Pas si deserto que ça

« Vox clamantis in deserto » : le mec qui s’époumone pour rien, la voix qui crie dans le désert. Je pensais que c’était moi. J’écris en effet depuis un certain temps que les métiers manuels ne sont pas considérés à leur juste valeur, que plombier menuisier boulanger couvreur… bref tous ces métiers à CAP sous-payés et mal vus ont de l’avenir, pas de chômage, et que ça vaut bien, et même largement mieux que caissière ou shampouineuse ou gratte-papier ou intellectuel au RMI.

Eh bien il y en a qui s’en sont rendu compte. Lisez ce chouette – et détaillé – article du Monde. Des plombiers X, voilà ce qui se profile (énoncé de maths : « Soit X un plombier… ») … alors nous pouvons espérer échapper sous peu au plombier polonais, qui, lui, n’aura évidemment pas fait Polytechnique.

Ah, la plomberie, être son propre patron… « ma peuti-t’entreupris’ / connaît pas la crise ! »

Et puis ce soir je n’en écrirai pas plus ; le blogueur fou – le bogueur flou – est fatigué :  sono stanco, estoy cansado, I am tired, ich bin müde, e pluribus unum.

Bonneu nouit, les peutits.

A deuuumain, si vous le voulez bien.

La nausée

Encore ! direz-vous. Ce titre a déjà été utilisé. Je sais.

Non, une gastro-entérite du feu de dieux (au pluriel, il semblerait qu’il y en ait plusieurs, des dieux, ça se bouscule, et les groupies de chacun n’arrivent pas à se mettre d’accord) me cloue de douleur. Mais aussi cette brève de l’Hibernation comme quoi la banque Merryl Lynch, juste avant de se faire racheter et de mettre la clé sous la porte, a versé des primes plus que confortables à 700 de ses cadres.  Pour un total de 3,6 milliards de dollars de « primes », sans doute pour les féliciter d’avoir coulé la boîte. La nausée, la gerbe, quoi. C’est pas grave, c’est le contribuable Etats-unien qui arrose.

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Autre chose : la LGV ; ce n’est pas une nouvelle secte d’extrême-gauche (quoique, une de plus une de moins…) mais la future Ligne Grande Vitesse qui devrait desservir par train la ville de Nice, d’ici 2020. Il manque un terme à cette LGV, objecterez-vous : l’autre bout, c’est quoi ? question inutile, voire ridicule, c’est forcément Paris, que croyez-vous ? ça n’intéresse personne de relier Nice à Bordeaux, ou Clermont-Ferrand, ou Turin. Non, Paris, évidemment. Bien évidemment. Quelle question idiote.

Mais avec cette LGV, Nice serait à environ 4 heures de train de la gare de Lyon, Paris XIIème. Permettez-moi une remarque encore plus stupide : quand le train a besoin de 4 heures, c’est que c’est trop long. Au bout de 3 heures, on en a marre, les mots croisés sont finis, on a jeté le Sudoku, on décroise et recroise les jambes, on s’emmerde. Moi je n’y irais pas, à Nice, en train, sachant qu’il faudrait 4 heures. Je prendrais l’avion, mon couillon. Sauf que les tarifs en avion vers Nice sont artificiellement chers, bicôse la Côte d’Azur, ça se mérite, mimosas, corso fleuri, pour les Happy Few, sélection par le fric, etc.

Donc c’est très simple : les 11 milliards du projet LGV, on peut les utiliser bien mieux, sans défigurer les tableaux de Cézanne ni la gare St Charles – y a qu’à les ventiler en 3 parts :

– une part pour avoir enfin une desserte digne de ce nom entre Orly et Paris-centre : les systèmes actuels sont nuls. Un truc direct, en réseau ferré, en 15 minutes, sans correspondance(*), en 2015, ça doit pouvoir se faire, non ?

– une part pour faire un procès à Air France pour discrimination sur les prix des billets, et aussi pour, évidemment, prendre un chouïa en charge les surcoûts de cette ligne prétendûment coûteuse.

– Le reste pour moi, évidemment. Merryl Lynch m’a donné de bonnes idées.

