C’était les bons costards !

(C’était, et non c’étaient, vu que l’on ignore – moi je le sais, mais pas vous – écrivant ce premier mot, si la suite sera plurielle ou ne le sera point. Merci et chapeau, maître Cappello !)

Oui, juste un petit mot : je lis dans un canard-sur-Toile que, finalement, contrairement à ce qu’on avait affirmé, François F. a rendu les bons costumes à son généreux donateur : ça change tout ! on m’avait donc induit en erreur…  les vrais bons costumes coûteux, et non deux machins à 50 euros de chez Décrochémoiça subrepticement glissés dans des housses griffées Arnys mais fabriquées au Bengla-Desh.

Alors moi qui étais choqué de cette félonie, de cette nouvelle bassesse supposée, moi qui avais décidé, non mais c’est scandaleux, de priver François F. de mon suffrage, ma foi je vais derechef voter pour lui. Il était temps, vous me direz, vu qu’à 36 heures près ça loupait. On saluera ici l’impartialité, la droiture de la presse, qui aurait pu jouer la montre, planquer, eh eh eh, cette rectification essentielle jusqu’à lundi, ou la coller dans la rubrique des chiens écrasés.

Non mais sérieusement, on nous prend pour des billes, là. Cette lamentable campagne politique aura foiré, merdé jusqu’à la toute fin, sur des histoires de raclures : indigne de nous. Sur quoi pouvons-nous juger des programmes en présence, quand le débat tourne autour des boutons de manches qui auraient été, va savoir, peut-être, remplacés par des trucs à deux balles ? je vais vous dire : la presse en général s’est montrée manipulatrice,  hargneuse, faux-cul. Et le pire, c’est que nous n’avons que ça pour nous informer.

Tibert

Protégez-le de ses amis…

Il y a des soutiens qu’on apprécie, et d’autres que, euh… dont on se passerait bien. On a vu Emmanuel  Macron faire la fine bouche quand Manuel Valls s’est décidé pour lui…  quelle tête ferait-il si Normal-Futur-Ex (qui, entre parenthèses, ne manque pas d’air quand il prétendJe laisse un pays en bien meilleur état que je l’ai trouvé” – j’y reviendrai !), si Moi-Bientôt-Plus-Président, dis-je, lui collait lui aussi aux basques ? Mais là c’est le festival de fin de parcours, ça sent la ligne d’arrivée, et ça fuse de partout : d’un côté Alain Delon annonce en pincer pour Fillon, et ma foi ça n’a rien de très surprenant ; mais on aura aussi en tête le soutien indéfectible du président vénézuélien Maduro envers notre Jean-Luc M., le Rebelle : soutien qui fait quand même un peu désordre, avouez, à l’heure où le Vénézuela se trouve dans une situation économique carrément tragique, et dans des conflits saignants – littéralement. Aux dernières nouvelles, Maduro soupçonne les USA de vouloir organiser chez lui un coup d’état, rien que ça.

Mais regardez qui c’est qui déclare aussi sa flamme à Jean-Luc M. ? Pamela Anderson ! eh oui, nous demande-t-elle, “Mr Mélenchon for president, s’il vous plaît“. On se rassure : elle est canado-états-unienne, Pamela A., elle ne vote pas chez nous. Et pourquoi cette déclaration enflammée ? parce que Jean-Luc M., qui trouve tout plein de vertus à la bouffe végétarienne (*),  serait entre autres LE défenseur de la cause animale, à laquelle Pamela est fort attachée. On fera le rapprochement avec son pendant chez nous, notre B.B. nationale, qui sauf erreur de ma part s’est déclarée pour Marine : il est ainsi démontré une fois de plus que les extrêmes des deux bouts se rejoignent.

Allez, soyez chics, si vous voulez faire vraiment plaisir à Pamela Anderson, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Au passage, vous tirerez aussi un large sourire au sympathique Nicolas Maduro, ça vaut sûrement le coup, non ?  😉

Tibert

(*) moi de même, mais je manque de convictions.

Concerté, unilatéral, pas du tout… ?

On dira ce qu’on voudra, mais la Péniche Insoumise de monsieur Jean-Louis “Caramba” Mélenchon m’a interpellé : était-ce un contrepet ? un clin d’oeil aux Auvergnats ? (*) ?  Mais non, j’ai cherché en vain, il n’est pas Auvergnat du tout, ou alors en catimini.

