Escargots à la nantaise

Hier on a saccagé le centre de Nantes afin de protester contre la venue de la Marine ce dimanche dans cette bonne ville, où elle prévoit de tenir un meeting au Zénith du coin. C’était donc “pour la bonne cause”, et pour enfoncer le clou les défenseurs de la démocratie et de la liberté ont prévu, dans le même esprit,  une opération “escargot” sur les axes donnant accès à cette salle afin d’empêcher les curieux et sympathisants de s’y rendre.

Que d’énergie dépensée, gaspillée ! et contre-productif avec ça, puisque chaque abribus défoncé, chaque poubelle incendiée, chaque cocktail-Molotov balancé dans les jambes des flics… est une incitation à voter pour des dirigeants moins complaisants avec la violence “du bon côté”.

Il serait plus économique et efficace, 1 – de casser préventivement et dissuasivement la gueule à “toutes les fâchistes et tous les fâchistes” qui auraient l’intention  de voter Marine ; 2) de brûler les piles de bulletins “Marine” : comme ça la démocratie sera sauvée, et les abribus avec. Comme le signait un manifestant hier, à coups de bombe de peinture sur une façade,  y avait qu’à pas l’inviter !  : ça tombe sous le sens.

Tibert

Sons de cloches

Les lycéens – du moins ceux qui sont politisés, inévitablement à gauche  – se sont fendus d’une manif interdite – mais bof, sous l’état d’urgence ça n’a aucune importance – pour dénoncer les “violences policières”, à l’occasion de la fameuse affaire Théo – qui remonte à trois semaines, tout de même. Il sont toujours un peu à retardement, les lycéens, ils bougent bien, mais il leur faut un temps de réaction élevé ; d’ici quelques mois on les verra manifester pour dénoncer les violences des jeunes de banlieue qui caillassent, agressent, balancent des cocktails-Molotov sur les bagnoles de Police et les camions des pompiers, notamment à propos de l’affaire de Viry-Chatillon et ses policiers incendiés.

Mais bon… justement à propos de ladite “affaire Théo”, une information que certains quotidiens traitent avec beaucoup de sobriété, quand d’autres lui donnent nettement plus de place. C’est là toute la saveur de la pluralité de la presse : la “famille de Théo” est visée par une enquête préliminaire pour un “possible détournement de subventions publiques“. C’est Le Parigot, et non pas le Canard-Emplumé du mercredi, qui a sorti ce scoop…  Rien que 678.000 euros (emplois présumés fictifs, ça nous rappelle quelque chose…) et puis d’autres détails avec de gros chiffres, plus accablants, l’URSSAF, les comptes en banque… dont vous pouvez avoir la teneur plus en détail si vous lisez ce canard (Le Parigot) ou cet autre  (Ouest-France) mais pas celui-là (Le Monde) beaucoup plus elliptique.

Bon, ceci dit, comme l’écrit un lecteur du Monde qui signe “ça n’excuse en rien le viol …” : “Je ne vois pas trop le rapport entre cette info et le viol qu’a subi ce jeune homme“.  Il a bien raison, et moi non plus je ne vois pas le rapport : il y a suspicion d’un viol d’autant plus grave que ce serait le fait d’un policier (enquête en cours), virgule, et par ailleurs, virgule, la famille de Théo (8 personnes, en l’occurrence)  est en cause dans une possible affaire de fraude financière. Ce sont deux informations : c’est bien pour ça que Le Monde traite la deuxième avec beaucoup plus de retenue, ça tombe sous le sens.

D’où l’intérêt de varier ses lectures !

Tibert

PS – La Présidence de la République communique que Normal-1er n’était pas au courant de cette affaire de fraude lors de sa visite au jeune Théo à l’hôpital… on est contents de l’apprendre ! on est bien gouvernés.

Eloge du vieux clou

Nous sommes suspendus à une voix, celle du maire de Pau : sera-t-il candidat ? LE Bayrou va-t-il repartir pour un quatrième tour ? et pour qui va-t-il rouler ? la tension est palpable, mesdames-messieurs.

