Fixation

On va dire que je fais une fixation injuste sur les pauvres militants trotskystes du PT (Parti des Travailleurs, qu’ils disent) : mais voyez sur Le Monde – L’association des maires de France (AMF) gueule contre le candidat Schivardi, qui se pretend « candidat des maires » (il est effectivement maire) … et qui c’est qui monte au creneau ? l’ex-candidat PT de 2002, Mister « lider maximo » Gluckstein soi-meme – je cite :

« L’AMF n’a pas le monopole de la représentation des maires », a réagi Daniel Gluckstein, le directeur de campagne du candidat et dirigeant du PT, se demandant « en quoi la candidature de Gérard Schivardi gêne-t-elle les dirigeants de l’AMF ? »

Oui, en quoi les partis issus des vieilles badernes de la 4eme Internationale, avatar malheureux des communistes des annees 30 (c’est Staline qui avait gagne aux points – au nombre de morts) viennent-ils gener les maires de France, avec leurs 0,7 % de voix ?

Eh ben, c’est comme d’habitude la technique de l’incrustation chere a ces braves gens (ils disent « entrisme ») : la technique du coucou, du bernard-l’hermite. Je monte dans la bagnole comme passager et je prends le volant a la premiere occase. Tactique de tous les LCR, PT, LO… mise au point depuis belle lurette, « et-ca-marche », comme dirait le chroniqueur scientifique.
Comme quoi les maires de France ont raison de se mefier de ce passager envahissant, et de protester. Meme sans accents !!

Fre(n)sch niouze

Plus d’accents, bicause les claviers US n’en ont pas (d’accents).

Donc : peu de contributions a attendre pour les prochains jours… ransson (sans cedille) des visites outre-atlantique.

Quand meme, le recteur de l’academie de Lyon est vire, au motif qu’il est trop turbulent : voila une belle expression de notre superbe devoir de reserve – de fermer sa gueule – quand on est un haut fonctionnaire ! Sera interessant de suivre les z’eventuels developpements de cette affaire.

So long, folks !

Qu'un sang impur

Entendant mâame Buffet appeler au rassemblement des énergies de Gôche « pour battre la Droite », je ne peux que pleurer sur cette débile conception guerrière de la politique ; là où les questions de la Cité devraient être débattues et résolues dans un esprit contradictoire mais constructif, ce ne sont qu’exhortations à flinguer l’ennemi. Ces appels à la haine sont contre-productifs, cons et d’un autre âge.

Mais voilà, nous avons une histoire, et un hymne, et cet hymne – de l’armée du Rhin – est un chant guerrier. Hier les tribunes du stade de France (beau match, certes, et « on a gagné ») résonnaient de notre Marseillaise, mal chantée mais bon, le coeur y était ; et qu’entendions-nous ? « ces féroces soldats »,  » égorger nos fils, nos compagnes », « qu’un sang impur abreuve nos sillons ».

Moi je vous le dis, je refuse de chanter ça, et j’ai honte de ce texte. D’ailleurs, ce poème – fort long – dit bien d’autres choses, et notamment un couplet des enfants (si, si !) qui proclame :

Enfants, que l’Honneur, la Patrie
Fassent l’objet de tous nos vœux !
Ayons toujours l’âme nourrie
Des feux qu’ils inspirent tous deux.
(Bis)
Soyons unis ! Tout est possible ;
Nos vils ennemis tomberont,
Alors les Français cesseront
De chanter ce refrain terrible :
Aux armes, citoyens !
Etc.

Bon, nos vils ennemis étant tombés depuis 215 ans, ne pourrait-on pas « cesser de chanter ce refrain terrible », d’abreuver nos sillons d’un sang impur  ? Et, démocrates modernes, serions-nous enfin cap’ de faire avancer notre pays autrement qu’à grands coups de savate dans la gueule de l’adversaire supposé ?

Changeons les paroles de notre hymne, ce serait déjà un début. Et puis, si on déclarait le cessez-le-feu des démocrates ?

On la boucle à Leeds

Intéressante et très « tendance » (autrefois on disait « à la mode », « dans le coup », mais c’est tellement plus tendance !) ce pas de plus vers l’étouffement de la liberté de parole, preuve que la gesticulation, les menaces de mort et les bombes dans le métro – qui font effectivement des morts – ça impose silence ! Voyez sur Le Figaraldus de ce jour : un type veut faire une conférence sur l’antisémitisme dans le monde musulman à l’université de Leeds,  et on annule, because c’est dangerous. Sujet délicat, polémique, prêtant à contradiction, certes… mais voilà, on n’en discutera pas.
On pourra tout à loisir se lamenter sur la frilosité des autorités académiques britanniques, se rassurant sur le fait que par chez nous on n’en est pas tout à fait à ce point de « fermage de gueule ».

