On racle le fond

( J’avais oublié, pour mon billet précédent : au Musée Jacques Chirac, ils ont un Livre d’Or ! enfin, aux dernières nouvelles il n’avait pas encore été volé. Mais vu le matériau dudit bouquin, ça ne saurait tarder. )

Des trucs évidents, des quasi-truismes, alors à quoi bon les commenter ? tenez, le plan de paix avancé par Donald T. et son “Club de la Paix” simili-ONU, pour la bande de Gaza : les Israéliens n’en veulent pas ! 😉 on tombe de l’armoire, qui l’eût cru ? la ligne de conduite israélienne est très simple, brutale, et faite pour résister à tous les plans Donaldiens, même presque raisonnables. Depuis le massacre du 7 octobre – initiative désespérée, stupide et révoltante du Hamas, qui tenait Gaza en coupe réglée – toutes les justifications, tous les prétextes sont bons pour écraser et soumettre les alentours, avec l’appui d’un gouvernement (émanation d’une majorité de citoyens, eh oui) de fanatiques du MIGA, version suprématiste locale du MAGA.

Une autre évidence : notre ventre mou de la gauche gnangnan se sent pousser des ailes. “Moi-Président” , le Hollande que personne ne nous envie se verrait bien rempiler, façon come-back sinistre du furtif à scooter. Il a tout de même établi, tel Kelvin, le Zéro Absolu de la politique, rappelons-nous l’affaire Leonarda, qui a ridiculisé nos institutions et tout un gouvernement. Bien évidemment, l’affreuse perspective d’un duel 2027 Mélenchon-Le Pen ou subrogé (*) désespère tout citoyen censé, et donc, vers qui se tourner ? entre une droite “guerre des chefs” qui, à part MM. Retailleau et Ciotti, a peur de son ombre, et une gauche qui a enterré les principes républicains de base, et persiste, contre tout bon sens, à claquer le fric que nous n’avons pas, il nous reste la bande sans queue ni tête de l’extrême-en-même-temps. Dès lors, un Hollande-bis ? ça paraîtrait presque moins pire. C’est dire !

Tibert

(*) Non ce n’est pas Roger, c’est Jordan.

Bars ouverts

( Deux bricoles… primo, une tribune du Monde vante le caractère exemplaire de la nomination de monsieur Zidane comme nouvel entraîneur des footeux Français : “Le nouveau sélectionneur (…) incarne un contre-récit français et un antidote aux idées d’extrême-droite comme de gauche” (ah… il n’existe pas d’extrême-gauche ?) . C’est donc un “récit” d’extrême-centre ? Où l’on s’esbaudit de voir un Français, d’origine maghrébine, accéder à de grosses manivelles… “Hein, vous voyez ?” Eh bien non : il a son diplôme d’entraîneur, il est donc compétent, ce fut un footeux fantastique – moins le coup de boule sur Materazzi, mais bon, Materazzi se montra ignoble. “Zizou” cochait les bonnes cases, la place était à prendre, il était candidat, et voilà. Tartiner là-dessus, le monter en épingle, c’est encore et toujours lui assigner ses origines. C’est pénible. Zola était fils d’un Vénitien : et alors ? faut-il le rappeler sur chaque Quatrième de couverture ?

Deuxio, le méga-feu dans le massif du Gros Bessillon, dans le 8-3, est enfin “fixé” , comme on dit, après dix-huit jours de boulot. Je ne suis pas extra-lucide, mais si l’on trouvait derrière la persistance, les multiples reprises, l’imprévisibilité – voire la perversité – de cet incendie, des individus malveillants et bien organisés, je n’en serais pas autrement étonné. Mais, laissons les enquêtes suivre leur cours.

Ah si, un troisième truc : le Musée Chirac, à Sarran, dans le 1-9. Un n-ième cambriolage, tout récent. Même Télérama s’en alarme. C’est “buffet libre” , ce Musée ! Pas besoin de s’appeler Hercule Poirot (un fils d’immigrés Belges, prenez-en de la graine ! ) pour supposer l’existence d’une équipe de malfrats bien introduits, voire dans la place, bien au courant de ce qu’il y a à piquer d’intéressant, et des moyens de se servir : c’est de la production locale, ça madame. Mais, laissons les enquêtes suivre leur cours (bis).

Tibert

Vire ton tipi, j’ai ma yourte !

