… Mes ennemis, je m’en charge !

Tout d’abord, un coup de gueule, ça dégage les bronches : mâame Hidalgo veut introduire des taxis fluviaux sur son territoire – sur la Seine, le canal Saint-Martin, le confluent de la Marne… le lac du Bois de Boulogne ? – bref un machin électrique et futuriste, baptisé “Sea Bubble” par son génial inventeur, un Français. Un Français qui invente la “Bulle de Mer”, la “Bulle Marine” (Marine, ça par contre on évite), la “Bulle d’Eau”, l’HydroBulle, l’AquaBulle etc… mais non, il faut qu’il la nomme en rosbif… pourquoi ? il a honte ?

Au fait, si vous prenez un jour cette “AquaBulle”, cette “Séquanaise” (ce nom-là me botte) pour aller de la Mairie du 17ème arrondissement à la gare Montparnasse, ça va pas mal manquer d’eau sous la quille.

Mais bon… je voulais vous causer d’autre chose : hier j’ai interrompu assez vite le visionnage laborieux du premier débat de la Primaire de la Gauche : c’était très chiant. Trop de candidats, tous coincés et bien propres sur eux avec un balai dans le dos – sauf Bennahmias, plus “nature” et qui s’est payé son anaphore comme Normal-Premier, des fois  que ça marcherait aussi : “L’intérêt général… l’intérêt général… l’intérêt général…“. Ouais… à la rigueur… mais Bennahmias n’a aucune chance, il lui restera sa Belle Anaphore.

Le titre de ce billet, c’est évidemment, vous aurez sûrement complété, “Mon Dieu, défendez-moi de mes amis ; mes ennemis, je m’en charge“.  En effet, “Mon Dieu” mis à part, je lis que monsieur Macron voit venir à lui, se rallier à ses soigneuses rouflaquettes, des tas de gens très bien (Notez, moi je me laisserais bien tenter, tant je suis persuadé que ce pays a besoin de mettre au rebut et sans état d’âme le système existant à bout de souffle et de refonder une démocratie raisonnée, équilibrée,  sobre, simple… je continue ?  – et puis surtout éloignée des idéologies dangereuses et / ou fumeuses façon Frondeurs Socialos ou Libéraux dur-de-dur. Mais le programme ? le programme ? où est le programme ?). Voyez, madame Corinne Lepage, monsieur Jean-Marie Cavada, monsieur Jean Pisani-Ferry… que du beau linge ! enfin, c’est ce qu’on se dit au premier abord. Au deuxième rabord, monsieur Cavada a septante-six ans bien sonnés, soixante-seize c’est l’âge d’une retraite politique bien méritée ; monsieur Pisani-Ferry est plus jeune, lui ; c’est encore pour quelques mois le Chef-en-Chef de France-Stratégie, cette officine-croupion du Premier Ministre qui émet des propositions d’augmenter les impôts au rythme d’un canon anti-aérien, et notamment l’ahurissante taxe pour punir les Français qui possèdent et occupent leur logement. Monsieur Pisani-Ferry, on s’en doute, suit le mouvement général de quittage du navire, si j’ose écrire : c’est qu’il craint de se retrouver chez Popaul-Emploi (enfin, une version améliorée…) quand l’élection sera venue. Il mise donc en fin turfiste sur le cheval qui lui semble tenir la meilleure cote…

Bref, monsieur Macron voit venir à lui tout plein de ralliements sincères de chez l’Ami-Sincère, et pas du tout opportunistes 😉  Ça ne se refuse pas, évidemment, eh eh… mais ça n’empêche pas la lucidité, pas vrai ?

Tibert

Quand William Surin fait déconfiture

C’était trop tentant, j’ai craqué pour ce titre, ayant lu un entrefilet croustillant du Figues-à-rôts “Economie” : L’extravagante déconfiture de William Saurin“. Rétablissons les faits dans leur tragique nudité : William Saurin ne fait pas de confitures, à l’inverse de Bonne-Maman Androsse, qui, elle, ne fait pas dans le cassoulet ni le petit-salé aux lentilles, le tout en boîte.

