Divers d'hiver

D’abord : certes je ne suis pas moi-même à l’abri d’horreurs grammaticales syntaxiques xique xique ; mais je lis en ce moment un livre d’un auteur estimable, édité chez Flammarion, reconnu par ses pairs, décédé récemment… livre au sujet mince mais éternel, dont le titre est « L’illusion comique » – non, ce n’est pas de Pierre Corneille – et je tombe, page 195, là-dessus : « C’est de toi dont il s’agit« .

Oh les amis, vous suivez ? va pour « c’est de toi qu’il s’agit », à la rigueur car moins fluide « c’est toi dont il s’agit », bon, ça passe, mais « …de toi dont… » ! A classer dans la même catégorie barbarismique (barbarismesque ? barbarismale ?) que l’inoxydable « C’est à l’amour auquel je pense » de Françoise Yéyé Hardy, qui au moins avait l’excuse d’avoir vainement cherché une rime en « ..ense » de la bonne longueur. Puis-je lui suggérer, 42 ans plus tard : « C’est à notre amour que je pense », « C’est bien l’amour auquel je pense » … peut-être n’est-il pas trop tard.

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Mais passons à plus sérieux : d’accord José Bové candidat c’est un candidat de plus à gauche, et vraiment c’est beaucoup trop, on sent comme un parfum de rejeu d’avril 2002. C’est ridicule, mais bon, la Gauche est totalement infantile, c’est comme ça.

Ceci dit (… Boby Lapointe aurait ajouté un jeu de mots), ça me fait bien plaisir. Que les Voynet, Buffet, Besancenot, Laguiller, peut-être le fantômatique Parti des Travailleurs (peut-être existe-t-il un Parti des Gens Qui n’en Foutent Pas Une Rame), et j’en oublie, sabotent chacun dans son coin et tous ensemble les chances de la Gauche, on le voit bien, mais qu’ils soient pris à leur propre jeu débile avec ce nième larron qui monte dans le train, je trouve ça très moral, car le PCF – entre autres – a froidement violé les aspirations des « anti-libéraux » à une expression commune.

Donc bienvenue au Club, M. Bové, les autres passeront de 1,7 % à 1,2 % des votants par exemple – eh oui faut se serrer un peu !

Entre chaque

Vous pensez qu’il est urgent de bloguer sur la candidature de Bové ? meuuuuh non !

Sur les riverains de la rue d’Enghien harcelés par les RG ? circulez y a rien à voir.

Sur l’interdiction de cloper ? pfffuuu que non !

Donc, au menu : « entre chaque » – locution épouvantable et à proscrire. Wouah, encore des chicailleries sur la syntaxe ! Eh oui.

Donc supposez qu’au restaurant, on vous serve un verre de vin entre chaque plat (tentez ensuite de rentrer à pied, d’accord, mais là n’est pas mon propos).

« Entre » : préposition qui indique un intervalle – or pour définir un intervalle, il faut en définir les bornes, je souligne : LES BORNES, pas la borne. Sinon on se trouve devant un intervalle ouvert, et ça fait courant d’air.

Mais quel intervalle y a t-il « entre un plat » ? car « chaque plat », c’est UN plat, non ? Sur des formules comme « entre vous et moi »  on est heureux, ça colle, le courant passe, on a nommé deux entités. Mais Un plat ?
Donc il faut parler de couples de plats ! Bon, mais on est là sur l’histoire des piquets et des intervalles… ou sur le problème lancinant du premier et du dernier : En toute rigueur, il faudrait écrire :

« Après chaque plat, sauf le dernier, on vous sert un verre de vin ». (1)
« Avant chaque plat, sauf le premier, on vous sert un verre de vin ». (2)
« Pour tout couple de plats consécutifs, on intercale un verre de vin ».

« Soient des plats P(1), P(2), P(…), P(n) ; pour tout couple de plats P(i), P(i+1), il est servi un verre de vin entre ces deux plats ».

Question subsidiaire : calculer en fonction de N le nombre de verres servis.

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(1) allez, le dernier, vite fait, pour la route !

(2) et mon apéro ?

