Quand les grosses mouches bombinent

C’est du Rimbaud, le titre – enfin, un petit bout de Rimbaud. “Voyelles“, ça s’appelle, et ce sonnet vous cause sûrement, vous l’apprîtes en vos jeunes années, peut-être l’aimâtes-vous :

"A, noir corset velu des mouches éclatantes

  Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

 Golfes d'ombre..."

…eh bien, pour moi c’est ça le Cabinet Noir. Pas celui du 55, Rue du Faubourg-Saint-Honoré ; celui-là on ne peut pas l’approcher – secret secret, passez au large – et l’on ne peut que l’imaginer. Pour moi c’est irrésistiblement, dans les années d’immédiat après-guerre, au fond du jardin, cette cahute de bois, sans fenêtre et fermée par une porte pleine mais laissant filtrer quelque peu le jour – et l’air pur ! – du haut et  du bas, avec un crochet de blocage pour préserver l’intimité de l’occupant – y avait-il un crochet ? j’aime à l’imaginer.

Une banquette de bois, percée de deux trous ronds de la taille d’une assiette, avec des couvercles en bois : le luxe, un biplace ! Des carrés de vieux journaux sommairement découpés au mur, accrochés à un clou plié. Ce devait être la “République du Centre-Ouest”, ou ce genre de presse régionale ; une fois lus, les quotidiens alimentaient en effet le démarrage du feu le matin dans la cuisinière à bois, permettaient de torcher les poêles à frire avec du gros sel, et de torcher itou les fesses des utilisateurs de l’édicule. Tentez donc de faire de même avec la presse sur-la-Toile !

Ce cabanon m’intimidait. Le jour y pénétrait chichement  une fois la porte fermée ; sombre et inquiétant, avec ses deux trous menaçants prêts à vous avaler : pas de fausse manoeuvre ! En hiver on ne s’éternisait pas trop… en été c’était fortement odorant, et il y avait ces grosses mouches noires et velues qui vous tournaient autour, celles de Rimbaud, “puanteurs cruelles“, et qui “bombinaient“, quand ce n’étaient pas les notes suraiguës des mouches vertes au corset dur et brillant.

C’était mon cabinet noir, j’y fus maintes fois pour d’excellentes raisons et puis témoigner de son existence. On peut supposer que de nos jours un tout-à-l’égoût l’a envoyé aux oubliettes, ce chalet de nécessité. Mais les cabinets noirs ombreux et malodorants où ça bombine perdurent, depuis Richelieu, en passant par les officines abritées par l’Elysée du temps de Tonton, qui donnèrent lieu à procès et condamnations. C’est trop tentant, TOUT peut remonter au monarque, il suffit de claquer des doigts… Droite et Gauche se reprochent alternativement ces pratiques, chacun son tour. Comment ne pas imaginer les mêmes dispositifs subreptices sous l’aile bienveillante du futur ex-Président actuel, quand les juteuses révélations d’affaires sortent bien en rang comme à la parade, et que les journaux s’assoient quasiment tous les jours sur les secrets des instructions judiciaires ? ça doit bombiner, forcément.

Tibert

De la mithridatisation de l’électeur de droite

Chaque jour la marée nous apporte son lot d’horreurs. Tenez, hier : outre les costards de grand luxe offerts à monsieur Moscovici (du PS) par un “véritable ami” et “sans contrepartie”, ça va de soi, outre les emplois parlementaires à 55.000 euros des très jeunes filles de monsieur Bruno Le Roux (du PS), voilà qu’on nous en remet aussi, ça fait assez rengaine, une (n+1)-ième couche sur François Fillon. Pas un jour sans un nouveau scoop sur cet homme et ses supposées turpitudes ! On voudrait bien voir l’épaisseur  de la pile des scandales à venir, qu’on nous distille comme dans un feuilleton ; ont-ils (qui ça, ils ? ) assez de munitions pour tenir jusqu’aux élections ? Tenez, la dernière : il a été payé, monsieur Fillon, pour s’entremettre entre un client de sa boîte de conseil et monsieur Poutine. Ce serait épouvantable, nous dit-on…

