( Monsieur Coste, sénateur LR de Corrèze, a soulevé des vagues de commentaires alarmés, ayant déclaré, je cite : “Comment voulez-vous dialoguer avec des enragés qui veulent tout foutre en l’air ? ( …) A la fin des fins, l’état a une prérogative, celle d’abattre ceux qui veulent l’abattre” (ce serait une citation du général De Gaulle). On s’esbaudit : “abattre” ? il a dit abattre ? ” Ben oui, il l’a dit. Quand on hurle “à bas l’état” , ça veut dire qu’on veut l’abattre ; les mots ont un sens, non ? Rappelons-nous cette image, tragique, de Salvador Allende, casqué, armé d’une mitraillette, devant la porte du palais présidentiel chilien : il allait se battre contre ceux qui voulaient les abattre, lui et l’état légitime qui l’avait mis à la tête de son pays. Il avait tort ? il était très courageux. Hélas il était en position de faiblesse, c’est lui qui a été abattu. Donc : que notre état, démocratique, ne se montre pas faible face à ceux qui manifestement veulent sa peau, sans passer par les urnes. )
Je reviens sur cet acronyme anglophone, ACAB = tous les flics sont des salauds (“bastard” , ce n’est pas “bâtard” au sens de “né hors contrat de mariage” (plus personne ne s’en offusque), c’est salaud, ordure, fumier, salopard, etc). On y a droit partout ! c’est très tendance, et la gauche “raisonnable” – c’est-à-dire, ni les Insoumis ni les nihilistes – n’y trouve rien à redire, ce qui est assez minable. Voyez, ce sont des flics qui protégeaient monsieur Ali Rabeh, maire socialiste de Trappes, quand il recevait des menaces de mort ; ce sont des flics qui ont gaulé l’excité qui vient de tirer dans le tas dans cette même ville, l’empêchant de poursuivre son carnage. Plus généralement, ce slogan de haine, ACAB, est haïssable, ignoble, et indigne – enfin, si, digne des crânes de moineaux qui professent qu’on n’a pas besoin d’état ni de police. De Dutroux à Ravachol, de Pol Pot à Landru, de Carrier (les noyades de Nantes) à Mengele, les salauds sont partout, et ça n’est pas près de changer ; ce n’est pas avec un goupillon et de l’eau bénite qu’on s’en protège.
Tibert
