Soulages et cirage sont dans un bateau

Vous connaissez la chanson ?

« Quand l’ sociétaire y s’mariera,

Quand l’ sociétaire y s’mariera, y s’mariera,

On ira tous à son mariage

Avec une boîte de cirage (bis).

On lui noircira la biroute, etc etc… »

Bon, je vous passe le refrain, vantant le bonheur d’avoir une belle riboute, vous pouvez imaginer – ou le fredonner si ça vous chante. Tout ça pour introduire le sujet : on peut plus faire ça fin 2017 ! on peut plus se passer la margoulette, ou aut’chose, au cirage noir : c’est pas correct, c’est raciste.

Tenez, récemment, le footeux illustre là, Griezmann, s’est fait disputer : il s’était grimé au cirage noir en hommage aux basketteurs des Harlem Globe Trotters. Mon dieu qu’est-ce qu’il avait pas fait là !! on lui a aussitôt volé dans les plumes. Cette figure de style serait outrageante pour les Noirs ; ça porterait un nom aux USA, le « blackface » ( « figure noire », ça explique tout, c’est lumineux ! ) – pas chez nous, on cause pas cette langue. Bref, je vous résume :  « Le blackface, au mieux c’est maladroit, au pire c’est raciste. Dans tous les cas ça se fait pas« . Au fait, celle qui a écrit ça admet du bout de la plume que ce pourrait ne pas être raciste (mais maladroit !!). Voilà, ça se fait pas… c’est con, gamin on m’avait grimé comme ça à un goûter costumé, on m’avait caché que c’était raciste et blackface. Je regrette, je savais pas.

Et puis cet entrefilet de la Voix du Nord, sur des coutumes festives et fautives, le même thème… blackface, affreux etc. On se heurte là maintenant à l’antinégrophobie, ça existe, et voilà donc une machinphobie (*) de plus, un concept biaisé de plus, après l’islamophobie, la nanaphobie, et il y en aura d’autres, que vous ne soupçonnez même pas. Gare où vous mettez les pieds.

Bref, seuls les Noirs sont fondés à se passer la margoulette au cirage noir pour rigoler ; seuls les Belges (resp. les Juifs, les blondes…) ont le droit  de dire des blagues belges (resp. juives, de blondes) ; seuls les Caucasiens bien blancs ont le droit de se renverser un paquet de farine sur la tête (whiteface, y a pas de raison). L’humour étroit, très très étroit, en quelque sorte.

Boycottez donc Soulages : il exploite le noir, il en vit bien, très bien, même. De la blackkphobie !

Tibert

(*) faut-il le rappeler ? phobie = crainte, peur. Les psys sont plus précis : crainte maladive, irraisonnée. La haine, le mépris ne sont pas dans phobie : faudra trouver autre chose.

Toujours aussi con… fus

Je passe sur la dépouille de Johnny Halliday-Smet embarquée pour les Antilles : bon vent, monsieur Smet ! (les Alizées, le top !), et voilà une tombe qu’elle aura pas trop de visites métropolitaines – françaises ou belges. Sniff, et puis RIP, comme on dit sobrement. Chouette, on peut maintenant passer à autre chose.

Je passe sur le scrutin pour désigner le président des LR, où, toute boussole politique égarée, les bulletins font dans l’écriture  inclusive, ce monstre bisexué. On avance au pif, les yeux bandés…

Je glisse fissa sur monsieur Macron : « Statut de Jérusalem : Macron «surpris» par la position du Crif« , dixit le Figaro, car le CRIF (le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) encourage icelui à reconnaître lui aussi, après Trump le provocateur « America First« , Jérusalem comme capitale d’Israël… les membres du CRIF ont pété des durites, là, probablement… ça devient du n’importe quoi… et puis que monsieur Macron soit surpris ? surpris la main dans le pot de confiture ? surpris à bailler pendant l’office funèbre ? non, étonné ! étonné de l’initiative aberrante du CRIF. A ce niveau de l’Etat, on comprend mal ces imprécisions de vocabulaire.

