Une, deux, une, deux

Gauche, gauche, gauche ! « dans la troupe, y a pas d’jambes de bois ; y a des nouilles mais ça n’se voit pas ».

Eh oui y a des nouilles.

Mâame Royal avance que Mister Baïrrou (ortograf fonétik) serait fort dangereux : illusions que ce prétendu centre, miroir aux allouettes ; c’est « droite contre gauche, faut pas s’leurrer ! »

C’est justement la soupe qu’on nous sert depuis 60 ans, et on en a vraiment ras le béret, vu les résultats. Il serait temps que nous rejoignions les pays un poil modernes, ceux qui ont constaté que la démocratie s’acccomode à merveille des idées qui se respectent tout en s’affrontant : bref tout sauf le droite-gauche cher aux nostalgiques de la Guerre Froide.

Freud et les Ayatollahs

Voir cet excellent article, vif et enlevé, sur

http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070224.

Extrait… de Sylvain Bourmeau, des Inrockuptibles : « Dans un contexte de crise de l’autorité politique, Royal incarne la mère alors que Sarkozy n’incarne pas le père ».

Les Inrocks‘, comme on dit quand on est branchouille, c’est le canard qui – avec Le Monde, plus distant et Télérama, catho de Gauche à en pleurer – prétend dire la qualité culturelle chez nous. Les Ayatollahs de la critique, les adorateurs de navets, contempteurs du succès.

Eh ouais, Sarko n’est pas assez vieux pour incarner fantasmatiquement le papa de M. Bourmeau ! Et eût-il été vieux, il fallait tout de même un n’argument pour justifier ce que chacun sait : que les journaleux des Inrocks sont de gauche, forcément de gauche, pour paraphraser feue Marguerite D.

(D’ailleurs, savez-vous pourquoi la balance penche à gauche ? c’est à cause du poids des éléphants, ah ah ah !)

Mais formulons deux remarques :

1) Qu’est ce qui justifie ce diagnostic de « Crise de l’autorité politique » ? Est-ce à dire que le gouvernement n’est pas assez ferme, rude, autoritaire, répressif ? ahhh quel regret de messieurs Raymond Marcellin, Roger Frey, les cars de CRS … c’était le bon temps !

(Je diagnostiquerais plutôt une démocratie qui respire mal dans un cadre bipolaire et ossifié, empêtrée dans des schémas politico-archaïques datant des années 50)
2) Pour incarner la figure du Père qui manque tant à M. Bourmeau, y a un type parfait, même qu’il pourrait jouer le cap’tain long John Silver avec un bandeau sur l’oeil ; il est vieux et autoritaire comme on aime, alors les Inrocks, la figure du père, ouvrez les yeux, elle est au FN !!

(PS : et la figure de la grand-mère ? Arlette ? )

Godillots, suite

Encore une couche sur les godillots… une idée fixe, sans doute.
Les députés viennent d’adopter le projet de loi (et une loi de plus, une) de Mister Borloo sur le « droit opposable au logement » : droit réclamé à grands coups médiatiques et coups de gueule par la Gauche, toutes options (trotsko / communo / socialo / verdo / don Quichotto…) confondues. Et comme c’est un sujet Politiquement Correct, nolens volens, la Droite s’y est collée.

Résultat : UMP et UDF ont voté le texte ; PC, PS et Verts se sont abstenus.

Voyez comme c’est beau : ils se sont abstenus.

PC, PS, Verts : bande de faux culs ! ça vous écorcherait l’ego de voter pour un texte que vous avez réclamé, quand vos z’adversaires y souscrivent !! Tous en rang, on ne veut voir qu’une tête ! Ce serait déchoir que d’approuver cette loi AVEC la Droite.

Voilà une démocratie qu’elle est belle !

Cul-mule

Encore une diatribe contre les cumuls des mandats électifs ? eh oui encore une.

Il me souvient que j’ai souventes fois voté contre not’ maire, « député-maire » comme il se doit (il y a aussi le sénateur-maire, comme il y a le Picon-grenadine, le Suze-cassis (*)…), en exprimant ma colère par un bulletin – évidemment nul, mais tant pis – où je barrais le nom et écrivais en gros caractères rouges « NON AU CUMUL DES MANDATS ». Inutile, car mon maire est toujours député, et ça ne le gêne toujours pas. Donc je continuerai, jusqu’à ce que la vie politique française ait banni cette pratique dégueulasse.

