça à la main ! (**) 2 ) On fait des maquettes, on les valide chez les gars du terrain, on corrige les bavures, on évalue l’efficacité, on obtient un modèle réduit qui donne satisfaction ; 3) on industrialise, on robustifie le machin, sans se départir de simplicité ! et tant pis pour les cas tordus. Surtout pas de modèle centralisé : du maillage ! en somme, vive les Girondins, mort aux Jacobins !
Ça va trop vite pour les dinosaures, il faudrait enfin s’en aviser.

Tibert

(*) Un, en particulier, que je vous donne en devinette : grand, barbu (actuellement), sportif, éminent Rhône-Alpin.

(**) En option : supprimer / virer les procédures alambiqués et rares : sim-pli-fier !

Le normeur Duval

( L’autoroute A69 Toulouse – Castres : le Conseil des Tas vient de dire – c’est toujours lui qu’a raison, en alternance avec son jumeau le Conseil Constitutionnel – que le chantier doit se terminer, l’autoroute ouvrir, et basta. Les écolos hurlent à la “capitulation” devant les bétonneurs : si ledit Conseil avait décrété le contraire, les écolos auraient crié à la “victoire de la Justice” . C’est comme au tennis : il ne peut pas y avoir de match nul. Et puis c’est eux, les aficionados des zones humides et des rares tritons zébrés, qui sont allés demander son verdict au Conseil : fallait pas le lui demander !

Certes, la A69, on pouvait en discuter, voir à doubler la Nationale, faire une piste cyclable, un téléphérique, un tramway, que sais-je… on pouvait, à l’imparfait. Quand le chantier est accompli à 88 %, qu’on a bouleversé le paysage, tout ce boulot pour reboucher les trous, ou convertir ce foutoir en Luna Park et en méga-piste de skate ? ce serait ruineux et aberrant. Le Conseil des Tas a simplement constaté l’évidence, on n’a plus le choix : faut finir, et puis c’est tout. “Circulez” , c’est le cas de le dire. )

Mais hier, sur TF1, la speakerine a entonné l’antienne : la France, championne mondiale des normes : 400.000 normes ! Nos bouquins de normes sont les plus épais, de loin ! et il en sort de nouvelles par paquets de 50 ! tous les mois ! Et de nous décrire quelques une de ces aberrations normatives… vous vous régalerez à la dentelle des normes sur la taille des haies. Juste un aperçu : “… toutefois, pour éviter le désherbage chimique, la taille est autorisée au pied des haies, mais sans possibilité de couper les branches, etc etc” (*) . Fondamental ! essentiel !

Et moi de me dire : mais QUI sont ces enragés qui sortent des normes nouvelles comme les boulangers des petits pains ? elles ne tombent pas du ciel, ces contraintes kafkaïennes… qui sont ces normeurs de l’ombre, ces ronds-de-cuir obstinés qui pondent, tous les jours, des machins destinés à nous coincer, nous ficeler, nous borner, toujours plus ? où se cachent-ils ? combien sont-ils ? et on paye des gens pour ça ? c’est dingue…

Tibert

PS – Arthur R., le “poète aux semelles de vent” (devant), ne m’en voudra pas, j’espère, de lui avoir piqué son titre.

(*) Belle écriture, qui plus est. “toutefois” me laisse admiratif : le normateur ou la normateuse marque bien qu’il, ou elle, fait là une concession, à son grand regret : on sent que le désherbage chimique lui fait de la peine. Toutefois, à la place de “toutefois” , j’aurais bien vu “néanmoins” , voire “cependant” . Mais vrai, c’est de la belle ouvrage.