En revanche il serait indécis ou pas clair – ou retors –  que ça ne m’étonnerait pas plus que ça. Tenez, il veut proposer des menus végétariens dans les cantoches scolaires : pourquoi pas, le végétarien a du bon, si ce n’est pas une religion ou une obligation ; mais si c’est pour, comme chez Air-France, nous interdire en douce et définitivement le saucisson, le jambon, les rillettes, le pâté de campagne, je trouve ça pas franc du collier.

Et puis – les menus scolaires c’est sinon subalterne, du moins à l’arrière-plan – sur l’Europe, là je ne suis plus le film : il y avait le plan A de renégociation de la façon dont ça fonctionne – hautement hypothétique selon son copain-concurrent Benoît H., vu que c’est quasiment demander la Lune en mariage – et puis le plan B si le plan A foirait : B comme “Bonsoir messieurs-dames”, on se casse, unilatéralement, ciao l’Europe, l’Euro etc.

Pas du tout pas du tout ! qu’il nous dit maintenant. On n’a rien compris, ou, va savoir, il se sera mal exprimé ? Dans Le Monde, il proteste, ce sont des salades calomnieuses : « Ne croyez pas ce qu’ils vous disent : Il veut sortir de l’Europe, de l’euro (…), allons, un peu de sérieux ». Vous voyez, vous avez mal lu, ce n’est pas sérieux ; lui est sérieux (**). Et le Monde de nous détailler, juste sous cette citation, les deux plans, le plan A et le plan B, justement Mais baste, le programme, rester ou pas dans l’Europe Unie c’est de l’enc..lage de mouches, ça ; l’important c’est la stature, l’éloquence, le charisme – le talent, acquis au cours de trente-cinq ans de métier.

Tibert

(*) On sait sans doute que l’Auvergnat  traîne sur les fins de mots, dit presque “in” pour “en” et chuinte quelque peu les S : “Chaint-Auchtremoine” c’est la magnifique basilique romane d’Issoire, par exemple. La blague, vous connaissez ? Le touriste un peu perdu demandant son chemin à un autochtone dans, disons, Chaint-Flour : “L’évêché, s’il vous plait ?  – Au chous-chol“.

(**) “lui est sérieux“, ça fait bizarre, non ? on est maintenant tellement habitués à coller le pronom personnel en redoublement derrière le sujet, ça finit par polluer la langue. “Lui il est sérieux… “, on l’entend mieux, pas vrai ? et on a tort. Tenez, une devinette, quel haut personnage de l’Etat disait “la reprise elle est là”  ? vous gagnez un paquet de cahuètes.

L’histoire du loup et des trois petits chevreaux

Il est des sondages réalisés par les canards, qui valent leur pesant de moutarde ! Genre (Le Parigot) : “Selon vous, JL Mélenchon est-il un candidat d’extrême-gauche ?” ou (Le Figaro) : “Selon vous, JL Mélenchon est-il d’extrême-gauche ?” et les résultats sont là, on n’a plus qu’à lire : au Figaro, Oui 78 %, Non 22 %. Notez que personne n’est indécis, Oui+Non = 100 % : la case “Ne sait pas” n’existe pas, c’est oui ou non, faut savoir ce qu’on veut. Et au Parigot ? pas tout à fait pareil, Oui 55 %, Non 45 %. Les sociologues pourront gloser sur la structure socio-culturelle des lectorats respectifs du Figaro et du Parigot : au Figaro ils le sentent nettement plus à gauche-gauche, le Mélenchon, va comprendre…

Alors qui croire ? d’accord c’est Oui des deux côtés, pas franchement au même niveau d’ailleurs, mais avant de donner ma voix à “La Méluche”, comme ils disent affectueusement (ça m’évoque ces gens qui sussurent “mais oui, il est gentil le chien-chien, c’est un bon chien ça madame” pour tenter peureusement d’amadouer un molosse grondant et patibulaire), avant de voter Mélenchon, donc, j’aimerais savoir… j’hésite… je me tâte…  qui croire ? et les commentaires des lecteurs accompagnant ces deux sondages laissent perplexe : selon certains, évidemment que si, il est d’extrême-gauche, enfin quoi ! alors que pour d’autres c’est pas ça, ça y ressemblerait mais ce n’est pas de l’extrême-gauche vrai de vrai, labellisée comme le Camembert élevé sous la mère.

