Encore plus nuls que tout à l’heure

Un article du Monde me donne à mettre mon grain de sel, ou du grain à moudre, comme vous voulez, ou les deux – alors c’est du grain de sel à moudre. Ce canard, dans l’article référencé ici – oui ici ! – et dont auquel je vous cause,  se paye la margoulette de quelques ex-ministres “nuls en maths“. Bon, il épingle d’abord monsieur Montebourg car il n’arrive pas à compter jusqu’à quatre ; grand moment ! à mon humble avis il y aurait plus à tartiner sur les options programmatiques et le positionnement calculé au quart de poil – à gauche de la gauche libérale mais pas trop, un huitième de poil plus que Dugenou mais un chouïa moins que Schmolldu… c’est assez délicat à définir. Mais Le Monde poursuit, un coup à gauche, un coup à droite,  en flinguant monsieur Luc Chatel, ex-ministre de l’Educ’Nat’, qui s’est vu poser le problème suivant par un interviouveur de RMC, problème extrait du cahier d’évaluation des élèves de CM2, et soluble en principe par calcul mental.

10 objets identiques coûtent 22 euros. Combien coûtent 15 de ces objets ?

Je cite Le Monde: “Le même Luc Chatel qui préconisait de faire faire 15 à 20 minutes de calcul mental chaque jour aux élèves de primaire, a répondu 16,50 euros (au lieu de 33)“.

Wouahh le nul, s’exclame le journaleux hargneux. Sauf que, sauf que le problème est très mal posé. Je ne sais pas si  Luc Chatel l’aurait résolu à l’écoute d’un énoncé clair et précis, mais bon, au moins laissons-lui le bénéfice du doute  (ceci étant, je ne vois pas où il est allé pêcher ses seize euros cinquante !).

10 objets identiques coûtent 22 euros“…  chacun ? au total ? ce point essentiel n’est pas précisé. On nous dit qu’ils sont identiques, et alors ? on s’en tape, aucun intérêt : on cause du prix, pas de la tête des articles. Pourquoi auraient-ils des prix identiques, ces objets dits identiques ? eh bien c’est loin d’être une évidence. Moi la recharge de savon liquide “Le Petit Laton Raveur” de 20 cl parfum vanille je la trouve à 5,29 chez SuperMegaDiscount et à 4,95 chez CasiMono. On est chez le premier ou chez l’autre ? ce n’est pas dit… et, comme disait madame Aubry qui en connaît un rayon, “quand c’est flou y a un loup” !

Donc basta avec le loup, le floup 😉 et les énoncés de maths rédigés par des intérimaires en bâtiment : soyons précis. Et clairs, c’est pas plus cher.   “Soit une collection d’objets dans un magasin, tous affichés à un même prix.  Sachant que le prix total de dix de ces objets est de vingt-deux euros, calculer mentalement le prix total de quinze de ces mêmes objets.”

Et là, avec un énoncé clair et précis de chez Clairéprecy, je vous fiche mon billet que Luc Chatel aurait pas répondu une co… une ânerie. Ils sont pas si nuls, tout de même. Ils ont plein de défauts, ça c’est sûr, mais faut pas noircir le tableau.

Tibert, et huit font seize.

 

Vous auriez pas un strapontin pour moi ?

On va voir des recasages, et on n’a pas fini d’en voir.

Tenez, madame Royal, 63 ans, qui, sortie du Poitou vécut une période un peu flottante et désoeuvrée avant de se retrouver un bon job au gouvernement dans l’écologie ( il faut dire qu’elle y avait des  relations)…  que va t-elle devenir dans six mois ? pauvre  femme, 63 balais c’est encore jeune, encore deux ans à tirer avant de faire valoir ses droits à la canne à pêche et à la peinture sur soie. Eh bien on lui cherche activement un boulot-point de chute autre que d’ouvrir la porte d’un bureau de poste en tendant la main en forme de cuillère. L’ONU, ça irait ? c’est assez classieux ? ouais… à la rigueur… plus tard, d’ici une douzaine d’années et si la gauche revient aux affaires, il lui sera possible de briguer l’Institut du Monde Arabe (actuellement on peut y chercher Jack Lang,  77 printemps ; quant à l’y trouver…), puis encore plus tard le Conseil Constitutionnel (Lionel Jospin, toujours “disponible” à 79 balais). La politique ça conserve ! et comme les sardines en boîte, c’est encore meilleur à oublier au fond d’un placard.