Cette nouvelle de plus, encore une, suscite la réaction suivante chez un lecteur du Monde, réaction que je partage : “Incroyable mise à mort politique distillée au compte-goutte. Fillon assume ses erreurs auprès de sa famille politique en coulant dans le le naufrage qu’il a lui même engendré.” Notez qu’il y a là deux phrases bien distinctes ; la première est indiscutable : c’est d’une mise à mort- lent poison à petites doses répétées – qu’il s’agit. Savoir si ce goutte-à-goutte létal ne provoquerait pas une sorte d’insensibilisation de l’électeur filloniste ? une mithridatisation, en quelque sorte ? on verra bien. Courageux et opiniâtres électeurs fillonistes…

Reste que, s’il loupe son pari et se fait battre, notre François F. va se retrouver bien seul, et bien mal. D’aucuns, nombreux, vont probablement lui demander des comptes : dans ce cas, je vous parierais bien un paquet de cahuètes que la recomposition de la Droite est à venir incessamment sous peu.

Tibert, dans la voyance

Surprise, étonnement et gras-double

Monsieur Benoît “Burn-Out” Hamon a des lettres, personne n’en doute, mais l’émotion a eu raison de sa rigueur syntaxique et de sa maîtrise de la langue : tenez, ce bout d’entrevue avec un gus de TF1… on lui demande de commenter la décision de Manuel Valls qui, sans appeler à voter ailleurs (suivez mon regard vers d’élégantes et jeunes rouflaquettes) ne  recommandera pas ledit Benoît à “ses amies et ses amis”.  Notez, on s’en doutait un peu, que Manuel V. ne brûlait pas d’enthousiasme pour supporter le héraut désigné de la gauche pas rebelle, un des meneurs, justement, qui lui ont pourri sa Première-Ministritude, l’obligeant à de savantes manoeuvres, à de dévastatrices rafales de 49.3…

Bref donc, visiblement troublé, Benoît H. répond au journaleux : “Mais… mais je découvre… cette décision… elle m’a… honnêtement surprise…mais en même temps… gnagnagna…“.

Voilà… si je pouvais mettre “surprise” en double gras je le ferais, mais ça n’existe pas, le gras double, sauf à la lyonnaise : prenez des oignons doux taillés en rondelles, faites-les blondir et fondre lentement dans une excellente huile de goût neutre ; saupoudrer de farine et singer (*) avant d’y incorporer les tripes taillées en lamelles ; laisser mijoter, rectifier l’assaisonnement… mais je m’égare, là, revenons à notre Hamon. Il n’a évidemment pas voulu dire ça, la confusion des genres ce n’est pas sa tasse de thé, mais “surpris” serait déjà nettement plus indiqué. Et puis, tenez, cette célébrissime boutade liée à monsieur Littré le lettré, qui, outre son dictionnaire, était en train de prendre du bon temps avec la bonne de la maison – je cite le Wiki :

Un jour qu’il la lutinait [la bonne, donc, NDLR], Madame Littré poussa la porte et s’écria : « Ah, monsieur, je suis surprise ! » Et le regretté Littré, se rajustant, lui répondit : « Non, madame, vous êtes étonnée. C’est nous qui sommes surpris.”

Voilà, Benoît. Rectifions donc, l’émotion passée : “Mais… mais je découvre… cette décision… elle m’a… honnêtement étonné…mais en même temps… gnagnagna…“. Allons donc ! tu parles, Charles, qu’elle t’a étonné !

Tibert

(*) Singer : vieux et savoureux terme de cuisine, qui se perd, hélas. On laisse légèrement roussir la farine dans le gras de la préparation, pour épaissir et “griller” quelque peu le fond de sauce (ensuite on procède au mouillement… un demi-verre de blanc sec, pas plus !). Fariner pour singer, oui, ça remplace vaguement, mais il y manque le tour de main. Et puis, j’oubliais ! une tombée de coriandre fraîche hachée, sur le gras-double à la lyonnaise.