Cerise sur le cake, si l’on peut dire : il y a même un musulman, ancien conseiller sur les questions religieuses auprès du Prime Minister, Mr Ahmad Thomson, qui prétend qu’Hitler (l’ex-petit peintre viennois) était financé par les sionistes – mais n’allez surtout pas lui expliquer de vive voix qu’il a dû péter une durite : ça craint.

L'hiver le plus chaud

Deux nouvelles se télescopent et font sens, comme on dit quand on sait le dire.

Une, c’est aujourd’hui la fin de la têve des expulsions pour les locataires en délicatesse avec leur propriétaire-bailleur (*).

Deuss, nous venons d’avoir l’hiver le plus chaud depuis que la météo existe. Officiel.
Or, vous suivez ? pourquoi les locataires mauvais payeurs ne pouvaient pas être expulsés avant la mi-mars ? hein ? pourquoi ? parce que normalement ça pèle, on se les gèle, avant la mi-mars, tout le monde sait ça, et donc l’abbé Pierre avait pu obtenir ce dispositif humain, emmerdant pour les proprios, rassurant pour les locataires en difficulté passagère, valab’ pour les locataires de mauvaise foi qui de toutes façons ne paieront jamais leur loyer, quitte à décaniller en mars.

Donc, puisque maintenant l’hiver on est en bermuda et lunettes de soleil – et d’ailleurs voyez vous-même, il y a plein de campeurs le long des rives du canal Saint-Martin à Paris, sur les pelouses… plus besoin de trêve hivernale des expulsions ! Allez hop, on peut tranquillement se faire virer de novembre à mars, de toutes façons y fait chaud, anisette, pétanque et cigales. C’est l’abbé Pierre qui doit en faire une tête, là-haut ; tout ce ramdam pour rien.

(*) d’ailleurs un bon bailleur en fait bailler dix autres.

Vous ne l'emporterez pas comme ça

Le vent l’emportera ? on va essayer de faire en sorte que non.

C’est un billet pour la survie d’emporter / apporter, un billet-constat d’agonie, une balise de détresse.

« Et pour les vacances t’emmènes quoi ? » ; « j’emmène un pull » ; « j’ai amené une bouteille de vin » … Bref vous voyez le topo : nonobstant les préceptes concernant l’usage d’emmener / emporter (on emmène quelqu’un, on emporte quelque chose), « emmener » est en train de bouffer l’autre tout cru.

Sans doute que deux verbes pour la même action, c’est trop dur. Comme disait une professeure (sic) de français à propos de la faiblesse actuelle de l’aurtograf : « la langue évolue, c’est comme ça que l’on s’exprime aujourd’hui, faut faire avec – en d’autres termes, rien à foutre d’enseigner ma langue – que je maîtrise peut-être fort mal – pourvu que le salaire tombe.

Dommage, il y avait plein de locutions avec « emporter » : vous ne l’emporterez pas en paradis ; emportez-le avec vous ; le vent l’a emporté … et dans l’autre sens, on amène le pavillon, on… mais à quoi bon ?

V’la l’aquaboniste qui refait surface : eh ben, allez-y avec vos SMS « Kes c ce mec ? » : écrivez « Une saison en enfer » avec votre clavier de mobile.

Pourtant, Brel le chantait :  » J’vous ai apporté des bonbons ». Les eût-il amenés, la chanson était foutue.

Adios gringo !

Peu d’activité globale – non, blogale (bloguesque, bloguistique, blogueuse…) ces jours-ci, because tengo mucho trabajo ! Que yé refais oune fénêtre sans artisan, car des artisans y en a pas ! Et y faut bien se dém… tout seul, en attendant que les hordes de travailleurs polonais promis abreuvent nos sillons.

Ceci étant, Chi-chi s’en va, avec panache (normal, il est fana de bière). Bon vent, on en avait de toutes façons ras la casquette de 12 années de système UDR / RPR / UMP et autres avatars de la même eau. Ce n’est pas l’homme Chichi qui était en cause, mais sa clique – et lui en chef de bande – des Pasqua Tiberi Juppé and C°, tous trainant de nombreuses casseroles derrière eux. Et puis, 12 ans, basta, place aux jeunes.

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Mister Borloo se tâte… qui de Nicolas ou de François a la meilleure chance de tirer la bonne carte ? c’est de ce côté-là qu’il convient de pencher, certes, mais lequel ? Ah, c’est dur la politique.

Bové avertit le PS que si on l’empêche d’avoir ses 500 signures, ça va pas se passer comme ça, et qu’il leur en cuira ! Le moustachu du Larzac pas présent au premier tour, ce serait fort de Roquefort !!

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On fera mieux la prochaine fois ; ce billet du jour ç’est niveau Canard Enchaîné, d’accord, mais l’inspiration vient, je le sens.

Une blague pour détendre l'ambiance

Une blague, ou plutôt un contrepet nantais.

Pédalant sur la Divatte (la rive Sud de la Loire, à l’Est de Nantes) autour de 29,4 km/h sur mon super vélo Bianchi à 14 vitesses indexées, je pensais à un chameau de sexe femelle, dotée d’une paire de bosses (le chameau a deux bosses) peu marquées… comment l’appellerait-on par ici ?

