Socialdém'

Le sénateur Mélenchon – PS tendance dur-dur, façon Fabius en moins bourge – vitupère la social-démocratie, qui selon lui a failli partout – accordons-lui que les Italiens et les Wallons ont donné de cet idéal politique une caricature assez nauséabonde ! et dont il affirme qu’elle n’est pas utile dans notre pays.

Le sénateur Mélenchon généralise hardiment, malheureusement, et y va aussi de l’anathème concernant la social-démocratie à la suédoise, danoise, finlandaise etc… et là on a du mal à le suivre, car les pays scandinaves, que je sache, ont plutôt meilleure mine que nous, non ?

C’est toujours le vieux travers intello français : « ouais ça marche en pratique, mais c’est nul parce qu’en théorie c’est mauvais« .

Autre remarque : entendre un sénateur parler d’utilité, c’est comme entendre un truand parler d’honnêteté. L’utilité des sénateurs ! on croit rêver.

En marcel sur le boulodrome

Etalage de richesses nuit gravement à la présidence de la République.

Si que le Petit Nicolas avait choisi d’aller chez son pote Roger à Fouzidon-les-Valence passer 3 jours peinard avec sa régulière, doigts de pieds en éventail, à siroter des jaunes, passer ses aprèm’ à pousser le cochonnet vêtu comme de bien entendu de son marcel, short pendouillant et casquette Ricard, ah que le bon peuple de gauche en eût été aise !!

C’est du Zola qu’elle veut, la Gauche, ou à la rigueur du Gabin dans « La belle équipe » (Quand on s’promène au bord de l’eau, que tout est beau etc…) !! et là y a donc erreur de casting ! il est riche et il fréquente des riches ? c’est attttroce ! Mâame Guigou, ci-devant Garde des Sceaux sous Mitterand, ex-futur maire d’Avignon et qui, sans doute Smiicarde, va passer ses vacances dans un camping 2 étoiles NN** au bord de la Vézère ou de la Gartempe, s’en étrangle d’indignation.

Pire

Une pause dans cette actualité brûlante qui que dont quoi Nicolas Ségo Malte les manifs – BREF :

Avez-vous noté ? non sans doute, mais moi je vais vous le noter r’ici, la quasi-officialisation de l’expression « moins pire » ? Tout récemment pas loin au détour d’une phrase « ce truc est tout de même moins pire que le schmoldu à arbre à cames latéral » : Bon, il fut un temps où en Anglais, Italien, Latin etc…, toutes langues où le comparatif se construit de manière similaire, on se faisait sabrer par le prof d’un trait rouge rageur : « barbarisme ».

En rosbif : it’s worse than / it’s less ugly, bad, awful, sad …
En Italien : e peggio che / e meno male, bruto, triste …
En Latin : Pejor est / ??? forme comparative des adjectifs ; j’ai oublié, voir Gaffiot.

Donc, dérive ? eh ouais, une de plus. Il fut un temps où ce barbarisme était censé introduire une note d’humour, un clin d’oeil dans le discours, du même calibre que l’ « infractus », « lycée de Versailles », « mollrops » ou « Aréoport ». Mais de nos jours c’est devenu la norme. « Moins pire » le barbare a gagné. Moins affreux, moins moche, moins lourd, moins laid etc… ont perdu collectivement.

Et notez bien, ce n’est pas seulement un barbarisme de plus, c’est aussi et surtout un appauvrissement de la langue : « moins pire » ne qualifie en rien ce qu’il désigne, alors que « moins moche » est bien différent de « moins triste », « moins affreux » etc.

500 mots devraient suffire bientôt, on y vient ; allez, encore un effort.

Parano et hystero sont dans un bateau

On a reçu, on reçoit encore des courriels collectifs ahurissants, non pas en faveur de Miss Chabichou – bien qu’on appelle à la faire accéder à Matignon, ce serait la revanche etc… – mais bien plutôt pour hurler sa haine anti-Sarko.

– Le psychanalyste médiatique le plus connu de tout l’Ouest, vedette des radios périphériques, décortique doctement les discours du Petit Nicolas : ce serait un dangereux mégalomane, psychopathe, et j’en passe.

