Ville-musées

On le sait, ça se dit volontiers dans les milieux bien introduits, les musées de Province sont ringards, pauvres, alignent trois croûtes miteuses et poussiéreuses sur leurs murs. Il n’est de musée que de Paris, très chère. Certes… mais voilà que le Monde, oui, Le Monde, le journal, se plaint que  (c’est le titre de l’article) « les musées de la capitale [ soient ] déconnectés de la vie parisienne » !   Et de se poser – et nous poser – gravement la question « Les musées de la ville de Paris sont-ils adaptés au mode de vie des Parisiens ?  » ah ah… horaires de rombières provinciales – 17 heures : « on feeerme !  »  – , pas de nocturnes sauf par ci par là de temps en temps, sans oublier les grè-grèves chroniques.

Notons toutefois qu’il est un domaine où les musées parisiens se montrent très très parisiens : on y fait la queue tout à loisir !! activité typiquement parigote de la queue : la queue chez le boulanger à 11h 45 – il n’est pas parisien du tout d’aller chercher sa baguette avant 11 heures – , la queue devant le distributeur de billets, devant le cinéma, la queue pour aller s’asseoir dans un resto, la queue pour sortir du métro, la queue aux guichets des musées, avant de se retrouver à une trentaine entassés devant chacun des objets exposés.

Disons-le : Paris monopolise abusivement les musées et leur contenu, au mépris de tout équilibre territorial. Chaque nouveau musée – les Arts Primitifs, la future Maison de l’Histoire – se doit, selon nos Maîtres, d’être situé à Paris ; pas à Lyon, ni à Grenoble, encore moins à Bordeaux, à Rennes… non, bien évidemment à Paris ! On peut certes déplorer que certains musées ne puissent tout simplement pas être parisiens ; par exemple, tenez, ce plouc d’Arthur (Rimbaud) a eu la mauvaise idée de naître et vivre à Charleville-Mézière :  forcément, sa maison natale… à Charleville, eh oui, que voulez-vous.

Bref, pour prolonger l’article du Monde, qui a de bien grosses oeillères : les musées parisiens ne sont pas, de facto, destinés aux seuls Parisiens, mais aussi bien, puisqu’on les y force, aux Provinciaux. Eh oui, il est des Provinciaux qui prennent le train pour aller voir des expos à Paris, le croiriez-vous ? car, contrairement aux chanteurs populaires qui font la tournée des métropoles provinciales, les expos parisiennes, elles, ne se déplacent pas. Remarquez, ça permet de goûter aux délices du métro et des queues très parisiennes, et de se faire jeter des musées à 17h 12.

Tibert

Le café, les cafés

Je suis allé à la pêche aux humeurs matinales sur la Toile, et j’en ai rapporté ça… et ça car la dérive du discours y est limpide, exemplaire, et mérite qu’on l’extraie sous forme cristallisée.

Tenez, le premier lien, qui m’avait été soufflé par une accroche du Figaro « Les Américains (*) n’aiment pas le café parisien« . Ah ? parcourant l’article en question – rédigé en anglais, mais ça ne me rebute pas – je constate qu’il s’agit de la qualité du café : le niveau gustatif du breuvage servi dans les rades de Paname ! pas du tout de la qualité des rades eux-mêmes. Le titre du Figaro est donc en l’occurrence précis et résume bien cet article.

Il se trouve que je suis globalement d’accord avec les Etats-Uniens en question : si le Robusta n’est quasiment plus utilisé, car âcre et peu parfumé, il est vrai qu’à Paris (et ailleurs en France, pour être juste !) les grains sont trop torréfiés, voire brûlés, que la fraîcheur du produit est sujette à caution, que la machine à café débite beaucoup et sans rinçage des porte-filtres, et qu’au final le liquide noirâtre servi tiède ou trop chaud a souvent un goût âcre, voire amer, plat, bref est loin de mériter des éloges.

L’article états-unien signale d’ailleurs plusieurs adresses parisiennes où le divin breuvage est de bonne qualité ; tant mieux ! Notons au passage que ni les tisanes brunes servies là-bas outre-Atlantique au décalitre sous le nom de « coffee »  (aucun goût, de la lavasse) ni les gobelets de carton surdosés  proposés par les Starbucks et autre Coffee Beans ne trouvent grâce à mes yeux. Mais bon, pour être honnête, je dérivais inconsciemment vers l’interprétation suivante : « Les Américains n’aiment pas les cafés parisiens« . Pluriel qui change tout ! il s’agit bien d’autre chose…

Sans que le pluriel soit employé, c’est bien des troquets parisiens, pas du breuvage, qu’il est question dans le second lien que je vous ai indiqué : « Un café à paris – Guide express du café parisien« . Article plaisant, présenté sous forme de BD, et avec lequel je suis pleinement d’accord. Mais on est très loin, là, du goût du café, dont il n’est d’ailleurs pas du tout question.

Café, cafés : dérive du discours – au total, le goût du « petit noir » à 2,80 euros servi sur un minuscule guéridon, avec réticence, en ronchonnant, avec plein de commentaires désobligeants, et sans le verre d’eau plate demandé… quand bien même serait-il délicieux, un pur nectar, ce petit noir, il est quelque part extrêmement désagréable.

