Les cousses de l'amour

Mais non, voyons, c’est un contrepet idiot : il s’agit des cours de la mousse ! la mousse, le demi de bière est annoncé à la hausse, le saviez-vous ? non ? eh bien vous le savez désormais, et je vous encourage vivement à foncer vite fait au plus proche magasin SuperMegaFantasticDiscount pour y emplir un ou deux caddies de packs de bière, et à en stocker dans votre baignoire. Vous avez sûrement, dans votre sagesse, empilé 500 paquets de café sous votre escalier – le café flambe, ça va être hors de prix le petit noir – mais vous trouverez bien une petite place, je vous fais confiance.

Au passage, remarquons que le « demi » n’est qu’un quart, car les limonadiers s’y entendent à nous faire prendre des dés à coudre pour des barriques, et encore faut-il vérifier que le liquide servi atteint le trait fatidique des 25 cl sur la paroi du verre : avec combien de bistrotiers me suis-je fâché pour cause de niveau trop bas ! Il est pourtant de notoriété publique que 25 cl c’est vraiment le minimum vital pour s’humecter le gosier, et nos voisins du Nord de l’Europe,  où pourtant il fait moins chaud, y vont, eux, de 33, 40, voire 50 cl, ce qui commence à être correct, décent, bref de taille humaine.

Il fut un temps – vers l’an 2.000 – où la mousse au comptoir atteignait ses 11-12 francs. En salle, ou en terrasse, alors là c’était hors de prix, vous pensez bien que le serveur avait à vous facturer l’usure de ses semelles, car vous n’êtes même pas cap’ de prendre vous même le verre sur le zinc pour aller vous installer à un guéridon – chez les Rosbifs ça se fait, ils ne sont pas si feignasses, mais ici en France, le consommateur est très très statique : soit il se pose au comptoir, soit il s’installe en salle, mais  jamais il ne passera de l’un à l’autre, il se ferait gronder très sévèrement.

Désormais ça tourne entre 2,50 – 3 euros le demi au comptoir, ce qui nous aurait fait 16 à 20 balles au temps du franc, eh oui. Attendez-vous donc à y aller de vos 3 euros minimum, et bien plus si affinités.

C’est la faute à la sécheresse, bien évidemment, et si on n’avait pas eu la sécheresse on aurait eu les sauterelles, ou la tempête, ou la guerre en Lybie, ou le tsunami au Japon, ou la faible pollinisation des haricots, mais de toutes façons il y a une excellente raison pour que les cours montent. Et pour qu’ils baissent ? il n’existe pas d’excellente raison.

Enfin, ajoutons-y le fait que les Français ont oublié que l’Euro est divisé en dixièmes d’euro, voire, le croiriez-vous, en centièmes d’euro ! Donc on compte chez nous comme ça : 1 euro, 2 euros, 3 euros… jamais 1,25 ou 3,40 ou 2,70. Evidemment ça manque de nuance, vous admettrez.

Bon, en conclusion, je m’en vais paraphraser  la célèbre répartie du regretté Philippe Noiret, Ripou de cinéma, au bougnat qui lui proposait un cigare… « Vous prendrez bien une petite mousse ? – pourquoi, petite ?  »

Tibert

One thought on “Les cousses de l'amour”

  1. Allez, faut pas se plaindre, elle est à six dollars de l’autre côté de l’Atlantique (à moins d’un petit tour au Québec…)

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