La faute à qui

( Les canards d’hier s’interrogeaient gravement : ce début de guerre civile qu’on ne veut pas nommer, et donc, ce “chaos” , pour rester poli ; ce tragique sous-dimensionnement du dispositif sécuritaire (*)… qui est responsable de ce drame ? et de citer les Renseignements qui ont merdé, mal évalué les volumes, le gouvernement qui n’est pas à l’écoute, la police qui n’était pas là où il fallait, pas assez ferme, ou trop, selon les avis… je vais vous dire, c’est très simple : les responsables, ce sont d’abord et avant tout, les émeutiers, les pilleurs, et la haine de la France. C’est un truisme ? certes, mais il semble utile de le rappeler. )

Ceci dit, Le Monde, toujours prompt à donner la parole aux damnés de la terre, publie une tribune d’universitaires alertant sur le fait que « En dépit de l’indifférence générale, l’université est au bord du gouffre ». En gros, plein de facs sont fermées, c’est navrant, l’enseignement “en distanciel” (à distance, donc) n’est vraiment pas fameux, etc. En particulier, l’autonomie des universités depuis la loi Pécresse serait une abomination, l’état fait défaut, on n’a pas de sous, gnagnagna.

Cette tribune est signée de diverses pointures, profs de droit (massivement), histoire du droit, sciences politiques, “esthétiques et politiques des arts vivants” (ça semble appétissant), psycho et littérature. Mais personne chez les matheux, chimistes, physiciens, biologistes… les sciences dures n’y sont curieusement pas (il est vrai qu’il y est plus difficile d’y faire des parcours bidon).

Si des facs sont fermées, c’est pour éviter ce qui est arrivé à celle de Nantes ; ce sont des précautions de simple bon sens, et le pays des Bisounours, c’est terminé. Si l’on enseigne “en distanciel” c’est que des furieux bloquent (illégalement, faut-il le rappeler ?) les entrées. Et l’autonomie est un évident progrès, dans ce pays d’irresponsabilité, la sale habitude étant de tout attendre d’un état-bon-papa, prodigue de largesses mais aux poches pleines de vent (notons la démagogie qui a instauré le tarif de la bouffe étudiante, riches ou pauvres, studieux ou “touristes” : un euro, prix hallucinant).

Mais le fond de l’affaire, on en traite au courrier des lecteurs : le fond de l’affaire, c’est que le bac ne filtre quasiment plus rien, et que les filières techniques sont totalement dévalorisées. C’est très con. Et ce sont des kyrielles de ministres de l’enseignement qui se sont évertués à saboter l’exigence, le savoir reconnu, l’effort, et le bac avec. Par lâcheté, et au nom de “l’égalité des chances” , “l’inclusion” , on a convoqué les Trissotin de l’Educ’Nat pour enrober ça d’argumentaires à base de “l’apprenant se construit son propre savoir” ; “il n’y a pas de culture supérieure à d’autres” , etc. Au bout, c’est notre superbe Bérézina. Et, attendez les ravages de l’IA !

Je finis avec cette citation d’un lecteur du canard susnommé : je plussoie, avec d’autant plus de conviction que ce dont il témoigne, je l’ai moi-même souvent constaté.

“Directeur de thèse dans un domaine scientifique, je ne peux que constater l’extrême difficulté des étudiants à se concentrer pour prendre en main un problème ardu, les carences en matière d’orthographe mais ce n’est pas le pire car c’est surtout la capacité à structurer un texte donc à formaliser ses idées qui est dorénavant problématique pour le moindre travail de synthèse (rapport, exposé, …). Et on constate ça même chez des doctorants issus des écoles d’ingénieurs” .

Tibert

(*) A Marseille, on a compté autour de 30.000 émeutiers : voyous, casseurs, blackblocs et pilleurs. Soit les effectifs de deux divisions d’infanterie.

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