Moi, ça me dit, dimanche

Vieux calembour usé mais efficace, même Boby Lapointe l’usa. Pour redire – je l’ai déjà dit – que le dimanche, oui, c’est une trêve, et ça doit le rester. Même Dieu s’est tourné les pouces le dimanche, alors hein…

Donc pour ceux qui s’emmerdent le dimanche : si vous allez tuer le temps chez Ma moutte ou Con-faux-rama, aux Zuzines-senteurs ou à la galerie commerciale Case y No, vous vous serez fait ch… dans les embouteillages, il n’y en a donc pas assez comme ça en semaine ? vous en reviendrez délestés de vos ronds, fatigués, énervés, propriétaires d’un machin de plus qui ne vous servira à rien, et vous aurez obligé des salariés à rempiler le dimanche, eux qui avaient projeté une grasse matinée, suivie d’une blanquette de veau puis d’une sieste crapuleuse, ou un match de foot, une partie de belote, un repas chinois, que sais-je ?

J’aime la vacuité du dimanche, le seul jour où l’air est plus léger, les rues plus silencieuses – surtout à 7 heures !! – l’ambiance plus calme, le jour où mon voisin sort son chien plus tard, aère ses baskets et son survêt’ pour aller chercher des croissants. Le jour des matins calmes, des repas tranquilles, des soirs de spleen, aussi : c’est la faute aux lundi. Le défaut du dimanche, c’est qu’il vient avant lundi ; c’est vrai, mais si maintenant on nous transforme les dimanche en lundi, où irons-nous caser notre spleen ?

Il y a des gens qui ont cru nécessaire de lancer en Rosbif une campagne de pétitions contre le travail du dimanche : ça s’appelle « Yes week-end« . Clin d’oeil Obamesque, certes. Bon, ils ont raison de protester. En rosbif, ça me chiffonne. Mais ils ont raison.

Odieux visuel

Odieux débat sur l’audiovisuel public, ces temps-ci : les personnels de France Télévision, comme on dit, se battent, disent-ils, pour la survie, la qualité blahblahblah. Bon, soit… il est bien évident que la télé à coups de « Star Ac’  » et de « Koh-Lanta » ou « Vis ma vie », c’est direct poubelle. On est bien d’accord.

Mais la télé à coups de « Fort Boyard », « Amour Gloire et Beauté », « Magnum », « Inspecteur Derrick », « Dallas » (si, si, Dallas respire encore), « Tout le monde veut prendre sa place », plus des tonnes de pub’, le tout sur France Télévision, ce n’est pas mieux. Et quand il faut payer une redevance pour ces rognures de télé, ces « divertissements » poussifs, ces râclures de fonds de stocks Hollywoodiens, on trouve que les personnels de France Télévision se foutent de nous.

Donc, on est bien d’accord : couper la ressource pub’ pour le « service public » c’est lui couper les vivres, quelque part, refiler la manne publicitaire à TF1 et M6 notamment ( miam miam) et donc nous priver de toute possibilité de voir de la télé de qualité sur A2 FR3 etc. Encore faudrait-il que ledit service public se montre à la hauteur. On en est loin. On a du mal à adhérer.

Allez, autre chose, plus léger, pas méchant, anecdotique, sans conséquence : cette annonce de LIDL sur le Web : le concept de lecture pliable est en effet intéressant. Mais pourquoi pas ? métonymie, métonymie… on dit effectivement, par exemple, « je range ma lecture ». Et l’on plie son « Sud-Ouest » ou son « Nouvel Obs ». Et l’on range itou ses lunettes LIDL à 2,99 euros (pas 3 euros, hein, 2 et quelque !) achetées tout exprès pour cette presse pliable.   lecture pliable

Spaghetti sous les caténaires

… et j’écris « caténaires » au féminin, comme vous pouvez le constater ! non mais. Car si je mets caténaires au pluriel, ce n’est pas par ignorance du genre, pour éviter donc d’avoir à choisir entre « le caténaire » ou « la caténaire« , mais parce qu’en général les voies SNCF vont par deux, sauf les voies uniques ; il y a ainsi deux caténaires au dessus des voies. CQFD.

Oui, des spaghetti sans S, car c’est déjà un pluriel : mot italien, masculin, lo spaghetto, gli spaghetti … quoi de plus mâle en effet qu’un spaghetto, mais c’est insuffisant pour se nourrir, un’ spaghetto ; il en faut en général plusieurs, dei spaghetti – et sous les caténaires ! d’où ce double pluriel. Il eût été radin, voire malsain d’écrire « spaghetto sous la caténaire ».

Et pourquoi ce titre ? parce que la SNCF va confier ses voitures-bars à une société italienne ! « Fini, les affreux sandwichs au thon mous et glacés », claironne l’article dont au sujet duquel je vous cause – et remarquons au passage ce « fini » singulier, au lieu de « finis« , s’agissant de sandwiches au pluriel !! audacieux.

