Aujourd'hui, rien

Mais heureusement, l’avenir s’annonce plus prometteur, car “demain, on rase gratis !” : cette citation est l’équivalent textuel de la fameuse image de l’âne tirant une cariole, à la poursuite de la carotte que le conducteur de ladite cariole a suspendue devant ses yeux au moyen d’un dispositif ad hoc, généralement une ficelle attachée au bout d’un bâton – mais ce pourrait ête un filin déroulé depuis un hélicoptère, ce qui en ferait la carotte la plus chère de toute l’histoire de l’aviation.

J’écris ça, et je réalise que “demain on rase gratis” est une carotte pour mâles, voyez-vous : à part la femme à barbe, quelle individue de la gente féminine pourrait trouver quelque intérêt à se faire raser gratos ? hein ? encore une preuve du sexisme intolérable des coiffeurs et barbiers de tous poils. Ou plutôt de tout poil, plus correct syntaxiquement, sinon orthographiquement.

Et tiens, à propos de syntaxe correcte, je visionnais récemment, il y a peu, ce n’est pas vieux, une video mise en ligne par Libé-sur-Toile ( il reste encore quelques bribes de matière rédactionnelle gratuite, donc consultable sans payer d’abonnement, dépêchez-vous). Tenez, c’est ici.

C’est une espèce de salmigondis de phrases aigres-douces ou carrément agressives, échangées entre “politiques” et badauds, journalistes, militants etc. Certains appellent ça un bestoffe, terme bourratif et indigeste pour signifier morceaux choisis, florilège, sélection, extraits juteux… on y voit et entend donc messieurs ou mesdames Mélenchon, Hollande, Copé, Le Pen, Sarkozy… se faire apostropher, et répondre. Et j’ai des doutes concernant le dialogue tendu entre madame Le Pen et une journaleuse, laquelle selon toute apparence la traite de “raciste”. Madame Le Pen répond sèchement, menaçante : “raciste ? vous pouvez le répéter une deuxième fois ?

Voilà : si la journaleuse a dit 2 fois “raciste“, ou à la rigueur bégayé, madame Le Pen a bon : il s’agit bien de “répéter une deuxième fois“. En revanche, si l’apostropheuse a dit une seule fois “raciste” – ce qui, à écouter la bande sonore, n’est pas discernable – madame Le Pen a syntaxiquement tort : elle aurait dû répondre “vous pouvez le dire une deuxième fois ?” ou, mieux et plus bref – bref, moins long – “vous pouvez le répéter ? ” , et là, là, d’accord, j’opinerais du bonnet, j’approuverais – syntaxiquement, s’entend, mon propos se borne à cela.

Vous voyez comme ça va la vie ? la dérive de la pensée ? on est là à s’exciter sur une hypothétique gratuité des prestations des barbiers pour la journée de demain, on évitera donc de se raser aujourd’hui pour pouvoir bénéficier pleinement de cette offre promettteuse, et l’on finit par se demander si une journaleuse – de gauche, forcément de gauche, c’est quasi pléonasmique – a traité madame Le Pen de “raciste” une seule fois, ou deux, pour enfoncer le clou. Des fois qu’on aurait mal entendu.

Tibert, perplexe

Le Porduvoual

Une connerie, avec un K majuscule.

Nos grands communicants – les politiciens, évidemment, “Les Françaises z’et les Français gnagnagna” –  mais aussi les journaleux (et les journaleuses, y a pas de raison), tous autant qu’ils sont, y vont lourdement, à pieds joints, comme un seul homme : tenez, dans le dernier Huffington, Corinne Lepage et Bouchera Azzouz, à propos du fameux rapport Tuot : ” … des signaux extrêmement dangereux qui sont envoyés, comme la suppression de l’interdiction du port de voile à l’école “: C’est faux, et malfaisant.

