L'argent des Auvergnats

Les Auvergnats (les vrais, pas ceux de monsieur Hortefeux, mais ceux des Combrailles, du Lioran, de la Limagne, etc…) sont décidément des méfiants et des cabochards. Ils ne veulent absolument pas que la RATP, cette superbe entreprise mondialement connue, bien que parisienne, et que le monde entier nous envie, entre au capital de la SEM (société d’économie mixte) qui jusqu’ici gère et fait rouler les bus et tramways de Clermont-Ferrand, j’ai nommé la T2C, les Transports en Commun de Clermont (… -Ferrand, what else ? ).

Et que viendrait foutre la RATP à Clermont ? heu… son expertise, son ingénierie des réseaux, son expérience, sa… ?? rien d’utile, des tas de villes se passent superbement bien des lumières de la RATP, et les salariés de la T2C l’ont bien perçu. En revanche, comme ils le proclament, ces salariés, de nouveau en grève ces jours-ci, « L’argent public local investi dans la T2C va sortir de l’agglomération pour permettre à la RATP de se développer, c’est ce qui s’est passé dans d’autres villes avec l’arrivée d’opérateurs extérieurs« .

En gros : le fric que les Clermontois dépensent pour leurs transports en commun, ce n’est pas pour financer je ne sais quels machins à Paris.

Pas partageux, les Auvergnats, hein ? remarquez, on les comprend.

Tibert

Lola, Byrrh et les bouts-filtres

Comment marier la le coq à l’âne, le poisson à la bicyclette ?  en écrivant un billet méli-mélo. A dire vrai, je me serais bien contenté des deux premiers termes du titre, car ils sont liés, si si ; mais l’actualité l’exige, il faut que je fasse feu ici et maintenant sur les sophismes et les arguments spécieux des clopeurs, qui se rebellent contre la décision de certaines mairies de réserver des bouts de plage aux non-fumeurs… pas Charleville-Mézière, ni Chateaudun, non, mais La Ciotat, par exemple. Vous en avez marre, vous aussi, des bouts-filtres de cellulose plantés dans le sable, ou flottant au gré des vagues sous votre nez ? moi aussi. Et ce n’est pas parce que les flots marins accueillent aussi les égoûts de la ville et les déchets des plaisanciers que ça excuse les fumeurs qui ne ramassent pas leurs mégots et leurs emballages de cigarettes.

Bon, ça soulage, à défaut d’être constructif.

Mais Lola, Byrrh, Byrrh et Lola ? « Lola », film quelque peu désuet, passé, daté, mais que je l’on savoure comme une gâterie. Le jeu d’Anouk Aimée est malheureusement trop affecté, inutilement mobile, minaudé à l’excès, mais ce cow-boy à Stetson dans sa décapotable américaine blanche sur le front de mer de la Baule, ce grand et blond marin amerloque plus vrai que nature, ce bistrot du Quai de la Fosse – le quai de la fesse – qui sent bon le cahoua à la chaussette réchauffé, comme on savait le faire avant l’irruption des percolateurs italiens, et tous ces lieux nantais dont Jacques Demy se gave visuellement et nous régale – avec une photographie noir / blanc somptueuse ! et pour le panthéon du cinéma, il fallait l’oser, la séquence du ralenti, le marin états-unien en uniforme et bob blanc sur la tête, la gamine en jupe-corolle se tenant par la main, effleurant le sol de la foire aux auto-tamponneuses, au son du prélude numéro 1 du Clavier Bien Tempéré.

Mais Byrrh ? eh oui, Byrrh… les rades nantais et d’ailleurs de l’époque arboraient sur leurs murs, leurs vitrines, et « Lola » nous les montre abondamment, ces affichettes-réclames qui font ou on fait les délices des « je me souviens » façon Perec. Clacquesin, St-Raphaël-Quinquina, l’Arquebuse, Fernet-Branca, chin-chin-Cinzano, Dubo-Dubon-Dubonnet, Cusenier, Guignolet-kirsch, Noilly-Prat… et Byrrh ! Byrrh qui m’a, au fil du film, tarabusté, questionné, qu’est-ce que c’est que ce mot, pourquoi ce nom bizarre pour un vermouth catalan, un vin muté – à base de mistelle, de vin rouge, de plantes aromatiques et d’additifs plus ou moins pharmaceutiques ?