Madame Touraine, Marisol, celle qui a gommé le trou de la Sécu – si si, c’est elle qui le dit – sauf qu’il n’y a plus grand-chose qui soit remboursé, madame Touraine veut recaser potablement un des ses collaborateurs, en fait un des conseillers de son cabinet : jeune et brillant, le nommé Frédéric Varnier. Mais zut alors, ça choque les us et coutumes de la profession : en principe, traditionnellement, le sous-directeur de l’Institut Gustave-Roussy (il s’agit de cette boîte et de ce poste, un truc quand même assez classieux pour un ex-inspecteur des Finances et futur-ex-conseiller de la Ministre de la Santé) devrait être désigné ou du moins validé, accepté par son supérieur hiérarchique (*).  Meuuuh non, la ministre n’a que faire de ces contingences mesquines, et donc elle veut coller son poulain là où ça lui va, et tant pis pour ceux qui ne sont pas contents.

Mes amis, on n’a donc pas fini d’ici mai 2017 de voir des types bien sapés sortir des ministères pour frapper à des portes que Popaul-Emploi ne sait pas ouvrir – dont il ignore même l’existence, d’ailleurs, puisqu’au besoin on sait en haut lieu créer des structures ex nihilo pour y loger des gus suffisamment bien pistonnés. C’est choquant ? eh oui c’est choquant, mais restons lucides et impartiaux, admettons que Droite et Gauche pratiquent ce sport de bidouillage-recasage de leurs ouailles avec une ardeur égale : l’exemplarité des moeurs de la classe politique peut attendre.

Tibert

(*) Moi, personnellement, que le choix du sous-chef soit agréé par le chef, ça me semblerait assez normal, mais bon, va savoir…

Désolé, cousin !

Les Français et les Italiens partagent bien des traits qui font leurs identités nationales (encore un gros mot !) respectives, le goût de la bonne bouffe, deux langues si proches, le pinard comme un art, la beauté de femmes bien habillées, et puis hélas le poids historique des partis communistes, ex-communistes ou crypto-communistes, des syndicats affiliés… et puis, et puis une classe politique innombrable, indécrottable, arc-boutée sur ses privilèges. Tenez, là-bas les sénateurs sont “à vie” : le rêve, le super-pied !! Ceci étant, d’autres problèmes leur sont propres, si l’on peut dire, avec la mafia – les mafias – qui gangrènent le pays ; chez nous ce sont d’autres misères… mais, bref, je le dis toujours, les Italiens sont nos plus proches cousins.

Et l’Italie s’est trouvé un réformateur jeune, hardi, décidé à faire la peau aux paniers de crabes qui prospèrent au soleil – un démocrate façon Macron, en grossissant le trait. Démocrate trop pressé, sûrement, et peut-être brutal ? maladroit ? pas assez pédagogue ? il vient de se planter, désavoué à 60 % dans un référendum. Les populistes et les immobilistes ont eu sa peau.

Ce qui, à mes yeux, préfigure assez bien ce qui peut se passer dans un pays truffé de blocages, de prés-carrés, de chasses gardées, un pays où la classe politique ne veut surtout pas se remettre en question, où les syndicats et les fonctionnaires (et les syndicats de fonctionnaires) ont un poids qui désespère tout mouvement. Suivez mon regard : les Italiens sont nos plus proches cousins.

Tibert

PS – Triste, j’apprends la mort de Marcel Gotlib, l’immortel créateur de SuperDupont et le jubilatoire dessinateur – grossier et cru, aussi ! – des premiers Echo des savanes. Ce sont toujours les meilleurs qui lâchent la rampe.

