Le Petit Nicolas a une formule intéressante : il parle de créer un “ministère de l’immigration et de l’identité nationale” (entre parenthèses, Baillerou est contre, pour des raisons qui mériiteraient d’être soupesées, et la Royale est forcément contre, puisque c’est Sarko qui le propose).
“Identité nationale” : wouala une expression qu’elle est intéressante.
Tiens sur ce sujet, par exemple, je revoyais hier soir avec plaisir le beau film d’Agnès Varda “Cléo de 5 à 7” : très longs plans de balades dans Paris, magnifiquement filmées en noir et blanc, à pied en taxi en autobus à plateforme … et des Arondes, des 403, des DS19, bref ma jeunesse. Et des passants, des badauds, des promeneurs, des gens… blancs.
Oui, plein de blancs, que des blancs. Et Mme Varda l’a certainement pas fait exprès dans son casting, je ne la suspecte pas de racisme. Ben non, à Paris – en France plus généralement – il y avait essentiellement des blancs.
Faites des plans-séquences dans Paris ces jours-ci avec une caméra dans un bus, et comparez. C’est là que l’ “identité nationale” prend un sens : entre 1960 et 2007, ce ne sont pas les mêmes proportions de blancs et de noirs. A l’aune des mélanges, ça donne à la couleur moyenne du pays plus du café au lait que du fromage blanc.
Bref, “identité nationale” est un concept intéressant ; le lier à l’immigration – et bien entendu à un tas d’autres causes et notions connexes, comme l’enseignement, la langue, l’histoire, les lieux – va de soi.
Mais le lier exclusivement à l’immigration est assez curieux ; il faudra que le Petit Nicolas nous en dise plus là-dessus.