Mais au fait, posons-lui la question, c’est tout con, ça éclaircira le débat. Alors, monsieur Mélenchon ? … “Je ne suis pas d’extrême-gauche“, qu’il dit. Ah, vous voyez ! on a tout faux, il y est pas, d’extrême-gauche. C’est un politicien de35 ans d’expérience, tout de même, il a roulé sa bosse  : vous pouvez lui faire confiance.

Tibert “si tu n’es pas le loup, montre-nous patte blanche“.

De la morue fraîche en politique

Ah ah ça vous la coupe, hein, qu’on cause d’autre chose que de la Présidentielle ? mais si, c’est possible. Bon, juste deux mots pour vous rassurer : saviez-vous que notre lider maximo du Parti de Gauche, Jean-Luc “Caramba” Mélenchon, l’homme à la vareuse façon Raoul Castro,  66 ans aux prunes (*),  a pour projet de chambouler la diplomatie française ? hispanophone accompli – ses deux grand-pères étaient Espagnols – le voilà qui veut nous larguer de l’OTAN, ce machin atlantiste et surtout nord-américain, et nous amarrer à Cuba, au Venezuela,  la Colombie, l’Iran… tous ces pays joyeux et qui pètent de prospérité 😉 .  Tenez, lisez ça, un éclairage sur l’Alba,  l’aube, rien que ça, qui dit se lever sur l’Amérique Latine, et vous saurez pourquoi avec Jean-Luc M. l’avenir est plus radieux, l’aube est proche camarade – surtout avec un SMIC rehaussé de 15 %, olé !

Mais quel rapport avec la “morue fraîche” du titre ? ah ça c’est un vieil oxymore que j’affectionne… vous savez que le cabillaud se pêchait abondamment loin-loin, très loin vers les bancs froids de Terre-Neuve ; pour le conserver jusques aux ports de notre façade atlantique, les Basques, les Espagnols, les Portugais, les Bretons… le salaient à bord, et si possible le faisaient sécher. Et, miracle, cela devenait de la morue. Le cabillaud, c’est le poisson au naturel, sans apprêt, tandis qu’une morue – ce n’est pas là une insulte – est un cabillaud éviscéré, décapité, nettoyé, ouvert et mis à plat, puis salé très copieusement (séché) pour longue conservation. Mais je me répète, j’ai déjà traité de la morue-cabillaud dans un vieux billet. Rien n’a changé depuis, et la morue fraîche des menus snobs est toujours aussi oxymoresque que l’obscure clarté chère à Corneille.

Evidemment, si je vous entretiens de la morue et du cabillaud, c’est que le jour s’y prête, d’aucuns aujourd’hui font ça et là pénitence religieusement, un succulent bacalao  a braz, une brandade bien garnie et gratinée à point, agrémentée d’un mesclun à l’huile de noix…  ah bon me direz-vous, c’est culinaire, votre billet, pas politique, alors ?  quel rapport entre une morue et un politicien “de longue conservation” ? eh bien vous prenez un cabillaud banal, ordinaire, et hop ça devient une morue fraîche ! une tout autre gueule, avouez. Et vous prenez un politicien en fin de carrière – le plus âgé du quatuor chéri des sondages – ex(?)-trotskyste, ex(?)-Franc-maçon ex-PS, ex-à peu près tout à gauche, et hop c’est “la France insoumise” : c’est le même plat que d’habitude, mais au menu ça le fait tout de suite mieux.

Tibert

(*) L’âge de la retraite, eh oui, après une carrière d’élu divers et varié d’environ trente-cinq années. Trente-cinq ans de vie politique, ça use, ça use. Un dernier tour, mais le dernier, alors !

Le Zéro Absolu de la Mauvaiseté

Aujourd’hui on va parler d’autre chose : je n’en peux plus de retourner dans ma tête l’épouvantable hypothèse-catastrophe qui nous verrait, au second tour de la Présidentielle, hébétés et livides devant le désastre, devant le choix peste ou choléra, Charybde ou Scylla, Marine ou Jean-Luc. Allez, positivons (merci Carrouf’ !), gageons que les Français auront assez de bon sens, ne seront pas masos au point d’aller se foutre eux-mêmes dans le fossé – ils sont déjà suffisamment mal en point.

