La fête aux biscottos

Il s’est encore trouvé hier que pour fêter son beau pays, la France n’a rien trouvé d’autre que de faire comme d’habitude étalage de ses missiles, chars, avions de combat, troupes de combat itou, bref de ses armes militaires. Je ne suis pas un militant de la cause LGBT, de la cause du carnaval de Nice, de la cause de la foire de Troufille-sous-Yvette, de la cause de la féria de Nîmes, mais les chars colorés et vivants vus lors de ces diverses festivités sont autrement plus chouettes que les monstres à chenilles qu’on a pu admirer hier à la télé. Bon, on a pu voir Trump et EmMac se chuchoter des tuyaux sur un canasson dans la 3ème à Chantilly au trot attelé, mais ça ne gomme pas le côté très très militaire de la chose. On a pourtant, nous avons d’autres trucs, nettement plus sympas à trimballer fièrement sur les Champs-Elysées, le pinard, la mode, la bouffe… toutes choses pacifiques et agréables. Mais non, c’était hier, une fois de plus, la fête aux armes de destruction massive, la fête aux engins de mort : bel oxymore (*).

Tibert

(*) J’ai vérifié, c’est mâle, l’oxymore. UN oxymore.

Etalons le problème, ça paraîtra moins gros

La maire de Paris, madame Hidalgo, veut une loi !  Une loi sur l’éparpillement des migrants dans tout le pays, vu que pour des raisons bizarres et qu’elle seule ne perçoit pas, TOUS les migrants se ruent à Paris ou Calais (en effet, pourquoi pas à Salbris, à Lavelanet, à Antibes, à Sisteron, à Lisieux, à Thiers, à Thionville ? c’est curieux, tout de même, cette attraction pour Paris… qu’est-ce qu’il y a de spécial, à Paris ? c’est pour la Tour Eiffel ? ).

Je veux une loi, dit-elle, et hop que ça saute. D’abord on dit “je voudrais”. Et une loi de plus qui ne servira à rien, vu que, tout le monde le sait, les assoces (forcément mondialistes, forcément de gauche, le coeur sur la main etc) sont évidemment à Paris, c’est là qu’on peut survivre ; certes, physiquement, oui, à Bourg-sous-Gonesse – Tarn-et-Meuse, 1328 habitants – dans un centre d’accueil genre ancienne gendarmerie, on pourrait y vivre, mais qu’est-ce que vous voulez qu’on y foute, quand on est jeune, mâle, célibataire (ça s’appelle réfugié économique, maintenant, les journaleux de la Bonne-Pensée ont trouvé le vocable complaisant qui va bien), Noir et issu de l’Erythrée, du Soudan, de la Lybie, de la Gambie etc…) ? Qui c’est qui va venir les chercher pour des petits boulots au noir ? quelles assoces bénévoles vont les y bichonner un tant soit peu ?

Une loi pour rien, car la Loi existe déjà ! mais ce n’est, aurait dit Bismark, ce n’est qu’un Stückpapier, un bout de papier, et on la bafoue massivement tous les jours. En principe on n’entre pas comme ça sur notre territoire, il faut un passeport, des papiers, parfois un visa, et des tampons, etc. Et les migrants sont très loin d’être tous des malheureux fuyant les guerres et les persécutions. Allez, madame Hidalgo, une loi pour faire semblant de croire qu’on peut forcer un migrant (en l’espèce, les très majoritaires réfugiés économiques) à rester passivement croupir à BouzeuxVille, quand rien, et surtout pas nos lois débiles (*) n’ont pu l’empêcher de pénétrer sur notre sol.

Tibert

(*) Débile ? du latin debilis : à la racine, c’est faible, sans force. Inefficace, en somme.

