Du vivrensemble

Hier (j’ai perdu la référence exacte, c’était dans Le Parigot) on relatait cette déclaration confondante de Benoît “Burn-Out” Hamon : “Emmanuel Macron n’est pas de gauche“. On sait que Benoît H. se considère ni plus ni moins (*) comme the représentant de la Vraie Gauche, celle qui va bien, à gauche-à gauche, mais pas trop-trop non plus. Au point d’ailleurs de proposer à son pote et voisin de gauche, Jean-Luc M., de faire pot commun : un seul candidat et programme unique – en lui laissant le poste de chef à lui, Benoît, bien entendu ! “Faisons cause commune, range-toi derrière moi“. Gonflé, non ?

Mais bon… donc, Emmanuel M. ne serait pas, n’est pas de gauche ? et alors ? c’est épouvantable, Benoît. C’est sûr que si tout le monde était de gauche, ce serait bien plus simple, plus facile… sauf que certains le seraient un peu plus, ou un peu moins, d’où des bisbilles, des tracasseries, encore et encore. Le plus simple, Benoît, c’est la Pensée Unique, ça c’est peinard.

De ces temps où la gauche, justement, nous serine comme une rengaine le  jingle du “vivre ensemble“, eh bien, prenons-la au mot : il faut qu’elle supporte, qu’elle accepte, qu’elle  prenne comme une richesse cette diversité : qu’elle apprenne à vivre ensemble avec des gens qui ne sont pas de gauche. Ah c’est dur, c’est dur, il va falloir se faire violence.

Tibert

(*) On dit de plus en plus “juste“. Tenez, A. Juppé sur les propositions de F. Fillon : “C’est juste impossible“. C’est syntaxiquement correct, mais c’est un anglicisme. Chez nous en France ce serait plutôt “C’est carrément (simplement, tout simplement, ni plus ni moins, vraiment, hélas…) impossible“.  Ah bon, c’est impossible ?

Y a aussi des perles, dans la purée

Robert V. (*), mon vieil ami de Montpellier – décidément pugnaces, les Montpelliérains ! – me fait remonter ceci : une page entière de l’hebdo local La Gazette avec un ééénôooorme ” 0 % ” en rouge : c’est le maire actuel, dissident PS, qui se fait sa pub. “Seule ville et métropole de France, 0% d’augmentation des taux d’imposition“.

Bravo, bravo, mais il demande à voir, Robert. Il me joint les chiffres sur ses taxes (foncière + habitation) de 2014, 2015, 2016. C’est une modeste maison de ville sans terrain extérieur, avec un garage.

Pour 2014, 4.805 €   ;   2015, 5.172 €   ;  2016, 5.220 €  ; 2017 ?

On pourrait détailler, mais bon, le cumul sur 2014-2016 donne : + 8,6  %. Pas anodin ! Donc, si le maire dit vrai, vu qu’il englobe 2017 dans son cocorico, il va y avoir une forte baisse pour fin 2017, afin d’obtenir au total un montant stable (celui de 2014) sur la période. Baisse qu’il est facile de calculer : soit X le montant pour 2017… hmmmmhbmmh… allons-y Alonso…  X = (4 x 4805) – 4805 – 5172 – 5220. Donc  X =  4.023 €.  Monsieur le maire, mon ami Robert attend donc des taxes locales pour 4.023 €, pas plus. Sinon, me dit-il, ce serait, mon cher Tibert, de la pub mensongère, non ?   Ouais… ça y ressemblerait. Wait and see, comme ils disent, je vous tiendrai au courant.

Autre : Le Parigot nous sort un clip de chansons – en anglais, façon “yaourt” :  paroles à peu près totalement incompréhensibles, et bien entendu non sous-titrées, tout le monde se fout apparemment de ce que brâme le chanteur (sur le clip, il se contorsionne beaucoup, ça doit aider à libérer le diaphragme et contrôler le souffle). Ce type, un jeune et avenant Belge à casquette, est interrogé sur son dernier album… il énonce ceci : “Mon album est un appel à la tolérance.

