Dans quel sens ça se lit ?

La femme voilée d’aujourd’hui sera la Marianne de demain“;  c’est paraît-il un aphorisme hollandien. Je vous renvoie au commentaire du Figues-à-rôts, avec lequel je suis globalement assez d’accord, et notamment aux explications – éclairantes et positives – que Normal-Moi a données de son propos lapidaire et ambigu.

Mais s’il a fallu des explications, c’est que le sens en est foutrement mal tourné, ce qui étonne, s’agissant d’un homme qui manie l’anaphore comme un chef, “moi Président… moi Président… gnagnagna…”. A le lire benoîtement,  ce petit bout de phrase balancé comme ça vous annonce que Marianne se prénommera bientôt Maryam, et qu’elle sera bâchée…  On le sait, Marianne, deux-n-e, a  sa coiffe statutaire – c’est le cas de le dire – qui n’est pas un tchador, ni un niqab, encore moins une burqa – sinon comment la reconnaîtrait-on ? mais un bonnet, phrygien paraît-il. Il a voulu faire court et percutant, Normal-Premier, et son énoncé court et percutant se prend les pieds dans le tapis. Avec les explications postérieures,  ça passe, d’accord, mais alors ça fait une accroche un peu longuette et tarabiscotée. Il aurait voulu rattraper une bourde, il ne s’y serait pas pris autrement.

Tibert

Des mots, du sens et des accords (désaccord ? )

J’ai regardé un peu la télé ce jour, une chaine d’informations… il y était question d’un débat qui hier – cette nuit chez nous – a opposé Hillary C. à Donald T aux USA. Peu me chaut ce qu’ils se sont dit, vacheries attendues et discours prévisibles, et puis ma religion est faite ; ceci étant, contemplant l’écran sans trop d’intérêt, je voyais y défiler un bandeau de texte libellé ainsi : “H. Clinton s’est dit favorable à…“. J’ai oublié de quoi il s’agissait – ça concernait sans doute l’action de la Russie en Syrie – mais j’ai en revanche bien vu la faute d’accord… H. Clinton est une femme, nous en sommes tous bien persuadés, et qui donc s’est dite favorable à … mais qui aurait pu  s’être dit que l’affaire était dans le sac, etc.

Bon, tout le monde s’en fout, ça ne changera rien aux élections états-uniennes, je sais. Mais les mots ont du sens, Hillary est une femme, il faut le lui accorder (le participe passé). Pour vous y retrouver, remplacez “dit” par “décrit”, ou “affirmé”, et vous le verrez tout de suite, l’accord…

Pas d’accord, en revanche, sur les qualificatifs employés par le Ministre de l’Intérieur à l’égard des types qui ont pété une vitre d’une voiture, ont jeté un cocktail Molotov à l’intérieur, puis bloqué les portières pour empêcher les passagers de se sortir du véhicule en  feu. Dans notre langue, c’est une  “tentative de meurtre”, voire une “tentative d’assassinat” vu que ça a fichtrement l’air prémédité, le cocktail M. ne s’étant pas trouvé là par hasard, désoeuvré, au bord du trottoir. Que ça se soit passé en un lieu peu touristique – je fais dans la litote, là –  et que les victimes soient des flics ne change rien au vocabulaire. Le vocabulaire, le voici, dans la bouche du ministre :

Ces policiers ont été « confrontés à une bande de sauvageons qui ont agi avec lâcheté », et qui seront « rattrapés ».

Le sauvageon, c’est d’abord un “arbre ou arbuste qui a poussé spontanément dans la nature ; le ministre ne fait probablement pas référence à ça, mais au sens figuré :”enfant farouche, qui a grandi dans l’abandon et sans éducation, comme un sauvage“. On se souvient peut-être qu’un Ministre de l’Intérieur antérieur, J-P Chevènement, avait employé ce terme imagé en 1999, parlant de mineurs multirécidivistes.  Ce qui avait d’ailleurs fait des vagues, madame Voynet et d’autres trouvant le terme choquant. Ici j’ignore  comment le ministre actuel sait que les agresseurs “ont grandi dans l’abandon et sans éducation“, vu qu’on ne les a pas encore “rattrapés“, comme quand on jouait dans la cour de récré. Mais quand on aura rattrapé ces sauvageons, qu’on leur colle donc une bonne taloche – et un ferme rappel à la Loi, non mais ! – pour leur apprendre à ne pas assassiner comme ça les gens dans la rue. En plus, brûlé vif, ça fait vachement mal.

