Dieu est-il un fumeur de moquette ?

En tous cas, M. Borloo, qui, lui, a dû fumer de la moquette extra-forte, nous annonce que désormais ça doit être possible, si si, on va le faire, de produire des produits (ça redonde ? et alors, on peut produire autre chose que des produits, par exemple un effet, qui est tout sauf un produit ! et toc…) avec moins de 2 tonnes de CO2 par tête de pipe et par an !! Et de nous prédire de nouvelles et futures mirifiques taxes, toutes plus taxantes les unes que les autres, sur les frigos, les télés, les cerises chiliennes, les…

Les sex-toys, hein ? ça serait bon, ça, les sex-toys ? une éco-taxe sur les vibros… les boules… les trucs en silicone carné ? (*) Voyez, j’ai pu étudier le sujet, car, consultant le catalogue de la Redoute (on s’emmerde, sur les plages, outre qu’on y crève de chaud, alors, hein, un catalogue « Papi-Mami » de baignoires pour impotents ou l’indicateur Chaix de 1983, quoi de plus passionnant ?) bref, consultant la page 423 du catalogue qui Redoute, au chapitre de ces zob-jets oblongs et visuellement évocateurs, je constate que, déjà, Bercy, fort branché sur lesdites choses (bien qu’elles soient à piles), nous colle déjà des éco-taxes, et pas rien, ma foi : des 0,50 euro pour le modèle « Paul (**) et Paulina », modèle pourtant évolué sur le plan écologique, car doté de perles intérieures, dixit la fiche technique.

Allez, on y est presque, le futur s’annonce radieux, qui frappe à notre porte :

Un ciel plus pur, des hivers qui ressembleront de nouveau à des hivers, la reprise en masse des glaces du Pôle Nord, la banquise de Vladivostok à Miami, c’est pour bientôt, grâce aux nouvelles taxes écolos sur les vibros.

(*) prononçé à l’auvergnate, en chuintant les « S », ça devient mexicain ! miracle de la technique.

(**) Il s’appelle Paul, mais familièrement, car c’est un boute-en-train, on dit plutôt Popaul…

Ciel, ça baisse ! au secours !

Je lis ça dans le Yahoo du soir.

« Après avoir atteint un niveau record à plus de 147 dollars le 11 juillet, le baril de pétrole a depuis cédé plus de 20 dollars en raison des inquiétudes liées à une baisse de la demande. »

Et c’est vrai d’ailleurs que la consommation a baissé – de 8 à 15 % en juin en France – chose assez extraordinaire, car il paraît que jusqu’à présent, impavide et résigné, le consommateur continuait de consommer, coûte que coûte.

Mais non ! Le consommateur, arrivé à 1,45 euro les 100 cl de précieux pétrole, en a désormais marre, semble-t-il, de se ruiner pour le plus grand bien du Fisc, des spéculateurs de tout poil, des royaumes pétroliers et des compagnies du même métal : il roule moins, ou moins vite, ou il met au point mort dans les descentes, ou il covoiture, ou il prend le train… bref il réagit sainement.

Mais une baisse de la demande, c’est quand même plutôt une bonne nouvelle, non ? pour la Terrre, la coucouche d’ozone, les gaz à effet de serre, les mollets des cyclistes, le cardio-training, les portefeuilles… eh bien non. On a, dans les milieux boursiers, des craintes sur la baisse de la demande ! bande de salauds…

Vacance

Je n’écris plus de billet, mais je n’en pense pas moins. Plus de billet, car la Toile n’est pas dans ma sphère d’accès, pas accessible, pas joignable là où je crêche temporairement.

Je n’en pense pas moins, mais en penserais-je plus que cela ne changerait rien sur la Toile ; la pensée ne produit rien sur la Toile, la Toile s’en fout.

Que M. Borloo veuille faire expier annuellement aux possesseurs de véhicules dits « polluants » leur achat dit « incivil » – en d’autres termes, le retour de la vignette par la fenêtre, elle qui était sortie par la porte ; qu’il envisage d’étendre la formule à d’autres catégories de biens (les paquets de chips, les cahuètes, que sais-je ?? lui, Borloo, le sait peut-être, et s’il ne le sait pas, les zélés fonctionnaires du fric sauront lui établir des listes de biens « énergivores », pas de souci à se faire, l’avenir est radieux…) … bref que j’apprenne cette excellente nouvelle pour notre « pouvoir d’achat », et que je pense ce que j’en pense – pas beaucoup de bien – cela ne change rien au fait que les taxes tombent et tomberont comme à Gravelotte, de plus en plus, dur et serré.

L’avenir est radieux. Monsieur Borloo y veille.