Ah c’était donc ça ! on a tout de suite une meilleure idée du contenu de ses textes. Parce qu’avec ses borborygmes mâchonnés en anglais-yaourt, on n’avait pas perçu clairement (**). Ou alors  cette déclaration nous inviterait à nous montrer tolérants envers sa prestation ? indulgents serait plus précis. Allez, on va faire un effort, qu’il chante en paix – pourvu qu’il croise au large.

Tibert

(*) Pour des raisons de sécurité, les noms ont été changés.

(**) Quand l’autre Belge, là, Brel, chantait “… avec Frrrida la blonnnde...”  on comprenait clairement “avec Frida la blonde” ; ou bien Adamo : “… mmmais tombeuh la neigeuh…” : la neige tombe, d’accord. Mais les textes,  bof, les textes…

Rayon de soleil dans la purée

Alleluïa alleluïa : l’élu officiel “testé et approuvé” de la Fort-Belle-Alliance entre la Carpe Réformatrice, le Lapin Vert et le Plésiosaure Presque Rouge, issu de la Primaire aux petits oignons, Benoît “Burn-out” Hamon,  voit ses divers étais foutre le camp.  Monsieur Mélenchon annonce, prophétique, qu’on vient d’assister “en direct” (en live, pour faire du rosbif) à l’éclatement du PS… c’est bien fait ! c’est un juste retour de bâton, vu que celui qui proteste à cor et à cri qu’on le trahit, est un des trois ou quatre qui n’ont cessé de piétiner la loyauté supposée des parlementaires socialistes envers leur camp et les initiatives de leurs chefs aux manivelles. “Pas assez à gauche”, “à gauche nom de diou” clamaient-ils, les frondeurs : eh bien, les voilà bien calés à gauche, comme ils le souhaitent ; larguez les amarres, et bon vent, babord toute !

Ainsi va la vie politique, un prêté pour un rendu, et qui sait, qui sait ? peut-être qu’un jour enfin des “femmes et des hommes” (des hommes, quoi) seront capables, dans ce pays, de penser autrement qu’en termes d’appareils, de pouvoir, de fromages et de chasses gardées. La mort du PS, cette machine à accaparer le terrain – en particulier sur le plan idéologique – serait une excellente nouvelle : je boirai bien un coup pour fêter ça. En attendant que la Droite fasse à son tour son grand ménage de printemps.

De cette campagne présidentielle chaotique et archi-pourrie par des malveillants et des sournois sortira peut-être enfin du bon, du neuf, du frais, du propre. Ce qui nous changerait bigrement, convenez-en.

Tibert

La phobie ? ça craint !

On se souvient certainement  qu’en janvier 2015, deux fêlés ont assassiné onze personnes à Charlie-Hebdo – plus un policier dans la rue en repartant. On sait pourquoi, et la revendication de cette tuerie “pour venger l’Islam” a permis de donner corps et sens à une notion bien concrète : la crainte des tueurs et des forcenés qui se revendiquent de l’Islam.  Quant au terme “islamophobie” qui amalgame confusément cette crainte fondée, la critique lucide des règles de cette religion appliquées à la Cité, et la haine à caractère raciste envers les Arabes, c’est une autre affaire !

Parmi les douze morts de ce massacre : Charb, dessinateur-caricaturiste et patron de Charlie. Charb avait écrit un truc, “Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes” : il y expliquait pourquoi ce terme islamophobie est biaisé et son instrumentalisation perverse.. je cite Charb : “Avoir peur de l’islam est sans doute crétin, absurde, et plein d’autres choses encore, mais ce n’est pas un délit. (…) Non, vraiment, le terme “islamophobie” est mal choisi s’il doit désigner la haine que certains tarés ont des musulmans. Il n’est pas seulement mal choisi, il est dangereux.”