Le “spoiler” de sa langue

Je lis ce titre dans le Monde : “François Hollande, spoiler de best-seller“. C’est signé d’un certain Philippe Ridet, qui se rit des expressions qu’il pourrait utiliser dans notre langue, caviardant inutilement son titre d’anglais. Spoiler ? quesaco ? gâcheur, pourrisseur, oui, d’accord, et tiens d’ici la fin de mon billet j’en aurai d’autres. Et ce best-seller (ce succès d’édition, mais bon, on a intériorisé ce terme dans notre langue, c’est toujours moins moche que blockbuster ) c’est, si on lit bien le début de l’article, le fameux et harakiri-esque bouquin “Un président ne devrait pas dire ça“. Je l’avais écrit, que la sortie de ce livre était le signe patent qu’il n’y irait pas, FH, au casse-pipe électoral, et qu’il avait renoncé. Je vous l’avais annoncé, vous voyez, mais cause toujours ! on s’entêtait à gloser sur ira-t-y-ira-t-y-pas.

On nous dit que c’est inédit, ce geste. A l’Elysée, c’est exact, les présidents précédents ont tous tenté – s’ils n’avaient pas démissionné ou passé l’arme à gauche – de rempiler en fin de premier mandat. Avec des succès divers d’ailleurs, Mitterand et Chirac oui, mais Giscard et Sarkozy plouf… Ceci dit, il me souvient qu’au Vatican un certain Joseph Aloisius Ratzinger, alias Benoît XVI, a dit “pouce”, bien avant FH : il n’y arrivait plus, il en avait ras la tiare de son job de pape, Benoît XVI, et ce geste était une grande première, ses prédécesseurs préférant se crever et crever au boulot. FH est ainsi le second à laisse filer le peloton, à se mettre en roue libre, “continuez sans moi, les mecs“. Eh oui…

Quant à “spoiler“… massacreur, fossoyeur, démolisseur, saccageur, flingueur… on aurait pu trouver bien des termes, en somme. Mais non, incorrigibles journaleux, il leur faut du rosbif !

Tibert

PS : sachant que ce bouquin, “Un président ne devrait etc etc…“, écrit par deux journaleux du Monde, coûte 24,50 euros environ et qu’il est édité chez Stock, calculer le manque à gagner qu’entraîne le renoncement de Moi-Président pour le journal susnommé.

Des jobs et du Jobs

(Note liminaire : une “Rue Steve Jobs” à Paris ? il en est question… pourquoi pas une rue J-C Decaux (avec des sanisettes et un abribus), un square Paul Ricard (remarquez, il a déjà son circuit, mais privé, le circuit…) ou une avenue Bernard Tapie, ce flamboyant patron charismatique ? qu’a fait l’Etats-Unien Steve Jobs pour mériter une rue à Paris ? vendre nettement trop cher des smartfaunes certes mignons et plats mais surtout pas compatibles avec les connecteurs standard ? instituer l’obsolescence de ses produits tous les 9-10 mois pour inciter les gogos à se ré-équiper ? mener sa boîte californienne d’une main de patron de choc ? snober les réparateurs non labellisés ? bidouiller son organigramme mondial pour échapper insolemment aux impôts malgré des marges indécentes ?  encore un coup des groupies d’Apple… espérons que les autorités compétentes y mettront le holà. Ici je rejoins pour une fois les suggestions des écolos et élus de gauche ; Ada Lovelace (1815-1852) a ma préférence : quel personnage, et quel nom ! mais aussi son compère Charles Babbage, ou Alan Turing, Kurt Göddel, Grace Hopper, bref des têtes chercheuses hardies, pas des hommes d’affaires)

Mais poursuivons : les tares du système, suite. J’ai peu de temps aujourd’hui pour en traiter ; pas le temps, pas le temps… je me fais l’effet – en toute modestie  – d’Evariste Galois rédigeant fiévreusement la somme de ses géniaux travaux mathématiques, la nuit qui précéda le duel stupide où il perdit la vie – pour une sombre et ridicule histoire de femme, comme d’hab. Mais en peu de mots : j’entendais l’autre jour monsieur Mélenchon affirmer que les Français, contrairement aux supposés projets de monsieur Fillon, voulaient des services publics, tenaient mordicus à leurs services publics… (sous-entendu : avec des fonctionnaires, of course !).