Tibert

(*) abus de langage : les Etats-uniens, pas les Américains. Mexicains, Canadiens, Panaméens etc… apprécieront.

On broie du noir

Et d’ailleurs on devrait écrire « on broie du de couleur », car « noir » c’est très très vilain. On dit « de couleur ». De quelle couleur ? ah ben ça, voyez-vous…

Un récent sondage proclame que les Français (sans indication plus fine sur leurs couleurs) sont champions du Monde de pessimisme pour 2011, que ce soit pour l’emploi, l’économie, leur pouvoir d’achat, le montant de leurs impôts, le nombre de leurs points de permis, le nombre de voitures brûlées au 14 juillet, le nombre de Iphone-4 volés dans le métro, et j’en oublie. Plus pessimistes, ça n’est pas rien, que les Afghans, les Irakiens et les Pakistanais !!! pourtant, hein, les Afghans, et surtout les Afghanes sous leur bâche,avec la corruption, les Taliban, les troupes anti-Taliban, les attentats, les champs de pavot, l’ignorantisme crasse, la dèche, il y a de quoi broyer du noir !! ben non, chez nous apparemment c’est pire.

C’est pire. On a le PS… on a Mme Royal et on a Mme Aubry, et M. Hamon, et on se cogne encore M. Ayrault, et parfois M. Lang, voire de temps en temps M. Jospin – coucou le revoilou – avec M. Strauss-Kahn en embuscade. Franchement, il y a de quoi déprimer, non ?

Tibert

Démagogie, fanatisme et Jacobinisme

Hier on m’a resservi un bobard, une rumeur, un hoax, un canular : ILS (ils c’est là-haut, il s’agit de nos Maîtres, ceux qui décident entre autres des augmentations du 1er janvier, jamais des diminutions) étudient l’interdiction « des vieux Diesel et des 4 x 4 » dans les grandes agglomérations. On me rapportait ça, au bord d’une Nationale légèrement enneigée, luisante de sel, de sable et de givre. Et ça menaçait de remettre ça, c’est à dire de neiger de nouveau, et – conduisant ce jour-là un véhicule casher, donc à 2 roues motrices seulement – je me suis dépêché de rentrer chez moi, avant que ça glisse trop. Evidemment, si j’avais disposé d’un 4 x 4 avec 4 pneus « neige », j’aurais été plus serein !

Je me suis donc renseigné, ai repris ces bobards sur la Toile… eh bien, notre NKM de ministre de l’Ecologie, main dans la main avec le célèbre Baupin de la Mairie de Paris (où Polytechnique rejoint Centrale dans le flou et l’irrationnel), semblent en effet étudier la mesure. Madame NKM nous balance ceci : « C’est un enjeu de santé publique : la pollution de l’air diminue l’espérance de vie de 9 mois pour chaque Français« .

Disons-le : démagogie et Jacobinisme. Fanatisme, je ne suis pas sûr, mais si, j’en connais, des verts de chez Vert qui sortent leur couteau pour crever les pneus des 4 x 4. Des qui n’ont jamais affronté les routes hivernales ou les chemins boueux pour sortir de chez eux.

On pourra utilement rappeler ce qui suit aux éminent(e)s diplômé(e)s de Grandes Ecoles qui nous gouvernent :

–  La pollution atmosphérique n’est pas la même rue de Rivoli (Paris 1er) et sur le Causse de Sauveterre, par exemple. Chaque Français n’en ressent pas les effets de la même manière, et les « 9 mois d’espérance de vie » perdus pour « chaque Français« , c’est du pur pipeau, du très très grossier comme image. Parisiens, gardez vos statistiques pour vous.

– Les 4 x 4 ont les mêmes moteurs que les autres bagnoles, le saviez-vous ? ils ont même, la plupart du temps, un mécanisme qui permet d’enclencher au choix 4 roues motrices, ou 2 seulement, si la route est sans difficulté. Certains poussent même, c’est dingue, la provocation jusqu’à disposer d’un filtre à particules (un FAP, comme on dit). En gros et en résumé : ils polluent comme les autres bagnoles modernes, ni plus ni moins, et ils payent aussi les malus écologiques, comme les copains. Leur seul crime ? les 4 roues motrices ne servent à rien rue de Rivoli (Paris 1er), c’est vrai.

– Ne disposant pas d’une flotte de véhicules de fonction, les bouseux ou les mauvais Français qui ont eu l’initiative – malheureuse, disons-le, maladroite, anti-écologique – d’acheter un 4 x 4 pour pouvoir circuler autour de chez eux devront donc aller à pied une fois rendus aux portes des agglomérations. Ils pourront ainsi respirer par exemple, Boulevard St Marcel à Paris (5ème et 13ème) le bon air des embouteillages chroniques, permanents, absurdes des bagnoles 2 x 4 que leur ont concoctés les élus Verts de la capitale, pour le bienfait de leurs poumons et de leur espérance de vie.

Tibert