Ces messieurs-dames arguent que « maire, c’est être au plus près des préoccupations des citoyens, c’est un antidote au travail parisien de député » (ou sénateur, conseiller régional, général, député européen, rayer la mention inutile). Ouais, moi aussi je rêve de pouvoir faire de l’oenologie en prenant sur mon temps de travail, d’écrire un bouquin … le problème, c’est que mon employeur ne l’entend pas de cette oreille. Et je peux le comprendre : il me paye pour un certain boulot, donc je dois m’y tenir.
Eh bien, nous sommes les employeurs de ces cumulards : maire d’une ville, de 10.000, 50.000, 300.000 âmes c’est assez de boulot ! On les paye pour ça, et basta. Mon maire se fout de ma gueule en bossant aussi comme député (d’une petite partie de la ville dont il est maire, admirez la pirouette !) ; pire, c’est de l’escroquerie.

NON NON et RE-NON AU CUMUL DES MANDATS !!! Quel politicien / cienne s’engagera à faire respecter cette règle de bon sens et de morale ?

(*) en revanche, Fernet-Branca n’est pas un cumulard, contrairement aux apparences.

500 sinon rien

On dit (mais que ne dit-on pas) qu’Arlette (« tu rotes Charlotte, tu … Arlette ») aurait ses 700 signatures haut la main. Longue vie à Arlette, qui par un miracle que je ne m’explique pas, parvient à convaincre 700 élu(e)s qu’elle va enfin dire quelque chose de pertinent, positif, et qu’elle a ses chances pour l’Elysée.

En revanche (il ne faut pas dire « par contre », très incorrect, « par contre ») Jean-Marie le Borgne aurait du mal à rassembler le quota nécessaire pour se présenter. Voilà une nouvelle moche, moche pour la démocratie – 17 % de voix c’est représentatif) , moche pour la liberté – car ça veut dire qu’on fait pression pour empêcher qu’il ait ses signatures – et moche pour le débat, car ça enlève de l’intérêt à la campagne.

Comme disait l’autre ; « je suis contre ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».

Ceci dit (Bel-Abbès), on dira que les 500 signatures c’était pour que les farfelus ne puissent pas se présenter : eh ben c’est loupé, et dans les deux sens.

Virés

Un des papes des débats politiques : le père Duhamel (Alain) soi-même, viré de FR2 et de RTL : il a osé prende parti pour un candidat (Bayrou) : « C’est quelqu’un que j’aime bien et je voterai pour lui. »  a-t-il déclaré. Et hop, viré, car pas impartial.

Reste à virer tous ceux qui prennent parti sur les antennes publiques. Donc tous les hommes/femmes politiques, les z’artistes : virés. Johnny a dit son affection pour Sarko ? viré ! Djamel aime bien Ségo ? viré.

Ca va être calme, la campagne électorale. 

Imagine

John Lennon l’avait chanté, imaginons.

De quoi s’agit-il ?

71 % des français sont pour un gouvernement d’Union Nationale !! dixit Le Monde de ce soir.

Et M. Santini (UDF rallié au Petit Nicolas) de commenter : « Imaginons que cette démarche soit plébiscitée par les Français «  ( eh beh justement, c’est 71%, c’est pas si mal, non ? NDLR). « Comment concrètement la mettre en œuvre au gouvernement ? Avec qui ? Avec quelle majorité à l’Assemblée nationale ? Cette démarche est intellectuellement satisfaisante, mais pratiquement inefficace. »

Et wouala ! la preuve que nous sommes gouvernés par des godillots. Des types qui votent des tonnes de lois à 1 heure du mat’ , 8 gars dans l’hémicycle avec chacun 70 mandats (les 69 autres sont partis dormir depuis longtemps). Et c’est comme ça que ça prétend « fonctionner ».

Supposons une chose inouïe : supposons que chaque député soit un adulte responsable, autonome, pensant : pas un godillot. Supposons que  ces députés doivent être présents pour donner leur point de vue et voter les lois, ça devient des hommes / des femmes qui utilisent ce temps de présence pour se renseigner sur les textes débattus, au lieu de voter automatiquement comme leurs copains : adios les godillots. Et s’ils étaient capables en plus d’échanger sans a priori avec leurs voisins ? va savoir, ça serait la révolution !

