Ça entend dur. Quant à écouter…

Encore un billet conjoncturel, mais entre deux billets intemporels (l’époque des belles soles en mars, la pollinisation des pétunias par les abeilles…) il faut meubler. Et je meuble : les Régionales, scène finale… sept région pour la Droite, cinq pour la Gauche, zéro pour EELV (les Verts), le PCF, le Parti de Gauche, Lutte Ouvrière, Debout la France, le NPA, divers groupuscules oubliables, et le FN.

Clairement la “colère” du premier tour a molli avant le second. Entre deux tours on se calme, on se dit que… au fait que se dit-on ? que les menaces apocalyptiques de monsieur Valls concernant la possible arrivée du FN au pouvoir régional sont inquiétantes. En gros, il sussurre sotto voce, monsieur Valls, que les mécontents du résultat ne vont pas accepter leur défaite, qu’ils vont foutre le bazar. Mais il ne vous le dit pas comme ça, évidemment, ça ressemblerait à des attitudes de refus de la démocratie… et puis, avec les partis classiques et bien installés, “on sait ce qu’on a, pas vrai ?” y a pas de mauvaise surprise, c’est nul mais ça peut pas être pire…

Eh oui, les électeurs ont eu une grosse colère, et puis se sont calmés. Mais une colère de quoi ? ouh là là… y en a ! tenez, je n’adhère pas à tout ce que le chroniqueur “Bouffe et pinard” de l’hebdomadaire Marianne balance dans ce billet vengeur, mais à pas mal des items énoncés. J’y ajouterai l’infâme cumul des mandats, la gérontocratie – voyez l’âge moyen au Sénat ! – et l’entêtement à vouloir appliquer aux Français, nolens volens, tels des rats de labo, des schémas politiques tout droit sortis de séances de masturbation intellectuelle.

Ils (nos “politiques” habituels) ont “entendu la colère des Français”, si si, ils l’ont tous assuré. Désormais ils ne feront plus jamais de la politique comme ils faisaient avant, ça les a changés, parole de politiciens ! Et, tenez, un exemple entre mille, avant-hier soir, madame Cosse, la Chef des Verts, battue (de peu) avec la liste carpe-lapin  de monsieur Bartolone en Ile-de-France, devancée par la liste de madame Pécresse, de nous confier que, oui, certes, sa formation a subi un revers, mais “dès demain, elle sera au Conseil régional pour se battre contre elle” (elle : madame Pécresse). Bref, on prend les mêmes et on recommence ; dorénavant, tout sera comme d’habitude.

Tibert

PS (non, pas le PS ; Post-Scriptum) :  tenez, ce que je vous disais… chez les Verts, on va virer-radier-fusiller la sénatrice Leïla Aïchi, qui a eu le grand tort de ne pas trouver madame Pécresse si haïssable que ça, et considéré qu’on pouvait raisonnablement la soutenir, plutôt que le saumâtre Bartolone.  Sectarisme ? où ça ? quel sectarisme ?

Encore des histoires de fromages

Mon précédent billet vous semble un peu léger, futile, tout juste bon à coller sur un quart de page dans une revue du genre “Têtes couronnées et Princes qu’on sort” : vous avez raison. Le pif notable de l’héritier du trône grand-breton et ses facultés olfactives, vous vous en tapez  ? il semblerait que vous vous en tapiez, car, me suis-je laissé dire, “y a le feu”.

Y a le feu : le FN est en tête au premier tour ! Les élections régionales NDG, Nouvelle Donne Géographique, c’est en train de tourner à la Bérézina – enfin pas partout, mais surtout chez les initiateurs de la NDG, justement. J’ai nommé le PS et son gouvernement à base de PS et pas grand-chose d’autre, les écolos s’étant découvert une passion pour les duettistes Mélenchon-Laurent.

Je ne vais pas vous dire que c’est bien fait… c’est une situation qui interpelle, et je vais vous l’interpeller, moi, la situation. Vous vous souvenez peut-être de l’initiative de “modernisation” des structures administratives… les départements, ce découpage plus que bi-centenaire qui permet à un homme à cheval (cataclop, cataclop) de joindre son chef-lieu en un seul jour, où qu’il habite. De nos jours on n’a plus besoin, en effet, de se rendre au chef-lieu pour y retirer une attestation de non-gage pour son cheval ; on le fait par internet. Eh bien, ils sont toujours là, les départements, obsolètes et dispendieux, et avec encore plus d’élus qu’avant.