Mais titre rigolo à part, je vais vous causer d’aut’chose… non de monsieur Benoît “Burn-Out” Hamon qui souhaite aller tâter encore un peu plus profond dans vos poches pour voir s’il y resterait des picaillons – il veut financer 35.000 nouveaux postes d’enseignants, limiter les classes à 20 élèves là où ça craint… le tout farpaitement inutile, vu que nous n’avons aucun problème d’effectifs – plus que largement suffisants – mais, plus tragiquement, des problèmes d’abandon du navire, de démission, je dirais même de débandade devant l’exigence d’instruire et de former. Mais baste avec la politique, un peu de conso.

Mon sèche-linge, dont la marque genre amerloque commence comme la deuxième initiale du peu regretté George “Deubelyou” Bush et finit par L, est tombé en panne, ah zut alors ! il servait assez peu, essentiellement en hiver, je vous laisse deviner pourquoi. J’aime en effet le linge séché au grand air, les draps et les culottes qui claquent au vent sur leur fil, et puis c’est dommage de ne pas se servir gratos des énergies propres. Madame Duflot serait d’accord, c’est dire ! Mais ce sèche-linge avait cinq ans et deux mois… hasard bizarre, j’ai eu aussi une imprimante-laser coréenne qui a calé à cet âge-là. Difficile tournant que ce cap des cinq années, juste un peu après la possible fin d’extension de garantie qu’on aurait eu, c’est con, l’initiative saugrenue de souscrire – moyennant finances, ça va de soi.

Le monsieur venu au secours m’a pris 89 euros TTC pour m’annoncer, navré, que le “module de commande” [module électronique programmable, NDLR] avait rendu l’âme… il pouvait, le brave homme, me le changer pour la somme de 36 (déplacement) + 250 (pièce et main-d’oeuvre) = 286 € HT, plus TVA de 20 %, soit 344 € TTC. Bref, me dit-il, moi à vot’ place j’en achèterais une neuve ! pour à peine plus cher, vous redémarrez avec une garantie, peinard… Donc, ma superbe bécane “Deubelyou etc etc”, tout ça, carrosserie, moteur, tambour, vannes, relais… tout ça impecc, une machine rutilante… tout ça, à la benne !

Eh ben c’est ce que j’ai fait, la mort dans l’âme. J’ai acheté un sèche-linge basique de chez Basique, sans extension de garantie, et d’une autre marque – en faisant attention à ne pas taper dans le même groupe, faut quand même pas charrier (par exemple, Laden Bauknecht Indesit Philips et Whirlpool, c’est du kif). C’est moins cher que de réparer l’autre bouzine, avec juste une carte électronique à changer ! C’est idiot ? c’est complètement idiot, je suis d’accord. Je dirais même, tout en retenue, que c’est assez infect.

Tibert

Nouveau Vieux

J’ai eu l’occasion il y a quelques jours de déboucher innocemment une bonne bouteille, un Beaujolais Nouveau apporté par une jeune femme célibataire assez désargentée invitée à déjeuner. Avec sa permission, on l’avait mis de côté pour une autre fois : mon  pinard à moi était déjà sur la table, assorti au plat qui allait avec… et donc débouchant plus tard le flacon et le tâtant, je lui ai trouvé d’abord un copieux dépôt noirâtre sur les parois, et puis une robe tirant sur le brun-rouge clair… totalement inhabituelle, bizarre… un nez curieux, jamais reniflé. Un OONI, Objet Oenologique Non Identifié. En bouche et bien frais c’était buvable – le Beaujolais Nouveau tient en principe le coup jusqu’en Janvier mais il urge de le boire – mais quelle drôle de mixture, sorte de coquetel de fruits rouges plat et raide. Intrigué, j’ai étudié l’étiquette de plus près : “Beaujolais-Villages“, “Primeur“, “Mis en bouteille à la propriété à Lantignié” dans le 6-9 (jusqu’ici tout va bien) et millésimé, bien entendu… le millésime ? stupeur et tout le tremblement :  ce n’était pas du 2016, mais du 2003 !! l’année de la canicule. Un Beaujolais Nouveau de treize ans d’âge !