C’est faux : la loi en question interdit TOUS les signes religieux ostentatoires. Evidemment les islamisants prosélytes ont monté en épingle le refus du port du foulard islamique, et lui seul : ça les arrange de se poser en victimes exclusives. Mais la croix ostensible, la kippa ou le turban sikh (forcément ostensibles), etc, sont aussi interdits.

Car cette loi, c’est une loi anti TOUS les signes religieux ostentatoires à l’école ; c’est une loi de laïcité, pas une loi anti-islam. Une loi anti {Calotte, judaïsme, islam, etc…} à l’école, pas à la maison – à la maison chacun fait ce qu’il veut.

C’est simple : mesdames Lepage et Azzouz agitent bêtement et à tort un chiffon rouge mal orienté. Et elles sont loin d’être seules, tant cette lecture islamo-centrique de la loi se banalise, dangereusement.

Tibert

Kss Kss multifonctionnel

Superbe cacophonie que nous offrent les ministères, et leur chef d’orchestre avec.

Un jour on voit le Sous-Chef Ayrault ( le Chef François, lui, est sur l’équateur ou aux environs)  serrer chaleureusement la pogne d’un superbe Rapporteur en Chef, monsieur Thierry Tuot, qui lui remet solennellement, comme son nom l’indique, un magnifique Rapport (“sur la refondation des politiques d’intégration”) : sourires, aimableries, vue plongeante sur le beau document, du moins sur la couverture. La presse était convoquée et a pu immortaliser l’instant, des photos, des videos, bref la presse a fait son boulot. Chouette, un beau rapport, un de plus.

Depuis, c’est le diable, ce rapport. Boulets rouges sur le rapport… rapport que, je le rappelle, vous pouvez télécharger sur le site du Premier Ministre, et ailleurs, tenez, ici (bon courage pour la lecture, c’est onctueux à souhait, bien beurré, aucune aspérité, un vrai suppositoire…) Mais là-haut on prend ses distances, on récuse, on tient ça à bout de bras, au bout des doigts, éventuellement en se bouchant le nez… vous y comprenez quelque chose, vous ?

Parce que, avons-nous appris, 10 ministères y ont participé, à ce rapport, 250 personnes : ce n’est pas un travail solitaire pondu par un solitaire hurluberlu à multiples casquettes, qui, ne dormant, paraît-il, qu’un peu moins de quatre heures par nuit, comme tous les Supermen, a beaucoup de temps libre chaque matin avant d’aller nourrir ses ch’vaux et ses chiens et puis de partir au boulot, musette sur l’épaule – sa boîte est au Palais Royal, à Paris, il prend le train, forcément, il habite en banlieue… et il rentre très très tard chez lui le soir, ses heures il ne les compte pas, fourbu mais content (*).

Non, c’est un travail collectif, moult personnes y ont participé, un truc de grosse surface. Et l’on découvre en décembre que c’est de la bouillie pour les chats ? que c’est juste une petite étude de pas grand-chose, qui n’engage personne ?

Pour le naïf que je suis, ça sent la provoc’ à plein nez. La manoeuvre est classique et a été utilisée sous Tonton : on braque le citoyen normal, le Gaulois républicain, il se dit que la-haut ils sont tous tombés sur la tête, et on le pousse ainsi dans les bras du FN, le parti-repoussoir. Et hop, ce sera autant de moins pour  la Droite modérée, les Copé, Bayrou, Borloo etc. Bref on émiette l’électorat de droite en vue des Municipales.

Remarquez, ça peut être une manoeuvre encore plus tordue que ça : on a aussi appris avant-hier que le chantier de terrassement de l’Ayraultport, à Notre-Dame-Des-Landes, avait débuté, allait débuter, bref, ça repart. L’aéroport le plus idiot du 21ème siècle, et ruineux avec ça, sauf pour le bétonneur, évidemment. Et, faute de mettre des grosses chaussettes aux chenilles et des silencieux aux pots d’échappement des engins de chantier, il est bon, n’et-ce-pas, de détourner l’atttention du bon peuple.