Les régions : on devait regrouper harmonieusement. C’est ainsi qu’on se retrouve avec une monstrueuse région Aquitaine-Poitou-Centre-Fourre-Tout-et j’en oublie, tandis que la Bretagne et les Pays de Loire – régions PS, c’est un hasard – restent inchangées, la malheureuse Basse-Loire toujours coupée de ses racines historiques, etc. On nous a consultés ? non. On nous a concocté un découpage digne de Feu Charles Pasqua, champion du charcutage électoral en son temps. Sans concertation citoyenne, en toute herméticité et discrétion, à la sauvette et au tube de colle sur le bureau du Président-Normal. Alors je ne vais pas vous dire que c’est bien fait, que les bidouilleurs de réformes vidées de leur sens et bouclées-bâclées en douce ont récolté leurs fruits, mais ça me démange.

Cela devrait inciter à moderniser et moraliser les moeurs politiciennes, mais les bonnes vieilles pratiques perdurent et ont la peau dure. Dans l’Est lorrain, un sénateur-mais-pas-que, PS et Président PS sortant de région PS, 71 ans (élu sénateur en 2014 pour 9 ans, ça lui fera 79 ans à la fin de ce seul mandat, mais il en a d’autres !) se cramponne, non il ne se retirera pas, lui et sa liste PS ! non il ne s’effacera pas pour le candidat de droite qui le devance ! et tant pis si le FN gagne la région : il aura quand même quelques postes pour lui et ses copains, vu que l’assemblée régionale sera composée à la Proportionnelle… miam miam.

Tibert

En filant des perles (de culture)

Ah si c’est pour nous rebattre les oreilles des attentats, marre ! Beuuuh non, juste deux petites perles pour encourager nos enseignants de langue française à redoubler d’efforts. Courage mes amis, le barbarisme et l’anglicisme seront vaincus.

Vous n’êtes pas sans ignorer… ” vous la connaissez ? c’est à dire que vous ignorez. Si vous savez, c’est, inversement, que vous n’êtes pas sans savoir, évidemment. Mais la double négation est du genre pieds dans le tapis : tenez, j’ai pêché celle-là dans une revue de tests techniques. Test d’un objectif d’appareil photo :

…La très faible absence de déformation du grand-angle au téléobjectif est tout simplement étonnante“.

Très faible absence –> Très forte présence, on est d’accord ? c’est donc, avec une très forte présence de déformation, une grosse daube, cet objectif… Oui mais, le reste de l’article contredit ce jugement : très faible déformation, excellent, bravo… bref le journaleux s’est fait des noeuds dans sa phrase. Sincères condoléances.

Autre… plus politique, eh eh eh… Madame Le Pen est interviouvée chez un journaleux de la radio. Elle cite pour appuyer ses thèses, deux phrases, l’une de monsieur Cazeneuve, l’autre de madame Taubira. Citations contestables, et vlan le zélé journaleux de faire vérifier séance tenante le Verbatim des deux citations – la deuxième s’avère clairement biaisée(*), la première se discute, c’est en fait un simple rappel de la Loi.

B. Cazeneuve aurait déclaré : «prôner le djihad n’est pas un délit».

C. Taubira aurait dit “qu’il fallait comprendre les jeunes qui partent en Syrie».

C’est de bonne guerre, il est intéressant de confronter des supposées citations à leur V.O. Mais madame Le Pen a pris ça très mal, hostilité, journaleux hargneux, tout ça.

Titre du Figaro sur cette affaire :  “Grosse tension entre Marine Le Pen et France-Inter après un fact-checking“. Mazette, un fact-checking ! comme vous y allez !  un contrôle factuel ? c’est quelconque. Tandis que phonétiquement, le fact-checking, lui, sonne chouette et  évoque irrésistiblement une pratique sexuelle plus ou moins exotique. Que c’est beau un fact-checking , on ne s’en lasse pas. Remettez-m’en donc une louche.

Tibert

(*) Citation exacte : “Il nous faut comprendre cela” (le phénomène de départ des jeunes en Syrie)

Quand la traduction dilate la rate.

Je lis la presse ce matin, et y constate que les gestionnaires du réseau de messagerie gratuite Telegram (genre Snapchat, Viber etc…) viennent, suite aux attentats de Paris, de supprimer quelques dizaines de comptes d’utilisateurs nettement orientés islamisme et djihad : il semble que cette mouvance utilise beaucoup ce service, entre autres parce qu’il est bien protégé – conversations chiffrées donc non piratables. Bien, ça fait un peu de ménage chez les zélotes, barbus et bâchées, et tant mieux si ça les gêne pour goupiller de nouveaux méfaits, de nouvelles destructions.

