Histoire de contenants

On traitera plus tard des évènements hexagonaux, notamment de la triste histoire qui nous est contée concernant monsieur Enrico Macias, lequel, ayant hypothéqué sa villa de St Trop’ pour placer du fric supputé plus juteux dans une filiale luxembourgeoise d’une banque islandaise, s’est retrouvé spolié de ladite somme… on en causera, et de Clearstream itou.

On causera de la « déferlante des produits hallal » sur les gondoles des super-marchés, dixit Le Figarôt. C’est simple : si les mécréants comme moi se foutent que la volaille ait été tuée (« sacrifiée »)  la tête tournée vers Rome, La Mecque ou Jérusalem (*), les mécréants finiront bien par se résigner à bouffer hallal eux aussi, faute de trouver autre chose, pas vrai ? reste à inventer les rillettes hallal, les côtes de porc hallal, le pinard hallal… je m’en passerai difficilement, moi, de mes rillettes avec un coup de Côtes-du-Rhône, et je ne jeûne pas hallal.

Non, aujourd’hui poursuivons notre chronique nord-américaine, canadienne en l’espèce. Nous constaterons que le Canada est bigrement proche des USA… la pratique des boissons y est étrangement similaire. Gros gobelets de carton surmontés d’un chapeau de plastique, que tout un chacun trimballe à la main dans la rue… parfois ces gobelets sont en plastique rigide et isothermes. Et les bagnoles sont toutes équipées de porte-gobelets : très pratique, on pose son gobelet sur ledit support, on conduit – très peinardement – en téléphonant d’une main, en mâchant un bubble-gum, en sirotant son café-lavasse.

La bière… ce n’est pas ça. Certes le contenant standard est moins radin, moins rikiki que chez nous : 35 cl au lieu de 25, ça permet de boire à sa soif. Un bon point donc ! Et les qualités sont louables : la « keith » est honorable, nettement meilleure que les insipides lavasses états-uniennes Budweiser et Miller, et la « Propeller » ambrée, par exemple, est excellente. Mais quelle sale habitude que de nous la proposer toujours glacée ! quelle tristesse que de la boire au goulot ! quelle stupide pratique que de nous proposer des verres givrés, pour boire encore plus froid !

Reste qu’ici la pratique de la micro-brasserie familiale est courante : devant les prix prohibitifs (2 euros la bière au supermarché) les consommateurs pas cons s’équipent et font leur propre mousse ! c’est ma foi excellent avec un peu de pratique et de soins, et les verts écolos préconisateurs du « produire et consommer local » n’y trouveront rien à redire.

Evidemment ce n’est pas hallal… nobody’s perfect ! On se fera une raison.

Tibert

(*) Je le sais, je l’ai vu : c’est une variable paramétrable dans les abattoirs à volaille, l’angle de la tête du poulet par rapport au nord géographique au moment de son abattage. Pour Rome, vu du Sud-Finistère, c’est la tête orientée nettement plus au Sud que Petit-Poulet vit ses dernières secondes, tandis que La Mecque ou Jérusalem, c’est kif-kif, à quelques pouyèmes de degré près. D’où la nécessité d’une extrême précision dans le positionnement de la tête du pauvre volatile, dont personne, d’ailleurs, ne s’est enquis des convictions religieuses.