Mais moi aussi… moi aussi, j’y tiens, aux services publics (de qualité, bien sûr, pas des guichetiers rébarbatifs et cossards). Et comment ! mais pour cela, pourquoi des fonctionnaires, avec le statut ruineux de fonctionnaires ? des salariés “normaux” ça ne le fait pas ? pourquoi ? ils sont pas bien, pas fiables, les salariés “normaux” ? les traminots de Clermont-Ferrand (pas fonctionnaires) versus les employés de la RATP (fonction “para-publique”) : ils font exactement le même boulot… et comparez les statuts ! c’est normal, ça ? c’est “Egalité” (et Fraternité, et tout le toutim) ?  Bon, j’arrête là, j’ai pas le temps.

Tibert

Ah qu’il est laid le débit de l’eau

(Préambule : Attention attention si vous mettez pas assez de social dans votre programme, pépé Bayrou (65 balais aux cerises, tout de même) va re-re-sortir de sa boîte pour vous mordre les fesses ! lui c’est du social qu’il veut, du social nom de diou.

Et puis, tiens, j’apprends que l’erreur de casting de Mai 2012, due à une anaphore indéniablement bien roulée s’ajoutant à une haine bien recuite et largement partagée contre le sortant, est en voie d’être corrigée. Comme quoi l’intelligence, la sensibilité et l’excellence dans l’humour à froid – si si, ne lui enlevons pas ça – ne suffisent pas à faire un Président. Fin du préambule)

Fonctionnaires ? suite. Je vous cause ici des Territoriaux, la dernière – et la pire – des branches de la Fonction Publique, car incontrôlable. Les fonctionnaires des mairies, départements, régions… Tenez, moult municipalités gèrent en direct l’adduction d’eau  potable sur leur territoire. Louable initiative ! Sachant que la SAUR la Lyonnaise des Eaux etc… toutes boîtes privées font ça très bien mais négocient des clauses coûteuses (pour le contribuable), des durées de contrat excessives, font payer trop cher, etc… les mairies peuvent gérer ça elles-mêmes. Montpellier, par exemple y est venue depuis les dernières élections municipales, bravo. Mais baste, poursuivons, je cite ici Le Monde, sur sa série d’articles en défense et illustration de la Fonction Publique :

La fourniture d’eau potable est l’exemple parfait du type de services que les collectivités locales ont privatisé et sur lequel elles sont en train de revenir. En privatisant ce service, les collectivités locales ont eu un vrai problème de suivi des coûts. Les entreprises privées leur facturaient des fuites d’eau à réparer, des interventions préventives, etc. Impossible pour les collectivités locales de savoir ce qu’il en était vraiment. »
Fort bien, fort bien. D’autant plus que – ça, Le Monde ne l’écrit pas – la négociation de contrats de fourniture d’eau avec des prestataires rares, puissants et qui se connaissent tous comme le sont les spécialistes de l’eau potable, n’est pas aisée, et puis comme partout elle peut s’agrémenter de dessous de table, favoritisme, petits cadeaux, renvois d’ascenseur etc, nous savons tout ça, rien de nouveau sous le soleil.

Donc, très bien, les valeureux travailleurs municipaux gèrent eux-même leur Régie des Eaux, ça marche aussi bien, peut-être mieux, et c’est possiblement moins cher… mais pourquoi faut-il qu’ils bénéficient – c’est le verbe qui convient – de contrats “fonction publique territoriale” pour cela ? en quoi est-ce nécessaire ? c’est régalien, le service d’eau ? mais non, quand c’est régalien on ne délègue pas à des boîtes privées… et donc, des salariés normaux-normaux ne pourraient pas le faire ? il est pas bien, le contrat CDI normal ? eh non, me direz-vous, il est pas assez bien… sécurité de l’emploi avantages acquis points retraite primes avancement jours de carence gnagnagna…

 Et c’est comme ça qu’on se retrouve avec cinq millions de fonctionnaires, pour des tâches qui n’en ont absolument pas besoin.