A cette occasion, un des deux fondateurs de Telegram, un Russe nommé Pavel Durov, a pensé utile de joindre sa voix aux manifestations de sympathie envers la France meurtrie. Il s’est donc fendu d’un communiqué en anglais – en russe, j’aurais dû faire appel au TGF, le Traducteur Gougueulien Fou , aïe aïe aïe !

Communiqué savoureux, du moins de mon point de vue. Tenez, je vous l’ai donc traduit, sans aucune censure, c’est du verbatim, et m’efface bien volontiers derrière son auteur :

—–

Durov – Telegram
Je me joins à tous ceux qui pleurent ces morts dans la plus belle ville du Monde. Je pense que le gouvernement français est tout aussi responsable que Isis [Daech, NDLR] car c’est sa politique et ses négligences qui ont finalement abouti à cette tragédie. Ils dépouillent des gens qui travaillent dur grâce à des taxes outrageusement élevées et dépensent ça en menant des guerres inutiles au Moyen-Orient et en créant un paradis social parasitaire pour les immigrants Nord-Africains. C’est lamentable de voir Paris aux mains de socialistes myopes qui ruinent cet endroit superbe. J’espère que ces gens et leur politique s’en iront définitivement et que cette ville brillera de nouveau dans toute sa gloire – sûre, riche et belle. Vive la France !

—-

Bon, allez, remettez-vous, et à plus !

Tibert

Histoire belge (*)

J’avais voulu écrire sur “caster” – qui est au dictionnaire, du moins dans certains dictionnaires. C’était à propos de monsieur Macron, ce “jeune homme pressé” qui dérange parce qu’il dit tout uniment que le chat gris est gris, comme ça sans enrobage, et parce qu’il a des solutions qui se foutent des catéchismes. Mais bref, le “Monde” écrivait sur lui, et un intertitre énonçait “on veut le caster dans tous les scénarios“. J’ai gentiment signalé que ça sentait le Rosbif à plein nez, “caster”, et que “enrôler” le ferait mieux, et dans notre belle langue. “On veut l’enrôler dans tous les scénarios“.

“Caster” c’est le  verbe du “casting”, la distribution des rôles. Ou “le rôle”, qui fait un peu administratif, ou “les rôles”, tout connement. “La distribution” c’est clair si l’on parle d’un spectacle mais hors contexte, c’est hélas extrêmement vague. Depardieu en Norine et Lambert Wilson pour jouer Marius c’est un “casting” – une distribution, des rôles – improbable(s). J’ai donc dit ça gentiment au “Monde”, et vous savez quoi ? j’ai été  censuré. Vexés, qu’on leur signale des anglicismes inutiles, sinon militants.

Je passe donc, et castons, puisqu’il faut caster ! j’en viens au vendredi 13 novembre 2015 au soir. Qu’on ne protège pas efficacement, dans le cadre du plan Vigi-Pirate rouge vif, des assemblées comme le concert rock du Bataclan me laisse perplexe : que faut-il protéger, alors ? on ne peut pas mettre des nids de mitrailleuses et des empilements de sacs de sable devant chaque terrasse de bistrot, ça d’accord, mais le Bataclan, plein comme un oeuf, déjà menacé, objet déclaré de la haine des djihadistes parce que soi-disant pro-israélien ?

Fasse que ce drame ouvre les yeux de nos dirigeants : messieurs-dames, ce n’est pas une soirée costumée, c’est la guerre. Et, tiens, un constat : “fumer tue”, et vendredi les clopeurs s’adonnant à leur vice en terrasse ont hélas pu le vérifier. Les abstinents à la nicotine ont eu plus de chance, planqués qu’ils étaient à l’intérieur et à l’abri – des volutes de nicotine, mais pas que.

Tibert

(*) Pourquoi “histoire belge”, le mot “belge” ne figure pas dan le texte ? ben justement, il y est, maintenant.

 

Toutes nos excuses pour cette interruption…

… de notre interlude.

Je voulais écrire sur “caster” qui est certes dans certains dicos mais me grattouille (sur monsieur Macron : “On veut le caster dans tous les scénarios“), et puis écrire sur une turpitude, ou une autre, ou… bref j’avais des trucs sur le coin du feu. Mais  ce qui vient de se passer rend tout ça dérisoire.

