En apnée

Je ne sais pas comment vous vivez ça, mais moi je vais vous dire : je fais le dos rond et j’attends avec flegme la suite  des  séquences « La merde au ventilateur« , saison IV. Ce qui ne changera pas mon point de vue sur la suite à donner. Je me bouche le nez, je m’applique à respirer au minimum, bref je me mets en apnée.

Qui a fourni au « Coin-coin entravé » de vieilles fiches de paye de madame Fillon ? (*) C’est une bonne question, avant d’en poser une autre : et si c’était vrai ? Si c’était vrai ces accusations comme quoi madame Fillon a eu des boulots vraiment bien payés et quasiment sans rien produire en échange ? eh bien je vais vous dire : je suis en apnée, je m’en tape.
Je m’en tape parce que TOUS les politiciens ( et les politiciennes ? elle y sont aussi, car la grammaire, qui est très bien faite et se fout du Politiquement Lourdingue, permet cette formule sobre et synthétique : « tous les politiciens » ) usent et abusent de nos deniers publics. La petite casserole récemment accrochée aux fesses de monsieur Macron – encore un ami qui lui veut du bien – en témoigne ; il aurait paraît-il dilapidé, dépensé fastueusement son budget de fonctionnement : légal mais pas beau, nous susurre-t-on.

Et les diamants giscardiens ? et les voyages achetés par la famille Chi-chi avec des valises de billets ? et les frais de coiffeur de Normal-1er ? et le cireur de godasses à domicile à l’Elysée pour un de ses conseillers ? et les bottines de monsieur Dumas ? et la maîtresse de « Tonton » et sa fille bichonnées par la République ?  et le remarquable mémoire rédigé par madame Tibéri pour une somme rondelette ? et le compte occulte en Suisse de tel ministre socialiste ? et cet autre ministre du même bord qui ne déclarait pas ses impôts ? et… je continue ?

Non, je vous dis : TOUS usent sans vergogne du fric et des facilités généreusement offerts par la République. Peut-être pas tous-tous, allez, mais presque. C’est humain… vous prendriez le métro, vous, glauque à souhait, avec des tags partout et les pieds des « jeunes » sur les banquettes, alors qu’on vous propose gratis une voiture de fonction avec chauffeur, grise les jours pairs et bleu-nuit les jours impairs, avec une cocarde au pare-brise pour narguer les contractuelles ? (**) Et puis, comparez : les locaux de la Chancellerie allemande ou du Prime Minister anglais, et l’Elysée, l’Hôtel de Lassay, le Palais ( sic) du Luxembourg, Matignon… comme un léger décalage dans l’opulence ! nos politiciens pètent dans la soie, ils aiment ça, et ça vous surprend ?

Donc résumons : si monsieur Fillon a abusé du juteux système – pour le moment ce ne sont que des présomptions, menées au grand galop il faut bien dire – eh bien tant pis, gageons qu’il a compris le message, qu’il fera pénitence et qu’il ne recommencera pas. Car si l’on ne retient pour la course à la Présidence que des politiciens blanc-bleu, qu’est-ce qui va nous rester ? il faudra déclarer la Présidence vacante, et personne pour recevoir fastueusement le Roi de Mésopotamie – et accessoirement remettre ce pays à l’endroit.

Tibert

(*) Qui aurait pu avoir accès à ces papiers ? des bons copains, sans doute.
(**) Une exception pour madame Taubira, que je salue, car elle prenait souvent son vélo. Mais avec deux gardes du corps, et il y avait des caméras pour filmer ça.

One thought on “En apnée”

  1.  » … comme quoi madame Fillon a eu des boulots vraiment bien payés et quasiment sans rien produire en échange. »

    … Moi aussi, j’vais vous dire : pourquoi ce genre de trucs, c’est JAMAIS sur moi qu’ça tombe ??? Après tout, je veux bien porter une perruque et une chlamyde (de chez Dior, tout de même, faut c’qui faut…) et détricoter la nuit ce que j’aurai tricoté le jour en attendant que mon seigneur et maître emménage à Les Lysées avec tambours et Trumpet’s. Ulysse s’est bien fringué en nana pour vivre le grand amour aux pieds de qui, déjà ??? Enfin, y’avait pas encore de théorie des genres à l’époque : on pouvait se traveloter en quoiss’qu’on voulait, abuser du pauv’mond’ en toute impunité et semer des gosses « naturels » en veux-tu en voilà.
    ‘Oulez qu’j’ous dise ? Tout fout le camp, ouais… Et au fait z’avez vu son portrait à notre Pélénope version XXIème ? Pas étonnant qu’elle ait fait tapisserie.
    Pire que la mère Pompidou.
    Bon, maintenant que j’ai craché mon venin, je peux retourner finir la lecture du « Canard » d’avant hier : ici, il arrive avec 24 heures de retard.

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