D’aucuns ont projeté de faire une adaptation en lecture-spectacle de ce texte de Charb, qui est en quelque sorte son testament politique : eh bien ça ne se passe pas sur du velours ! A l’université Lille II, on a décidé d’y renoncer : on craint des débordements ! Tenez, La Voix du Nord y consacre un article assez détaillé.

Voilà, comme on dit quand on ne sait plus quoi dire : vu que le MRAP (*) et la LDH (**) sont opposés à toute lecture de ce texte dans des salles – il est paru en librairie et a déjà été lu en milieu scolaire et dans les centres sociaux – on baisse la tête avec respect et on rase les murs. Sainte-LDH, Saint-MRAP, priez pour nous, et adios la liberté d’expression, fût-elle utile au débat !

Tibert

(*) Pour ceux qui l’ignorent : MRAP, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples… du pour et du contre, en somme.

(**) LDH : Ligue des Droits de l’Homme.

Le blues du parlementaire

Juste deux petits mots :

  • Cabinet Noir ? voyez ce qu’en pense madame Pécresse, qui a des présomptions sérieuses, avec ce qui est arrivé à son grand fils l’an dernier… effectivement ça interroge. Pratiques assez sombres, si c’est avéré – mais… n’avouez jamais, bien entendu ! (*)
  • Et puis, cet article dominical du Monde, qui vous parlera des états d’âme des “petits” parlementaires, arrivés en 2012 au Palais Bourbon pour refaire le monde et qui y ont découvert le sectarisme, le clientélisme, la consanguinité, le “hors sol”, et plein d’autres tares. Le blues du député… révélateur de nos problèmes,  d’une démocratie boiteuse et biaisée. A lire assez vite : ça passe, ça tourne, ça s’efface, ces petits moments de sincérité. Et l’on retombe dans la politique étroite d’appareils… le sempiternel gauche-droite usant et mortifère.

Tibert

(*) Tenez, encore un exemple de violation du secret de l’instruction (on appelle ça “fuites”, c’est plus pudique) : « Le Journal du dimanche » révèle le système de défense développé par l’épouse du candidat à la présidentielle lors de sa première audition le 30 janvier”. On lit cette info juteuse dans le Monde de ce jour…

Quand les grosses mouches bombinent

C’est du Rimbaud, le titre – enfin, un petit bout de Rimbaud. “Voyelles“, ça s’appelle, et ce sonnet vous cause sûrement, vous l’apprîtes en vos jeunes années, peut-être l’aimâtes-vous :

"A, noir corset velu des mouches éclatantes

  Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

 Golfes d'ombre..."

…eh bien, pour moi c’est ça le Cabinet Noir. Pas celui du 55, Rue du Faubourg-Saint-Honoré ; celui-là on ne peut pas l’approcher – secret secret, passez au large – et l’on ne peut que l’imaginer. Pour moi c’est irrésistiblement, dans les années d’immédiat après-guerre, au fond du jardin, cette cahute de bois, sans fenêtre et fermée par une porte pleine mais laissant filtrer quelque peu le jour – et l’air pur ! – du haut et  du bas, avec un crochet de blocage pour préserver l’intimité de l’occupant – y avait-il un crochet ? j’aime à l’imaginer.

Une banquette de bois, percée de deux trous ronds de la taille d’une assiette, avec des couvercles en bois : le luxe, un biplace ! Des carrés de vieux journaux sommairement découpés au mur, accrochés à un clou plié. Ce devait être la “République du Centre-Ouest”, ou ce genre de presse régionale ; une fois lus, les quotidiens alimentaient en effet le démarrage du feu le matin dans la cuisinière à bois, permettaient de torcher les poêles à frire avec du gros sel, et de torcher itou les fesses des utilisateurs de l’édicule. Tentez donc de faire de même avec la presse sur-la-Toile !