– Maintenant c’est du genre : au secours, sauvons la République, mobilisons-nous contre l’infâme, le détestable, l’odieux, le haïssable…

Oh les amis, vous avez pété une durite ou quoi ? Vous êtes en train de crier à Pinochet, pas moins ; faudrait voir à y aller mollo sur les psychotropes. La CIA n’a pas financé la grève des camionneurs, la Moneda n’est pas encerclée.
Et contre-productif, tout ce battage : l’une de mes connaissances voulait voter blanc ; mais excédée par ce matraquage hystérique, elle en a conclu que c’était pas propre, voire louche, ces tombereaux de haine, et elle a voté Sarko !

Et puis, la démocratie, vous vous asseyez dessus ? On a voté : en 81 et 88 c’était « On a gagné », ben en 2007 c’est « Ils ont gagné ». Et ouais. Autre chanson, mais on reste en démocratie, parce qu’on y tient tous, j’espère.

Cherchez l'erreur

Au lendemain de cette élection attendue et prévue, Oliver B., notre postier « Light » à 4 %, disert et vibrionnant comme d’hab’, se la joue façon Boris Eltsine (la vodka en moins) monté sur les chars des dirigeants communistes félons pour faire échouer le coup d’état – jugez plutôt :
« La démagogie populiste utilisée dans cette campagne va déboucher sur des mesures antisociales, sécuritaires et antidémocratiques qui ne manqueront pas de susciter des mobilisations très larges »  (…) la LCR « propose que face au programme ultralibéral et ultrasécuritaire d’un Sarkozy, un front unitaire de toutes les forces sociales et démocratiques soit immédiatement construit pour organiser la riposte ».

C’est moi qui ai mis en gras les adjectifs qui vont bien.

Donc : lui le postier trotskyste a déjà jugé et qualifié l’action future du gus qui vient d’être élu démocratiquement par 53 % des Français  ; lui est donc, à rebours, plutôt partisan d’une société d’insécurité ; ultra-insécuritaire serait parfait. Bonjour les lendemains qui chantent.

Et en tant que LCR, donc Communiste et Révolutionnaire – pas moins – on voit mal ce qui lui permet de se parer du titre de « force démocratique » : les communistes soutiennent la démocratie comme la corde soutient le pendu, pour paraphraser le cher Vladimir Ilitch.

Turquerie

Le Monde de ce soir nous entretient des « inquiétudes de Bruxelles quant à l’opposition de M. Sarkozy à l’adhésion de la Turquie à l’UE ».

Mais enfin, ils sont sourds ? M. Sarkozy est très loin d’être seul de son opinion : ON EST DES MILLIONS A PENSER COMME LUI !! Vive la Turquie en partenariat avec l’UE, mais pas DANS l’UE. La Turquie n’est pas en Europe, c’est pourtant clair.
Non ? Comment faut-il le dire ?

IL Y A DES LIMITES A TOUT, ET AUSSI A L’EUROPE.
Je cite l’article : « Ce n’est vraiment pas le moment de claquer la porte au nez des Turcs, alors que l’Europe a déjà perdu beaucoup de crédibilité là bas », estime un haut responsable chargé de l’élargissement.

Nommez ce gus « Haut Responsable des Machines à Café », je ne sais pas, moi… faites quelque chose.

Régaliens, régaliennes

C’est toujours la même chicaille entre les tenants du « moins d’Etat » et ceux du « Plus d’Etat », celui-ci étant aussi parfois appelé « Etat-providence ». Chacun ici sait que les charges énormes de l’Etat par cheu nous, et donc nos impôts sont en large part dûs à un Service Public que je ne vous dis que ça ! Du feu de Dieu : grand luxe question coût, mais assez quelconque question efficacité (voir les z’Hopitaux en déshérence, la Justice à la ramasse, la police qui fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a etc…).

Bon, l’Etat a certes une utilité (sinon c’est le bordel, on est d’accord), et ses fonctions, dites « régaliennes » (de rex, regis : le roi) sont bien connues, classifiées, et enseignées dans toutes les facs du monde :

Justice / Police / Ordre public et sécurité  / Diplomatie et affaires étrangères / Défense / Monnaie et moyens financiers.

Bon, je dois être borné ? parce qu’un ouvrier municipal, où ça se situe dans cette grille ? Une employée de cantine scolaire ? Un enseignant ? un cantonnier ? une aide-soignante ?