Non, parlons d’autre chose… tenez, le porte-parole de la Maison Blanche vient de nous confirmer qu’il existe bien un mètre-étalon de l’ignominie, de l’horreur, de la mauvaiseté. Mètre-étalon, ou plutôt échelle absolue : en température on ne saurait descendre au dessous de – 273 ° Celsius (c’est froid, très froid !) vu qu’à ce niveau les atomes se les gèlent et n’arrivent même plus à grelotter. – 273 °C c’est le Zéro Absolu, le Zéro-Kelvin, bref le 0° K de la température (*). Eh bien en horreur c’est le Zéro-Hitler (0° H, H comme Hitler ou Horreur) : il n’est pas possible d’être en dessous, d’être plus mauvais.

Certains essayent dur, pourtant. Et, tenez, le porte-parole  de  Trump avait cru trouver un challenger, autrement dit en français un concurrent valable : Affez-El-Assad. «Pendant la Seconde guerre mondiale, on n’a pas utilisé d’armes chimiques. Une personne aussi abjecte qu’Hitler n’est même pas tombée aussi bas que d’utiliser des armes chimiques», disait-il. Oubliant juste ce détail (sic) que les cristaux de Zyklon-B ont été utilisés, justement, comme arme chimique, trèèès largement utilisés aux fins de gazer massivement quelques millions d’êtres humains.

Mais revenons au mètre-étalon versus le zéro absolu : en matière de mauvaiseté, contrairement aux températures, le point-limite n’est jamais sûr, et l’étalon du pire peut être enfoncé. Voyez les présidents états-uniens : on a dit de George “Debeuliou” Bush que c’était “the worst president ever“, le pire président de tous les temps : eh bien il a maintenant de la concurrence ! Revenant à mon propos de politique-fiction du premier paragraphe de ce  billet, je suis tenté de faire un parallèle avec notre glorieuse lignée élyséenne : eh bien le record  indiscutable en train d’être établi aura de bonnes chances d’être dépassé, le mètre-étalon de se voir contesté. Mais je me rassure : ce n’est que de la spéculation sombre, de la fiction pessimiste… bref, un cauchemar.

Tibert

(*) Les Anglo-Machins, histoire de ne pas mesurer comme tout le monde, ont leur zéro absolu à eux : le 0° Rankine. Heureusement pour la science, ou heureuse coïncidence, c’est exactement aussi froid que le 0°K.

Le quatuor “Les dissonants”

On y est presque, il reste 13 jours avant que, avant quoi ? la Prépré, la prépré – la préposée des postes ? meuh non, enfin.

Allez, quelques saillies juteuses (!) : Madame Le Pen estime que “la France n’est pas responsable du Vel’d’Hiv” (*) : mais qu’allait-elle faire dans cette galère ? où a-t-elle  pêché l’idée saugrenue de s’exprimer là-dessus ? quel prurit ? pour dénoncer la repentance en boucle et les flagellations auto-punitives de la Pensée Unique ? la voilà embourbée dans les ornières du père, dont elle a bien du mal à s’extraire.

Et puis cette émission que je ne regarde jamais, “On n’est pas couché”, ONPC pour les initiés, d’une part parce que ça rigole de tout, parfois à propos, mais le plus souvent hors de propos, et puis parce que, précisément, JSC, je suis couché : ça passe largement trop tard. Y était tout dernièrement Benoît “Burn-Out” Hamon, qui, à la question de l’animateur “Si par malheur vous n’atteignez pas le 2ème tour, pour qui appelez-vous à voter ? Fillon, Macron, ou Mélenchon, face à la Marine  ?” répond, imperturbable, prenant cette stupide interrogation pour du bon pain : “Mélenchon !” On l’applaudit dans la foule des groupies invités de l’émisssion. Mais, au second tour, monsieur l’animateur et monsieur Hamon, il y a DEUX candidats, pas quatre. Je reformule donc la question, nettement moins conne, qui aurait pu être posée : “Si vous, hélas, gnagnagna… et si l’UN des trois, gnagnagna… se retrouvait face à la Marine, alors appelleriez-vous  à voter pour lui, quel qu’il soit ? ou bien alors ???“. Et là, Benoît, on est tout ouïe, que fait-on, chez le candidat Benoît, et au PS, dont il est l’éminente émanation ? mais baste, on le saura bientôt, in vivo.