Mais pendant ce temps-là les tractations vont bon train entre la rose carpe-Hamon et le vert lapin-Jadot : tu me laisses vingt-cinq circonscriptions, je t’en refile douze, et trois strapontins… ah non j’en veux quinze, et deux ministères. Et tu m’infléchis ton programme, coco. Du solaire, du venté, du bio, c’est vendeur, le bio…

Bon, le spectacle continue, soit, mais basta avec ces sombres manoeuvres derrière notre dos ou dans les coulisses ! Un truc autrement plus important : le gouvernement, qui verdit à vue d’oeil, veut aider à l’achat de bicyclettes électriques. Deux-cents (200) euros de subvention pour une bécane à assistance électrique. Du coup ça vous fait l’engin à 1.800 au lieu de 2.000 : 10 % de réduc’. Mais à l’heure où je mets sous presse, les modalités ne sont pas complètement arrêtées ; gageons que ce sera pour la prochaine législature, ça n’engage donc à rien.

Reste qu’à aider au vélo, électrique ou pas, il faudrait que ces messieurs-dames du gouvernement, là-haut, descendent de temps en temps de leur cheval, de leur voiture de fonction précédée de deux motards, sirènes hurlantes : le beau vélo tout neuf, vous le prenez fièrement pour aller au boulot, vous l’attachez à un solide pylone avec votre super  antivol en U inviolable… et le soir vous rentrez à pied, soit qu’on vous l’ait chouravé nonobstant le super antivol, soit qu’il manque la roue avant, ou la selle, ou la batterie, le moteur… soit que, ne pouvant s’emparer de l’engin, le voleur mécontent ait sauté à pieds joints sur les roues pour leur donner une jolie courbure. Bref, outre des subventions bienvenues à l’achat, il faudrait aussi aider les braves citoyens à conserver un petit moment leurs biclos : aider à l’achat d’un anti-vol vraiment efficace, mettre en place des garages à vélos sécurisés (gardiens, caméras de surveillance…), punir plus dissuasivement les ladri di biciclette, les voleurs de bécanes, considérés “là-haut” comme de menus soucis du quotidien, des bricoles, des pépins sans gravité – et puis ils ont certainement souffert d’une enfance malheureuse.

Personnellement, je peste, chaque fois que je prends mon vélo et que je dois laborieusement  déployer et verrouiller, déverrouiller et ranger mon antivol, je peste contre ces salopards de voleurs de vélos qui me pourrissent la vie. J’aimerais tant, outre voir Syracuse, pouvoir laisser ma bécane là comme ça, aller tranquillement faire une emplette, par exemple, et revenir enfourcher mon  vélocipède sans crainte de ne point le retrouver… mais je t’en fiche, allez, au boulot, attachons, rattachons, détachons ! sachant que ça ne sert pas à grand-chose, la seule parade efficace étant dans la brièveté de la halte.

J’ai trouvé la technique qui sauve, enfin, un truc qui fonctionne, qui a fonctionné jusqu’ici, pourvou qué ça douré !  je n’ai qu’un vieux clou, une bécane fatiguée, sale, pouilleuse – mais qui roule ! –  achetée une bouchée de pain sur www.vieucloupacher.fr – probablement déjà volée quatre ou cinq fois, mais allez savoir…  il faudrait être fou ou miro pour songer à la piquer, ça ne vaut pas un clou. Non, ce que je crains le plus, c’est qu’on me vole mon antivol, il m’a coûté un bras.

Tibert

Effluves

J’aime bien ces titres sobres et brefs, juste un mot, “Ridicule”, “Remorques”, “Amour”,  “Quartet”… pas des noms propres, évidemment, c’est trop facile (“Casablanca”, “Tristana”) ni ces innombrables articles définis d’une morne banalité,  “La moustache”,  “Le viager”, “Le boucher”… l’archétype du boucher, LE boucher, quoi, là où l’honnêteté aurait voulu qu’on écrivît “UN boucher”, le Jean Yanne du film éponyme et chabrolien, et personne d’autre. Non, la vraie classe d’un titre, “LE titre”, c’est juste un mot : tenez, “Effluves”. Et toc.