C’est la guerre, et dans cette guerre nous partons avec un handicap terrible ; les salopards sont parmi nous : fondus et planqués parmi nous, et nous sommes une démocratie, qui doit respecter les libertés fondamentales, face à des gens qui n’ont rien à foutre de la démocratie et des droits de l’Homme, bien au contraire.

Je nous souhaite d’abord bien du courage, et surtout de disposer des meilleurs services de renseignements de la Planète : ce sera sûrement très utile, et là, franchement, très malheureusement, ils ont loupé quelque chose.

Tibert

Trois petits tours d'entourloupette

J’ai reçu il y a peu et payé aussi sec – “aussi sec” : marrant, pour de l’eau, non ? – la facture d’eau de mon petit bled. J’avais les sous, et cette eau est peu chère, excellente et fraîche, c’est rare… c’est la Communauté de Communes qui nous envoie les avis (archaïque, le système, par courrier, et il faut faire un chèque, le poster ou aller payer chez Mon-Trésor-Public aux heures ouvertes au public, justement, quand on nous rebat les oreilles de modernisation…). Mais bref : on reçoit tout aussi sec une circulaire du maire disant “Ne payez pas l’eau ! il y a une erreur sur les dates, on a bloqué la facturation et ce sera refait plus correctement. N’envoyez pas vos chèques !“. Et vous savez quoi ? on m’a renvoyé mon chèque, c’est une première. J’attends de pied ferme la facture revue et corrigée. Mais ça fait désordre, non ?

Dans le même genre, mais à une échelle nationale, voyez ce ramdam qui a lieu avec la mesure prise sous Sarko I (si Sarko II il y a, ce qui nous pend au nez, eh bien on fera avec faute de mieux – soupir…) concernant la “demi-part des veuves“. Mal nommé, ce truc, qui concerne aussi les veufs et les personnes seules. Sous Sarko I on a voté la disparition progressive de cette faveur, de cette fleur électorale, disparition consommée depuis 2014. Bien… le PS était au courant, ils y étaient, les Sapin, les Valls, les Hollande, au parlement en 2008, ils sont réputés avoir assisté aux débats sans roupiller. Et voili-voilà que les retraités concernés qu’on assaisonne maintenant plein pot sont furieux, et les Régionales c’est bientôt, et aïe aïe aïe ils vont mal voter, les retraités !…  alors, panique à bord, “Si vous n’avez pas encore payé, ne tenez pas compte des avis reçus“. Et bien entendu le Ministre des Impôts fulmine contre Sarko, “c’est sa faute, vous vous rendez compte on en est encore 4 ans après à déminer ses conneries“. A d’autres, cher ami : vos services ont foiré, vous étiez au courant, manque d’anticipation, amateurisme, et panique électoraliste. Pas fameux…

Pour finir, encore des histoires d’impôts… la taxe d’habitation. Un de mes lecteurs habitant une grande métropole du Midi me soumet sa tristesse déçue : il a voté en 2014 pour le nouveau maire, dissident PS, qui promettait-juré-craché qu’il n’augmenterait pas, lui, les impôts  locaux, vu qu’ils étaient déjà à un niveau insupportable, résultat d’embauches massives et irresponsables – électoralistes en fait – de fonctionnaires territoriaux sous l’ancien maire, et d’un endettement périlleux. Et ce pauvre homme de me citer ses chiffres pour la taxe d’habitation:

  • Pour une base de 100 € en novembre 2013,
  • 100,80 € en novembre 2014 (+0,8 %), les élections municipales étant intervenues en Mars. Indolore, 0,8 %, correct.
  • 114,90  € en novembre 2015 : +14,9 % sur 2013, et +13,6 % sur 2014.

Voyez, écrit-il accablé, 13,6 % de hausse des impôts locaux en un an depuis qu’il est élu “stop aux hausses d’impôts”, ce monsieur. Et j’ai voté pour lui…

Eh oui, tout le monde peut se tromper. L’homme est faillible, et le politicien, insubmersible.

Tibert

 

T-shirt de destruction massive

Vous avez sûrement eu des échos de la rencontre de Normal-Moi avec Lucette (Arlette ? Ginette ?), bref Hollande chez l’habitante en Meurthe-et-Moselle, rencontre calibrée, peaufinée, que même les tasses à café et le café venaient d’ailleurs, des fois que ! Et les questions-réponses, rien qui dépasse, que du répondable et de l’entendable. Bref, c’est “Le Président chez l’Habitant : un homme normal“, ça ronronne.