Tibert (à suivre…)

PS – Il est notoire, d’ailleurs, que certains maires se constituent leur petit matelas d’électeurs, d’obligés, en embauchant sans trop y regarder des fonctionnaires territoriaux là où ce n’est absolument pas justifié. Et sachant de plus que les compétences en gestion du personnel de  moult édiles sont voisines de zéro….

600.000 et 5.000.000

Promis, je vous dois de revenir – après l’impossible pipi en ville – sur les co… âneries qui courent de bouches à oreilles à propos des Services Publics. Amalgames et approximations – lisez Le Monde ou tout autre titre de la la presse de gauche, écoutez messieurs Mélenchon, Martinez etc… – approximations et amalgames qui courent d’autant plus ces temps-ci que monsieur Fillon a l’air de vouloir remédier – enfin ! pourrait-on dire – à nos maux en cette matière.

Notez d’abord que nous nourrissons deux armées mexicaines, plus fort que le Mexique ! cinq millions de fonctionnaires, et six-cent-mille élus fort coûteux, un élu pour cent habitants. Le Sénat coiffe admirablement le tout avec son effectif quatre à cinq fois trop important, son trésor de guerre, ses postes garantis pour neuf ans, sa gérontocratie et ses plafonds à caissons et dorures au Palais du Luxembourg : la République et la Démocratie se donnant l’accolade, en somme.

Mais bon… Prem’s, quid de l’égalité des Français devant le boulot ? il y a clairement deux codes du Travail , celui des fonctionnaires et celui des autres, d’ailleurs la récente  loi El Khomri ne s’applique pas aux premiers. Quand on braille et qu’on écrit partout “égalité” ça fait bizarre. Il fut un temps – les Trente Glorieuses – où l’Etat devait faire la danse du ventre pour attirer des candidats à la fonction publique : mal payé, contraignant… et à l’époque , il  a donc concocté aux fonctionnaires des contrats “aux petits oignons”. Que ne les payait-il correctement dans un cadre contractuel standard, tout simplement ? mais non, c’eût été trop simple… Or, depuis les années 80, la conjoncture s’est retournée – la sécurité de l’emploi est devenue une denrée rare et précieuse – mais on continue imperturbablement comme avant, soutenus par l’antienne syndicale des “avantages acquis”, alias la théorie du cliquet : un cran de plus, un cran de plus, un cran de plus…

Bref il existe un très fort décalage entre l’énorme et indémerdable (*) Code du Travail du secteur dit “privé” et le Code du Travail de la Fonction Publique, qui se décline, comme la Sainte Trinité, en trois entités : d’Etat, Hospitalière, Territoriale. Décalage choquant… et injustifié, s’agissant d’emplois qui sont exactement les mêmes des deux côtés, avec exactement les mêmes contraintes et la même conscience professionnelle : l’infirmière hospitalière et celle de la clinique privée, le prof’ d’anglais au collège conventionné Saint-Jérôme et celui du CES Jean Mermoz, les jardiniers du Sénat et ceux qui bossent chez Vilmorhin-et-Danube.

Que l’état gère “en direct” des hôpitaux et des établissements d’enseignement, pourquoi pas, ça peut se défendre, bien que ce ne soit pas du tout dans ses attributions… pour équilibrer le marché et donner le “la”, par exemple. Mais ses salariés ne font rien de spécial qui mérite un statut spécial…

Voilà : UN code du Travail pour tous les Français- égalité égalité on vous prend au mot – ça suffit largement, c’est logique et puis c’est tout simplement normal, ça tombe sous le sens. Eh bien, “y a plus qu’à“, comme on dit.

Tibert

(*) et on nous en a encore ajouté (rajouté, comme ils disent) une couche, avec l’ineffable “compte pénibilité” : encore plus de boulot retors pour les employeurs, c’était pas assez compliqué comme c’était !

 

Latins ? pas pipi !

Je lis ce truc dans un canard : la mairie de La Seyne-sur-Mer, dans le 8-4, le Var, donc, supprime ses vespasiennes, c’est trop cher, y a plus de sous. Pour pisser à la Seyne-sur-Mer, dorénavant, dém… brouillez-vous.