Tout laite ?

greenpeace.jpgHier matin j’ai pu voir cette superbe photo sur le Web :

C’était Greenpeace qui nous interpellait, au moyen d’une banderole sur notre Tour Eiffel : « It’s not too late » ! Bon, je comprends le Rosbif : « Il n’est pas trop tard », mais serait-il trop tard pour s’exprimer en Français ?
Je sais, ça fait vieux con de montrer de l’affection pour sa langue maternelle ; mais jusqu’à plus ample informé nous sommes francophones : nous nous exprimons en Français. Nos « amis » anglomanes de la Paix-Verte auraient pu avoir la politesse de libeller leur calicot en deux langues : « Il n’est pas trop tard – It’s not too late » comme dans les aéroports -la langue du pays d’abord, c’est bien normal, non ?

Eh ben non.
J’appelle ça du mépris. Et si je pensais – à tort sûrement, n’est-il pas – que Paix-Verte était quelque peu téléguidé et inféodé aux américains (cf les campagnes unilatérales contre la France lors des controverses sur le nucléaire) cette banderole insultante me conforte dans mon idée.

Secouons le cocotier

Les chiffres de chômage baissent baissent baissent – 8,6 % paraît-il ; bref entre ceux qui disent que ça baisse, ceux qui se débrouillent pour planquer les chômeurs sous le coin du tapis, ceux qui vivent les doigts de pieds en éventail avec l’allocation chômage – j’en connais – et ceux qui galèrent à chercher sans succès du boulot, on a quand même un « point dur », une valeur sûre : les vieux – les plus de 50 balais, quoi ! – n’ont qu’à se terrer dans un coin en attendant « que l’heure de la retraite sonne ».

Nous sommes un pays d’entreprises jeunistes, gérontophobes, anti-vieux. Surréaliste constat, ce sont souvent des quinquas  racornis qui tiennent les rênes de ces boîtes qui ne jurent que par les 30-35 ans (« jeunes et expérimentés »).

Gâchis ? vous pensez que c’est du gâchis ? sûr, c’est se priver connement de forces et de compétences considérables ; et humainement, c’est une honte collective.

Allons, laissons-leur une chance : faisons monter les vieux au cocotier, et secouons pour voir ceux qui tiennent le coup. On leur trouvera bien un CDD sur un coin de table !

On fait ce qu'on pneus

On peut traiter d’autre chose que de la Présidentielle ? oui ? Bon, alors une bien bonne. De notre correspondant pemanent à Clermont-Ferrand, où comme chacun ne sait pas, il a neigé la semaine dernière, -10 degrés, vent glacial etc… et savez-vous quoi ? les rues étaient verglacées, oui messieurs-dames. Donc salage, sablage et poudre de perlin-pinpin.

Mais il se trouve que Clermont a son exceptionnel tramway sur pneus à guidage central, inauguré en Octobre, et qui depuis novembre se balade entre Croix-Neyrat et le CHU, via Carmes et Jaude, mais ça vous vous en foutez. Tramway sur pneus donc parce que, c’est un secret de Polichinelle, monsieur le Maire a prêté une oreille bienveillante aux conseils appuyés de la société Bib’Michelin, principal bailleur de notoriété de la ville. Accessoirement, on a argué des exigences techniques : fort besoin d’adhérence pour grimper le célèbre « viaduc » qui passe devant la « Muraille de Chine », bref des arguments, quoi. Les pentes du tramway à Nantes vers la gare maritime sont comparables, et ça grimpe sans problème avec des bonnes vieilles roues d’acier sur rails classiques, mais bon…

Donc, oyez oyez, le chouette tramway sur pneus de Clermont… a patiné sur la neige et le verglas ! qui l’eût cru ? il peut neiger à Clermont ! incroyable. Il a donc fallu tracter ces superbes machines rouges flambant neuves avec de bons vieux engins à mazout.

Tramway sans neige
Reste donc à inventer le tramway sur pneus à clous.

PS1 – Le tout début 1985 avait vu 10 à 15 cm de neige sur Nantes, et l’on inaugurait alors le premier tramway moderne… il n’y avait guère que lui qui roulait ce jour-là !