Le Gain de Dieu et le costard à 48.000 balles

Cherchant à alimenter encore et encore – feu à volonté – les ragots sur monsieur Fillon, Le Parigot, qui doit rouler pour le NPA ? ou Debout-la-France ?  à moins que ce ne soit pour la Marine, ressort les costumes chicos et hors de prix du candidat de la Droite-et-du-Centre. C’est un truc qui date de bien 5-6 ans, j’avais lu ça faute de mieux dans un vieux numéro de l’Expresso, ou du Pointu, ou de Marie-Patch, bref ces revues hors d’âge et fatiguées qu’on feuillette quand on s’emmerde dans la salle d’attente d’un toubib et qu’on n’a pas un Sud-au-Cul à se mettre sous le crayon : on y glosait sur la classe politique aisée et de tous bords qui s’habille et se chausse ailleurs que chez Taty, le croirez-vous ? après les montres à 50.000 euros d’un ex-trotskyste-ex-Touche-pas-à-mon-pote, c’étaient les bottines sur-mesure de monsieur Dumas, le bitos à 10.000 euros de Tonton, etc. Et, donc, la superbe veste “de chasse” de chez Arnys que plusieurs élus, dont monsieur Fillon, se sont fait faire sur-mesure itou, et franchement plutôt cher. Le Parigot touille tout ça, allonge la sauce et tente de faire mousser, ça fait deux jours qu’il tartine dessus… je le cite (il cite en fait à son tour le Journal du Dimanche, qui lui a fourni la pique qui va bien) : “Rien d’illégal au niveau pénal selon le JDD, aucune enquête ouverte, mais nul doute que ces nouvelles révélations sur le train de vie dispendieux de François Fillon et son rapport à l’argent ne manqueront pas d’être exploités (sic : …ées, c’est féminin, les révélations) par ses adversaires politiques“. C’est joliment enveloppé, non, ces “nouvelles révélations” d’il y a 5-6 ans ? Tartuffe, va… et l’air de pas y toucher…

Mais passons à autre chose : vous connaissez monsieur Godwin et sa Loi ? oui ? non ? alors on va en causer. Je rappelle la Loi (empirique) en question :

Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1“.

En d’autres termes, quand une discussion, un tchat conflictuel, s’éternise en vain, fatalement l’un des intervenants va finir par invoquer les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale, et spécialement celles des Nazis. La discussion atteint alors, selon monsieur Godwin, un point critique, au delà duquel il n’y a plus guère d’arguments qui vaillent – pas la peine de poursuivre, ça tourne en eau de boudin : le “point de Godwin” (*).

Et justement, le Figaro en cause, du truc en question : “Invité de France Info, l’ancien ministre Vincent Peillon a cru bon de se livrer à un étonnant point Godwin pour fustiger le positionnement politique d’Emmanuel Macron.”

[ Note du rédacteur : “se livrer” à un point Godwin ? pas terrible… imprécis. J’aurais écrit “a donné un  bel exemple de point Godwin alors qu’il fustigeait gnagnagna...”. ]

Que disait-il, monsieur Peillon ? il pointait péjorativement les ralliements et soutiens de membres du PS et de l’UMP (il retarde, monsieur Peillon, c’est les LR, à présent) à monsieur Macron : “Vous savez, il y a quelque chose, heureusement, de têtu dans l’Histoire – c’est comme ça qu’on sait qu’il y a eu des chambres à gaz et qu’on ne peut pas le nier… (…) Je suis sur des faits“.

Et voilà donc une discussion “en ligne” qui aboutit à un superbe point Godwin. Monsieur Peillon avait moult exemples de “faits factuels” à sa disposition, depuis La Terre tourne autour du Soleil (quoique…) jusqu’à l’Eau est mouillée en passant par Deux plus deux font quatre. De mon temps 😉 les discussions finissaient invariablement, quand ça s’éternisait, sur la bombe atomique et le climat détraqué. La loi de Godwin a donc dérivé, et en ce sens n’est pas aussi intemporelle que la Loi de Murphy, en français “Loi de l’Emmerdement Maximum” : si un écrou vous échappe lors d’un démontage, c’est toujours dans un recoin inaccessible. Version pour les non-bricoleurs : quand une tartine tombe, c’est toujours sur le côté beurré – à moins que vous n’ayez beurré le mauvais côté .

Tibert

(*) En français le “point” Godwin peut aussi se comprendre comme un “bon point” : monsieur Peillon a gagné un point-Godwin. Savoir s’il en fait la collec’ ?

Rions un peu en cette morne grisaille

Les Journées respectives des Femmes, des Grand-Mères et des Perruches du Japon étant maintenant derrière nous, on va pouvoir traiter les vrais sujets, ceux qui comptent. La renaissance du Centre en politique ? ouaaaiiiis… ça me parle… de fait, les Bayrou Borloo et autres pâles Radicaux du Milieu du Mitan sont maintenant quasi derrière nous – je vous fais grâce des arapèdes (*) centristes du PS, les inénarrables Radicaux de Gauche ; place donc au Nouveau Centre.