Tibert

Et au fond, vous voyez quoi ?

Je lis ce matin, après avoir rapidement zappé les commentaires, exégèses et hyperboles “Cocorico” autour du match de foot d’hier – Onna-gaa-gné ! onna-gaa-gné !  – une amorce, un début, un trognon d’article du Figaro qui donne le début de la parole – mais pour le lire in extenso, c’est payant, ou alors abonnez-vous, rabonnez-vous, qu’y disaient – à monsieur Cambadélis, député socialiste et Grand Chef de son parti. Il déclare “... au fond, Macron veut faire échouer la gauche“. Et dans sa bouche, je pense que c’est un reproche.

Arrêtons-nous, lecteurs estimés, à cette affirmation : si monsieur Cambadélis signifie par là que la candidature de monsieur Macron va piquer des voix aux suffrages du candidat PS, il a raison ! et ce au même titre que mesdames et messieurs Mélenchon – si du moins le PCF ne lui jette  pas un de ses ténors attendrissants dans les papattes –  X (Poutou ? pas Poutou ?) pour le NPA trotskyste, Arthaud pour Lutte Ouvrière trotskyste, Y pour les trotskystes tendance Machin – j’en oublie toujours une, Z  (Duflot, Jadot ou un autre) pour les Verts ou la chapelle qui se déclare telle, – et si ça se trouve il y en a d’autres, madame Taubira ça la tente bien, et tiens donc, si les “frondeurs” à-gauche-toute du PS façon Filoche, Lienemann, etc… s’y collaient aussi, je ne serais pas autrement étonné.  Résumons : Macron ? oui certes, mais pas que ! car tous ces superbes candidats entre 0,3 %  et 8 % ( celle-là c’est la fourchette optimiste du Mélenchon unifié et consensuel ) vont raboter d’autant les votes pour le PS ; eux aussi, “au fond, ils veulent faire perdre la gauche“, sauf à se ranger tels des godillots derrière le panache rose de, dites un nom au hasard…. voyons voir… quelqu’un du PS, tendance Normal-Premier, par  exemple ?

Eh bien oui que perde la gauche, cette gauche qui n’est plus qu’un appareil, une structure organisée pour sa propre pérennité. Idem pour la droite qui fonctionne de même, et les extrêmes qui vont avec sur les côtés : au diable les extrêmes et les extrêmistes. Car ce pays n’a surtout pas besoin d’apprentis sorciers théorisant leurs délires sociétaux (“une autre politique est  possible“, tiens donc !), les 32 heures,  interdire les licenciements, le droit de vote local à n’importe qui, embaucher massivement des fonctionnaires, nationaliser, le SMIC à 1500 euros et le “revenu d’existence” pour tous, que sais-je encore ? Il n’a surtout pas besoin qu’on finisse de saboter l’Education Nationale, qui fut un outil magnifique mais dont l’ambition aujourd’hui se résume à “apprendre le vivre-ensemble” – et de plus en plus illettrés.

Trois-cent-quarante-huit sénateurs (*), cinq-cent-soixante-dix-sept députés, le Conseil d’Etat, le Conseil Constitutionnel, plus de mille-deux-cent-quarante-quatre agences gouvernementales pour caser les copains, cinq virgule sept millions de fonctionnaires dont la plupart ne font rien de régalien du tout… et le  pire, c’est qu’ils se cramponnent.

De l’air, de l’air !

Tibert

(*) Tenez, voyez comme c’est beau, le Sénat, et son jardin donc !

