Pourquoi tant de haine ?

Oui, pourquoi certains « verts« , façon couteau « bio » entre les dents, s’acharnent-ils sur les cafetiers, bistrots, tenanciers de rades, canis, troquets et estaminets ? Voilà qu’ils proposent, ayant déjà poussé les fumeurs hors les murs, les ayant rejetés sur les terrasses, d’interdire de chauffer lesdites terrasses autrement qu’avec des couvertures sur les épaules !

Au motif, évidemment, de sauver la Planète : les « parasols » au butane qui éclosent aux premiers froids seraient très gaspilleurs d’énergie. Tout comme les courses de voitures, les embouteillages abominables sur le boulevard St Marcel à Paris, les chauffages centraux, les illuminations sur les avenues, la flamme olympique, le wok… oui, la cuisine au wok devrait être interdite, car c’est un mode de cuisson très énergivore ; préférons-lui la cuisson naturelle du steak sous la selle du vélo, que pratiquaient déjà les Huns d’Attila !

Insistons ici sur deux points :

– une, il est impératif que les couvertures de terrasses soient dûment ignifugées : faute de quoi on ne compterait plus les graves brûlures de fumeurs têtant alternativement leur demi et leur Gitane.

– deux, lesdites couvertures de terrasses ne pourraient en aucun cas être du type « couverture chauffante », autre engin très énergivore ! (*) Ne devraient être agréées que les couvertures de pure laine de mouton de première pression à froid, sans aucun adjuvant, et bien évidemment élevées sous la mère.

(*) on doit se cailler les meules, chez les verts, en hiver…

Oui, madame Schmurtz, vous avez gagné !

On apprend que la CAMIF est en cessation de paiement.

La CAMIF, la coopérative des pédagos, LE catalogue CAMIF… à la dérive. Incroyable, non ? non. Normal, comme la Reboute, qui aurait dû s’en (re)douter.

Régulièrement je recevais des courriers (des « mailings« , en jargon de pub’) de la CAMIF : 8, 10 bouts de papier en vrac, des enveloppes T, des bons, le tout en liasse, vantant une remise extra-super sur les chaussettes en coton, ou une promotion exceptionnelle sur les boutons de porte, ou une baisse des tarifs sur les pages 492 à 495 du catalogue, sauf les articles bzzz bzzz bzzz… etc. Quasi les méthodes de la Reboute ou des 3 Chuiches, sauf peut-être un poil moins de rentre-dedans (« Oui, madame Duval, vous avez gagné cette magnifique montre-cuiller à café en véritable bronze plastifié ! Renvoyez vite votre bon de participation, ne laissez pas passer cette chance unique…« ).

Quand on en vient à ce genre de merdouilleries, c’est que la fin est proche…

Adios CAMIF, comme Dubo-Dubon-Dubonnet, comme « Dop-dop-dop », comme « Chers z’amis, bonjour ! » ; mais sûrement pas « à demain, si vous le voulez bien ».

Stupide système

Le Figaro du matin, chagrin, se lamente sur les malheurs des Hypermarchés : « toujours en berne, malgré les promotions« . Et de nous expliquer qu’ils sont obligés, pour faire face à la montée des Remiseurs Durs (les hardes dix counteurs, si vous préférez) de faire des tonnes de pub’.

Idiot ! Vraiment idiot. Ils n’ont rien compris. On s’en fout des promos, des bons de réduc’, des semaines anniversaire : on veut des prix corrects, quel que soit le jour de l’année.

Pas d’arnaques.

Pas de lots de 4 plus chers que 4 paquets unitaires.

Pas de yaourts à un prix décent à partir de 48 pots, pas moins.

Pas de prix à 19,99 tout pleins de ,99   ,99  ,99

Pas de laitues à 0,89 quand le maraîcher du coin vous les fourgue à 0,20

Pas de tomates de Hollande dégueulasses quand on peut en avoir des correctes à côté avec une marge un poil moins bonne

Pas d’abricots sans goût à 7 euros le kilo, de salades bourrées de flotte, de haricots verts du Chili…

Pas de zizique inutile et abrutissante (chez les Remiseurs Durs, c’est le silence reposant…)

Bref : un de vos confrères spécialisé dans le bricolage annonce : « Des prix bas toute l’année » : je n’ai pas la naïveté de le croire sur parole, mais disons : des prix corrects toute l’année, et au diable vos promos racoleuses.

Et dépensez donc votre budget de pub’ ailleurs : baisser vos prix sur les fruits-et-légumes, par exemple… ça pourrait être utile.