Oui donc, nous pourrons sous peu nous taper, dit l’article, ‘du «pain focaccia aux tomates mozzarella» à 5 €’ : fantastique, mais quand aurons-nous des spaghetti ? avec de la sauce bolognaise pour s’en mettre partout et sur les genoux du vosin quand il y a un cahot ? j’y tiens, moi, à mes spaghetti sur Clermont-Ferrand – Moulins en Corail Theoz.

Ceci étant, notons que l’article sus-cité pousse un peu quant aux baisses de prix « de 20 à 30% moins cher » : un café à 2,10 au lieu de 2,40, c’est 30 centimes de moins, soit 14 %, pas plus. Par ailleurs, quant les cafetiers vous fourguent une dose de 20 gr. de cahoua, acheté 6 euros le kilo, soit 12 centimes plus le sucre, à 1,50 euros au comptoir, ils se mettent une jolie marge dans la poche – avant 2002, c’était 5 francs. Donc 2,10 euros, ce n’est pas spécialement bon marché !!

Et terminons ce vaste tour d’horizon – sans omettre le match à 50,0002 contre 49,999 entre Martine et Ségo, ah quelle empoignade ! quel suspense au bout de la nuit ! – avec la baisse annoncée du prix du sandwich jambon-beurre : « de 4,10 à 3,50 €« . Petit calcul. Soit un tiers de baguette de pain à 1 euro , donc 34 centimes ; une feuille de laitue, grand luxe, disons 5 centimes, il y a bien 20 feuilles dans une laitue à 1 euro, une tranche de jambon SNCF à 14 euros le kilo, soit pour 60 grammes, je suis généreux, 0,84 euros, et disons 10 grammes de beurre, soit 12 centimes, à ce prix-là c’est de l’extra-fin : total 1,35 euros pour un magnifique sandwich frais, craquant, goûteux. Vendu 3,50. Bon, c’est juste un exemple, mais vous voyez…

Moralité, soyez  prévoyants : avant de prendre le train, faites vous cuire des spaghetti al dente et al pommodoro, mettez-les dans un récipient plastique étanche, emportez une fourchette plastique pour les entortiller autour, et mangez-les dans le train. Froids, les spaghetti, c’est infect, mais pas cher, et en plus ça ne mange pas de pain.

Pathogènese du pantographe

Les journaux du petit jour bavent – trop – sur les sabotages dont sont victimes la SNCF et ses trains, et nous avec par la même occasion, passagers otages d’épaves métalliques sans jus, abandonnées au long de voies inertes… les locos vapeur de mon enfance n’avaient pas ces langueurs ; crachotant et vomissant leurs escarbilles, elles traçaient leur sillage, en dépit de toute absence de caténaire.

Ils bavent trop, ces canards, donnant finement la recette pour emmerder le voyageur et son transporteur : être toute une équipe disséminée sur le territoire, connaître les horaires de coupure de courant sur les caténaires la nuit, connaître idem les horaires de passage des trains « ouvreurs », savoir comment bousiller un pantographe à 7 m. de haut, toucher sa bille en matière de soudure de fer à béton, bref tout sauf le petit bidouilleur du dimanche.

Et ce qui me scie, cher lecteur, c’est, non pas de découvrir qu’il existe des saboteurs – AZF en son temps, mais d’autres aussi, et les malfaisants ne manquent pas – mais de constater l’étalage d’informations qui devraient être gardées jalousement, aux fins d’enquête… alors qu’on nous expose gracieusement les armes du crime, et en technicolor.

De constater aussi que les lecteurs donnent, à travers leurs réactions aux articles, un festival de n’importe quoi : ce sont les syndicats (SUD-Rail et la CGT avec un coupe-caténaire entre les dents) ; c’est la Gauche qui veut déstabiliser Sarko ; avec toutes ces grèves (certes !) ce n’est pas étonnant ; ce sont tous des fainéants ; c’est un montage pour cacher le mauvais état du réseau, etc. C’est un feu d’artifice d’âneries.

Voilà, à travers ces évènements, un éclairage intéressant sur l’image de notre SNCF dans le pays : pas jolie jolie, c’est clair, et terriblement polémique ; c’est un sujet qui ne laisse pas indifférent.

Mais une question s’impose : pourquoi ces attaques concertées, en règle, sur les trains ?  oui, quel est le mobile ? on ne nous parle pas de demande de rançon… alors ? simplement faire ch… les voyageurs ? c’est très réussi, mais certains syndicats y arrivent assez bien, et le plus légalement du monde.

Oui, madame Schmurtz, vous avez gagné !

On apprend que la CAMIF est en cessation de paiement.