Effluves de quoi ? de toto, de tota, de totalitarisme. Quand on a vécu 5 années à constater avec quels déchaînements de haine le Président 2007-2012 a été traité par les médias (“Le nabot”, coupable d’avoir fêté son élection au Fouquet’s avec des gens riches devant un risotto crevettes-artichaut), quand son ex-Premier Ministre ne peut plus faire campagne – alors qu’il est jusqu’à présent présumé innocent – sans rencontrer chaque fois quelques dizaines de “musiciens” hurlant, tapant sur des casseroles et appelant à le jeter en taule, quand… quand… ah non je ne vais pas me lancer dans une soigneuse anaphore comme l’autre, là, le Président 2012-2017… bref : la Justice, le Pouvoir avec un Grand P, 90 % des médias politiques (j’exclus donc la presse technique, genre l’Epique, Paris-Tuf, Voici-voilà et le Chausseur français), et puis le Ministère des Finances, eh eh eh, tout ça dans les mêmes mains bien intentionnées : ça donne une campagne présidentielle totalement biaisée, indigne, et ça met les Français devant un rideau de fumée. Où sont les débats sur les programmes ? monsieur Fillon s’est fait sèchement contrer – avant qu’on sorte opportunément le feuilleton Pénélope qui permet maintenant aux médias d’écraser tout débat – sur ses premières propositions concernant la Sécu : c’étaient de vrais arguments utiles, de même que les remarques dubitatives concernant les 400 milliards que monsieur Hamon veut consacrer à son RUE, son Revenu Universel d’Existence ; on pourrait poursuivre avec le pointillisme de l’ébauche du programme de monsieur Macron, petites touches colorées, une ici à gauche, une autre à droite, avec beaucoup de blanc au milieu… la débâcle économique annoncée du projet de la Marine, qui veut nous sortir de l’Europe… mais je t’en fous, casseroles, vociférations, et puis cette Machine à l’oeuvre pour saboter ce moment essentiel de la démocratie (*). C’est très moche.

Tenez, pour finir, si vous voulez un échantillon de  ce bombardement médiatique incessant dont je vous cause plus haut : cet article bien dans la ligne politique rose-bonbon du Monde,   “l’Education sexuelle, un sujet devenu sensible en Ile-de-France“. (L’Ile-de-France, c’est tragique, est depuis l’an dernier aux mains de la Droite). Festival d’insinuations, de sous-entendus, et puis ces formules pas vraiment franches du collier, tenez, un court extrait :”… Je ne vise pas forcément Valérie Pécresse, mais on sent, au sein de la majorité, des élus très intéressés par le sujet qui souhaitent revenir en arrière. Les salariés perçoivent cette évolution douce et rampante...” (la Bête Immonde n’est pas loin). Tu la sens bien, mon évolution douce et rampante, hein ? tu la sens ?

Tibert

(*) … à supposer, du moins, que les candidats soient déterminés à mettre en oeuvre leurs programmes ; si c’est pour faire du chiffre et amuser la galerie, autant aller à la pêche.

La vision, vous dis-je

Il est des sujets incontournables et je m’y plie. Deux sujets, en fait : Premio, jetez donc un regard sur la page Houèbe du Parigot ce matin : la victoire du PSG sur le Barça (c’est du foot) devrait vous paraître comme LA nouvelle du siècle, vu qu’il n’y a que ça… vachement important, le foot. Deuxio, la Saint-Valentin c’était hier soir, et il fallait choisir entre bichonner sa louloute (resp. son mec) : roucoulades et tendres moments,  ou regarder le foot. Comment vous-en êtes-vous sortis ? parce que gros calins ET foot ça fonctionne difficilement. Vous me raconterez ça…

Bon, voilà qui est fait, on peut passer à aut’chose. Tenez, j’ai été intéressé par cet article de Slate (l’ardoise, en français) sur la candidature Macron, le chouchou des sondages. Je vous en conseille vivement la lecture, c’est éclairant. Outre cette manie détestable qu’il a de nous donner du “celles-et-ceux” à tous les coins de phrases – c’est la pieuse génuflexion devant le formalisme ampoulé du Politiquement-Correct – monsieur Macron se fout qu’on lui reproche son flou, ou plutôt son  absence de programme. A quelle sauce compte-t-il nous accommoder ? bah vous verrez bien, il a, lui, la vision ; la vision plutôt que le programme, cette “machine à produire de la trahison ou de la déception” (j’aime beaucoup cette formule). Il est porté, Macron, non seulement par des électeurs très las des lamentables moeurs politiques actuelles, mais par une vision de l’avenir. Et ça, hein, ça le fait, en tout cas pour le moment ça fonctionne.