(*) … et sans grèves, évidemment. Ca c’est plus difficile ; mais, me direz-vous, en LGV, c’est aussi difficile.

(**) 55 minutes Paris-Montparnasse – Le Mans, 35 minutes Paris-Denfert – Orly Ouest ! Voyez le problème…

La grosse tête

Encore à propos des Chtis, et cette fois ce n’est pas triste, mais juste dommage.

L’acteur / scénariste Dany Boon, une des deux figures majeures – avec Kad Merad – du film « Bienvenue chez les Chtis », qui a eu le succès phénoménal que l’on sait, se propose de boycotter la cérémonie des Cesars.  La cérémonie des Césars, on s’en fout, avec ses « nominés », nos minets en pingouins et et nos minettes en décolletés assez profonds pour qu’on puisse y plonger. Mais ceci dit, ce que dit M. Boon c’est en gros (vous pouvez vérifier) qu’avec un tel succès d’audience son film mérite mieux que des miettes de compressions de chez César.

Si maintenant la qualité d’une oeuvre se mesure au volume de son chiffre d’affaires, alors Visconti Bresson Bergman et Renoir (le fils) sont des nuls…

Par ailleurs, si « Les chtis » se laisse voir avec plaisir, sans ennui, on ne peut pas se taper sur les cuisses en criant au génie. Scénario gentillet, convenu (on les suppose affreux sales et méchants, on les découvre tendres et très vivables), dialogues moyens – on a droit à des épisodes carrément didactiques, le parler « chti » nécessitant des développements circonstanciés, par exemple sur la locution « j’vous dirai quoi », – et de bons acteurs, avec quelques jolies trouvailles, comme la séquence de mise en scène et en condition pour la tendre épouse dans le vieux Bergues, ou le tête-à-tête de la future belle-doche et de sa future bru à travers un guichet de poste. Pas de quoi classer Les Chtis parmi les oeuvres majeures du 7ème art.

Disons-le tout de même : ce succès énorme mérite une mention spéciale, et nos patentés sociologues devraient se pencher là-dessus : pourquoi ce retentissement ? où est le truc ? les talents de carillonneur de Boon n’expliquent pas tout.

Le mot le plus long

Ce n’est pas un jeu malin, c’est un jeu de con : trouver le mot le plus long là où court serait bien plus efficace, et précis. Mais on est mauvais, on s’entête bêtement et on en redemande.

L’hibernation de ce matin titre « 58 millions de Français possèdent un téléphone portable« . Le chiffre importe peu ; il signifie que plein de bébés areu-areu dans leur berceau, plein de mamies dans leur fauteuil à relevage électrique pianotent nerveusement sur les touches de leur téléfonino, de leur cellphone, de leur mobile, de leur celular, de leur handy. Mais par chez nous, les journalistes, d’habitude si prompts à tronquer, à raccourcir, abusivement même, en sont à nous sortir du « téléphone portable ».

Evidemment, si les ordinateurs portables (les « portables », en un mot, les vrais) n’existaient pas, le mot « portable » serait libre ; mais c’est ainsi, la place est prise, donc, par l’ordinateur (portable), qui a lui aussi son utilité, vous en conviendrez. Donc… ce petit machin qui sert à se décrisper les doigts dans le métro, ou à annoncer à toute la rame du TGV qu’on est dans le TGV : c’est un mobile.

Bon sang, mais c’est bien sûr !

Vive la purge

On dit dans le Libé (ration) du matin-chagrin que les agents immobiliers soupirent, font le gros dos, espèrent des jours meilleurs. Tenez, si vous en voulez une bouffée, lisez ça.

Mais ce que ne disent pas nos amis de Libé, et ça vaut la peine de le dire, donc de l’écrire – verba volent, scripta blablabla – c’est que nos chers – le mot n’est pas là par hasard – agents immobiliers se sucrent immodérément, et si la crise les met sur le flanc, ce sera bien fait, en quelque sorte. Il faut savoir que la moyenne des commissions des agences, sur une vente, tourne à 6 %, quand les plus chers de nos voisins européens ne dépassent pas 4 %. Exemple, les Rosbifs, autour de 1,5 %, les Allemands, 3,5 % … quand l’agent immobilier Jones ou Brown empoche l’équivalent de 2.000 euros sur une vente – ce qui est bien suffisant – l’agent immobilier Martin ou Durand s’en empoche 8.000, pour le même travail : soit trouver des logements à vendre, en faire la publicité, faire visiter, et toucher le fric si l’acheteur se décide. Vivement que les agents immobiliers anglais viennent ouvrir boutique chez nous ! je suis même prêt à parler leur langue pour la différence de prix, c’est dire.