Inventivité écologique

[ Note liminaire : je regardais assez régulièrement le JT, le journal télévisé ; j’emploie l’imparfait car à part Arte qui donne des nouvelles suffisamment planétaires, les autres ne font que mettre en scène et rabâcher des infos dont on prend maintenant connaissance sur son ordi, sa tablette, son smart-faune etc. TF1 en particulier est confondant de co… de niaiserie avec son attendrissant sabotier, son réparateur de cuvettes émaillées dans tel petit hameau du Tarn-et-Meuse, mais les autres sont tout aussi mornes. Le JT de pépé a vécu. Des débats, des tribunes, ou alors rien. ]

Mais bon, passons à aut’chose : je lis dans un canard financier que le nouveau et très populaire ministre de l’Ecologie, monsieur Hulot (pas Jacques Tati, non, l’autre) veut augmenter la taxe carbone de 40 %. Voilà qui tranche avec les mesurettes annoncées hier ou avant-hier, petits coups de rabot par ci, légers coups de pouce par là… monsieur Hulot avec ses 40 % n’y va pas, lui, avec le dos de la petite cuiller produite localement avec des matériaux recyclables et dans le respect de l’environnement. On admirera au passage et à cette occasion la hardiesse des nouvelles initiatives prises par notre gouvernement “en marche” : dorénavant quand on aura des soucis là-haut, on inventera des taxes, ou bien si elles existent on les alourdira. Vous avez déjà vu ça quelque part ? meuuh non, c’est juste un “sentiment de déjà vu”, comme disait Lionel, le Pénible Disponible à propos de l’insécurité. Bref, on ne prend pas les mêmes mais on continue.

Tibert, plutôt sarcastique

Virez l’accessoiriste !

Il y a fort peu – c’est tout frais, j’en frémis encore – je regardais sur BFM-Machin-Truc l’arrivée des parlementaires à Versouaailles, pour le congrès convoqué par EmMac. Bon, ça fait un petit millier de mecs et de nanas… pas des effectifs monstrueux, ça se gère très bien dans les congrès, justement. On aurait pu faire ça à la Grande Halle de la Villette, ou au Zénith de Clermont-Ferrand, ou au Parc des Expos de Bordeaux… mais Versailles c’est simple, facile, économique : on y va en RER ou en train de banlieue pour 6 euros 40, c’est juste à côté (*). Et donc, sortis de la gare avec leur goûter, le bouquin pour lire ou le Sud-au-Cul à compléter pendant le trajet – et la bouteille de Mittel ou de Gontrex pour les dames, la ligne, la ligne ! –  voilà nos congressistes qui, papotant et devisant entre voisins d’hémicycle jusqu’aux douves du modeste château local, se retrouvent… entre deux rangées de gardes républicains en grande tenue, sabre au clair, et sur un tapis rouge !

Non mais on joue à quoi, là ? c’est, à rebours, comme de mettre un sketch de Bigard ou un numéro de pétomane pendant une pause de la “Passion selon Saint-Jean” de JS Bach. C’est imbécile et révoltant. Je ne suis pas Mélenchoniste pour deux ronds, on ne va pas faire dans le démago-populo et le Chavezo-Castrisme ;  on en a vu d’autres, mais là ils abusent. Je croyais qu’on en avait enfin fini avec ces pompes et ces dorures façon Grand Siècle, que désormais ce serait Simplicité Sobriété Proximité… du pipeau, des salades, tout bêtement : dorénavant ce sera comme d’habitude.

C’est, mes chers auditeurs, le tapis rouge-gardes républicains de trop. A nous d’en tirer les leçons.

Tibert

(*) … à côté de Paris, évidemment, ça va de soi, bien entendu, c’est évident. Quoi d’autre, je vous le demande ?

PS – Il y en a qui ont appris le français en lisant les pubs du métro : Sur la thèse conspirationniste fort sérieuse et argumentée 😉 selon laquelle la NASA aurait installé un élevage d’esclaves sur la planète Mars, je lis ça : “Une fois sur Mars, ils n’ont pas d’autre alternative que de devenir esclaves de la colonie.” C’est nul : avec UNE seule alternative, on a déjà un choix ! Rectifions : ils n’ont aucun choix – sauf de mourir. En jetant courageusement leur scaphandre aux orties : les cultures d’orties, c’est à gauche derrière la stabulation de mères porteuses.

Vers les poubelles de l’histoire

Un jeune et sémillant Ecolo Modéré (F. De Rugy) repeint de frais “Marcheur-Macronien” remplace au perchoir de l’Assemblée Nationale un vieux cadre (j’allais écrire crabe, c’est assez proche) socialo blanchi par des années de parlementarisme professionnel – Bartolone, 65 ans, à la retraite ! – et c’est très bien comme ça, place aux jeunes, à la nouveauté, et “en marche”, qu’il disait.