Et puis, butinant sur ce site Slate, j’y ai trouvé, cerise sur le Forêt-Noire, plusieurs articles assez techniques et crus sur l’urine. Oui, l’urine, sujet de société qui en vaut bien d’autres. Et, tenez, je vous recommande “La petite goutte d’urine qui reste souvent dans le caleçon des hommes“. Article bien tourné et documenté… effectivement, messieurs, nous sommes comme ça, nous avons l’habitude d’agiter vigoureusement  ou mollement le goupillon, une fois l’affaire faite, afin d’en expulser la dernière goutte : ça fonctionne assez mal, d’abord parce qu’on en met partout, urbi et orbi, et puis parce que la dernière goutte, capillarité oblige, reste au bout… et c’est en général le slip qui la récupère. Or il y aurait bien un remède, qui consisterait tout simplement à s’essuyer ! mais s’agissant des urinoirs, ces dispositifs pratiques et rapides que la gent féminine nous envie : a-t-on jamais vu du papier toilette à côté des urinoirs ? et à supposer qu’il y en ait, où le jetterait-on ? il y faudrait des corbeilles à papier idoines. Il reste donc des tas d’obstacles techniques et culturels à abattre ; la partie n’est pas gagnée. Et, tenez, je prends les paris : pas un seul des candidates-et-des-candidats à la Présidentielle ne mettra cette importante avancée sociétale à son programme – surtout pas monsieur Macron, et pour cause !

Tibert.

La zappette du samedi soir

Je m’en voudrais de commenter ce qui se passe depuis que quatre flics du 9-3 ont foiré une interpellation musclée sur un gars qui ne se laissait pas aisément interpeller. Mais ce gars est Noir, et la bavure, si bavure il y a – l’enquête est en cours – prend tout de suite une dimension dantesque ! Je suggère donc que désormais les polices de France et de Navarre n’interpellent que des Caucasiens bien Blancs, : ça n’évitera pas les possibles bavures, nobody’s perfect, mais ça évitera tout débordement.

Mais à part ça, je lis dans le journal que l’émission de Patrick Sébastien, hier soir à  la télé sur France 2, a provoqué de violentes protestations : c’était, paraît-il, de la merde. “Le Grand Burlesque“, ça s’appelle, et l’animateur lui-même, grimé en Donald Trump, y recevait une tarte à la crème sur la margoulette… ha ha ha ça c’est rigolo en effet, on se marre (aux canards… coin coin, Donald, vous suivez ?).

Bref je m’interroge : rien ni personne n’oblige qui que ce soit à rester assis inerte et tétanisé, la zappette à la main, devant un écran de télé allumé sur un spectacle affligeant. Il est de notoriété publique que les programmes, le samedi soir spécialement, sont du niveau le plus bas, pitoyables, de purs navets, du genre un épisode de Zorro colorisé, un vieux Derrick de derrière les fagots…  c’est exprès !! c’est fait pour. Pour que le samedi soir vous fassiez autre chose que de vous caler devant votre télé. Je reformule : le samedi soir on vous incite à sortir de chez vous, restau, théâtre, belote coinchée, cinoche, que sais-je ? Dit autrement : le samedi soir, sortez ! Capisci ?

C’est d’ailleurs pour ça que Patrick Sébastien s’est permis des prout-prouts, des grimaces et des guignoleries pitoyables : oui il aime les bon gros calembours et les tartes à la crème, et là il supposait qu’il n’y avait personne d’assez idiot pour visionner ça, ce qui permet de se lâcher, youpee. Bon, c’est un malentendu, quoi, un stupide malentendu, on va pas en faire un fromage.

Tibert

 

Du divorce comme moteur

Tout d’abord, notre Bayrou national, le crypto-groupie du PS, tombeur de Sarkozy en 2012  (pas lui tout seul, mais lui et l’anaphore, n’oublions pas l’anaphore !) menace de récidiver : retenez-moi ou je me lance et je pique 3-4 pour-cents à Macron ou Fillon. C’est qu’effectivement il y a encore dans ce pays quelques groupies pour un tel personnage, qui incarne hélas un Centre falot et aussi enthousiasmant  qu’une bordure de trottoir. Heureusement pour ce pays c’est la dernière fois qu’il peut se permettre de jouer cette partition : en 2022 il aura 70 ans. Allez, François (encore un François !), un dernier tour ?

Mais bon… je m’amusais tout à l’heure de lire dans le Figaro du matin tôt cette déclaration de M. Dupont-Aignan, candidat “souverainiste” :  sa femme est son assistante parlementaire depuis fort longtemps, vingt ans – en toute légalité, attention ! et il le justifie : sinon, ils auraient divorcé. Pensez, elle en aurait eu marre, madame Dupont-Aignan, de voir  son député de mari rentrer à point d’heure des séances harassantes à l’Assemblée ; et puis s’il s’était adjoint une assistante un peu sexy, ça aurait pu faire problème, voyez ce que je veux dire. Non, pour l’efficacité, et surtout pour la paix des ménages, le parlementaire a tout intérêt à embaucher son conjoint, et monsieur Fillon l’a bien compris, comme tant d’autres.