Ce qui est moins lisse, c’est le “contrôle d’identité à titre préventif” (*) effectué par la Police du coin sur un individu du coin, extrêmement louche car bien connu pour ne point aimer notre Président : un militant de La Manif Pour Tous. Ces dangereux individus rôdent, souvent armés de leur T-shirt assassin, prêts à ne point apprécier les prestations présidentielles. Donc la Police embarque ledit putatif trublion au commissariat pour “contrôle d’identité” (**). Motif ubuesque, puisque son identité est connue, c’est justement pour ça qu’on l’embarque ; 2) il  n’arbore même pas son dangereux T-shirt ; 3) il ne manifeste pas, ou rien.

Mais justement, interpellé sans avoir rien fait d’autre qu’être dans les parages, et prié fermement de suivre les poulets, Denis Gabet (c’est le nom du monsieur) gueule “Hollande dictature“. Ah, vous voyez, vous voyez ! de quoi il est capable !

Sobrement résumé par le Directeur Départemental de la Sécurité Publique (DDSP) à l’initiative de ce rapt préventif, ça donne ça :  “Cette personne avait, c’est évident [c’est moi qui mets en gras] l’intention de perturber la visite“… “un président ne peut pas avoir sur son passage des gens qui viennent l’insulter” (***). Règle non écrite (on ne vous l’écrira jamais, ça ferait mauvais genre bananier) : on est en République et en principe libres de nos mouvements, MAIS en fait si l’on est “pour” on peut venir faire la claque, c’est même recommandé ; sinon on reste sagement chez soi ou on va se faire cuire un oeuf, mais au large.

Sage pratique à généraliser à tous les citoyens normaux : quand un malfrat labellisé BCSP “bien connu des services de Police” viendra rôder en sifflotant innocemment autour de votre scooter, la Police l’invitera fermement et préventivement à venir faire un petit stage au commissariat, le temps que vous dégagiez votre bécane. On va être bien protégés.

Tibert

(*) C’est le Figues-à-rôts. Autre version du même évènement ici (Le Monde-Sur-Toile).

(**) A supposer que les “mises à l’écart préventives” soient légitimes, il serait pertinent qu’existe une procédure légale en ce sens. “Eloignement préventif” , “Retenue de précaution”…  l’expression reste à définir et inscrire dans la Loi, et la procédure à utiliser avec parcimonie et à bon escient – ça va de soi.

(***) La DDSP qui a laissé Sarkozy face à un badaud hostile, suscitant sa célèbre répartie mezza voceCasse toi, casse toi, pôv con” avait donc omis de déblayer le terrain au préalable. Regrettable, mais ça nous a valu une citation qui restera à la postérité.

Quand Clausus rencontre TDCSP

Deux petites choses – je n’ai pas trop le temps, là, très occupé par des tâches très physiques. Vraiment très physiques.

Premièro : Tenez vous bien, vous qui comme des millions de porteurs de binocles français (les binocles, elles, sont chinoises) devez attendre 3 mois minimum pour pouvoir consulter un médecin ophtal”mollo”giste, vous qui supposez que le Grand Numerusse Closusse Médical en est la cause pour éviter aux toubibs de voir leurs revenus mensuels baisser… vous avez tout faux. Car la profession des ophtalmos (à travers le témoignage d’un lecteur du Monde-Sur-Toile) beugle que c’est le Ministère qui serre les chiffres, qui raréfie la profession,  alors qu’eux ne cessent de réclamer du renfort. On va où, là ? qui au Ministère de la Santé sabote la santé oculaire des Français ? Je vous pose la question. J’ai bien une idée : ça coûte cher les ophtalmos et les lunettes, et si les consultations sont difficiles à obtenir donc rares, ça coûte moins… tant pis pour votre glaucome, madame, votre presbytie ou pire, votre DMLA, monsieur.

Deuxièmo : Vous avez sûrement vu cette histoire d’un braqueur à main armée, mutirécidiviste, qui étant parti en permission, n’est pas rentré à sa taule de résidence ? le gars en question est mort, hélas pour lui, car il a entrepris aussi sec un N+1 ème braquage à main armée, braquage qui a foiré… échange de coups de feu avec la Police, il a blessé très grièvement un flic, mais en retour a pris un pruneau dans le buffet – ce sont les risques du métier (les journaux ont pudiquement tu son nom, ça ne vous servirait à rien, pas vrai ? (*). Ce que les journaux nous disent, c’est que le gars – qui au passage était fiché “S” comme Salafiste, donc islamiste radical, était “Très Défavorablement Connu des Services de Police”, TDCSP.  Je ne puis m’empêcher de rapprocher ce classement avec celui de l’Educ’Nat’ et sa nouvelle notation ABCDE : les malfrats c’est assez rustique, “Défavorablement, Très Défavorablement… Très Très peut-être ? (les “Favorablement Connu” sont rarissimes). On pourrait suggérer à la Police d’adopter la notation Educ’Nat’, nettement plus concise et nuancée, A++, C-, etc.