 

Je suis pour l’anti contre

Je fus ce matin fort tôt interpellé par un titre de la presse quotidienne nationale (“nationale” = parisienne, la presse provinciale n’étant pas nationale) : “Lundi noir de mobilisation en Pologne contre le projet de loi anti-avortement“. Voilà : avec cette histoire polonaise, nous avons une superbe superposition de deux négations, “anti-” et “contre” ; je dirais même plus, trois négations, car “noir” c’est négatif, et tant pis pour le politiquement correct, Septembre noir, journée noire, broyer du noir, voir tout en noir c’est clairement sombre, négatif. Est-ce à dire qu’ a contrario “un lundi blanc“… ?  peut-être, mais si j’avais à peindre, tel Rimbaud ses voyelles, les jours de la semaine en polychromie, lundi serait noir de noir ! donc de mon point de vue,  “Lundi noir”, sans être vraiment un pléonasme, c’est un enfonçage de portes ouvertes.

Mais je me souviens vous avoir entretenus, il fut un temps, des circonlocutions ardues et par là-même confuses qu’engendrent les empilements de négations. Au passage, notons qu’à l’inverse, empiler les affirmations, les termes positifs, c’est juste inutile, voire pesant : “Lundi blanc en Pologne pour soutenir le projet de loi favorisant l’avortement“, ce serait d’abord ahurissant, connaissant les Polonais, et puis à quoi bon soutenir un truc qui roule tout seul ? autant aller bosser…  bref, revenons à nos moutons noirs, de quelle négativité parle-t-on ? ici intervient la MORALE, qui va vous indiquer le négatif et le positif.

Tenez : phobie et philie sont négatif / positif, opposés donc, mais dans quel sens ? stop, je vois que vous allez énoncer une ânerie : philie c’est positif, “on aime”, phobie négatif ? eh non, ça dépend du préfixe. Questionnez la morale ! le pédophile est un pervers, un prédateur, tandis que le pédophobe… si si ça existe,  j’en connais, est un vieux grincheux qui déteste les gosses, mais après tout ça vaut mieux que l’inverse, pas vrai ? et l’haltérophile ? ni bien ni pas bien, il soulève de la fonte, tout le monde s’en fout ; moi je serais plutôt haltérophobe, par paresse. Dans un autre genre plus kafkaïen, tout négatif, l’hémophilie est affreuse, et l’hémophobie bien gênante !

Revenons à notre lundi noir et polonais : deux-trois négations ça va encore, mais pas plus ! il s’agit en fait pour le gouvernement polonais d’interdire les avortements volontaires et thérapeutiques, et il y a là un non-dit –  mais je vous le dis, c’est dit c’est dit – cela ne supprimera évidemment pas les avortements, mais ça dédouanera les Chefs là-haut de tout conflit moral (!!), et puis surtout ça contentera les catholiques bigots, très nombreux là-bas. Simplement, si ce projet de loi aboutit, les Polonaises décidées à avorter, soit feront appel à l’aiguille à tricoter, la tige de persil, l’injection d’air ou de savon liquide… toutes opérations clandestines et surtout très risquées, soit prendront le large pour aller faire ça moyennant finances et dans des conditions sanitaires correctes en Allemagne, au Danemark ou aux Galapagos… mais pas en Pologne !

Alors reformulons  : la loi en projet en Pologne n’est pas “anti-avortement” : contrairement à un tissu anti-tâches, qui lui ne se tâche pas, sinon on va rouspéter chez le vendeur, elle n’empêchera pas les avortements, tout le monde le sait bien ; elle veut juste les rendre plus difficiles, plus risqués et plus chers. Ce qui est anti-tâches en revanche, c’est la vertueuse initiative du gouvernement polonais. Ce qui illustre bien l’aphorisme oh combien vrai du regretté Léo Ferré-Graine-d’Ananar : “Ce qu’il y a d’encombrant dans la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres“.

Tibert

PS – J’apprends avec joie le sauvetage du site Alstom de Belfort, le gouvernement ayant décidé d’acheter urgemment (avec nos sous) quinze TGV pour rouler comme des trains Corail : bonne idée ! qui peut le plus peut  le moins etc etc… Dans le même esprit, si l’usine Aubade à Saint-Savin vient à capoter, mettre la clé sous la porte, je suggère que nos gouvernants achètent pour renflouer ce fleuron national un nombre significatif de dessous féminins, petites culottes, soutien-gorges, guêpières etc.