Sauf que, sauf que… si l’épouse du parlementaire (ou l’époux de la parlementaire, gaffe à ne pas froisser les féministes) est aussi parlementaire, on fait quoi ?, comme on croasse maintenant (que fait-on ? en français daté). Eh bien, ça se résout fastoche : on ne se marie évidemment pas ! on vit à la colle, et l’on déclare deux domiciles. Tout bénéfice : 1- ça évite de divorcer ; 2 – on peut embaucher deux assistants parlementaires de sa famille ; 3- si par malheur le patrimoine total du couple  tombait sous le coup de l’ISF,  ça divise les sommes par deux, ça permet d’y échapper ! Le Mariage Pour Tous (pour “toutes et tous”, attention !) ? superbe avancée sociétale  !  enfin, pas pour les couples de politiciens.

Tibert

Et puis les sachets de ketchup au restau

On avait des films, autrefois… le soir à la télé, des “César et Nathalie“, des “Touchez pas au grizzly“… c’est fini tout ça, maintenant c’est genre la troisième rediffusion de l’épisode Quatre de la saison Deux des “Boeufs de labour“. Bref on a de moins en moins envie de mettre la main sur la zappette pour allumer l’étrange lucarne, contempler d’un oeil bovin des bouts d’intrigues filandreuses et dénuées du moindre intérêt.

Eh bien c’est pareil pour le Coin-coin-déchaîné : avant il vous sortait le mercredi un bon gros scandale bien mastoc – ou un plus petit -, aujourd’hui dans la série “La perfide Pénélope” on détaille les indemnités de licenciement de la dame en question ; mercredi prochain ce seront les fraudes au ticket-restaurant – il semblerait qu’elle ait payé des trucs avec au GéantSuperDiscount, qu’elle avait pas le droit – et la semaine suivante on vous contera et on comptera les rouleaux de PQ chourés dans les toilettes des musées. Pensez, les caméras des véçés ont tout enregistré, c’est bien au chaud pour le ressortir au moment adéquat, saison Deux, épisode Trois.

Moi je sais pas, mais ça serait de l’acharnement que ça me ferait le même effet. Le but de la manoeuvre, visiblement, c’est de jeter le bébé avec l’eau du bain : le programme avec celui qui le porte. C’est bien dommage, et le Coin-coin déchaîné joue un sale coup là,  parce que le programme, lui, mériterait qu’on en cause, au lieu de vouloir l’enterrer froidement sous des horions qui ne lui sont pas destinés (quoique…).

Tibert

Mon blog, Made for partaging

D’abord, juste un moment de piété hagiographique envers le désormais officiel-officiel du PS, Benoît H. Certains mal embouchés brocardent ses très modestes références scolaires : après le Bac’, une licence d’Histoire, et rien de plus… pffft c’est pas glorieux, clament-ils. Et  Le Monde de dégonfler avec zèle cette désobligeante rumeur, je cite texto : “Les engagements syndicaux et politiques précoces de Benoît Hamon ne lui ont effectivement pas laissé le temps de faire de longues études, puisqu’il s’est contenté d’une licence d’histoire à l’université de Bretagne-Occidentale à Brest avant d’entrer en politique comme assistant parlementaire du député PS Pierre Brana“.

Comme quoi, l’Histoire et l’hagiographie ça va bien ensemble 😉 Mais creusons… “entré en politique”, Benoît, comme on entre en religion, ce qui n’est pas faux ! né en 1967, il doit avoir eu sa licence (Bac+3) à 20 ans ou 21 ans sauf parcours hors-norme, soit en 87 ou 88. Il est dit (voir Wiki) qu’il s’engage en politique à 19 ans, soit en 86 (les manifs contre la loi Devaquet). Et il est embauché comme assistant parlementaire en 1991… en fait de 88 à 91 il avait tout à fait le temps de se faire une petite Maîtrise d’Histoire – soit deux années après la Licence – voire plus. Mais c’est que ses engagements syndicaux et politiques précoces l’ont vachement accaparé ! faire de la politique ou étudier, il fallait choisir. Admettez qu’il a pas mal choisi, joué les bons chevaux, Benoît : Rocardien, Aubryste et tout et tout.