Tibert

(*) détails tirés de l’hagiographie de monsieur Tuot par Libé. Libé aime boucoup monsieur Tuot. Pensez, il va à la gare en Fiat Panda, et pas fier, avec ça.

Apprenez à sous-traiter, zut quoi…

Madame F. Fressoz, journaleuse au “Monde”, qui ne cache pas son aversion pour la Droite politique (en l’espèce, les UMP), nous régale d’un article de fond : “La droite (sans majuscule, non mais !) malade de l’impôt“.

On y apprendra que, tout bien pesé, la droite est aussi nulle que la gauche (sans majuscule, y a pas de raison) pour gérer correctement les milliards qu’ils ou elles nous ponctionnent. La thèse de madame Fressoz tient debout, et j’abonderais bien volontiers et sans réserve dans son sens, si elle avait le bon goût de vitupérer idem la gauche, hélas aussi mal inspirée, aussi piteuse, aussi timorée, aussi négligente – bien que se basant sur des principes assez différents.

Lecteur estimé, et lectrice itou, lisez donc ce “papier” fressozien, et dans la foulée allez voir le courrier des lecteurs, assez fourni et instructif – revenez ensuite sur mon blog, ça va sans dire.

Un lecteur (appelons-le Y) à X, autre lecteur : “Pourquoi le contribuable devrait il financer autre chose que la police, la justice, l’armée et la diplomatie ?

Réponse de X  à Y : “Parce qu’il y a des biens communs dépassant ces simples domaines régaliens et qui nécessitent au minimum une présence du public pour garantir la prise en compte de l’intérêt général.

Voilà, tout est dit ! et rien n’est dit. Car “X” a bien raison, la liste de “Y” est incomplète ; il est des “biens communs”, des fonctions non régaliennes, qui méritent que nous y contribuions, au moins en les finançant. Citons, au hasard, l’adduction en eau potable, le ramassage des ordures, la Poste-peau de-chagrin, le système de Santé… mais hélas, “X” répond à côté de la plaque : il faut une “présence du public”, certes, mais ça se sous-traite très très bien, ça se délègue (*), nul besoin de stipendier de ruineux fonctionnaires pour faire fonctionner ces “biens communs” non-régaliens. Les services administratifs d’une Mairie, par exemple, seraient parfaitement tenus par d’humbles salariés “ordinaires”, et il n’est pas nécessaire, et surtout pas efficace, d’entretenir des cohortes surabondantes de fonctionnaires territoriaux dont le statut aux petits oignons et la retraite de la même eau sont une ruine et une insulte aux principes d’égalité.

Tenez, les yeux fermés, entre la piqûre intraveineuse que vous inflige une infirmière de clinique privée et celle que vous administre une infirmière de la fonction publique hospitalière, vous sentez, vous, le patient, une différence ? la différence, vous la sentirez, notamment, sur ce que va vous coûter la pension de retraite de l’infirmière “publique”.

Si l’Etat était une boîte privée, il y a longtemps qu’il aurait réduit la voilure (ses effectifs, ses coûts), ou déposé le bilan ! mais voilà, plutôt que de se remettre en question, il lui est plus simple et plus facile de nous presser le citron, et tant qu’il y aura du jus…

Tibert

(*) La plupart des grosses entreprises proposent une cantine à leurs salariés ; la bouffe n’étant pas leur tasse de thé, leur “coeur de métier”, elles sous-traitent ça à des gens qui savent le faire. Et, corrélativement, elles contrôlent que ça se passe bien. Tandis que dans les cuisines centrales des grandes villes, les cantines scolaires, on se paye – avec nos impôts – des fonctionnaires territoriaux.

Vite une bâche !