La jeune femme, à l’évidence, n’a pas de cave à elle : elle ne boit pas. Donc elle l’a acheté récemment – sauf à avoir dévalisé un cellier mal tenu, ce qui n’est pas du tout du tout dans ses cordes…. comment peut-on trouver en France dans le commerce des bouteilles de Beaujolais Nouveau de treize ans d’âge ? sans doute des lots d’invendus de faillites louches oubliés dix ans dans un hangar en tôle, rachetés en bloc par un escroc pour quelques kopeks et mis en boutiques genre “La guitoune aux Zoccazes” pour une ou deux thunes. Deux balles, qu’est-ce qu’on risque ?

Voilààà… c’est une expérience, tout de même, ce Primeur 2003. Et puis ça me permet de parler d’aut’chose, de ne pas vous causer de la Primeur, pardon la Primaire de la Gauche, parce que là y en a marre. C’est qu’on en entend des wagons de phrases creuses et se voulant ronflantes – Valls fait très fort en ce moment dans les extraits de discours de sous-préfectures -, des exposés de programmes tous pareils à cinquante nuances de rose près, qui ne seront jamais appliqués – et heureusement.

Monsieur Valls, toujours lui, rentrait (*) dans le lard de monsieur Fillon, hier : “un projet des années 80“, disait-il à propos du candidat officiel de la Droite-et-du-Centre : encore plus âgé que le rouge 2003 à deux balles, vous imaginez le désastre. En y ajoutant une grosse calomnie bien laide sur ce programme, qualifié de “projet catholique“, et que ledit Fillon revendiquerait explicitement comme tel : horreur et putréfaction. Enchaînement lyrique ensuite sur le couplet républicain, “Les religions c’est respectable je les respecte bien entendu mais la religion c’est privé gnagnagna“… Manu fait là dans la très grosse ficelle – mais c’est de bonne guerre, me direz-vous, et vous avez sans doute raison.

Tibert

(*) Donc il  en était sorti auparavant, sans doute ; en principe la première fois on “entre”, les fois d’après on “rentre”, voire – si si ça s’est rencontré – on “rerentre”. Il lui a rerentré dans le lard… c’est beau le français.

Vieilles traditions vides de sens

Un article du Monde mérite, amies-et-amis lectrices-et-lecteurs (pff… le langage politicien, quel boulet), mérite, dis-je, et amplement, que vous y jetiez un cil, c’est très instructif. Il s’agit d’un commentaire “sociologique” sur les chiffres annuels des bagnoles cramées au Nouvel An. Shakespeare a soufflé le titre : “Voitures brûlées à la Saint-Sylvestre : beaucoup de bruit pour rien“.

L’éphémère doublure de monsieur Cazeneuve à l’Intérieur, monsieur Le Roux, qui apprend vite, a évidemment minimisé les chiffres, “meuhhh non c’est pas grave”  : l’astuce, c’est de compter non pas les voitures brûlées comme on faisait bêtement avant, mais les “départs directs de feu” : quand un cocktail-Molotov fout le feu à trois bagnoles alignées, c’est UN départ de feu ! et non pas trois bagnoles cramées. Alors comme ça, on obtient “seulement” + 8% de résultats, pas si mal… encourageant… etc. Bref y a pas de souci, tout est calme, il faut bien que les jeunes se divertissent, faut comprendre. La France, notez bien, est le seul pays qui puisse se targuer de cette sympathique tradition née à Strasbourg, vieille de 30 ans, et solidement ancrée depuis dans nos coutumes, au même titre que la Braderie de Lille – abandonnée l’an dernier pour des raisons qui sortent du cadre de ce billet – le Salon de l’Agriculture ou le Grand Pardon de Sainte-Anne d’Auray.

