( Un procès s’annonce, nous dit Le Monde : celui d’une épouse de (plusieurs) (*) militants djihadistes, mère de cinq mômes, revenue finalement, avec ses moutards, des camps de détention de Syrie et d’Irak. Elle doit rendre des comptes pour ses errements au service d’une entreprise extrémiste et criminelle. Si le distingué canard monte cette histoire en épingle, c’est que Camille F. , F comme “vous n’aurez pas son nom” , n’est pas une de ces vies cabossées, prêtes à des dérives lamentables, mais, au départ, une bourgeoise instruite, musicienne accomplie (la flûte traversière), et promise à une excellente carrière scientifique. Elle rencontre le premier homme de sa vie, Sylvain M., nettement moins lisse. Et puis patatras, “catholique croyant, mais non pratiquant, le jeune couple décide un jour de se convertir à l’islam, lui parce qu’il cherche un cadre, elle davantage attirée par la spiritualité” .
Tiens, si on se convertissais à l’Islam ? se disent-ils. Ah oui, bonne idée, ça ferait un cadre… et puis c’est spirituel, l’Islam… Voilà les excellentes raisons qui motivent le parcours du couple de Camille F. et Sylvain M. pour changer de religion, pour troquer un délire structuré pour un autre. Ont-ils seulement consulté le numéro spécial exclusif “Comparatif Croyances” de la revue “Le Bon Choix” ? les pour, les contre, les contraintes, les interdits, les régimes alimentaires, les gains possibles (offre paradisiaque, qualité des béatitudes, conditions d’accès…) ? les carrières, les coûts induits ? lui c’est le cadre, il veut un cadre. Elle, elle en tient pour de la spiritualité, on voit très bien le truc, c’est une femme… et là, coup de chance, ils ont trouvé un cadre, bien cadré, ET une spiritualité correcte.
Dans un autre article, le même canard nous compte par le menu les furtifs et coupables dispositifs d’un certain “Navy Kéo” pour photographier / filmer les femmes dans les toilettes – les toilettes du Collège de France, pas n’importe quelles tinettes ! Faux détecteur de fumée, caméras bricolées, et des tas de clichés de fesses… il a fini par se faire pincer, après moult signalements, signalements sans suites, allez comprendre. Ce type, donc, nommé bien clair dans l’article, prénom-et-nom.
Le Parigot, lui, nous conte une affreuse histoire de viols répétés sur une femme, dont on donne l’identité, la ville de résidence, avec une photo du pavillon du violeur. On y apprend que la malheureuse a subi, pendant des années, les sévices sexuels de “Cyrille H.” et de son père “Jean-Jacques H.” , l’instigateur. On ne saura pas qui sont les “H.” père et fils ; quelle curiosité malsaine ! et puis, la présomption d’innocence, non mais…
Bref, quelle est la règle ? on donne ici le nom, là rien, ou juste une initiale, ailleurs on change le prénom… selon la vitesse du vent entre les barreaux de la chaise, l’humeur du moment, les fluctuations du brent sur le marché de Toronto. J’aimerais comprendre la logique de la chose.
Tibert
(*) Nuance : si la femme de djihadiste peut avoir plusieurs maris successifs – le précédent ayant fait défaut -, le mâle, lui, peut en avoir plusieurs, simultanément. Les mâles, hein, c’est quand même aut’ chose !