Huffington, version gauloise, se plante dans ses guillemets. En l’occurrence, il s’agit du titre d’un article – une chronique, en fait, de monsieur Birenbaum, qui a, semble-t-il, la plume d’un rouscailleur, pourfendeur, redresseur, etc. Tenez, voyez : “Birenbaum bashe le “sondage” épouvantable de Midi-Libre sur les Roms“. Les guillemets, c’est autour de bashe qu’ils devraient être, pas sur “sondage“, qui est un terme on ne peut plus normal, correct. Au reste, un sondage sur 3027 individus, c’est tout à fait crédible, représentatif, pour employer le terme ad hoc ; ça n’a pas besoin de guillemets. Précisons : dans l’esprit de monsieur Birenbaum, ce ne sont pas seulement les résultats du sondage qui sont choquants, c’est le fait même d’avoir conçu et réalisé un tel sondage.

“Bashe”, en revanche, c’est de l’anglais 100 % pur Rosbif (ça signifie à peu près “cogne sur”), et qui tente mine de rien de se faire passer pour du français. On aurait pu écrire “critique”, “éreinte”, “enfonce”, “démolit”, etc, il y a plein de termes possibles. Tenez : “Birenbaum vitupère le sondage épouvantable…“, ça fonctionne très bien, et dans notre belle langue, ma chère.

Mais pour le fond : on en revient, cher Huffingtonne, non à la “bashe”, mais à la bâche : ce sondage, si l’on comprend bien la juste pensée de monsieur Birenbaum, il aurait fallu le cacher, tant il est vilain-pas beau. Evidemment si les lecteurs du Midi-Libre avaient à 75 % été choqués par les déclarations désobligeantes du maire de Roquebrune-sur-Argens à propos des Roms, il aurait été judicieux de monter ça en épingle. Mais les résultats, aussi abominables soient-ils, sont pourtant instructifs ! et comment les obtenir, ces pourcentages instructifs, sinon en sondant ?

C’est finalement assez simple ; que je vous explique : vous faites un sondage… si le résultat en est convenable, correct, bien orienté, propre sur lui, digne du PS, de la LICRA et du MRAP, plein de bons sentiments et de charité chrétienne, vous le publiez ; dans le cas contraire, vous le planquez sous le tapis. C’est comme ça qu’on doit faire l’information… la bonne, évidemment.

Tibert

Verts copinages

Le groupe politique “vert” français le plus influent (Europe-Ecologie-Les-Verts, rien que ça ; en plus court, EELV) a congressé ce houiquinde, congressé et élu. Elu un successeur, ou une successeure, comme vous voulez, pour succéder, justement, à un monsieur Durand, Pascal. Monsieur Durand, après 16 mois à ce poste de Chef écolo, a souhaité passer la main : il est vrai qu’il s’est illustré récemment par un ultimatum au gouvernement, ultimatum (ultime-atome ?) qui a fait “plouf” : le Premier Ministre en tremble encore !  😉  Mais passons… on a donc élu, à la suite de monsieur Durand, et difficilement, madame Cosse, Emmanuelle, Conseillère Régionale d’Ile-de-France, compagne à la ville de monsieur Baupin, Denis, député écolo de Paris, et “proche de Cécile Duflot”, selon les avis autorisés. Cécile Duflot, elle-même ex-chef du parti en question, et qui fut compagne de monsieur Jean-Vincent Placé, sénateur écolo.

C’est une grande famille, les Verts – du moins le cénacle des Chefs. Le monde y est petit, et si ça continue il va y avoir des malformations congénitales, dûes, non au maïs transgénique ou aux radiations ionisantes, mais à la consanguinité. On pourrait également se lancer à la suite de Dany Cohn-Bendit, qui parlait du clan dirigeant comme des “Thénardier de l’écologie” : moi ça m’évoque la dynastie Ceaucescu.

Tibert

BB, comme Bulletin Blanc

BB est de retour, et c’est pour la bonne cause.  “Et mes fesses, tu aimes mes fesses ?” lui faisait dire Godard, et oui, on les aimait, et on aimait l’entendre faire semblant de se soucier du sentiment de Michel Piccoli sur ses fesses. Au fond, elle connaissait la réponse, mais bon…

Mais tout ça ne nous rajeunit pas.