Reste à imaginer.

Autre possibilité : que les partis pas trop cons se mettent d’accord pour gouverner ensemble, raisonnablement et utilement : mais c’est vachement hypothétique… utopie que tout cela, dixit Mister Santini. D’ailleurs ils le font en Allemagne, donc vous voyez bien que ça ne marche pas !

Econocroques

Pas de grammaire ou de syntaxe aujourd’hui : demain, promis ! (promesse de Gascon, ou de candidat à une investiture publique)

Nous l’avons vu, c’est chez moult candidats la surenchère : exemple de mon dernier billet, Ségo veut un SMIC à 1500 balles dès que possible, alors Buffet assure qu’avec elle ce sera 1500 balles tout de suite !! Donc, votez Buffet, voyez ? simple, non ?

Bon, arrêtons de rire, c’est grave, parce que les deux candidats « sérieux » (qui devraient se trouver au second tour) en sont à claquer 50 milliards au bas mot.

Or de quoi s’agit-il ? de faire des économies. Tout le monde le sait, nous vivons – et en premier, l’état – largement au dessus de nos moyens. Donc ? donc ? que fait-on normalement dans tout ménage normal ? on né.. on né… économise !! Oui ! bonne réponse.

Je voterai donc pour le candidat sérieux (au diable les groupuscules trotskystes et similaires, fauteurs / fouteurs de merde professionnels) qui aura le meilleur programme d’économies.

On pourrait commencer par économiser le Sénat, qui ne nous sert à rien (il sert tout de même de sinécure aux sénateurs !) et nous coûte la peau des fesses. C’était d’ailleurs une remarque de Mme Royal, mais elle semble l’avoir oublié.

ce faisant, on pourra transformer le palais du Luxembourg en hôtel, musée, que sais-je ? bref en centre de profits, alors qu’il n’est qu’un gouffre financier actuellement.

Voyez, des mesures d’économies.

Le plus tôt possible !

Je cite : « Le smic sera porté à 1 500 euros, le plus tôt possible dans la législature. » Signé Ségo la Royale.

Dès que je pourrai courir le 100 mètres en 8 secondes, je tenterai de devenir champion du Monde de sprint. Je compte m’entraîner dur, si si.

Bon, c’est pas avec des trucs comme ça qu’on va s’en sortir. Déjà qu’on bosse moins que tous nos voisins, qu’on finance un chômage à 9,7 % officiellement (en fait beaucoup plus), que les retraités sont de plus en plus nombreux à pomper sur les actifs, que les allocations subventions aides diverses z’et variées plombent toute l’économie, on va augmenter le SMIC ! Il faudra bien prendre ce fric quelque part ? non ?

Alors, messieurs les entrepreneurs : démerdez vous, prenez sur les marges, les salaires absolument indécents des cadres, rognez sur les investissements, pressurez les fournisseurs, payez à 90 jours fin du mois suivant, jonglez avec la trésorerie, mais démerdez vous, « le plus tôt possible dans la législature » les français seront riches. Ouais !

Pas négociable

« La démocratie, c’est la possibilité de la critique, de l’échange des arguments et de la caricature, surtout par le biais des dessins. C’est ça, la démocratie, et ça, ce n’est pas négociable« .

Citation opportune – on juge en ce moment Charlie Hebdo pour avoir reproduit des caricatures prétendument sacrilèges – de notre ministre de l’Intérieur, alias le petit Nicolas, qui commentait là cette affaire, apportant très clairement son soutien au susdit canard. Et ma foi ça fait plaisir d’entendre rappeler des principes simples, limpides, de bon sens.

Tout ça pour rappeler que la démocratie est axiomatique, qu’elle fonctionne donc comme l’axiome d’Euclide : on est obligé de l’admettre sans discuter, sinon on fout toute la géométrie classique par terre ; qu’ensuite vous débattiez de l’hypothénuse du triangle rectangle gnagnagna, libre à vous, c’est bien normal. Mais pas touche à l’axiome d’Euclide.

Donc : la démocratie protège la libre expression, le débat, la critique, les remises en cause ; mais ELLE, ne la remettez pas en cause. Et vive Euclide, car par deux points distincts du plan, il ne peut passer qu’une seule droite, à moins d’être bourré ou tordu.