La nouveauté a du bon, donc, et tenez, “La Nouvelle Gauche” apparaît, nouvelle, donc – c’est écrit dessus  – affinée, amaigrie même, et toute neuve issue du vieux marigot du luxueux hôtel particulier de Feu le PS, dans  la très plébéienne 😉 rue de Solférino à Paris. Nouvelle, la gauche en question, forcément, vous les voyez se baptiser “La Bonne Vieille Gauche” ? “Les Survivants de Gauche” ? à nouveau parti – et trombines déjà vues, ça oui ! – nouveau programme : quel programme ? eeuuuhh… attendez voir… attendons donc, soyons sympas, laissons-leur le temps de prendre le sens du vent, comme Edgar Faure au bon vieux temps de la 4 ème.

Le sens du vent, il l’a pris, Manuel Valls, qui a démissionné du PS. On pourrait en rire : comment démissionner d’un truc mort ? comment achever un cadavre ? alors disons qu’il enfonce le clou (du couvercle du cercueil). C’est ça la politique, coco : le vent tourne, il faut suivre ! Et ça, ce n’est pas nouveau, et ça continue.

Tibert

PS – J’apprends que les députés de la “France Insoumise” vont boycotter le congrès de Versailles convoqué par Macron. On fera ainsi des économies de catering de bouffe, c’est toujours ça. Et puis ça donne une bonne idée de la démarche constructive et ouverte de ce groupe, à l’image souriante 😉 de son Lider Maximo.

Le Sanwifi sans souci

Le wifi ici se pratique au bistro, ou au bistrot, selon l’orthographe qu’on préfère… ou où l’on peut (ouh ouh ? y a du wifi ? )… il faut alors consommer la plupart du temps “una cana” (avec un tilde sur le n) et des tapas, et ça permet de se taper une bière San Miguel (prononcer “Miguel” comme “guerre”, pas “gouerre”) avec des tapas, ce n’est finalement pas désagréable, pour faire dans la litote.

On y apprend, le temps que le PC enfin connecté épuise sa batterie, le temps qu’on épuise aussi sa mousse, que les élections (lamentable taux de participation) ont laissé UN écologiste exsangue sur le rivage, bravo les mecs, beau sabordage, superbe coulage des aspirations écolos par la bande des Rouges-Verts. Et puis un Mélenchon itinérant façon “Je suis partout” a planté victorieusement sa caravane du Tour des Insoumis à Marseille, là où ça risquait le mieux de fonctionner … dans cinq ans ce sera la caravane du Tour pour la Retraite Bien Méritée : bien méritée à plus de soixante-dix balais.

Voilà… ce n’est pas franchement exaltant ; pour tout dire (soupir) c’est le moins pire, comme on dit à Montréal. Cher Monsieur le Président, vous représentez notre “moins-pire”, et cette constatation devrait vous remplir d’aise ; à vrai dire, pire que Normal-Premier, il y faudrait beaucoup d’ardeur et de talent.

Mais baste, la cerveza mousse bien, les tapas sont savoureuses : que demander de plus ?

Tibert

Dr Garde-des-Sceaux and Mr Citoyen

Il y en a qui savent se servir habilement de leurs multiples casquettes. Tenez, supposez, je suis Bayrou, François, 66 balais : qui suis-je ?

  • L’actuel Garde des Sceaux
  • Le grand chef du Modem
  • Le futur ex-maire de Pau
  • Un parlementaire national depuis plus de 30 ans
  • Un simple citoyen, si si !
  • Un professeur agrégé de lettres classiques
  • … (clubs de ch’val, assoces diverses et variées).

Bon, et alors ? et alors, quand je cause et que je dis un truc, je peux le dire (“d’où tu parles“, aurait-on questionné dans les années 70)  sous l’une de ces identités, au choix : c’est commode ! par exemple, je gueule à la radio contre la rudesse avec laquelle la presse évoque les soupçons qui pèsent sur mes copains parlementaires du Modem (emplois fictifs, eux-z’aussi ! ?). Mais voilà-t-il pas que le Premier Ministre n’apprécie pas ce coup de gueule anti-presse, et m’appelle à plus de retenue ? mais oh eh les mecs, c’est Bayrou le citoyen qui causait ! pas Bayrou le ministre, nuance ! le ministre, OK, il pèse ses propos, il évite de gêner ses collègues, il y va doucement, mais le citoyen, le citoyen, lui, il a le droit de s’exprimer, on est en démocratie, oui ou crotte ?

