CDD cidément à reprendre de A à Z

La part des CDD (contrats de travail à Durée Déterminée) sur la totalité des  embauches est actuellement de 84 %. Elle a gagné 11 points en 15 ans. Donc, de nos jours, les contrats à durée indéterminée, alias CDI, en sont à 16 petits % ; un contrat en CDI pour cinq en CDD. Nos dirigeants s’en foutent : surtout que rien ne bouge !

C’est que le CDI du secteur privé est très très contraignant – pour l’employeur. Aucune flexibilité, et pour se défaire d’un salarié CDI mal embauché, erreur de casting par exemple, passé la période d’essai, c’est le parcours d’obstacles. Alors on fait des CDD, au moins on est sûr que si ça ne va pas, à la fin du temps imparti ce sera réglé sans pathos et sans embrouilles.

Remarquez a contrario que du côté des fonctionnaires, c’est, une fois titularisés, cocagne : le royal CDI à vie, et on peut dire, sans trop exagérer, que très grosse co. ..erie mise à part, c’est de l’indéboulonnable, du contrat perpétuel, coulé dans le bronze.

Bref : il y a deux poids deux mesures entre les bienheureux serviteurs patentés de l’Etat, et le vulgum pecus. Pour ce dernier pecus, justement, le moule législatif actuel prouve de jour en jour sa vétusté et son inadaptation… et on le contourne, vaille que vaille.

Et si on remettait tout ça à plat ? si le terme « Egalité » cher à la deuxième incantation creuse de notre devise prenait enfin son sens ?  si le contrat de travail était révisé dans un sens équitable pour tous, équilibré entre l’employeur et le salarié, sans niches ni chasses gardées ? hein ? d’autres pays modernes, pas nécessairement des suppôts du capitalisme sauvage – ni de l’étatisme totalitaire – ont mis en place des dispositions justes, et qui fonctionnent : c’est donc possible.

Reste à réveiller nos dirigeants, doctrinaires, timorés et furtifs… nos syndicalistes, empâtés et encroûtés… nos patrons, méfiants et stressés… ça ne va pas être du gâteau.

Tibert