La chamelle basse-paire.

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Grande nouvelle, le crypto-troskyste Parti des Travailleurs, version 32 bis de la 4ème Internationale (celle qui a plein de petits), a, comme je l’avais prédit, ses 500 signatures, et à l’aise Blaise ! Mais je m’étais laissé aller à supposer que ce serait encore le « lider maximo » Gluckman ; eh ben non, on se renouvelle, même chez les trots’ : c’en est un autre ! Gérard Schivardi, qui se dit le « candidat des maires », entendez par là que le PT est largement plus implanté dans l’administration territoriale que dans les travaux publics ou la paysannerie.

Et, surprise, le programme dudit PT va résolument « défendre le service public » !! on s’en serait douté un peu, connaissant le fromage que représente le Service Public pour le PT, et les trots’ en général. Scieraient-ils la branche qui les nourrit ? que nenni.

Et un trotskyste de plus à la candidature, un ! Léon, si tu revenais, tu n’en reviendrais pas.

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Le Petit Nicolas a, comme je l’exigeais (preuve qu’il lit mon blog, lui) donné des précisions sur le sens de cette idée sotte et grenue de « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » : et c’est assez bien envoyé. Notre ident’ nat’, il y voit des « invariants » tels que :
– Laïcité

– égalité hommes-femmes

– droit des femmmes à choisir leur conjoint et à divorcer (ce point est un corollaire du précédent).

Bon, soyons clairs : si vous ne devinez pas contre quelles forces z’obscurantistes Sarko brandit ces principes, c’est un cas désespéré, retournez voir « Sacrée Soirée » ou « C’est mon choix ». Sinon, vous allez en deuxième semaine.

Ceci étant (« ceci dit » est mieux, mais « ceci étant » me dispense de jeu de mots), le choeur des vierges et gardiens du Temple du PUPCR (la Pensée Unique et le Politiquement Correct Réunis) a aussi sec entonné le refrain bien connu :  » fachiste ! extrême-droitiste », « les masques tombent » ! Ouh le vilain. Lier l’immigration et l’identité nationale ! Y en a qui n’ont pas honte.

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Tenez, l’identité nationale, c’est aussi nos plats préférés ! Un bon couscous, ça vous dirait ?

Bienveillance

Un truc efficace pour acquérir les « papiers » (la nationalité française) sans avoir à ramer : écrire un roman, se faire éditer dans une grande maison (Le Seuil, Gallimard, Fayard, Julliard, Grasset…) et emporter le prix Goncourt ! Fastoche.

Ainsi nous apprenons que M. Jonathan Little, Goncourt 2006, avait vainement démarché l’administration pour acquérir notre nationalité : chante beau merle, tu ne résides pas  au moins 6 mois par an en France, tu es né de parents étrangers etc…

Eh ben, un Goncourt plus loin, et les bienveillantes fées administratives ont retouvé un article idoine du code de la nationalité, permettant à M. Little, qui contribue fortement à la gloire de notre beau pays et de sa culture, et bien qu’il habitasse le plus clair de son temps à Barcelona (Catalunya), de se parer du titre de citoyen français.

C’est beau comme l’antique !

Ident nat'

Le Petit Nicolas a une formule intéressante : il parle de créer un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » (entre parenthèses, Baillerou est contre, pour des raisons qui mériiteraient d’être soupesées, et la Royale est forcément contre, puisque c’est Sarko qui le propose).

« Identité nationale » : wouala une expression qu’elle est intéressante.

Tiens sur ce sujet, par exemple, je revoyais hier soir avec plaisir le beau film d’Agnès Varda « Cléo de 5 à 7 » : très longs plans de balades dans Paris, magnifiquement filmées en noir et blanc, à pied en taxi en autobus à plateforme … et des Arondes, des 403, des DS19, bref ma jeunesse. Et des passants, des badauds, des promeneurs, des gens… blancs.

Oui, plein de blancs, que des blancs. Et Mme Varda l’a certainement pas fait exprès dans son casting, je ne la suspecte pas de racisme. Ben non, à Paris – en France plus généralement – il y avait essentiellement des blancs.
Faites des plans-séquences dans Paris ces jours-ci avec une caméra dans un bus, et comparez. C’est là que l’ « identité nationale » prend un sens : entre 1960 et 2007, ce ne sont pas les mêmes proportions de blancs et de noirs. A l’aune des mélanges, ça donne à la couleur moyenne du pays plus du café au lait que du fromage blanc.
Bref, « identité nationale » est un concept intéressant ; le lier à l’immigration – et bien entendu à un tas d’autres causes et notions connexes, comme l’enseignement, la langue, l’histoire, les lieux – va de soi.

Mais le lier exclusivement à l’immigration est assez curieux ; il faudra que le Petit Nicolas nous en dise plus là-dessus.