Mais bon, on ne va pas passer la journée là-dessus. Je voulais surtout réagir à l’annonce des initiatives parigotes pour avoir les J.O. de 2024… enfin de lointains et futurs J.O., si nous sommes encore là !  Outre que ça va nous coûter un bras en pure perte et mettre un bazar noir dans la région parisienne qui n’en a vraiment pas besoin, on en est réduits à regarder nos édiles lécher les bottes des anglophones, sous prétexte que leur langue est comprise partout. Ce qui revient à renoncer, nous, à défendre et populariser la nôtre, qui est largement aussi belle, et tellement mieux articulée ! “Made for sharing” disent-ils… nous voilà encore débinés – humiliés, quasiment – malgré nous et par des gens qui sont censés nous représenter. Ils ne seraient donc pas foutus, les étrangers, de goûter le charme d’un “Venez partager”, “Paris pour le partage” ou similaire, éventuellement sous-titré en petit et en Rosbif juste en dessous (*)  ? ils utilisent nos rendez-vous, nos cul-de sac, nos ménages à trois, nos c’est la vie, nos et voilà, et ils seraient réfractaires à un ou deux mots de plus ? et le mot de Cambronne, ils connaissent ? au diable les J.O., en french in ze text.

Tibert

P-S : j’oubliais ! un article du Fig’haro qui fait débat, qui se discute, mais qui pose de vraies bonnes questions sans trop y répondre, d’ailleurs ; tenez, si vous voulez y jeter un cil, c’est ici. II cause de l’affaire Fillon, bien évidemment.

(*) ça se fait tous les jours – dans l’autre sens, évidemment – dans des milliers  de pubs de chez nous anglicisantes à souhait. Tenez, le slogan Nissan, par exemple, Innovation that excites, en anglais ça a tellement plus d’allure un Qashqai (avec la traduction en dessous : c’est obligatoire en principe, sauf pour le slogan des J.O. !).

Bancal + bancal (bancaux ?)

Il est difficile, ces temps-ci, de traiter de la reproduction des bigorneaux dans les mers du Sud. Non que ce sujet soit rébarbatif, bien au contraire, mais la Cité ne bruit que de l’Affaire (Le Monde, allez hop, en énumère cinq !) et, en toute objectivité, les différents supports médiatiques, radio, papier, télé, internet… sont tous à souffler sur le brulôt, à enfoncer François et Pénélope à qui mieux-mieux, que ç’en est indécent. Plus un espace pour les bigorneaux… tout ce ramdam m’évoque…  vous avez assisté à une chasse à courre, quand la meute des Beagles hurlants assaille le cervidé acculé ? moi non plus, c’est assez fermé comme milieu, la chasse à courre. Mais au cinéma, tenez, ce lien… pas beau à voir, hein ?

Un des chroniqueurs de BFM, hier soir, insistait sur un aspect peu fouillé de cette affaire : les bidouilles imputées à tort ou pas au ménage Fillon remontent à 1988, ça fait un bail, et il y a eu paraît-il de multiples épisodes, et et l’on sort ça maintenant, à 3 mois de la Présidentielle, quand le susnommé est sous les feux des projecteurs ? mais quand il était Premier Ministre il y a 6 ans de ça, c’était sans importance, ces supposés errements ? ça ne méritait pas une enquête du “Canard empêché” ?  ou alors quoi ? et si c’était Juppé qui était sorti de la Primaire, on avait aussi le panier de casseroles tout prêt au chaud pour lui ?

Bref : on a clairement attendu de savoir qui devait s’y coller pour la Droite et le Centre, avant de le flinguer en plein vol, si je puis dire. En technique guerrière, ça s’appelle une embuscade. Bien exécutée, d’ailleurs, félicitations au préparateur. Alors, on peut faire plein de scénarios, envisager de ré-embaucher Juppé, trouver des doublures de dernière minute, décider de se cramponner au choix établi… on va voir comment ça évolue.

Mais faisons ce constat : 66 % de 4,2 millions de votants ont choisi Fillon, soit 2,8 millions d’électeurs. Pour sa bonne bouille, ou pour son programme ? les deux mon colonel, mais le programme – assez radical, “clivant” comme on dit maintenant – a certainement pesé. Alors, QUI pour porter ce programme, ce programme précisément, pas une version pour Bisounours, si la personne qui l’a porté est “empêchée” d’aller au bout de sa démarche ? 2,8 millions d’électeurs en désarroi… un programme sans candidat… bancal, terriblement bancal.

D’un autre bord, on reproche au petit prodige du milieu-gauche, Macron, de n’avoir pas de programme… un candidat sans programme, en quelque sorte. Bancal aussi, indéniablement. Mécaniquement, un candidat sans programme + un programme sans candidat, ça colle, ça devrait le faire, non ? hélas non, j’en ai bien peur.

Tibert