Bref, je vous le livre comme la Toile me l’a appris, ça vaut le coup de mulot : les frères Violet, tenant un commerce de tissus à Thuir (66), ayant concocté une boisson « revigorante » de leur cru, et désireux de lui donner un nom, jetèrent les yeux sur leurs coupons de toile, qui sont tous, paraît-il, référencés par une lettre. L’alignement, l’empilement,  la séquence des étiquettes qu’ils lurent alors donnait BYRRH (pourquoi, nom d’un chien, n’avaient-ils que 5 coupons de tissu ?). Mais le croiriez-vous ? ça leur plut, ou bien ils en avaient marre de chercher, ou plus probablement ils étaient bourrés du fait de leurs multiples dégustations d’échantillons – et Byrrh vint au monde des bistrots. J’ai bien dû en boire une fois dans ma vie.

Tibert

Enigma manhatanienne

On dira ce qu’on voudra, on vit une époque formidable, moderne ! la vitesse grand V, le foulard au vent, tout ça. Tenez : ça n’a rien à voir avec l’affaire Dominique Saint-Klair, rien du tout, mais voilà un exemple probant de la phénoménale vitesse à laquelle notre belle société fonctionne.

Le 14 mai 2011, donc, DSK et ND (appelons-la ND – pas Notre-Dame, n’exagérons pas, mais Nadine Dupont, Nafiss… Dial.., ce que vous voulez, pour préserver le floutage de ses yeux)  se rencontrent au hasard, comme ça, tiens bonjour, pour le meilleur puis pour le pire, dans la suite 06 du 28ème étage de l’hôtel Sofitel – à moins que ce soit la suite 08 du 26ème étage, on s’en fout. Plus moderne que le Sofitel de Manhattan tu meurs, serrures électroniques à carte magnétique, vidéo-surveillance presque partout, sauf là où il faut, enregistrement sur ordinateur de tous les mouvements de portes, ouvertures / fermetures, quelle carte, et à quelle heure… eh bien, mesdames-messieurs, c’est aujourd’hui le 5 juillet, soit environ 50 jours plus tard, que le procureur Cyrus Vance Jr a communiqué les résultats des enregistrements dont je vous cause.

Il a donc fallu environ 7 semaines aux fins limiers, experts de l’informatique, pour bouquiner ce que les ordinateurs du Sofitel avaient dans leurs fichiers : ça devait ressembler à un truc comme ça, une « main courante », comme on dit :

Date / heure / N° de carte / détenue par… (nom-Prénom) / N° de porte / Ouverture-fermeture.

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2011-05-14 / 12:06 / 4287698765 / Nafiss.. D.. / Suite 2806  / Open

2011-05-14 / 12:26 /  4287698765 / Nafiss.. D.. / Suite 2806  / Close

……………………… etc etc……

C’est terriblement complexe, et l’on regrette énormément la mort prématurée des grands génies du déchiffrement, les Champollions des hiéroglyphes, les experts des manuscrits de la Mer Morte, les casseurs de code du calibre d’Alan Turing. Ces phares de l’intuition mathématique nous eûssent appris quelques jours plus tôt, que madame ND était entrée à 12h06 dans la suite 2608, eh oui !

Mais bon, ça y est, on les a déchiffrés, les hiéroglyphes de la main courante du Sofitel de Manhattan. Réjouissons nous, l’enquête va pouvoir avancer.

Tibert

T'as vu monter Carlo ?

Je vous dis pas, ça craint un max en ce moment ! n’allumez pas votre télé, vous allez craquer, déprimer, casser la télécommande, envoyer vos godasses sur la dalle 42 pouces LED super-bright fabriquée à Taiwan : le Tour de France qui repart pour un tour avec la caravane Miko, les motards et les casquettes Ricard, tout ça, monsieur Albert Grimaldi sur son rocher qui se marie en blanc, sans oublier monsieur DSK qu’on va bientôt béatifier.