Je salue rapidos la fin territoriale de Daech, annoncée par l’armée irakienne. Bonne nouvelle, mais où sont passés les fanatiques armés de ce régime abominable et fugace ? disparus dans la nature ?  hem…

Enfin, revenant sur l’initiative de Trump pour son ambassade en Israël : ça a foutu le feu, bien évidemment, c’est comme ça  que fonctionnent les provocations. Hélas, on gueule un peu partout dans les pays musulmans (raccourci commode pour « pays à population majoritairement musulmane ») des trucs comme « mort aux Juifs » ; on s’en prend aux synagogues, etc. Cet amalgame malsain entre les Juifs et l’état d’Israël est lamentable, il est lassant d’avoir à le redire encore et encore. Et l’initiative du CRIF sur Jérusalem-capitale, dont je traite ici plus haut, s’inscrit hélas pleinement dans cette logique de confusion. Où le CRIF rejoint Trump…

Tibert

Sous les couches géologiques

Vous avez sûrement loupé cette information essentielle : Lutte Ouvrière alias LO (« Travailleurs, travailleuses, le grand capital blahblahblah... » ) a tenu ce houikinde son congrès – à huis clos.

Ils se revendiquent, chez LO, de Trotsky, Léon, Trotro pour les amis. Léon, le barbichu qui faisait marronner Staline. Héritière pure et dure de Léon, LO, qui se garde de toute compromission, beurk, a pu capter aux environs de 7 pour mille suffrages exprimés, tant aux Présidentielles qu’aux Législatives. Vous imaginez ? sur un bled de 10.000 habitants, 70 en moyenne ont voté pour Trotsky. Hélas, malgré ces scores plébiscitaires, Léon s’est fait dessouder en 1940 au Mexique et au piolet par un sbire de Staline. Et depuis 77 ans on le pleure – du moins chez LO – lui qui n’a jamais eu le bonheur d’instaurer sur Terre le Bonheur, justement, le bonheur révolutionnaire de la classieuse, éternelle, increvable Classe Ouvrière, la rédemptrice.

Voilà, comme on dit quand on n’a plus rien à dire. Mais tout ça m’inspire un parallèle hardi, toutes proportions de chapelles gardées : le papam des cathos, obstiné, cabochard, buté, se cramponne à son dogme et refuse mordicus d’élargir la prêtrise aux femmes, aux hommes mariés… tandis que LO, à huis clos,  se cramponne à son dogme et continue sa petite messe révolutionnaire toute seule dans son coin. François et les Authentiques Héritiers de Léon, même hauteur de vue.

Tibert

Lénine et Jean-Paul II sont dans un billet

D’abord, je lis ce truc dans le Figaro matinal, à propos des résultats moches et désespérants des rugbymen français :  » Et maintenant, on fait quoi ?  » (*). Ce qui me fait irrésistiblement penser à cet opuscule fameux de Vladimir Ilitch Oulianov, « Que faire ? », qu’étudiaient studieusement (!) tous les maos et jeunesses marxistes radicales des années soixante… Lénine aurait probablement dû intituler son opuscule  » On fait quoi ? « , c’est quand même plus journalistique, et puis surtout corvidien, et terriblement laid. Qwwah ? qwwah ? Que faire, mon Dieu, que faire ?

Mon Dieu, justement, tiens… aviez-vous remarqué que Dieu ( enfin, l’être suprême, le top du top) est masculin ? bon, je n’insiste pas, ça va encore déclencher des tempêtes. Mais nous voilà ainsi, admirez la transition, aux pieds de la nouvelle statue de Jean-Paul II à Ploërmel, statue coiffée d’une copieuse et massive croix manifestement chrétienne. Croix qui fait débat, pour (racines chrétiennes, fille aînée de l’Eglise, etc…) ou contre (laïcité, nom d’une pipe !). Moi je vais vous dire : représenter Gainsbarre ou Prévert sans la Gauloise au bec, c’est nous donner à voir un couteau sans lame : la Goldo fait partie du personnage, comme l’écharpe rouge à Tonton, la verrue sur la joue à Mao et le cigare à Churchill. Donc, le papam Jean-Paul II ? AVEC sa croix, évidemment, le pôvre, il y tenait – il s’y cramponnait, sur la fin ! Mais une croix à sa taille, en proportion, pas un bras d’honneur de quatre mètres de haut à la laïcité. La laïcité, c’est le rempart contre tous les empiètements des dévôts et des obscurantismes ; la laïcité, c’est sacré, si je puis dire.

Tibert

(*)  » On fait qwwah ? « eh bien si l’on commençait par s’apercevoir que le rugby n’est pas, dans son esprit, un sombre et massif pugilat de tranchées, mais un jeu d’adresse, de feintes et de déplacements vifs ? et qui devrait être plaisant à regarder, pas une punef’ ? ce serait déjà moins sinistre.

