Pharaonique, et mergitur

( Il faudra qu’un jour je vous entretienne de la Droite Républicaine “classique” , celle qui va de, disons… MM. Attal et Philippe à M. Retailleau. Cette Droite qui n’en finit pas de merdouiller avec ses querelles de petits chefs, ses francs-tireurs (M. Bertrand d’un côté, M. Ciotti de l’autre), ses traîtres indécrottables (*) et ses divers ventres mous, MODEM, UDI… toutes moutures incapables de réaliser qu’on n’en est plus à la IVème République, à se refiler des maroquins, quand il y a le feu. Hier j’ai pu voir et entendre monsieur Lemaire chez Mme Ferrari : il a toutes les réponses, monsieur Lemaire ! faut renverser la table ! on a plus les moyens du Modèle Social ! faut siffler la fin de la récré ! maintenant faut travailler ! halte aux petits cénacles des hauts fonctionnaires pantouflards ! Cet homme a été aux manivelles, et des grosses, pendant 7 ans… et les écailles lui tombent des yeux, maintenant ? Allons, allons… )

Mais je voudrais ici en remettre une couche sur les travers chéris de nos normeurs, normateurs, stratèges (toujours anonymes, comme il se doit : c’est l’ Administration, ça devrait nous suffire), pondeurs frénétiques de paperasse vaine – pas toujours vaine : carrément contre-productive, souvent. Le logiciel SCRIBE : le truc moderne, le superbe paquebot logiciel qui devait présider aux besoins de saisie et de suivi des procédures de Police. Un bide retentissant, un de plus. Du fric fichu en l’air, avec une fourchette extra-large : entre 34 et 257 millions d’euros partis en fumée (pas perdus pour tout le monde, je vous rassure tout de suite).

Il se trouve qu’existe un logiciel qui fait le même boulot chez les gendarmes, le fait bien, et a coûté – tout de même – 400.000 euros. Mais à la Police, les gendarmes sont des (…mots d’oiseaux), forcément ; et peut-être réciproquement, n’est-ce-pas, donc, “on va faire notre truc à nous, ça sera bien plus beau” . On convoque, on planifie, on analyse, on modélise, on appelle d’offres, on sous-traite, on comité-de-pilotage… un truc majestueux, une enflure comme on sait magnifiquement faire chez nous – on est les meilleurs, interdit d’en douter – et au bout du bout, on a un monstre, un mammouth obèse, qui ne fonctionne pas.

J’ai déjà écrit là-dessus, pour d’autres trucs, la Paye (la solde) des Militaires, si je me souviens bien. Exactement les mêmes travers. On n’apprend rien ! On pharaonise, trop lentement, des trucs énormes, ingouvernables. Monsieur Allègre avait posé le bon diagnostic – ça lui a valu d’être viré : dégraisser le mammouth (de l’Educ’Nat’), et ça vaut aussi pour les logiciels trop enflés, qui se prennent pour des porte-conteneurs.

Résumons : 1) on part des besoins les plus évidents ; les 5-10 % de cas particuliers qui compliquent tout : plus tard ! on fera ça à la main ! 2 ) On fait des maquettes, on les valide chez les gars du terrain, on corrige les bavures, on évalue l’efficacité, on obtient un modèle réduit qui donne satisfaction ; 3) on industrialise, on robustifie le machin, sans se départir de simplicité ! et tant pis pour les cas tordus. Surtout pas de modèle centralisé : du maillage ! en somme, vive les Girondins, mort aux Jacobins !
Ça va trop vite pour les dinosaures, il faudrait enfin s’en aviser.

Tibert

(*) Un, en particulier, que je laisse à votre sagacité. Grand, barbu (actuellement), sportif, éminent Rhône-Alpin.

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