Alors, appelons de nos voeux une saine purge : elles pullulent encore, mais on s’en passera aisément (voir les sites proprio-a-proprio sur la Toile) : qu’elles aillent au diable, qu’elles ferment boutique, ces agences immobilières qui ne sont que des parasites. Resteront celles qui baisseront enfin leurs tarifs délirants, et qui travaillent vraiment : très rares sont en effet celles qui font l’effort de « suivre » leurs clients acheteurs, ce qui fait pourtant partie du boulot. Et si les compagnies aériennes classiques ont maintenant des concurrents baba-coût (low-cost, quoi), vivement que se créent des agences immobilières idem. Il faudra peut-être payer un supplément pour avoir une tasse de café, mais ça vaut le coût.

Les voix du Nord

Si j’étais dans le Nord, je me demanderais pourquoi tant de haine.

D’abord tout plein de magistrats – ils se serrent les coudes, faut croire – estiment que le juge Burgaud, dans l’affaire d’Outreau, a fait excellemment son boulot. Que ça ait abouti à des peines de prison massives, des vies brisées, le tout largement invalidé par l’acquittement de 13 des 17 prévenus, ce serait la faute à pas de chance. Nickel-chrome, l’institution judiciaire, qu’on nous dit ; ce serait en somme un mauvais concours de circonstances, ou que Mme Badaoui excellait trop bien dans la fabulation et la manipulation, ou  que les experts auraient été très très mauvais. Lui, M. Burgaud, il croit ce qu’on lui raconte, forcément, alors si on lui raconte que la boulangère sodomise des petits garçons avec des baguettes de pain, hein, faut bien qu’il en prenne note !

Et puis, pour appuyer le propos, pour enfoncer le clou, en quelque sorte, on y ajoute un petit tombereau d’immondices. La Voix du Nord, le canard de là-bas, nous conte ceci, et ça laisse pantois. Ce journal rapporte qu’un conseiller à la cour de cassation affirme que les gens du Nord se tapent des petites filles lors de soirées arrosées à la bière : « Nous connaissions ces soirées habituelles…  » (lisez la suite, c’est très moche). Alors, soyons clairs : il en a dit Outreau, ou trop peu.

Et si j’étais du ch’Nord, je l’aurais mauvaise.

Large tour d'horizon

OUi, cher lecteur de ce blog, une petite récap’ de cette semaine, fertile, on le sait, en sujets de glose.

Et tout d’abord cette policière norvégienne, d’origine Algérienne, qui obtient le droit de porter le voile (pas celui du vin jaune ! celui dont certains prétendent que le Coran l’impose aux femmes, mais pas aux hommes, car ça frotterait sur la barbe du menton), de porter le voile, dis-je, pendant son service. Et donc la casquette de flic par dessus le voile ? sinon comment va-t-on reconnaître que c’est une flic ? A dire vrai, techniquement ça ne pose aucun problème, j’ai pu voir en Malaisie des policières en uniforme – avec la casquette – ET le voile, ça peut se faire. Evidemment, pas un tchador, on se prendrait les pieds dedans, ni une Burqa, pareil, et en plus on étouffe là dedans. Non, ce n’est pas techniquement que ça fait problème ; c’est une question de liberté de culte : moi ma religion m’impose de porter un diadème de rondelles de carottes fraîchement coupées autour du crâne ; faudra-t-il que j’émigre en Norvège pour pouvoir exercer le métier qui me passionne tout en arborant les insignes de ma religion ? tout petit, déjà, je voulais être femme-flic.