Un De Profundis et des Vêpres

Un de profundis pour monsieur Filoche, Gérard, bientôt 72 piges, retraité fonctionnaire et futur ex-membre de la Direction de Feu le PS. Outre qu’il est de gauche, de gauche nom de diou ! et donc que tout ce qu’il émet ne peut être que de gauche itou, forcément, il nous a émis un touïtt « de gauche », donc, avec une joulie image – ah zut ! où avais-je la tête ? c’était un truc de droite… – avec des références picturales très très claires à l’imagerie nazie, et en fond d’écran, derrière un Macron affublé d’un brassard rouge siglé « $ » mais évoquant furieusement un swastika, trois portraits choisis : monsieur P. Drahi, monsieur J. Attali, et monsieur J. De Rothschild… et puis un drapeau israélien au fond, au cas où vous ne verriez pas le lien entre ces trois personnages. Souhaitons à monsieur Filoche, bientôt soixante-douze balais, une paisible et longue retraite – de gauche, bien entendu, c’est là toute la différence.

Et puis le Carmel de Verdun a inauguré malgré lui une nouvelle technique de persuasion, pacifique celle-là, pour inciter les mécréants et infidèles à se convertir à l’Islam. Foin de la Kalachnikov, brutale, bruyante, qui laisse des salissures et ne persuade personne : deux jeunes prosélytes, prédicateurs improvisés, sont donc intervenus pendant les Vêpres chez les Carmélites de Verdun, psalmodiant des versets du Coran et haranguant les nonnes pour qu’elles se convertissent fissa, faute de quoi elles iraient en Enfer – l’enfer musulman, bien entendu.

Je vous laisse imaginer quelques cathos intégristes – et intrépides – latin, missel et eau bénite, essayant de convertir des fidèles musulmans au Petit Jésus et au Saint-Esprit pendant la Grande Prière du vendredi : l’observatoire contre l’islamophobie s’en étranglerait d’indignation. Avouez, il y aurait de quoi !

Tibert

 

Virez les marquéteux !

Je ne vais pas causer de la querelle Plenel-Riss qui agite Le Monde  (188 commentaires de lecteurs à l’heure où je mets sous presse !), Charlie-Hebdo et Mediapart : allez-y et retournez-y, c’est instructif. Etant allergique aux contorsions chafouines et faux-cul des vieux trotskistes enkystés, je penche ici pour Charlie, bien que peu perméable à leur humour souvent caca-pipi-zizi, bref poussif. Mais vous avez le droit de penser autrement, oeuf corse !

Passons à aut’chose, donc : SFR va mal, son PDG de la holding (la maison-mère, Altice) se démène, cherche la parade… moi j’en ai une, radicale : virez le service marquétinge ! les marquéteux sont des gens payés (cher !) pour trouver les meilleurs moyens de baiser le client :

  • lui vendre des machins nuls, inutiles mais obligatoires car paquetés avec un truc qui vaut la peine, exemple des matches de foot avec un abonnement internet…
  • sortir la version 2.0.a du produit Bidule-Truc alors que la 2.1 est déjà fin prête à fonctionner : on fait lanterner, on créera le buzz avec la nouvelle mouture plus tard, et puis ce sera plus cher en y ajoutant un jonc chromé, etc…
  • faire des offres limitées dans le temps : « 17,99 € pendant 6 mois« … (en tout petit, ensuite : « puis 29,99 € avec engagement de 36 mois« ) ; « promotion à 12,99 € pour achat jusqu’à jeudi prochain« … comme ça le pauvre gars qui a acheté au prix « standard » une semaine plus tôt se sent bien seul et bien con.

Eh bien je décris là quelques-unes des techniques classiques – sans oublier le débile « virgule quatre-vingt-dix-neuf » – utilisées par la boi-boîte de monsieur Drahi, et plus généralement par tous les marquéteux de la planète. Si les clients se barrent, c’est bien fait !

Tibert

Les femmes et les enfants ?

EmMac, le Chef en Chef de nos armées, se sent des « rangers » victorieuses aux pieds : ça y est, nous annonce-t-il, NOUS avons quaïment vaincu Daech – ou c’est imminent. Saluons donc cet exploit de nos soldats, modestement appuyés par les Russes, les Kurdes, les Syriens loyalistes, etc.