Ici c’est le nouvel avatar BB-esque, le Bayrou-Borloo ou le Borloo-Bayrou, bref le Bayloo, le Borroux, comme il vous plaira, qui joue BB dans “le mépris des électeurs“. Voilà-t-y pas que BB se soucie de la reconnaissance des votes blancs et nuls dès les municipales, en Mars 2014 donc. Mais hélas, le PS traîne les pieds, y a pas le feu, on a bien le temps, aux Européennes de Mai, peut-être ? fauuut voooir…

Eh oui, le vote “blanc” (je ne mets rien dans la petite enveloppe bleue) ou “nul” (je biffe les noms, je mets des insultes, j’écris rageusement “Non au cumul des mandats”, je mets 2 bulletins, etc…) compte encore pour du beurre. C’est dégueulasse : l’électeur se déplace, fait son devoir, donc – mais bernique, il aurait aussi bien pu aller à la pêche, on lui fait, à lui aussi, le coup du mépris. Evidemment qu’il faut les comptabiliser, les votes blancs-nuls, c’est la moindre des choses en démocratie, et l’on veut encore temporiser, repousser cette juste initiative aux calendes hellènes ?

Il y a des raisons à ce soudain coup de gueule de notre duo BB centriste – pas forcément vertueuses, les raisons ! tenez, c’est simple : si sur 1000 inscrits – duel droite-gauche, le grand classique éculé de chez nous – vous avez 300 votes réguliers à gauche, 280 à droite, 80 “blanc-nul”, et donc 340 abstentions…

Aujourd’hui :

Gauche : 300 / 580 = 51,7 % ; Droite, 48,3 % : le candidat de gauche est élu au premier tour.

Si on compte les blancs-nuls, ce qui est bien normal :

Gauche : 300 / 660 = 45,5 % ; Droite : 42,5 % ; blanc-nul : 12 %. Il y aura un second tour… et ça peut tout changer.

Il est clair que notre Bayloo, ou Borroux, comme vous voudrez, a fait son calcul. Il s’attend à des “triangulaires”, il les espère, et bien évidemment c’est pour ça qu’il s’aperçoit, en 2013, d’une anomalie qui dure depuis 1945. Mais bon, vieux motard que jamais, pas vrai ?

Tibert

De quoi se montrer septique…

Le Fig’haro du matin-matin publie une vibrante profession de candidature aux Municipales 2014 de monsieur Gaudin, 74 ans aux châtaignes. Lisez ça, mes amis, c’est beau comme un discours d’homme politique. L’avenir est radieux et l’adversaire calamiteux, etc etc. Lui et son équipe en ont déjà fait beaucoup pour les Marseillais, si si, mais attendez de voir, vous n’avez encore rien vu…

Justement, après ce publi-reportage Gaudinien, allez donc jeter un cil  au courrier des lecteurs qui suit l’article : l’un des conseillers municipaux UMP de l’actuel Gaudin, monsieur G. Chenoz,  y apporte sa pierre vigoureuse à la prose auto-laudative et à la profession de candidature du maire :”Si changement il doit y avoir, c’est sur l’accélération de tous ces projets qui font de notre ville une vrai capitale du Sud. (*) Et en ce qui concerne les interrogations (peu élégantes d’ailleurs) sur son âge, je conseille aux septiques (c’est moi qui souligne, NDLR) de venir passer une journée entière avec lui” (…et vous verrez comme il est dynamique, un monstre de travail, etc etc).

Hélas, ce serait bien volontiers mais notre emploi du temps ne nous permet pas d’aller passer une journée entière avec monsieur Gaudin, nous sommes très pris actuellement. Une autre fois peut-être ?