Deux balles et un gros mensonge

Une “alerte” du Monde me dilate assez la rate ce soir, et je ne résiste pas à la joie de vous permettre de dilater la vôtre itou. Tenez :

Près de 10 % des électeurs de gauche se disent prêts à voter à la primaire de la droite. Ils expliquent au « Monde » pourquoi. Une majorité d’entre eux veulent apporter leur soutien à Alain Juppé, face à l’inquiétude de devoir choisir entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

Tout d’abord c’est mal formulé : les électeurs de gauche, que je sache, ne se poseront pas la question de choisir entre Sarkozy et Le Pen : comme Chirac en 2002, ils éliront très certainement et massivement, la mort dans l’âme,  “le moins pire”, comme on dit à Québec. Je reformule donc : “Près de 10 %  (…)  à la primaire de la droite : une majorité d’entre eux veulent apporter leur soutien à Alain Juppé, afin d’éliminer l’hypothèse terrible où ils devraient voter Sarkozy au second tour pour faire barrage à Marine Le Pen.”

Mais c’est grandiose, ça ! ça veut dire que le 20 novembre 2016 et possiblement le 27,  des milliers d’électeurs bien ancrés à gauche vont, la corde au cou et la tête couverte de cendre, se présenter aux simili-bureaux de vote  de la Droite, donner les deux euros du mensonge – ceux qui on leur carte d’adhérents LR, MODEM… ne paieront pas, c’est la moindre des choses – et signer un papier comme quoi ils adhèrent, évidemment qu’ils adhèrent !  aux valeurs de la Droite et du Centre. Ensuite ils pourront voter, les féministes pour NKM, les durs de durs pour Copé, les prudents pour Juppé, les autres pour n’importe qui sauf Sarkozy.

Tout ça est assez réjouissant, donne un éclairage cocasse sur les forces en présence, et le Roi de l’Anaphore “Moi-Président gnagnagna…” devrait percevoir, lui qui affectionne la blague à froid comme je l’aime, tout l’humour de cette information : “Notre idée de la France” (*) comme dit son slogan, c’est une France de gauche qui pense à sauver les meubles.

Tibert

(*) Quel slogan crétin : quelle idée ? où elle est, l’idée ?

Ires en l’air

Je lis ce soir dans un des canards-sur-Toile que la compagnie aérienne Grand-Bretonne  British Airways va changer son offre de bouffe à bord de ses vols court et moyen-courrier : au lieu du petit en-cas “gratuit” (c’est-à-dire inclus dan le prix du billet) distribué  à tout le monde en 3ème classe – sachet de chips, mini-bretzels, mini sandwich, mini  quelque-chose etc  mais surtout jamais de porc – accompagné d’un coup de café ou d’eau minérale pour faire descendre tout ça, on va proposer, en payant cette fois,  à ceux qui veulent bien, des trucs mieux fichus, plus élaborés, tortillas, fish and chips, osso bucco con linguini al pommodoro (non, je blague, là, la sauce tomate ça craint). Il paraît que les passagers préfèrent ça… que c’est pour eux… moi, je pense que tout bêtement, au lieu de dépenser sèchement 2,5 euros fois 120 passagers, on va facturer 10 euros fois 19 ou 24 ou 14 passagers pour des plateaux qui reviennent à 6 euros, ce qui change tout, vous en conviendrez. D’autant plus que le prix du billet de 3ème classe ne va très certainement pas baisser des 2,5 euros du mini-casse-croûte supprimé, ne vous fatiguez pas à vérifier, radins que vous êtes ; et puis vous ne le verrez même pas – mais eux, à British Airways, si.