Et puis j’ai bouquiné l’article du Parigot consacré aux résidus français des forces daëchiennes, et, ma foi, une chose m’a interpellé : on y traite durement des hommes (les combattants, forcément !) dont notre ministre des Armées dit sobrement « Si des djihadistes périssent dans ces combats, je dirais que c’est tant mieux » (c’est raide mais c’est la guerre !) – tandis que le sort des femmes et enfants est clairement disjoint ! Je cite Le Parigot :

« Après la chute de Raqqa (…) une vingtaine de familles ont envoyé un courrier au président de la République pour plaider en faveur du rapatriement des femmes et des enfants en France. « Il n’est pas question de minimiser la responsabilité de nos filles qui se sont laissées manipuler, mais simplement de rappeler à notre mère patrie qu’elle ne doit pas rejeter ses enfants, même égarés ». C’est émouvant, c’est beau comme du Musset.

Mais là je m’interroge : où sont planquées les féministes ? personne chez elles pour exiger un traitement égal aux hommes ? il n’y avait donc aucune guerrière chez les Daëchien.ne.s ? aucune femme n’y a pris part aux combats ? toutes à garder les mioches à la maison, coudre les ceintures d’explosifs et préparer le couscous ? à l’heure où les militant.e.s de l’écriture inclusive (*) nous pourrissent la langue – avec la fervente complicité des journaleux pour faire mousser – cet article sexiste et macho fait tache : « Nos filles (…) se sont laissées manipuler » ! quelle image passéiste, dégradante de la femme ! non, monsieur le Président, ici comme partout, l’égalité homme-femme s’impose, doit s’mposer.

Tibert

(*) D’aucuns proposent, au lieu de l’indigeste, militante et lourdingue écriture inclusive, de revoir les accords dans le sens dit « de proximité », le dernier cité l’emportant. Le masculin ne s’imposerait pas d’office, « Ils sont partis joyeux » (même avec cinquante femmes tristes pour un seul homme gai), mais selon le cas : « les gars et les filles sont parties joyeuses« , ou « les filles et les gars sont partis joyeux« . Ouais… c’est jouable… un peu délicat mais jouable, contrairement à l’aberration inclusive.

Noël au clairon, pas qu’au …

… pas qu’au… Pâques aux… allez, trouvez-moi une rime en -on, et pas grossière siouplait, c’est pour Noël.

Oui, Noël ça se prépare de plus en plus tôt, grosse affaire, et cette année les éboueurs sont passés me taxer d’un biffeton vers la Toussaint – mais c’était pour leurs petits souliers de Noël, qu’ils m’ont dit, dame faut anticiper – et le facteur leur a emboîté le pas deux jours plus tard ! manque plus que les pompiers, à la bourre finalement, quoique 6-7 semaines avant la supposée naissance du Petit Jésus dans sa cré-crêche.

Hier madame Kidman, Nicole, blonde et maquillée façon drague-couine, a inauguré devant les badauds et les télés du monde entier la vitrine de Noël du grand magasin Le Printemps, à Paris, boulevard Hausmann (pouvez pas le louper, c’est juste en face le derrière de l’Opéra Garnier). Ce fut beau, on se serait cru à Cannes au festival, les marches en moins, dixit le Parigot. Mais il y eut des râleurs, celui-ci, tenez : « Dommage que cela présente des produits et pas assez de jolis sapins. Ce n’est pas assez l¹esprit de Noël ». Voilà, « y a trop de produits« , soi-disant ! non mais, y a toujours des grincheux pour gâcher la fête au tiroir-caisse. D’abord y en a pas, des sapins, à Bethléem, c’est des oliviers.

Pour l’esprit de Noël bien avant l’Armistice (le 11 novembre, celui de 14-18, the Boucherie avec un Grand B majuscule), voyez les forains ! les forains qui bloquent Paris, vu que la maire Hidalgo veut plus du marché de Noël. Trop de produits ? évidemment que oui, des bougies farpumées et des  sapins-pain d’épices, des foies gras made in PRC et des bonnets en laine blanc-rouge fabriqués aussi là-bas, très très loin, mais venus pile-poil au bon moment par porte-containers… eh bien la maire de Paris elle en veut plus, de ces guignoleries à claquer du fric connement (remarquez, le prétexte c’est comme d’hab « pour votre sécurité« , bien entendu). Alors forcément, les forains ça leur fait du manque à gagner ! on peut plus faire la fête nom de diou ! et donc ils bloquent tout le monde, c’est bien normal.

Voilà, comme on dit (soupir…), c’est bientôt Noël, pfffft…, et vivement qu’on ait passé l’Epiphanie et la galette à la frangipane, c’est d’un pénible, toutes ces fêtes !