La taule c’est gris, c’est triste, les petits délinquants y apprennent le grand banditisme, etc… nous savons tout ça. C’est moche, soit. “Y a qu’à” faire des prisons moins glauques, comme dit l’autre. La prison-punition, la prison-rédemption on  veut bien, warum nicht (**), mais d’abord, et c’est là une évidence qu’il faut rappeler, la prison est là pour empêcher les malfrats de nuire : au trou, on ne braque plus. Or ils partent en permission, les braves petits, on les envoie prendre l’air, les TDCSP. Angélisme, quand tu nous tiens…

Tibert

(*) Il y a encore quelque temps, l’ennemi public N° 1 s’appelait Jacques Mesrine. Aujourd’hui ce serait monsieur X (son nom ne vous servirait à rien), Très Très Très Défavorablement etc.

(**) Why not, pour les anglophiles.

Comment nommer le nommage ?

Non je ne vous entretiendrai pas des derniers trépignements de Normal-Moi à propos d’Affez-El-Assad, “qu’il s’en aille qu’il s’en aille” : vu que Poutine veut qu’il reste, c’est un pote à lui, et qu’Obama est tout disposé à lui accorder un prudent sursis, le scénario me paraît simple et limpide. Si l’on veut faire la peau à Daech, voyez Poutine ; les autres font des ronds dans l’eau.

Je ne vous entretiendrai pas non plus (mais enfin pourquoi ne veut-il pas nous entretenir ? ce serait plus confortable) des propos de madame Morano sur la France historiquement de race blanche et culturellement judéo-chrétienne : elle a dit là plein de gros mots, elle va se faire gronder très sévèrement. Je vous laisse face aux 335 réactions des lecteurs du Monde-sur-Toile à propos des propos de madame Morano.

Non , je voulais juste traiter du naming. Le quoi ? le “naming“, entre guillemets, c’est de l’anglais, et ça se traduit tout connement par “nommage”, nous avons un mot très correct pour désigner l’action de nommer. Pour nommer, on fait du nommage, comme pour coller on fait du collage, pour griller, du grillage, etc. Mais Wiki qui en connaît un rayon ne traduit pas ça comme ça : pour lui c’est “parrainage”, ou “dénomination”. Eh oui, bien vu Wiki, le naming c’est du parrainage. D’où l’intérêt de l’écrire en anglais, vous pensez bien, on économise 4 lettres  et ça fait plus branché : y a pas de petites économies.

Exemple de parrainage : quand Tabarly nommait son bateau “Pen Duick”, “Mésange noire” en breton,  ce n’était pas du naming, c’était un nom du coeur, c’était son bateau, son chouette bateau. A l’opposé, quand le regretté Laurent Bourgnon barrait son trimaran “Primagaz”, je vous parie un sachet de cahuètes que ce n’est pas lui qui avait choisi le jouli nom du bateau. Qui, alors ? le Parrain, pardi, pas PNB-Baripas ni Afflelo : Primagaz. C’est ça le naming, pardon le parrainage, on ne donne pas le nom d’un oiseau des mers, d’une fleur, de votre dame de coeur, mais le nom d’un gaz en bouteilles ou du banquier du coin.

Mais le naming ne prend pas en France, eh non. Et je m’en réjouis ! Tenez : “Plusieurs sociétés dont Dassault viennent de refuser le naming du futur stade des Girondins de Bordeaux“. Eh non et  c’est ainsi que les footeux, là, les Girondins de Bordeaux ne joueront pas dans le “Figolu Stadium” ou  le “Spontex Olympique”. Aurait-on des scrupules de douairières vis à vis des parrains, des sponsors (c’est du latin), des namers ? On a bien raison ! c’est souvent moche, pas vendeur, bassement commercial, sans âme, un nom de sponsor. Tenez, vous, vous préfèreriez baptiser votre voilier Ma Lucette ou Carrouf-Marquett ?

Tibert
.