Moi je sais pas, mais si j’étais Ministre de L’Intérieur je viendrais sur le plateau  de TF2 ou de BF1 pousser une grosse gueulante pas du tout diplomatique : ce sont des faits révoltants. Il existe des articles du Code Pénal là-dessus, vous pensez bien, mais leur application supposerait qu’on applique la Loi, vous  n’y pensez pas ? ça ferait de la peine aux jeunes en déshérence morale et déficit d’espoir.

Les rédacteurs de cet article du Monde vous expliquent cyniquement, leurs voitures vont bien, merci – et ils ont peut-être raison – que les statistiques annuelles de combustion non spontanée de voitures ne signifient rien en terme de barométrie (ou de thermométrie plutôt : on l’a dans le baigneur) des humeurs (sic)  des jeunes : “ Non seulement ce chiffre n’a aucun sens, mais, en plus, il ne dit plus rien de l’humeur des jeunes des quartiers populaires ».

Ce chiffre ne dit plus rien : à quoi bon le sortir, donc ? et puis bof, les assurances rembourseront, et puis ça rajeunit le parc automobile, et puis ça égaie nos moroses banlieues, et puis dans le tas il y a sûrement des fraudeurs à l’assurance, et puis ce n’est pas ma caisse qui a morflé, et puis tenez Place Beauvau aucune voiture n’a été brûlée, et puis y a qu’à rentrer sa voiture à l’abri le 31 décembre. Et puis à quoi bon des articles de loi ? je vous le demande, autant pisser dans un violon.

Tibert

Empilement de croix

J’ai sursauté à la lecture, sur Le-Monde-sur-Toile, d’un commentaire de lecteur, commentaire qui commentait la prestation de monsieur Fillon au journal du soir sur TF1 il y a deux jours.

Le titre de l’article du Monde : “François Fillon, se revendiquant gaulliste et chrétien, annonce trois chantiers...”.

Qu’avait dit verbatim monsieur Fillon ? [ contexte : on le cuisinait sur ses projets concernant la Sécu ] : “Je suis gaulliste… (euh) et de surcroît je suis chrétien…(euh) ça veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine etc etc blah blah blah”.

Vous noterez au passage que la croix de Lorraine plus la croix du Christ, ça fait boucoup. Mais bon… et que disait ce lecteur en commentaire ? “Un président se DOIT d’être athée“. (Que pensez-vous de cette affirmation ? justifiez votre propos – vous avez deux heures). Mais non, ce n’est pas la dissert’ de philo du CAP de plomberie, je vais MOI vous le commenter, ce propos.

D’abord premio vous  aurez remarqué que Le Monde n’aime pas monsieur Fillon :  “…se revendiquant gaulliste et chrétien“… certes il a dit ça, mais pas dans le genre “écoutez-moi bien, c’est mon credo, ma ligne de conduite“.  Non, il s’explique sur ses projets pour la Sécu, et du fait qu’il est … et … il ne pense pas un seul instant à… : “moi je suis comme ci, alors j’agis comme ça“. Bon, Le Monde tord ici gentiment les dires du Fillon pour insinuer qu’il compte agir en étroit catho : c’est de mauvaise guerre, mais c’est la guerre, pas vrai ?

Deuxio, en démocratie laïque chacun a le droit de croire à ce qu’il veut – aux extra-terrestres, à la métempsychose, aux signes du Zodiaque – tenez, Mitterand en fin de vie en tâtait… – à l’homéopathie ou à la bonne Vierge, du moment qu’il n’emm… n’ennuie pas les autres avec et leur fout la paix. Bien sûr qu’un Président peut ne pas être athée ! c’est-à-dire fermement persuadé 1) qu’il n’y a pas plus de Dieu que de beurre dans une salade “Minceur” ; 2) que les religions, toutes les religions, sont des fables obscurantistes et nuisibles, à combattre. Monsieur Fillon a parfaitement le droit de croire au Petit Jésus, pourvu que ça n’interfère pas dans son action politique. Dommage qu’il en soit là ? certes, mais l’essentiel est qu’il fasse bien le boulot pour lequel il sollicite nos suffrages. De Gaulle était chrétien, il allait à la messe dans une des deux églises de son bled, et personne ne le lui a reproché.