Bref, chers auditeurs, quand François Bayrou “simple citoyen”, avatar n° 5, cause, oubliez la grosse légume, oubliez qu’il s’appelle François Bayrou et qu’il est ministre, faites comme si on avait invité à causer à la radio un quidam quelconque, un mec qui passait devant la vitrine, au hasard, tenez : Paul Dugenou, simple citoyen.

Et si on débarquait Paul Dugenou du gouvernement ?

Tibert

Des godillot tout neufs – ou presque (*)

Allez, ne cachez pas votre joie, il est très plaisant de constater que nombre des vieux crocodiles, de droite comme de gauche, qui occupaient le marigot politique et s’y doraient au généreux soleil du parlementarisme, ont dû plier les gaules, des Guaino, Cambadelis, Filippetti, Hamon, Duflot et j’en oublie plein. La rate se dilate à découvrir cette hécatombe, qui a particulièrement saigné les rangs du PS – c’est bien fait ! et moins ceux des LR, dont le châtelain de la Sarthe porte, par son entêtement suicidaire, la lourde responsabilité de la Bérézina : c’est ça, le plan B de monsieur Fillon, qui n’a pas eu la modestie ni la lucidité de passer rapidement les manivelles à plus qualifié que lui pour concourir. Le paysage politique serait autre aujourd’hui. Mais bon, on élucubre, là, et “si ma tante en avait deux”, etc etc…

Ceci dit, les trop nombreux abstentionnistes (la moitié des inscrits !) se sont montrés lamentables, comme d’hab. Pas d’excuse : les bureaux de vote ouvrent avant les plages ! Et nous voilà donc bientôt avec une assemblée parlementaire jeune, pleine d’inconnu et d’inconnus, et surtout aux ordres, le petit doigt sur la couture du futal. C’est assez dangereux… des godillots, en somme – mais neufs ! à “mettre” au pied…

Restera à parachever, l’automne venu, le plan B pour les Sénatoriales : des tas de vieux crabes vont enfin pouvoir toucher leur petite retraite, laisser à d’autres la piste usée par leurs molles allées-et-venues. Tant qu’on y est, au diable le Sénat, ce machin archaïque, de trop et fort coûteux. On a presque tout ce qu’il faut sous la main avec le Conseil Constitutionnel, le Conseil d’Etat ; comme ce sont hélas quasiment tous des Parigots pur jus, tempérons ça d’une dose de bon sens paysan, une vingtaine de Sages-Provinciaux-Ruraux, et mettons-les ensemble à cogiter quand il y en a besoin. Ca fonctionnera nettement mieux, et on fera des économies.

Tibert

(*) Presque ! il reste – pour poursuivre dans la métaphore godassière – de nombreux vieux croquenots bien usés par le service. Voyez, tenez, un J-P Delevoye, 70 balais, 31 ans de députations-ministères et autres maroquins… un J-L Bourlanges, 71 piges, et 29 ans de députations.

Si vous voulez des billes…

Eh oui, chers auditeurs, nous causions il y a peu des effectifs trop souvent excessifs, incontrôlés – et coûteux ! – des fonctionnaires des collectivités territoriales : disons qu’à effectif global inchangé – si vraiment c’est trop dur de faire la cure d’allègement nécessaire à la Fonction Publique Territoriale, si ce malheureux pays n’est pas modernisable – il y aurait salement intérêt à faire migrer ces bataillons de mains souvent oisives vers la fonction publique hospitalière, où là en revanche ça fait défaut… mais il y faudrait de la formation ! et tout gratte-papier municipal spécialiste chevronné de la photocopieuse, du congé de maladie et des looongues pauses-café n’est pas susceptible de devenir une compétente aide-soignante surmenée !