Et puis cette nouvelle capitale, bouleversante, Aston Martin sort une berline 4 portes, la « Rapide », c’est le cas de le dire ! je cite : « L’Aston Martin Rapide, c’est aussi et surtout un moteur, en l’occurrence le V12 6.0 litres de fabrication maison, poussé à 510 chevaux et à 570 Nm de couple. De quoi emmener quatre personnes à quelque 305 km/h en pointe, et passer de 0 à 100 km/h en seulement 4,2 secondes. » Les flics – bâchés ou pas – n’auront même pas le temps de prendre leur stylo pour verbaliser. Ceci étant, on se garde bien de donner le montant du bonus-malus écologique de cette bagnole, qui doit produire un max de gaz à effet de serre : donc un conseil, mes amis, puisque cette plaisante limousine doit supporter un malus du feu de Dieu, achetez-la d’occase, pas neuve ; vous ferez de substantielles économies.

Enfin, et à propos de gaz, cette transition me permet de revenir sur le papam Ratzinger alias Benoît, et sa décision calamiteuse de réintégrer Monseigneur Williamson, évêque Anglais vivant en Argentine, intégriste et négationniste, au sein de la communauté catholique ; apparemment c’est comme si l’on avait lancé une boule puante dans les travées de l’Eglise, il y en a qui sortent en se bouchant le nez. En fait, ledit Williamson déclarait auparavant, interviewé par la télé Suédoise, « Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz (…) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration mais pas un seul dans les chambres à gaz« . Il croit que, c’est moi qui souligne, ou plutôt mets en gras. En revanche, sommé de s’expliquer, de reconnaître qu’il dit des conneries, il déclare que « Il s’agit de preuves historiques, pas d’émotions. Et si je trouve des preuves alors je rectifierai (les propos tenus). Mais cela va prendre du temps« .

Il croit que (I believe, ou I think ?? je n’ai pas le texte original), mais s’il trouve des preuves que… en gros, donc, il persiste… c’est aux autres de fournir des preuves. Prenez votre temps, Monseigneur, cela va prendre du temps ! comptez bien, un par un ; entre 200.000-300.000 et 6 millions, il y a comme une petite différence ; les millions de personnes qui ne sont pas selon vous dans le décompte des victimes juives du III ème Reich se sont peut-être évaporées ? ces gens sont partis, de leur plein gré, peut-être ? où ça ? ils ne sont pas revenus… mais alors ils sont partis en fumée ? ou bien ils vivent planqués, en Argentine, par exemple ?

Vous êtes sûr ?

Foin des Sar-causeries au coin de la télé, je vous laisse juge de la prestation d’hier soir. Le contenu peut se discuter, s’apprécier de diverses façons. Mais reconnaissons que ce type est bon à l’oral ; c’est indéniable.

Lu dans un précédent Figaro-sur-Toile, j’ai perdu la référence… on citait Jean-Louis Trintignant, ou l’on traitait de lui, et il se disait ceci, en substance : « les gens pétris de certitudes sont des imbéciles ».

C’est bien certain.

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Autre chose : on dit couramment « en son for intérieur » … mais pourquoi intérieur, hein ? je me / vous le demande. Il n’existe pas de for extérieur, à ma connaissance. Je peux me tromper… néanmoins, en mon for – intérieur, évidemment -, j’en suis sûr. Mon for : in petto, en quelque sorte, mais in petto intérieur.

Le voile et ses mystères

Non pas LA voile, celle qui fait équipe avec la vapeur ; mais LE voile, le voile épais qui recouvrait le mystère du vin jaune.

Pourquoi vous parlé-je de vin jaune ? les gens heureux n’ont pas d’histoire, vivent cachés, et le bonheur d’un beau vin jaune, seul ou accompagné d’un petit quelque chose, quelques gougères ou un poulet aux morilles, mériterait qu’on se taise, qu’on fasse silence, botus et mouche cousue, tels les petits malins qui sont tombés par hasard sur une auberge délicieuse, un petit paradis inespéré, et se gardent bien de gâter cette trouvaille en la divulguant à leurs amis… mais je vous en parle – en fait je me tais obstinément mais mon clavier, lui, est éloquent – car je viens de percer un secret, de lever un voile, d’abolir des années d’ignorance, comme ça, et ça vaut la peine de vous le faire partager.