Ce cabanon m’intimidait. Le jour y pénétrait chichement  une fois la porte fermée ; sombre et inquiétant, avec ses deux trous menaçants prêts à vous avaler : pas de fausse manoeuvre ! En hiver on ne s’éternisait pas trop… en été c’était fortement odorant, et il y avait ces grosses mouches noires et velues qui vous tournaient autour, celles de Rimbaud, “puanteurs cruelles“, et qui “bombinaient“, quand ce n’étaient pas les notes suraiguës des mouches vertes au corset dur et brillant.

C’était mon cabinet noir, j’y fus maintes fois pour d’excellentes raisons et puis témoigner de son existence. On peut supposer que de nos jours un tout-à-l’égoût l’a envoyé aux oubliettes, ce chalet de nécessité. Mais les cabinets noirs ombreux et malodorants où ça bombine perdurent, depuis Richelieu, en passant par les officines abritées par l’Elysée du temps de Tonton, qui donnèrent lieu à procès et condamnations. C’est trop tentant, TOUT peut remonter au monarque, il suffit de claquer des doigts… Droite et Gauche se reprochent alternativement ces pratiques, chacun son tour. Comment ne pas imaginer les mêmes dispositifs subreptices sous l’aile bienveillante du futur ex-Président actuel, quand les juteuses révélations d’affaires sortent bien en rang comme à la parade, et que les journaux s’assoient quasiment tous les jours sur les secrets des instructions judiciaires ? ça doit bombiner, forcément.

Tibert

De la mithridatisation de l’électeur de droite

Chaque jour la marée nous apporte son lot d’horreurs. Tenez, hier : outre les costards de grand luxe offerts à monsieur Moscovici (du PS) par un “véritable ami” et “sans contrepartie”, ça va de soi, outre les emplois parlementaires à 55.000 euros des très jeunes filles de monsieur Bruno Le Roux (du PS), voilà qu’on nous en remet aussi, ça fait assez rengaine, une (n+1)-ième couche sur François Fillon. Pas un jour sans un nouveau scoop sur cet homme et ses supposées turpitudes ! On voudrait bien voir l’épaisseur  de la pile des scandales à venir, qu’on nous distille comme dans un feuilleton ; ont-ils (qui ça, ils ? ) assez de munitions pour tenir jusqu’aux élections ? Tenez, la dernière : il a été payé, monsieur Fillon, pour s’entremettre entre un client de sa boîte de conseil et monsieur Poutine. Ce serait épouvantable, nous dit-on…

Cette nouvelle de plus, encore une, suscite la réaction suivante chez un lecteur du Monde, réaction que je partage : “Incroyable mise à mort politique distillée au compte-goutte. Fillon assume ses erreurs auprès de sa famille politique en coulant dans le le naufrage qu’il a lui même engendré.” Notez qu’il y a là deux phrases bien distinctes ; la première est indiscutable : c’est d’une mise à mort- lent poison à petites doses répétées – qu’il s’agit. Savoir si ce goutte-à-goutte létal ne provoquerait pas une sorte d’insensibilisation de l’électeur filloniste ? une mithridatisation, en quelque sorte ? on verra bien. Courageux et opiniâtres électeurs fillonistes…

Reste que, s’il loupe son pari et se fait battre, notre François F. va se retrouver bien seul, et bien mal. D’aucuns, nombreux, vont probablement lui demander des comptes : dans ce cas, je vous parierais bien un paquet de cahuètes que la recomposition de la Droite est à venir incessamment sous peu.

Tibert, dans la voyance

Clause toujours !

Je me suis bien diverti au dessin que vous pourrez voir sur cette page web, où deux ouvriers du BTP, sur un chantier du même métal (décor de grues, de fers à béton etc…) échangent ces phrases :

Philinte :  “Ce béton est à point : il serait avisé de ne point lanterner”

Cléonte : “Coulons-le sans délai !”.