Hélas aussi, le correcteur orthographique du Figaro s’est montré incapable de rectifier un amusant dérapage sémantique ; il aurait fallu un “renifleur orthographique de contexte” pour choisir entre septique (qui produit de la putréfaction) et sceptique (qui doute), et s’agissant de politique marseillaise…

Mais revenons à l’essentiel : monsieur Gaudin, après 18 annnées et 3 mandats de mairie, en voudrait un quatrième. Et pas un mot, dans sa déclaration, sur son statut de sénateur : il est aussi sénateur, eh oui, et avec quelle énergie, paraît-il, et ce depuis 1989 ; et il va pourtant devoir choisir, qui sait, entre sénateur jusqu’en 2017 (78 ans) ou maire jusqu’en 2020 (81 ans) – si du moins Normal-Premier finit par arriver à mettre en route l’interdiction du cumul des mandats, serpent de mer de la moralisation de la vie publique, chimère de la démocratie à la gauloise.

Ce qui serait élégant, justement, cher Maire des Marseillais et… [longue liste de fonctions], ce serait de passer la main, de permettre aux jeunes de faire leurs preuves, de ne pas obstruer le futur, de ne pas se cramponner à ses hochets. Ce qui serait élégant – et normal, sans majuscule – ce serait de ne pas se moquer des électeurs en leur faisant croire qu’on bosse à 100 % pour les Marseillais, alors qu’on est évidemment ailleurs, et souvent, et qu’on  NE PEUT PAS bosser à 100 % pour les Marseillais avec un agenda de cumulard, de président de ceci et de vice-président de cela.

Au fait, ça ferait aussi UN chômeur de moins. C’est peu, je sais, mais par les temps qui courent…

Tibert

(*) (NDLR : On notera que des “capitales du Sud”, il y en a de tous les goûts, du Caire à Tripoli en passant par Athènes et Naples.

Attention au bris de glace

C’est encore un jeu de mots laid, excusez.

Je lisais hier, fort intéressé, les chiffres d’un sondage sur l’éventuel retour de madame Aubry, Martine, aux affaires ministérielles. Vous n’êtes pas sans savoir (donc vous savez, mais ça fait plus plat, moins savant dit comme ça) que le tout-Paris bruit de bruits sur l’impopularité record du couple Président-Ministre en Chef ; et comme il est exclu de déboulonner le premier, fort régulièrement élu jusqu’en 2017 – putain, 3 ans et demi !), l’autre, en revanche, eh bien… un petit remaniement, rafraîchissement, revampingrelooking peut-être ? certes, mais qui ? hein, qui ?

Eh bien, le sondage dont je vous cause, là, établit que, je cite : a) “A l’heure où les appels au remaniement et au changement de cap se multiplient, 78 % des sympathisants de gauche disent souhaiter voir Martine Aubry nommée ministre“.

Notez, c’est “ministre” tout court, hein, pas “Premier ministre”. Septante-huit pour cent, c’est boucoup : presque 4 sur 5.

Et plus loin, on lit : b) “Seuls 32 % des Français souhaitent la voir intégrer le gouvernement“. Et alors ? et alors…

Problème – c’est là où je voulais en venir : étant donné les assertions a) et b), en déduire le pourcentage de sympathisants de gauche parmi les Français. Vous avez une heure. Une rustique et bête règle de 3 nous le donne aussi sec en 5 secondes : 32 / 78 x 100 = 41. Quarante-et-un Français sur cent sont des “sympathisants de gauche”, selon le sondage dont je vous entretiens. On en déduit immédiatement que les 59 autres ne le sont pas, sympathisants de gauche. Score final : 59-41.

Question deux (encore plus difficile) : calculer la proportion de ces 59 autres, pas de gauche, donc, qui souhaitent voir madame Aubry reprendre un maroquin (*).

Si  78 Français “de gauche” sur 100 sont favorables à madame Aubry, ça fait 78 x 0,41 = 32 Français sur 100 à un poil près ; il reste donc 41 – 32 = 9 Français qui, “de gauche”, ne peuvent cependant pas encaisser l’actuelle maire de Lille, on les comprend.