Le Tour de France – je n’aurai qu’un mot : qu’ils aillent tous au diable, moins on les verra mieux on se portera. Ca fait plus d’un mot ? mais je souhaite éviter les grossièretés, moi, je reste poli.

En revanche, alors là, le cirque monégasque, pffff… je vous ai déjà livré mon sentiment sur la question : toutes ces guignolades, le chef cuistot qui s’est fait naturaliser autochtone, la nageuse protestante – comment peut-on protester quand on nage, nager quand on proteste ? – qui se convertit au catholicisme, religion d’état à Monaco !  la princesse Trucmuche qui écrase une larme, le journaleux Stéphane EnBerne qui nous débite du Zitrône pontifical sur les fastes montécarliens… si ce n’était que la télé, hélas, mais le Figues-à-rôts bien évidemment, c’est dans son registre prout-prout-carnet mondain, et le Monde, ce canard qui fut exigeant, sobre et plutôt objectif, et que je te tartine par le menu le repas de noces, la longueur de la traîne de la mariée, la liste des invités, des bagnoles bourrées de gaz à effet de serre… hop, un coup de GIGN, de GIPN, de commando parachutiste façon Kolwezi, et au diable cet état d’opérette, cette verrue complaisante dans la République, ce Hong-Kong pour exonérés d’impôts.

Enfin, pour monsier DSK, je le savais, j’en étais sûr ! ça se voyait à sa tête que c’était un brave type, pas macho pour deux ronds. C’est quand même un Socialiste ! et puis, c’était pas crédible… une femme de ménage, guinéenne, qui mesure 1 mètre quatre-vingt, ça se force pas comme ça à la turlute, à la gâterie… ça peut mordre assez sévèrement, laisser des empreintes mutilantes, définitives, décisives, d’incisives.

Tibert

Allo Grouchy ? ouais c'est moi… putain, t'es où là ?

Le Figues-à-rôts du jour nous le demande gravement, dans un de ces sondages débiles (ou « ses » sondages, ça le fait aussi, mais toujours débiles ) dont il est coutumier, nous questionne, nous interpelle, et c’est à nous de cliquer urgemment du mulot là oùsqu’y faut :

 » Faut-il interdire les smartphones dans les salles d’examen ? – Oui – Non   »

Vu que ça fait des siècles que les potaches, les étudiants et les candidats aux concours divers et variés passent des examens sans le moindre smartphone, et que jusqu’à présent ils y sont parvenus, je ne vois vraiment pas où est la valeur ajoutée d’un smartphone à rester allumé ou posé sur la table d’un candidat. Ou plutôt, je vois très bien où est la valeur ajoutée.

Donc : allez hop, le « super-mobile », le « cellulaire-d-enfer », au fond du cartable, éteint, bien évidemment. Si on a une petite faiblesse, une baisse de tension, une pâmoison, il sera toujours temps de le rallumer, d’appeler les pompiers.

Tibert

Les cousses de l'amour

Mais non, voyons, c’est un contrepet idiot : il s’agit des cours de la mousse ! la mousse, le demi de bière est annoncé à la hausse, le saviez-vous ? non ? eh bien vous le savez désormais, et je vous encourage vivement à foncer vite fait au plus proche magasin SuperMegaFantasticDiscount pour y emplir un ou deux caddies de packs de bière, et à en stocker dans votre baignoire. Vous avez sûrement, dans votre sagesse, empilé 500 paquets de café sous votre escalier – le café flambe, ça va être hors de prix le petit noir – mais vous trouverez bien une petite place, je vous fais confiance.

Au passage, remarquons que le « demi » n’est qu’un quart, car les limonadiers s’y entendent à nous faire prendre des dés à coudre pour des barriques, et encore faut-il vérifier que le liquide servi atteint le trait fatidique des 25 cl sur la paroi du verre : avec combien de bistrotiers me suis-je fâché pour cause de niveau trop bas ! Il est pourtant de notoriété publique que 25 cl c’est vraiment le minimum vital pour s’humecter le gosier, et nos voisins du Nord de l’Europe,  où pourtant il fait moins chaud, y vont, eux, de 33, 40, voire 50 cl, ce qui commence à être correct, décent, bref de taille humaine.

