Signaux de fumée

( Dans “le plus beau pays du Monde, le plus grand, le plus magnifique” (et vous navet encore rien vu, attendez que Onc’ Donald vous époustoufle encore plus) on peut même effacer les cartons-rouges des footeux états-uniens, auteurs de gestes punissables ! il suffit que Donald insiste amicalement auprès de son cher ami de la FIFA. N’est-ce pas merveilleux ? il peut tout, Donald, no limits ! )

Mais autre chose : la vigilance, on voit tous de quoi il s’agit. On a la vigilance canicule, incendies, pluies, orages, inondations… (j’en oublie ?). Bien. Les diverses entités “vigilantes” vigilent donc, et je suppose qu’en ces moments des observateurs soucieux, sans pourtant être Sioux, scrutent les signaux de fumée. On le sait tous, y compris les malfaisants, c’est actuellement hautement inflammable, dans le Sud chez nous ; et pas que dans le Sud. Alerter au danger d’incendies, comme la télé nous le serine tous les jours, c’est hélas aussi agiter le chiffon rouge aux yeux de tous les pyromanes compulsifs. Mais, je vais vous dire : aucun des reportages dont on nous abreuve à satiété sur les trop nombreux incendies actuels n’évoque la question : qui a mis le feu ? Pas même notre Nunez de ministre de l’Intérieur, qui reste muet sur le sujet.

Ceci étant, je lis dans Le Parigot, version Houèbe : “Selon le rapport des instituts Globsec et ICCT, plus de 34 incendies criminels et explosions attribués à la Russie ont secoué l’Europe depuis trois ans, et particulièrement en 2024” (l’article traite des efforts de la Russie pour mettre le bazar chez nous). Vous voyez où je veux en venir ? non ? Les narco-trafiquants sont capables d’embaucher des sicaires de 12-13 ans pour une poignée d’euros, aux fins d’éliminer leurs concurrents à la sulfateuse ; pour la même somme et un briquet, je gage qu’il est assez facile de trouver de jeunes mains innocentes et prêtes à rendre service – chères petites têtes blondes !

C’est assez complotiste, ce que je vous raconte là. Je sais. Mais quand on est capable de payer quelques abrutis pour saupoudrer, à l’heure du laitier charcutier, des têtes de porc devant des mosquées, on a d’autres mauvaisetés dans ses poches. Madame Braun-Pivet nous exhorte à la vigilance ? elle a bien raison.

Tibert (barbecue au fond d’un placard)

PS – Tout de même… le Midi Libre raconte qu’on vient de gauler, dans l’Hérault, un présumé pyromane, auteur de neuf (9) départs de feux ! Commentaire du maire de la commune concernée : “Il ne faudrait pas qu’un pyromane se fasse attraper par nos administrés. Je ne suis pas sûr qu’il passerait un bon moment” .

Pharaonique, et mergitur

( Il faudra qu’un jour je vous entretienne de la Droite Républicaine “classique” , celle qui va de, disons… MM. Attal et Philippe à M. Retailleau. Cette Droite qui n’en finit pas de merdouiller avec ses querelles de petits chefs, ses francs-tireurs (M. Bertrand d’un côté, M. Ciotti de l’autre), ses traîtres indécrottables (*) et ses divers ventres mous, MODEM, UDI… toutes moutures incapables de réaliser qu’on n’en est plus à la IVème République, à se refiler des maroquins, quand il y a le feu. Hier j’ai pu voir et entendre monsieur Lemaire chez Mme Ferrari : il a toutes les réponses, monsieur Lemaire ! faut renverser la table ! on a plus les moyens du Modèle Social ! faut siffler la fin de la récré ! maintenant faut travailler ! halte aux petits cénacles des hauts fonctionnaires pantouflards ! Cet homme a été aux manivelles, et des grosses, pendant 7 ans… et les écailles lui tombent des yeux, maintenant ? Allons, allons… )

Mais je voudrais ici en remettre une couche sur les travers chéris de nos normeurs, normateurs, stratèges (toujours anonymes, comme il se doit : c’est l’ Administration, ça devrait nous suffire), pondeurs frénétiques de paperasse vaine – pas toujours vaine : carrément contre-productive, souvent. Le logiciel SCRIBE : le truc moderne, le superbe paquebot logiciel qui devait présider aux besoins de saisie et de suivi des procédures de Police. Un bide retentissant, un de plus. Du fric fichu en l’air, avec une fourchette extra-large : entre 34 et 257 millions d’euros partis en fumée (pas perdus pour tout le monde, je vous rassure tout de suite).

