Trois points (trois traits, trois points)

C’est le bon vieux SOS du Morse, jadis bien connu, et qui a complètement disparu avec l’évolution technique (technologique, si vous y tenez). SOS sur nos finances publiques : on est endettés jusqu’aux cheveux, mais il faut, disent les lycéens jusqu’auboutistes, 10 milliards, et tout de suite, et qu’ça saute ! à ce propos, j’entendais, ahuri, l’autre soir, une manifestante expliquer que, c’est pas humain, “elle voit plus ses profs que ses parents” ! (*). Eh bien mon petit lapin… c’est NORMAL ! complètement normal : on est sorti des bras de papa-môman, c’est un âge où l’on apprend ! pour avoir sa place active dans la société, ensuite (en plus l’argument est faux, calculé sur 365 jours par an, et non pas sur les seuls jours de bahut).

SOS donc, et comment ! les députés, en discussion du futur budget, ne veulent pas supprimer l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités. C’est gentil pour les retraités, mais où va-t-on trouver les économies annoncées ? (en fait ce ne sont pas des “économies” , mais des impôts plus lourds : l’état français ne peut pas, ne veut pas se serrer la ceinture. C’est maladif, il faut qu’il claque, claque, claque, sans retenue ni discernement ni même bon sens, le fric qu’il n’a pas… et va donc chercher dans nos poches. Le coup de bichonner les retraités : électoralisme, démagogie, inconséquence, légèreté, lâcheté ? les deux, mon général.

Enfin, le Monde, jamais en manque d’objectivité 😉 , traitant du mouvement lycéen, écrivait il y a deux jours : “Laurent Nunez affirme que 761 policiers et gendarmes ont été blessés depuis le début des mobilisations” . On admirera le recul, la prudence du propos : c’est lui qui le dit, hein… ! (en musique de fond : violences policières ! violences policières !)

Tibert

(*) C’est le côté pile : “on est surchargés de boulot” . Le côté face, en alternance, c’est “il manque plein de profs, on nous laisse en rade” .

“Vous avez demandé la Police…”

( Un mouvement social discret, qui vient de se terminer dans la soie : la grève des électriciens et gaziers a pris fin, le gouvernement renonçant à raboter les “avantages acquis” de cette juteuse corporation. Il s’agit du “tarif agent” , qui facture aux heureux bénéficiaires entre 2 % et 10 % – suivant les diverses approches de calcul – du tarif standard de vous-et-moi. Et, même les retraités ! On est heureux pour eux. Sauf que c’est vous-et-moi qui payons ces largesses. Il faudra attendre – ça ne va pas tarder – la mise sous rude tutelle, au pain sec et à l’eau, de ce pays par le FMI, pour revenir à des dispositions plus morales et de bon sens : nos dirigeants n’ont pas le courage nécessaire. )

Mais, ravalons notre tristesse, sur ce beau pays en proie, encore et encore, et de façon maintenant systémique, à la violence et à la casse. On sait la logique impeccable qui veut qu’on pète des abribus, saccage et pille des boutiques, incendie tout ce qui s’y prête pour exprimer des revendications. Je veux juste pointer un truc : l’incendie criminel, abominable, qui a en partie détruit le lycée tout neuf “Nelson Mandela”, à Nantes. Ouest-France (qui a fait disparaître cet article de sa page d’accueil) titre : “Pourquoi la police était-elle absente lors de l’incendie de la façade du lycée Nelson-Mandela à Nantes ?” . On a juste droit à un moignon d’article : il faut payer pour en avoir la totalité. Mais ça débute comme ça : on le savait ! à l’avance ! ça avait été annoncé sur les “rézos” , notamment Snappe-Chatte, cette poubelle sans couvercle. Et de se demander : mais pourquoi, nom d’un petit casseur, la Police, notre police bien-aimée, ne s’en est-elle pas occupée toutes affaires cessantes ?

