Histoires de gougnafiers

Une supposition, vous avez des ennuis de chaudière… supposons, hein… ou le meuble de la cuisine a des faiblesses ; ou vos fusibles sautent… tiens, prenons l’exemple du plombier-chauffagiste ; vous vous ruez sur l’annuaire, vous appelez SOS-Au-Secours. Et, supposons toujours, ça fonctionne !  vous avez le bol incroyable, l’insigne honneur de voir débarquer l’homme de l’art  chez vous – vous appréciez, je suppose. Il pose sa caisse à outils, gratte son front sous sa casquette, évalue les dégâts, et vous lance, très colère contenue : « quel est le gougnafier qui vous a fait ce travail-là, mon pauv’ monsieur ? c’est du boulot de sagouin, va falloir tout refaire ! ».

Exactement ce qui arrive à ce pauvre Johnny H ; pile-poil la même histoire. Bon, lui n’a peut-être pas eu à supplier SOS-Au-Secours pour être admis dans le plus select, le plus cher, le plus… hôpital de Beverley Hills, Los Angeles. Il a juste sorti son carnet de chèques. Mais c’est le même scénario :

Il s’est d’abord fait opérer du dos à Paris (forcément, à Paris ! y a que là qu’on s’occupe bien du dos : « Tiens, il a bon dos, Paris ! «  dit le dicton) par le toubi le plus, le toubi qui, le toubi que, bref sûrement très cher.

Et nonobstant, il a mal au dos, derechef, chef ! que faire ? hein ? il se trouve juste, il passait par là, à Beverley Hills, où il allait faire pisser son chien, ou acheter sa baguette, ou… bref, il passe fortuitement à Beverly Hills, et que voit-il ? le signe « Hôpital », là, à Beverley Hills. Et comme il est pas con, il se dit en lui-même, tiens si j’allais leur demander voir, au cas où, on sait jamais.

Bon, ils veulent bien s’occuper de lui, il a l’air sympa, avec sa barbiche, ses cheveux blonds en brosse, ses lunettes noires Optic 2000 et son chéquier… ils lui ouvrent la carcasse là où y a comme un défaut pour regarder les dégâts, et là, exactement comme votre plombier-chauffagiste : « Mmmais c’est pas vrai ! quel est le gougnafier qui vous a fait ça ?  »

Vous croyez que je vous raconte des vannes ? tiens, voyez, tas de sceptiques. C’est pas tout à fait les mêmes termes, ça donne, dans la bouche de monsieur Camus, le Producteur du chanteur (un chanteur, ça se produit, comme des endives ou du CO2) : « On nous a dit que c’était un massacre. Les chirurgiens de Los Angeles ont dit qu’ils étaient outrés ».

Outrés comme votre plombier, qui, lui, ne travaille pas à Beverly Hills. D’ailleurs, vous non plus vous n’y habitez pas, à Beverly Hills.

Tibert

Coupeurs de têtes

Après l’histoire-géo que nos Chefs veulent rendre optionnelle pour les scientifiques – pour calculer une dérivée seconde, pas besoin de savoir où se trouve le mot « zambique », pas vrai ?  – il est question , et le Monde-sur-Toile s’en fait l’écho, de faire la peau à la philo. En fait, rassurons-nous, ce sont des sentiments, des desiderata, des points-de-vue épars, du micro-trottoir, quoi…

Que faut-il en penser ? rien. Je n’en pense pas, plus, rien… en revanche je suis capable de calculer une intégrale par parties, le champ magnétique d’un tore de ferrite parcouru par gnagnagna électron-volt, résistivité, pression osmotique, mais sorti de là : encéphalogramme plat. Mon vocabulaire ? « putain merde féchier » dans un sens, ou toute permutation de ces trois termes, et puis « cool », ou « trop cool » dans l’autre. Au milieu : « bof », « ouais ».

C’est bien suffisant, non ? wouah, l’autre, « et alors, l’histoire des sciences, l’épistémologie… Bachelard, Bertrand Russel contre Göddel… ?  » woua, là l’ bouffon ! d’sa rasse ! niktamèr’ !

Tibert

La grippe A, daube ignée

Eh oui voili voilà, la grippe A (A comme Achun-Henin, ainsi que je vous le révélais récemment)  a étendu son grand manteau sur notre beau pays, sans distinction de classes sociales, de races (oups ! faites excuse, d’ethnies) et de religions. Que le muezzin monte ou pas au minaret quand il y en a un, le curé en chaire (et en noce), l’altitude ne les sauvera pas !  le virus les mettra sur le flanc dès qu’ils redescendront, nonobstant la course-poursuite des vaccinations tardives. Les stylites, à la rigueur, auraient une petite chance de passer à travers ? voire ! de toutes façons, je ne me sens guère de vocation pour le stylisme (la pratique des stylites, c’est le stylisme ?? oui ? vous croyez ?)

Et le Tamiflu, alors ? quoi, le Tamiflu ? y en a pas, de Tamiflu, on le réserve aux VIP, aux cas sévères ! Grippés lambda, restez au chaud, munis de votre masque gratos et de vos anti-fièvre. Les Chinois recommandent d’ailleurs de frotter d’ail l’intérieur dudit masque, comme pour le gratin dauphinois, ça donne bonne haleine et ça tue les microbes. Au moyen-âge on y ajoutait un tampon de vinaigre, mais là ça devient humide et ça pique, c’est désagréable.

