Péages, meubles jetables et pâte à tartiner

Sombre lundi… le fondateur d’Ikea, le tueur de l’armoire normande de famille (*), vient de mourir, et son cercueil « Billy » ne sera sans doute pas fabriqué en kit avec des panneaux de particules bas de gamme usinés en Chine – et puis une notice de montage à base de croquis. L’inventeur du meuble qu’on jette dès qu’il faut déménager n’ayant désormais plus à déménager, ça lui enlève un souci…

C’est bien dans la nature des produits actuels, IKEA : ça part en cou… en brioche ? on jette, on remplace ! obsolescence programmée du mobilier, en quelque sorte. Mais tenez, Nutella, la pâte à tartiner à la noisette, à l’huile de palme et au sucre bien sucré, que des émeutiers se sont arrachée de haute lutte dans des mêlées sanglantes, pour la revendre 2 euros plus cher le pot sur www.leboncoup.fr : si la vente à perte est interdite, ce pot revient donc au plus à « prix coûtant » à l’enseigne Intermarbré 1,41 € les 950 grammes (soit 1,48 le kilo) ; ils le vendent d’ordinaire 4,70 €, soit une marge de 3,29 / pot, ce qui fait du 230 % de marge : pas mal !  On rejoint là les modes actuels de vente, à base de « coups » ponctuels et pas chers par-ci par-là dans des océans de marges excessives. Une suggestion : pourquoi ne pas proposer toutes l’année des prix basés sur des marges stables et raisonnables ?  – parce qu’on nous prend pour des neu-neus  ! (**)

Autre suggestion stupide : pourquoi ne pas fabriquer des pâtes à tartiner moins nocives pour le consommateur, sans huile de palme et moins sucrées ?

Mais les tarifs des autoroutes non gratuites vont ENCORE augmenter : merci l’état qui a refilé la tirelire aux sociétés privées. Vous me direz, z’avez qu’à prendre les nationales (farcies de ronds-points idiots et de ralentisseurs, de zones 50-30-50-70-30-50-70 etc…) ou les départementales (limitées à 80, que ce soit du large billard rectiligne ou des raidillons étroits et tortueux). Certes… mais la mortalité sur les routes étant ce qu’elle est, et si l’on veut scrogneugneu la faire baisser, il serait judicieux de tarifer les autoroutes assez bas, comme ça les gens les prendraient plus volontiers, et on sauverait des vies, ces vies si précieuses qu’on songe déjà à nous faire rouler au pas – comme si on suivait un corbillard.

Tibert

(*) D’autres tueurs : les promoteurs français qui, nonobstant l’augmentation sensible de la taille moyenne des humains, ont décidé que 2 mètres cinquante de hauteur de plafond ça suffit bien, et tant pis pour ceux qui sont pas contents, ils ont qu’à habiter dans de l’ancien : L’armoire normande y entre sans problème.

(**) Et puis il faut bien que les markéteux justifient leurs salaires et leur inutilité.

7 thoughts on “Péages, meubles jetables et pâte à tartiner”

  1. … « – comme si on suivait un corbillard. »
    Ben j’ai le souvenir des funérailles de ma mère-grand (en 56 ; je venais d’entrer en 6ème…) où tout en tenant les « cordons du poêle » j’avais, dans l’affliction et pedibus cum jambis, suivi le phaëton de ma bonne-maman… (Une « deux chevaux » stricto sensu le corbillard ; avec des plumes sur le crâne – les chevaux, pas moi ! Pov’ bêêêêtes… – comme les bluebell-girls !). Une tradition dont je n’ai jamais bien compris ce qu’elle signifiait, mais qui a complètement disparu à l’heure des crémation avec cercueil à roulettes et accompagnement musical d’ambiance. « Musique d’ameublement », comme disait Eric Satie. Ce qui, l’air de rien, nous ramène à Ikéa… la boucle est bouclée.
    Revenons à nos funérailles intimes : Était-ce pour marquer les derniers liens qui nous unissaient encore avec le défunt que l’on cramponnait ces nobles ficelles ? Si quéqu’un a des lumières, je suis preneur. En attendant, ma seule crainte, c’était que les chevaux ne s’emballassent (si-si, un imparfait du subjonctif !) et que je m’empêtrasse (et de 2, un point pour moi…) les menottes dans les cordons en question : une course de char hollywoodienne façon « Ben Hur », mais en vrai ! Comme le flim n’est sorti qu’en 59, c’était une vision prémonitoire ! et pas plus fier pour ça.
    Bonne maman, elle, s’en foutait.
    Bon, pour ce qui est de Merdula en pot, j’ai déjà donné hier. Mais quand même, un lien avec une réflexion assez bien vue : https://insolentiae.com/la-france-black-blanc-beurre-de-cacahuete-huile-de-palme-et-lintegration-nutella-ledito-de-charles-sannat/
    Bonne journée quand mêêêêêêmeeeuuuhhh !!!
    T.O.