Bref, passons à autre chose : Le Parigot tartine sur l’affaire Ferrand – pugnace, Le Parigot ! aussi teigne que pour monsieur Fillon, et ma foi c’est assez équilibré dans la férocité journalistique – et j’y relève quelque approximation, tenez : “Par ailleurs, LR (Les Républicains, NDLR) veut savoir si les deux autres offres de location proposées étaient «réellement moins-disantes», comme l’affirme le ministre : Mme Doucen pouvait avoir eu préalablement connaissance des prix proposés par les deux autres propriétaires ayant répondu à l’appel d’offres “. Expliquons : madame Doucen est la compagne (non encore Pacsée, ça viendra trois ans plus tard) de monsieur Ferrand… elle aurait effectivement pu jeter discrètement un oeil aux offres concurrentes faites à la boîte dirigée par son compagnon – ça s’est vu ailleurs – et du coup savoir pile-poil à quel prix un peu mieux placé elle pouvait être sûre d’avoir l’affaire : en tant que “moins-disante”, et “mieux-disante” itou. C’est là que Le Parigot est confus – ou c’est la citation des LR qui est erronée : on retient en général l’offre la “moins-disante” (la moins chère) ; on peut aussi justifier – par des considérations qualitatives souvent spécieuses – le choix d’une offre plus chère mais plus sexy, qualifiée alors de “mieux-disante”. Ici le ministre affirme que l’offre de la SCI de sa compagne était bien “la moins-disante”. Rappelons que cette SCI sera créée plus tard et enregistrée fin mars 2011, alors que la mutuelle de R. Ferrand a signé l’affaire en janvier de la même année… l’affaire, c’était un local acheté par R. Ferrand lui-même en décembre 2010 (*).

Résumons-nous : rien d’illégal, qu’ils disaient. Ouais, rmrhhhhmm… on verra ça peut-être un jour, si la Justice daigne y jeter un cil. Pour tout supplément d’informations, citons cette page Wiki qui (kikiki) ma foi me semble claire et assez complète sur ce sujet.

Tibert

(*) A la décharge du ministre, si effectivement le local en vue était l’affaire du siècle, si ça urgeait de le retenir, on peut comprendre qu’il l’ait acheté sur ses propres deniers, afin d’en faire profiter sa boîte… quelle vista ! quel esprit d’initiative ! gâché ensuite par un montage financier bizarre, curieux et pour tout dire clairement défavorable à la mutuelle au final.

 

Quand ça tire sur la pointeuse

J’ai entendu à la radio hier une histoire qu’elle est bonne, et qui apporte de l’eau à un moulin qui mouline l’enflure, le gâchis, le laxisme, la gabegie, la complaisance et les petits calculs électoralistes – tout ça ! –  dans les emplois de fonctionnaires territoriaux. Ne me faites pas écrire que c’est le cas partout et dans toutes les municipalités, régions, départements etc ; il y a des gens qui font correctement des boulots utiles – il y en a même qui aiment leur travail – et qui justifient leur salaire. Mais par ailleurs…

Mais, tenez, à Marseille, le SAMU-Social : c’est social, il s’agit d’un travail manifestement difficile, auprès de populations en difficulté ou en détresse, etc, quand bien même il semble que la misère serait moins pénible au soleil, si l’on en croit Charles Aznavour. Vive donc le SAMU Social, dont l’utilité n’est pas contestable. Mais sur quatre-vingt employés, une cinquantaine sont soupçonnés de participer à un double-vrai-faux système de pointage : je suis censé être là, j’ai pointé ou on a pointé pour moi ou toute autre manip similaire, mais en fait oui mais non je n’y suis pas : je suis à la pêche, je bulle, je bricole ou je joue aux boules. Les trente-cinq heures ? ouh là là elles sont loin d’y être.

Jetez donc un oeil à La vidéo de la page houèbe dont je vous ai causé : “Les salariés se défendent“. Un salarié qui se défend, ça donne des arguments de ce calibre :  1) la pointeuse ? quelle pointeuse ? où ça ? – 2) ça fait dix ans que ça dure, donc, hein, eh oh… – 3) évidemment que la hiérarchie était au courant, mais bien entendu non mais sans blague !

Pour achever le tableau, la municipalité dit avoir découvert l’embrouille en ouvrant le Canard Déplumé (*), et a porté plainte ; il y en aurait pour cinq millions d’euros de préjudice, ce qui est peu si ça dure depuis dix ans et pour autant de fraudeurs… ou alors ils sont mal payés ?

Vous me direz, ouais mais ça c’est juste à Marseille, Marseille c’est spécial… ah vous croyez ? permettez-moi de lever un sourcil sceptique.

Tibert

(*) Ce qui en dit long sur la rigueur de gestion de la ville. Dans le privé, il y aurait eu de l’élagage sérieux dans la hiérarchie.