( Des nouvelles des guerres : comme quoi tout est dans tout – et réciproquement – l’Iran envisageait, paraît-il, de balancer quelques missiles sur l’Ukraine ! Confirmation de la chaîne d’amitié indéfectible qui lie les Russes, l’Iran et ses “petits” (Hezbollah, Hutis, Hamas, milices chiites irakiennes…), la Corée du Nord, et la Chine, plus discrètement. Les Iraniens sont fâchés car les Ukrainiens leur auraient marché sur les pieds, opérant en mer Caspienne pour y contrer les Russes, et il se trouve que la Mer Caspienne est pour l’Iran une annexe du Détroit d’Ormuz, vous voyez le truc (en fait chacun sait que les Russes commercent avec l’Iran pour des denrées explosives et belliqueuses, qui transitent par exemple par la Caspienne, dont les deux pays sont riverains). Mais l’Ukraine se serait excusée, donc on en est resté là. On a frôlé là l’incident diplomatique ! et une connexion inattendue, mais prometteuse, entre les deux conflits. )

Mais autre chose : la municipalité de Rennes, ville de gauche depuis la nuit des temps, et plus écolo que Rennes tu meurs ( sa Rue de la Soif, ses punks à chiens), va fiche en l’air six des trente “tipis” (tentes indiennes) d’un centre de loisirs. Ces machins en toile et bois sont contaminés au formaldéhyde ! le bois “écolo” traité au formaldéhyde… Bref, les trente tipis sont interdits aux gamins. Et l’on commence à remplacer tout ça, à assez grands frais, apparemment : 700.000 euros. Eh oui, c’est qu’on va installer trois yourtes, à la place des six tipis. Les steppes de l’Asie Centrale plutôt que les prairies de l’Idaho.

On en déduira aisément qu’une yourte contient deux fois plus de bambins qu’un tipi : le tipi est conique, la yourte est cylindrique, donc en surface Loi-Carrez la yourte est plus avantageuse, à périmètre identique. On n’ose suggérer aux services Rennais des Achats de bien vérifier que les armatures et le feutre des yourtes sont bien Elevés sous la Mère, de Première Pression à Froid, et Sans Pesticides. Si l’on avait en outre du “Produit Localement”, ce serait parfait.

Tibert

Inquiétante raquette à trous

( L’épisode de ruée massive de Marocains – 90 % de jeunes mâles – dans l’exclave (*) espagnole de Ceuta est éclairant à plus d’un titre : comme l’Iran avec le détroit d’Ormuz, le Maroc a son arme atomique ; il peut bloquer / maîtriser / lancer les flux de migrants vers l’Europe. Là c’était “ouverture massive des vannes” avec encouragements. Moralité : ceux qui racontent que l’immigration n’est pas un problème… se fichent du monde. Apparemment, ç’en est bien un ! Un problème d’intendance, logistique, économique, d’abord, et puis naturellement un problème d’identité, de culture, donc idéologique. Le cocasse, ridicule et cocasse de la chose, c’est que notre Munez de l’Intérieur ( faut faire quelque chose ! marquer qu’on réagit !) a ordonné le renforcement des contrôles aux frontières, des fois qu’un pont aérien nous amène quelques dizaines de milliers de jeunes Marocains depuis Ceuta. Un coup de menton pour rien.

Mais revenons sur le “trou dans la raquette” . Au fait, je n’ai jamais vu un joueur de tennis utiliser une raquette suffisamment trouée pour laisser passer une balle, mais bon. Le Parigot en traite : pendant 22 jours, la Justice a joué avec une raquette trouée contre les avocats de mineurs en détention provisoire, inculpés de crimes – pas de braves petits, donc ! Ne blâmons pas les avocats des malfrats : ils bossent pour leurs clients. Le ministère, en revanche, et les juges qui ont jugé… ont largué des bâtons de dynamite dans la nature. Combien ? si la Chancellerie avoue UN mineur relâché “que normalement on aurait pas dû” , le journal en cite déjà trois !

Voilà, on en est là, sans savoir combien de balles sont passées indûment à travers la raquette. Je vous cite le canard, qui résume bien le problème : supposons que le mineur criminel récidive avant son procès, “ on dirait quoi à la famille de la victime ? Que son agresseur est sorti de prison à cause d’un vide juridique ? ” . La bonne nouvelle, c’est qu’on a finalement comblé ce vide, bouché le trou ; quant à espérer que le ministère de la Justice rende des comptes, on peut paisiblement attendre les Calendes Grecques. Et pour une révision de la Justice des mineurs, devenue complètement obsolète, alors là…

Tibert

(*) Je ne connaissais pas ce terme, qui ressemble bigrement, à l’entendre, à “esclave” : voilà, Ceuta c’est une ex-clave. Une enclave, mais à l’extérieur. Merci et chapeau, maître Cappello.