4 %, l'épaisseur du trait

Cent-cinquante-mille euros sur trois virgule neuf millions, c’est  un peu moins de 4%.

Quatre pour cent : supposons que je me fende d’une super-bouffe à 4% de mon salaire annuel, histoire de claquer du fric, histoire de faire sauter des bouchons un peu huppés – Hermitage, Morey-Saint-Denis, que sais-je ? – histoire de faire la fête ?? bon, dans une fourchette de 20.000 à 40.000 euros de salaire annuel, ça donne de 800 à 1.600 euros. Budget assez confortable, non ?

Mais si nous sommes 50 à festoyer, ça ne donne que de 16 à 32 euros par tête de pipe : nettement moins confortable, hein ? remplacez-moi le Corton-Charlemagne par un petit Corbières, ça suffira. Et les truffes en salade, heu… un museau-vinaigrette, c’est pas mal, non ?

Voilà… c’est (mutatis mutandis, comme disait Cicéron) à peu près ce qui est arrivé aux convives d’une bouffe à Monaco, 50 courtiers d’assurances invités par la banque Fortis. Budget : 150.000 euros (3.000 euros par tête). Cent-cinquante-mille euros, soit, aux dires des journaux économiques, 4% du salaire annuel du patron de la boîte. Lui aussi a le droit de casser sa tirelire de temps en temps pour faire la fête, non ? Surtout que sa banque ayant été renflouée et sauvée de la faillite par l’Etat Belge, fallait marquer le coup. Allez, Champagne ! on comprend ça, faut se consoler, pas se laisser gagner par la déprime…

Ah bon ? c’est pas lui qui payait ? c’est passé en frais de boîte ?? ah bon.

Nuit, gravement…

On pourrait, « Pour votre sécurité », généraliser les messages d’avertissement sur les emballages : sur les barres Mars les barres Lion et consorts, les biscuits fourrés au chocolat les sucettes les rochers à la praline les… mais encore :

« Manger gras tue » (sur les paquets de beurre)

Sur les télévisions, en travers des écrans de pub’ : « Nuit gravement à votre Q.I. »

Sur les billets d’avion : « Nuit gravement à la couche d’ozone ».

Sur la plupart des produits marchands : « Nuit gravement à votre pouvoir d’achat » (*)

Et j’écris ça, la nuit, gravement…

(*) passer la TVA des coupe-faim du genre barres chocolatées à 19,6 ? % idiot. C’est un moyen déguisé d’augmenter la TVA tout court. Pourquoi pas les frites, le cassoulet, le confit, le miel, l’huile d’olives, le beurre… très calorique, tout ça !!

Et puis, dans le même esprit « Pour votre santé, attention à l’abus de… », passons donc, en sens inverse, la TVA sur les fruits-z’et-légumes à 2% : les haricots verts du Kenya, importés par avion en février, les fraises du Chili, les mangues de l’Equateur…

Pasletempspasletempspasletemps

Mais si, prenons le temps de rédiger et mettre en ligne un petit billet vite fait, dès potron-miaou. Passons vite fait sur le budget du Sénat, 300 millions d’Euros par an et sur notre dos pour nourrir (très bien) et garder au chaud (bien douillettement) quelques pré-retraités de la politique. Nous avons déjà glosé sur ce sujet.

Donc, disais-je, l’INC, célèbre observateur de notre consommation, se fend, selon notre Figarôt du matin, d’une enquête sur les pratiques douteuses des industriels de l’alimentaire pour nous cacher leurs augmentations de prix (et donc de marge, l’unique objet de leurs préoccupations). Eh bien, nous voilà confortés dans l’opinion que nous avions sur ces fabricants de soupe. Pas flatteur-flatteur, bon, disons… désabusé. La malbouffe et l’arnaque sont souvent au rendez-vous.

Mais v’là t-y pas que, selon le même article, je cite, « Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) se dit «réticent sur la qualité des enquêtes» du magazine de l’INC. D’après lui, «en général, il n’y a augmentation de prix que quand il y a un changement de recette, donc quand il y a une valeur ajoutée au produit.  »

Que voilà une chouette définition de la VALEUR AJOUTEE !! Je vous remplace le bon beurre fermier de ma tante Aglaé par de la margarine à l’huile de palme bien hydrogénée, bien collante dans les artères, bien bouchante des coronaires, bien bon marché, pas chère de chez pas cher, et c’est un changement  de recette : DONC il y a valeur ajoutée !! si si.

Monsieur Buisson, nous n’avons pas les mêmes valeurs (ajoutées).