Pouvoir d'uchat

Le chat-blogueur, le blogueur-chat dont il est question dans le titre de ce billet n’a guère de pouvoir que de rouspéter, protester, tempêter.

Car en fait de pouvoir d’achat (« Le pouvoir d’achat : parlons-en ») dont nos Maîtres nous rebattent les oreilles (« Vous êtes impatients ? Nous aussi »), que dalle et peau de zébi pour les retraités.

Et quand j’écris que dalle (et peau de zébi), je devrais dire moins que rien, puisque à 1,1 % de revalorisation depuis janvier 2008, nous sommes dans les -2,4 % environ d’évolution réelle : certes nos espérances de vie ne sont pas celles des futurs bacheliers d’aujourd’hui, mais à -2,4 % par an, dans 10 ans on en sera réduits à faire les poubelles des MacDo et à bouffer des racines, comme nos glorieux congénères de Corée du Nord.

Pou-voir d’achat ? pou-dre aux yeux, pou-rrait faire mieux, pou-ssive campagne de com’.

Pouvoir d’achat ? poupérisation, répondit l’écho.

(*) Un petit indicateur de rien du tout, pas sérieux pas fiable etc… : le PIB par habitant en France, pays riche, prospère (et yop la boum), versus le PIB irlandais, pays qui il y a 80 ans bouffait des patates pourries et émigrait à tout va : 110 contre 138. Splendeur passée et décadence…

Serrez-vous la ceinture, braves gens

Contraste, pourrait-on aussi intituler ce billet : ci-joints deux informations issues du même canard, Le Monde d’aujourd’hui.

Les Belges manifestent en masse contre leur baisse de pouvoir d’achat : ils pleurent pour qu’on veille bien, en haut lieu, considérer que le fioul domestique, le gaz et l’électricité sont redevables d’une TVA « réduite », comme toute denrée de première nécessité. Moi, ça me paraît logique…

Le budget de l’Elysée a crû de 8% en 2007. Bon, d’accord, il y a de l’inflation, certes. Mais je croyais naïvement que les temps changeaient, que les « ors de la république » chers à Chichi Tonton Giscard c’était terminé, qu’on avait enfin affaire à un type qui avait enterré la monarchie, moderne, sobre… efficace, en somme.

Naïf, pas vrai ?

La postière et le merlan

Paris, Paris tout comme d’hab’ : un boucan d’enfer partout (la circulation, eh oui, ininterrompue, à vous bousiller les oreilles, en permanence… faut supporter, les bouchons d’oreilles en position ! et puis une p’tite manif’ comme d’hab’, la CGT et la FSU et leur sono pourrie qui hurle « Bella ciao », comme s’il n’y avait pas assez de bruit ! Et des CRS pour encadrer, comme d’hab’… la capitale, quoi.

Bref, Paris. Et, agréable surprise, à la poste de mon quartier, pas de queue ! chat alors (la queue du chat, évidemment). Donc je parviens fort rapidement, c’est inhabituel, au premier guichet libre, en l’occurrence pour récupérer un pli recommandé arrivé en mon absence. Recommandé que je récupère donc (rien de grave, rassurez-vous, une Assemblée Générale très Ordinaire).

Mme la postière me fait signer les papelards, me refile ma bafouille, et… « Je vous mets aussi des enveloppes pré-timbrées ? » … ??? moi, interloqué :

– Pour le courrier que je viens de récupérer ??

– Ah non, pour le cas où vous en voudriez.

– Ah mais non pas du tout. Et puis, comment se fait-ce que vous me proposiez des trucs et des machins que je n’ai pas réclamés ?

– Mais c’est que nous sommes une entreprise commerciale, monsieur.

– Ah là là mais ça me fait penser au sketch de Fernand Reynaud, on y est en plein dedans, l’histoire du gars qui va chez le coiffeur se faire couper les cheveux, et se voit proposer un shampoing, une coloration, des frisettes, une lotion, un brushing… vous voilà donc maintenant à faire comme les merlans ?

– Mais tout à fait monsieur, c’est exactement ça ».

(J’ai eu comme la vague impression que ladite postière ne trouvait pas sa nouvelle mission très à son goût. Mais peut-être me trompais-je ?)

Immo-plouf

Le Libération-Sur-La-Toile de ce matin nous relate que moult agences immobilières vont passer l’arme à gauche, du fait du ralentissement économique dans le secteur, notamment dans les constructions neuves. On ne peut que se réjouir de cette nouvelle, salutaire purge dans un domaine où les requins pullulent, où une seule vente réussie d’un bien à 300.000 euros fait tomber entre 15.000 et 20.000 euros dans les poches de l’intermédiaire, tout ça pour quelques heures de visites et de virées en voiture, et une poignée de coups de téléphone.