Tibert

Casseroles et procrastination

Vous vous souvenez, quand la Suède en 1967 a changé le sens de roulage sur ses routes ? ça s’est fait un dimanche, avec très peu de bobos (*) mais la préparation avait demandé auparavant des mois de boulot acharné. Eh ben, ici c’est pareil : les femmes saoudiennes vont avoir en juin 2018 le droit de conduire la bagnole de leur mari – avec sa permission, ça va de soi, sinon deux baffes. Bon, c’est une grande victoire des droits de la femme saoudienne, vous en conviendrez et vous en réjouirez avec moi, mais il y faut énormément de travail préparatoire, d’où le délai de juin 2018 : neuf mois intenses pour chapitrer les flics locaux – si si, hélas c’est désormais légal, lamentable mais faudra s’y faire, plus de contraventions – et puis modifier les postes de conduite : elles ont juste les yeux qui dépassent du voile, forcément ça gêne, et puis surtout elles n’ont pas de couilles, ça change tout !

Et puis je me suis fort diverti à lire l’article du Monde sur le projet de « casserolades » de monsieur Mélenchon. Voilà un homme qui n’a pas peur du ridicule ni de devenir sourd. Pour corser le tableau, pourquoi, tel Philipullus-le-prophète muni de sa poêle-gong (cf Tintin,  « L’étoile mystérieuse« ), ne pas se mettre un drap de lit sur les épaules ? ou un entonnoir sur la tête, façon Michel Debré ? Non, c’est franchement une idée qu’elle est cocasse, les lecteurs du Monde ont joliment apprécié et commenté avec humour. La politique se révèle rafraîchissante, parfois.

Tibert

(*) bobo : petit accident de la vie, pas le bourge parisien aisé mais à gauche, forcément, qui n’achète que du veau bio et qui vote pour madame Hidalgo.

Le second degré du « native informant »

Pour prolonger mon dernier billet qui, de ce fait, devient le pénultième – mystère de la transsubstantiation – je vous cause ici d’un assez long article du Figaro, de la plume de Fatiha Boudjahlat, disons FB, cofondatrice du mouvement Viv(r)e la République. Elle reprend la polémique autour d’un récent texte de la prix Goncourt 2016, Leïla Slimani : « Sexe et mensonges« , texte qui s’est attiré des tas d’éreintements. C’est un reportage sur l’état des lieux – pas mirobolant, c’est une litote – de la situation des femmes dans la société marocaine… ces divers éreintements viennent entre autres des Indigènes de la République (le PIR, le parti des …), mais pas que ! Madame Slimani est, aux dires de ses éreinteurs, un exemplaire et un bon exemple du « native informant » (c’est de l’anglais, évidemment, c’est tellement plus jouli en anglais, et grosso modo c’est le terme abscons / branché pour désigner le « bon indigène », celui qui veut bien s’intégrer docilement, sans faire de vagues, et adopte sans nuance le comportement des autochtones).

Bref FB, notre chroniqueuse du Figaro, reprend et critique longuement les arguments « contre » du PIR et des autres (Pascal Boniface de l’IRIS – c’est un Caucasien, caractérisé ici de « bourgeois pénitent », l’association « islamo-féministe » Lallab et j’en oublie…). On perçoit assez bien qu’elle cause dans le bon sens, madame Boudjahlat – d’autant plus qu’on adhère au manifeste de son mouvement ; elle argumente avec brio et pugnacité. Tenez, la conclusion de son topo, assez percutante : « La construction raciale de la figure de l’indigène n’est plus le fait de l’État colonisateur, mais celui de leaders communautaires et des bourgeois-pénitents. Les intellectuels accommodants et les indigénistes veulent aussi leur bon arabe. Ya bon islamiste. »

La notion de native informant – j’ignorais ces termes – est riche de sens… péjoratif, et derechef je cite FB : « Cette expression (…) est raciste, elle n’est pas une clef de compréhension : elle désigne comme traître, faux arabe, faux musulman, nègre de maison tous les individus qui portent une voix dissonante dans leur communauté. Elle assigne l’individu à résidence communautaire« .

J’avoue avoir eu du mal à la lire in extenso, FB, du fait que son texte est assez long, et qu’elle passe souplement et sans crier gare de son point de vue et de son propre discours à l’ironie et au second degré… bref j’ai pas mal bossé. A vous de vous y coller si vous le voulez bien, le sujet en vaut le coup, et si vous ne connaissiez pas le native informant, eh bien maintenant vous n’avez plus d’excuse.

Tibert