(Oui, je sais, Fillon / Juppé, la bouffe Hollande-Valls, j’y-vas-t-y j’y-vas-t-y pas,  tout ça, c’est important, certes, mais… et puis, bon c’est promis je vous explique demain comment c’est-y dieu possible ?? qu’on puisse employer dans les mairies, les collectivités territoriales, les hôpitaux, des salariés NORMAUX pour faire le job, pas des fonctionnaires à avancement automatique et retraite calculée sur les six derniers mois de boulot ?? c’est possible, ça ?  Demain, j’ai dit ! aujourd’hui c’est pipi.)

Pipi : à Singapour, au Canada, aux USA, et dans plein de pays normaux on ne se pose pas la grave question d’aller pisser avant de sortir en ville (à la campagne, on pisse contre un arbre, ou au coin d’un pré, etc, bref le problème n’existe pas). Dans tous les centres commerciaux, les édifices publics, les stations de métro etc… on peut faire pipi, et plus si affinité. Et c’est généralement propre, parce que 1) le civisme est un mot qui a du sens, dégueulasser les houatères n’est pas un passe-temps valorisé, 2) il y a quelqu’un qui nettoie. Et, 3), last but not least, cerise sur le gâteau, c’est le plus souvent gratuit.

Contraste : par chez nous, il est hautement recommandé de vider sa vessie avant de sortir ! car il va falloir tenir, tenir, et se retenir. Tenez, il existe un bouquin, c’est symptomatique du problème urgent qui taraude votre vessie : “Où faire pipi à Paris ? “. Vaste question, car c’est toute une quête, ça nécessite de chercher, s’en préoccuper, parfois urgemment, sauf à se rabattre illégalement sur un coin sombre entre deux voitures garées.

Vous me direz : il y a les bistrots. Ben non. Je trouve injuste et lamentable que pour pisser il faille commander, payer, éventuellement boire un truc dont on n’a ni envie ni besoin. Avec pour résultat coûteux et stupide de pouvoir pisser, certes, mais à  partir de un euro-cinquante minimum (l’inévitable café âcre et / ou amer, tiédasse ou trop chaud, avalé debout au comptoir, qui va… vous donner envie de pisser, voire vous retourner l’estomac). En fait je soupçonne la profession des bistrotiers de faire (demi)-pression pour qu’il y ait très peu de pissotières dans les villes.

Reste les sanisettes ? quasi toujours occupées, en dérangement, portes verrouillées, ou bien on fait la queue devant, signe que, justement, ça manque. Mes amis, outre le nécessaire dynamitage des blocages corporatistes, des prés carrés, des prébendes des “partenaires sociaux”, des “avantages-acquis”… aux dépens des autres, il faut que ce pays se rende enfin compte qu’on doit pouvoir pisser en ville sans que ce soit un drame, un chemin de croix – et ça créera plein d’emplois. Nos candidats aux prochaines Présidentielles ont du pain sur la planche, et je les attends de pied ferme sur ce point épineux de leur programme.

Tibert

Y a d’ l’abus, et autres contes

Grande nouvelle : un des partis-croupions du PS, j’ai nommé les “radicaux de gauche” (PRG) – émanation sud-ouestienne (accent du Rouergue) de notables locaux soucieux de marquer leur différence et de grappiller quelques menus maroquins tout en restant bien au chaud sous la couette rose des socialistes – vient de désigner sa candidate aux futures Présidentielles de 2017, comme ça toute seule comme une grande. Sylvia Pinel, c’est son blaze : actuelle Grande Cheffe dudit PRG, née dans la Haute-Garonne, études toulousaines, députée du Tarn-et-Garonne,  elle fut le bras droit, elle a cru (du verbe croître) sous l’aile protectrice et bienveillante du baron de la presse  locale, “La Dépêche du Midi“, alias monsieur Jean-Michel Baylet, notable local de chez Notablelocal en Occitanie, et ex-patron du PRG. Tout baigne, tout ronronne donc au PRG, qui est une des figures emblématiques du petit jeu miteux, confiné, désespérant dont les partis actuels nous régalent. Un grand coup de balai, un grand courant d’air frais seront nécessaires.