Discount' bouffe

Je dinais récemment avec ma petite famille dans un resto « vietnamien » (nems, rouleaux de printemps, et l’inévitable combinatoire porc-boeuf-canard-poulet / gingembre-pousses de bambou-germes de soja-aigre-doux-curry-etc…) un soir où la vacuité du frigo, la lassitude des coups de téléphone à Pizza’Vroumvroum nous avaient poussés dans une voiture, direction un restaurant réputé.

J’ai payé 69 euros pour nourrir – inégalement – quatre adultes, le plat le plus cher tournant autour de 14 euros : ni apéritifs ni vin, de l’eau du robinet. Une entrée et un plat chacun, pas de desserts. Rien donc de scandaleux quant au prix, banal.

Mais… si d’autres plats furent appréciés et dégustés avec plaisir, le mien – du cabillaud en sauce épicée et aux « petits légumes » – s’est révélé trop salé, le poisson filandreux et dur, sans saveur, et la sauce se résumant à un brouet sombre, genre fond de veau trop recuit. Qui plus est, aucune garniture consistante n’y figurant, j’avais dû y adjoindre l’incontournable bolderiz, riz d’ailleurs sans aucun intérêt gustatif, juste apte à caler l’estomac et éponger la « sauce » du plat. Mais 2,5 euros de plus.

Alors je me dis : il y a bien des soldes, des promos, des magasins d’usine pour les produits à « courte date de péremption », imparfaits, dépareillés, non suivis, passés de mode, en surstock… et cela dans quasiment tous les domaines du commerce. Des porcelaines, des tapis, des chaussettes, des filets de saumon sous barquettes, des cuisines… de tout.

Mais pas au restaurant. Jamais. Tout au plus voit-on parfois, dans le milieu des « Bouff’vite » en barquettes polystyrène, des promos sur le « triple chiz’beurgueur » ou les « salades tex-mex au haricot rouge », mais jamais jamais dans un restaurant normal.

Il existe en fait, dans cette profession, deux types de pratiques pour écouler en douce les vieux stocks : la première, « je vous recommande tout spécialement nos langoustines, elles sont ultra-fraîches » (faut qu’on s’en débarrasse, ça urge), ou le foie de veau (racorni) poëlé aux agrumes, ou la (vieille) cassolette de saint-jacques ; l’autre technique consistant à inscrire les plats à dégager urgemment au menu prix fixe et sans choix.

Mais imaginons une pratique plus transparente, plus sincère, plus marchande : « aujourd’hui le chef a légèrement trop cuit ses rognons de veau, et vous les propose à 10 euros au lieu de 13 » ; ou « Cabillaud en sauce piquante, petits défauts d’assaisonnement : 8 euros au lieu de 12 » ; « soldes monstres 50 % sur les langoustines encore fraîches mais cotonneuses » : ça, jamais !

Pourtant, des plats loupés, ça arrive, non ? Alors, pourquoi infliger le prix plein pot au client, qui, bien évidemment, va rentrer chez lui dépité et mécontent ? Risquer de le dégoûter de revenir ? Lui donner le sentiment de s’être fait avoir ? Bien évidemment, s’il s’agit d’une gargotte de bord de Nationale qui ne voit jamais revenir la clientèle de passage, ce n’est pas très grave (encore que les guides, forums, échanges de bonnes ou mauvaises adresses, ça existe…), mais pour un resto établi, ayant pignon sur rue dans une ville ?

Baisser les tarif des des plats qui sont boudés, fatigués, loupés… ce serait à la fois honnête et habile. Donc, messieurs les bistrotiers, restaurateurs et cuistots, à quand les soldes ?

PS – ponctuellement, ça se fait, mais en général sous la pression du client. Il me souvient d’avoir même bénéficié de la gratuité totale d’un plat, un jour de juillet dans le quartier Plaka, à Athènes. Ma moussaka se présentait bien, mais, soulevant une strate de légumes et de sauce blanche, j’y avais découvert une grosse mouche noire et velue, morte et cuite. Beurk ! appel au serveur, panique à bord, plat non facturé, bien évidemment, avec proposition de remplacement, mais je n’avais plus faim.

Le CO2 n'est pas assez juteux

J’en ai déjà traité, mais décidément j’y reviens, c’est quasiment un marronnier ce truc :

La supposée citoyenne taxe « bonus-malus » sur les bagnoles neuves n’est, découvré-je ce matin dans le Fig’Web, pas citoyenne du tout, mais juste (mal) calibrée pour nous alléger les poches et le compte en banque, ce dont je me doutais, mais ça avait une bonne gueule au départ…

Récompenser les bons élèves et punir les cancres, quoi de plus pédagogique ? donc on fait mine de gâter les acheteurs de bagnoles peu polluantes. Bien.