Mais non, allez, c’est trop sérieux tout ça. Un peu de déconnade, je vous fais une petite récréation, aujourd’hui c’est la Journée des Facéties. Quelques facéties, ce n’est pas pécher, Seigneur… tenez, le Figaro du jour m’a fourni la totalité de mes munitions, c’est donc à coups de citations que ça se joue.

D’abord, sur Johnny “Queue je t’ai-meuh queue je t’ai-meuh” : “La légende du rock français atteint d’un cancer assure être sur scène pour son prochain concert le 10 juin prochain avec Eddy Mitchell et Jacques Dutronc“. Vous entendez ça, il assure être, la légende atteint d’un cancer.

Et puis cette délicieuse accroche à la rubrique Madââme Figaro : “Cinq astuces pour bien conserver ses restes dans le frigo“.  Elle a de beaux restes, madame Figaro. Et c’est nettement plus économique que la crémation ou l’inhumation, surtout avec un frigo réglé bien froid, si possible de classe A++, que je vous recommande chaudement. L’article, toutefois, ne  dit pas comment on s’y prend.

Mais une suggestion vient avec ce dernier article : une intéressante initiative pour décourager les agressions. On sait en effet qu’un rhinocéros du zoo de Thoiry a été tué par des braconniers pour lui scier et subtiliser sa corne, excroissance fort estimée, censée qu’elle est soigner les molles érections cacochymes, une fois broyée, réduite en poudre et incorporée à 0,01 % dans les préparations magiques des grands marabouts. Eh bien, le Figaro nous informe que les zoos français songent à priver préventivement tous leurs rhinocéros de leurs cornes nasales : comme ça personne n’ira la leur piquer, et toc. Rien n’est dit, évidemment – Secret Défense – du trésor de guerre et de turgescence que notre pays va ainsi se constituer.
La voilà la bonne idée : préservons préventivement nos avantages, messieurs, des convoitises coupables de nos compagnes, de nos copines, de nos rencontres, de nos meufs : l’ablation préalable et préventive découragera tout braconnage. Et, tenez, relisez l’article précédent : ça prend sens ! comment conserver vos restes dans le frigo. Parce que, tout de même, ça serait dommage de laisser perdre.

Tibert

(*) UN arapède ! c’est masculin, l’arapède… mais on dit UNE bernique, UNE patelle ; c’est la même bébête, mais ailleurs.

Du 364 contre 1, et le “Ché” en prime

Certains tentent de me couper l’herbe sous le pied, et donc je ne vais pas me laisser tondre la laine sur le dos, enlever le pain de la bouche : c’est mon blog et c’est MOI qui cause de la journée annuelle de la Femme. Non mais… et donc, aujourd’hui, pas de “celles-zé-ceux”, non, mais des “celles”, point-barre (au fait, même le présentateur habituel du 20-heures chez BFM s’y est mis, au “celles-zé-ceux”, ça devient lourd de chez lourd).

Alors, donc, les femmes… le 8 mars, OK. Mais demain, fini, on passe à autre chose, et vivement. Et à l’année prochaine, mesdames. Voilà qui est fait.

Non, après les femmes, je voulais vous signaler, au cas où vous ne l’auriez pas vu, l’intervention de monsieur Chevènement… c’est dans l’Express, et là on vous dit au bout de 8 mots qu’il faut payer pour avoir la suite ; mais le Figaro, sympa, vous donne gratis un extrait suffisant de l’article de l’Express  : merci le Figaro ! Donc le “Ché”, outre son boulot avec les structures de l’Islam en France, regarde ce qui se passe avec les prochaines élections, et en particulier concernant ce qu’on nomme en français le PenelopeGate.

Premio, le secret de l’instruction y est allègrement violé : voir la publication, dimanche dernier dans le Journal du dimanche, des procès verbaux des auditions des différents protagonistes. Deuxièmo : le tempo, je cite  : “L’ancien ministre est inquiet pour l’avenir de la démocratie alors que la justice refuse de s’imposer une trêve électorale“.  En effet, monsieur Fillon est convoqué chez les juges, pour être ou ne pas être mis en examen, le 15 mars : deux jours avant la clôture des dépôts des candidatures… hasard du calendrier, bien entendu.

Et notre Chevènement de poursuivre : “La date de cette convocation est de nature à fausser le fonctionnement normal des institutions et je m’alarme des conséquences que cela pourrait avoir“. Et d’évoquer un glissement vers ce qu’on appelle le gouvernement des juges. C’est simple, il pense comme moi, monsieur Chevènement. Que la Justice soit indépendante des courants politiques, c’est  indispensable ; on voudrait bien en être sûrs. Accessoirement, elle est supposée servir la République, et nous craignons, le “Ché” et moi, qu’elle ne lui rende pas service dans cette affaire.