C’est simple :

  • de une, si on savait, il fallait le dire ! un acte de civisme “de base” , évident. A défaut de s’y opposer à temps, ce qui demandait, en plus, du courage (*).
  • de deux, la police n’est pas, en ces journées, à faire des crapettes au fond des bureaux pour passer le temps : ils ont du boulot partout.
  • de trois, il faudrait savoir : quand la police est là, on râle. Quand elle fait défaut, on se plaint. Un peu de cohérence, que diable.
  • de quatre : en somme, si l’on suit bien, c’est la faute à la police” , le lycée incendié ! Les émeutiers ? n’exagérons rien… des débordements, oui, peut-être…

Tibert

(*) Cette femme agressée dernièrement au lance-flamme et au visage (un spray de laque enflammé) par un voyou : elle tentait de dissuader les émeutiers de casser l’abribus, d’une utilité indéniable, et qui ne leur avait rien fait : c’est du courage.

C’est bien long !

( Un article utile du Monde – assez technique, donc pas imprégné de la Pensée-Plenel, celui-là – sur un phénomène inquiétant : l’obsolescence vitesse Grand-V des voitures. Un truc qui se passe pour le moment en Chine, mais ça nous pend au nez. Des acheteurs d’un super bolide tout neuf prennent ainsi possession d’un modèle déjà dépassé ! Parce que la technique (*) des batteries a changé depuis le bon de commande, parce que les puces du firmware (du micrologiciel) ont changé, parce que l’architecture des moteurs est autre… ce, à un rythme assez dingue. Pas grave ? si, tenez : “23 constructeurs de véhicules électriques ou hybrides étaient en procédure de faillite ou de liquidation, laissant sur le carreau 850.000 automobilistes qui ne peuvent plus assurer leur voiture, voire rentrer dedans (**), l’application multifonction permettant d’ouvrir le véhicule n’étant plus en service !” . Un lecteur du journal évoque l’hypothèse prochaine de son smart-frigo qui ne voudra plus s’ouvrir, parce que l’appli qui gère l’engin sur son mobile sera affligée de bogues, etc…)

Mais cette campagne présidentielle : c’est d’un long ! et on a encore six mois à se taper ça. Ils sont partis de beaucoup trop loin, les candidats ; vous voyez des marathoniens sprinter dans les deux premiers kilomètres ? du calme ! Laissez-nous respirer. Hier, monsieur Attali, Jacques, planchait chez LCI, et ma foi en parlait assez pertinemment. Passons sur sa déploration des errements budgétaires et mortifères du pays : ça fait 52 ans qu’aucun des budgets de la France n’est plus excédentaire ; lui était près du Bon Dieu au cours des années Mitterand, non ? il aurait pu en glisser un mot à qui de droit. Mais ce n’est pas le sujet.

Monsieur Attali décortiquait donc la stratégie des Insoumis Mélenchoniens, analyse qu’il partage avec moi, et réciproquement. On souffle sur les braises, on sème le bazar, on attise la violence, les violences. Réaction logique de la plupart des citoyens calmes et sensés : il faut que ce cirque insupportable et délétère cesse, on va voter pour de l’ordre, du respect des lois : pour la Marine ! Le lendemain du scrutin donnant celle-ci gagnante, insupportable victoire du fâchisme, on appelle à la “violence légitime” , on s’insurge et on casse tout : le matin du Grand Soir, donc.

Tibert

(*) Oooups ! technologie, pas technique : c’est plus volumineux en bouche, ça donne mieux.

(**) Elégante formule ! Quand on fait du rentre-dedans à sa voiture… On aurait pu écrire : ” … qui ne peuvent plus assurer leur voiture, voire y entrer” ; mais je ne sais pas écrire le journaleux, moi.

Notre position elle est claire :

(Ou “notre objectif il est clair : ” , etc.) Le redoublement du sujet il est devenu la règle, sinon la phrase elle est peu claire, vous comprenez ? )

Eh oui, c’est très clair, non ? les lycéens fichent le bordel pour, disent-ils, réclamer plus de moyens, moins de cafards, plus de profs, moins de cours, une cantoche plus gastronomique, “Palestine vaincra” , niktamèr, tout ça… chaudement encouragés au porte-voix par les LFI et les trotskistes… pour ensuite se lamenter, à Nantes, que leur beau lycée tout neuf ait brûlé ! La violence elle est légitime ? on en assume les conséquences. il était donc peut-être légitime de brûler ce lycée ? Une bonne initiative de la Région serait de laisser ce pauvre bâtiment blême en l’état, tel une installation d’Art Comptant Pour Rien. Et un concours d’idées pour lui trouver un titre. Le terme “connerie” pourrait assurément y figurer.