Ceci étant – je ramasse les copies – je ne peux m’empêcher de vous citer itou une autre intervention d’un lecteur du Monde sur le même article, parce que je le rejoins cinq sur cinq : moi j’ai cru entendre, lors des débats de la Primaire de la Droite et du Centre, les paroles d’un homme, enfin un, qui nommait nos maux, un homme décidé à renverser la table, à remettre sur pieds notre démocratie, à la rendre vivante, lisible et juste. J’ai vu sur le site de TF1 un candidat bien propre sur lui et habile débatteur. Décalage… tenez, ce qu’écrit le lecteur qui signe “Un babouviste” (*) – doctrine dont je ne me revendique point :

C’est quand même pathétique un tel programme. Il ne vit pas dans le même monde que nous cet homme. Le peuple demande une révolution institutionnelle, économique, sociale et politique et il nous propose cela ?!!!!!“.

… fin de citation.

Tibert

(*) c’est à dire se référant à Gracchus Babeuf, une icône de la Révolution de 1789. Si vous voulez en savoir plus

Mes veilleurs meuh à moi pour 2017

je voulais vous entretenir de Charlie-Hebdo qui blasphème Vladimir Poutine et les glorieux Choeurs de l’Armée Rouge endeuillés par un accident d’avion : pas la peine, il se trouvera bien quelques nationalistes Grand-Russes et fanatiques bornés pour démontrer, Kalachnikov ou parapluie bulgare à l’appui, qu’il est interdit de se marrer de certains trucs – surtout si c’est de mauvais goût, ce qui est mon sentiment.

Je voulais vous causer de monsieur Estrosi qui, fort de l’appui (qu’il dit) de la Région PACA et de la Métropole Nice-Côte d’Azur, va en Israël bichonner monsieur Netanyahou dans le sens du poil et l’assurer de sa solidarité pleine et entière face à la récente résolution de l’ONU qui vitupère les implantations de colonies en Cisjordanie occupée. Monsieur Estrosi joue là un peu beaucoup perso, comme on dirait au foot. Il va se faire tacler.

Eh zut non, je ne vais pas vous gonfler avec de la politique, des problèmes de société, des histoires de bien-pensance : enfin une bonne nouvelle, c’en est fini de 2016, annus horribilis paraît-il pour les chanteurs en vogue. En fait j’ai du mal à suivre : s’il est vrai que j’ai pleuré la mort toute récente de Pierre Barouh, “chabadabada, chabadabada”, en revanche quand on m’a causé de George Michael, j’ai levé les sourcils “c’est qui ce mec ?” Bon, il faudrait suivre, mais j’ai du mal à suivre, je le répète ; à ma décharge il faut dire que George Michael ne m’a jamais été nécessaire.

Alors voilà : l’année 2017 sera, je le, je vous le souhaite ardemment :

  • pas bissextile : elle en restera à 365 jours, sinon elle serait divisible par 4 sans être un multiple de 100, ou dans ce cas ce serait un multiple de 400 (le prochain multiple de 100 et de 400 se fera sans moi, très probablement).
  • Première : 2017 n’est divisible que par 2017 ou par 1, ce qui est peu. Ce qui rend inutile également le paragraphe du dessus, expliquez pourquoi : vous avez une heure.
  • Ensoleillée le jour, et pluvieuse la nuit – modérément, mais assez pour arroser mes plants de haricots. Qu’il fasse jour à Honolulu quand il fait nuit chez moi me culpabilise un peu, mais bon, ils se feront une raison, c’est loin Honolulu.
  • Pas trop froide : je me chauffe au gaz, et comme le gaz va augmenter de 5 % alors que mes revenus sont immuablement identiques, hein, mollo les gelées matinales.
  •  Et surtout, surtout, hein, la santé ! ah ça oui, la santé c’est sûr que c’est précieux. Ma devise : “deux-mille-dix-sept, et péter de santé”. Sauf certains malfaisants, bien entendu, que j’ai déjà leurs statuettes de cire sur mon bureau, avec des aiguilles pour m’occuper d’eux.

Mais on l’a dit, pas de politique ! et puis, bonne année, hein, etc.