Sachez, braves gens, que le Jura produit donc des vins bien estimables, voire superbes, et notamment ce fameux vin jaune, qui vieillit en foudres sous son voile, dédaigneux de l’ouillage… 6 ans de cave, et à l’air – mais sous son voile ! Et il se trouve que ledit vin jaune est commercialisé, pour ceux qui en veulent, du vin jaune, en bouteilles de 62 centilitres, pas plus, pas moins. Le clavelin, c’est le nom de la radine bouteille, nous prive donc de 13 centilitres du précieux liquide, si l’on veut bien considérer que la contenance standard des bouteilles est de 75 centilitres. Pourquoi tant de haine ? pourquoi ce sadique ‘moins 13 centilitres’ ? cette interrogation taraudait mes neurones jusqu’à ce matin.

Eh bien j’ai la réponse. Oui, cher lecteur, le clavelin, ces 62 cl, c’est ce qui reste en moyenne d’un litre de pinard après 6 années sans anicroche passées dans la cave jurassique, dans la barrique et sous le voile. Autant dire que 38 centilitres se sont fait la malle, mais là l’histoire ne dit pas s’il y a eu des ponctions ou si c’est seulement le résultat des déperditions naturelles.

Confondant, non ?

Et tout ça prouve clairement que le système métrique est le seul compatible avec la forme normée du clavelin : allez donc traduire ce que je viens de vous exposer en pouces, en gallons, en pintes ou en Btritish Thermal Units !! Vive donc le système métrique.

En saignants trouveurs

Au moment où de fort nombreux universitaires (« enseignants-chercheurs » ) clament qu’on les dérange, s’indignent qu’on prétende dépoussièrer leur statut et les universités, ce que j’ai pu écrire sur le sujet dans le passé me semble toujours d’actualité, car rien n’a changé, et surtout pas les mentalités. A quoi ça sert qu’on écrive des billets, hein, je vous le demande ? On reprend donc tout depuis le début.

– Enseigner dans le « Supérieur » ne présente pas de grandes différences avec enseigner dans le « Secondaire ». On a des programmes, des plans de cours, on prépare les cours, on enseigne, on contrôle les connaissances… mais, c’est vrai, on fait moins de discipline, on a des effectifs tantôt pléthoriques – un amphi – tantôt squelettiques – 4 pelés pour un cours peu couru. Mais c’est du travail d’enseignement. Très utile, au demeurant. Et demandant des capacités de pédagogue (ça s’apprend, en partie). Mais ça ne justifie pas non plus un statut à part. Une formation plus solide, peut-être ?

– Chercher, c’est une autre activité. Sans exigence de pédagogie autre que la clarté des idées et du propos. Et ça se définit d’abord par un but ! Imaginez le dialogue : « Vous faites quoi (‘que faites-vous’, en français) comme métier ?  – chercheur » … la première question qui vient aussitôt aux lèvres : « Ah, et vous cherchez quoi ? » (‘Ah, et que cherchez-vous ? ‘ en français). Eh oui, la réponse pourrait être « je fais de la recherche sur les migrations des grues en Zambie-inférieure », ou « sur la topologie algébrique des compacts semi-ouverts », ou « sur la partition des ovocytes en milieu anhydre »… bref « chercheur » c’est d’abord un projet, et ensuite, et en conséquence, les moyens et le statut permettant de mener à bien ce projet.

Que certains chercheurs soient de bons enseignants ? c’est bien possible. Que ça puisse les motiver ? pourquoi pas ? mais qu’on cesse de marier de force ces deux activités. Qu’on cesse de mesurer le niveau de la « recherche » au nombre de publications : il n’a jamais été aussi facile de publier, merci la Toile. En revanche, les idées, c’est rare…

Un des arguments forts de la révolte actuelle, c’est la crainte de voir la réforme étendre l’arbitraire des « mandarins »… il y a donc des « mandarins » ? des gens susceptibles de constater, de juger, la vacuité, la pauvreté de certaines « recherches » ? des gens qui, de plus, occupent des postes de pouvoir, juteux, peinards et respectés ? sans hypocrisie, n’est-ce pas le but de la carrière de nombreux enseignants-chercheurs ?