Eh oui, il s’agit de la clause Molière, qui stipule que tout travailleur étranger détaché en France doit maîtriser suffisamment notre langue – ce qui suppose donc que les échanges écrits et verbaux se font en français. On imagine donc les Roumains, Polonais etc… passer un exam’ de français avant de pouvoir bosser chez nous. Remarquez, ce n’est pas con : il me souvient d’un ami qui a récemment fait refaire son appartement parisien par une entreprise employant majoritairement des Polonais (c’était farpaitement légal, rassurez-vous, et il y avait dans le tas le légendaire plombier polonais cher à monsieur Bolkestein) : je l’ai trouvé un jour sur son chantier, cet ami, tentant péniblement, dans un allemand fort rustique, de dialoguer avec l’électricien pour lui expliquer le câblage des fils-pilotes des radiateurs. Bizarre, non ?

Je vous résume, et si vous en voulez plus, voyez ici  : “Imaginée par l’élu angoumoisin Vincent You, la Clause Molière est un dispositif qui, inséré dans les appels d’offres publics, rend obligatoire la langue française sur les chantiers pour des raisons de sécurité. Si les entreprises ne peuvent se plier à cette obligation, la clause leur impose d’embaucher un interprète assermenté par le tribunal. (…) La  Clause Molière a déjà reçu l’aval de la Fédération française du bâtiment…”. La Clause Molière est évidemment destinée à contrer les boîtes qui abusent des travailleurs étrangers détachés, surtout ceux dont le coût salarial est largement inférieur à ce qui est pratiqué en France. C’est encore, à mon humble avis, de ces règles pieuses, “en l’air”, dont l’applicabilité n’a jamais été validée sur le terrain, inapplicables donc et qui ne le seront jamais – tout juste invoquées en cas de litiges. Des interprètes assermentés, et quoi encore ?

Mais il y a des cas où ça pourrait fonctionner : en effet des tas de Français travaillent en France avec le statut de travailleurs détachés ! par exemple, vous, Français, vous cherchez du boulot ? vous allez voir un recruteur, il se trouve qu’il est luxembourgeois, ou belge, ou… et il va vous embaucher dans une entreprise de son pays, avec les lois de son pays, et puis vous envoyer bosser chez vous en France. Molière est content, la Clause Molière tourne rond,  et c’est la société luxembourgeoise, belge… qui fait son beurre.

Clause Molière donc, pondue par un ou des ronds de cuir retranchés derrière leurs bureaux. Disons Clause Courteline, ce serait plus adapté.

Tibert

Le fier drapeau sur son colombin

Je passais il y a quelques jours, piéton flânant dans Paris – il faisait beau, ça aide à flâner – longeant sur les trottoirs, de ci de là, des entrées de bureaux : dégueulasses, les entrées de bureaux ! on y croise des plantons obstinés et graves, hommes et femmes diserts ou taciturnes, souvent munis de gobelets de café soluble probablement tiède, et surtout tirant “toutes et tous” sur des clopes.  Et, au sol, face à ces sentinelles de la tabagie embrumée, des tapis de mégots. Comme ça, sur le trottoir, allez hop, les mégots dans la rue. Plein de mégots.

Mais la maire de Paname, madame Hidalgo, vient d’annoncer des mesures fortes pour la propreté de sa ville… acceptons en l’augure ! On ne va pas se fâcher, on est hélas condamnés aux immondes tags qui défigurent quasiment partout le paysage : c’est du street art – de l’art de rue, quoi, en prose – bref des tags, des cochonneries sur les murs. Mais pas touche, certains haut placés apprécient ça, et si un Banksy se planquait derrière les furtifs peinturlureurs nocturnes ? allez savoir…

Alors, à part les tags ? tenez, il paraît que “ les immeubles de bureaux (…) devront équiper en cendriers les points d’entrée et de sortie de leur personnel“. Bien vu, ça, pas con ! pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? et si les cafetiers se voient menacés de sanctions s’ils ne collectent pas les mégots, quid des bureaux ?