Il se trouve qu’existe un logiciel qui fait le même boulot chez les gendarmes, le fait bien, et a coûté – tout de même – 400.000 euros. Mais à la Police, les gendarmes sont des (…mots d’oiseaux), forcément ; et peut-être réciproquement, n’est-ce-pas, donc, “on va faire notre truc à nous, ça sera bien plus beau” . On convoque, on planifie, on analyse, on modélise, on appelle d’offres, on sous-traite, on comité-de-pilotage… un truc majestueux, une enflure comme on sait magnifiquement faire chez nous – on est les meilleurs, interdit d’en douter – et au bout du bout, on a un monstre, un mammouth obèse, qui ne fonctionne pas.

J’ai déjà écrit là-dessus, pour d’autres trucs, la Paye (la solde) des Militaires, si je me souviens bien. Exactement les mêmes travers. On n’apprend rien ! On pharaonise, trop lentement, des trucs énormes, ingouvernables. Monsieur Allègre avait posé le bon diagnostic – ça lui a valu d’être viré : dégraisser le mammouth (de l’Educ’Nat’), et ça vaut aussi pour les logiciels trop enflés, qui se prennent pour des porte-conteneurs.

Résumons : 1) on part des besoins les plus évidents ; les 5-10 % de cas particuliers qui compliquent tout : plus tard ! on fera ça à la main ! (**) 2 ) On fait des maquettes, on les valide chez les gars du terrain, on corrige les bavures, on évalue l’efficacité, on obtient un modèle réduit qui donne satisfaction ; 3) on industrialise, on robustifie le machin, sans se départir de simplicité ! et tant pis pour les cas tordus. Surtout pas de modèle centralisé : du maillage ! en somme, vive les Girondins, mort aux Jacobins !
Ça va trop vite pour les dinosaures, il faudrait enfin s’en aviser.

Tibert

(*) Un, en particulier, que je vous donne en devinette : grand, barbu (actuellement), sportif, éminent Rhône-Alpin.

(**) En option : supprimer / virer les procédures alambiqués et rares : sim-pli-fier !

Le normeur Duval

( L’autoroute A69 Toulouse – Castres : le Conseil des Tas vient de dire – c’est toujours lui qu’a raison, en alternance avec son jumeau le Conseil Constitutionnel – que le chantier doit se terminer, l’autoroute ouvrir, et basta. Les écolos hurlent à la “capitulation” devant les bétonneurs : si ledit Conseil avait décrété le contraire, les écolos auraient crié à la “victoire de la Justice” . C’est comme au tennis : il ne peut pas y avoir de match nul. Et puis c’est eux, les aficionados des zones humides et des rares tritons zébrés, qui sont allés demander son verdict au Conseil : fallait pas le lui demander !

Certes, la A69, on pouvait en discuter, voir à doubler la Nationale, faire une piste cyclable, un téléphérique, un tramway, que sais-je… on pouvait, à l’imparfait. Quand le chantier est accompli à 88 %, qu’on a bouleversé le paysage, tout ce boulot pour reboucher les trous, ou convertir ce foutoir en Luna Park et en méga-piste de skate ? ce serait ruineux et aberrant. Le Conseil des Tas a simplement constaté l’évidence, on n’a plus le choix : faut finir, et puis c’est tout. “Circulez” , c’est le cas de le dire. )

Mais hier, sur TF1, la speakerine a entonné l’antienne : la France, championne mondiale des normes : 400.000 normes ! Nos bouquins de normes sont les plus épais, de loin ! et il en sort de nouvelles par paquets de 50 ! tous les mois ! Et de nous décrire quelques une de ces aberrations normatives… vous vous régalerez à la dentelle des normes sur la taille des haies. Juste un aperçu : “… toutefois, pour éviter le désherbage chimique, la taille est autorisée au pied des haies, mais sans possibilité de couper les branches, etc etc” (*) . Fondamental ! essentiel !

Et moi de me dire : mais QUI sont ces enragés qui sortent des normes nouvelles comme les boulangers des petits pains ? elles ne tombent pas du ciel, ces contraintes kafkaïennes… qui sont ces normeurs de l’ombre, ces ronds-de-cuir obstinés qui pondent, tous les jours, des machins destinés à nous coincer, nous ficeler, nous borner, toujours plus ? où se cachent-ils ? combien sont-ils ? et on paye des gens pour ça ? c’est dingue…

Tibert

PS – Arthur R., le “poète aux semelles de vent” (devant), ne m’en voudra pas, j’espère, de lui avoir piqué son titre.

(*) Belle écriture, qui plus est. “toutefois” me laisse admiratif : le normateur ou la normateuse marque bien qu’il, ou elle, fait là une concession, à son grand regret : on sent que le désherbage chimique lui fait de la peine. Toutefois, à la place de “toutefois” , j’aurais bien vu “néanmoins” , voire “cependant” . Mais vrai, c’est de la belle ouvrage.