Mais passons. Je voulais pousser un coup de gueule sur l’abus. Abuse, en anglais, c’est maltraiter, et puis aussi abuser de, comme chez nous. Mais la violence est le sens premier, avec des locutions comme domestic abuse (violence domestique ) ; child abuse (sévices sur enfant, possiblement sexuels, mais pas forcément). L’abus, chez nous en français, n’a pas ce sens de violence. On abuse : on en profite exagérément ; on va trop loin. Ou bien on peut abuser quelqu’un – le tromper, donc – mais la notion de maltraitance n’y est pas. En principe… car je lisais hier ceci dans le Monde, à la page des sports : de jeunes footballeurs anglais “abusés sexuellement“. En fait l’article énonce ceci : “Plusieurs joueurs (…) affirment avoir été victimes, dans leur enfance, d’agressions sexuelles…“. Agressions, et non abus, c’est bien de ça qu’il s’agit.

Eh bien c’est un anglicisme inutile de plus. Abus sexuels ? c’est que vous vous surmenez, ménagez-vous donc un peu, il y a autre chose dans la vie… agressions sexuelles ? il s’agit de tout autre chose, ça tombe sous le coup de la Loi.

Tibert

Phobophobie

J’en ai plus que marre de la “phobie”. Machin-phobie ? c’est la crainte, la peur de Machin. La crainte maladive, irraisonnée, disent certains. Mouais… irraisonnée sans doute s’agissant de l’agoraphobie ou de l’arachnophobie, si l’on excepte les énormes mygales velues. Mais pas partout. Il est des phobies fichtrement fondées, par exemple celle du feu, ou des espaces clos, confinés, la claustrophobie. Mais sur cet article du Monde, qui traite des péripéties mouvementées d’une campagne d’affichage pour la prévention du SIDA, et dans la même dérive du terme que l’illustre islamophobie bien connue, on nous veut nous balancer l’équation phobie = haine. Haine agissante, haine démonstrative, qui plus est – d’ailleurs à quoi pourrait servir une haine muette ?

Haine ? pas du tout ! pas du tout. Certains maires ont fait ôter des affiches de la campagne anti-SIDA dont je vous cause, parce qu’ils ont jugé qu’elles pouvaient choquer, perturber de jeunes âmes. Et hop, les voilà qualifiés d’homophobes (*) – dans le sens “qui haïssent les homos”. Mais en quoi est-ce une manifestation de haine ? On peut comprendre que les assoces anti-SIDA soient déçues que leur campagne soit mal perçue, mais se sont-elles interrogées sur la pertinence et l’innocuité de ces affiches ? a contrario, faut-il accepter tout ce qui émane du milieu homo pour la seule raison que ça vient de lui ? c’est assez similaire à la question qui se pose à une femme draguée par un homme “de couleur”, comme on dit : a-t-elle le droit de le rembarrer, parce qu’elle n’a pas la tête à ça, parce qu’il ne lui plaît pas, ou toute autre raison ?  alors c’est au risque de se faire traiter de raciste.

Voilà donc en gros le marché qu’on nous soumet : si vous n’êtes pas pour nous vous êtes contre nous. Ben non, ça ne fonctionne pas comme ça. Ne me demandez pas si je suis colombophile ou colombophobe ; ni l’un ni l’autre ! les colombes, je les côtoie sans problème et bien volontiers – du moment qu’elles ne me bouffent pas mon oxygène et ne cherchent pas à m’enrôler chez leurs groupies.

Tibert

(*)  et non pas “gayphobie”, et toc. C’est du grec, pas de l’anglais.

PS – Une lectrice m’interpelle : Si elle me suit bien, ces affiches anti-SIDA me choquent ? ce n’est pas la question (personnellement je trouve les photos assez bénignes, les textes nettement plus discutables, mais rien de pendable) : j’explique dans ce billet que je déteste qu’on me somme d’aimer, sous peine d’être …phobe.