Terminons. Pourquoi ce titre ? en clin d’oeil à Wolfgang-Amadeus, dont les dissonances du quatuor éponyme ou presque se mêlaient, elles, harmonieusement. A l’inverse, le quatuor qui se forme, qui émerge clairement au dessus des 18 %, Marine – honneur aux dames, Emmanuel, François et Jean-Luc, nous joue chacun son petit morceau dans son coin. Superposition – atroce, vite des bouchons d’oreilles – de la “Chevauchée des Walkyries”, de la “Suite Bergamasque”, d’un moteur de Ferrari V12 autour de 7.000 tours/min et de “El paso del Ebro”. Le lecteur se divertira à rendre  à “chacune et chacun” (merci Emmanuel) sa partition.

Tibert

(*) En clair, pour les innocents : la rafle massive de Juifs français en 1942, rassemblés temporairement au défunt Vel’d’hiv ; rafle effectuée par des policiers parisiens –  sous le régime pétainiste de Vichy.

Secrets et géométrie variable

Bon, comme promis je vous cause de ce que j’annonçais dans mon billet précédent. Comme ça vous le lirez 😉  … mais non, je blague !

La violation du secret de l’instruction (la VSI, pour faire court et percutant ). La VSI, donc, ne la prenez pas pour une lanterne : ça peut coûter cher. Je cite :

« La révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. »

Et toc ! encore faut-il, pour poursuivre une VSI,  que la Justice…

1) – S’aperçoive que des pièces d’un dossier d’instruction sont sur la place publique, ça fait désordre ! remarquez, il suffit de lire les journaux.

2) – Ne se satisfasse pas de cet état de faits, mais bien au contraire trouve ça anormal, voire préjudiciable – outre que c’est illégal – et qu’on se fout de sa gueule,

3) – Décide de trouver et punir les “fuiteurs”, comme elle en a la possibilité.

Or nous avons pu constater, depuis le début de l’ “affaire Pénélope” (il y a eu des tas de précédents, et Le Monde, Médiapart… et d’autres, sont souvent à nous sortir des scoops qui relèvent très clairement de la diffusion d’informations issues de VSI ), que nous sommes abondamment informés par les canards – le Palmipède Emplumé, mais aussi d’autres, dont Le Parigot, friand du sujet Fillon & Co – de ce qui se dit au cours des procédures d’enquête. C’est quasiment un sport national !

Donc des quidams indélicats bien au  courant des dossiers se permettent de refiler régulièrement, à répétition, des pièces desdits dossiers aux journalistes (pas n’importe lesquels ! pas Le Figaro ni Valeurs Actuelles). Quels quidams ? soit des acteurs du premier cercle qui ont accès aux dossiers es qualité, soit des gus que le premier cercle a mis au parfum spontanément ou “pour rendre service”, ou parce qu’on le leur demande avec fermeté et de solides arguments – ce qui revient au même, vous en conviendrez.

Et ? et rien. Pas de poursuites, pas l’ombre d’une enquête sur qui c’est qui fait fuiter. A se demander s’il n’y a pas les “bonnes” VSI, et les autres. Voyez celle-là, qui n’allait pas dans le bon sens : N. Sarkozy et B. Hortefeux auraient eu illégalement accès au dossier de l’affaire Karachi, déclenchant les foudres de deux syndicats de magistrats, qui réclamaient une enquête : comment se fait-ce ? c’est scandaleux, c’est une VSI, etc. A l’opposé, que des détails croustillants de la procédure actuelle visant les Fillon s’étalent à répétition dans les journaux laisse ces mêmes syndicats, bizarrement,  impavides…

Mais que risquent les journaleux ? pas grand-chose. En principe on peut les poursuivre pour “recel de VSI” ; mais, comme le déclare l’excellent article de la Toile cité au paragraphe précédent, “dans les faits, les journalistes sont très rarement mis en cause : le secret des sources fait qu’il est quasiment impossible de caractériser la violation du secret“.

Donc… donc ? eh bien sauf à trouver des magistrats assez  gonflés et assez remontés contre ces opportunes VSI à répétition, tout continue tranquillement : les canards vous livrent saignant, et dans le sens qui va bien,  ce qu’ils ne sont pas censés savoir – et encore moins diffuser. Quasiment aucun risque, et ça favorise le tirage.