PS2 – Reste que la caméra fixe qui filme la place de la Victoire, à Clermont, montrait des images superbes, neige et blancheur, Urbain II tout seul, figé sur sur son socle, sur fond de cathédrale de lave noire… de la pure poésie. Voir : http://www.clermont-ferrand.fr/Webcam-de-la-place-de-la-Victoire.html

Mon n'Euro, tu me déçois

Eh oui, le Figaro (encore lui ! ) tartine sur « Les européens pas emballés par l’Euro » (voir sur :

http://www.lefigaro.fr/fil-info/20070129.WWW000000359_les_europeens_pas_emballes_par_l_euro.html

Bon, je pense que le journaleux avait la tête ailleurs ? c’est  » L’Euro déçu par les européens » qu’il fallait écrire. Des Rosbifs récalcitrants et mauvais joueurs (itou les Danois, Suédois …) des bistrotiers, boulangers, petits commerçants qui se ruent sur l’arrondi qui tue (cinq balles ? allez hop, 1 euro, soit 33 % d’augmentation), des ingrats qui traversent l’Europe d’Helsinki à Lisbonne sans changer un poil de monnaie et qui s’en aperçoivent à peine … tiens, Européens à la noix, médiocres, vous ne méritiez pas cette superbe idée.

La baballe au centre ?

Au PS on lave son linge sale, Hollande se fait remonter les bretelles par madame, le jeune Montebourg au piquet, le vieux Frêche qui broie du Noir car viré pour cause de propos pas dans la ligne … Royal de Luxe qui annonce « Je serai la présidente de la France métissée et qui se reconnaît comme telle » : si « métissé » tient lieu de programme…

De l’autre bord (eh oh, j’ai gommé les marges, pour cause évidente d’efficacité : tout ce qui est excessif étant insignifiant) ça ne va guère différemment ; le Petit Nicolas prétend toujours arbitrer et jouer le ballon en même temps, ce qui n’est pas très correct ; ses groupies « rigolos » font des blagues minables et essayent de faire mousser tout ça … pas terrible, les gars.

Bon, le Monde d’hier donnait la parole à un type qui annonçait que puisque c’était comme ça, il allait voter Bayrou ! Oui vous avez bien lu, Bayrou.

Eh bien, je ne sais pas grand-chose du programme de M. Bayrou, mais une chose au moins mérite un vigoureux assentiment : notre pays se porterait nettement mieux si au lieu de voir la Gauche au pouvoir s’empresser de détricoter tout ce qu’a fait la Droite, et inversement, on essayait de tricoter ensemble ! ça nous tiendrait plus chaud l’hiver. On doit pouvoir trouver chez nos Politiques (tous fonctionnaires, profs etc… j’y reviendrai) des gens sensés, pas haineux, pragmatiques, capables de laisser leurs Doctrines au vestiaire et d’écouter ce que leur dit le voisin.

Attention, prononçons bien « Baïerou », pas « Bèrou » : c’est un type du Sud-Ouest, putain con !

César et nos minets

Voici revenu le temps des Césars (allez, au pluriel, il y en aura pour tout le monde). La corporation des z’intermittents du cinoche va pouvoir se congratuler, s’admirer et se faire admirer. On y remerciera l’équipe technique et les producteurs, on y visionnera quelques morceaux choisis.

Mais c’est plutôt bien, par ailleurs, qu’on fasse ainsi la nique aux Oscars d’Amérique, car Hollywood n’a pas le monopole de la création cinématographique, et toc ! Et si Valérie Lemercier est en verve, ça peut se révéler intéressant.
Mais mon propos se veut ici plus grammatical que cinécentrique, car traitant de « nominé » : de l’anglais  « nominated » (précisément pour les Oscars) : on est rivaux des amerlocs jusqu’à singer leurs mots.

Donc que faudrait-il dire ? nomination -> nominé ? voyons : une …ation a pour verbe correspondant …er ! exemples : sommation sommer / ablation abler / rotation roter (burp) / crémation crémer / libation liber … impec’.

Bon, que sont ces films « nominés » ? ce sont des films retenus (sélectionnés, choisis, nommés)  pour briguer les Césars, et n’est pas forcément César qui est nominé … César qui est notre minet ! C’est bourré de fautes, ce billet.

Signé : Minet le bien nommé.

Bidochons

Il paraît qu’en chaque homme il y a un cochon qui sommeille – c’était un dicton de chrétien, maintenant avec les religions sans cochon, que dire ? – et je puis ajouter (« rajouter » en français de tous les jours, j’y consacrerai bientôt un billet) qu’en tout Français il y a un Bidochon qui sommeille.