La CAMIF, la coopérative des pédagos, LE catalogue CAMIF… à la dérive. Incroyable, non ? non. Normal, comme la Reboute, qui aurait dû s’en (re)douter.

Régulièrement je recevais des courriers (des « mailings« , en jargon de pub’) de la CAMIF : 8, 10 bouts de papier en vrac, des enveloppes T, des bons, le tout en liasse, vantant une remise extra-super sur les chaussettes en coton, ou une promotion exceptionnelle sur les boutons de porte, ou une baisse des tarifs sur les pages 492 à 495 du catalogue, sauf les articles bzzz bzzz bzzz… etc. Quasi les méthodes de la Reboute ou des 3 Chuiches, sauf peut-être un poil moins de rentre-dedans (« Oui, madame Duval, vous avez gagné cette magnifique montre-cuiller à café en véritable bronze plastifié ! Renvoyez vite votre bon de participation, ne laissez pas passer cette chance unique…« ).

Quand on en vient à ce genre de merdouilleries, c’est que la fin est proche…

Adios CAMIF, comme Dubo-Dubon-Dubonnet, comme « Dop-dop-dop », comme « Chers z’amis, bonjour ! » ; mais sûrement pas « à demain, si vous le voulez bien ».

Stupide système

Le Figaro du matin, chagrin, se lamente sur les malheurs des Hypermarchés : « toujours en berne, malgré les promotions« . Et de nous expliquer qu’ils sont obligés, pour faire face à la montée des Remiseurs Durs (les hardes dix counteurs, si vous préférez) de faire des tonnes de pub’.

Idiot ! Vraiment idiot. Ils n’ont rien compris. On s’en fout des promos, des bons de réduc’, des semaines anniversaire : on veut des prix corrects, quel que soit le jour de l’année.

Pas d’arnaques.

Pas de lots de 4 plus chers que 4 paquets unitaires.

Pas de yaourts à un prix décent à partir de 48 pots, pas moins.

Pas de prix à 19,99 tout pleins de ,99   ,99  ,99

Pas de laitues à 0,89 quand le maraîcher du coin vous les fourgue à 0,20

Pas de tomates de Hollande dégueulasses quand on peut en avoir des correctes à côté avec une marge un poil moins bonne

Pas d’abricots sans goût à 7 euros le kilo, de salades bourrées de flotte, de haricots verts du Chili…

Pas de zizique inutile et abrutissante (chez les Remiseurs Durs, c’est le silence reposant…)

Bref : un de vos confrères spécialisé dans le bricolage annonce : « Des prix bas toute l’année » : je n’ai pas la naïveté de le croire sur parole, mais disons : des prix corrects toute l’année, et au diable vos promos racoleuses.

Et dépensez donc votre budget de pub’ ailleurs : baisser vos prix sur les fruits-et-légumes, par exemple… ça pourrait être utile.

4 %, l'épaisseur du trait

Cent-cinquante-mille euros sur trois virgule neuf millions, c’est  un peu moins de 4%.

Quatre pour cent : supposons que je me fende d’une super-bouffe à 4% de mon salaire annuel, histoire de claquer du fric, histoire de faire sauter des bouchons un peu huppés – Hermitage, Morey-Saint-Denis, que sais-je ? – histoire de faire la fête ?? bon, dans une fourchette de 20.000 à 40.000 euros de salaire annuel, ça donne de 800 à 1.600 euros. Budget assez confortable, non ?

Mais si nous sommes 50 à festoyer, ça ne donne que de 16 à 32 euros par tête de pipe : nettement moins confortable, hein ? remplacez-moi le Corton-Charlemagne par un petit Corbières, ça suffira. Et les truffes en salade, heu… un museau-vinaigrette, c’est pas mal, non ?

Voilà… c’est (mutatis mutandis, comme disait Cicéron) à peu près ce qui est arrivé aux convives d’une bouffe à Monaco, 50 courtiers d’assurances invités par la banque Fortis. Budget : 150.000 euros (3.000 euros par tête). Cent-cinquante-mille euros, soit, aux dires des journaux économiques, 4% du salaire annuel du patron de la boîte. Lui aussi a le droit de casser sa tirelire de temps en temps pour faire la fête, non ? Surtout que sa banque ayant été renflouée et sauvée de la faillite par l’Etat Belge, fallait marquer le coup. Allez, Champagne ! on comprend ça, faut se consoler, pas se laisser gagner par la déprime…

Ah bon ? c’est pas lui qui payait ? c’est passé en frais de boîte ?? ah bon.

Va, petit, mousse !