Tibert

C’est ses, ou c’est ces ?

Délicat débat que celui dont je vais vous entretenir ici – mais non je ne vais pas vous entretenir, je ne fais pas le Revenu Universel façon Primaire Socialiste – et qui vous changera agréablement – et moi z’avec – de cette campagne électorale sinistre, oppressante et   manipulée. Il s’agit de la Charte de la Laïcité qui se met en place dans les administrations ouvertes au public, et notamment les CAF, les Caisses d’Allocations Familiales… louable intention de mettre les choses au carré, de couper court à tous errements, on y précise le cadre du comportement des agents. Je vous cite l’article 6 de cette charte :

Les salariés ne peuvent pas manifester leurs convictions philosophiques, politiques et religieuses. Nul salarié ne peut se prévaloir de ses convictions pour refuser d’accomplir une tâche.”

Voilà… ça paraît clair, non ? exemple, si c’est l’heure de la 3ème prière musulmane et qu’il y a du boulot, on ne déroule pas son petit tapis vers La Mecque, on fait son boulot. Si votre chef, notoirement Front-National alors que vous êtes fervent Benoît-Hamoniste, s’adresse à vous poliment pour vous donner un travail conforme à vos attributions, vous obtempérez au lieu de le traiter de fâchiste… etc etc.

Mais la liste des convictions (“philosophiques, politiques et religieuses“) est-elle limitative ? en d’autres termes, si l’on a d’autres convictions  que ces trois-là, artistiques, syndicales, diététiques, sportives, que sais-je… on ne peut pas refuser une tâche non plus ?  “Nul salarié ne peut se prévaloir de ses convictions pour refuser d’accomplir une tâche.” Alors à quoi bon énoncer d’abord trois catégories de convictions, si dans la phrase qui suit on traite des convictions de l’agent, et non pas de ces trois seules catégories de convictions ?

C’est ainsi que le directeur de la CAF du Bas-Rhin refuse de diffuser et faire appliquer cette charte – et se fait sanctionner ! :  pour lui, il faut écrire “Nul salarié ne peut se prévaloir de ces convictions “(les trois catégories citées auparavant, et elles seules). Car, dit-il, les convictions syndicales, qu’est-ce que vous faites, par exemple, des convictions syndicales, hein ?

C’est sémantiquement bien vu : soit on traite globalement des convictions personnelles, et alors point besoin d’en donner la liste ; soit on en donne une liste, et alors autant que ça serve à quelque chose : c’est de ces convictions –  ces trois-là seulement – qu’il s’agit. Et toc.

Comme quoi – mais  non, ce n’est pas agresser sexuellement des mouches par voie rectale – on peut traiter d’autre chose que des élections présidentielles ! avouez que ça fait du bien.

Tibert

Rosbif et traîtrise

Avant de passer à autre chose : si, supposez que, imaginons que monsieur Fillon sache QUI lui a gentiment fait le croc-en-jambe du Canard Emplumé, donné les infos juteuses et vicieuses qui ont scié, saboté sa campagne… supposez que ce soit dans le camp LR-Centriste que se cache le Judas, l’infâme… que ce soit une Grosse-Légume, ou un sicaire de ladite Grosse-Légume… que ferait-il, le dénommé Fillon ? une réponse possible, pas vraiment la meilleure pour le pays, mais bon, quand on en a gros sur la patate… serait de couler avec le navire, mais de faire en sorte que les traîtres aussi… je ne dis pas que c’est ce qui se passe ; je dis que ça expliquerait qu’il se cramponne, le candidat désigné, alors que ça sent la débandade, que les carottes sarthoises semblent cuites.

C’était notre séquence politique-fiction. Passons à autre chose : je lis dans un canard languedocien hebdomadaire, la Gazette de Montpellier, en gros sur la page de titre : “Futur quartier gare TGV : Et voici Saurel-City ! ” (Saurel, c’est le maire actuel, NDLR).