Vous aurez noté que je n’ai rien dit concernant les Françaises, en qui le dicton ne voit sommeiller nulle truie, et si la célèbre Mme Bidochon (Raymonde) n’est pas citée ci-dessus, c’est qu’elle est clairement moins conne que son mari, bien qu’ayant ses limites.

Donc les média radiophoniques, et notamment une radio périphérique prétendument Numéro 1, ont aujourd’hui longuement tartiné sur une « bonne blague » faite par un humoriste à notre Royal(e) candidate, blague consistant à se faire passer pour un ministre canadien – vous imaginez l’accent de bûcheron québecois – et à extorquer à ladite Ségo quelques phrases imprudentes propres à dilater la rate des z’auditeurs.

Ah ah, je me marre (aux canards).

Gageons que le pitre qui a commis cette chose aura à coeur, par souci d’équilibre, de piéger téléphoniquement le petit Nicolas, par exemple en lui annonçant que sa femme le re-quitte (poilant !! on se bidonne !), ou toute autre farce propre à réjouir le bon peuple.

On est là dans la même veine que les sinistres et laborieux Guignols, experts dans le gras, le schématique et le lourdingue. De la politique pour abrutis.

Rengaine hivernale et autres

Hier mardi et cette nuit il a neigé en divers coins de la France : étonnant !

Pourtant nous sommes en Janvier, période où les sociétés d’ôtôroutes, si efficaces pour nous ponctionner 1 euro tous les 20 km en moyenne, n’ont évidemment aucun souci quant aux conditions de circulation sur leurs concessions ruineuses.

Donc comme d’hab’, poids lourds en travers, bouchons homériques, chasses-neige au compte-goutte et de toutes façons bloqués par les bouchons, milliers de passagers coincés dans leurs bagnoles toute la nuit, ou dans un gymnase avec des sandwiches dans le meilleur des cas …

Un routier, interwievé ce matin, nous comparait aux allemands, qui écoutent les bulletins météo (ouais, ils font ça !!), sablent / salent préventivement (c’est possible, ça ? ), mettent 2 chasses-neige par portion d’autobahn pour déneiger en tandem 2 voies de chaque côté à un rythme d’environ 70 km par heure … et c’est gratoche ! chez nous, un chasse-neige dans le meilleur des cas, 30-35 km/h, une seule voie déneigée, et on paye !

Et tous les ans ça recommence, et tous les ans les autoroutiers jurent qu’ils vont y mettre les moyens.

C’est carrément à désespérer de ce pays.

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« Trop de loi tue la loi » … Bien content ! Le Monde reprend mes thèmes (voir « Lire la loi’). Voyez donc :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-858601,0.html

Je cite : « La production est non seulement plus importante au fil des ans, elle est cumulative. « Dans la tradition britannique, explique un fonctionnaire du Parlement, les textes se suivent et se remplacent. Chez nous, ils se complètent. »  Eh oui, les engliches n’aiment pas les empilages de textes se référant les uns aux autres – on les comprend – , tandis qu’en France – patrie de la Clarté, comme chacun sait – certains … « défendent le système en expliquant que « la tradition française oblige à comprendre la règle dans son épaisseur historique ». Et puis, objecte-t-on, « ne nous leurrons pas, le droit n’a jamais été, nulle part, accessible au quidam !« .

Et wouala, c’est dit ! Admirez … j’aime assez les arguments du style « épaisseur historique » : les lois c’est comme un Big Mac, plus c’est empilé meilleur c’est ! Les incultes qui avancent ces âneries n’ont sans doute jamais pris connaissance des techniques documentaires d’historisation des textes, qui permettent de consulter toutes les versions d’un même topo, tout en préservant la lisibilité de chacune.

Et retenez, Quidam, que le Droit n’est pas destiné à vous être accessible.

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Entendu hier soir l’ineffable M. Didier Migaud, parlementaire socialiste, fustiger les propositions du petit Nicolas à propos de sa « politique de toujours moins d’impôt ».

Puis-je lui faire remarquer qu’il manque à sa diatribe des précisions importantes quant au point de départ de cette politique ? Usons d’un parallèle avec le sport cycliste : si nous nous trouvions avec notre bécane au sommet du col du Galibier (ou de l’Iseran, ou du Somport etc…) quelle autre politique que de descendre ? hein ? M. Migaud ? hein ?