Mais pas que ! car ce matin à la radio ils (c’est toujours “ils”, jamais “on”, “ils” c’est “on” au pluriel) disaient que les vols sur Air France devenaient de plus en plus chahutés, agressions, rouspétances, pugilats, et une hôtesse chiffrait à +18 % l’augmentation des conflits  à bord. En combien de temps, les 18 %  ? ce n’est pas dit.  Tenez, le gars devant vous incline trop son dossier et ça vous gêne : vous êtes presbyte, déjà que vous devez plier le cou en arrière pour garder la distance de vision et la bonne inclinaison des lunettes progressives, maintenant vous n’arrivez plus à regarder “confortablement” votre film sur l’écran de 15 cm (oh pardon, 6 pouces, faites excuse) qui est, justement, fixé sur le dossier du type devant. Alors vous balancez de grands coups de tatane dans le socle du fauteuil de devant, ou de grands coups de poings dans le dossier, bref vous manifestez votre mauvaise humeur. Et le gars devant, forcément, ça l’énerve, etc etc.

Ou bien le gros balèze à côté de vous a squatté l’accoudoir large de 4,3 cm : il est à lui, l’accoudoir commun ! il s’y étale. Alors vous poussez méchamment votre coude pour repousser l’ennemi, et ça va mal finir, parce que lui, il est plus enveloppé que vous, et donc il a droit à plus de place, vu ? Et, tenez, on annonce que bientôt il y aura le wifi – payant, ça va de soi – à bord des vols AF-KLM (une anagramme chouette, tiens : KLAMF) : qui est-ce qui va vouloir envoyer illico séance tenante à ses potes son selfie avec l’hôtesse qui est canon ? ou avec le copilote, dans le cockpit… remue-ménage dans l’avion, avec en plus le chariot à boissons qui bloque le passage pour aller pisser… énervement… engueulades…

Tout ça c’est simple, c’est parce que maintenant les avions sont bondés ras la gueule, ne cherchez pas ailleurs. Il fut un temps béni où un remplissage à 60-70 % c’était boucoup, on pouvait assez souvent confisquer le siège voisin, prendre ses aises… maintenant bernique, c’est plein de chez Plein, tout le temps ; il s’y mettent à 3-4-5 compagnies pour bourrer les avions… déjà que ça bouchonne aux comptoirs d’enregistrement, aux contrôles de sécurité, de police, aux passerelles… la cohue, les hordes, quoi. Pareil que des vols charters Nantes-Ibiza en Juillet, sauf que ce ne sont pas des charters.

Tibert

Hypothèses et implants capillaires

Je lisais un truc il y a peu, à propos d’un satellite – une “lune” – de Jupiter, la plus mahousse planète de notre système, et ma foi ça m’a intéressé : il y était exposé que ce satellite pourrait contenir plein d’eau – gelée, évidemment, vu la température là-bas. Ce n’est certes pas demain qu’on y branchera un tuyau pour arroser ses géraniums, mais… “La découverte, si elle est confirmée, accréditerait la thèse selon laquelle de la vie pourrait potentiellement exister sur cette lune qui abrite un océan gnagnagna…” nous annonçait Le Fig’haro.  Tout en  prudence, le Figaro… dubitatif, et avec plein de pinçettes  :

Si elle était confirmée… (conditionnnel), la thèse ( hypothétique hypo-thèse), pourrait… (va savoir !), potentiellement… (ce n’est pas impossible…)

Que de circonlocutions , madââme ! bref on n’en est pas sûr, et saluons en particulier ce “pourrait potentiellement“, qui vaut son pesant de moutarde dans la redondance redondante. Où est-ce qu’on apprend aux journaleux à écrire si bien ? Je ne sais pas, moi, je ne vais pas vous refaire la tirade des nez, mais on pourrait écrire bien des choses, en somme, par exemple, tenez : “... renforcerait la thèse selon laquelle la vie pourrait être présente sur ce satellite…. Mais bon, on ne va pas en faire tout un fromage.

Passons au fromage, justement, le débat Clinton-Trump. Remarquez d’abord que dans TRUMP il y a UMP : ça fait sens, non ? non ?… ah bon.  Moi j’ai remarqué que madame Clinton était en sobre costard-pantalon rouge vif, tandis que Donald – elle l’a appelé Donald tout le temps, Hillary, elle connaît ses classiques, le journal de Mickey, oncle Picsou, Daisy, tout ça – tandis que Donald était en costard-cravate, tout connement.  Mais pas que !  Parce que, je vais vous dire : ce que j’ai retenu de ce débat, c’est la chevelure de Donald. Jaune flamboyant, savamment organisée en abondantes vagues lissées et hiérarchisées, véritable casquette sous laquelle il planque son front plutôt bas et banal, la chevelure de Donald vaut le voyage, et il faut que l’Unesco l’inscrive au patrimoine mondial de l’humanité. Et puis, décidément, un type doté d’une telle crinière ne peut pas être tout à fait mauvais.