Et comme par hasard, sur 100 Français, 32 sont “pour” madame Aubry ministre : ben, les voilà, ils sont tous là ! conclusion : sur les 59 % de Français “pas de gauche”, pas un seul ne souhaite voir madame Aubry retrouver un ministère. C’est plus qu’un large consensus, c’est l’unanimité.

Deux notes pour finir :

– Quelle cohérence, quelle communion anti-Aubry chez les gens “pas de gauche” !

– C’est chouette les maths, non ?

Tibert

(*) Un maroquin, pas un Marocain. Et pourquoi faire, un maroquin ? parce qu’un ministre sans maroquin, c’est comme un baiser sans moustache.

11 11 18, la faute à qui ?

Les abrutis qui ont décrété que l’armistice de la Grande Guerre serait sonné à 11 heures le 11 du 11ème mois, plutôt que l’avant-veille au soir par exemple, ont probablement permis à quelques poilus de plus de crever pour rien. Remarquez, 1.500.412 ou 1.500.413 ça ne fait pas lourd de différence, c’est l’épaisseur du trait, comme on dit. Et tant pis pour l’épaisseur du trait.

C’était la faute à Bismark et à la déculottée de 1871, la faute à Sedan, Badinguet, l’Alsace-Lorraine kidnappées, etc. Faut-il commémorer cela ? oui, certes, pour redire que ce fut, le  11 11 18, la fin officielle d’une infâme boucherie plutôt que le constat d’une victoire après 4 ans et plus de massacres et d’Europe tourneboulée.

Certains, hier, ont voulu profiter de ces commémorations pour vilipender, siffler etc… le volontaire désigné qui était venu là, c’était son boulot, pour rappeler ces faits d’Histoire, qui était venu en bagnole, en haut des Champs-Eysées et en costard-cravate, solennel et compassé, nous demander de nous rappeler – de ne pas oublier, en fait. Ils ont eu tort, c’était une faute de goût, qui ne fait absolument pas avancer le débat ; pire, ils étaient hors sujet.

Mais ce dont il faut se souvenir, c’est que les gars d’en face, ceux aux casques pointus, en avaient bavé abondamment, eux aussi, et pour les mêmes raisons ; qu’ils en avaient autant marre que nos poilus, de cette hécatombe, et qu’au total ils ne l’avaient pas tellement perdue que ça, cette guerre.

Ce dont il faut absolument se souvenir, surtout, c’est que les politiciens ne furent absolument pas à la hauteur de leur tâche dans les négociations de paix qui ont suivi ; qu’ils ont commis une connerie majeure en élaborant le Traité de Versailles de 1919 ; que désigner l’Allemagne comme seule responsable des dégâts, lui infliger une telle humiliation et des réparations aussi énormes était d’une grande petitesse, d’un consternant manque de clairvoyance. Monsieur Clémenceau, en particulier, qui pourtant sut imposer un armistice “assez tôt” plutôt que la poursuite d’une victoire totale jusqu’à Berlin (*), par son acharnement à faire payer et agenouiller l’Allemagne, a été l’un des géniteurs, si l’on peut dire, de l’Adolf H. qui prit le pouvoir dans les années 30 à Berlin, etc etc.

Il faut dire que Clémenceau, en 1871, avait 30  ans : il l’avait vécue auparavant, lui, l’humiliation de la défaite  – à Versailles, justement – et, hélas, caramba, il la voulait, sa revanche ; éclatante, la revanche. Il l’a eue ; on connaît la suite…

La grande leçon du 11 11 18 à 11 heures ? c’est qu’il ne faut jamais confier naïvement, aveuglément, son destin à des politiciens, aussi photogéniques soient-ils, et quelle que soit l’élégance de leur moustache.

Tibert

(*) La droite française le surnomma même, en ces circonstances, le “Perd la victoire”… voir Wikipedia et consorts, si ça vous branche.