De la musique avant toute chose

C’est l’Art Poétique, de Paul Verlaine, qui commence par ce vers. La suite, eh bien, c’est du domaine de la récitation scolaire, exercice qui, je crois, n’est quasiment plus en pratique. Bof, à quoi bon mémoriser, hein ? on demande à son moteur de recherche chéri – il en est d’autres que l’hégémonique Gougueule – de retrouver la chose, ou, pire, marteau-pilon pour écraser une mouche, à un assistant IA d’aller fouiller le Houèbe à grands frais.

De la musique, dimanche 21 juin, place de la République (à Paris, bien évidemment) ? Les Insoumis de monsieur Mélenchon, en bon ordre serré derrière le Jéfé, et suivant leur stratégie d’agitation permanente – pas un jour sans une polémique, une initiative, un remous – souhaitent préempter ce lieu hautement symbolique pour un concert de slogans politiques : avec des artistes soigneusement choisis pour leur style, leurs thèmes, leurs combats. La Préfecture de Police interdit le truc… le scénario était prévisible et bien huilé, LFI se pose en victime, et fait appel de la décision : “ben quoi c’est la Fête, on peut plus faire la fête ?” citant notamment, comme étant à l’initiative de cette interdiction MM. Ariel Weil, maire de l’arrondissement concerné, et Yonathan Arfi, du CRIF…

Zut quoi, la musique n’appartient pas aux partis politiques. L’esprit supposé de la Fête éponyme, l’idée juteuse de monsieur Lang, et qui a bien fonctionné les premières années, c’est de faire de la musique, partout, amateurs et pros, pour le plaisir, pour le bonheur de faire de la musique, aux alentours du solstice d’été ; pas de pousser la n-ième candidature du Mélenchon aux Présidentielles.

Donc : mesdames et messieurs des Insoumis, à vos saxos, guitares, percussions, synthés, bandonéons… astiquez vos cuivres, accordez vos grattes, faites des vocalises, pour faire de la musique ! place de la République, s’il y a de la place pour la musique, ou ailleurs, qu’importe : c’est de musique qu’il s’agit, pas de meetings. Il paraît, on le dit, qu’outre d’harmonieuses vibrations, ça adoucit les moeurs : excellente idée.

Tibert

PS – Une suggestion pour la chorale du Jéfé, en sol, ou en mi :

Douce France, cher pays de mon enfance

Bercée de tendre insouciance

Je t’ai gardée dans mon coeur…

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