Ah si, encore un truc, pendant que j’y pense. NOTRE élection présidentielle, à nous… ça se précise. Vacheries et coups tordus à gogo, c’est de bonne guerre, une mention spéciale à monsieur Buisson, qui fait dans le coup de poignard dans le dos. Et mettons un bémol sur les promesses de réformes archi-urgentes et mirifiques dont on abreuve nos sillons : de toutes façons ça ne passera pas et ça tournera en quenouille, en eau de boudin, dès que les taxis, ou les chauffeurs-routiers, les pétroliers, les contrôleurs aériens, les cheminots, la CGT, FO, SUD, les autonomes,  l’intersyndicale, l’UNEF, les lycéens, les pilotes, les éleveurs laitiers, les éleveurs de porcs…  j’en oublie… se mettront à bloquer le pays. Consolation, la chevelure carrément blonde, abondante, exubérante, nous l’avons aussi – enfin, une candidate. Non mais, y a pas de raison.

Tibert

En butinant gaiement

Aujourd’hui c’est repu de vresse, tant il y a de sujets de satisfaction.

Tenez, Najat VB, notre délicieuse ministre de l’Educ’Nat’, veut pousser la scolarité obligatoire jusqu’à dix-huit ans… déjà qu’ils glandent dès 12-13  ans au fond de la classe à regarder le plafond et à envoyer-recevoir des textos, vous voyez tout de suite le progrès. Deux ans (*) de plus à regarder le plafond… et bon courage aux profs ! Remarquez, pendant deux ans ça va temporairement désengorger les facs, c’est peut-être le but de la manoeuvre.

Tenez, monsieur Bayrou, qui tous les cinq ans sort de son tonneau béarnais pour voir s’il fait beau, menace de se présenter à la Présidentielle si c’est monsieur Sarkozy qui gagne la primaire des Républicains. On a tous très peur : et si cette fois-ci c’était la bonne ?

Et puis je suis heureux, depuis que j’ai désactivé mon bloqueur de pub sur mon butineur-sur-la-Toile : je puis lire en clair  et in extenso les croustillants articles du Figaro, lequel Figaro, pour me remercier, me régale ad nauseam – il y a même de la zizique – de la gueule d’empeigne de Johnny Bepp, qui tente inlassablement, muni de ses innombrables bagouzes, de son air renfrogné, de ses tatouages, de sa moustache et barbichette ridicules, de ses lunettes noires et de ses gymnastiques filmées au ralenti, de me donner envie d’acheter Flotte-Sauvage de Bior. Eh bien c’est pour moi une question de principe : messieurs les marchands de soupes odorantes de chez Bior, puisque vous me gonflez avec vos clips invasifs, JAMAIS je n’achèterai Flotte-Sauvage de Bior, sauf sous la torture. De la pub sur mon écran ? je prends note et je boycotte. Tiens, les bagnoles, là, Alma-Rofeo, avec leurs spots débiles, mais c’est qu’ils me les brisent menu ! à la trappe itou, Alma-Rofeo.

Ah j’oubliais, très important : enfin une bonne nouvelle ! Anjolina Gelie et Pat Britt  divorcent, j’espère que ça vous affecte comme ça m’affecte, salement  😉  D’ailleurs je cours séance tenante acheter Gallat, Clauseur, Montreuil-Match, pour tenter d’en savoir plus. Je vous tiens au courant.

Tibert

(*) Deux ans, enfin… six trimestres, et si vous soustrayez les fêtes les congés les congés de maladie les sorties de classe les voyages scolaires et le troisième trimestre rikiki, ça rétrécit bigrement au lavage, les deux ans.