En période de boum immobilier ça nous a valu plein de charlatans et d’officines bidon, juste bonnes à rafler du fric facile et à faire encore monter les prix, qui n’en avaient pas besoin ; il est donc heureux qu’aujourd’hui ça s’assainisse quelque peu ; espérons que survivront les sujets viables, les agences qui font correctement leur métier, cherchent et trouvent des biens, s’occupent de leurs clients, connaissent leurs désiderata et tâchent d’y répondre… et ne se sucrent pas exagérément – des oiseaux rares !

Les autres, eh bien De Profundis… ils ont fait assez de blé et de mal comme ça. Et gardons-leur la tête sous l’eau.

Soles bémolles

Hier j’ai été fort marri car voulant acheter du poisson et des fruits de mer sur le beau et pittoresque marché de la Petite Hollande à Nantes (pluie, pluie, pluie, comme d’hab’) j’ai pu constater que le poisson était rare et peu engageant sur les étals des poissonniers, lesquels se lamentaient de n’avoir plus grand-chose à proposer, rapport à la grève des marins-pêcheurs.

Mais la vie est belle, car hier j’ai déniché un petit thon de 2 kilos bien mignon, à un prix très correct ; et, deuxième joie, j’apprends que les pêcheurs ont obtenu gain de cause et paieront plus ou moins un prix fixe pour le gazole de leurs embarcations, soit 40 centimes le litre.

Heureux pêcheurs ! 40 centimes le litre, c’est 64 euros les 160 litres, soit au pire 100 dollars le baril de pétrole raffiné… alors que le baril de non-raffiné se vend autour de 120-130 dollars actuellement.

Bien évidemment ce sera au contribuable (moi entre autres) de payer la différence … pour que les étals de poissonniers soient correctement approvisionnés, pour que je puisse rétribuer le poissonnier, le mandataire aux halles, le mareyeur, le camionneur, le marin-pêcheur… en achetant du poisson !

Car les circuits de commercialisation du poisson restent, eux, inchangés, intemporels défis au bon sens, qui font qu’un kilo de sole à 4 euros 40 départ criée se vend 32 euros chez votre détaillant, avec de la glace pilée dessous, certes, mais quand même !

Tiens, une dernière, bien bonne : cet extrait sur Yahoo, justement à propos des marins-pêcheurs : « Une opération escargot mobile a en outre été menée dans l’après-midi au sud de Cherbourg par les pêcheurs, rejoints par plusieurs dizaines de motards protestant contre la cherté du gazole. »

L’escargot mobile, en l’occurrence, aurait pu être un bigorneau. Et j’ignorais que les motos roulaient au mazout.

Un téléphone inutile mais pas cher du tout

Imaginez que vous êtes touriste Guatémaltèque, Serbe, Indonésien… désirant séjourner plus de trois mois en France. Disons (au hasard, hein !) à Paris : vous devez demander et obtenir une carte de séjour. Bon, soit.

Vous parlez très moyennement le français, bien sûr. Et après moult recherches sur internet, vous découvrez qu’il vous faut vous renseigner au 08 91 01 22 22 – allons-y !

Une nana enregistrée vous informe … que « ce service téléphonique vous sera facturé 0,225 centimes d’euro la minute« . Désarçonné par cette annonce, vous loupez la suite… et, déboussolé, vous raccrochez.

Incroyable : 0,225 centimes la minute !! – donc 0,00225 euros, soit 0,135 euro l’heure, soit plus de 7 heures pour un euro. En voilà une administration qu’elle est sympa !!

Mais mais… à la réflexion, c’est pas possible, ça doit être une erreur. Il faut traduire 0,225 euro la minute, soit 100 fois plus. Arnaque au téléphone sur les demandeurs de renseignements administratifs, bien évidemment. C’est à dire que l’administration française non seulement ne sait pas compter, mais en plus vous plume. Habituellement, c’est du genre 0,15 euro la minute, et c’est déjà trop cher, car nous payons déjà, et beaucoup, pour faire fonctionner cette administration. Mais là c’est plus cher. Pourquoi ? parce que !

Réflexion faite, ayant admis qu’il faudrait payer 0,225 euro la minute, vous vous décidez malgré tout à refaire l’appel. Et là, chouette surprise, le Serbe, le Guatémaltèque, l’Indonésien se voit ensuite infliger, à la vitesse d’une conversation courante, en français – pas d’autre possibilité – une suite de listes de choix tous plus clairs, limpides les uns que les autres… pour un francophone aguerri. Les autres, démerdez vous ! Selon toute probabilité, vous raccrocherez, découragé, et délesté d’un peu plus d’un euro. Pas cher, non, pour n’avoir rien appris ?