Il fut un temps – vers l’an 2.000 – où la mousse au comptoir atteignait ses 11-12 francs. En salle, ou en terrasse, alors là c’était hors de prix, vous pensez bien que le serveur avait à vous facturer l’usure de ses semelles, car vous n’êtes même pas cap’ de prendre vous même le verre sur le zinc pour aller vous installer à un guéridon – chez les Rosbifs ça se fait, ils ne sont pas si feignasses, mais ici en France, le consommateur est très très statique : soit il se pose au comptoir, soit il s’installe en salle, mais  jamais il ne passera de l’un à l’autre, il se ferait gronder très sévèrement.

Désormais ça tourne entre 2,50 – 3 euros le demi au comptoir, ce qui nous aurait fait 16 à 20 balles au temps du franc, eh oui. Attendez-vous donc à y aller de vos 3 euros minimum, et bien plus si affinités.

C’est la faute à la sécheresse, bien évidemment, et si on n’avait pas eu la sécheresse on aurait eu les sauterelles, ou la tempête, ou la guerre en Lybie, ou le tsunami au Japon, ou la faible pollinisation des haricots, mais de toutes façons il y a une excellente raison pour que les cours montent. Et pour qu’ils baissent ? il n’existe pas d’excellente raison.

Enfin, ajoutons-y le fait que les Français ont oublié que l’Euro est divisé en dixièmes d’euro, voire, le croiriez-vous, en centièmes d’euro ! Donc on compte chez nous comme ça : 1 euro, 2 euros, 3 euros… jamais 1,25 ou 3,40 ou 2,70. Evidemment ça manque de nuance, vous admettrez.

Bon, en conclusion, je m’en vais paraphraser  la célèbre répartie du regretté Philippe Noiret, Ripou de cinéma, au bougnat qui lui proposait un cigare… « Vous prendrez bien une petite mousse ? – pourquoi, petite ?  »

Tibert

Encore un Co

Tiens, on s’indigne, on se fout en rogne, on en reste révoltés, de tous ces voyages ministériels en « jet » privé, en « jet »-taxi, et surtout pas en « jet » de ligne : ça NOUS coûte les yeux de la tête, c’est une ruine pour la république et un bras d’honneur aux principes démocratiques. Bon, on en a causé abondamment, vous êtes bien d’accord avec moi, n’est-ce-pas ?

Eh bien, après le co-voiturage, le co-lunching, le co-piloting, le co-cooning, le co-ce que vous voudrez-ing, j’ai le plaisir de vous annoncer le coJetage ! Le quoi ? ben quoi, cliquez sur le mulot le lien là à gauche, ah je vous jure ! le gras en rouge là… ma parole, à quoi ça sert que je me décarcasse ? Bon, ça y est ? le coJetage !! c’est pas pour vous, c’est encore un peu cher ; c’est pour que vous le répétiez à la concierge du sous-secrétaire du ministre, qui le répètera etc, etc, et finalement les ministres vont savoir que ça existe, le coJetage. L’efficacité, le luxe et le non-promiscuitieux du jet privé, sans les révélations du Canard enchaîné ! le top, quoi.

Tenez, y a un coJetage vers Figari : alors, les ministres, inscrivez-vous, y a encore de la place. Pour quoi y foutre, à Figari ? je sais pas, moi, inaugurez un truc culturel, posez la première pierre d’une gendarmerie pas encore plastiquée, visitez une classe maternelle, ce sera toujours moins cher que la défense de la grande barrière de corail aux Seychelles.