Parallèle d’emmerdes

Je suis allé hier sur les ondes radio, désoeuvré dans ma bagnole en attendant je ne sais plus trop quoi. Et là j’ai eu droit aux nouvelles, le “flash” de 10 heures, mettons, et la station radio donnait la parole à un musulman jeune et mâle fiché “S”, hélas, comme Salafiste, qui se plaignait des embarras qu’on lui causait, filatures,  suspicion, contrôles… dont il contestait la nécessité, lui qui était, selon ses propos, pacifique, inoffensif et  désireux de vivre en paix tout en suivant avec ferveur les préceptes de sa foi.

je compatis bien volontiers aux tourments injustifiés dont est victime ce brave et pieux jeune homme ;  ce d’autant plus que moi aussi, parallèlement… tenez, moi aussi je suis un type peinard, pacifique, je ne ferais pas de mal à un diptère, pourtant que de tracasseries, de suspicion injustifiée ! je prends souvent l’avion, pour mes loisirs ou pour me rendre par nécessité d’un point A à un point B. Il fut un temps lointain où je devais simplement présenter ma carte d’identité, mon billet, et basta ! Puis il m’a fallu – moi qui suis l’homme le plus paisible qu’on puisse imaginer – passer sous un portique, me faire éventuellement palper désagréablement si j’ai oublié mon très dangereux coupe-ongles dans une poche, et puis il a donc fallu vider mes poches et enlever ma ceinture, et puis il faut extraire de ma valise et présenter à part mon ordinateur portable, mon smart-faune… et voilà-t-il pas qu’on me demande aussi de me déchausser, que les USA  exigent un document – payant, bien entendu – nommé ESTA pour savoir qui  je suis et ce que je peux bien venir foutre chez eux, et les Canadiens aussi maintenant (*).

Et tiens, depuis quelque temps il m’est interdit de trimballer des flacons de liquides dépassant 99,95 ml, et donc ma flasque de Cognac reste à la maison, sinon j’aurai à la boire cul sec ou la vider dans une poubelle à l’entrée du contrôle de sécurité. Sans oublier mon fidèle couteau de poche – mitres en pointe de corne blonde – que j’ai définitivement renoncé à faire voyager avec moi, sauf en bagage de soute. Que de temps perdu, que d’ennuis injustifiés…

La faute à qui ?

Tibert

(*) je trouve qu’on est bien tartes et bien niais, en Europe, de ne pas exiger en retour des Nord-Américains un document du même acabit. On est vraiment des billes !

On embauche

Vous pouvez le lire sur cet article du Monde, on assiste à “un nombre inédit de départs dans les cabinets ministériels et  l’Elysée.” Pas moins de 57 défections – volontaires, est-il nécessaire de le préciser ; la défection (avec un “a” au Scrabble ça donnerait plus de points)  c’est quand le salarié se barre, laissant son patron effondré et en pleurs. Je n’aurai pas la cruauté de vous expliquer pourquoi ces départs… dans la marine à voiles, jadis, quand un bateau faisait naufrage, on pouvait observer des armées de rongeurs s’enfuir des entrailles du vaisseau : avides, bien grassement nourris aux frais de l’armateur dans les cambuses et réserves du navire, mais pas suicidaires, les rongeurs. C’est kif-kif ici, vous pensez bien.

Mais, mes amis, le positif là-dedans, c’est que ça libère des places ! Au lieu de faire la queue en broyant du noir chez Popaul-Emploi, envoyez donc bien vite “à monsieur le DRH de l’Elysée” ( ou à son suppléant temporaire, si le DRH s’est déjà barré ) votre brillant Curriculum Vitae ; ou bien chez monsieur Valls, ou chez madame Cosse, ou… il y a le choix. D’accord, c’est du bricolage, du CDD de raccroc, vous allez pouvoir tirer, disons, grand maximum 8-9 mois, mais bien nourris – les cantoches sont de première bourre – logés confortablement et chauffés pour passer l’hiver.

Un conseil : soignez la lettre de motivation, allez-y gaiement sur votre grande envie de bosser là et pas ailleurs, n’hésitez pas à en faire des tonnes : on la lira, on la relira, pour  se remonter le moral.

Tibert