Tibert

All Blacks contre Macchabées

Je lis ça dans la langue du blond et rigolo Boris Johnson et dans le très sérieux Guardian (*)… et puis non zut, je vous traduis ça aussi sec et au fil de la lecture : “Le premier ministre israélien a appelé Murray McCully, ministre des Affaires étrangères de Nouvelle-Zélande, avant la résolution de vendredi  [ NDLR  : résolution inattendue dans le morne et statique climat de l’ONU, demandant instamment à Israël de geler ses implantations coloniales en Cisjordanie occupée ] , résolution qui était co-parrainée par Wellington.  Netanyahou lui a déclaré  : C’est une décision scandaleuse. Je vous demande de ne pas la soutenir, de ne pas la promouvoir. Si vous persistez à la promouvoir, de notre point de vue c’est une déclaration de guerre” (ici c’est moi qui mets en gras, c’est trop  mignon !).

Vous voyez le topo ? Israël en guerre contre la nouvelle-Zélande ? le théâtre d’opérations semble promis à des empoignades sévères, les obus de 115 vont siffler, et sur les frontières communes ça va saigner. Quant à la glorieuse aviation de Tsahal, il va lui falloir des avions ravitailleurs d’avions ravitailleurs pour ravitailler ses chasseurs-bombardiers à l’aller et au retour de ses raids, sauf évidemment à  projeter hors de Méditerranée un de ses porte-avions nucléaires – avec les patrouilleurs, vedettes, bateaux-ravitailleurs  et corvettes qui vont z’avec – au Sud-Est de l’Australie, alliée inconditionnelle d’Israël.

Bon, restons sérieux. Autre chose : monsieur Normal-Premier a eu des scrupules, et voulu finir le boulot à moitié fait concernant madame Jacqueline Sauvage, graciée partiellement il y a peu : allez, bon, c’est Noël, je la lui fais totale, a-t-il concédé. C’était du travail “ni fait ni à faire”, comme disait ma mère : comme ça maintenant c’est propre et net. Notons bien que dans cette histoire la Justice se prend une baffe : elle a donc mal jugé, elle a merdoyé, la Justice, et Normal-Moi le lui signifie… en bégayant. Reste que quarante-sept années de violence, dont des viols sur les trois filles du couple, sans aucune plainte aux flics, avant que la mère en vienne à faire sa justice à coups de fusil, ça interroge, tout de même ! Enfin bon… il vaut mieux voir ça que d’être sourd.

Tibert

(*) Note d’un anglologue émérite : Guardian se prononce gardianne, comme garde-à-vous ou Gare du Nord, pas gouardianne comme goualante, ce que font tant d’ignares en Rosbif, merci master Capello.

C’est interdit, et alors ?

Il est des époques et des cultures. Notre époque est moderne, et notre culture est celle des mises en garde omniprésentes : “pour notre sécurité“. Pas un emballage qui ne contienne – surtout pas le mode d’emploi, ça c’est sur Internet si vous parvenez à le dégotter, ni le schéma du bidule avec la liste des pièces détachées, ça c’est top-secret, on est trop cons pour comprendre, encore moins des conseils de réparation, vous rigolez, non ? – qui ne contienne, donc, des “Attention…” et des “Ne pas…” en pagaille. Ne pas utiliser votre sèche-cheveux sous la douche, ne pas le mettre au micro-ondes, débrancher la prise de courant avant de le ranger dans son tiroir, le nettoyer avec un chiffon sec et doux, ne pas y introduire de tige métallique quand il chauffe… et bien entendu, s’il tombe en panne, 1) est-il branché ? 2) y a-t-il du courant ? 3) sinon alors le confier à un réparateur agréé, what else ? et si le prix de la réparation excède, comme c’est quasi sûr, le prix d’achat, alors mettez-le à la benne et achetez-en un autre.