C’et ainsi que votre scripteur de blog favori est lui aussi sur le flanc. On l’a attaqué sur son flanc droit, plus exactement, et comme de bien entendu Grouchy n’était pas là, mais ce salaud de Blücher ! caramba !! …

Néanmoins, comme vous pouvez le constater, cette situation, qui lui est préjudiciable, certes, ne se révèle pas pour autant désespérée : il arrive encore à blaguer en bloguant !

Allez, une note d’optimisme pour finir : j’ai plus besoin de me faire vacciner ! je passe mon tour ! chouette économie pour la Sécu.

Tibert

Lutte, juste lutte

L’IB de ce matin titre « Les IUFM en lutte, partout en France ». Cette accroche sent furieusement ses années 70 : la » juste lutte », « lutte critique réforme », « lutte prolétarienne », « lutte ouvrière »… sans oublier la lutte libre, la gréco-romaine, etc.

Comme quoi on ne se refait pas… ceci étant, on voit ainsi les IUFM intronisés, via l’organe officiel des ex-ex-ex-soixantuitards, partie prenante de la glorieuse classe ouvrière : voilà qui modifie quelque peu les schémas poussièreux. Prof’s prolétaires de toutes les académies etc etc.

Au fait :  est-ce La Lutte, la lutte finale ?

Tibert

Far East pas si far

Il est des lieux mythiques, des noms qu’on évoque avec plein d’images cinématographiques dans la tête : aux USA, ce serait Dallas, Fort Alamo, Santa Fe, Los Alamos… le Far West ! yahoo !! eh bien chez nous, c’est tout pareil. Mais pas pareil quand même.

Tenez, vous vous souvenez ? « Brie-Comte-Robeeeeert, ton univers impitoyaaaa-a-bleu… » (sur l’air, justement, de « Daaaaal-las… ») c’était le tube d’un très médiocre show télévisé, il y a quelque lustres.

Et puis ce long poème de la plume de Guy Bedos, « Le tube de l’hiver » (musique : Joe Dassin – « On ira – où tu voudras quand tu voudras – et on s’aimera encore… ») :

« C’était l’hiver.

Oui, je sais, je l’ai déjà dit, mais dans la chanson, comme on s’adresse à des débiles, on répète les trucs plusieurs fois.
C’était l’hiver.
Un hiver comme il n’en existe que dans le Bassin parisien, en banlieue-est, quand on habite Pontault-Combault, allée des Mimosas, aha, et que, la veille, il a fallu se taper le métro jusqu’à la porte de Vincennes, attraper l’autocar conduit par un chauffeur alcoolique qui te fait gicler douze bornes plus loin, en pleine nature..
. » (lisez la suite et le début; c’est mignon tout plein).

Et tout récemment, tiens, cet entrefilet de L’Hibernation : « Opération détroussage sur le RER E« . On y apprend que des bandits de grand chemin arpentent en bande la nuit les trains Paris-Tournan-en-Brie, que les rares honnêtes voyageurs s’y font détrousser, mais qu’heureusement, comme d’habitude, la cavalerie arrive à temps et que 10 jeunes desperados (dont 8 mineurs, eh oui, ça pousse vite, aux âmes bien nées la valeur n’attend pas etc etc…) étaient en garde à vue à Pontault-Combault, justement !

Pontault-Combault, Brie-Comte-Robert, Tournan-en-Brie… villes de légende ! des noms qui claquent ! Le Far East, quoi.

Tibert

Pas bouger !

Je lis ça…

« Les stocks baissent, le prix [du pétrole] est parfait, tout le monde, investisseurs, consommateurs, producteurs, est content », a déclaré aujourd’hui au Caire le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Nouaïmi, chef de file de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). »

Bon ça ! le prix du pétrole est farpait. Jusqu’à cet après-midi, ou ce matin vers 10 h12 heure locale, quand quelques traders sur les marchés du brut à Kuala-Lumpur ou à Rio de Janeiro auront décidé de miser 500 millions de dollars sur Vent-Couvert dans la troisième, ou jusqu’à ce qu’on apprenne, la queue entre les jambes, la colique au ventre, que les chiffres de la relance sur les emprunts obligataires du Moyen-Ontario ne sont pas encourageants.

Alors ça va baisser, ou ça va monter, et ça baisse et ça monte plus que ça baisse, tout autour du prix farpait. C’est con, hein ? On n’y est pour rien, nous. Mais faut faire avec.

Tibert

Juste un p'tit tour

Les media journalistiques et footologues, footophiles, footomanes se lancent aujourd’hui dans de grands développements sur LE fait du jour d’hier : pas l’épidémie de grippe porcine, pas les morts par attentats en Afghanistan, pas… NON ! l’équipe de France (pas « la France », eh ho, ce n’est pas à ce point là) de football ne sera pas tête de série aux championnats du monde d’Afrique du Sud. Et de pleurer ! de se lamenter ! de protester véhémentement : c’est paraît-il, injuste.

Mais, mais (c’est la fête du mouton), c’est à n’en pas douter une très bonne nouvelle ! car de deux choses l’une :

– ou bien cette équipe est très forte, la plus forte, et elle passera tous les obstacles, Argentine Brésil Allemagne Italie et j’en oublie, et bravo ! « on » sera les champions,

– ou bien elle est très médiocre – ce qu‘in petto je ne puis m’empêcher de penser, l’ayant vue ramer lamentablement contre maintes équipes – et les valeureux sportifs – l’essentiel est de participer, n’est-ce-pas – rentreront au bercail juste à la fin des matches de poules, ce qui nous fera de sérieuses économies. On en a bien besoin par les temps qui courent.

Tibert