Des tas d’enseignants sont dans le « privé », et apparemment ça fonctionne – plutôt mieux que dans le public, d’ailleurs.

Des tas de jardiniers ou cantonniers ne sont pas fonctionnaires territoriaux, et il semble qu’ils arrivent à bosser.

Des tas de cuisines collectives travaillent tous les jours pour des tas de clients, et ce ne sont pas des fonctionnaires, et ça marche !!

Des infirmières pas fonctionnaires arrivent même à faire des intra-veineuses, si si, et sans faire d’embrouilles !!

Alors, on se fout de nous quand on prétend qu’il faut plein plein plein de fonctionnaires : ce qui est sûr, c’est qu’une bonne partie de ces braves gens pourraient sans bobo travailler sous statut privé, et ça marcherait certainement bien mieux : la concurrence, ça stimule, c’est sain, ça entretient !

Gaffe !

Propos de Miss Chabichou-du-Poitou hier : « Il y aura des violences si Nicolas Sarkozy est élu ? » A une question de Jean-Michel Apathie, ce matin sur RTL, Ségolène Royal a répondu : « Je le pense« .

Votez bien, sinon ça va saigner !! tas de bagnoles cramées, émeutes, jeunes dans les rues, pillages… c’est ce qui s’appelle voter avec un flingue dans le dos.

En revanche, si Ségo est élue, on viendra vous border dans votre lit !! Promis.

Tango

Comme le chante Marie-José Vilar (vous ne connaissez pas ? vous avez tort) dans « Coutances », sur un air de tango:

Mais y’a entre nous une trop grande différence

Chaque fois que je recule c’est toi qui avances

 
On connaît mieux cette version, plus hard :

Dès que j’avance tu recules

Comment veux-tu comment veux tu etc…


Dès que je sors mes lois Fillon tu les remets à plat

Dès que je mets les handicapés à l’école tu supprimes ce truc

Dès que je décrète 35 heures tu te dépêches de les torpiller

Dès que je veux de l’égalité des retraites tu te cramponnes aux régimes spéciaux

Dès que j’installe un bouclier fiscal tu balances ta nouvelle CSG

Dès que je rote à gauche

tu pètes à droite, et vice-versa.

On n’en sortira pas : coulons donc ensemble, sur le même rafiot pourri, mais chacun de son côté, non mais !!

Pas d'accord

Pour vous détendre, vous détourner quelque peu du torride suspense concernant le duel que vous savez entre qui vous savez, et même si vous vous en foutez, vu que de toutes façons ça ne changera pas un poil de vos convictions, mais allez savoir, une saillie de Ségo, un calembour perfide de Nico, et soudain c’est l’allégresse, ouais il l’a eue, putain qu’est-ce qu’elle lui a mis, après ça elle a plus qu’à rentrer en car à Melle (ouaf ouaf), il peut repartir la queue entre les jambes ! etc…
MAIS NON, ON S’EN FOUT.

Lalangue, comme disait Lacan, évolue, dérive ! Vous n’êtes pas sans le savoir = vous le savez, bandes de dériveurs de langue. A l’écrit, on bifferait – du moins les profs de français, les puristes, les attentifs de l’orthographe -les tournures du style :

« Où t’as mis mes pantoufles ? – je te les ai mis sur la chaise Louis XIII » (la chaise Art déco, la chaise en formica, la chaise en bambou, je m’en fous).

« Les poésies que j’ai appris dans ma jeunesse »

Mais z’à l’oral, alors là mes amis, quelle infamie !
Bon « Où t’as » c’est affreux, mais c’est plus rapide que « Où as-tu « , d’autant plus que « Où as-tu » ça fait phonétiquement « Wouaatu », pas terrible… mais c’est d’autre chose qu’il s’agit : l’ACCORD, enfin quoi !

J’ai mis la cravate sur le dossier… la cravate que je t’ai misE sur le dossier !!!

Les poésies que j’ai apprisEs dans ma jeunesse.
Eh ouais ! Donc ce soir, au lieu d’attendre anxieusement la banderille qui tue, faites-donc le compte de fautes d’accord des participes passés de chaque côté – et votez, évidemment, pour le/la candidat(e) qui aura le moins mauvais score. Après tout, c’est un critère de choix qui en vaut bien d’autres.