    1. Et merci pour l’insolente recette de pâte à tartiner aux noisettes – Mais il y manque le prix de revient… le chiffre aurait été intéressant.

  2. … J’y ai pensé effectivement au coût de ce « Nutella home-made ». Mais au vu du prix des différents ingrédients, on doit encore y gagner sur le tarif hors-promo. Sauf qu’entre le lait concentré sucré et le chocolat-à-pâtisser, bonjour la glycémie ! Une autre remarque : la vente à perte est interdite en France. Donc, à 1,41 les 950 gr, on fait encore de la marge, ne serait-ce qu’un centime… Et le reste du temps, on se badigeonne les pectoraux à l’huile de palme première pression, chez Ferrégro. Mais ça, vous-même l’aviez déjà noté… Et vous savez quoi ? ben c’est de la roupie de sansonnet (bio…) à côté des Himalaya de pognon dégagés par Caca-Lola et tous ses ersatz ! Tout à l’heure, à Carrouf d’ici, je voyais devant moi à la caisse une mémé hors d’âge (c’est à dire plus vieille que moi…) qui passait deux magnums et un pack hexacannettes* du poison susdit ; et, derrière moi cette fois, un chômeur appointé Paul-en-ploie (sous la charge) qui, quant à lui, en passait TROIS magnums d’un vulgaire fac-simile carroufesque. Ca et l’Aïe-faune, ça viendra bien à bout de notre chère civilisation ! qui pluzet, les deux vont souvent de pair ! Quand je pense que Monsieur Pemrose – ben oui, c’est lui le pharmacien amerloque qui a inventé la formule – l’a cédée quelques années après parce qu’il n’arrivait pas à en vendre, de son décapant à boyaux ! Faut dire, avec un nom pareil… Paraîtrait que pour le punir, au Purgatoire, y devra prendre quatre bains de pieds quotidiens de son truc jusqu’au jugement dernier…
    Et peut-être même après. L’air de rien, la justice divine ça rigole pas, des fois !

    (*) « x 6 », pour faire plus chic.

    1. L’hexacannette ? intéressant. Se peut décliner en quadracannette, dodécacannette, duo-dodécacannette pour les 24 Stella-une fois… le bon vieux pack de 6 en prend un coup.

  3. … Erratum (de Sa Voix) : c’est pas Pemrose le potard qui a inventé « Coco-lala » mais bien John PEMBERTON, pharmacien à Atlanta, en1886. Il a cédé la formule (pour 283 $) parce que la première année, il n’en avait écoulé que… 112 litres. Faut dire qu’à l’époque, la couleur du breuvage était vert caca d’oie… Avant l’introduction sur le marché chinois (1979), on en vendait déjà quotidiennement 214.000.000 (214 millions ! si-si) de bouteilles dans le monde. Ça n’a probablement pas baissé depuis. La recette officielle est conservée en banque en Georgie, derrière une porte blindée de 13,5 tonnes, dans une enveloppe simplement marquée « 7x » ; seules deux personnes au monde – grassement payées ! – en connaissent le secret ; elles se déplacent toujours séparément en voiture blindée… des fois que.
    On est en plein délire américain, quoi. Et après, on s’étonne des « dérapages » de tonton Donald, buizeness’man en chef…
    « In Gold we trust ».

    1. Depuis 1886 il s’est créé des tas de « cola » partout, aussi chargés en gaz carbonique (burp…) et en sucre ou en simili-sucre que l’original, bref tout aussi estimables ou détestables, selon que l’on aime ou pas. Un coup de pub’ à cette occasion pour le Bougnat-colaUn cola local de chez Local., alias Auvergnat-cola, qui en vaut bien d’autres, burp… et sucres y compris.

  4. Mouais. Intéressant. Si on avait le temps, faudrait que je vous raconte comment mon cousin René Labaeye – PDG des limonades « Reina », à Fasches-Thumesnil (59) – a refusé la l’exclusivité de la concession Coco-Lalàààà pour la Belgique et la moitié nord de la France au début des années 60… C’est la seule fois où j’ai entendu mon père le traiter « de roi des cons » : d’habitude, il avait seulement le droit à « con » tout court.
    Ils ont failli se fâchir.
    Il a fini ruiné, avec une petite « aide » du casino de St Amand-les-Eaux (de circonstances…) où il avait dépensé toute sa fortune – considérable – et un emploi de misère dans son usine, qui lui avait été rachetée par « Joker », afin qu’il puisse bénéficier du nb d’annuités nécessaire à l’obtention d’une retraite des cadres complète. Heureusement pour ses innombrables gosses (les « Grandes » familles du Nord, à l’époque…) que sa femme avait imposé le régime de séparation des biens à leur mariage : elle s’en est tirée nettement mieux que lui : elle était milliardaire (en anciens francs, tout de même…)
    Sic Transit Limonadia.

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