Bref on est des incapables et des gogols, faut rien nous expliquer mais nous gaver de consignes. Dans cet esprit, et “pour notre sécurité“, la Promenade des Anglais, à Nice, est interdite à la circulation des camions de plus de 3,5 tonnes. C’est en principe un arrêté préfectoral, donc, nous dit la mairie de Nice, sa police municipale n’est pas habilitée à le faire respecter. C’est con, hein ? bon… mais encore ? mais encore, cet arrêté est assorti de dérogations. Tenez, sur Nice-matin :

“Il existe toutefois des dérogations à cet arrêté, a fait valoir la municipalité de Nice, évoquant par exemple les camions de déménagement ou les livraisons. “Si on voit un camion circuler dans Nice le 14 juillet, cela ne suffit pas pour simplement l’arrêter” car “il peut avoir une dérogation”, a-t-on souligné de même source.”

Donc les camions de plus de 3,5 tonnes sont interdits mais seule la Police Nationale peut sanctionner, et puis il peut y avoir des dérogations… donc en pratique les gros camions font comme ils veulent, vu que : 1) la police municipale s’en fout, ce n’est pas son job ; 2) la police nationale a le droit d’intervenir, elle, mais à supposer qu’elle soit présente sur les lieux pour constater la présence d’un camion, elle est fondée à supposer qu’il bénéficie d”une dérogation, vu qu’il en faut une, c’est logique, non ? d’autant plus que les warnings du bahut sont en fonctionnement : quand on allume ses warnings ça veut forcément dire qu’on bénéficie d’une dérogation.

… Ce qui explique le bilan du 14 juillet 2016 à Nice ; travail soigneusement préparé, le camion de 19 tonnes assassin de 86 piétons – sans oublier tous les estropiés – était passé en repérages onze fois auparavant, les jours précédents et le jour-même, sur ce parcours “interdit aux camions” (sauf dérogation). Vous pensez bien, Nice est truffé de caméras de surveillance, tout ça a été enregistré, forcément, mais comme “il peut y avoir des dérogations” et qu’en plus les bandes vidéo sont trop nombreuses et chiantes à analyser, ça a donné ce que ça a donné : onze passages peinards du même camion en infraction, et pour finir un massacre.

Mon sentiment est que les vidéos c’est bien mignon mais si personne ne les exploite c’est comme pisser dans un violon. Ce qui aurait été utile, c’est qu’un policier ait pris l’initiative “pour notre sécurité” de demander à l’islamiste-chauffeur, lors de ses onze repérages, à quel titre dérogatoire son camion se trouvait là… “papiers siouplaît” : vous y avez eu droit maintes fois, moi aussi, alors ?

Le courrier des lecteurs du Monde qui relate la plainte du maire de Nice contre Mediapart – ce site a eu indûment accès, et comment ?  à des documents en principe secrets  – donne beaucoup dans la politique, contre LR, contre monsieur Estrosi, également contre monsieur Sarkozy – c’est toujours quelque part “la faute à Sarko”, forcément –  mais je retiens surtout ce court commentaire, que je vous propose de méditer :

Il y a dans ce pays une culture de l’impunité ; il faudra très longtemps pour s’en débarrasser“.

Tibert – et encore faudrait-il qu’on le veuille !

Cumulards pas morts

je devais vous entretenir – non, je ne vais pas vous entretenir, ce n’est pas dans mes moyens – vous entretenir de, c’est totalement autre chose, du projet de mise en place d’une instance unique de contrôle de la Justice. Les magistrats sont arc-boutés contre ce projet, criant qu’on veut les mettre “au pied”, à la botte du pouvoir. Mais lisez ce truc, c’est instructif, on en recausera.

Non, le sujet du jour, tous billets cessants, c’est ça : Monsieur Fillon se fait mettre la pression (sans faux-col) par ses collègues élus de LR, Les Républicains, qui espèrent bien qu’il se prononcera pour la suppression de l’interdiction !

De quoi, qu’est-ce ? eh oui, “La loi [ Non-cumul des mandats électifs ]  promulguée en février 2014 impose aux députés, sénateurs et parlementaires européens d’abandonner leurs mandats locaux au lendemain du renouvellement de leur assemblée. Soit au mois de juillet 2017 pour les députés, le 1er octobre 2017 pour les sénateurs et en mai 2019 pour les députés européens.