Tibert

Marie-Mado la gaffeuse

J’aurais voulu vous entretenir, au fil de ce billet – le billet comme ruisseau, quelle fraîcheur dans l’image ! – de cette phrase prononcée, paraît-il, par Jésus le nazaréen lors de sa rencontre – pas fortuite du tout à mon avis – avec Marie-Madeleine, la disciple numéro 13, la groupie des groupies, le surlendemain du jour fatal où on lui passa l’arme à gauche de fort pénible façon. Récapitulons : le vendredi c’était la mise à mort, on met au tombeau vite fait because ça va être shabbat, et le dimanche matin, nous y voilà : Marie-Mado, venue terminer le boulot, constate que la tombe est vide. Ma parole, je rêve, j’hallucine, et elle se met donc à la recherche du corps inexplicablement  disparu. Elle aperçoit donc un type à quelque distance – à cette heure matinale, un dimanche, dans un cimetière, vous avouerez que c’est louche – qu’elle prend pour le jardinier !! n’importe quoi… il faut dire qu’avec des gants fourrés en synthétique, un sécateur, un bleu de chauffe et une brouette, ça prête à confusion.

Au fait, que foutait Jésus avec un sécateur et une brouette à cet endroit-là et à ce moment-là ? les évangiles sont tous quatre muets sur ce point. Je me perds donc en conjectures, mais on peut légitimement supposer que Jésus, au lendemain du shabbat, avait décidé de désherber les allées du cimetière, constatant que les employés municipaux avaient, premio, laissé tous leurs outils en plan, deuxio, bâclé le boulot, ah ces fonctionnaires territoriaux, je vous dis pas ! bref, plutôt que de se faire ch… à attendre le chaland – un chaland dans un cimetière, c’est vachement rare – Jésus se dérouillait les muscles en jardinant. Pourquoi pas, hein ? Notons juste qu’il ne devait pas s’y connaître beaucoup, moi j’aurais plutôt utilisé une binette qu’un sécateur. Mais bon.

Mais la confusion ne dure pas, Marie-Madeleine le « remet » enfin, comme on dit chez moi, et lui, fâché et vexé, terriblement déçu qu’elle ne l’ait pas reconnu du premier coup d’oeil, de lui lancer : bas les pattes, vade retro (en hébreu ou en araméen, je ne sais plus), « ne me touche pas ! ». En latin, au cas où il aurait connu cette langue, ça aurait donné « noli me tangere ! ». Et toc. C’est du tutoiement, ça, en latin : ils se tutoyaient, Jésus et Marie-Mado. Va te faire cuire un oeuf, Marie-Mado, t’es même pas fichue, depuis qu’on se connaît – même qu’un romancier états-unien et vicelard ira prétendre plus tard que toi et moi on vivait à la colle – t’es même pas fichue de me reconnaître… ah les nanas, je vous jure  !

Bon, et alors ? et alors, c’est tout. Je trouve cette phrase superbe : noli me tangere. C’est joli, non ? même s’il l’a dit en hébreu.

Un dernier point : c’est le solstice, à partir de demain le soleil va se montrer de plus en plus feignasse : moi ça me fiche le bourdon tous les ans. Pas vous ?

Tibert

Mon Dieu que c'est confus !

Mes professeurs successifs, tant de lettres que de maths ou de philo, insistaient à juste titre sur la nécessite de clarté dans le propos, dans la démarche intellectuelle. Certains y ajoutaient l’exigence de légèreté, d’élégance. Mais bon, l’élégance, ça vient loin derrière les qualités premières : clarté, lisibilité, cohérence. L’élégance, c’est la cerise sur le propos.

Ils avaient bien raison, et je vais donc essayer d’être clair – clair sur le thème que voici, thème lancinant tant il est rebattu, et tiens, encore hier soir, dans le Monde : « Plus de 30.000 fonctionnaires non remplacés l’année prochaine« . Certains lecteurs y vont bien sûr de leurs anathèmes ou de leurs lamentations : « …ils accélèrent l’équarrissage de la fonction publique pour en privatiser des pans entiers« . La fin des haricots, la détresse, quoi… l’équarissage, vous voyez.

Ces protestations relèvent de la croyance dur comme fer dans l’absolu parallélisme entre Service Public et Fonction Publique. Eh non, ces deux concepts ne sont pas liés rigidement ! la Fonction Publique est au service du public : oui, je veux, et je paye pour ça, et vous aussi. Mais un Service Public n’est pas nécessairement assuré par un salarié de l’état, non. Pourquoi faudrait-il que la piqoûse intraveineuse sur le patient Paul Dutibiah à l’hôpital Dupuytren de Mézidon-sur-Bièvre soit assurée par un agent de l’Etat ? C’est une fonction d’Etat, infirmière ? alors que foutent-elles / ils, toutes celles-z’et-ceux qui bossent dans les cliniques privées ? ils se sont trompés de porte ?