Et les colombins, donc ? chaque chien-chien de la capitale conchie les trottoirs une à trois fois par jour. Crottes qu’on est censés ramasser… chante beau merle ! de jeunes touristes japonaises laborieusement francophones déclaraient l’autre jour, devant un micro-trottoir de FR2 “il y a boucoup de cacas de chiens !“. Ce n’est pas faux… alors, que fait-on, madame Hidalgo ? on fait quoi ? vos services administratifs et répressifs seraient-ils au bord du burn-out (du surmenage, cher Benoît H.) ? crouleraient-ils sous les avis de contraventions visant les propriétaires indélicats de chiens crotteurs ? Heureusement quelqu’un agit, un obscur et discret Super-Dupont, héros de la lutte anti-crottes. Outre les tapis de mégots baveux, j’ai pu en effet admirer, au cours de ma promenade, l’ingéniosité de ce modeste et exemplaire Français : faute de verbaliser – il n’en a sans doute pas la prérogative – il balise !  et il balise bleu-blanc-rouge, en patriote, voilà qui fait chaud au coeur ! Reste, il est vrai, que les malvoyants  n’en profitent pas ; mais qu’est-ce que c’est rigolo quand un aveugle marche sur une crotte de chien !

Tibert

Surprise, étonnement et gras-double

Monsieur Benoît “Burn-Out” Hamon a des lettres, personne n’en doute, mais l’émotion a eu raison de sa rigueur syntaxique et de sa maîtrise de la langue : tenez, ce bout d’entrevue avec un gus de TF1… on lui demande de commenter la décision de Manuel Valls qui, sans appeler à voter ailleurs (suivez mon regard vers d’élégantes et jeunes rouflaquettes) ne  recommandera pas ledit Benoît à “ses amies et ses amis”.  Notez, on s’en doutait un peu, que Manuel V. ne brûlait pas d’enthousiasme pour supporter le héraut désigné de la gauche pas rebelle, un des meneurs, justement, qui lui ont pourri sa Première-Ministritude, l’obligeant à de savantes manoeuvres, à de dévastatrices rafales de 49.3…

Bref donc, visiblement troublé, Benoît H. répond au journaleux : “Mais… mais je découvre… cette décision… elle m’a… honnêtement surprise…mais en même temps… gnagnagna…“.

Voilà… si je pouvais mettre “surprise” en double gras je le ferais, mais ça n’existe pas, le gras double, sauf à la lyonnaise : prenez des oignons doux taillés en rondelles, faites-les blondir et fondre lentement dans une excellente huile de goût neutre ; saupoudrer de farine et singer (*) avant d’y incorporer les tripes taillées en lamelles ; laisser mijoter, rectifier l’assaisonnement… mais je m’égare, là, revenons à notre Hamon. Il n’a évidemment pas voulu dire ça, la confusion des genres ce n’est pas sa tasse de thé, mais “surpris” serait déjà nettement plus indiqué. Et puis, tenez, cette célébrissime boutade liée à monsieur Littré le lettré, qui, outre son dictionnaire, était en train de prendre du bon temps avec la bonne de la maison – je cite le Wiki :

Un jour qu’il la lutinait [la bonne, donc, NDLR], Madame Littré poussa la porte et s’écria : « Ah, monsieur, je suis surprise ! » Et le regretté Littré, se rajustant, lui répondit : « Non, madame, vous êtes étonnée. C’est nous qui sommes surpris.”

Voilà, Benoît. Rectifions donc, l’émotion passée : “Mais… mais je découvre… cette décision… elle m’a… honnêtement étonné…mais en même temps… gnagnagna…“. Allons donc ! tu parles, Charles, qu’elle t’a étonné !

Tibert

(*) Singer : vieux et savoureux terme de cuisine, qui se perd, hélas. On laisse légèrement roussir la farine dans le gras de la préparation, pour épaissir et “griller” quelque peu le fond de sauce (ensuite on procède au mouillement… un demi-verre de blanc sec, pas plus !). Fariner pour singer, oui, ça remplace vaguement, mais il y manque le tour de main. Et puis, j’oubliais ! une tombée de coriandre fraîche hachée, sur le gras-double à la lyonnaise.