( L’autoroute A69 Toulouse – Castres : le Conseil des Tas vient de dire – c’est toujours lui qu’a raison, en alternance avec son jumeau le Conseil Constitutionnel – que le chantier doit se terminer, l’autoroute ouvrir, et basta. Les écolos hurlent à la “capitulation” devant les bétonneurs : si ledit Conseil avait décrété le contraire, les écolos auraient crié à la “victoire de la Justice” . C’est comme au tennis : il ne peut pas y avoir de match nul. Et puis c’est eux, les aficionados des zones humides et des rares tritons zébrés, qui sont allés demander son verdict au Conseil : fallait pas le lui demander !
Certes, la A69, on pouvait en discuter, voir à doubler la Nationale, faire une piste cyclable, un téléphérique, un tramway, que sais-je… on pouvait, à l’imparfait. Quand le chantier est accompli à 88 %, qu’on a bouleversé le paysage, tout ce boulot pour reboucher les trous, ou convertir ce foutoir en Luna Park et en méga-piste de skate ? ce serait ruineux et aberrant. Le Conseil des Tas a simplement constaté l’évidence, on n’a plus le choix : faut finir, et puis c’est tout. “Circulez” , c’est le cas de le dire. )
Mais hier, sur TF1, la speakerine a entonné l’antienne : la France, championne mondiale des normes : 400.000 normes ! Nos bouquins de normes sont les plus épais, de loin ! et il en sort de nouvelles par paquets de 50 ! tous les mois ! Et de nous décrire quelques une de ces aberrations normatives… vous vous régalerez à la dentelle des normes sur la taille des haies. Juste un aperçu : “… toutefois, pour éviter le désherbage chimique, la taille est autorisée au pied des haies, mais sans possibilité de couper les branches, etc etc” . Fondamental ! essentiel !
Et moi de me dire : mais QUI sont ces enragés qui sortent des normes nouvelles comme les boulangers des petits pains ? elles ne tombent pas du ciel, ces contraintes kafkaïennes… qui sont ces normeurs de l’ombre, ces ronds-de-cuir obstinés qui pondent, tous les jours, des machins destinés à nous coincer, nous ficeler, nous borner, toujours plus ? où se cachent-ils ? combien sont-ils ? et on paye des gens pour ça ? c’est dingue…
Tibert
PS – Arthur R., le “poète aux semelles de vent” (devant), ne m’en voudra pas, j’espère, de lui avoir piqué son titre.