Mais v’là-t-y pas que les Français sont trop bons élèves : Ils achètent en masse des bagnoles écolos… trop cool !!! trop, car le gouvernement y est de sa poche.

Alors on tombe le masque : certes les Français sont d’excellents citoyens, mais cette taxe, faut que ça rapporte, pas que ça coûte ! La démarche pédagogique, rien à cirer, c’est juste pour le fric.

Je cite l’article : « Le système de bonus-malus mis en place en début d’année sur les voitures a été mal calibré : il devrait coûter aux alentours de 130 millions d’euros au budget de l’État en 2008. Le gouvernement compte donc abaisser de 130 à 125 grammes de CO2 émis au kilomètre le seuil à partir duquel se déclenche le mécanisme de bonus. »

Clair, non ? plus vous serez attentifs à acheter des voitures écolos, plus on vous serrera le kiki. Vous devez cracher au bassinet, c’est ça la règle. L’écologie, c’est les lendemains qui chantent, la ligne bleue des Vosges, le mirage dans le désert, la carotte de l’âne. Et l’âne, c’est moi, c’est vous.

Con traste

Un Intermarché de Rennes (« In-ter-mar-chééééé… les moustiquaires de la constipation ») passe carrément, nous dit le Figarôt,  aux caisses sans caissiers (caissières, devrait-on dire si la majorité l’emportait). Allez hop, clients, au lieu de vous les rouler en attendant que le caddie soit analysé par l’opérateur salarié du magasin, scannez vous-mêmes, bossez, suez, emmerdez-vous à trouver le code-barre, entrez le code-article de promotion, téléphonez à la caisse quand la boîte de petits pois n’est pas référencée.

On ose espérer que les économies de frais salariaux ainsi réalisées permettront aux Moustiquaires de baisser leurs prix, de devenir plus concurrentiels ? allez, on ose.

De l’autre côté de l’Atlantique, aux States, pendant ce temps-là, les supermarchés ouvrent 24 heures sur 24, ont des caisses tout ce qu’il y a de plus humaines, avec des opérateurs humains, humaines, c’est selon, et il y a très souvent des petits gars qui récupèrent vos marchandises sur le tapis derrière la caisse pour les emballer et vous les ranger dans le caddie.

Deux façons différentes de voir les choses, pas vrai ? chez nous, chômage et RMI, RSA, etc… plutôt que petits boulots de m… eh bien justement, des petits boulots de m…, il n’y en aura bientôt même plus.

Dieu est-il un fumeur de moquette ?

En tous cas, M. Borloo, qui, lui, a dû fumer de la moquette extra-forte, nous annonce que désormais ça doit être possible, si si, on va le faire, de produire des produits (ça redonde ? et alors, on peut produire autre chose que des produits, par exemple un effet, qui est tout sauf un produit ! et toc…) avec moins de 2 tonnes de CO2 par tête de pipe et par an !! Et de nous prédire de nouvelles et futures mirifiques taxes, toutes plus taxantes les unes que les autres, sur les frigos, les télés, les cerises chiliennes, les…

Les sex-toys, hein ? ça serait bon, ça, les sex-toys ? une éco-taxe sur les vibros… les boules… les trucs en silicone carné ? (*) Voyez, j’ai pu étudier le sujet, car, consultant le catalogue de la Redoute (on s’emmerde, sur les plages, outre qu’on y crève de chaud, alors, hein, un catalogue « Papi-Mami » de baignoires pour impotents ou l’indicateur Chaix de 1983, quoi de plus passionnant ?) bref, consultant la page 423 du catalogue qui Redoute, au chapitre de ces zob-jets oblongs et visuellement évocateurs, je constate que, déjà, Bercy, fort branché sur lesdites choses (bien qu’elles soient à piles), nous colle déjà des éco-taxes, et pas rien, ma foi : des 0,50 euro pour le modèle « Paul (**) et Paulina », modèle pourtant évolué sur le plan écologique, car doté de perles intérieures, dixit la fiche technique.

Allez, on y est presque, le futur s’annonce radieux, qui frappe à notre porte :

Un ciel plus pur, des hivers qui ressembleront de nouveau à des hivers, la reprise en masse des glaces du Pôle Nord, la banquise de Vladivostok à Miami, c’est pour bientôt, grâce aux nouvelles taxes écolos sur les vibros.

(*) prononçé à l’auvergnate, en chuintant les « S », ça devient mexicain ! miracle de la technique.

(**) Il s’appelle Paul, mais familièrement, car c’est un boute-en-train, on dit plutôt Popaul…