Notez déjà que cette gare TGV est une grosse conn… ânerie : la gare actuelle est centrale, facile d’accès, très bien desservie : trop bien ! il fallait faire quelque chose… mais bon, tout le monde n’est pas intéressé par une gare bien située et facile d’accès, donc tant pis pour les Montpelliérains, ils se dém… brouilleront pour aller prendre le train à Pétaouchnock, dans une accueillante zone commerciale où fleuriront d’élégants et parallélépipédiques hangars de tôle peinturlurée abritant d’alléchantes et prestigieuses enseignes, la Halle-aux-Grolles, KiFringue, la Foir’Touille, SubHouais, etc.

Par ailleurs, au vu du titre, il devient urgent de rebaptiser toutes les communes de France où figurent les lettres “ville” : on remplace “ville” par “city”, et wouuala ! c’est moderne ! Cityneuve-Les Avignon, Bellecity-sur-Saône, et je vous en passe des paquets comme ça. Il est vrai que “Saurelville” c’est d’un plat, d’un banal… c’est français ! on n’imagine pas qu’un TGV puisse arriver là-dedans.

Tibert

PS – Tiens, et votre compte TF1, qui ne sert à rien mais vous permet de recevoir des tombereaux de pub sur votre boîte de messagerie : “My-TF1“, ça vous a une toute autre gueule que “Mon-TF1“… comme ça, ça le fait !

 

Politique et métaphores sportives

Je ne sais si monsieur Benoît “Burn-out” Hamon est sportif ou pas – il paraît qu’il aime bien le rugby, c’est breton, ça, le rugby – mais il use d’une terminologie qui y fait penser. Tenez, hier à Brest, quasiment le régional de l’étape, au cours d’un meetingue :La France mérite mieux que les affaires“, a-t-il déclaré. On est bien d’accord, ce plat saumâtre que la presse nous sert ad nauseam n’est pas de notre goût, ça ferait plutôt gerber. Mais la France mérite-t-elle un Benoît Hamon ? là j’ai des doutes ! parce que des affaires, ça va ça vient, ça se monte et ça gonfle – ou ça se dégonfle – au gré du théâtre de marionnettes qu’on nous présente ; des affaires il y en a eu, il y en a et il y en aura, il suffit de faire mousser au bon moment. Tandis que cinq ans à  “mériter” monsieur Hamon et son socialisme à la gomme rose-rouge ça pourrait entraîner d’autres dégâts pour ce pays que la nauséabonditude de quelques affaires : “Nuit gravement à la France” pourrait-on écrire sur les paquets de socialisme à la sauce Hamon.

Eh oui… le sport… Il déclarait, monsieur Hamon, il y a quelques jours – je cite de mémoire, c’est ça ou très proche – “qu’il ne voulait pas être celui qui ferait perdre la gauche“. Les élections, c’est comme au tennis ou au ping-pong, il n’y a pas de match nul : on perd ou on gagne… enfin, dans un certain sens, c’est parfois nul ! Mais voilà qui est clairement exprimé : pour Benoît H., dans cette course au pouvoir, ce n’est pas la France – notre pays à tous et de tous bords, on n’en a pas d’autre à se mettre sous les pieds, autant que ce soit vivable, voire, allez, soyons fous, agréable – qu’il faut faire gagner, c’est la gauche qui ne doit pas perdre. Voilà qui en dit long sur les priorités du candidat. Et notre pays ? bof…  son pays, c’est la gauche.

Tibert

Normale sollicitude

Un lecteur du Monde, dans les réactions subséquentes à l’article sur les menaces de la Marine contre les fonctionnaires possiblement partiaux et malveillants à son égard,  nomme fort bien mon ressenti : de mon vivant, jamais campagne électorale ne m’a paru aussi sinistre : nauséabonde ! , écrit-il. Moi je dirais même plus : désespérante, à vous dégoûter d’aller voter. Festival de coups tordus, de crocs-en-jambes, de manifestations déloyales… concours de mocheté, tous bords confondus. Ce pays n’est pas loin d’être foutu, entre clientélisme effréné, complaisance au “multiculturalisme” et chimères sociétales à deux balles, mauvais digest de Proudhon, Marx et Lafargue façon XIX ème siècle.

Au bord de la mêlée, dégagé des empoignades mais encore cap’ de tirer les ficelles, monsieur Hollande prodigue benoîtement de bonnes paroles, au jeune Noir sur son lit d’hôpital, aux fonctionnaires forcément exemplaires, aux Francs-Macs subreptices et bien placés – mais chuuut.

Et… et voilà, comme on dit quand on ne sait plus quoi dire. Et puis bon courage, les gars.

Tibert, très déprimé.