Autre chose : Le Monde, bien dans sa ligne éditoriale (merci monsieur Plenel) sort un long article sur l’emprise grandissante des médias d’ “extrême-droite” sous le règne de Macronibus Premier. Le JDD, CNews, Europe 1, etc, le diagnostic est terrible : c’est la mainmise sur la pensée. Songez : même des gens convenables, donc pas encore catalogués fachos, vont se faire interviouver chez Bolloré-Presse ! Ainsi monsieur Attal (Gabriel, pas Ivan), au JDD !

Je vous livre (je ne délivre pas (*)) cet extrait que je trouve lumineux, éclairant (commentaire à suivre) : “Le premier secrétaire du PS [Monsieur Faure, NDLR] se demande si la partie n’est pas déjà perdue, lorsqu’il rapporte que même sa mère regarde CNews ! « Il a fallu que je m’y reprenne dix fois en lui disant : “Mais maman, tu sais que tu regardes une chaîne d’extrême droite ? ” . La morale elle est claire : nous sommes trop obtus pour nous faire notre propre opinion. La diversité des points-de-vue ? c’est extrêmement néfaste ; monsieur Faure enjoint donc à sa môman de ne pas regarder les mauvaises chaînes. Autant les interdire, n’est-ce-pas ? c’est le souhait le plus cher des détenteurs de la Lumière, le Parti qui Sait.

Tibert

(*) Dans la dernière livraison (et non délivraison) de “Lire”, magazine littéraire français de bonne tenue… article sur le dernier bouquin d’Amin Maalouf… “L’académicien délivre un plaidoyer humaniste, gnagnagna…” . Façon chronique de foot : Dugenou délivre un tacle glissé sur Macheprot, etc.

Sujets (de mécontentement)

( Monsieur Ménard, maire de Béziers, comparaissait hier en justice à Montpellier, noyé de pluie (Montpellier, pas le maire) ; on lui reprochait d’avoir refusé de marier un couple, hétérosexuel, dont le mâle, Algérien, était sous OQTF : obligé depuis pas mal de temps de quitter notre pays. Or, la LOI stipule que le mariage est Premier : avec les dents s’il le faut, en rampant sous les bombes ; ça prime sur toute objection. Sauf que “O” dans OQTF, c’est Obligation : monsieur Ménard devait donc marier mordicus un type qui Obligatoirement ne devait pas être là. Magnifique pirouette qui piétine le bon sens. Au passage, saluons la fable lamentable des OQTF, presque jamais exécutées, nonobstant leur nécessité – sinon, à quoi bon ? – pour la protection de nos citoyens. Mais bof, ça ne gêne personne, dans nos Hautes Sphères, et l’on continue à balancer des OQTF comme le curé agite son goupillon trempé d’eau bénite : ça ne sert à rien, mais c’est rafraîchissant. )

Et puis, catalogue à la Prévert, bric-à-brac des mécontentements tous azimuts de la jeunesse lycéenne, qui justifie de tout casser – comme ça on ne pourra vraiment plus faire classe : cet article “sur le vif” qui donne la parole à Lola, 16 ans, élève de 1ère dans le 7-7. Tout y est, même la cantoche est dégueulasse ! Y a trop de cours, mais il manque plein de profs ! Il faut se lever à 6 heures, c’est terrible ! inhumain ! Lisant ça, je me dis qu’on est foutus. L’école était jadis érigée, légitimement, en sanctuaire , du savoir, de l’apprentissage, du mérite. Le bon élève suscitait l’estime – ou l’envie – des autres “apprenants” (*) ; aujourd’hui c’est un “bouffon” ; on a mis des portiques de sécurité aux entrées des lycées (quel symbole !), et par ci-par là certains sortent des couteaux, pour “planter” un prof contrariant. Bref, la dégringolade.

De réforme quasi annuelle en dépréciation du savoir, de renoncement à l’effort au dénigrement de la hiérarchie, nous plongeons, avec obstination. Bof… huit-cents mots, et des émoticônes, ça devrait suffire : on aura l’IA !

Tibert

(*) Superbe invention lexicale des cuistres qui naufragent l’Educ’ Nat (voir le bouquin d’Evelyne Tschirhart “L’école à la dérive” ). Ils ont même essayé, ces cons, de supprimer les maths. Pendant ce temps-là, en Afghanistan redevenu primitif, des femmes risquent leur vie pour aller à l’école, coûte que coûte.