Vous voyez le tableau ? ces messieurs-dames n’ont décidément rien compris, rien capté de ce qui écoeure les Français : ils désirent ardemment, les LR élus, retrouver leur marigot bien saumâtre, ce délicieux cumul des mandats… ces types n’ont rien à cirer de faire sérieusement ce pour quoi on les a élus à UN poste, plein temps, et au boulot. Ah, collectionner les casquettes, virevolter du Sénat à la Mairie et puis au Conseil Régional, et puis divers Groupes d’Amitié de ceci et de cela, et quelques petites Commissions encore par dessus..  et présider des trucs, faire son important… se gonfler de sa cocarde tricolore…

Eh bien non. Monsieur Fillon n’a pour l’heure pas l’intention de revenir à ce jeu minable, exécrable, qui use toujours des mêmes justifications de faux-jetons, “pour garder le contact du terrain“. Ben voyons… Il y est, le contact du terrain, il y est déjà, et comment, pourvu qu’on ne se prenne pas la grosse tête et qu’on veuille bien descendre de son carrosse. Les acolytes fillonesques le disent clairement, en tout cas : pas question de faire marche arrière sur le non-cumul des mandats. C’est toute la grâce que je nous souhaite,  et acceptons-en l’augure. Dans le cas contraire je ne manquerais pas d’être fortement déçu, ce qui serait cruellement décevant, vous en conviendrez.

Tibert

 

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Trouvailles portugaises

Je connais maint ménage retraité de par chez nous qui songe très sérieusement à se réfugier chez les Lusitaniens, Porto, Nazaré, Lisbonne… histoire d’échapper aux sanglants bouffeurs de fric  que sont nos – pour quelque mois encore – dirigeants socialistes, pompeurs-redistributeurs de revenus devenus fous et surtout extrêmement généreux vis à vis de qui pourrait bien voter pour eux en avril. Tenez, le SMIC… + 0,93 % en janvier prochain ! le SMIC le plus haut d’Europe. Comparez avec les pensions de retraite de base, dont le curseur est rouillé à force de ne plus avoir servi : fastueux, + 0,1 % depuis avril 2013 – bientôt quatre ans – soit environ une bonne baguette de pain par mois.

Mais bon, on sait tout ça. Ce qu’on ignorait jusqu’ici, c’est que cette terre promise portugaise, hâvre des retraités français, abrite des taxeurs encore plus imaginatifs, pervers, dingues que les nôtres, et comme dit l’autre, faut l’faire ! Remarquez bien, ils sont socialistes aussi, là-bas présentement, ça explique…

Ils ont donc décidé, les Portugais, de surtaxer les logements de plus de 250.0000 euros selon la situation et la vue : beau panorama depuis les fenêtres du salon, orientation Sud ? on se fait assaisonner. Vue imprenable sur le cimetière, sur la station d’épuration, horizon bouché, orientation plein Nord ? clémence fiscale. C’est bien trouvé… reste à faire un gigantesque travail de notation – à la louche et à la tête du client – de tous ces logements juteux, mais ça vaut le coup, il y a du blé à faire. Et puis on fera ensuite comme en France pour la taxe foncière : quarante ans plus tard toujours les mêmes bases, c’est dans les vieilles marmites qu’on fait les bonnes soupes fiscales.

Citation savoureuse de Joao Galamba, porte-parole des socialistes portugais : “Personne ne peut comprendre qu’une personne vivant dans une cave et qu’une autre habitant au dernier étage avec une vue fabuleuse paient exactement le même impôt“.  Dans le même esprit, quid des grands, disons à partir de 1,85 m., qui sans rien avoir à faire que de braquer leur regard voient sans problème par dessus les têtes des autres, n’ont pas besoin d’escabeau, de talonnettes ? c’est anti-égalitaire, indéniablement. “Personne ne peut comprendre etc etc…“. Donc soit on alloue gratuitement un escabeau à tous les petits, soit on taxe les grands.

Tibert, 1m 84.