Il est parfaitement possible de réduire le nombre de fonctionnaires tout en maintenant un service public de qualité : en passant des contrats avec des entreprises privées, qui feront le boulot aussi bien – dans la mesure, évidemment, où elles seront contrôlées, évaluées, récompensées, sanctionnées, mises en concurrence.

J’en profite ici – permettez moi de donner mon sentiment tout personnel – pour insister sur le maintien de services publics de qualité dans ce pays. Si si, j’y suis sincèrement attaché,  même si ça coûte. Mais pas forcément assurés par des agents de l’Etat, vous voyez ? la mise en concurrence, ça a du bon. L’émulation, tout ça…

A contrario, un exemple des chouettes résultats de la logique tout-étatique : du temps de feue la RDA, même les types qui concevaient les bagnoles socialistes, et ceux qui les construisaient, étaient fonctionnaires – d’ailleurs tout le monde bossait, ou ne foutait rien, c’est selon, pour l’Etat : ça a donné la superbe, l’inoubliable Trabant, 3 ans de file d’attente pour en avoir une, et en plus elle fumait bleu. Et ça a donné aussi la Stasi, pour empêcher de nuire ceux qui doutaient de l’excellence de la Trabant.

Allez, c’est tout pour aujourd’hui.

Tibert

Du Pakistan et de la Chine

Du Pakistan d’abord : Libé-ration quotidienne nous conte une belle histoire de ce beau pays. Un homme, un musulman, comme 99,78 % des Pakistanais, soupçonnant les fils de sa voisine d’avoir abusé de son épouse et de l’avoir mise enceinte en son absence – en sa présence, ç’aurait été plus ludique, et de l’ordre de la vie privée – a,  aidé de ses frères, agressé cette voisine : « Ils l’ont traînée hors de sa maison, ont déchiré ses vêtements et l’ont forcée à marcher nue dans la rue », écrit Libé.

Commentaire d’un lecteur abonné à Libé (pas-abonnés, vos commentaires, vous pouvez vous les garder pour vous, ça n’intéresse personne) : « cette histoire paraît être invraisemblable selon les coutumes de l’islam. En l’espèce, il est impensable que des musulmans croyants intentent quoique ce soit contre une mère de garçons. »

Nous voilà rassurés, c’est sûrement une histoire bidon, car l’Islam est bien bon qui protège les mères de garçons – quant aux mères incapables de procréer au moins un mâle, ces salopes, ces connes, allez hop, à poil dans la rue, ça leur apprendra.  « Y », le spermato… Y, c’est pourtant simple, non ? (*)

Tout autre chose à présent. On sait, ou pas, que nos députés viennent de  rejeter une proposition socialiste visant à légaliser le mariage homosexuel. Bon, on est pour ou contre, ça se discute – droits et égalité des citoyens d’un côté, lois de la nature et structure familiale de l’autre – mais tout de même, ça interroge quelque part. Il est patent que le mariage, depuis quelques décennies, en a pris un coup sur la cafetière : on ne se marie plus guère, et si on se marie on divorce pas mal, on se Pacse à la grande rigueur, on se met à la colle, on concubine notoirement, on se fait un bout d’essai dans la vie, et ça fonctionne très bien comme ça. Mais non, certains homos, et les socialistes avec eux, forcément – c’est même une de leurs priorités pour 2012, si jamais ils gagnaient les élections, c’est su-per-important – veulent mordicus qu’on se marie homo.

C’est un proverbe chinois qui dit en quelque sorte : le mariage est une forteresse assiégée ; ceux qui sont dehors veulent à toute force y entrer, ceux qui sont dedans cherchent désespérément à en sortir.

Tibert

(*) au fait, vu qu’y a pas de lettre latine dans l’alphabet arabe, comment qu’y font avec les chromosomes X et Y de chez nous ?