(… » le vent te pousse », refrain bien connu extrait de l’opérette « Les cloches de Corneville » – fin de la séquence Culture)

. Et les cloches, c’est nous. Les journaux, télévisés, web, papier, font plein de mousse sur l’essentielle question : « faut-il avoir peur pour vos sous ? « . Et que ça mousse et que ça mousse, et que je te fais mousser tout ça. Et la vente de coffres-forts qui grimpe de 20 %, et le fils du beau-frère d’un ami de ma concierge qui a été retirer ses sous de la banque, et les petits épargnants gnan gnan…

Assez clairement, on devine que sous prétexte d’information, on fait mousser, on amplifie, on boursoufle, on biaise, on étale, on tartine, on pousse à la roue (ici, à la panique) : et si la mayonnaise prenait, hein ?  ce serait rigolo.

On verrait les retraités recevoir leur pension par transport de la Brink’s, les salariés exigeraient chaque semaine une enveloppe pleine de billets, les cartes bancaires étant peu fiables, on se déplacerait tous avec des valises de fric pour acheter nos patates… intéressante perspective.

PS : le baril de pétrole est « tombé » sous les 75 dollars : soit grosso-modo un peu plus de la moitié de son pic historique. Chiche qu’on retrouve très bientôt le litre de fioul sous les 1 euro à la pompe ? chiche. On peut toujours rêver.

Pédale, mais pédale, on a plus de jus !

Je lis ça… c’est une réaction à un discours du p’tit Nicolas disant en substance : « les voitures électriques, faut y aller, et plus vite que ça ! ».

« L’association Greenpeace et le Réseau Sortir du nucléaire (RSN) estiment que le développement d’un parc de voitures électriques n’est acceptable que si l’électricité ne vient pas du nucléaire. »

La voilà qu’elle est bien bonne ! Il nous faudra donc pour nos voitures propres de l’électricité pure et verte, kasher, hallal, bénite par nos saints pères, rabbins, muftis, ayatollahs de la Grande Verdure Verte ! Mes amis, nous disent-ils, refusons – comment on va trier la « bonne électricité, je sais pas, mais c’est un détail – l’infâme jus nucléaire d’EDF, nucléaire donc affreux, sale et méchant par définition, bien que pas du tout producteur de CO2. Et vive donc les énergies électriques vertes, l’éolienne sur le toit de l’immeuble, le panneau solaire sur ma cabane de jardin, mon petit moulin à eau dans le ruisseau du bas du pré, la dynamo branchée sur le vélo d’appartement, la turbine à pipi dans les urinoirs, le vilebrequin attelé à la queue du chien auquel on montre un nonos, ou, variante, l’alternateur branché sur la roue-cage du hamster (là, un morceau de fromage est plus éfficace).

Les chants désespérés sont les chants les plus beaux, certes ! mais les discours les plus cons sont aussi les plus désespérants.

Sens inique

Je me fais rare ? je sais, j’en souffre, j’en souffre, vraiment. Cher journal ! Si j’avais une ligne Internet, comment que je t’en ajouterais, des billets et des billets ! Que je t’enrichirais de mes profonds aphorismes et piquantes saillies (de ch’val).

Mais passons, justement, je dispose d’une ligne Internet, luxe suprême ; vite un billet !

Il s’agit d’enrichissement, si l’on peut dire. GW Bush, encore Président of the United States pour 2 mois, nous annonce qu’on va lancer une grosse bouée aux banquiers, au système financier, aux naufragés du fric à tout va. Et donc, pour ces mille milliards de dollars de bouée, on va ponctionner le contribuable, eh oui, ma pôv’dame, encore une fois, wane maur’taïme, cher contribuable, ayez l’amabilité de retourner vos poches, il doit bien y rester quelques piécettes, quelques quarters… pour sauver le Système Financier, noble cause !

Le problème, c’est que lorsque le système financier fait du fric par tous les trous, lorsque les banques annoncent des profits très profitables, des résultats juteux, eh bien, le contribuable n’en voit absolument jamais la couleur ; jamais, non jamais les banquiers ne raclent leurs fonds de poches bien garnis pour distribuer un peu de blé aux contribuables. Les actionnaires, ah ça oui, éventuellement. Mais pas les contribuables.

C’est l’illustration d’un superbe sens unique / inique (in-equis : pas équilibré) : nous avons besoin du système bancaire, c’est patent ; il faut le sauver ? ça peut se concevoir : si demain les banquiers mettaient la clé sous la porte comme de vulgaires épiciers ruinés par la grande distrib’, ça ferait désordre. Et le système bancaire a besoin de nous, pour engranger nos sous.  Pour les collecter quand ça va bien, pour les quémander, pleurer, réclamer, quand ça va mal.

Les grands patrons (banquiers ou pas) connaissent bien ce système du gagnant-gagnant (win-win, qu’ils disent) : si la boîte fait des profits, on touche des dividendes ; si elle prend l’eau, on déploie le parachute doré, le Golden Parachute.

En revanche, pour le contribuable, c’est manifestement le système perdant-perdant.