Total, encore une superbe loi qui ne sert à rien – ah si, elle aurait pu servir sur l’affaire Karachi : ça allait dans le bon sens.

Tibert

Canulars, bobards et votation

Je sais, il faudrait que je tartinâsse sur la Présidentielle. Pffftt… allez, un effort… tiens, un truc : il y avait semble-t-il au moins trois trotskystes au débat de mardi soir sur BéhèFheM : Poutou, Arthaud, Mélenchon, chacun dans une des cinquante nuances grises du rouge de la mouvance trotskyste. Mélenchon ? eh oui, il serait ou aurait été paraît-il “lambertiste” – la chapelle trotskyste qui accueillit Lionel Jospin, Marc Blondel etc… Cela fait trois sur onze : c’est un pourcentage assez énorme, et si c’était le reflet de la politisation du pays, il y aurait chez nous  dix-huit millions de trotskystes : la Révolution appelée de leurs voeux – avec un Grand R Majuscule – serait faite depuis belle lurette, et les élections présidentielles, ce truc bourgeois, aux oubliettes.

Dans la même veine, j’ai lu dans l’Obs que “Mélenchon prenait Hamon pour un con, Benoît s’en rendait compte” :  comme quoi il a quand même un poil de perspicacité, Benoît. Et puis je me suis laissé dire que monsieur Fillon a reçu un paquet de farine sur la margoulette : ah ah c’est tordant, quel humour, après les casseroles la farine, manque plus que du beurre pour faire un roux – mais non, pas un Le Roux !

Rien ne nous aura été épargné dans cette campagne sabotée, biaisée, pleine de coups tordus… mais je voulais vous entretenir des “fake news” : pourquoi des fake news à tous les coins d’articles par ailleurs  en français, alors que ce sont ni plus ni moins des nouvelles bidon ? des bobards ? de l’intox ? des salades ? des vannes ? ( et pourquoi le canular se voit-il systématiquement  supplanté par le hoax ? ) C’est mauvais, bobard ? où ça c’est mauvais ? pourquoi ? à quelle aune est-ce moins bon que fake news ?

Eh oui ça m’énerve, je sais. Mais j’ai toujours pensé – enfin, depuis assez longtemps – que le salut du verbe francophone est dans l’argot : notre argot regorge de mots savoureux, imagés, et qui suppléent magnifiquement aux lacunes de notre langue officielle. Mais reconnaissons-le, si l’on vous sort un bobard, ça mérite tout juste un ricanement, une grimace dubitative : c’est un bobard ; tandis qu’à vous balancer des fake news (des bobards), on est tout de suite plus crédible !

Bon, j’arrête là ; la prochaine fois je vous cause des poursuites galopantes sur les supposées virées litigieuses de monsieur Macron à Las Vegas – il semble que l’enquête lambine quelque peu, pour des raisons obscures – et je tartinerai une tartine sur la “violation du secret de l’instruction” : un truc grave, punissable, entrave à la justice ! mais pas vraiment, ça  dépend à quoi servent les fuites.

Tibert

Des tons détonnants qui dénotent ?

Ah ah qu’est-ce qu’ils apprennent aux écoles de journalisme ? Je lis ça dans Le Monde, à propos du constructeur de bagnoles électriques Tesla et de Ford (Tesla capitalise plus en bourse que Ford !!) :

le constructeur de voitures électriques capitalise sur sa vision futuriste qui dénote des constructeurs historiques.”
Eh non, détonne, pas dénote. Notez bien, c’est proche, ils l’avaient dans le désordre, le quinté +, ou pas loin. Quant à détoner, c’est hélas beaucoup plus bruyant, et ça fait des dégâts.
Vous avez des doutes ? tenez, voyez http://www.academie-francaise.fr/denoter-pour-detonner
Avouez, ça repose de la Présidentielle, non ? un peu de français châtié dans ce monde impitoyable…

Tibert

PS – Au fait, L’Académie Françouaise note une nuance défavorable à “détonner” : ici ce n’est probablement pas ce qu’a voulu exprimer le journaleux. “… qui tranche… ” aurait été plus juste. Allez : “... qui tranche favorablement“, ce serait farpait.